ARCHIVES GÉNÉRALES
DE MÉDECINE.
ARCHIVES GENERALES
DE
MÉDECINE;
JOURNAL
PAR UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS,
COMPOSÉE DE MEMBBES DE L’aCAÇÉMIE ROVALE DE MÉDEGISE , DE:
PBOFESSEDAS , DE MÉDECINS ET DE GHtEURGIBNS DBS IlÙPiTADX.
CIVILS ET MILITAIRES , Ctc.
I.“ANNÉE.—TOMEI."
JANVIER ^823.. 9 0 U‘ lî.
A PARIS,
f BÉCHET jeune, Libraite , place de l’Ecole de M édecine-,
CEEZ < N.» 4;
l MIGNERET , Imprimeur-Libraire , rue du Dragon , N.” acr.
4823..
ARCHIVES GENERALES
DE MÉDECINE.
JOURNAL
PAR UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS,
COMPOSÉE DE MEMBRES DE l’aCADÉMIE BOTAEE DE MEDECINE, DE
PROPESSEDES, DE MEDECINS ET DE CHIRURGIENS DES HÔPITAUX
ClVItS ET MILITAIRES, CtC.
PROSPECTUS.
L’utilité des Journaux de médeciné n’a jamais été plus
réelle ni plus vivement sentie qu’à l’époque o.ù nous som¬
mes arrivés. Chaque jeur ; des faits et des aperçus nou¬
veaux perfectionnent la pratique et la théorie de l’art de
guérir. Tous les médecins , également animés du besoin
de suivre cette heureuse impulsion , recherchent les divers
recueils périodiques dans lesquels se trouvent rassem¬
blées et appréciées les richesses que la science ne cesse
d’acquérir.
C’est dans de telles circonstances qu’une société de
médecins s’est formée dans le dessein de publier un Journal
qui , conçu et exécuté sur un plan plus vaste ijue la plu¬
part des entreprises du même genre , réunisse les avantages
offerts par chacune d’elles en particulier.
Rédigé dans l’intérêt unique de la science, et non dans
celui de quelques doctrines ou de quelques hommes , ce
(.2)
recueil contiendra tous les faits utiles , toutes les obser¬
vations importantes , de quelque couleur qu’elles soient
empreintes. Toutes les opinions , ayant chacune leurs re-
présentaifs dans les principaux collaborateurs , y jouiront
d’égales prérogatives ; les unes et les autres seront dis¬
cutées avec une entière liberté , mais avec la décence
convenable. Cette impartialité permettra au lecteur de
former avec connaissance .de cause , son jugement sur
les grandes questions médicales qui sont journellement
agitées. On s’efforcera sur-toiit de faire marcher de front
la partie théorique et la partie pratique de l’art , sans que
l’une d’elles soit jamais sacrifiée à l’autre.
D’après ces principes , les rédacteurs des Ancnivns gé¬
nérales DE Médecine recevront avec reconnaissance et
s’empresseront d’insérer tout ce qui pourra contribuer à
l’avancement de la science j ils solliciteront môme , des
médecins connus par leurs talëns dans un genre spécial ,
les renseignemens oÜ les articles qui leur seront nécessaires.
Au moyen d’une telle coopération , ils rempliront avee
plus de perfection le cadre qu’ils se sont tracé.
Dans ce Journal destiné à marquer lés pas de la science
et à concourir à ses progrès par une critique éclah’ée et
indépendante , on ne s’appesantira particulièrement que
sur les ouvrages qui contiendront des vérités nouvelles
à faire ressortir, ou des erreurs capitales à combattre ;
on s’occupera même , dans les premières livraisons cl à
mesure que les occasions se présenteront , de mettre les
lecteurs au courant des travaux antérieurs à la publication
du Journal, et qui ont aujourd’hui là plus grande influencé
sur la Médecine. On évitera ces longs et ennuyeux ex¬
traits de productions qui , quelqu’estimables qu’elles
soient, se refusent par leur nature à toute analyse. Ce¬
pendant, comme il est important de connaître tout ce qui
paraît en lillératüre médicale , on annoncera tous lés ou-'
vrages, en quelque langue qu’ils soient écrits, et on y
joindra le plus souvent une notice qui indiquera, leur
genre de mérite et d’utililé.
Malgré les efforts de quelques hommes que leur esprit
supérieur rendait inaccessibles aux préjugés nationaux , la
littérature médicale étrangère est peut-être trop négligée
en France. On se circonscrit volontairement dans un cercle
qu’on devrait s’efforcer d’agrandir. Cette indifférence pour
des richesses que nous offrent plusieurs Nations rivales,
est aussi blâmable que l’excès opposé. Les auteurs des
Archives de MioEciNE chercheront è détruire cette in¬
juste prévention. .Ils s’attacheront à montrer l’esprit géné¬
ral qui dirige les médecins étrangers dans l’étude eli la
pratique de la Médecine , et ils croiront ne pouvoir mieux
y parvenir , qu’en faisant connaître , par des traductions
et des analyses , les meilleurs travaux contenus soit dans
les ouvrages particuliers , soit dans les collections acadé¬
miques et les journaux.
Enfin, pour qu’aucun genre d’utilité ne manque aux
Archives de Médecine , on suivra , dans ce Journal , les
jprogrès des sciences dites accessoires; on donnera con¬
naissance des principales découvertes faites en Médecine-
vétérinaire , en Pharmacie , en Botanique , en Zoologie,
en Physique et en Chimie. Le court exposé qui en sera
fait pourra dispenser le médecin de recourir aux journaux
consacrés à chacune de ces sciences.
Le Journal sera divisé en deux parties : la première
contiendra les Mémoires originaux et inédits, les Obser¬
vations particulières, les traductions de Mémoires insérés
dans les collections et journaux étrangers. Dans la se¬
conde partie seront rangés- les Analyses critiques et les
Extraits A’ ouvrages et de journaux; \e& Articles relatifs
aux sciences accessoires; les Variétés médicales, ou ce
qu’on peut appeler les nouvelles en Médecine , {'Extrait
(4)
des séances des soôiétés savantes, l’Annonce des Prix
<ju elles proposent, les Notices biographiques , la Cor¬
respondance , etc. ; enfin , la Jîibliographie ùu l’annonce
de tous les ouvrages publiés sur la Médecine,
Tous les Médecins étant appelés à Concourir par leurs
travaux à la publication* des Archives de Médecine , il
devenait superflu de transcrire ici les noms de tous ceux
qui s’engagent à prendre part à la rédaction du Journal ;
mais il fallait assurer l’exécution du plan qui est tracé dans
ce prospectus, et donner au Public la garantie que ce plan
serait rigoureusement suivi. Dans cette intention , les ré¬
dacteurs nommeront tous les ans une commission chargée
de surveiller la rédaction générale dès Archives de Méde-
GiNEr Les membres de la commission de rédaction, pour
l’année iSsS , sont; MM, Béclard , Bousquet ; Breseket,
Coütanceau , Desormeaux, Esquirol, Georget , Gucr-
sciit. Or fila i Baigé-Delorme et Rayer.
ARCHIVES GÉNÉRALES
DE MÉDECINE.
INTRODUCTION.
Extrait du Mcotirs prononcé par M ^ ^
l’oüveriure de son Cov^rs de mèdecine au Collègerôyal
de France
L B but de la médecine est la guérison .des maladies.
Une multitude de voies ont été tentées pour l’atteindre ,
et leur nombre , ainsi que leur variété , sont bien propres
à justifier le scepticisme qu’a souvent inspiré la médecine ,
et à le faire partager k tous les esprits légers , à la foule
incapable de percer l’écorce des choses , et de distinguer
des faits.au milieu des nuages dontles ont entourés l’igno¬
rance, la. vanité, et souvent des passions plus honteuses
encore.
(i) Ce discours de l’ùn des médecins de notre époque qui ont le
pins contribué aux progrès de la médecine d’observation , contenant des
vues générales sur l’étude et l’enseignement de la médecine , nous
l’avons cru propre à former l’introduction de notre Recueil. Nous
avons demandé à M. Eaeimec l’autorisation d’en faire imprimer un ex¬
trait, qu’il a revu lui-même.
Nous donnerons dans un prochain Numéro , un semblable extrait de
la seconde leçon de ce professeur, qui renferme le plan d’un cours
complet de médecine , fondé sur les principes émis dans la première.
( jSofe rfw Rédacteurs. )
V) INTRODUCTION.
€es Toics si direrses enapparence , peuvent cependant
se réduire à trois , et toutes les sectes de la médecine
peuvent être comprises dans ces trois catégories : celle
des empiriques , celle des étiologistes et celle des obser¬
vateurs.
Dans la première , sont les hommes qui ont pensé qu’il
suffisait de distinguer les maladies par leurs signes les plus
apparens , et d’y. appliquer les remèdes que des essais
heureux avaient fait reconnaître pour les plus utiles . re¬
gardant d’ailleurs tout autre raisonnement comme inutile
ou nuisible eh médecine.
Dans la seconde , se rangent les hommes qui ont cru
pouvoir remonter aux des maladies , sans se mettre
en peine d’étudier leurs effets , et donner ainsi à l’art de
guérir plus de certitude qu^l n’en peut avoir par la pre¬
mière méthode.
La troisième catégorie comprend tous les médecins
qui ont cru que , pour guérir les maladies , il faut les
connaître î que pour les connaître , il faut les étudier sous
tous les rapports possibles , se servir de l’observation pour
connaître les faits ; du raisonnement pour les comparer ,
les classer dans la mémoire, et reconnaître les cas sem¬
blables.
De ces méthodes , l’empirisnie est sans doute la pre¬
mière qui se soit présentée h l’esprit humain. Les hommes,
frappés d’abord par les accidens les plus graves ou les
plus faciles h distinguer , comme les plaies , les luxations ,
les fractures , l’apoplexie , l’épilepsie , etc. , ont cherché h
y porter remède, soit en appliquant la règle dés con¬
traires , soit par des tentatives faites au hasard. Ils tinrent
liote des succès , et c’est ainsi que les inscriptions votives
des temples d’Egypte et de l’Ionie devinrent les premières
archives de la médecine. Sans doute on a marché long ¬
temps dans cette voie avant de se douter que ce qu’il y a
INTRODUCTION. vij ’
de plus difficile en médecine , est la distinction exacte
des cas semblables. , ^
Cependant , quelque imparfaite que fût cette méthode ;
elle produisit avec le temps des résultats étonnans. La li- '
thotomie , les réductions des fractures et des luxations ,
presque toute la chirurgie, sont des choses antérieures
aux plus anciens monumens écrits de la science.
Depuis même, l’empirisme , c’est-à-dire , une expé¬
rience fondée sur des cas fortuits , a mis dans les mains
de l’homme les moyens les plus puissans de prévenir ou
de guérir les maladies , l’opium , le quinquina l’aüti-
moine et la vaccine; et l’on peut même remarquer qu’il
n’est pas de médicamens plus efficaces que ceux dont
raclion se refuse à toute explication satisfaisante.
La lenteur de celte voie, les nombreuses lacunes qu’elle
laisse dans l’esprit, ont porté, dans tous les siècles, des
esprits ardens à en Imaginer une toute contraire, et à né¬
gliger l’étude des effets , pour remonter aux causes. Leurs:
doctrines , fondées, sur l’imagination , et très- diverses en
apparence, reviennent toutes cependant à la même.
On remarqua que , dans le plus grand nombre des cas ,
les efforts du médecin sè boi'naient à affaiblir ou h forti¬
fier : on dit que toute autre connaissance était inutile,
Ces principes commodes durent avoir beaucoup de secta¬
teurs ; car le. travail répugne à tous les hommes. Toutes
les théories étiologiques se réduisent là , quelque diffé*
rentes qu’elles paraissent. Nous n’avons plus les ouvrages
où ont été consignées les premières doctrines de ce genre;'
mais elles doivent être fort anciennes , puisque Hippo¬
crate a pris soin de nous en conserver les bases.
« Tous ceux , dit-il , ( au livre de la Médecine Antique) ,
«qui ont entrepris de parlér ou d’écrire sur la médecine,
» en posant pour fondement de cette science , le chaud ou
»le froid i le sec ou {'humide, u\x toute autre cause qu’il
■ riij INÏBODtflTIOKv
sieur a plu d’imâgiDer., abrégeant ainsi la science et la
«réduisant à un ou deux principes, seules causes à leur
» avis des maladies et de la mort , sont tombés dans des
«erreurs manifestes et qu’il est facile dé reconnaître. «
Voilài Messieurs j le premier résultat auquel conduisit
l’envié d’expliquer non-seulement les maladies , mais tous
les phénomènes de la nature; car ^ c’est sur ces causes
prétendues qu’a reposé , pendant un grand nombl’e de
siècles , tout l’édifice de.s connaissances physiques. On ne
peut indiquer l’auteur de celle- théorie ; elle se perd dans
la nuit des temps. Les philosophes grecs l’avaient proba¬
blement empruntée des égyptiens. . .
Déniocrite lui donna le premier une forme régulière ,
en recueillant les opinions admises de son temps. Empé-
docle réduisit le système à une dichotomie rigoureuse :
le clifiud., le «ec, la /erre et le feu, qui sont une même
chose, le froid, Yhuràide, l’air ou l’eau, qui cons li-
tuent, le principe opposé ; il exprimait encore ces deux
principes contrâires,par les termes d’amitié et d’miinittéj,
d’attraction et de répulsion. Il expliquait ensuite toutpar
les alômes.. Il est peut-être honteux pour l’esprit humain
que tant d’hommes supérieurs n’aient trouvé que cela;
car , depuis, on a rien découvèrt dé mieux.
Qui ne serait en effet frappé de la ressemblance de cefte
doctrinc.avec presque toutes lesautrés théories étiologiques,
No retrouve t-on pas dans ces deux principes contraires
V obstruction et la libertédu passage des atômes d’Asclë-
piade; Ie;stnctKm et le foccMiu d;e Thémison > son disciplte ^
fondateur delà célèbre secte des. méthodistes 8
V àlcalesceme rlc SylviusdcLeyde; l’épine dé VanhelmbUt,*
etj, polrr Ue paider que des opinions qui ont eu cours de
notre teiUps , X’ hypersthénie, et. l’asthénie, de Brown , l’tirt.-
citalion f deLS.timutlus et le controstimulus , Virr{Mtion et
l’abirritation de ses disciples, les théories, enfin,, dé
I NT non B G T ION. ix
MM. Rasori , Tommasiai., Millev efrRpoussais , so r<Jduisenli
toujoucs aux deux prioeipes , l’excès ©t la perte-da ton ,,v
le sIriGturaellelaxum, le chaud et le froid.
Celte doctrine est devenue depuis long-lenijis vulgaire.
C’est celle des letnmes qui savent que les niédicamens se
divisent en échaulans: etén- rafijaichissans;, que les mala¬
dies dépendent d’ un grand- feu ou d’une grande faiblesse ;:
c’est aussi celle de toutes: les hérésies médicales qui se
sont détachées , dans tous les temps , de l’arbre hippocra.-
tique. Cette dqctrino est commode ;; elle annulle les étu¬
des pour tous les esprits conséquenS. Déraocrite , Erasis -
Irato, et plus tard les méthodistes, sont les seuls' qui
l’aienfc chargée dé descriptions ét dlobsei’Vfàtioasv Tous les
aulires s’enisoni pou mis en peine.. II. leur sujOTit.-j- en effet;,
de s’assurer quel principe est en ]Q\h, s’il fait chaud ou
froid : il ne faut pas de longues études pour cela.
11 est vrai qu’on na peut faire un pas dans celte route
sans rencontrer des choses'quii coniriariBntMnaîs on les re¬
jette Comme un bagage inutile qui retarde là marche de
la science. Cé sontj dit'-on , des aberrations insaisissables:,
mais toujours dès effets du principe unique. Ainsi , les
vieilles femmes reconnaîlron#snns peine que l’eau froide est!
unéchauffant, etquelopoivrè rafraîchit. Brown, s’écriera :
Opium, meherclè non sedat;!' Que si un fait-l’embarrasse ,
il; ho craindra pas de le nier , ’ quelque connu , quelque
vul^dre qu’il soit, ^l osera- délier tous les praticiens- de
lui citer un peripneumoniqUo qui ait craché du, sang.
Parmi, ses disciples, lés esprits les plus éclairés arriveront
à reconnaître que le quinquina , l’émétique, la gomme-
gutte, le vin etl’àlcohol , sont des coritro-stimulans , c’estr
îi-diro , des débilitanS. Je suis loin' de m’inscrire en faûX
contre les faits sur lesquels se fdnde la doctrine des
Brownistes dUtalio; je- reconnaîtrai même- volpnliefs;, et;
d’après nue expérience personnelle, les services impor-
X INTRODUCTION.
tans rendus à la science par la pratique énergique de
M. Rasori; : je veux seulement montrer les inconvéniens
qu’eptraîne un faux principe , et l’absurdité des consé¬
quences qu’il peut forcer d’admettre.
' Il est encore un caractère commun à tous les médWins
étiologistes : c’est un mépris profond pour l’observation et
pour le premier des observateurs, Hippocrate. On sait
qu’Asclépîade appelait ses écrits des méditations sur la
mort. Ses successeurs n’ont pas changé de sentiment à cet
égard. De nos jours , les héritiers de ses opinions s’accor¬
dent tous à regarder Hippocrate comme un simple empi¬
rique . comme un homme à vues courtes , qui a mis la science
dans une route hérissée d’épines et d’obstacles , où elle ne
peut avancer qu’en tâtonnant , et où elle peut faire à peine
quelques pas par siècles.
Un troisième caractère commun à ces hérétiques de la
science , est une excessive bonne opinion d’eux-mêmes ;
un ton de fougue et d’enthousiasme propre à séduire le
vulgaire. H n’est pas un d’eux qui., après avoir trouvé dans
sa mémoire ou dans les étroites conceptions d’un esprit peu
instruit , celte idée dichotomique dont l’origine se perd dans
la nuit dés siècles , ne vienne la présenter , revêtue de quel¬
ques mots nouveaux , h l’admiration plutôt qu’à l’examen
de ses contemporains. Cet enthousiasme est la cause prin¬
cipale delà faveur avec laquelle ces opinions sont accueil¬
lies ; car le vulgaire s’y laisse toujours prendre , et les
hommes les plus sages, ont de la peine à résister à l’en¬
traînement qui séduit les masses. Ainsi Paracelse^ dont
le système se compose de l’empirisme le plus incohérent
et de dogmes étiologiques si obscurs , qu’on se demande
s’il s’est compris lui-même , ou s’il n’a pas voulu se jouer
de la bonne foi de ses lecteurs, Paracelse sut attirer à lui
la foule ; et cependant il avoue lui-même implicitement
n’avoir jamais fait d’études régulières. Son extrême igno-
INTRODtCTION. Xi
rance , son langage barbare en feraient d’ailleurs preuTe.
Suivant lui , nul ne peut être médecin s’il n’est inspiré.
Son système, mélange confus de quelques idées des éco¬
logistes grecs, de l’astrologie si fort en vogue dans son
siècle J des rêveries du Talmud , des superstitions magiques
e t cabalistiques , et de quelques notions de chimiè empf-
rique , se réduit cependant dans sès écrits les moins ob¬
scurs, à trôis'des principes pythagoriciens , l’eau, là terre
et le feu : mais il' va lès chercher dans lès influences pfané-
taires , et trop souvent de cette prodigieuse élévation , il
retombe de tout le poids d’un homme ivre , d'ans le bour¬
bier de l’èrapirisme forain. Une foule iinmense se pressait
à Bâle polir l’entendl’e débiter dans un langage d’une tri¬
vialité grossière, quand il n’èst pas inintelligible ,, les folies
que nous venons d’èxposer , et des assertions plus étranges
encore : les poils de sa barbe renferment plus dé science
que toutes les Universités ; il connaît l’art de là ts-ans-
mutdtion des métaux; sa tliédrié va faire le tour dit
monde, et en il ne sera plus question d’Hippo¬
crate et de Galien ; enfin , if veut bien consentir à n-’être
pas cru sur sa parolè , s’il u’arrivè à unè longévité patriar-
chale , et il meurt à quarante ans dans un hôpital. Tel fut
l’ascendant de son enthousiasme fougueux, que ses mœurs
crapuleuses , sa vie vagabonde et sa pauvreté n’empêchè¬
rent pas qu’il ne fût suivi de ville en ville par plusieurs adr
rairateurs ; et plus d’un sièclè après sa mort , des hommes
qui ne manquaient pas absolument de connaissances po¬
sitives, s’occupaient encore à reconcilier avec le bon sens
les idées d’un homme qui n’avait jamais parlé ou écrit que
dans un état d’ivresse.
Vanhelniont s’empare d’une des idées de ce fréné¬
tique. La pureté de ses mœurs, la sincérité de ses prin¬
cipes religieux mettent d’ailleurs une énorme distance en¬
tre eux; mais il se croit aussi animé par une inspiration
xÿ introduction*
céleste. Dieu lui-même lui a révélé les vrais principes de la
médecine. Sa conviction est si profonde qu’elle fait ou¬
blier ce qu’a de trop fastiieux le, titre üüOrtus medicinœ
dont il a décoré son livre. .
Parnai les auteurs qui , dans les temps plus rapprochés
de nous, et de nos jours mêmeS| ont reproduit des théo¬
ries de même genre sous des forihes nouvelles , il n’en est
pas un qui n’ait aussi annoncé au monde un nouveau le¬
ver du Dieu du jour et de la médecine ; il n’en est pas un
dont les opinions ne doivent, h l’entendre, faire le tour
du globe aussi rapidement que le soleil , et mettre en fuite
lés idées contraires , comme cet astre dissipe les ténè¬
bres; il n’en est pas dont les écrits et les discours n’aient
le caractère d’une inspiration analogue à celle des poètes;
et la moindre contradiction a toujours suffi pour déve¬
lopper chez eux celle qui animait Archiloque.
Si l’on écoute les plus sages d’entre eux. Part ne sera
plus long, car ils le réduisent à un ou deux principes
qu’on peut connaître et savoir mettre en praüque au bout
de quelques jours ; la vie ne sera plus courte, car leurs
théories appliquées au traitement des, maladies , les guéris¬
sent toujours infailliblement.
Enfin un dernier trait qui caractérise encore tous les
hommes qui ont voulu arriver à l’art de guérir par l’étio¬
logie , est l’oubli ou le mépris des faits les plus constatés
et des moyens ou des méthodes dont rutilité et l’énergie
sont le plus démontrées. Ainsi Asclépiade craignait tous
les moyens un peu actifs ,,sans doute parce qu’il ne savait
pas les employer. Paracelse rejette de la chirurgie la su¬
ture, ,1e cautère actuel, le rapproçhement des plaies,
l’appareil contentif des fractures et l’instrument tranchant.
Il substitue à ces moyens l’usage interne de la grande con-
soude. Une veut saigner qu’avec de grandes précautions
qu’après avoir observé les astres. Il bannit la saignée
INTRODUCTION. -XÜj
du traitement des hémorrhagies , et la remplace par l’ap¬
plication de l’aimant.
Vanhelmont proscrit aussi la saignée. Il craint en outre
les évacuans. Mais il employa le premier le calomel contre
les maladies du foie , il prescrivit le soufre doré d’anti¬
moine , et le mercure doux contre la fièvre , nom qui de
son temps comprenait toutes Içs inflammations.
Brown ne sait presque plus employer d’autres médica-
mens que les toniques et les excitans. Il rmettç les éva¬
cuans et la saignée.
Ses disciples modernes , en Italie , fopt au contraire un
assez grandusage de la saignée , ety joignent les évacuans ,
les amers , les excitans ^ les spirituenx à titre de déhi-
litans.
Les Brownistes de France rejettent tout , hors k saignée
locale, la diète et l’eau; et bientôt parmi les uns et les
autres , il n’en est pas un qui sache employer les métho¬
des Içs plus sûres , qui sache prescrire le quinquina
contre les fièvres , le mercure contre la syphilis , l’opium
contre la diarrhée , les drastiquçs contre la rachialgie ,
enfin les évacuans dans le traitement d’un, grand nombre
de maladies où ces médicamens deviennpiit cependant des
moyens héroïques.
Entre l’incertitude, l’incohérence , la brièyelé de vues ,
de l’empirisme et l’ignorance des choses réelles et le fana- 1
lisme scientilfque où conduit l’abus du raisonnement étio- \
logique, il est un juste milieu. Ç’est la route tracée par
Hippocrate et suivie par tous les maîtres de l’art , par
Arétéo, GaUen, B aillou , Sydenham , Boerhaave , et par
tous les médecins qui , sous quelque dénomination do !
dogmatiques, dkcclectiques , d’empiriques même , qu’ils;
aient été désignés ; ontpensé que , pour traiter utilement les
maladies, il fallait les connaître , et qui, sans affecter une
préférence exclusive pour le raisonnement ou pourl’obser- ■
xiv inthodtjctio'n.
vation , ont su se servir de toutes leurs facultés pour arri¬
ver à la connaissance de la vérité.
- Hippocrate a tracé les bases de cette méthode qu’il a
suivie dans ses ouvrages légitimes. « Il ne faut pas, dil-il ,
» (au livre des Préceptes s’appuyer en mé-
» decine sur des raisonnemens probables , mais bien sur
«l’expérience éclairée par la raison. Le raisonnement, en
«effet, n’est qu’une sorte de mémoire qui doit se borner
«à mettre en Ordre les choses qui ont été perçues par les
«sens . Je loue donc le raisonnement lorsque ses bases
» sont les données mêmes fournies par les sens ,.et qu’il en
«tire des inductions immédiates et méthodiques. Carlors-
«que le raisonnement s’exerce sur des choses claires pour
» tous les yeux , lorsqu’il ne s’appuie que sur des faits sen-
» sibles , il ne sort point du cercle de puissance delà pen-
» sée . . et il conduira à la vérité.
« Mais si le raisonne’ment a pour point de départ quel-
«que création plausible de la raison (c’esf-à-rftVede l’ima-
«gination ) plutôt que les observations faites sur les choses
« sensibles , il arrivera souvent à un résultat aussi triste
» pour la raison que dangereuxpottr le genre humain. ....
» Nous conclurons donc qu’il ne faut avoir une confiance
:.’exclusiye ni dans les décisions du raisonnement, ni dans
«les résultats qui frappent immédiatement les sens. »
Voilà , Messieurs , la doctrine d’Hippocrate toute en¬
tière; et tous les hommes qui ont professé ces principes
. sont réellement des médecins hippocratiques , quelles que
I soient d’aillèùrs les différences de leurs opinions particu¬
lières et des points de vue d’où ils ont examiné les faits.
Hippocrate , aü reste , h’ est point inventeur de cette mé¬
thode. Elle est dans la nature des choses; elle a été suivie
I avant lui par tous les bons esprits. C’est ce qu’il déclare
lui-même au livre de la Médecine Antique.
• « La médecine n’est point une science nouvelle. Depuis
IM RO» tj CT 10 N. XV
» long-temps ses principes sont trouvés et sa roule est tra-
» cée. En les suivant , on a fait pendant un long espace de
«temps un grand nombre de belles et utiles découvertes ; -j
» et tout homme qui , doué des dispositions nécessaires et /
«instruit de ce qui a été fait avant luî'^arlira de ce point]
«et suivra la même route , en fera encore de nouvelles ; |
«mais si quelqu’un , rejettantles travaux de ses prédéces- 1
» seurs et méprisant tout ; cherche par un autre chemin
« et avec une autre manière de voir , et qu’il se flatte d’a-
«voir trouvé quelque chose, il se trompe et ll trompeles
autres. «
Quelle est cette route sûre , hors de laquelle on ne
peut que s’égarer? Il l’indique plus loin de la manière la
plus précise.
« Tout l’art consiste dans des observations particu-
» libres , exactes , réduites par le raisonnement en règles
» générales. II faut donc avant tout s’appliquer à l’obser-
«vation. » [Ibid.)
Voilà donc. Messieurs; les seules bases solides sur les¬
quelles on puisse fonder l’étude et l’enseignement de la
science : l’observation qui nous donne la connaissance des '
faits , et le raisonnement qui ne doit être employé qu’à les
lier entre eux.
' Cet usage du raisonnement, qui distingué les médecins
hippocratiques ou rationnels des simples empiriques , pro- :
duit ce qu’on appelle une théorie. Car qu’est-ce qu’une
théorie, 5“sopi«? c’est une manière de voir. Les faits
constituent seuls la science, mais les hommes ne peuvent
voir un objet sous tous ses rapports ; et quand nous vou¬
lons étudier ou exposer nos connaissances , nous nous
mettons à un point de vue; et nous saisissons un certain
'nombre de rapports. S’ils suffisent pour lier tout ce que
nous voyons , pour former un ensemble , un sj'stème.
xvj I nthodüction.
notre théorie est bonne, an rnoins pouç le moment. Mais
si elle ne lie pas tout , si , pour j faire entrer les lhits, il
faut les tortui-er , les tronquer; s’il faut en supposer, en
oublier ou en nier , notre théorie ne vaut rien.
Une théorie peut ayoir été bonne. Nous en voyons un
exemple dans le systènae de Ptolémée , dans, la théorie du
phlogislique , et pour nous renfermer dans les théories mé;j
dicales , le grand Boerhaare comprenait tous les faits
connus de son temps dans son cadre méçanico-humoral.
Les théories dans les sciences physiques ne doivent donc
être regardées que comme des moyens de soulager la,
mémoire. Elles ne constituent pas la science.
Et ici , Messieurs, observez que les sciences physiques.,
dont le Lut est la connaissance des êtres naturels , opt
bien moins h craindre des théories que celles qui s’exercent
sur des modifications ou dans lesquelles il est difficile de
distinguer les êtres des modifications.
Ainsi, la botanique, la zoologie peuvent ne perdre, que
peu de chose à un mauvais système de classification. L’a¬
natomie n’a pas besoin d’une bonne nomenclature ; la
minéralogie , la chimie , la physique au contraire, peuvent
faire fausse route avec de mauvaises théories ; la méde¬
cine, à plus forte raison. H est donc important de se for¬
mer une théorie sage. Celle qui, simple, tenant peu de
place dans l’exposition de la science', n’exige pas plus
d’étude que les faits eux- mêmes, qui en renfenne sans
effort le plus possible , cellc-lù, réunit les qualités d’une
bonne théorie.
Telles sont en. général celles des médecius hippocra-
tiques do tous les âges. Elles reconnaisseul ces points
communs : une maladie est un trouble des. fonctions, avec
ou sans lésion des organes; pour guérir- uuo maladio, il
faut agir sur elle; on agit d’autant mieux sur un objet
qu’ôn le connaît mieux et sous plus de rapports : delà la
» INTBOBUCTIOIÎ. Xvij
nécessité de décrire îès maladies et les altérations des, or¬
ganes , d’étüdier les rëmèdés , de faire peu de cas de^
explicàïions j d’examiner sévèrement ce qu’on sait et ce
qu’on de Sait pas ; d’abandôhner ses idées systématiques
dès qu’un fait leuï* échappe , ètde savoir, en ce' genre sur¬
tout , prendre et rejeter à propos. Après Hippocrate , ;
Arétée, Galien , Sydenham ; Boerrhaavé', Deliaën , Stoll, i
Culleu, Morgagni, Sarcone , ont suivi bélte Voie J ils sont
tous des médecins hippocratiques , quelque différences
qui existent d’ailleurs dans leurs théories. ,On peut ôter
aux ancieus Hippocratiques la théorie des quatre humeurs,
celle de la do fluxion ou catarrhe , celle de la coclionj à
Sydenham , l’ébullilion et la despumation ; à Gullen , sa
théorie du collapsus , et leurs ouvrages seront encore des
tableaux fidèles de la nature. On y trouvera des descrip¬
tions capables défaire reconnaître les cas semblables et
des indications curatives fondées sur l’observation. On
verra (^e ces expressions n’ont été pour les médecins bip- j
pocratiques que des formules qui , semblables à celles des '
Algébristes , sont destinées à représenter des inconnues, et '
qu’ils n’ont pas pris Ces mots pour des réalités.
Que si l’on tentait un semblable retranchement sur les
médecins étiologistes , que resterait-il ? quelques pages
extraites de gros volumes , quelques faits curieux noyés
au milieu dés hypothèses , trop souvent tronqués pour les
accommoder aux idées doniinaniss de l’auteur, et par cela
même suspects. Il nous resterait de Vanhelmont de belles
idées sur le principe vital et l’irritation , et quelques vues
sur la méthode südobifique; de Browri et de ses premiers
disciples , quelques èxfertjples heureux de guérison extraor¬
dinaires, produites par un emploi téméraire des stimu-
lans ; de ses disciples réCéMs , des exemples d’dne hardiesse
toute différente et également couronnée de succès. Il nous
faudrait ensuite démêler le vrai du faux, et chercher
Xviij ’ INTRODUCTION,
nous-mêmes l’indication d’après laquelle Ces'; méthodes
contraires doivent être mises en usage ; car nous ne
pourrons croire sur parole des auteurs qui n’ayouent point
de revers, et qui d’ailleurs , habitués à voir dans les ma¬
ladies ce qu’ils en pensent , plutôt que ce qui tombe: sous
les sens , nous laissent presque toujours , par la brièveté et
le vague de leurs descriptions , dans l’incertitude sur ce,,
dont ils veulent parler.
Entre les voies que nous venons de décrire, nojre
choix pourrait-il être douteux?
Si nous pouvions être incertains , nous serions entraînés
par l’exemple de nos plus célèbres prédécesseurs.
, Il est remarquable , en effet , Messieurs , qu’au milieu
des hérésies médicales , qui depuis trois cents ans ont
tour à tour séduit la foule, cette chaire a toujours été
l’asile de la médecine d’observation ; qu’aucun des pro¬
fesseurs qui s’y sont succédés n’a jamais quitté cette
route assurée , qui seule peut conduire à des connaissances
réelles et utiles, et maintenir la médecine dans le rang
qui lui appartient parmi les sciences physiques.
Ainsi , tandis que l’Europe médicale s’égarait sur les
pas de Paracelse et de Vanhelmont, Duret dictait dans
cette enceinte son commentaire sur les Coaqtics, Goupil
y faisait connaître un modèle d’observation., le plus
excellent peut-être que l’antiquité nous eût laissé, Arétée ,
et vengeait cet illustre historien des maladies, de l’incon¬
cevable oubli où il était resté jusque-lè.
Gourmelen , qui , par son enseignement dans le sein de la
Faculté de Paris , fut un des pères de la chirurgie française ,
s’attacha aussi à combattre la fougue des novateurs , et ce
fut au Collège de France qu’il fit son commentaire sur le
Traité de /’rtùinent, ouvrage dont r.ulilité ne, peut être
bien appréciée que lorsqu’on se reporte au temps, et que
INT.RODUCTION. XÎX
l’on a quelque connaissance des écarts d’imagination de
Paracelse et de Vanhelmont. , .
Plus tard Réné Chartier qui consacra sa vie et sa for¬
tune à faire connaître en entier le père de la médecine ,
et son premier commentateur, Simon Pietre, et le pre¬
mier des Bouvard , conservèrent dans cette école le dé¬
pôt de la inédecine hippocratique, Guy-Patin l’y défen¬
dit , avec l’originalité caustique qui faisait le caractère
de son esprit , contre la chémiatrie et l’alchimie empi¬
rique, nées des doctrines étiologiques du précédent siècle.
Pendant le cours du dernier , Nicolas Andry , l’illustre
botaniste Tournefort , Geoffroy , Astruc et le célèbre
praticien Bouvard y continuèrent la tradition d’un ensei¬
gnement fondé sur les faits. Nous la recevons nous-mcT
mes de deux de nos maîtres dont la mémoire nous sera
toujours chère et vénérable , de Corvisart dont le talent
observateur ne sera apprécié à sa valeur que par ceux qui ,
comme nous , ont pu le suivre au lit des malades , et de cet
illustre praticien , de ce savant modeste que l’étendue
de ses connaissances , la noblesse de son caractère , la
douceur et la gravitéî de ses mœurs faisaient regarder par
ses confrères comme îéur arbitre et leur modèle, et dont
la perte récente causera de longs regrets à ses amis , ou
plutôt aux amis de jl’huuianité , à tous les gens de bien ,
à tous les hommes faits pour sentir ce que vaut la science
unie à la vertu.
Je sens , Messieurs , tout ce que le nom de M. Hallé
m’impose d’obligations. Dans l’impossibilité de le rempla¬
cer , je tâcherai au moins de l’imiter dans cette sévérité
de logique qui lui faisait rejeter les idées qui ne portent
pas l’empreinte du vrai et de la réalité ; et si, pour ex¬
poser l’ensemble des faits qui constituent Iff science mé¬
dicale , je suis quelquefois obligé de me servir de quel¬
qu’une de ces expressions vagues ou abstraites par les-
XX ÏNTRODUCtlON.
quelles on exprimé les choses que l’hn sent ou que l’on
imagine plutôt qu’on ne les connaît, j’espère les présen¬
ter de telle sorte qu’oh ne pourra y attacher plus d’impor¬
tance que je n’y en mets moi-même , et qu’il hé in’arri-
vera jamais de donner ce que je pense , ce que je suppose ,
mon point de vue , ma théorie en im inot , pour ce qui
constitue réellement la science , pour ce que l’on sait.
MÉMOIRES
ET
OBSERVATIONS.
Remarques sur [es signes donnés par (es auteurs de
médecine légale comme propres à faire connaître si lé
corps d’une personne, trouvé pendu,, Ha été après la
mort ou pendant qu’elle vivait encore; par M.
Esquirol. ’ ' . '
BÆicn. Aeberti , de Halle, qui , au commencém6nt du
dernier siècle , a écrit sur toutes les parties délia médè-'
cine légale , énonce de la manière suivante tous les signes
qui Se manifestent à l’inspection anatomique du corps
d’un pendu : impression de la corde , livide ét 'eèoliy-
mosée, peau enfoncée et même quelquefois excoriée:
dans un des points de la circonférence du Col jrlangué
tuméfiée livide , repliée j ou passant entré les dents'
qui la serrent; écume s'anguinolerite dans le 'gosier-,, lés
narines et autour de la bouche; inflammation des yeux,'
paupières gonflées et' h demi v fermées ; lèvres livides et
tuméfiées; roideur du corps,, contraction p lividité des
doigts, ecchymose des bras et des cuisses. La dissection?
, démontre, suivant le même auteur, que les poumons ,ile'
coeur, le cerveau, sont: extrêmement gorgés; de sang,;
Tous ces signes ne serenc07itrentpas qiiànd le corps ii’ a
pas été pendu vivant, : i . . ' ■ /' '
Tous les auteurs de Médecine légale sont univoques b cet
égard; les faits suivans et les réflexions qu’ils m’ont sug-
gérées , en faisant naître quelques doutes sur la validité de
ces signes , doiverit prouver combien éoht difficiles les fonc¬
tions dumédecin légiste appelé à prononcer sur la cause de
la mort d’un individu dqnt lë Cadavre a été trouvé pendu.
Marie, âg^e de trente-cinq ans, était d’une taille éle¬
vée ; elle avait le bol cdurt, la peau bldnéhe , et de l’ em¬
bonpoint; elle était née d’un pbre et d’upe mère qui
avaient eu plusieurs parens aliénés.
A l’âge de deux ans , Marie eut la petite vérole ; à dix
ans, éïiè ftit prise dé convulsions qiii persistèrent jùsqù’à
dôùzé, épbqiië dé l’apparition spontanée dés mé'nsfriiés,
qui dépüis ont été peu âbohdaniés , peii réguliërés, qüoi-
qüé cette ffllé' parût douée d’une forte constitution.
Marie avait seize ans lorsqu’elle perdit sa mère ; elle en
fut très -affligée; peu après, ayant été contrariée du ma¬
riage de sa sœur , les menstrues sé supprimèrent pendant
un- an j- pendant ce temps elle eut lin accès de nianié
avec furepr , pt } après sa guérison f elle pdss.a plusieurs
années tfès-heûreuse au sein de sa famille; •
. A trente ahS /Marie fut Surprise par dix soldats enne¬
mis; la fraÿêunlüi causa on tremblement général qui per¬
sista p'endant' plusieurs jours; La maison patérnellefxfut
dévastée ; et quelques mois; ^prèé son ,père inoutüt de
châgrinvPése’spéréeî'cetteiille quitta son pays natal et
sp rendit à Paris s aupŸès de;Sa soéur.
Uni ad' après l’époque; de .cette frayeur, elle fut prise
de convulsîbns si violentes qw’on les crut épileptiqgés ; il
se inanifésta ; dès lors urie légère paralysie dé la lang'ué
qüi gênait la parole s les convulsions se renouvellèrent
souvent > particulièrement aux époques menstruellès.
L’année süivantej Marie j . âgée de trente-deux ans,
toujours en proie aux convulsions, retourna dans son
pays natal; iaprès six semainès èllè délira , elle dut de la
fureur; on lui fitbeaucoOp de l'emèdes, mais sans subeès;
ET OBSEBVATlONSi S
Cependant , à l’âge de trente-quatre ans , délivrée de¬
puis quelques mois des convulsions et , du délire , mais
ayant toujours la céphalalgie et la paralysie de lu langue ,
cette fille voulut revenir chez sa sœur.
Témoin du bonheur de cette sœur , accablée de souve¬
nirs aflreux , souffrante de maux atroces , ne pouvant sup¬
porter l’horreur de cette position , Marie parlait souvent
de se détruire ; elle éprouvait de véritables paroxysmes de
suicide , poussée h sa destruction, tantôt par des terreurs
paniques, tantôt par des souffrances physiques » tantôt
par des douleurs morales qui la jetaient dans le désespoir.
Après trois mois d’alternatives d’agitation et de calme ,
de délire suicide et de raison , dé désespoir et d’espé¬
rance , privée de sommeil , Marie fut conduite à la Salpé¬
trière le i5 juin 1820.
Lors de son admission dans fhospîce , notre malade
fut placée dans l’infirmerie; elle avait des convulsions
qu’il fut facile de reconnaître pour des convulsions hys¬
tériques ; elle délirait , elle était pâle , maigre , elle par¬
lait avec difficulté, elle voulait mourir, se tuer; elle crai>-
gnait qu’on la fit supplicier à cause de ses fautes; elle croyait
reconnaître les personnes qui étaient dans l’infirmerie , ou
qui la servaient; elle leur parlait avec brusquerie et même
a Vec colère , toujours en bégayant; parinstans , sâ raison
était parfaite* Elle avait souvent la face colorée > les yeux
injectés , de la céphalalgie ; alors la parole était plus
difficile.-
On fit deux saignées générales , on appliqua des sang--
sues au cou, à la vulve, on ordonna des bains tièdes tous ,
les deux jours. • . .
Au mois de juillet, les convulsions cessèrent ; la ma¬
lade était plus calme , les intervalles lucides étaient pluS
prononcés; quelquefois la parole était très-facile. Maié
tous les quatre, six, sept jours , elle éprouvait des dou-
4 mémoires
leurs aiguës clans les membres , dans le ventre, surtout
dans le crâiîe; alors le col ëtait gonflé , rouge , ainsi que là
tète; les. yeux étaient injectés, saillans , les mouvemens
étaient brusques.Malgré des efforts incroyables elle ne pou-
..vaitparler distinctement; elle ne pouvait articuler cjue des
mots entrecoupés indiquant des injures etle désir de mou¬
rir; dans cet état elle avait ioutrextérieur d’une mania-
.qne. A l’épocjue des menstrues, elle.se plaignaitde douleurs
..atroces à l’utérus; pendant la. durée du paroxysme, qui
était d’un , de deux , de tr.ois jours , elle repoussait les
ajimens avec emportement, quelquefois avec défiance.
.Souvent elle prenait les personnes qui m’accompagnaient
K la visite pour des. ennemis (]u’elle croyait reconnaître,
poür les .auteurs de ses souffrances; alors elle! nous acca¬
blait d’injures, de menaces, nous suppliait dé faire cesser
soii supplice et d’assouvir promptementnotre vengeance.
Pendant les intervalles de calme, elle était douce.,
bonne j reconnaissante des soins qu’on lui donnait; .elle
racontaitl.es causes de sa maladie,, en indiquait des symp¬
tômes et priait de la guérir. On là tenait souvent dans la
.camisole ; il lui est arrivé de la demander et dé prier
qu’on la lui laissât. :
Au mois d’août , je fis appliquer im séton sur la région
du foie, et je dèterrninai la malade, à boii;é beaucoup
d’eau ou de tisane. Il parut y avoir un peu de rémission ;
on eut moins souvent recours à la camisole, \on laissait
sortir la malade dans les jardins pour se promener ; les
paroxysmes de suicide étaient moins fréquens , moins vio-
lens, les intervalles de raisjan étaient plus longs ; mais ja¬
mais ses projets sinistres ne cessèrent entièrement. >
On s.urprenait.Gçtte fille rara.assant des cordes, des
liens , pàr-tout pii elle pouvait en rencontrer; lorsqu’on
les lui retirait, elle se fâchait e,t répétait, tantôt avec
emportement, tantôt avec calme : on a beau faire, je mo
ET OBSERVATIONS. 5
tuerai! Que fais-je ici^ Je faîskorr^ur , je suis ààharge
à tout le monde. Elle accusait sa sœur, ses frères. Lors¬
que je cherchais à combattre ses idéesetses désirs i' lorsque
je l’assurais que tout était prévu , qu’elle ne pourrait ac-ï
cqmplirses desseins , tantôt elle écoutait mes conseils avec
intérêt : Fous me faites du bien, me disait-ellè, mais
jamais vous ne me guérirez: Tantôt , elle repouséait mes
consolations par des injures ; laissez-moi mourir , je suis,
une criminelle, on veut me' conduire au supplice, je
sou ffre cruellement ; je vous connais, vous voulez me
faire du mal. Si j’étais assurée de nie bien porter un
jour, de pouvoir travailler, d’ôtre het&euse, je voudrais
vivre; mais cela é.tant impossible ,je me tuerai, on a
beau faire. Tout çela était dit avec effort et èn balbutiant.
. La situation de celte malade était d’autant plus affreüse
que, le plus souvent, elle avait lè sentiment de sdh'état
et la conviction qu’elle se tuerait elle-même.
Je prescrivis, pendant le mois d’octobre, l’extrait de
chicorée combiné avec le tartre émétique , alterné avec
les bains lièdes, sans autre effet que plus de calme.
Décembre. Vésicatoire entre les épaules qui diminua la
céphalalgie et la violence dos paroxysmes. ■
Au commencement de février , il y eut quelques crises
sémblables ô celles précédemment décrites ; la céphalalgie
fut aussi violente, les douleurs des membres furent aussi
intehsesi Ôn pi’atiqua une saignée le 20, on multiplia les
bains tiôdes. La malade parut plus calme les jours suivans.
Le 27, Marie avait mangé à huit heures la soupe et
un morceau de pain; elle était sortie paisiblement do
l’infirmeriè; elle s’était emparée d’uné Corde qui servait
à maintenir le tuteur d’un jeune arbre; à neuf heures et
demie , pendant que je faisais la visite , on vint m’avertir
qu’une., femme s’étranglait dans uu des jardins qui ser¬
vent de promenade aux aliénées/
6
MlÉMPiJlES
Je me transporte sur les lieux : à l’angle dudit prome-<
noir, derrière des pierres destinées à la construction com¬
mencée du quartier des çonvalescens , je trouvai Marie
étendue sur le plan incliné d’un revêtement en terrasse
du mur en construction.
Le corps était couché sur le dos , les membres abdomi¬
naux, étendus , étaient étalés sur une pierre de taille
posée sur le talus, tandis que le tronc et la tête re¬
posaient sur le talus lui-même. Nulle altération de la
face , quelques bribes de pain à la commissure gauche
des lèvres ; la peau n’était ni décolorée , ni ecchymosée ,
la chaleur naturelle' était conservée. On voyait au col la
double impression d’une corde de deux lignes de diamè¬
tre. L’une de ces impressions était presque horizontale ,
l’autrémontait obliquement de dessous le menton derrière •
chaque oreille et se réunissait à l’occiput. Une sugillation
de quatre à six lignes de diamètre , du côté droit du col ,
correspondait à la jugulaire droite; la peau déprimée par
la corde n’était pas changée de couleur , et on ne voyait
aucune ecchymose ni au-dessus ni au-dessous du sillon
formé par l’impression.
Celte fille avait posé la corde horizontalement derrière
le col; elle avait ramené les deux bouts en avant , les
avait croisés sous le menton , et reportés derrière les
oreilles et la tête pour les attacher à un pieu „ haut de
deux pieds , fixé anciennement au sommet de l’angle
saillant du talus sur lequel le corps était gisant, et s’était
glissée sur le talus et puis sur la pierre.
La jardinière qui avait aperçu les mouvemens de cette
fille, sans distinguer çequi en était la cause, étaitaccourue,
et avait détaçhé la corde (elle n’avait eu que cinquante
toises à parcourir). Un élève qui avait couru dès que je fus
averti, avait ouvert la jugulaire gauche, lorsque j’arrivai;,
on n’obtint pasdesang, Qn ouvrit la veine du bras droit, if
ET observations, J
cpula , en bavant et‘ par gouttes , tout au plus, deux gros
de sang noir , ëpais.
Je fis transporter le corps à l’infirmerie ; il n’offrait
aucun signe de mort. Des frictions avec les mainS , avec
la laine , avec l’alcohol , avec l’ammoniaque , furent faites ;
on essaya vairièment de faire couler le sang par les ouver¬
tures déjà pratiquées ; on insuffla de l’air à l’aide d’uno
sonde de gomme élastique et d’un soufflet ; on exerça al-
terpalivement des pressions sur les hypocpndres et sur les
flapcs, jrour pro,duire des mpwyemens d’expiration j on
introduisit de l’éther sulfurique dan? la bouche. Après
upe heure et deçaie de soins infructueux , je fis laisser le
cadavre sur le fit spr lequel je l’ayais fait transporter.
A une heure je yisitai le padavre , les traits de la face
n’étaient nufieuiept altérés , le tronc n’était pas refroidi ,
les membres étaient froids.
A cinq heures le refroidisseinentvéfait complet , la peau
de la face était un peu déçolorée , les membres un peu
roides , la tête , un peu inelinée à droite et roide , les
jambes étaient légèremént livides , la double empfoi.nte de
la corde était légèrement colorée en brun-
Abdomen un peu distendu.
Le lendemain, vers six heures du matin , la face était
un peu bouffie , violacée, fes membres. étaient roides, les
pieds et la moitié des jambes étaient riolacés , le ventre
balloné.
A io heures, aS heures après là mort, l’ouverture du
cadavre fut faite en présence de plusieurs élèves.
La face.étàit bouffie et livide , les traits peu altérés ,lcs
yeux ouverts et b'rillàns , le ventre balloné , les pieds et les
jambes violacés.
La double impression delà corde était peu pi’o fonde ; la
peausubjacente était brune , comme brûlée , sànseee/ij-
inose; la sugillation , observée au col au moment de la
8 MÉMOIBES .
mort , avait disparu; le tissu cellulaire subjacent à l’ini'
pression delà cordr était sec-, serré, dense , et présentait
une bandelette d’u ^e ligne et demie de largeur, d’un
blanc brillant.
Le cuir chevelu injecté de sang noir.
Le crâne épais et éburné, la ligne médiane déjetée à
gauche , les circonvolutions du cerveau petites et comme
pressées les unes contre les autres;
Après avoir enlevé les méninges qui étaient légère¬
ment infiltrées, à la partie moyenne du bord supérieur et
interne'du lobe droit du cerveau , sa substance grise parut
déprimée et altérée dans sa couleur , dans l’étendue d’un
pouce' d’avant en arrière et de six lignes transversale¬
ment; au-dessous de la substance grise , on trouva un tu¬
bercule squirreux , isolé pab sa tunique propre , de la sub¬
stance blanche, laquelle était un peu dense autour du kyste ,
ét sans altération notable dans le reste du cerveau.
Les poumons et le cœur très-sains , nullement gorgés
de sang. '
Alimens contenus dans l’estomac à l’état chymeux ,
exhalant une odeur acide.
Point d’injection ni de traces d’inflammation à la mu¬
queuse du conduit alimentaire.
La vésicule biliaire renfermait de la bile brune et
épaisse.
L’ovaire droit gorgé de sang ; le gauche offrait un petit
kyste séreux et était beaucoup moins injecté que le droit.
Remarques. — 1;° Cette observation est intéressante
sous le rapport pathologique. En effet , les retours fréquens
de la céphalalgie , des douleurs aiguës des membres , de
l’injection de la face et des yeux , de la paralysie de la
langue , du délire , indiquent évidemment que l’impulsion
au suicide dépendait d’une affection cérébrale primitive.
E T OBSERVATIONS. g
d’autânf plus que la fureur pour se détruire augmentait
avec l’exaspéràtion des symptômes cérébraux.
L’engorgeinent sanguin de l’ovaire droit rappelle l’obser¬
vation rapportée dans les Mémoires de la Société Royale
de Médecine , d’une fille qui , ayant été trahie par son
ainant , se pendit. A l’ouverture du cadavre , on trouva
l’ovaire droit gorgé de sang et rompu.
2.° Sous le rapport de la médecine légale, cette obser¬
vation nous a paru d’un grand intérêt.
Le cadavre conserve encore tous les traits de la vie,
non seulement quelques minutes après la mort, mais
même quelques heures après. On aperçoit seulement, lors
de la première inspection , la trace de deux tours de corde
au col; cette trace est peu profonde , et n’a pas même al¬
téré la couleur de la peau.
La coloration et la bouffissure de la face , la couleur
violacée des pieds , la roideur des membres n’ont com¬
mencé à se manifester que 7 à 8 heures après la mort.
Point d’ecchymose autour du col ,et la sugillation , obser¬
vée! l’instant de la mort , avait disparu lors de l’ouverture
du cadavre , 26 heures après.
A l’ouverture du cadavre , qu’observe-t-on ? Les traits
de la face sont peu altérés, la sugillation , observée la
veille, a disparu , la peau qui recouvre les deux sillons
formés par l’impression de la corde , n’est ni violacée , ni
, ecchymosée ; elle est comme brûlée.' '
Les méningés sont très-peu 'injectées , ,1e cerveau ne
l’est point, les poumons et le cœur sont vides de sang ,
l’ovaire droit seul est gorgé de sang noir.
Quelles conclusions, propres à éclairer le magistral,
le médecin , appelé • à trois ou quatre heures de relevée ,
c’est-à-dire , 6! 7 heures après la mort de cette fille , eût-
il pu déduire de l’inspection du cadavre. Il n’eût trouvé
aucun des signes donnés par les médecins -légistes comme
10 U 01 UE s
caractéristiques dé la suspensiou avant la perte de la vie.
La double impression de la corde ne pouvait-elle pas faire
naître en lui le soupçon d’iin homicide : l’inspeotion du
terrein aurait peut-être pu fortifier ce soupçon.
Si ce même médecin, après avoir reconnu d’abord
que l’impression dè la corde n’était ni rouge ni violette ,
que la figure n’était ni bonifie , ni livide , ni hideuse , que
les lèvres et la langue n’étaient pas violacées , qu’il n’y
avait pas d’écume à la bouche ni aux narines , eût procédé
à l’ouverture du cadavre, 24 heures après, et qu’il n’eût
trouvé ni les vaisseaux du cerveau , ni ceux des nùéninges ,
ni’surtout ceux des poumons gorgés de sang , qu’aurait-il
pu conclure ? que la suspension était postérieure à la
mort. Et nous, que devrionsrnous penser d’une pareille
conclusion ?
Birons-nous que les auteurs de médecinè légale , les
Albert! , les Zaçhias , que Louis et Petit, së sont trompés
et qu’ils ont préparé l’errçur de ceux qui sont venus après
gux, de MIVL Fodéré, Vigné, Belloc, etc. Loin de moi
une pareille pensée ; niais j’ai lieu de croire que plusieurs
causes ont concouru pour en imposer aux premiers méde¬
cins législes. '
Les anciens étaient convainêus que les pendus étaient
étranglés et qu’ils mouraient apoplectiques. Dès -lors
tous les signes cadavériques de l’apoplexie ont dû leur
paraître les signes caractéristiques de la strangulation
suite de la naort par la suspension. Ils furent confirmés
dans cette opinion , parce qu’il était défendu de por¬
ter assistance à un homme qui se détruisait , soit par
l’immersion, soit par la strangu|atiom Jusques aux temps
modernes , personne n’eût osé tpueher à un cadavre trouvé
pendu , avant l’arrivée de l’olfiçiOr public ; de nos jours
même , avaqt que les formalités soient temlpHès, avàntquo
le magistrat ait ordonné la visite du médecin ; avant que
ET OBSEK VATIONS. 11
çelui-çi ait pu procéder à la visite du cadavre , il s’est
écoulé plusieurs heures depuis la mort.
Or , si l’pn observe plusieurs heures après la mort le
cadavre d’un individu qui s’est étranglé ou pendu , et que
le lien n’ait point été, enlevé aussitôt après , alors la face est
bouffie, violacée, il y a de l’écume sanguinolente à la
bouche , les . membres sont roid'es , leurs extrémités sont
violettes, etc, Tous ces phénomènes dépendent de la con¬
servation du lien autour du col jusques k ce que le
cadavre soit jrefroidi , comme le prouvent les observations
suivantes.
Une femme , âgée" de 35 ans , mère de deux enfans , est
accoblée par la ruine des allkires de son mari ; elle tombe
dans la lypémanie suicide, elle est morne , triste, elle ne
parle point , elle reste couchée ou assise , ne voulant faire
aucun exercice ; elle semble ne vivre que pour se tuer :
elle veut s’étrangler , onl’empèche plusieurs fois de se pré¬
cipiter par les croisées , elle refuse démanger pendant plu¬
sieurs, jours de suite , elle chèrchc à s’évader de chez elle,
elle avale un sou , un dez à coudre , deux aiguilles ; elle se
jette du haut des marches d’un escalier; enfin elle se glisse
au travers d’un soupirail , dans une espèce de cave , et s’y
pend , après six mois.de maladie. On ne retrouve le cadavre
de celte femme que cinq k six heures après ; elle avait
fait un nœud coulant k une corde ; après avqir monté sur
deux pavés qu’on trouva roulés k ses pieds lors de la
visite du corps , elle avait accroché la corde à un clou fixé
au mur.
La face était violette , les yeux étaient ouverts et bril-
lans , il y avait une écume sanguinolente autour des lè¬
vres livides ; les membres , la moitié des jambes , les pieds ,
dans l’extension , étaient violets ; tout le cadavre était re¬
froidi. La chemise était encore mouillée antérieurement j la
corde, très-mince, passait sous le méntou , se dirigeait
derrière les oreilles ; le sillon qu’avait fait sa pression était
très-profond ; la peau qui recouvrait le sillon était très-
brune , comrne brûlée , mais sans ecclijmose..
L’ouverture du cadavre fut faite 29 heures après la
mort. La face était bouffie , violacée , les yeux ouverts ,
les extrémités des membres très-violacées, le ventre très-
balloné J le tissu cellulaire subjacent à la- dépression
faite au col par la corde > était desséché, condensé , et
formait une bandelette d’une ligne de diamètre et d’uii
blanc très-brillant, sans apparence d’infiltration au cou ,
au-dessus ou au-dessous de la dépression.
Cuir chevelu gorgé de sang.
Crâne mince , front déjeté en arrière , bosses pariétales
très-saillantes. ,
Méningés un peu injectées , nulle altération apprécia¬
ble dans le cerveau.
La portion inférieure et postérieure du poumon droit
infiltrée par du sang noir.
, Cœur plein de sang noir et fluide.
Foie volumineux, gorgé de sang; le grand lobe se pro¬
longeant dans le flanc droit.
Intestins distendus par des gaz, le colon transverse di¬
rigé obliquement jusques au pubis.
Estomac vide , nulle trace d’inflammation de la mu¬
queuse du conduit alimentaire.
Remarques. Quoique le sillon de la corde fût très-
profond, il n’y avait pas d’ecchymose autçur du col.
L’engorgement du poumon droit était évidemment un
effet cadavérique.
Le déplacement du colon transverse n’est pas rare
dans les aliénations mentales , et particulièrement dans
la lypémanie.
Bans cette observation , des phénomènes extérieurs in¬
diqués par les auteurs , tels que la bouffisure , la lividité
ET OBSERVATIONS. l3
de la facOj récume à la bouche, la roideur des mem¬
bres, etc, , ont été observés, parce que le corps, a été
visité plusieurs heures après la mort , et que le lien n’ayait
pas été enlevé aussitôt après la strangulation.
En laissant â chacun le soin d’expliquer ces phénomènes
cadavériques comparés aux résultats de la . première ob¬
servation , qu’il nous soit permis d’ajouter quelques faits
directs qui; prouveront que la pression du lien autour
du col , continuée jusqu’à l’entier refroidissement du
corps, est peut-être la vraie cause des signes observés et
décrits par les auteurs.
Un homme d’affaires, ayant fait une perte, crut être
ruiné èt résolue de se tuer. Il se persuadait, qu’il allait
être poursuivi criminellement par un homme très-riche
dont il croyait avoir compromis les intérêts;, il parlait sans
cesse , il était en mouvement nuit et jour , il mangeait et
buvait très-peu : après huit ou dix jours, il fit une espèce
. de testament qui ne contenait, pas deux mots de suite qui
pussent se lier ensemble. Il fut plus calme après , pour
mieux tromper la surveillance des personnes , qui le ser-,
valent ; il fit un nœud-coulant h sa crayatte passée autour
de son col , .et, profitant d’un instant d’absence de scs do •
mestiques , il attacha les bouts du mouchoir' à l’espagnoir
lelte d’une des croisées de son appartement , et se pendit;
ainsi. A peine l’opération faite , ses gens entrèrent ; on le
décrocha , ôdîe coucha sur sonljt,, on lui donna de, l’air ,
etc. Le. cadavre ne présenta aucqne altération, des traits:
delà face, aucune ecchymose, a ucnneécuine àlaliouche.
Je fus mandé pour visiter le; , corps d’un aliéné, âgé
de 4o dns , qui était depuis plusieurs années dans, la; dé¬
mence, suite d’une monomaqip. Jamais il n’avaît donné
des signes de penchant au suicjde. Pendant la nuit il .avait ;
noué à la suite les uns dns autrés| plusieurs rubans attachés
à un brassolet destiné à contenir l’appareil d’un vésica-
l4 Bli MO IBÉS
tôifé ; il avait fixé lés deux bouts de Çés petits rubans réunis,
au ciel de son lit, passé sa tête b travers râûse formée
par cè lien , et abahdonné sou corps commè pour s’age¬
nouiller. Je trouvai les pieds et les jambes traînans sur
le lit , et les genoux toucliabt presque les couvertures. Il
y avait encore un reste de chaleur à l’épigastre. A peine
le lien fut ronipu , le cadavre étendu sur le lit , les croi¬
sées de l’âppartement ouvertes, que la bouffissure et la
lividité de la face disparurent, ainsi que la lividité du scro¬
tum et du pénis qui était dans une demi-érection.
Ces faits me paraissent concluads, et prouvent que ., si
le badavre d’un individu qui s’est pendu ou qui s’e^ étran¬
glé est délivré du lien fatal , immédiatement ou même plu¬
sieurs heures après là mort , alors on ne trouve point les
signes cadavériques indiqués par les auteurs, comme
propres à signaler la suspension avant la mort î ces phé¬
nomènes n’ont pas eu lieu ou se sont dissipés.
Les cadavres du sabotièt- dé Liègé , de Calas , èt des sü-
jets de la prémièrè et dé’ la troisièmé observation, avaient
été délivrés du lien aussitôt après la mort; ils avaient été
visités immédiatement apr^ j aussi n’ont-ils présenté au¬
cun des signes de süspènsion aVanl la mOrt ; ni’ à Pleffer,
ni au chirurgien qui fut àppôlè auprès de Calas , ni à moi
tandis qüè lé cadàVré du SÜltel de ma troisième oLséryation,
celui de la quatrième , les Offfi-aîent tous , parce qu’ils
étaient restés pendüS plhsîetïrs heures après la mort, et
long-témps avant qu’on lés visitât. Ôr c’est ce qui arrive
presqùé toujours aüi mMébihs appelés pour faire un rap¬
port sur le cadavre d’hn individu trouvé pendu. Au reste,
ces signés sont plus Oii iüoins nombreux, plus ou moins
ptonénéés , suivant là 'causé immédiate qui a causé
la mort de ceux qui së Sont péndüS ou qui se sont étran¬
glés , car tous ne périssent pas par la inênie mort. ,
Lorsque le célèbre Pfeffer entreprit la défense de la
ET OBSERVATIONS. l5
feoime et dii gendré du sàÈoticr, il n’av'aît pas vii ün
graùd noinbre de pendus et de siiicidés : il Vit le cada¬
vre du sabotier imMédiàtcmenl après la mort ; et après
t{u’on eut enlevé du cOl lë lièh bVèc lequel il s’étàit
pendu , il n’apèrçut auëün des signes indiqués par les
auteurs , comme propres à Caractériser la suspension
avant la mort. Cependant il était cOnvai'ncù qüe cet
homme était mort suicide; Il chercha à expliquer , par
une supposition , l’absence des signes ; il prétendit qüe
cette absence des signes et la promptitude delà mort,
prouvaient qu’elle avait eu lieu par la luxaliôtl des ver¬
tèbres cervicales; ëomme si l’asphyxie par l’occlusion
des voies aériennes h’était pas un genre de tübrt subite.
Pfefier h’eüt pas ou recours à cette explication , dé-
mèntiè par l’observation , S’il eût tenu compte dü prompt,
enlèvement du lien et de l’heure à laquelle il avait visité
le cadavre; s’il eût pu le visiter immédiatement après là
mort, quelques heures après, et le lendemain, comme
nous avons visité le cadavre du sujet de là première ob-
servaliom
Le médecin dè Liège éngagéà Antoine Petit à faire
line cofasiiltation , tendante à prouver que lè sabotier ,
trouvé mort dans sà chambre , s’étàit pendu lui -même.
Petit expliqua feommënt là luxation des vèrlèbreS Cérvicales
est possible dans cè bas -, par l’impulsion qu’uh individu
donné h son corps lorsqu’il veut se pendre , et même par
le seul poids du corps. Ce genre de mort, dit -il, rend
raison pourquoi le sabotier mourut très - promptement
et ne présenta pas à PfelTer les signes propres à la sus¬
pension avant la mort. Il est évident que la conviction
dé PfelTer entraîna A; Petit dans l’erreur.
Des faits qui précèdent, et des considérations auxquelles
ils ont donné lieu, nous tirons les conséquences suivantes :
1.” Que les signes donnés par les médecins légiste's
l6 MEMOIRES
comme propres à faire reconnaître si le cadavre d’un
homme trouvé pendu l’a été avant ou après la mort,
no sont pas aussi positifs qu’ils l’ont avancé ;
2." Que l’ecchymose autour du. col n’est pas un signe
constant, et qu’il faut la regarder , .avecDehaën, çomme
un signe équivoque de la suspension avant la mort ;
5.“ Que les signes indiqués par les mêmes, auteurs doi¬
vent se rencontrer moins souvent depuis que les préjugés
et les lois ne s’opposent plus à ce qu’on donne des secours
à une personne qui se détruit par la submersion ou la,
strangulation;
4.° Enfin , que lorsqu’un médecin est appelé pour faire
la visite d’un cadavre trouvé pendu , il doit tenir compte
de l’heure à laquelle la mort a eu lieu, et du temps
pendant lequel le lien a été maintenu autour du col : deux
circonstances qui modifient les phénomènes cadavériques ,
lesquels ^servent de hase au jugement qu’il doit porter. ,
L’erreur dans laquelle sont tombés des hommes aussi
recommandables par leurs lumières, m’a seule déterminé
è rendre publiques ces considérations sur une des ;ques-,
lions de médecine légale les plus délicates et les plus
difficiles. Je les .croirais- utiles , quand elles ne produi¬
raient d’autre bien que dé faire naître des doutes, dans
l’esijrit des médecins chargés de faire des rapports en
justice ; car il , n’y a que l’examen le plus judicieux qui
puisse , en éclairant la çonspié^ce du^ médecin, rassurer
celle du magistrat, arbitre de la vie et d.e l’honneur des
citoyens. .... - ; ; , fi , ; •
Observations relatives aux perforations spontanées de
l’intestin grêle dans les maladies aiguës,- suivies de
quelques réflexions ; par M. Louis, D.-M.-P.
Liîs perforations de l’intestin grêle , dans les maladies
aiguës , sont, un des accidens les plus graves qu’on puisse
rencontrer dans , la pratique de la médecine. Elles n’ont
pourtant pas jusqu’ici fixé l’attention des médecins ; la
science possède à peine quelques laits relatifs à ce point
intéressant de, pathologie , et nous avons cru par cette
raison faire quelque chose d’utile en publiant les observa¬
tions encore peu nombreuses , il est vrai , que nous ayons
recueillies à ce sujet. Nous les avons réunies à deux autpes
du même genre qui nous ont été conimuniquéespar M.,le
docteur Ghomel, et qui ont pour auteurs, l’une M. le
docteur Martin Solon { l’autre M. Boulu , étudiant en mé-.
decine. Ces deux observations sont les , premières dans
l’ordre indiqué; viennent ensuite celles que nous avons
recueillies à l’hôpital de la Charité , et parmi cellesrci ,;la
troisième a été rendue plus complète par M. le docteur
Andral fils , qui a bien voulu nous communiquer quelques-
uns des détails qüi nous manquaient.
Nous avons retranché de nos observations propres tout
ce qui nous a semblé inutile ; mais aussi nous y avons laissé
tout ce qui nous a paru éclairer la marche et la nature do
la lésion qui donne lieu aux perforations. Si quelques-uns
des détails dans lesquels nous sommes entrés paraissent
minutieux, de nouvelles observations leur, donneront peut-
être de l’importance , et c’est par cq motif que nous n’a¬
vons pas cru pouvoir les supprimer.
l8 MÉMOIBES
PiiEMiîinE Obsebvation. — M. L . , commis -mar¬
chand de draps , âgé de 24 ans , d’une constitution
faible, d’un tempérament lymphatique , fut pris, le 27 mai
1822, à la suite d’une suppression de transpiration, de
douleurs lombaires très-yives et d’une fièvre Irès-inténse.
Le 28 mai , M. le docteur Martin Solon (médecin du ma¬
lade) lui conseilla un bain chaud, le repos du lit et
la diète. Les douleurs des lombes se dissipèrent , la
fièvre diminua, et M. L. . . . . reprit ses occupations.
Quelques jours après , des douleürs vagues se firent
sentir dans les membres ; la tête était pesante , doulou¬
reuse ; le visage triste et abattu ; la langue rouge au pour-
toHir , couverte à Son milieu d’un enduit blanchâtre épais }
la soif vive , le ventre légèrement douloureux à la pression ;
la peau brûlante et sèche , le pouls très-fréquent; leséva'
ouations al vines étaient rares : (i5 sangsues à l’anus , lave-
meWs émolliens, cataplasmes émolliens sur le ventre , dé¬
coction d’orge , diète absolue ).
Lo lendemain, la céphalalgie était dissipée, mais les
autres syihplômes persistaient. LeS même» moyens, à
l’exception de la saignée , furent employés , et suivis en
quelques jours d’une grande amélioration. Mais le malade
ayant pris du bouillon qui ne lui avait pas été prescrit , le
lendemain 8 juin , tous les symptômes inflammatoires
avaient reparu. Il y avait eu de l’agitation pendant la nuit ,
et la chaleur du ventre paraissait plus élevée aü toucher
que partout ailleurs : (16 sangsues à la région iléo^cœcale ,
continuation des émolliens à l’intérieur et à l’extérieur ,
bains). . ?
' Leu juin , la langue était assez bonne , le veiitré indo¬
lent,' la respiration sé faisait convenablement et sans bruit;
mais la chaleur de la peau et la dureté du pouls qui subsis-
1 a ient, engagèrent à faire une saignée d’üne pale ttèet demie.
Le sang offrait peu de sérosité et un caillot très-denser
ET 0B8ERVATÎ0NS. I9
Le 12 , la peau était moins chaude et le visage moins
animé ( limonade , quelques ceçîses cuite8).
Le i4, le pouls n’avait plus que 82 pulsations par mi¬
nute ; le malade se sentait beaucoup mieux ; on insista
sur la diète.
Le 1 5 , le visage était très-ion , le pouls excellent , le
ventre souple et indolent , le malade plaisantait sur son
état des jours précédons; il désirait manger ,, mais con¬
sentit à attendre encore deux jours.
Le 16 au malin, la face était grippée : pendant ,1a nuit
le malade avait éprouvé to.ut-à-eoup des nausées fré¬
quentes et des coliques atroces qui l’avaient réveillé subite¬
ment, et quand je le vis ( dit M. Martin Solon ) il se disait
beaucoup mieux; cependant, le. ventre était météorisé,
douloureux partout ; le pouls petit , serré , fréquent,: je
reconnus une péritonite , et la promptitude de son déve¬
loppement me porta à croire qu’elle était causée, par une
perforation' de l’intestip : (embrocations huileuses sur le
ventre , potion avec le sirop diacode).
M. le docteur Chôme! , appelé dans la journée , parta¬
gea mon avis.
Le soir, il y eut des vomissemens brunâtres abondans,
le pouls était encore plus serré , le ventre plus tendu ; le
malade était dans la plus grande sécurité sur son état. : il
expira è minuit , 20 heures après le développement des
açcidens de la péritonite.
Autopsié cadavérique faite le lendemain.-^ Ou trou¬
va le péritoine couvert d’une exudation sangqine , diffi¬
cile à enlever parle grattage : les' circonvolutions inlesT
tinales adhéraient entre elles : un liquide de mauvaise
odeur , contenant des mucosités intestinales et de la bile ,
était épanché dans la cavité péritonéale et remplissait la
partie Inférieure de l’abdomen. — Les gangliorts du mé¬
sentère étaient volumineux et d’un rouge foncé, .
La surface externé de l’iléon présentait, dans le voisi¬
nage delà valvule iléo-ccecale, la perforation indiquée ;
et dans les dernières circonvolutions de l’intestin , se trou-
vaient au moins huit à dix ulcérations. La plus voisine de
la valvule iléo -cœcale avait au moins deux pouces et demi
de circonférence ; ses Lords étaient rouges et gonflés, et ,
îi son centre , se trouvait la perforation qui avait au moins
■ deux lignes de diamètre : sa circonférence n’était pas fran¬
gée, ne présentait pas de lambeaux d’escarres , mais elle
était mince et parfaitement circulaire. .
Les autres ulcérations étaient , en s’éloignant de la val¬
vule , de moins en- moins larges et profondes : elles in¬
téressaient seulement la membrane muqueuse; on ne
voyait plus de tracés inflammatoires sur beaucoup d’entre
elles, et leurs bords paraissaient disposés à sé cicatriser.
IL”"'’ Observation. — M. L.;.. B... , étudiant en droit,
âgé de 2 2 ans , d’une constitution forte , d’un tempérament
sanguin très - prononcé , d’une santé parfaite , ne faisant
d’excès en aucun genre , déjeûna le 1 7 mai 1 822 un peu
plus que d’habitude, et le soir il éprouva un sentiment
de malaise général, qui dura trois jours, sans augmenter
sensiblement.
Le 20 mars, il se plaignit d’une douleur de télé ; la
face était vivement colorée , les yeux étaient brillans et
injectés ; la langue- était blanchâtre , la soif vive ,1e ventre
souple , insensible <1 la plus forte pression ; les selles étaient
médiocrement nombreuses .et liquides ; la respiration était
naturelle , le pouls fréquent et développé : (saignée do qua¬
tre palettes, limonade végétale, lavemensémolliens, diète
absolue).
Le 2 T , aux symptômes de la veille s’étalent jointes de
légères douleurs en dilTérens points de l’abdomen, et le
tnajade appréhendait la mort (3o sangsues à l’anus, li¬
monade végétale, lavemensémolliens).
ET OBSERVAT ro NS. 21
Le soulagement se manifesta aussitôt après l’application
des sangsues , et le lendemain 22 , le ventre était insen¬
sible à la plus forte pression : cependant les Inquiétudes
de M. L.... continuant , M. Boulu , qui l’avait soigné seul
jusqu’alors , fit appeler M. le docteur Husson qui pres¬
crivit une nouvelle saignée de dix onces , avec les rafraî-
chissans et la diète.
Le 23 , le mieux était sensible , la nuit avait été calme ,
la face était moins animée , le pouls moins fréquent , la
soif moins vive, le malade un peu l’assuré sur son état :
(continuation de la diète et des. boissons rafraîchis¬
santes). •
Le mieux continua jusqu’au 28 , et la veille , le malade
ayant témoigné le désir de prendre quelque aliment , ou
lui permit un peu de bouillon coupé qu’il but avec^
plaisir.
Le 28 au matin, s’élant-Jevé pour écrire, il se recou¬
cha .aussitôt après, et eut un léger frisson suivi d’une
sueur abondante. Les symptômes inflammatoires repa-^
rurent avec intensité , le visage se colora vivement , le
pouls prit du développement , la langue était humide et
blanchâtre comme auparavant ; de légères douleurs se
manifestèrent dans la région du cæcum ; les déjections
alviiics, d’une couleur brunâtre, liquides, étaient fré¬
quentes , les urines copieuses et rougeâtres ; outre cela , il
y avait de la stupeur , du délire par intervalles , une lér
gère surdité, et par-dessus tout une inquiétude très-
grande de la part du malade sut; sa situation.
Le soir , M. le docteur Hervez ayant été appelé j pros¬
crivit dix sangsues derrière chaque oreille , des fomenta-.
lions émollientes sur la région du cæcum et des lavemens
émolliens. . ■ .
L’application des sangsues fut immédiatement suivie de;
la diminution des symptômes nerveux , mais ils reparurent
22 . MiMOIBJîS
pendant la nuit , accompagnés d’une grande agitation et
d’une exaspération extrême et subite de la douleur de
ventre.
Le lendemain 29 , à sept heures du matin , la douleur
de ventre étant considérable, 20 sangsues furent appli¬
quées à l’endroit douloureux ; et leur application n’ayant
été suivie d’aucun succès , MM. Ghornel et Fouquier fu-
• rent appelés en consultation* Ils arrivèrent au moment où
le malade sortait du bain : il s’y était bien trouvé , sans
douleur aucune , et il en était à peine sorti qu’il expira.
Autopsie cadavériffue faite vingt-quatre heures après
la mort.— Oa trouva dans la cavité de l’abdomen une ma¬
tière brunâtre, d’une odeur fétide, dans laquelle na¬
geaient quelques flocons albumineux; l’intestin grêle était
rougeâtre à sa surface externe.
Sur l’iléon , à huit pouces environ du cæcum , se trou¬
vait une ouverture circulaire, de la largeur d’un tuyau
de plume à écrire; à cette ouverture correspondait inté¬
rieurement une ulcération de la largeur d’une pièce de 00
sous , laquelle , formée aux dépens de la membrane mu¬
queuse , avait à son fond la membrane musculaire , per¬
forée avec la péritonéale à son centre et dans la même
étendue. La membrane muqueuse était phlogosée aux en¬
virons de l’ulcération , et présentait çh et là des saillies
rougeâtres , très-marquées. L’estomac n’oflrait rien qui
fût digne d’attention.
IIL“° OnsEnvATioN. — Un jeune homme de dix-sept
ans , ayant des forines grêles . des cheveux châtains ,
d’une taille moyenne, ayant joui jusqu’alors d’une bonne
santé , fut amené à l’hôpital de la charité, salfe S'.-Louis;
(service deM. le docteur Leribinier) ,1e i5 octobre 1822.
Le i5 il avait eu, sans'caù^e connue, vers le, soir, des
étourdissemens et un malaise universel. La chaleur avait
été vive pendant la nuit; et le lendemain, aux mêmes
ET OBSEBVATIOKS. 23^
symptômes s’étaient jointes des sueurs abondantes et la
perle de l’appétit. ,
Le i6 , lors delà visite, le nralade avait la figure ani¬
mée , les yeux rouges , des lassitudes, dans les jneinbres ;
sa bouche étaitniauvaise, l’anorexie complète , la langue
couverte d’un enduit jaunâtre , la soif peu considérable,
le .ventre souple j indolent. H n’ayait pas eu .de selle de¬
puis vingt-qualréllenres; (.tisdne d’orge gomm^ée, lave¬
ment de guimauve).
Le 1 7 , ayant eu une seule garde-a’pbe la veille , U prit
six grains d’ipécacuanha , vomit un àssex grande quantité
de bile, sans aller à la selle,, et dormit àsse? tranquille¬
ment.
. Le lendemain la langue était belle et vermeille, la bou¬
che sans mauvais .goût, le pouls peu fréquent, la chaleur
peu élevée. . ;
Le 20 , et les jours suivons , lé malade sé sentait assez
hien , et disait à ses camarades que si le mieux continuait ,
il ne resterait pas long-temps à rhôpitfd. La fièvre était
fort modérée,, la langue conservait sa netteté;: il n’y avait
qu’une selle en vingt-quatre heures , mais l’appétit ne re¬
venait pas :, ( tisanes adoucissantes , deiix bouillons).
Le 23 au malin , la fièvre avait reparu assez forte' j la
peau était brûlante , le malade se plaigh^iit dé dOuleiiés de
ventre , et la pression les augmentait encore ; il^ nTftit eu
deux selles liquides : (huit sangsues à l’anus, tisaue
d’orge tiède. ) .
Les sangsues ne furent pas appliquées ; lès doujéurs
augmentèrent beaucoup dans la journée , devinrent d’uû!e
extrême violénce pendant la nuit , et s’accom|>aghèceôt
de vomissemens d’une grande quantité dé bile vérte. ' . .
Le 24 , â la yisite du mâtin , les traits du malade éfoion''
profondémeut altérés, ses yeux éteints ; des nausées con¬
tinuelles amenaient de temps â aiilre quelques: gorgées
s/f MÉMOIRES
de bile; la pression abdominale était extrêmement dou¬
loureuse , la respiration accélérée , le pouls fréquent ,
misérable, la peau sans chaleur. M. Lerminier, pré¬
sumant une perforation intestinale , prescrivit quarante
sangsues au ventre , des fomentations huileuses , des sina¬
pismes mitigés dans la soirée , et une tisane de lin.
Le 20 au matin ;- le malade jouissait encore de l’inté¬
grité da ses' facultés intellectuelles, était dans un calme
apparent , avait le visage pâle , tirant un peu sur le violet';
ses yeux n’étaient pas éteints , et leur expression semblait
presque naturelle ; la tête était penchée sur la poitrine ,
les cuisses étaient sous le ventre. Le malade disait ne pas
souffrir beaucoup et être dur au mal; l’abdomen, peu
sensible h la pression , était plus développé et renitent ,
les voinissémens de bile verte , qui avaient continué le
jour et la nuit, existaient encore; il n’y avait paseu-d’é-
vàcüâtion's alvines depuis les premiers symptômes de pé -
ritonite. - ^ -
Le pouls était filiforme , mais régnliër; les mains
étaient froides. Le malade ressemblait, par son attitude ,
la couleur de sa figure et l’expression de ses traits , à un
homme qui a pris un bain très froid et qui; ne peut se
réchaufler. ■ z -
Il expira le soir à cinq heures environ.
ÀiU’opsiè cadavérique faite quinze heures après la
moH. —Le cadavre: ne présentait à l’intérieur rien de re¬
marquable. ■ ' i
.rm'Ilï-y avait un liquide trouble , puriforme , contenant des
flocons albumineux ; épanché dans la cavité du bassin et
dans les flancs. Les: circonvolütions intestinalés: adhéraient
entre elles par le moyen de fausses membranes , molles
et jaunes ; l’intestin grêlé était distendu par des gaz. Sur
l’iléony ü-' dix pouces environ de la valvule iléo-cœcale,
était un trou qui faisait communiquer l’iléon ayecrinlérieur
ET OBSERVATIONS. afi
du péritoine , et était pratiqué au fond d’une ulcération de
cinq lignes de diamètre , formée par la destruction de la
muqueuse , laquelle était saine et sans épaississement sen¬
sible au pourtour de l’ulcéralioij. Entre l’ulcère et le
cæcum était un certain nombre de petites élevures appla-
ties, récouvertes par la muqueuse , qui ne paraissait pas
altérée , mais dont nous n’avons pas examiné la structure.
On voyait aussi , dans cette même portion de l’intestin ,
trois ou quatre plaques pointillées de gris , d’un pouce
ou un peu plus de surface, légèrement saillantes. L’es¬
tomac, le gros intestin , et les autres viscères étaient
sains. (L’état des glandes du mésentèfe n’a^as été noté).
ly .mo Observation. — Une jeune femme de vingt-six
ans , d’une constitution médiocrement forte , d’une taille
moyenne, d’un embonpoint modéré , parfaitement bien
conformée , d’une sensibilité assez vive , fut conduite è
l’hôpital de là 6harité, le 22 septembre 1822, et placée
au n.° 18 de la salle S. '-Joseph ('service de M. le docteur
Chomel). „
Elle était malade depuis huit jours, et la maladie, qui
avait débuté par un frisson violent , avait été précédée ,
sans cause^ connues, de, malaises indéfinissables pendant
un mois. Au frisson, avait succédé une chaleur assez forte
accompagnée de ,soif; l’appétit avait disparu, la bouche
était devenue mauvaise , l’épigastre et le reste du ventre
étaient restés indolens, Cet état, auq.hel se joignirent des
spasmes à la gorge . se prolongea pendant quelques jours ;
mais le sixième , les idées de là malade étaient par fois
désordonnées ; le septième , elle accüsa üûe Céphalalgie
assez intense, et fut conduite à l’hôpital , où elle passa uiie
partie de la nuit à crier.
Le lendemain j 20 septembre, elle était dans l’état
suivant : la figure pâle et un peu altérée grimaçait quel¬
quefois , quelquefois était Calme et sans expression remar-
26 MÉMOIRES
quüble ; la mâchoire inférieure était agitée de mouvemens
semblables à ceux de la mastieation : la malade , qui ne
répondait au médecin que par monosyllabes et ne parais¬
sait pas jouir de sa raison , satisfaisait assez bien cependant
aux questions que lui faisait la sœur de service : elle as¬
surait n’avoir de douleurs qu’aux pieds , où on lui avait
appliqué des sinapismes pendant la nuit; la langue uù,
peu gluante avait sa couleur naturelle; la soif était nulle,
le ventre un peu météorisé ; la figure grimaçait quand On
le pressait; la chaleur était élevée et sèche; le pouls,
sans dureté ni plénitude , battait quatre-vingt-dix-huit
fois par minüte; la respiration, assez, fréquente j était
accompagnée d’un râle sec et sonore , les crachats, quel¬
quefois mêlés de sang, étaient assez liquides , la toux
était rare. Ces symptômes et les renseignemens fournis
par le médecin qui avait vu la malade , engagèrent ù pres¬
crire une saignée de dix onces, des lotions froides sur la
tété, des sinapismes, des vésicatoires aux cuisses, et
une solution de sirop de gomme acidulée.
Le calme se rétablit; il n’y eut de cris ni le jour ni la
nuit; la malade causa un peu et raisonnablement avec
les personnes qui vinrent la voir.
Cependant le '24 , à la visite du matin , la figure expri¬
mait l’anxiété ; la malade assurait souffrir , tantôt de tout
le corps , tantôt de la télé seulement* Il y avait comme
la veille des mouvemens spasmodiques à la mâchoire infé¬
rieure : là bouche était remplie de mucosités épaisses , le
ventre .souple, mou , insensible à la pression ; la chaleur
comme la veille , le pouls un peu moins accéléré , un peu
plus développé et sans dureté; les crachats étaient gluans ;
(solution de sirop de gomme , lavement émollient , lotions
d’eau froide sur la tête, vésicatoires aux cuisses).
La journée se passa Lien ; mais aü milieu do la nuit,
la malade fut prise tout-à-coüp d’une violente douleur de
ET OBSEHV ETIONS, , SJ
ventre qui lui arrachait des ci’is aigus , sans nausées ni
Tomissemens.
Le a5 , au moment de la visite , les traits étaient décom¬
posés , les yeux ternes. La pâleur du visage était encore
plus grande qüede coutume , l’afTaissement considérable ,
mais l’intelligence entière; la langue sèche , en partie
noirâtre et encroûtée ; le ventre méléorisé , extrêmement
douloureux, ne pouvait supporter la moindre pression;
la malade y sentait une chaleur inOonimode : la douleur
était encore exaspérée par les boissons ; le pouls , mé-*
diocremenc accéléré , était petit et faible, la respira¬
tion plus fréquente que la veille. Il n’y avait ni nausées ni
vomissemens. M. Ghomel, qui avait reconnu la nature de
la péritonite, prescrivit des émolliens sous toutes les
formes. i
Les douleurs persistèrent avec beaucoup de violence
le jour et la nuit , et il y eut des vomissemens bilieux sans
le moindre délire.
Le 26 , la malade répondait parfaitement bien aux
questions ; sa figure , entièrement décomposée , portait
l’empreinte de la douleur et de l’abattement, était pâle
comme le reste du corps. Les dents et la langue étaient
sèches , les nausées continuelles ; les selles , auparavant
rares et difficiles . étaient nombreuses et liquides; l’hyf
pogastte , extrêmement douloureux, était tendu ; le pouls
filiforme;lesjparties à découvert étaient froides..
La malade passa la nuit au milieu des cris: et des vo^
misseroens qui continuèrent jusqu’à la mort , arrivée le
lendemain 27, à six heures, c’est-à-dire, après cinquante
ou cinquante-quatre heures d’une péritonite extrêmement
douloureuse. - . , ' :
L’autopsie cadavérique fut faite 'Oingt-six heures après
/æ mort. Le cadavre, pâle et sans vergctures, n’ollrait
rien do remarquable à l’extérieur. ■:
28 MiMOIIHiS
Les veines , ji la surface du cerveau , étaient distendues
par le sang; le cerveau, un peu humide, était d’ailleurs
parfaitement sain.
Le coeur était d’uu bon volume. Les poumons , le droit
surtout, étaient infiltrés en arrière d’un peu de sérosité
non écumeuse. H y avait un léger épanchement de sérosi¬
té rougeâtre dans la cavité des plèvres.
Une petite incision . faite aux parois de l’abdomen , en
laissa échapper un peu de gaz sans odeur. L’épiploon re¬
couvrait toute la masse intestinale, qui était météorisée ;
il y adhérait faiblement. Un liquide trouble et roussâtre,
puriforme, contenant des flocons albumineux, remplissait
la cavité du bassin et se répandait jusqu’à la face concave
du foie. —Les circonvolutions intestinales adhéraient légè¬
rement entre elles , au moyen de fausses membranes jau¬
nâtres et molles. -— Les glandes lymphatiques du mésen¬
tère étaient volumineuses ét d’un rouge* foncé', dans la
partie correspondante aux ulcérations que je vais décrire :
Sur l’iléon , à trois pouces environ du cæcum , se trou¬
vait un trou de deux lignes de diamètre pénétrant dans la
cavité de l’intestin. A quelques pouces de là , et plus haut ,
s’en trouvaient encore deux autres , mais beaucoup plus
petits. Le péritoine correspondant à ces trois perfora¬
tions était rouge. A l’intérieur de l’intestin , et dans l’é¬
tendue d’un pied et demi , à compter du cæcum , étaient
dix ulcérations , parmi lesquelles s’en trouvaient trois
ayant à leur centre les perforations indiquées. Le pourtour
de la’ plupart de ces ulcérations était anguleux , un peu
saillant;' la touqueuse y paraissait seulement un peu plus
épaisse et plus mollé qu’ailleurs , de manière que le petit
bourrelet était principalement formé par la tunique cçllu-
leuse épaissie ; le fond de l’ulcération l’était par la luni -
que musculeuse, encore revêtue, d’une petite lame de tis^
su cellulaire d’une ténuité extrême. Cette portion demem.r
ET observations. 20
hrâne musculeuse était d’ailleurs dans un état d’intégrité
parfaite, ensorte que le pourtour de la perforation était
mince et formé par des parties saines , le péritoine excepté.
Il n’y avait ni odeur ni traces quelconques de gangrène
dans ces ulcérations/ dont la surface était nette et pâle.
Le reste de la muqueuse du canal digestif était sain;
le foie n’offrait rien de remarquable ; la bile delà vésicule
était très-foncée , mais peu épaisse. La rate , deux fois
plus volumineuse que de coutume , était un peu ramollie.
V.”*” Observation. — Un garçon charpentier , âgé de
25 ans , à Paris depuis sept mois, d’une taille moyenne ,
d’une constitution médiocrement forte , plutôt maigre
que gras , ayant les cheveux noirs , la poitrine assez
large , prenant une bonne nourriture , mais sans excès ,
n’en faisant dans aucun genre, n’ayant jamais eu de
maladies graves , n’étant sujet ni au rhume ni au dé¬
voiement, fut reçu à l’hôpital delà Charité le 2 décem¬
bre 1822, salle St-Jean (servicè' de M. Chomel). Il se
disait malade depuis dix- huit jours; la maladie avait
débuté le soir , après un souper pris avec appétit et
néanmoins modéré; par un frisson avec tremblement
des membres qui avait duré trois-quarts d’heure , et avait
été suivi d’uùe chaleur peu considérable : le frisson
n’avait pas reparu depuis le début , si ce n’est pendant
quelques minutes après les repas, et la chaleur, un peu
plus élevée que de coutume , n’avait pas été incommode.
La diminution de l’appétit, dès le début, n’avait pas em¬
pêché le malade de manger tous les jours et de boire un
peu de vin , soit pur, soit mêlé d’eau : la soif, qui avait
toujours été peu considérable , n’en était pas augmentée.
La constipation avait existé depuis le début; le ventre n’a¬
vait pas été douloureux un instant. — ■ 11 souffrait de¬
puis cinq jours. Il n’était venu à l’hôpital que pour con¬
sulter sur la fièvre et les douleurs qu’il éprouvait tous, les
5o MÉHOIBES
jours après les repas ; ses forces étaient peu diminuées ;
cepradant il consentit à prendre un lit.
Le 22 , à la visite du, ma tin , il était dans l’état suivant :
La ligure était naturelle , l’intelligence parfaite, les or¬
ganes des sens dans toute leur intégrité : il n’y avait point
de sentiment de fatigue ou de faiblesse dans les membres ;
le sommeil avait été tranquille. La langue , nette et sans
rougeur , était humide ; la soif médiocre .l’appétit un peu
diminué , la bouche sans amertume ni mauvais goût : l’é¬
pigastre soupire , indolentt tout le reste du corps dans le
même état; l’urine facile ; il n’y avait pas eu do selle dcr
puis quarante-huit heures. Le pouls était assez plein et
large , mais très-calme, battant 68 fois par minute : la
chaleur douce ; la toux peu fréquente; l’expectoration
claire ; il n’y avait pas d’oppression; la fin de chaque
inspiration était accompagnée d’un râle sec et sonore ,
quelquefois sifllantj (limonade végétale, potion gommeuse,
trois riz , deux bouillons ) .
Le 25 .après une nuit tranquille , la langue était un peu
rouge à son pourtour , la bouche et le ventre comme la
veille; le pouls un peu accéléré; la chaleur élevée; la
toux et l’état de la respiration n’avaient pas varié.; le ma¬
lade n’éprouvait de douleur nulle part : (même pres¬
cription).
Le 24 , rien de remarquable.
Le 25,1a figure etl’intelligence étaient comme le premier
jour ; la langue , rouge à ses bords , était blanchâtre et
villeuse au centre ; la soif modérée , l’appétit médiocre ,
le ventre souple , indolent; les selles étaient rares ; le pouls
était un peu amélioré etlarglî ; la toux peu considérable ,
l’inspiration accompagnée de râle sec et sonore.
Le 26 , le malade s’était levé et promené comme de¬
puis son entrée à rhôpital.
Mais dans la nuit du 26 au 27, à trois heures du ma-
ET OBSERVATlOnS. 5l
tîn', il fut pris tout-à-coup d'une douleur extraordi¬
nairement vive dans toute l'étendue de L’abdomen ,
saSs frissons , nausées ni vomissemens. A la visite du ma¬
tin , cinq heures après le début , le visage était triste et
abattu , jaunâtre , exprimant la souffrance et l’anxiété, le
nez pointu , les sourcils contractés; les yeux, étaient assez
naturels , l’intelligence et les organes des sens en boa état.
Le malade était immobile dans son lit , craignant de faire
le plus petit mouvement; la soif était très-vive, la langue •
rouge et peu. humide; les dents étaient sèches ; les lotions
ne produisaient pas d’exaspération dans les douleurs ; la
ligure , plus encore que les paroles, exprimait ses souf¬
frances; il n’avait point de chaleur locale , mais ne pou¬
vait supporter la plus légère pression sur l’abdomeir, qui
n’était pas météorisé; le pouls , très-accéléré , n’était pas
misérable , mais serré et assez résistant ; la toux médiocre.
La nature de l’accident fut bientôt reconnue; on appliqua
des sangsues à l’abdomen ; on donna des boissons adou¬
cissantes , en recommandant de les prendre par gor¬
gée , etc.
La douleur diminua un peu après l’application ries
sangsues; on en appliqua de nouvelles dans la soirée.
A huit heures du soir , les nausées et les vomissemensi
se manifestèrent et durèrent toute la nuit.
Le lendemain 1 8 , l’expression du visage était comme
la veille j la couleur de la peau presque cadavéreuse; les
facultés intellectuelles étaient libres , les yeux n’offraient
rien de remarquable ; les mouvemens du corps étaient un
peu moins douloureux que la veillé; la langue était rougn.
à ses bords et verdâtre au centre; les nausées et les vo-,.
missemens de bile verte étaient continuels ; le ventre était
balloné et très-sensible à la pression, mais ua peu moins,
que la veille ; le pouls petit , enfoncé , difficile â comp¬
ter, battait 1 4 5 fois par minute ; la chaleur était pou
52 MillOIRES
élevée ; les mouvemens inspiratoires se répétaient 4o fois
par minute :-(] O sangsues).
Il n’y eut point de vomissemens dans la journée. ^
Les douleurs furent vives pendant la nuit ; mais à la
visite du 29, elles étaient presque nulles; le malade
assurait ne souflFrir que par la pression; la respiration
et la circulation étaient encore plus "accélérées que la
veille ; mais la physionomie et l’état de l’intelligence
étaient les mêmes.
A midi, ayant dit pour la première fois à son cama¬
rade qu’il n’avait pas à vivre long-temps, il demanda à
Loire, et mourut au moment même, au milieu d’un vo¬
missement abondant de bile.
5i , autopsie cadavérique 10 heures après la mort.
Rien de remarquable à l’intérieur du corps : les veines
de la superficie du cerveau étaient remplies de sang; le
cerveau, extrêmement injecté , était ferme, et les ven¬
tricules latéraux contenaient un peu de sérosité rougeâtre
à gauche.
Le cœur était, parfaitement sain, l’oreillette droite dis¬
tendue par une grande quantité de sang caillé. — Les
poumons avaient extérieurement, en arrière, de larges
tâches noirâtres , et , en dedans , des taches beaucoup plus
petites et de même couleur. — Les bronches étaient d’un
rouge un peu obscur, mais pas très- foncé. 11 y avait un
verre de liquide sanguinolent dans la cavité de la plèvre
gauche,
La paroi antérieure de l’abdomen adhérait, par une
fausse membrane molle et peu épaisse avec l’épiploon; le^
péritoine qui les recouvrait était plus injecté que partout
ailleurs. Les intestins , distendus par du gaz , étaient unis
entre eux par des fausses membranes ; un liquide roussâtre ,
trouble, épais , un peu bourbeux, d’une bdeür forte ,
ayant beaucoup de ressemblance avec celui qui était con-
tNS.
53 >
tenu dansles'dernières circonvolutions de l’intestin grêle,
remplissait en partie le bassin , et se jrépandâit dans les
flancs. Les glandes mésentériques étaient peu volumirieu- ,
ses , une ou deux exceptées , près du cæcum ; leur couleur
et leur consistance étaient naturelles. •
' Sur la partie de l’iléon contenue dans-le bassin , et à
un pied du cæcum, était un trou de deux lignes de dia¬
mètre, pratiqué au centre d’une ulcération formée par la
destruction de la muqueuse à l’endroit correspondant.
• La première portion de l’intestin grêle n’oflrait rien de
remarquable; mais dans toute l’étendue de la seconde ,on
rencontrait, un grand nombre de plaques saillantes , ova¬
laires, de 6 à i5 lignes dans leur plus grand diamètre ,
plus ou moins irrégulières, d’autant plus épaisses qu’on
s’approchait davantage du coecum ; ayant à leur maxi¬
mum d’épaisseur une demi-ligne ou trois-quarts de, ligne
environ; grisâtres, piquetées de bleu , formées par la mu¬
queuse ayant le double ou le triple de son épaisseur or¬
dinaire , très-adhérente avec la tunique celluleuse devenue
plus dense et plus épaisse , la membrane musculeuse étant
saine. Près de la perforation , en deçà et amdelà „plusieurs
de ces plaques présentaient tous les degrés de l’ulcération ,
jusqu’à la destruction complète de la muqueuse ;i;alors le
fond en était formé par la membrane musculeuse saine ,
revêtue d’une laine de tissu cellulaire. Si l’ulcéràtiqh 'était
étroite , là muqueuse qui la circonscrivait avait encore les
caractères des plaques; si elle fêlait plus large, la; mu¬
queuse faisait à sa: circonférence , une espèce de bourrelet
gris , liiais non piqueté de bleu.: c’était précisément le ca¬
ractère de, l’ulcération , au fond de laquelle se trouvait la
perforation. : . ; : . ; .
. L’estomac^ Irès-distendu par des gaz , contenait peu de
bile; sa membrane muqueuse , enduite de glaires,: était
rosée dans une partie de son étendue , oÉ grisâtre près du
54 JiÈMOlRJÏ?
pylorç. ^4T», La oiewbrajoB ïnuquçqse du ; colon était par¬
faitement saine, — La rate était un peu volumineuse et
molles Le reste des organes contenus dans la cavité abdo¬
minale étaient sain8> \
VI. “* Observa-tion.! — Un homme de ans , d’une
taille moyeune d’un embonpoint convenable. , ayant la
peau brune , les cheveux noirs., lès chairs très-fermes , la
poitripe etles membres bien développés , fut admis à l’hô¬
pital; de la Charité , dans, la salle Saint-Michel , le i6 oc¬
tobre i 822. M. Chômer, qui en faisait momentanément
le service, vit le malade le lendemain. Il ne lui affrit
alors que les symptômes d’une entérite avec fièvre,; mais
celle fièvre n’était pas intense; les selles étaient peu nom-
hreuses ; les facultés intellectnelles étaient dans toute leur
intégrité : (quinze sangsues à l’anus , tisane d’orge acidulée
avec le sirop tartareux ).
. Le lendemain 18 , les mêmes symptômes subsistaient ,
et une douleur assez vive s’étant manifestée au-dessous de
l’ombilic et b l’épigastre , on appliqua des sangsues aux
endroits douloureux.
Le; 19, les mêmes symptômes , un peu diminués d’in-
ténsitè , continuaient , et l’on répéta la prescription de la
veille, à; l’exception des sangsues.
Mais le 2a octobre, à cinq heures du matin , le malade
sê plaignit îoMt; à, cu«p d^une mo/ente douleur à l'hypo-
gastre , et lors de la visite-de M. Chomel , ses traita dé¬
composés annonçaient les plus profondes soufirances. U
assurait que la douleur avait commencé par un craque¬
ment senti dans la région hypogaatrique; , laquelle, était
tendue et excessivement douloureuse , au point do ne
pouvoir supporter la moindre pression. Les nausées etles
vomissemens parurent presque aussitôt , e,l continuèrent
jusqulà la mort , qui arriva environ trente-six heures
après 1» début de la violente douleur sentie à l’hypogastre.
ET 9j8 6Ç.p.y4TIOWS. '35
Aùtofijsifi iÇ(i4(iiV^iqu6 f seize heures après la.inptt-vr-
Le GerTCau ne fut -pas pavert. I^e ppwmon dEpjt étejlt
mou , crépitant , d’un ;rouge un peu foncé en arrière j le
gauche adhérait aux parois thorachiques dans une pactjie
de son étendue , par un tissu cellulaire ancien , et présen¬
tait à son spnaioet deuÿ , noyaux tuberculeux. Les bron¬
ches étaierit rouges , le cœur et l’aorte sains.
Les intestins étaient distendus par des ga^; il y avait
environ deux verres d’un liquide trouble , floconneux,,
odorant, jaunâtre . épanché dans la cavité du baasinet
du côté du foie. Les parois du bassindtaient tapissées par
uné fausse membrane tuplle^ sous laquelle le péritoine
était vivement injecté ’ : riptestin grêle 1’, était aussi , et , ses
circonvolutipns adhéraient -entre elles . au moyen d’une
faussé membrane molle^et jaune qui ne s’éteiidait pas spr
les espaces intermédiaires, TTr Les glandes du mésentère
étaient volumineuses , -rpuges la -plupart tr^T-fermes .j
quelques-unes molles à leur .centre; ,
Surl’iléou, à cinq pouces du cæcum , éîait un trou
d’;une ligne et demie de; diamètre, pratiqué au centre
d’une ulcération quatre fois plus large , -etjqup nous allons
décrire , en examinant la membrane muqueuse de l’in¬
testin,, des parties supérieures aux inférieures. .Saine: dans
sa partie supérieure, cette membrane présentait daus sps
deux derniers cinquièmes, jusqu’à dix pouces du cæcum ,
et souvent très-rapprochées ,; deux .espèces de .faillies op
plaques qu’il importe de signaler. Les premièiies-, /peu
épaisses , -grisâtres , piquetées de: bleu , (drmées,.pajr,jljé-
paississeinent de la - muqueuse., étaient en tout seniblaibl^s
à’ celles que pOus nvons4écrttes,.drnsl.a,précédéptef,(ihser-
vation 1 Ut quelquefois avec de petites ,qlcé,ratipp^;Uhgs
•seconde^ , (plus saillantes , d’une ligne à pne,jigpé ■ et d;<ir
mip ;dlépaisseur ■, irrégulièrement oivalaires ,;,éta(ién,t
ou sans! ulcératioàis.Gonimént^rités. 'Sur Ics plos^fUm
■ '3,
36 MÉMoinss
"ulcérées, la membrane muqueuse était un peu épaissie et
ramollie j et la musculeuse correspondante saine ; tandis
que dans des aréoles de la membrane cellulaire interiné-
diaihe ^ s’était développée une matière homogène légère¬
ment rosée , d’une consistance ferme , et qui formait la
saillie. Sur les plaques avec ulcération commençante
outre la destruction de la muqueuse dans l’endroit corres¬
pondant , il y avait ramollissement , destruction plus ou
mbins considérable de la matière indiquée : venaient en¬
fin , dans'les derniers six pouces de l’intestin , des ulcéra¬
tions de fix à huit lignes de diamètre, formées par la des¬
truction de la muqueuse, ayant pour fond la tunique
musculeuse saine, revêtues d’une lame de tissu cellulaire ,
et circonscrites pâr une-éspèce de bourrelet, d’une ligne
d’épaisseur , formé par une matière semblable à celle des
dernières plaques ; et au milieu de ces ulcérations était
celle avec perforation , laquelle ne dilTérait des sept autres
que par cette perforation , et ses bords plats , sans bour¬
relet. ■
A trois pouces du pylore , l’estomac offrait une ulcé-
xaliou de huit ligues dédiamètre , formée par la destruc¬
tion de la muqueuse , ayant pour fond la membrane mus¬
culeuse saine et revêtue d’une lame de tissu cellulaire-;
il son pourtour la muqueuse était parfaitement saine.
Celle du colon était dans le même état d’intégrité ; la
rate volumineuse , ramollie ;■ le reste sain.
VII.™” OBSEnvATioNi — ün tailleur de pierres , âgé de
vingt-trois ans , d’une taillé moyenne , d’une constitution
forte , ayant la poitrine large , les membres bien déve¬
loppés, une sensibilité assez vive, n’ayant jamais eu que
des indispositions, était à Paris depuis six mpis. Il y avait
où , à trois réprises différentes , un peu de diarrhée , cha¬
que fois aveC' un léger mouvement fébrile , mais pour peu
de temps et sans 'être obligé dé discontiauer ses travaux.
ET 0BSÉI1VA<ÏI0NS. Oÿ
La drarphée avait pcjiapu depuis quinze jours , quand il
fut reçuià l’hôpital delà Charité, dans la salle S.*-Jean
(service de Mi Chomel) , le 5i octohre iSàa. Alors il
accusait quinze jours de maladiè, avait cessé dé travaillée
depuis six, et racontait de la manière suivante les acci-
dens qu’il avait éprouvés. Il avait çommencé par perdre
l’appétit, sans avoir la bouche amère. Après cinq jours
d’iin état de santé douteux , il avait été mouillé , avait eu
des frissons ; lès selles étaient' devenues nombreuses et li¬
quides, et s’étaient successivement érevées de douze à
vingt par jour; La soif avait été* vive et la chaleur mo¬
dérée , les frissons s’étaient renouvelés quelquefois, par
des causes fort légères ; il n’ÿ avait eu de céphalalgie que
les quatre premiers jours J là soif avait un peu diminué
les trois derniers, le malade ayant alors renoncé au vin'
qu’il avait pris jusques-là, quelquefois pür, quelquefoiür
mêlé d’eau. ' ; !
Il attribuait sa maladie h un vim de mauvaise qualité^
dont il usait modérément; d’aiUèurs il n’avait point l’ha-'
bitude des excès et n’en avait point fait.
Le premier novembre , nous lé trouvâmes dabs l’état*
suivant. La figure était médiocrement animée , à peu-près -
comme en santé ; la tête libre et sans douleurs. Les fé- '
ponses étaient faciles et nettes. Les joues en bon état ;'
la langue , un peu blanchâtre au centre et aride était'
tosée sur lés bords; la soif vive , l’ànorexie complète,’ la*
bouéhe sans amertume ni mauvais goût: il n’y avait de-
douleurs dans aucune partie du ventre ; l’uHne étaità'bOn-
dan lé et facile , et les selles étaientnombreuses.La.toüx,
qui existait depuis le principe,:était modérée , la respirait
tion claire dans toute l’étendue de là poitrine , la chaleur.,
médiocrement élevée, la peau im peu injectée ; le pouls
assez large , irrégulier , sans dureté , battait quatre-vingU
seize fois par minute (saignée- de douze oçiçés, tisanef
3g • «ÏÏKOlttHS
d’àrg'é' êdùlcôrŸgë ef aèidulé'è / detix laremens' de Un ).'
ÎI n’y éut pas de cïtàngèménÉ aijpifécîaiïè' dftas'la jôuf*-
n^e; ie sàng Éiré du Êrâè s’étEfit cohvéift dWe cbuëiine
assez consistante et épaisse de deux lignes.
Le lendemain,. 2 novemïire, l’expression de la phy¬
sionomie n’avait rien de remarquable ; les réponses étaient
nettes; l’état de la bouche et du ventre ne dilTéraît pas de
celui de la veille, à l’exception d’un peu de météorisme et
d’une légère diminuiion dans le nombre des selles; les
tégumens étaient fort injectés; le pouls un peu plus plein
et plus dur, battait seulement quatre-vingt-cluatre fois
par minute; la chaleur était un plus élevée; il y avait eu
une légère sueur. Ôn observait beaucoup desudamina:'
(tisane d’orge édulcorée et acidulée , lavemens de graine
de lin).
La journée fut assez bonne , les selles avaient diminué
dfe fréquente ,■ et , le trois au matin; quand nous obser-
vâiriës le malade, l’état de l’intelligence et des organes des
sens était satisfaisant ; il n’y avait de douleurs nulle part.
La figure était un peu violacée ; quelques gouttes de sang
avaient eonlé des narines pendant la' nuit; la langue
était yetdâtre , le ventre un peu météorisé ; mais indolent ;
les selles étaient moins nombreuses; la chaleur était éle¬
vée , sans sueurs , le pouls très variable , plus accéléré.
qUéla veille;" la respiration, un peu fréquente, se faisait
avec;:un râle sec et sonore ; le malade avaitexpectoré deux
crachats noirâtres et sanglans : (même prescription) .
Le 4> è si* heures du nia tin ; il y aVait un peu de stu¬
peur;; l’afiaisseihenb était général; l’eXerciee de l’intelli-.
gence lent et pénible j'l’éuïe bonnè, mais la vue faible, il
y avait 'eü uü peu de délire pendant la huit; la langue
était euintae la véillé le météorisme augmenté , le ventre;
toiïjuùrs iflfieHsible d la 'pression ; da chaleur forte,, et ce-
BT OBSEBf ATIONS. 5g
pendant le malade se couvfaît arec soin : (mêmeprescrip*
tion, vésicatoires aux jambes).
Le délire augmenta durant le jour et la nuit , et ' fut
Constamment accompagné dé frisson.
A la visite du 5 , le délire était continuel. On pouvait à
peine fixer pendant une seconde l’attention du malade ,
qui faisait comme la nuit dés efforts continuels pour sortit
de son lit , etparlait sans suite. Le visage , les maiUs ët le
haut de la poitrine étaient violacés; le frisson , accompa¬
gné quelquefois de tremblement , était continuel ; l’exté¬
rieur du malade était celui d’un homme qui , ayant pHs
un bain trop froid , ne pourrait se réchauffer. La langue
était comme la veille , la déglutition facile , le ventte très-
météorisé, indolent, si Ce n’est par une très -forte pres¬
sion qui faisait un peu grimacer les traits.
Les mêmes symptômes , et en particulier le délire et
le frisson avec tremblement, continuèrent jusqu’à la mort,
qui arriva le soir du même jour , à sept heures , sans que
le malade ait eu de voraissemens. La respiration avait
commencé à s’embarrasser à une heure après midi.
Autopsie cadavérique quatorze heures après la Inort.
— Le cadavre était celui d’un homme fort et d’un mé¬
diocre embonpoint , sans vergetures; sa roideur était
extrême.
Le cerveau un peu humide , mais très-ferme , était
légèrement injecté. Il y avait environ deux cuillerées à
café de sérosité dans chacun dés ventricules-latéraux.
Le cœur était parfaitement sain. Les poumons, à l’ex¬
ception d’une couleur violacée en arrière , l’étaient aussi;
mais les bronches étaient d’un rOuge assez vif.
Les intestins distendus par des gaz présentaient le
mêtae aspect , et étaient unis entre eux de la même ma-
nièré'que chez les sujets des Observations précédentes :
l^0 MÉMOIBES
le liquide épanché dans la cavité du bassin et dans les
flancs , ne différait pas non plus de celui que nous avons
décrit.
Les glandes mésentériques d’un volume considérable
( quelques-unes avaient un pouce de diamètre ) , d’une
grande consistance , étaient , en très-grande partie , d’un
rose tendre ; aucune n’était , dans toute son étendue , d’un
rouge-brun. ,
A six pouces du cæcum et sur l’iléon ^ était une per¬
foration qui établissait une communication de l’intérieur
de l’intestin avec la cavité péritonéale ; elle était placée
au centte d’une ulcération intérieure parfaitement circu¬
laire , de six lignes de diamètre , ayant les caractères in¬
diqués dans la sixième observation. Près d’elle s’en
trouvaient encore trois autres, mais imperforées, et dont
les caractères étaient aussi ceux assignés dans la même
observation aux ulcérations de cette espèce.
Outre ces ulcérations , il y avait , dans l’étendue de deux
pieds à la fin de l’iléon , et jusqu’au cæcum qui en formait
la limite, beaucoup de plaques pareilles à celles de la secon¬
de espèce décrites dans la sixième observation ; elles étaient
fpririëes comme elles par le développement d’une ma¬
tière déposée dans les aréoles du tissu cellulaire sous-mu¬
queux , mais toutes plus ou moins profondément ulcérées
parla destruction d’une partie de la miiqueuse et de la
matière qui les formait ; ajoutez à cela que la membrane
musculeuse correspondante était un peu épaissie , jau -
nâtre, friable , et plus du moins profondément altérée.
Depuis le moment où finissaient ces plaques, jusqu’à
un pied du duodénum , s’en trouvaient d’autres , de
huit à douze lignes de diamètre -, à qüatre ou cinq pouces
lès unes des autres , piquetées de gris à leur surface,
et parfaitement semblables à celles de la seconde espèce
décrites dans les cinquième et' sixième observations. ' ;
ET OBSEHVA'TIONS. 4*
Les membranes muqueuses du duodénum , de; l’esto -
mac et de l’œsophage, étaient saines; à rex,ception de
quelques rougeurs qui se. trouvaient , dans le grand cùl-de-
Bac dù ventricule, et qui comprenaient toute son épais, -
seur. La membrane muqueuse du colon était parfaitement
saine et sans la moindre rougeur. . ' ■
Le tissu du foie était peu résistant et d’iine teinte vio¬
lacée. — La vésicule biliaire contenait un liquide épais ,
vert foncé. La rate, voluinineuse , ayant huit à’ neuf pou¬
ces de hauteur, avait une couleur et une consistance or¬
dinaires. — Le reste était sain.
Réflexions. — Nous avons rapporté lés précédentes
observations sans commentaire ni réflexions , n’ayant pas
dessein de nous livrer h tous les développemens dont elles
sont peut-être susceptibles, et pour éviter les répéti¬
tions ; mais nous allons maintenant les examiner d’une
manière générale , comparer rapidement entre eux les
symptômes observés avant et après la perforation, et
tirer de ce rapprochement les conséquences qui en dé¬
coulent. -
Nous observerons avant tout, que les sept exemples
de perforation que nous avons donnés, ont été recueillis
en peu de temps , dans l’espace de sept mois , et qu’en
faisant la part du hasard , on peut croire néanmoins que
l’accident dont il s’agit est un peu plus fréquent qu’on
ne pense.
Les malades qui en ont été victimes , étaient jeunes et
dans la force de l’âge ; à l’exception du premier qui était
un peu faible et d’un tempérament lymphatique , ils
étaient d’une bonne et forte constitution , rarément ma¬
lades , ne faisant pas d’excès , et présentaient lès attributs
du tempérament sanguin ou bilieux, ou lymphalico-
sanguin. ■ - :
42 Ml^MOlttËS
Les causes apparentes de la maladie étaient inconnues
pu légères.
Elle a débuté chez tous les sujets comme une iièrre
continue assez légère. Chez presque tous , elle n’a pré¬
senté aucun symptôme grave avant l’époque de la pei’fo-
tion. — La diarrhée n’a été forte et continue que chez
un malade (septième Obs. ) ; elle a été modérée chez un
autre (sixième Obs. ) ; moindre encore chez un troisième
deuxième Obs. ) Les quatre autres ne l’ont point eue.
— L’un des malades, celui dont la diarrhée était si in¬
tense, n’a point éprouvé de douleurs de ventre; les au¬
tres ont été dans le même cas , ou n’en ont eu que par
intervalles, et ordinairement d’assez légères. — Quatre
d entre eux se croyaient convaléscehs et étaient con¬
sidérés comme tels depuis quelques jours , quand se
manifestèrent les premiers symptômes dé perforation :
un quatriènae ( sixième Obs. ) , semblait devoir guérir
promptement d’une entérite légère ; de manière que
non-seulement rien ne pouvait faire prévoir chez ces
quatre malades l’accident auquel ils ont succombé ,
mais qu’il eût dû paraître absurde , à raison de la bérii-
gnitô des symptômes , de redouter pour eux des accidens
gravés. Et actuellement même que nous sommes préité-
nus , que nous avons étudié rhistoîre des malades qui ont
süCconabé à ùnfe perforation ëlgUë dé l’intestin , nousn’eh
serions pas plus câpablès delà prévoir , la maladie anté¬
rieure n’ayant pas une marche ou des symptômes qui lui
soient ptoprés.
Il n’est pas possible de fixer d’une manière sûre l’épo¬
que à laquelle leS ulcérations ont commencé; mais en
supposant .(.ce qui peut-être ne s’éloigne pas beaucoup
de la vérité)' qu’elles aient pris naissance avec les pré'-
miérs symptômes de la maladie, elles ont eu une marche
assez rapideetsontarrivées à leur dernier terme , dedouzeà
ET OBSERVATIONS.
vingt-cinq joursi Dans un seul cas ( 4*“° Observation), le
cours de la maladie semble avoir été plus lent.
Malgré, l’identité de la cause qui a donné lieu h la pé¬
ritonite et à la mort , les phénomènes qu’elle a produits
n’ont pas été constamment les mêmes. Chez cinq des sept
malades * il ést Vrai , la perforation a été accompagnée
d’une douleur subite et déchirante , de la décomposition
rapide des traits de la face, bientôt suivie de. nausées et
de vomiSseinéns ; mais des deux autres, l’un (a.“° Obs. )
éprouva d’abord une douleur trop légère pour en indiquer
la fiourcè et expliquer l’apparition des autres symptômes;
elle ne fut portée à un point extrême que douze ou quinze
heures après sa première apparition (il n’a pas été dit si
le malade avait éprouvé ou non des vomissemens, etc.);
et quant è l’autre malade ( 7.“° Obs.) , le délire , qui s’est
probablement manifesté au moment même de la perfora¬
tion, a sans doute empêché la douleur avec les autres
signes de la péritonite aigiie de se manifester. Cependant,
c’est à l’apparition subite d’une douleur de ventre, à son
exaspération par la plus légère pression, è la prompte dé¬
composition des traits . été, , que la nature de l’accident
qui nous occupe a été reconnue par MM. Lerminier ,
Ghotnel et Martin' Solon , qui donnaient des soins au.x ma¬
lades dont J’ai donné l’histoire; et comme ces symptôr
mes n’ont dû manquer, chez celui qui fait l’objet de la
7,**“° observation , que par suite du délire, et qu’ils sont
d’ailleurs ceux d’une péritonite intense , nous les regarde¬
rons comme des signes caractéristiques de la perforation ;
de manière que , si , dans une maladie aiguë et dans des
circonstances tout-à~fait inattenflues , U survenait tout-
à^GOup une violente douleur de ventre, que cette dou¬
leur s’ accompagnât d’ une etxstrêtne Sensibilité it la pres¬
sion, de là prompte décomposition des traits de la fa<?e ,
et autres symptômes qui appartiennênt à la péritonite ei’
44 MÉMOIRES
giie inteose, nous croirions et nous annoncerions qu’il y
a perforation de l’intestin.
La douleur dë ventre la plus vive, et survenue subite¬
ment, en la supposant même accompagnée de l’altérai-
tion des traits , dé nausées, ou de vomissemens , serait
insuffisante pour porter un pareil diagnostic : l’exaspéra tion
de la douleur par la pression est indispensable. C’est ainsi
que nous avons vu dernièrement, avec M. le docteur
Chomel, périr, en deux jours , à l’hôpital de la Charitéi,-
une femme atteiuted’unepbthisie pulmonaire peu avancée,
et qui, après avoir éprouvé les symptômes énoncés sans
exaspération de la douleur par la pression , ne présenta ;
à l’ouverture du corps , qu’une foule de taches rouges
lenticulaires dans toute l’étendue de la membrane mu¬
queuse du colon.
- Les symptômes les plus formidables sont ordinairementi
si bien masqués par le délire , qu’aussitôt qu’il se mani-,
feste , il rend le diagnostic des maladies les plus faciles à
connaître , difficile , quelquefois même impossible : aussi
le sujet de la septième Observation a-t-il succombé sans
qu’on eût reconnu la nature de l’accident qui causait sa
mort. Néanmoins ,et dans cette circonstance même,iln’é-
tait peut être pas impossible de reconnaître la perforation;
car , au milieu d’une maladie aigüe , d’une diarrhée assez
intense , le malade avait été pris d’un frisson viojent qui dura
jusqu’à la mort; et un frisson survenant dans une maladie
aigüe est ordinairement le signal d’une affection nouvelle.
En outre, sa figure grimaçait quand on exerçait une cer^
taine pression sur l’abdomen , toujours insensible jusques.
là; ne: pouvait on pas, d’après ces seuls symptômes,
soupçonner une perforation? Nous ne croyons pas que
cela eût été impossible ; et nous pensons que si , au milieu
d’une maladie aigüe , avec diarrhée , ou d’une fièvre con¬
tinue,' accdm.pragMt;é(f’accfffen5 du, côté de t' abdomen.
ET OBSEHVATIONS. 45
lé nialade était' pris toùt-à-eoup de délire et de frisson,
arec uné légère sensibilité du ventre (reconnaissable aux
grimaces excitées; par la pression abdominale) , qui
jusques' là n’avait pas été douloureux , on serait autorisé
à soupçonner une perforation de l’intestin. IPest clair,
quedanscè cas, il faut, pour reconnaître l’accident , qu’il
y ait eu antérieurement au moins un peu de diarrhée ,
sans douleur de' ventre; puisque sans diarrhée antérieure
on n’aurait aucune raison do soupçonner une perforation,
et que dans le cas où il y aurait eu de la sensibilité au
ventre avant la perforation , la légère douleur indiquée
par les grimaces , au moyeü de la pression abdominale ,
n’aurait aucune valeur.
Au reste , il y a cette analogie eütre le deuxième et le
septième malade , que le moment de la perforation paraît
avoir été chez eux le signal du délire ; tandis , qu’il, en à
été le terme chez la malade qui fait le sujet dç la 5,“.' Ob¬
servation, et qu’il ; ri’a existé en aucun temps chez les
quatre autrès malades.
Le temps écoulé entre les premiers symptômes de per¬
foration et la mort , . a varié de vingt à quarante-huit heures..
Le sujet le mOins fort a lutté peu de temps; l’agonie des
autres s’est prolongée davantage. , , ■
Nous n’avons pas besoin de dire que , si l’expérience
et le caractère bien connu d’une maladie sulGsent, pour
établir le pronostic du médecin , il doit être constamment
mortel dans le cas dont il s’agit.
Le traitement de; la maladie ayant la perforation a, été
le même chez tous les malades ,,ou du moins à. très-peu
de choses près. Les saignées générales et. locales ont été
employées plus ou moins largement ; les sangsues ont été
appliquées plus ou, moins près de l’endroit douloureux,
sans qu’on puisse attribuer au choix de ces différentes
méthodes la moindre influence sur la marche de la mala-
46 M ÉMO USÉS
die et la manifestation plug ou moins rapide de l’accident
mortel. La méthode antiphlogistique n’a cprtainemenl'.
pas été employée avec trop de réserve chez le second
malade , et il est un dé ceux dont Ja maladie a en le
cours le plus rapide. ’
Ce que nous avons dit au sujet du pronostic après la
perforation, indique assez que le traitement ne peut
alors avoir pour but que dé diminuer les douleurs des ma-.!
làdes par les saignées locales, lesémolliens , les anodins
légers , etc.
^Quant aux résultats de l’aUtopsie cadavérique; nous
rdppelerons seulement ce qui a rapport à l’inteslin et -au
péritoine.
Chez presque tous les sujets , il y avait dans l’intestin
grêle des ulcérations avec et sans perforation'. 'Chez tous,
les premières étaient placées sur l’iléon , très-près diu eoe-
cum ; c’e5t-à-.dîrei, dans un endroit correspondant à .celui
oü la douléUr avait été ^assez ordinairciuent rapportée
pendant la vie. Chez tous, la perforEdion était au centre
d^'ime ulcération plus ou mdins large , circouscr.ite par
la muqueuse, et doUtlC fOnd était formé parla membrane
mUscUleùse revêtue d’Une terne mince de tissu cèlluteire.
Dans presque tous les cas (i.'^V 2."^° j S.s»” j 6.““ et y.w
Observations ) , lè cbn tour de l’ulcératiQîi avec perforation
était plat ; lés membranes muqueuses , Cellule usés et mus¬
culeuses y avaient conservé leurs rapports nâture'ls $ la
membrane muqueuse , ordinairement' pâle et à peine un
pëiiépaissie , s’enlevait avec -facilité dé'dessus la membrane
cëllüleusè sousijâcénte ; il semblait dans la plupart dés
cas que la pèrfbradon e&l été Laite mécaniquement ette
mômbrâne muqüeuse emportlie avec’ ün emporte ; pièce.
L^’ülèératiori trouvée sur la ibembrané muqueuse dé ï’os-
lôiriàé du cinqdièmé malade . présentait -ces caractères
d’un'é manière endore {rtus'tmridbée; tear îl-ri’y avaft.mi
et OBSEBVATIONS. 47
dans l’épaisseur ni dans la couleur de la muqueuse qui;
circonscrirait l’ulcération , rien qui pût la distinguer de
celle qui recouvrait les parties intactes.
Les ulcérations sans perforation ne différaient guères
de celles avec perforation, (abstraction faite de cette
dernière circonstance), que par la présence,, à leur
pourtour, d’un bourrelet plus ou moins saillant, formé,
comme il a été dit , par le développement d’une substance
particulière dans les aréoles du tissu cellulaire sous-mu-
queux , ou par l’épaississement de la membrane muqueuse
elle-même. ( 6.“° Observation. )
Ces deux espèces d’ulcérations n’étaient pas les seules
lésions remarquables de l’intestin grêle. Il y en avait ,
comme nous l’avons déjà dit , deux autres non! moins di¬
gnes d’attention, et décrites dans les 6.“', 6.”° et 7.“*^
Observations. C’était des espèces de plaques de. six. à
douze lignes dans leur plus grand diamètre , formant
deux variétés bien distinctes. Les unes , produites par le
développement d’une substance particulière dans les
aréoles du tissu sous muqueux , reposant sur la membrane
musculeuse saine , quelquefois : aussi plus ou naoins
profondément altérée (7.'’° Observation) , étaient avec
ou sans ulcérations commençantes : dans ce dernier
cas la matière des plaques était d’unu bonne consisi-
tance , légèrement rosée , rappellent un peu Ibs. glandes
lymphatiques pâles , incisées ; tandis qu’au niveau des
ulcérations commençantes, elle était ramollie, plus ;ou
moins friable , et ressemblait parfaitement, à celle qui
formait la face intérieure des bonrrelets dtjs ulcérations
imperforées. Les autres plaques, beaucoup' mioins épaisses,
d’un aspect très-différent , grisâtres et piqusitées de hleu ,
différaient surtout, des premières, en ce que la saillie
qu’elles formaient était due à un excès d’( épaisseur de la
membrane muqueuse; mais elles s’en ra pprochaienl par
48 • mïîjioibe's
la présence d’uii plus ou moins grand nombre d’ulcéra¬
tions à (tous les degrés. : .
Cette simple exposition des faits nous semble l’expression
fidèle de la marche de la nature dans la production des per¬
forations aiguës de l’intestin , au moins dans certains cas, A
Une époque de leur existence , les deux espèces de plaques
s’ulcèrent; l’ulcération fait des progrès en largeur et en
profondeur . de manière qu’après un temps plus ou moins
considérable , le fond de l’ulcère se trouve formé par la
membrane musculeuse couverte encore d’une lame de
tissu cellulaire, et son pourtour par un bourrelet de la
nature de la plaque à laquelle il appartient, jusqu’à ce
que , par les progrès ultérieurs de l’ulcération . le bourre¬
let disparaisse plus ou, moins complètement ; alors , si la
menlibrane musculeuse est altérée primitivement ,(7.“°
Observation), ou consécutivement, la perforation a lieu;
dans le cas contraire , la cicatrisation s’opère.
Il est infiniment probable que, dans la plupart des
cas dont l’histoire précède , la perforation n’a eu
lieu que par suite d’une altération consécutive de la
membrane musculeuse ; car , à l’exception de la rou¬
geur qui existait dans plusieurs cas , les fibres musculaires
qui. formaient le bord de la perforation et le fond de l’ul¬
cère , étaient! saines ; et d’ailleurs , près de la perforation
décrite dans le sujet de la 5.“° observation , il y avait un
!ulcère dont le fond était formé par la membrane muscu¬
leuse saineiv dépourvue, dé tissu cellulaire à son centre, et
réduite à une extrême ténuité dans l’endroit correspondant;
demanière qu’ici la perforation était au moment de s’opé¬
rer dans un point où lamembrane musculeuse lie présen¬
tait pas l’appatenced’uné lésion organique, (i)
(1) Nous avioiisi reli’anclié ce détail de l’autopsie, daus l’iutcutlon
dfl le mettre A uiiè autre place. ' '
ET observations.
Il serait fort important , sans doute , de savoir dans
quelles circonstances se développent les plaques que nous
avons décrites, le moyen de les prévenir, les signes qui
indiquent leur ulcération plus ou moins avancée j mais si
ces problèmes peuvent être jamais résolus , ce ne sera
certainement qu’à une autre époque et par le concours
d’un grand nombre d’observations.
N’oublions pas toutefois que ces ulcérations n’avaient^
aucune mauvaise odeur qui pût donner l’idée d’une gan¬
grène ; qu’elles étaient pâles , sans' traces de sang , etc. ,
de manière qu’il n’était pas possible de les regarder
comme le produit d’une inflammation terminée par gan¬
grène.
Chez tous ces malades, les ganglions mésentériques
avaient un volume considérable, étaient généralement
d’une couleur foncée et d’une bonne consistance.
Dans tous les cas , la membrane muqueuse du colon
était saine , même chez le sujet dont, la diarrhée avait
été forte et sans interruption.
Les désordres consécutifs à la perforation étaient si
parfaitement les mêmes dans toutes nos observations ,
qu’il est inutile de s’y arrêter. Nous remarquerons seule¬
ment que le liquide épanché dans le bassin et dans le^
flancs , mêlé avec une certaine quantité de la.matière qui
se trouvait dans l’intestin grêle, avait, par cela même,
des caractères dilTérens de celui qui est le résultat de la
péritonite ordinaire.
D’ailleurs , nous n’ignorons pas tout le parti qu’on peut
tirer des observations qui précèdent , sous le rapport
théorique; mais nous nous abstiendrons de toute espèce
de réflexions à cet égard, n’ayant eu d’autre dessein que
de fixer l’attention sur un sujet presque ignoré et. dont
la connaissance est entièrement duc auE progrès de l’ana¬
tomie pathologique.
4
MiMOîhÉS
Sb
Mémoire sur (a Hernie du périnée ; par Antoine
ScAEPA , professeur-émérite et directeur de la Fa^-
culte de Médecine et de l’Université 1. et B. de
Pavie, etc. Traduit de l’italien , par C. P. Ollivier
[d’Angers. ) [Communiqué par Ml. Ai Iîéceard. )
t Lë- ÔhifUë^iëil lé plüs‘ versé darts la CGnnàiSsâücë dé la
êitüclupfe dli ëorjis llüiüain est , Sans douté i moinS qüè
toiA adiré , Jibété îi adtoellrë céfhùiê jictsSiitlë , qu’un
iîiteStiti oli tout aütbë ti'scèrë dé Pabdoiüën jpUissë , pdt
l’èlTet d’üttë c'âüse Violënle oii de qUelqu’afféctiod tAélr-
bide, éprouver un déplacement tel qu’il soit pousSé èU
Ldfe hOPS du bassin; dé manière à former ünè herüié sail-
laiilë bü Jjérinéé. Ghbpaél; et DeSaiilt, en effet , h’oht jpàs
regardé comiüe démonh’éë la possibilité dé cé fait pa-
Iholbgiqüe ; ét Asllëy COéper , qüi admet bien qü’ün in¬
testin péut êtré dépl&cé ët pOélé jusque dans le bàs-fohd
du bassin, ne pense pas qu’il püiSSé forftieé edsuilé ébé tii-
ïnéur ïhànifeStê âü pêrittéé. Üôih fut à'péü-prèS éu tiiême
aVis ftlalîVéùient à l’èbîsléüéë dé éette ïnaîadîë danS le
sëié ïémibîn , ét îl dit fclairëm'ébt qu’il he pèut sé fo'rrilër
'che4 la fenéidié de hetbîè pèrittéalë qti’éé piiisSè ëéigat*-
dë'r feolntiiè ^ifférënfé dë cèlîé qü’ob némriie i)à'gitéàîb.
A là véHié , si i’éb ëbilSidèëé qUè lé péHtoîdë rOéniB
Üiië dlélkéé 'qôî 'S'éphté le Îôé4 dé bàSSi'n dé sa fcàpa'cft'é
supérieure dans l’endroit où il se replié délias feh bàiil,
èétre l’inleStîn tectum ét là pârliè pôSlééiëUre delà Vessie ,
déék travers dë 'doi^t àii^deiSUsl 'dé l’inSéirtion dés üié-
lèrèS ijuë ‘cètte cléîéon i^é'oiqtilô lüéitobéa’iiéusé è'st forte
et élàstiqtfe > éépiiblè ‘dé éésistWr facîlëiïiént à ï’àcltoé
sÎTfn’ultanéë dés ÜùéS clés àbdoùîiéani ët dü diaphtà'|nie :
si l’on temà'rliJUb '<j[i!i’aü-déSsoiis d’éllé ïoétè là Sérfaée in¬
terne du Ijassin est recouverte d’une tbilè àjiénëvtotiq lie
fixe et solide , formée par l’aponévrose iliaque ; qué les
ET OBSERVATIONS. 5l
côtés de eçilo même cavité sont remplis, par les ligamens
sacro-iscliiatkjueS î enfin quelle est fermée datts sa^partie
la plus déclive par. leS' muscles ischio-coecygiéüS et r'ele-
veurs de l’anus dont les fibres forment toubàf-la -fois Un
plan résistant et susceptible par ses contractions de Con-^
trebalancer l’eflert d’impulsion exercée sur les viséëreS
de l’abdomen par les tnuècles de cette région et le dia¬
phragme ; il ne semble pas vraisemblable que quelque vis-;
Cère du bas-ventre puisse jamais , par l’effet des causes in¬
diquées, ou par Celui d’une violente pressiori exercée stir
l’abdomen , être poussé hors du bassin par k partie infé¬
rieure , et venir fornaer une hernie proéminente au péri¬
née. Enfin on peut ajouter h ces considérations ,qué l’ac¬
tion réunie du diaphragme et des musclés abdominaux ne
s’exerce que rarement dans la direction de l’àxe Vertical
du bassin , et qu’il n’existe point dans le bas-fond de cettd
cavité de vaisseaux sanguins d’un yoluinè remarquable ;
dans le trajet desquels se forment ordinairement les her¬
nies , comme cela a lieü b la sortie des vaisseaux de l’om-
bilic-, du cordon spermatique , de l’artère fémorale dans
lepli de la cuisse , des artères ischiatique et Obluralrice
dans la eavi té du bassin. . ’ i ■ ■
Quelque fondées que paraissent ces réflexioüs è Celui
qui connaît l’anatomie , et qui considère l’action réciproque
des parois de l’abdomen et des parties qu’elles renferment ,
la formation d’une hernie saillante au périnée n’en est jias
moins un fait certain , et qui ne peut plus être révoquée
en doute dans la pratique chirurgicale , malgré qii’tl
puisse sembler extraordinaire àieèuX qui cdnhaisséiit la
structure du corps de l’homme. L’histoire que je vais rap¬
porter rendra ce cas de pathologie chirurgicale de toute
évidence, et confirmera en même lems la réalité et l’inl-
portance de l’observation analogue de' Ghardénoh,
laquelle les écrivains les plus célèbres en chirurgie n’a¬
vaient pas accordé toute l’altenlion qu’elle mérite.
4..
5 ® Mijioiniis
' Carlp Gapella, laillandier, demeurant î> Ftvcnte .vil¬
lage distant de six milles de Pa vie , âgé de âgans, d’une
lliible constitution , avait la poitrine mal conformée, et
depuis sa jeunesse était sujet à une difficulté. de respirer,
ainsi cjû, â des accès d asthme et-à des catarrhes fréquens ,
accompagnés quélquefois de crachement dé sang. Jamais
ce malade ne s’était plaint de douleurs vives dans l’abdo¬
men, seulement de constipation , et par intervalles, d’un
sentiment: confus de tiraillemens dans les lombes, dont il
attribuait , principalement la cause à la fatigue habituelle
déterminée par sa profession. — Il-me raconta que, peu
d années avant I époque où il vint me consulter, ayan en¬
jambé un fossé pour en faciliter le passage à un enfant,
dans l’effort qu’ilffit, ayant ainsi les jambes écartées et le
corps porté en avant, il avait ressenti tout-à-coup une
douleur très-vive dans le bas de la fesse droite, comme si
une fibre s’éJait déchirée dans son intérieur. Après s’être
redressé ; il porta la main sur le siège do la douleur, près
de l’anus i et sentit à son côté droit une tumeur de la
grosseur d’une petite noix , qui cédait facilement à une
légère pression , et^ui , comprimée plus fortement, rentra
dans le bassin où il la maintint .ainsi au moyen d’une
compresse et d’une bande.
Peu de temps après il fut pris d’un rhume assez fort,
qui dura constamment pendant quelques mois , et pendant
lequel la tumeur augmenta insensiblement de volume et
devint grosse comme un œuf de poule. Dans le courant de
1 -année suivante , étant placé sur une charrette remplie de
foin et les. jambes écartées, il voulut enlever dans cette
position plusieurs bottes pesantes et les porter dans un
grenier; dans ce moment, la douleur de la; fesse droite se
renouvella avec plus de force, de même que dans le pé¬
rinée, et fut accompagnée d’un engourdissement qu’il
n avait pas encore ressenti dans toute la cuisse et la
jambedü même côté.
ET ob-sehvations. '53
Ce ne fut que le 28 mars 1810 que ce malade se pré¬
senta à la Clinique pour qu’on lui appliquât un bandage ,
ou un brayer , capable de maintenir la tumeur réduite-,
ou du moins d’en empêcher raccroisseméntr Lorsqu’il
était debout, les jambes écartées, lé' corps, incliné en
avant, et le pied droit appuyé sur Une chaise, Ih tumeur
étant vue par derrière, il était facile dé juger de toute
son étendue. On la voyait saillir au; périnée , près de la
marge de l’anus du côté droit, ayantla forme d’une poire*,
dont la base appuyait sur le bord inférieur du grand fessier.
Elle avait le volume d’un œuf de poule , étaitlarge en bas ,
étroite à son sommet , qui était contigu au bord droit de
l’orifice de l’anus. Quand le malade toussait, ohiientait
évidemment les viscères contenus dans la tumeur [qiui re¬
poussaient la main appliquée h sa surface. ; La.: réduction
complète en fut facile , et l’on entendit un gargouillement
obscur qui indiqua positivement que cetté hetnie du pé¬
rinée était intestinale. , ,
Je pensai qu’une simple pelote conique * sdutenue par
un bandage en T., ne pouvait pas suffire pour maintenir la
réduction , et la machine inventée par Pipelet , (ÆfémotVes
de l’Ac. Roy. de chirurg, , 4* ) j mêmChpour ün icàs
semblable, ne me sembla pas devéir remplir le! but que
je me proposais , car la tumeur était déjà d’Un* 'V.olnme
assez considérable , et les viscères étaient poussés avec
force lorsque le malade toussait. D’aillcùrs je.'savais que
la machine de Pipelet n’était pas exempte des inconvéniéns.
du bandage en T, dentelle ne diffère véritablement que
par la bande inférieure , qui est faite en peau amlieu
d’être en toile, et qui , au lieu d’être unie en avant et en
arrière à une ceinture de toile , l’est à un ressort circulaire
semblable à celui d’un, brayer ordinaire. L’auteur lui-
même , en parlant de son bandage, n’a pas ;craint do
faire remarquer que le compresseur , soutenu par la bande
de cuir descendante , était sujet h changer sohvent de pe--
•54 M'ÉM'OI’KES
sition daris les différens aÿoà*véiri«ns du corps. Pour ob¬
vier, iàiceittediflic^ité ,'je jugèai; qü’iî jétaît biçii préférable
.d’employer ®ïie' ceinWFé oonstrüitë dé la même mamèré
ique celle emploiîe’ pour i>réy6hir la chute de l’hi-
itestdn rectum et le maîtitënlr réduit ; c’est pourquoi je
disposai le bàndiage de 'là maéîërc suivante :
Xè s'ossoî’.ï'atmtiairé qui embrasse la circonférence du
«bassin iesit -fixé sur le pUbîs au «moyen d’un courroie. Un
.antre msorten forme: de segment de cerclé , uni posté¬
rieur énient .au premier j' descend le long ded’os sacrum ,
et se recourbant modérément en avant et en haut, son
/éxtÉéHMté appUîe"diréctement sur le fond dè la hernie qui
csitiainsîconiprimée de bas en haut, et qui rentré facile¬
ment >par>licuVérture qui lui a livré passage; pour rendre
la icompression plus efficace et pllis exacte , l’extrémité
! de' icëi 'Second 'ressort est garnie d’une petite pelote de
-forme ovale.* H Suffit que la force de résistance de ce res¬
sort demi-circulaire soit proportionnée à l’impulsion pro-
di^ite ipariles viscères de l’ abdomen , pdür que la rédiic-
iicin shitftOuj’OUrs maintenue. 'Tout l’appareil doit être re-
■.cottrerlidluinè peàu seiuple i et Totl peut , s’il est besoin ,
' lui «joütWtuil éoiiS-cUÎsse éiast'iffiie qui rend .plus stable le
ipoiii.t:-de’prHspk)n qù’ëXércé la pelote sUr'le périnée.
iQticliqués q ours après l’application du bandage ainsi
constrnit ,'le inalade se pilai^it d’être üri peu gêné par ie
resson.^&mi-Mràulaïre-y'iotÉiitLii était'assiS; iil fut facile
de iÈeœïé'dfêr'îè éet iinconvéffiéèt' en faisant placer dans
d’intér.ienr -de la pelitë' pélote diië spiraîè mélaUique,
Ebmme daas'le 'éompresseifr- employé poür contenir la
hèrriieîoinbHioàlei ' '
Eichtef ditdahs sonouvrage {Trait6 des Herniés , pag.
0821) que , daftscetite 'Sorte dé'hernie , lai pression exercée
Sur le périfléë 'Èe la fdit'pds disparaître eriüèremcnt ,
! qaldle n'’<a!|it:q'üe sm-; la portion de ’rîritôs’tin.qni fait' sail-
ET OB.S^nVAÏIOMS. Jjp
lie extériçureme^l j-f ^rcp que , ajuiitert-il , |i^R§ pe(;tjejq§-
la4ip ç l’intestjq rçpqqs^é rpqtrp .paç dpqg |a GsyiJtélibrp
de l’abdopaen , wais pestp plapf^ entre le rpcfujm pt la
ypsisje. Il ipe sepablp qu’pp peuj;ponçlurp de çettpréflejfio.p,
qpp cp pélèbrp chirqrgipn ppnsajj; qu’il exisfaif fî^’us PP
genre de hernie , entre l’orifice du spç p|; la payité afidp-
njinple, un ppqpl jplermé,di£i.irp (J?»»? ÜPqqel les iptp^tins
ppqypjept êfrp coqtpnu§ après ayoir été reppus^és { i] pst,
b cet égard , complètement dan§ J’ppreup pelatjyemppl, à
}p hprnie fpisppt saillie pépiqpe , qu’pu appplle CRmtpu-
ftéiueut ppmplètç plors , pt qq’il p’a ppuj-plpp jamais pb-
sprv^p ; pap j’orifice du spp dp cpfjle bprnie p’est pas dans
le bassin, cpufujp Ip peqsp ppt .qptpur, mais bipu prépîsé-
mput danslp pépluée^ptpu-dpssps dp, pet prfjGpp, les. vis -
cèpes rentppptijupaédiafpajeuf dqns japavitédH bas-yeutrp,
sans qu’ils aiept ^ fpauphir ., pxÿpjeiupnt p.aplan| , aupuu
ititepsalle, ou çanaji iptppiuddiaipp putrp }p périuée .pt la
papapjté dabassinv
Depuis l’année iSto jusqu’à l’année igiQ, (lapelja
apppplp de lupiuspn îuqins d'al-tenfipu |i son jncQuimQdité,
P): chaque jpup fl deyiplt plus uégligpn.t SHF les soins que
néçpssilait sa shna/ipn , dp spytp qu’,à ,la fin il pe s’occupa
même pas de fahe penouveUcp Ip Tfi^sgvt demi-civculaire ,
compip il le baisait les anuiéps-prépédentes , et qüoiquUl fût
brisé, du ÇorouapnGpinçnt de juin iSig , il fut pris lout-
è-poup de dpulfiursyi,ypsdans,(e yentre, lesquelles s’éten¬
daient du fijud dpj bassin jus.qu’autoup de rombilic , ac-
.cojppagnées .de tirajljlpnieus; d’esj;QU)aP , d’edopts de ;Vo-
.ipisseipefls et d’puvies inutiles d’uriner* Bientôt tout l’ab-
demep se turndha >. nauséps dèyiupeut plus fréqueriles ;
le malade vp^ulssai}; par ifltcry.alles , ptpp .fut dans. cet itat
fâcheu?^ qu’au "e brausporta b l’bûphab: Ce malade présen¬
tait tous les apcideus qqi Garaptjé.P.isent l’interruption du
poMP? du? paatibPl?*; a|ifapnta|pos par sjuito d’un étrangler
56 ■ MÉ MO THE s
mentdù canal intestinal. La hernie était d’ailleura beaa-
Cdup augmentée dé grosseur, tendue, rénitentéà la pres¬
sion, douloureuse au toucher, et l’on remarquait que
l’orifice de l’ànus était repoussé plus qu’auparavant du
côté de la fesse gauche, à cause de l’accroissement de
volume de la tumeur.
Je prescrivis des fomentations sur la tumeur , et de
deux heures en deux heures l’administration d’un lave¬
ment émollient , huileux.
Dans la nuit suivante , le malade eut une évacuation co¬
pieuse de matières fécales dures, après laquelle les nau¬
sées et les vomissemens cessèrent et la tumeur devint
plus souple. Le lendemain matin, la hernie fut réduite
assez facilement. Vers la fin du jour , lorsque tout annon¬
çait un câline général , il survint une diarrhée si abon¬
dante que peu s’en fallut qu’il ne perdît entièrement ses
forces; elle céda à l’emploi de l’opium, des toniques et
d’alimens légers. La convalescence fut longue , mais sans
guérison parfaite.
A la fin de la mêine année 1S19, l’ancienne maladie
de poitrine reparut avec une toux continuelle , une dou¬
leur profonde dans le thorax , des crachats purulens ,
une fièvre dont les accès revenaient chaque soir, des
sueurs nocturnes. Gette affection fit de rapides progrès , et
le malade mourut vers la fin de novenibre, même année.
L’ouverture du cadavre fut faite avec le plus grand
soin. On n’observa d’abord aucun déplacement particu¬
lier de l’épiploon et du canal intestinal ; inais, en soule¬
vant les dernières circonvolutions de l’iléon, on vit que
cetintestin descendait plus profondément qüe de coutume
dans le fond du bassin et du côté droit, entraînant avec
lui la portion de mésentère qui l’attache. La totalité des
circonvolutions de l’iléon réunies ensemble dans le côté
droit de l’excavation dit bassin, avait l’aspect d’une petite
ET OBSEEVATIOfJS. 67
juasse d’intestins plus, grêles ajoutée h celle des autres
intestins situés supérieurement dans les réglons iliaque
droite et inguinale. En attirant avec précaution l’anse
d’intestin qui était descendue le plus profondément dans
le côté droit du bassin , on aperçut la portion de cet in¬
testin qui, sortait évidemment et formait une hernie sail¬
lante au périnée. Des deux parties de l’excavation du bas¬
sin , formées par l’interposition du rectum et de la vessie ,
la droite avait une largeur bien plus considérable que la
gauche. Dans le fond de la première , on voyait manifes¬
tement l’orifice circulaire par lequel la cloison membra¬
neuse que forme le -péritoine , et qui était alongée et
amincie , descendait et se prolongeait hors du bas-fond
du bassin pour . former , au périnée , le sac herniaire
proprement dit. L’ouverture circulaire dont je viens de
parler, ou l’orifice du sac, avait près d’un pouce de dia¬
mètre. L’intestin rectum , appuyé sur le haut du sacrum ,
offrait plusieurs courbures particulières , au-dessus des¬
quelles il était plus rétréci que de coutume et repoussé
d’une manière très-marquée du côté gauche du bassin.
La vessie était rétrécie et portée du même côté ainsi que
le rectum ; mais on retnarqua qué , lorsqu’elle était dis¬
tendue par l’urine , son fond devait couvrir au moins la
moitià de la circonférence de l’orifice qui livrait passage
' à l’intestin. L’ànse de l’iléon qui formait la hernie semblait
d’abord introduite seulement entre le rectum et la vessie ;
mais , en suivant son trajet , on voyait qu’arrivée près du
col de la vessie elle se repliait de gauche à droite, sous la
vésicule séminale de ce côté, et la prostàte, et se portait
dans l’intervalle qui existe entre le côté droit de la marge
de l’anus , la tubérosité de l’ischion droit et le sommet
du coccyx.
La disposition des parties intérieures bien reconnue ,
on examina les parties extérieures. Le volume de la lier-
58 H)|>(QinES
lii^ SAillante au périuée létait égal à çeliii qu’elle uifr
pjFéspnta la première; fpis qpe j’examinai le ipalade,prpuvp
(Gertaipe que le coippresaeiur plastique l’availt cpptenue ,
pu au moins s’^tpit opppsé à app développepient pendant
Jps neuf années qui; araiept spivi sqp apparition.
Lapeau qpireçpuvraitlpi^erpieayp.ptété disséquée ayep
spip, PP reGpnputqueapnlppfl p’avapt pas çoptpacté (}’adr
héreppep avec lep téguppeps .çppitpuus ; après ayeipeplpyé
jp tispu pellulpirp a<5usrçptané , en fiéçopvrjt la ppueip:
des filjres phprpues du mpsçlc Fej.eyeur dp l'anps , qui
étaient. écartéps,lG,s unps des autres pt dont |ps plus fpin-
,ces pepppalcpt le milieu dp la.tppieur. Les autres^ péu-
pies ep; faisceaux , se portaient en partie spp le ppf;, pp
partie sur J,e fppd de Ja lierpie , qpi appuyait, poninie je
j'pi déjè dit plqs haut, sur |p poipt d’prigjne le plus ifile-
rjpur dp musple grand fessipp. Qn pppyait observer qup la
hprpie avait dû paraître d’abord daps le périnée , ipip}é“
diatepapnt aprdesspus d4 fflpsclc fraPfyéfS-e de çptte régipp;
.p’pStTè-dirP} SH inihep dp i’espaçe pompris eptrp je bord
dspit dp Js PISFS®' fîs rSPH^ . Ip ligapoent spero-
.ischiatique droit et le sotnptet ds PPPPy^- .ii'Jia.is % eppipç
la tppiippr,ep apgpaeptapt dp .yplupae, aypit trppvé papins
4e fésistappe dn e,ôté.dp splîfflptpp d® J’SRH®. qs® du côté
dp la tpbéFpsité de l’Ischipp d>?pit?. fe tpï’ffiÎPSisPB ds Tip-
itestip reçtupt ayait été RPÇPS^siSP'R.fRt ppussée dp côté.
:gauçhp du bsssip,
^ilprdpsspus dp 1? ppqcfep pïasPMlsife .ds fplpyçsr d®
fjfanps , oq tpppva Ip sac herqiaisp isfRlé par le,périt,Qin,e,
, dont d’épaisseur n’pxpédait pas eelje qu’jl présente prd/-
qpirppapnt daps, l’sMPtPPRî t^SP ispi^ipp pratiquée daps
Jippte la dpnguepr d® SSÇ Sîit à décppyprt l’apse inlest|pàie
dont la sortie avait produit la hernie au périnée. EJlc éfait
repliée spr eljp-njêpjp et popapp?. pejptppppe ep ppe petite
ipassp. L.9 pprtapt le bout dp doigt le long djeeptte apse-
ET OBSIJEVA TION S. 69
jusque dans là cavité du bassin , je reconnus f[ue i’oqbce
du sac beFniairc n’étajtpas situé positiveEraent dans la par¬
tie osseuse de cette cavité, niais au-dessous de son fond ,
précisément dans le périnée , qu’il suffisait que le doigt
dépassât un peu pour se mouvoir librement, en tous sens ,
dans le côté droit de la cavité pelvienne. Je reconnus
alors la différence manifeste que présente la position de
l’intestin dans les eommencemens de cette maladie et
lorsqu’elle se manifeste extérieurement par une saillie au
périnée. Car , dans le principe , l’orifice du sac herniaire
se trouve situé dans le bassin, àpeurprès à la même hau¬
teur que le repli du péritoine qui existe entre- le rectum
et la vessie ; mais à mesure que la hernie fait des progrès ,
qu’elle descend , le sac herniaire .est entraîné èn bas , et son
orifice s’abaisse en même temps ; enfin , aussitôt que la
hernie proémine dans le périnée , l’prifice du sac herniaire
se trouve presque hors du fond du hassiu. Richter, com¬
me je J’ai dit plus baut , paraît avoir seulement considéré
pfi que cette maladie pouvait présenter vraisemblablement
dans son (début, dé sorte que ce qu’il dit de la nature de
cette affeption n’esi pas applicablè h la hernie saillante
au périnée , et dont il est ici question.
En paursuivant mes recherches, je trouvai près du cô¬
té droit du sphincter de l’anus une vésicule très-adhérente
avec le sac herniaire , mais sans aucune communication
avec s,a cavité, L’ayant ouverte , je vis qu’elle était for¬
mée par une dilatatiôn latérale, de forme ovoïde, de la
membrane de l’intestin reêtuni. J’examinai avec-attention
l’étendue des diamfetrés du bassin : ayant mésuré la dis-
tapee qui séparait les deux tubérosités de l’ischion , je
m’assurai qu’elle était de quatre pouces , comme dans un
bassin de femme bien conformé , tandis que dans l’homme
elle n’est ordinairement .que de Irôis pouces deux lignes.
Le diamètre antérorposlérieur, c’ést à-dire, qui mesure
6o M ÉMOI HE s
l’espace qui sépare l’extrémité du coccyx de l’arcade du
pubis , était aussi de quatre pouces six lignes , comme
dans la femme, tandis que dans l’honime il n’en a que
trois.
Tel était l’état pathologique des parties internes et
externes qui formaient la hernie complète du périnée
chez le sujet dont je viens de tracer l’histoire. A cet égard,
je pense que la lenteur avec laquelle le repli péritonéal
de la cavité du bassin s’est relâché , de même que l’aion-
gement de la portion dq mésentère liée à l’anse intesti¬
nale , qui ne s’opérait que peu à peu , expliquent pourquoi
ce malade ne ressentit aucune incommodité avant l’épôquè
où la hernie vint former une tumeur saillante au périnée.
La douleur vive qu’il éprouva tout d’un coup dans la po¬
sition où il se trouvait lorsque la hernie parut â l’extérieur,
me semble expliquée plus naturellement par la distension
vive et subite et le déchirement des fibres charnues du
muscle releveur de l’anus , que par un mode quelconque
d’étranglement de l’intestin sorti, puisque la réduction
put . en être faite facilement à l’aide d’une légère pression.
La cause occasionnelle de la production de cette mala¬
die paraît avoir été un affaiblissement primitif et contre
nature du péritoine , du muscle/ ischio-coCcygien , et sur¬
tout du releveur de l’anus du côté droit, qiii , peu-à-peü ,
a rompu le juste équilibre qui existait entre la résistance
de ces parties et la forcé réunie et combinée du dia¬
phragme et des muscles abdominaux. A cette prédisposi¬
tion particulière se joignaient d’autres causes non moins
graves : la largeur des diamètres du bassin , particulière¬
ment de son excavation. Ceci est peut-être une des prin¬
cipales causes , comme jele démontrerai dans la suite , ppur
laquelle cette maladie- a jusqu’à présent été observée plus
souvent chez la femme que chez l’homme. En outre , ce
qui contribua sans doute encore à la formation de cette
E T 0 B SE n V A 1 10 NS. 6 1
hernie , ce fut la toux presque continuelle et le niétier
fatigant de taillandier.
Cette observation est entièrement analogue à celle pu¬
bliée par Charderion en 1 740 , et. dont voici l’exposé :
(Voyez Leblanc , Précis d’ Opérations de chirurgie , t. II ,
p. 244)- « En ouvrant, dit-il, le cadavre d’un Iiommede
»45 ans, mort, à ce qu’il parut, de maladie aiguë, je
» trouvai une hernie singulière , dont jusqu’alors on n’avait
» pas rapporté d’exemple. Ayant ouvert l’abdomen , je me
» mis à déployer les intestins qui me semblèrent déplacés
«et descendus dans le bassin plus bas que de coutume.
P Quand je fus parvenu à la portion de l’iléon qui plongeait
pie plus dans cette excavation, je voulus l’attirer, mais
» j’éprouvai une telle résistance que je soupçonnai qu’il
)) existait des adhérences entre elles et les parties voisines ,
P ou bien qu’elle était engagée dans le trou ovÿle. Mais
» en examinant les choses de plus près, je reconnus que
P l’intestin iléon s’était engagé au milieu du bassin entre
P la vessie et l’anus ; en poursuivant mes recherches, et
P soulevant ef attirant en haut cette portion d’intestin
P toute entière , je ne fus pas peu surpris en voyant que
P là où je présumais qu’il existait des adhérences , il y
pavait au contraire une cavité ca.pable de contenir un œuf
P de pigeon. L’orifice de ce sac était circonscrit par un re-
pbord dur et calleux, dont le diamètre avait un tiers de
P moins d’étendue que celui du fond. Je portai un doigt
P dans cette cavité , et en appliquant mon autre main sur
pie périnée , je sentis que je n’en étais séparé que parl’é-
ppaisseur des tégumens communs. Ayant rempli le sac
P de charpie, il me fut facile de me convaincre que cette
P tumeur faisait saillie au périnée. En disséquant la peau,
P je pus à peine la séparer du sac herniaire : je ne trouvai
P aucune trace des muscles du périnée dans ce point , à
P l’exception du transversc dont les fibres étaient éparses
fia méhomves
» sur le sdrameü de k tumeiir. Celle circdnstimee , téuûie
» à l’observa tien que j’avais faite, que l’itlfestiû iléert était
» rétréci dans la paftie fcofrespofldantc à l’oelftee du, sac ,
sme portèrent h croire que. cette hernie était arieientiev
»Je ne pus connaître à quelle nîaladie -cet lietüine avait
a succombé; ei quoique le canal inleslinàl fût ici- lé siège
t) d’une altération manifeste s on ne pouvait pas en conclure
«que ce fût Lien la cause de la mort, n
Il est évident , d’après Cette désCription , que dans le
Sujet observé par Chardénoû > la hernie s’était frayé üû
passage du fond du bassin att périnée , un peu au- dessus
du muscle iransVerse j ainsi quelques lignes plus haut que
dans le malade dont je viens de donner rhistoire. Ën
outre , les fibres do ttiUScle reléveur de l’anus étaient dis¬
parues , tandis qüe dans le Sujet de mon observation , on
en Voyait encore quelques faisceaux charnus sur le sommet
et le fond de la tumeur qui , dans toute son étendue , n’of¬
frait aucune adhérence notable avec la peau , tandis que
dans l’observatioU citée elle lui était intimement unie.
Il y à du reste si peu de dirférences entre Ces deux.
faitSj qu’on peùtdire avéC certitude que, dansl’üU etraütrë,;
la hernie était complète et Saillàniè au périnée, daUsriii-
tervallè compris entre la marge de l’dnus , la tubérosité
dé l’ischion et lé soinmet du coccyx:. Chardéüon aurait
rendu son observation bien plus profitable à l’intérêt de
la sciencè'. S’il eût comparé les diamètres du bassin de
Son sujet avec Ceux d’une femme bien conformée.
Je pensé qu’il est assez rare de voir l’épiploen dans la
hernie complété du périnée , car il ne descend jamais assez
bas dans le bassin pour accompagner une anse intestinale
dans une partie aussi déclive : d’ailleurs , quelle qUe soit la
violence dés efibrls , l’épiploon , comprimé entre les in¬
testins et les parois abdominales , n’a nulle tendance à sc
déplacer dans ce sens.
ET OBSEHVATIONS. 63
On ne peut pas ën dire autant de la vcssié , qui est <
sans aucun doute , après l’intestin grêle, l’organe le plus
silsceptible de tous ceux èonteuus dans l’abdomen j défor¬
mer hernie au 2)érinéé , à cause de sa situàtioil dans le
bassin et de l’extensibilité de ses parois ; l’expérience éou-
firme en effet ce principe de pathologie chirùrgicalei
«Eli 1760, je fus consulté) écrit [Aedil.. Roj.
» d'echirurg. , t. 4- ) > homme âgé de 6b ans , aft
«fefcté d’une hernie inguinale fécente , dont la réduction
» était facile et qui ne nécessitait riéh aùtrë chose que l’ap^
«plication d’un brayer ordinaire. Cette incommodité n’é-=
» tait pas le sujet de ses inquiétudes autant qu’une maladie
» plus ancienne > qui datait dé sik anè. Un jour » me dit-il ,
» soh pied ayant glissé , ses ^tnbes furent à l’instant forte-
» ment écartées , et dans ce mouvéraént brusque , il éprouva
«une douleur vive au périnée qui persista pendant plu-
«sieürs jours; Quelque temps après ces accidens, étant
«h se promener dans la câmpagne) il sabla un fossé , et
»aü moment même dl ressentit de nouveau la douleur au
«périnée, mais tellement forte, qu’il ne put retourner
» chez lui , quoiqu’il fût peu éloigné dé sa demeure. La
» doulehr , cette fois j exista long-temps j et depuis Cette
«époqiie > il fut tbujôurs touCtnenté pàr la sensation d’un
« poids et d’une irritation dans la région dû jjérinée et dé
«la vessie; Géqül le gênait le plus , ajouta-t-il , c’était de
» ne poüvoir urineé que peu à peu èt d’èlfe Obligé de faire
«dtes frictions et de presser lé périnée avec la main en se
« tenant penché en avaût pour üriner fconiplùlement. de
isfisconcher le malade , dit Pipelet , ét je remarquai au
» périnée utie tu mfeur de la grosseur d’un œuf, molle -,
«ohlonguo , et què la pression faisait rentrer dans le bas-
« sin , le long du cûté droit de- l’urètre. Ayant réduit la
» tumeur , j’enfonçai le bout de mon doigt è côté du raphé
» du périnée , et je pénétrai h travers uné 'ouverture bir-
64 îiiiioïKÉS
» culaire , dont la largeur pouvait livrer passage à une
»noix. » •
De toutes les circonstances de cette observation , la
libre sortie des urines au moyen de la pression exercée
snr le périnée , montre surtout évidemment que la tumeur
décrite était une hernie de cette région formée par la
vessie. Pipelet employa , pour maintenir la réduction , la
machine dont j’ai parlé plus haut , et dont l’application
avait été souvent dérangée pendant les cinq premiers
mois , comme il le dit lui même franchement :'pour
rémédier à cet inconvénient , il remplaça la boule d’ivoire ,
qu’il avait employée d’abord , par un coussinet rempli de
lainésoutenu par une bande fendue dans son milieu pour
le passage de la verge; et!,!|tinsi modifié ^ ce bandage
remplit parfaitement le but qu’il s’était proposé.
Les annales de la chirurgie renferment donc trois
cas, bien démontrés et certains, de hernie complète du
périnée dans l’homme , dont deux étaient formés par la
sortie de l’intestin iléon , et le troisième par le dépla¬
cement de la vessie.
Presque tous les auteurs qui ont écrit sur la chirur¬
gie font mention de la hernie du périnée chez la femme.
Cependant, quand on réfléchit la différence de con¬
formation qui existe entre les parties génitales externes
de celle-ci et celles de l’homme ,on conçoit difficilement ce
qu’ils entendent par hernie du périnée chez la' femme.
Car l’espace , compris chez l’homme sous le nom de péri¬
née, est rempli , dans cette dernière, par les grandes lèvres
de la vulve , l’orifice du vagin et celui de l’urètre ; et
si on veut appeller périnée chez elle , le court intervalle
qui sépare la fosse naviculàire de l’anus, on indique
une partie dans laquelle jusqu’à présent on n'a observé
aucune espèce de hernie.
Il me semble qu’Astley Cooper , tout en ayant une
ET OBSERVATIONS. 65
autre intention, a corrigé cette inexactitude de nomen¬
clature, lorsqu’il voulut faire connaître une nouvelle es-'
pèce de hernie chez la femme, qu’ilnonimà', ’vttlvdire
{del pudendo) . Cette maladie est, à’ mon avis, la même
que celle nomimée improprement quelquefois, chez la
femme, hernie du périnée'; car celle-là, de même que
celle décrite par Gooper , sous le nom de hernie vulvaire
( dei pudendo ) , lorsqu’elle fait saillie extérieurement pa¬
raît dans la moitié inférieure de la grande lèvre , et tou¬
tes les deux , en augmentant de volume , se développent
également entre l’orifice de l’anus , la tubérosité de l’is¬
chion et le sommet du coccyx. L’une et l’autre résultent
do la pénétration, dans la grande lèvre, d’un intestin ou
de la vessie. On les distingue facilement chez la femme
de la hernie inguinale et de la hernie vaginale , puis¬
qu’elles occupent , comme on l’a dit , la moitié infé¬
rieure d’une des lèvres de la vulve , tandis qùé‘ 7* t«-
guinale s’étend du milieu de cette même lèvre vers l’àn
neau inguinal. La hernie vaginale forme une tumeur
saillante dans la cavité du vagin , tantôt immédiàfèmeht
au-dessous du méat urinaire , ‘tantôt dans l’ün des côtés
de ce canal : elle est donc bien distincte des précédéiitès.
Je n’ai rencontré dans ma statistique que • deux' ’exèm-^'
pies de hernie vulvaire (. autrement dite du pferlnéè ).
Le premier sujet fut une villageoise, âgée db 46
ans , qui n’avait jamais eu d’enfans : le secoiid -iüïib
jeune dame qui avait accouché une fois; Dans' le jçrëmiër'^
cas , lorsque la malade se tenait debout , la tubàëür avait
la grosseur d’une noix. Quand elle était côuèh^è P'ïd
hernie comprimée légèrement rentrait âëebl fàéiîité', et
sans qu’il fût nécessaire d’introduire le doigt daüs' le‘’Vagiit
pour l’empêcher de ressortir. La réduction epéréè f ih
était aisé de pénétrer avec le bout du doigt dàns rbuvee-'
lure circulaire qui livrait passage à l’intestin’,' en tu-
66 MÉMoinKs
poussant les tégumens correspondans qui étaient flasques.
Cette femme maintenait la hernie réduite au moyen
d’un coussinet rempli de laine et soutenu pat un bandage
enT. La dame quifut le sujet du secondexempletoe con¬
sulta conjointement avec le docteur Gairoli j professeur dis¬
tingué de. chirurgie dans celte Université. Gelledame,
âgée de 2 2 ans , avait éprouvé pendant sa première gros¬
sesse des, difficultés d’uriner. Vers le 9.° mois seulement
elle s’aperçut qu’il existait une petite tumeur dans la
moitié inférieure de^ la grande lèvre du côté droit , et
qui s’étendait jusqu’au bord Correspondant de l’orifice
de l’anus. Ce premier aqcouchement n’eut lieu qu’après
un travail laborieux , et d’autant plüs pénible que la
sage-femme était peu instruite. Pendant l’écoulement des
lochies , la difficulté d’uriner persista , et lorsque , celte
cette dame fut entièrement rétablie , elle reconnut que
la tumeur avait augmenté de volume et acquis celui
d’une noix. , ;
Dans l’examen que je fis > de concert avec le profes¬
seur que je viens de nommer , je remarquai que
lorsque cette dame était debout > la tumeur était plus
tendue et saillante dans la partie inférieure de la grande
lèvre, que lorsqu’elle était couchée. Dans cet état de
tension delà tumeur, la malade éprouvait un pressant
besoin d’uriner quelle satisfaisait d’autant plus promp¬
tement et plus cemplèlemént , qu’elle comprimait davan¬
tage Jp.. tumeur avec sa. main. L’urine expulsée j la tumeur
disparaissait : presqu’aussitôt : ce fait fut vérifié et mis
hors de doute en vidant la vessie .aU moyen du cathéter.
En enfonçant le doigt dans les tégùmens graisseux de la
grande lèvre qui Contenait là tumeur , .je .reconnus
manifestement ronverture par laquelle une portion de
la-vessie sortait hors du bassin.
La; malade ne pouvait supporter qu’une pression modé-
ET OBSERVAT^OMS. 67
rée sur la tumeur , de sorte qu’on préfera , pour maintenir
la hernie réduite, un bandage en. T, composé d’une
large ef îovIg, ventrière do. toile et . d’un.,, spus-cittsse
formé de bandes solides croisées comme un X , qui, à
l’aide de boutonnières , étaient fixées antérieurement et
postérieurement à la ventrière , et servaient à presser plus
ou moins et à volonté une petite pelote remplie de coton
contre l’puverture herniaire. Ge bandage produisit l’effet
qu’on désirait , et depuis son application , la difficulté
d’uriner devint moins fréquente.
Dans le même mois , cette dùme devint enceinte
pour la seconde fois, Pendant le premier et le, de^^nier
mois de la grossesse , les difficultés d’uriner reparurent ,
et non dans lés mois intermédiaires, Pendant l’accouche¬
ment , le chirurgien accouçhenr eut l’attention de main¬
tenir la hernie exactement réduite jusqu’à çp.ique la
tête de l’enfant fut sortie. Après son rétablissement,
cette dame fut agréablement surprise en reconnaissant
que lorsqu’elle était levée la. tumeur , au lieu d’avoir
augmenté de volume , ;éta:it au contraire devenue beap-
conp plus petite qu’elle n’avait ^té pendant. la durée d,e
la grossesse. Je ne chercherai pas à expliquer, çé phéno¬
mène ! maisil est tonjonrs eertain que l’ai vn ici se véri¬
fier, non eemplètement ,mais en partie, ce que Verdier a
écrit à.ce sujet, {Acad, royale (U 67uî’,, t. Lahevuie.
»de la vessie, dit-il , qui arrive quelquefois, aux femçaes
D.enceintes , entre la vulyeet.ifnnus ,,n’ost pas ahsolninOO!*
J» dangereuse . puisqu’elle disparaît pour l’ordinaire dès
«que la femme est accouchée* «. Néanmoins çptte dame
continua de porter par précaution . le handage ■ indiqué.
Douze années se sont écoulées depuis Cé second accouche¬
ment sans qu’elle ait éprouvé de difficultés d’uriner, >
68 i! K M 01 n ES
Ges deujc fdits rappellent deux observations analogues
rapportées , l’une par Méry '( Acad. R. des Sciences, 1 7 1 3 ,
et ràutre ;par Curade. [Acad. R. de Chir., t. ÎI J ,
Dans la première , la hernie fut observée sur une femme
entre le 5." et le 6.° mois de la grossesse ; dans la seconde
précisément dans le 6.' tnois ; dans l’un et l’autre cas ,
quand on comprimait la tumeur, l’urine s’écoulait goutte
à goutte par l’urètre , et dès que la vessie était complè-
temént vide , la hernie disparaissait. 11 est impossible de
soupçonner que la hernie fût ^vaginale , car Méry s’ex¬
prime trop clairement à ce sujet : « Cette tumeur était
» siluéé entre l’anus et 'la partie inférieure de l’oriflce
«externe de la matrice », ce qui veut dire dans la partie
inférieure de la grande lèvre , entre la marge de l’anus
et la tubérosité de l’ischion. Verdier, après avoir cité
ces deux observations , fait la réflexion suivante, qui vient
à l’appui de ce qui a été dit plus haut. « Mais si la vessie ,
«dans l’état de grossesse , forme une hernie, ce n’est
«pas toujours par les anneaux , ni niême par les arcades
« crurales ; elle se glisse quelquefois sur un des côtés du
«vagin et de l’intèsiin rectum, et , pressée par la miatrice,
« elle force quelques-unes des fibres des muscles rele-
« veurs de l’anus , et forme une tumeur au périnée un peu
«latéralement. » Smellie a observé aussi cette hernie
sur deux femmes enceintes, et il la nomme , selon la cou¬
tume , hernie du périnée. Dans les deux , elle Contenait une
portion d’intestin. L’une d’elles , qui avait le volume du
poing vers la fin de la grossesse , s’étrangla et se gaugré-
na; néanmoins la malade guérit. Hoin pense que ces deux
observations doivent se rapporter à celles de hernie nag-i-
nale; mais il se trompe , puisque l’auteur dit clairement
que l’une et l’autrë tumeurs herniaires faisaient saillie au
côté gauche de l’orifice de l’anus.
Il n’y a donc plus aucun doute , que dans la hernie du
ET observations. 69
peîn’nee chez rhomme,etlahérnie titt/vat/’e chez la-fem?
me, la tumeur estforméepar l’issue , hors duhàs-foad:du
hassin , d’une anse d’inteslih ou d’une portion de là vessie;
Les signes particuliers à l’existence de l’uné ou de l’aiilt'e
de CCS parties dans le sac herniaire ont été suffisamment
indiqués par l’exposé qu’on vient d’en faire , pour qu’il
soit maintenant facile de les reconnaître. .
Hartmann {Acad. N. G. , décad. II,an v. 1686; ohs. 71)
est le seul , je croi.'î , qui ait eu l’occasion de disséquer
une hernie «wfoatVe formée par la vessie. « Dans le ca-
»davre d’une femme, écrit-il, qui , long temps avant sa
» mort , avait rendu plusieurs calculs par l’urètre , je trou-
» vai une tuineur située sur la grande lèvre gauche , qu’elle
» dépassait beaucoup , et qui avait aminci lés tégumens
^communs. A l’ouverture de l’abdomen , je crus d’abord
!)que la vessie n’existait pas ; mais je reconnus ensuite
» qu’elle était située en partie sous le pubis , et en partie
«hors du fond du bassin. Cette secondé portion conte-
«nait un calcul du poids dé 3 onces. Ayant soûlevé d’une
» main le col de la vessie , j’essayai de l’autre: de repousser
«de bas en haut la portion qui formait une tumeur exté-
» rieuFement , et je trouvai qu’élle ne communiqdait. plus
«avec le reste de la vessie. Dans les derniers temps dé sa
«vie, cette malade ne rendait l’urme qué goutte à goutte
«et avec des efforts violens et douloureux qui causaient en
« même temps la sortie des matières fécales; «
L’expérience prouveque la hernieî^ag'mafcqui, comme
on vient de le voir, ne peut être confondue avec la hernie
vulvaire , est plus fréquente que cette dernière. Geci vient
probablement de ce qué la hernie vaginale se for, nie ordinai¬
rement dans les femmes qui ont éu plusieurs enfans etchez
lesquelles pécessairenient les parois du vagin sont devç-
nues flasques , et les muscles iscliio-coccygiens, relcvéurs de
l’anus , ainsi que la membrane fibreuse qui revêt la fjice ln~
70 . MiMOIlVES
terne de l’excavation du bâssin, offrent moins de ré¬
sistance à l’imipulsibn des viscères abdominaux- Sur quinze
cas de hernie vaginale observés par Hoin ( Leblanc ,
PHc. • dés opér^ db C hh\ , t, 2 ; et Sandifort , {Obs. path.,
Chap-î 4 ) V treize étaient chez des femmes qui avaient ac-
Coaiché plusieurs fois. On trouve l'explication de cette plus
grande fréquence dans l’examen des cadavres des accou
chées j CheiÉ lesquelles le doigt déprime bien plus facilement
le péritoine qui recouvre les parois du vagin que celui
qui s’étend dans le fond du bassin.
Si nous revenons à l’examen de la hernie vulvaire chez
la femme et du périnée chez l’homme , nous voyons qu’il
existé des exemples funestes de son développement énorme,
lesquels, doivent engager à ne pas négliger les moyens
propres à s’opposer à son accroissement dès le commen¬
cement dè sa formation; tels sont les cas rapportés par
I^apen et Bosc-.
Le sujet de l’observation de. Papen était une femme de
àns * robuste j et morte subitementi u II trouva sur le
» cadavre ühe tumeur qui avait la forme d’une grosse bou-
» teille j pendante au côté droit de l’orifice de l’anus , et
*se prolongeant presque jusqu’à la jambe. Ce sac énorme
« n’avâit paà moins d’une brasse et demie de circonférence
»à son fond et d’une palme à son col près l’anus. Après
» l’avoir ouvert longitudinalement ,il trouva dans son inté-
» rieur une longue portion des intestins grêles , le cæcum
j>'ét son appendice > le colon droitet le colon gauche jusqu’à
* sa courbure sigmoïde. Après avoir enlevé cés intestins du
»sac hèrbiaire et de l’abdomen, il vit dans le côté droit
'j> du bassin une vaste cavité infundibuliforme , tapissée par
»lé péritoine, et qui naissait dans l’intervalle circonscrit
spar la grande lèvre , la marge de l’anus , et le sommet du
scoCcyx. «L’aulèur apprit des parens , que dix ans avant
la uiort j cette tumeur n’était pas plus grosse qu’une pe¬
tite boule.
KT OBSERVATIONS.
7ï
Il m’imporle peu, à ce qu’il me semble;, de discuter
si Papen a eu tort ou raison de nommer cette tuoieur
hernie dorsale. Toujours est^il certain que la sortie des
viscères , dans la partie inférieure de la grande lèyre r,
entre la marge de l’anus , la tubérosité de l’ischion , et le
sommet du çocçyx , caractérise évidemment la hernie
vulvaire. • • : , ,
Celle qui fut disséquée par Bosc sur le padayrie d’nne
femme âgée de 6o ans ? étaÎ!; d’un volume moins consiT
dérable , quoiqu’elle contînt une anse d’intestin grêle delà
longueur d’une brasse et un quart , qui ét®it étrangléUr
« La tumeur herniaire ? écritri} , sortait dq fond du , bassin
«entre le côté droit de la ntnrge l’anns, fa lèvre cor-
• respondaute de la vulve , .ut la pointe du-ppccys., L’ip^
«testin reçtum , plus rétréci que de coutume ,, avait été
» poussé par la hernie vers le eôté gauche du bassin : dans
» le fond -de son excavation , ,9x1 voyait une .ou-verture par-
» ticulLère , par laquelle le péritoine s’était prolongé pour
» former le sac herniaire. » ' : ■ • , , i ,
H plaft à Bosç de nommer cette hernie in¬
terne , pour .la distinguer ide celle . qnise forme par Té, chan-
crure saero-isçfaiatique ,et qu’il voulait .qu’on désignât sous
le nom A" isçhiat,ique externe , et k laquelle,; mal .k propos,
il rapporte ' le .cas cité par. Papen ; mais Panatomier dé¬
montre que ces deux tumeurs étaient des hernies
vaires. . . : , , .
Les autevn’s les plus recommandables semblent disposés
à croire que les hernies les plus rares , parmi lesquelles
on peut compter celles qui se iformont dans les environs g
dans le fond du bassin , sont ^sujettes à l’étrangleménit. il
ine parait que cette opinion n’a été émise qüe par àhâlo-
gie , puisqu’il n’existe ancun fait 4® Cé.tte espèce rapporté
dans les Annales de la chirurgie antérieures à l’époque
actuelle : on peut seulement dire que cèt accident a été
■72 hémoihes
observée Ainsi Coo})er fut appelé pour secourir une
dame âgée de 22 ans, qui était dans un état fort alar-
tnant, causé par l’étranglement d’une hernie vulvaire.
La tumeur avait la grosseur d’un œuf de pigeon et s’éten ¬
dait de la moitié inférieure de la grande lèvre gauche au
bord correspondant de l’anus. Le taxis, exercé par ce cé¬
lèbre chirurgien, fit rentrer la hernie. Pendant l’opéra¬
tion , la nialadé donna les signes d’une très-vive douleur ;
mais aussitôt que la réduction eut lieu , les douleurs ces¬
sèrent; (Les observations d’étranglement de hernie vu^-
vaîrot arrivées pendant l’accouchement , comme celles
rapportées par Smellie , diffèrent des cas dont il s’agit).
Dans l’homme dont j’ai rapporté l’observation , je fus
témoin oculaire de l’étranglement d’une hernie complète
du périnée , formée par l’iléon : le taxis seul me réussit
parfaitement, sans qu’il fût nécessaire de recourir au
moyen chirurgical qu’on emploie souvent dans cette cir¬
constance. D’ailleurs, si dans un cas , que je pense devoir
êtré bien rare, on était obligé d’inciser la tumeur, je n’hé-
sitè pas à affirmer que l’opération ne serait ni difficile à
pratiquer, ni dangereuse par elle-même pour le malade.
Car dans la hernie vttf'uatVe et du périnée, l’orifice du
sac se trouve toujours situé presque hors du bas-fond du
bassin (1) , de sorte qu’après avoir ouvert le sac vers
son col , si la tumeur était volumineuse , ou bien dans
toute sa longueur, si elle était petite, il suffirait pour dé¬
fi) Sabatier , de même que le plus graud nombre des écriyains
en chirurgie , a cru à tort que l’orifice du sac dans ces hernies est
situé très-haut dans le bassin. «Si l’opération , dit-il, devenait né-
» cessaire , on pourrait y trouver de grandes difficultés relativement
» à la profondeur de l’ouverture qui donné passage aux, viscères. »
Cette asseriion est contredite par l’observation des faits , comme je
l’ai prouvé dans plusieurs eudroits de ce Mémoire. ( F'oy. Méd. opé¬
rât. , t. I , p. i54 ). ,
EXTRAITS ET ANALYSES. y5
truire l’étranglement, d’introduire l’extrémité d’ùn bistouri
étroit et boutonné entré les viscères et le rebord épais de
l’orifice du sac , et de faire une petite incision de bas en
haut dans une direction oblique vers le flanc. De celle
manière on évite de blesser , chez l’homme , la vessie , et
le vagin chez la femme.
EXTRAITS ET ANALYSES.
Traité de Physiologie appliquée à la Pathologie ; par
J. V. Beoxtssais. — • Paris , 1822. —
( Premier article. )
L’ùtilité de l’application de la physiologie à la patho¬
logie a été sentie dans ces derniers temps par plusieurs mé¬
decins célèbres. Corvisart et Barthez la proclamaient hau¬
tement, tandis que l’illustre Chaussier reconstruisait la
première de ces deux sciences et s’occupiait à en bannir
toute application physique ou chimique. Barthez fut sur¬
tout celui qui s’exprima de la manière la moins équivoque
sur la réunion de la physiologie à la pathologlé. Tout
système de physiologie , disait-il, qui ne donne point le
moyen d’analyser et de classer les faits pathologiques et
d’où l’on ne peut déduire à priori des préceptes de nlé-
decine pratique absolument semblables à ceux qu’on a
tirés de l’expérience , n’est qu’un amusement frivole . in¬
digne de tout médecin sensé. » Cette sentence , portée par
un homme d’un rare mérite , serait une critiqué sanglante
des Traités classiques de physiologie , si Barthez lui-même
74 EXTRAITS ,
n’eût échoué en voulant effectuer, le rapprochement lu¬
mineux dont il .sentait la, nécessité. Son génie vaste eût
élevé rédifice dont il avait conçu le. plan, s’ileùt placé
snr un terrain moins fragile les matériaux immenses qu’il
avait assemblés. Si Barthez se fût borné au rapprochement
et à la comparaison des faits, s’il se fût arrêté aux phéno-
mènes visibles , s’il se fût contenté d’étudier ceux-ci dans
1 état de santé et dans l’état de maladie, de constater la
dépendance dans laquelle les phénomènes pathologiques
sont presque toujours des phénomènes physiologiques , il
eût trouvé leur mode de succession, il les eût ralliés
les uns aux autres et nous eût laissé une physiologie pa¬
thologique. Malheureusement Barthez fut entraîué par
son imagination ardente dans le champ des hypothèses : il
dirigea, sur les causes premières des phénomènes de la
vie , ses recherches qu’il devait borner à leurs seules con¬
ditions organiques. 11 voulut une cause unique pour pré¬
sider à l’accomplissement de phénomènes différons ; il plaça
cette cause hors de l’organisation , èt;celle-ci fut régie par
cette imaginaire. Quand les actes manifestés
par l’organisation venaient à se déranger , l’auteur, loin de
s’arrêter aux changemens presque toujours appréciables
de celle-ci , voyait une affection de son unité vitale, et,
hors le cas des lésions les plus ihécaniques , il supposait
que c’étaità l’unité vitale affectée q.u’élaient dûs les troubles
des actes organiques ; il s’imaginait, que les symptômes
morbides n’indiquaient que le dérangement de cette unité
vitale , et par une conséquence bien juste du principe éta¬
bli , il dirigeait le traitement thérapeutique sur l’unité vi¬
tale. Tel avait été le résultat des travaux de Barthez , lors¬
que Biohat apparut au monde imédical. Ce grand hommè
jette un regacd Sur toutes les branches de l’art , et con¬
çoit le vaste projet d’élever un système complet de méde¬
cine, dénué de toute espèce d’hypothèses , et basé sur
ET ANALYSES. 76
l’anatomie ,'sur l’étude des fonctions dans l’état de santé
et dans l’état de maladie, sur la distinction des tissus, sur
la connaissance des sympathies qui les lient les uns aux au¬
tres , sür l’obsërvàtion des effets Ibcauxet généraux produits
par lés modificateurs divers appliqués aux organes; enfin,
su r les résultats des ouvertures cadavériques. Il exploite
une idée lumjneuse de l’illustre Pinel, celle de la .distinc¬
tion des tissus; il en fait les bases d’un travail immortel.
Fécondé par son génie , le principe vital do Barthez cesse
d’être une umtd chimérique , et séparée de l’ôrga-
nisme. Bichat le lie à la matière organisée , et ti l’aide d’a-
gens habilement employés , il mesure , s’il m’est permis
d’employer cette expression, les doses diverses dé ce
principe vital , attachées à chaque tissu différent. Mais
Bichat est ravi à la science , et l’étude des tissus ma¬
lades manque encore à l’étude des tissus sains! Le travail
du grand homme est incomplet ; personne n’ose y porter
la main. Aucun de ses successeurs n’indique le mode de
transition des phénomènes organiques de l’état normal à
l’état anormal; la physiologie de l’homme sain reste sépa¬
rée de celle de l’homme malade ; la physiologie redevient de
nouveau l’abstraite descriptien'des fonctions de l’organisme,
et marche séparée de la qtathologie; celle-ci continue d’être
un vrai chaos jusqu’à l’époque où M. Broussais , riche
d’une multitude d’observations recueillies avec autant de
zèle que de soin , vient sapper l’édifice médical , et nou¬
veau Descartes , établir hautement les droits qu’a tout
homme de douter et de soumettre tout 'à son examen ,
sans s’en rapporter à la parole du maître. Si nous avions
à parler delà nouvelle doctrine , sous le rapport de la pa¬
thologie , et à tracer lés 'progrès que vient de faire cette
science, il nous serait indispensable de montrer le chef
énergique de la révolution médicale , jetant dans toutes
les têtes ces germes do l’esprit d’indépendance' dont il est
76 EXTRAITS
animé . renversant d’une main hardie des idoles révérées
depuis des siècles , secouant le joug de l’injuste et despo¬
tique autorité des grands noms , flétrissant de la verge du
ridicule cet oiseux et servile respect de l’antiquité, et
ouvrant la plus vaste arène à une polémique dont les résul¬
tats ont été si heureux. Mais c’est de la physiologie de
M. Broussais que j’ai à parler. Nous venons de voirie
point où le réformateur de la médecine a pris les travaux
de ses prédécesseurs : examinons maintenant jusqu’où il
les a conduits. Que se propose M. Broussais ? D’unir la
physiologie è la pathologie , de tirer de la physiologie des
inductions pour la pathologie. Du reste , il est difficile de
parlerduplan adoptéparM. Broussais, dans la physiolo¬
gie pathologique , puisque c’est seulement par cahiers de
deux feuillets qu’il publie son ouvrage, et que nous sommes
sans doute loin encore d’en posséder la totalité; nous re¬
grettons donc de ne pouvoir présenter à nos lecteurs ni
cadre ni sommaire qui puissent les mettre à même de saisir
l’ensemble des chaînons que nous allons dérouler. Con¬
tentons-nous de suivreles idées de M. Broussais dans l’or¬
dre où elles se présenteront.
Chapitre — L’intention de l’anteur est d’appli¬
quer la physiologie à l’homme sain et à l’homme malade.
Cette science , dit-il . présente un mélange de phénomènes
mécaniques et de phénomènes vitaux. On s’attachera par¬
ticulièrement aux derniers. — - Lffiomme , continue M.
Broussais, est un être organisé partageant avec tout ce
qui vit , la faculté de se développer et de s’entretenir pen¬
dant un certain temps ; ce qu’il fait i.“ en s’appropriant
et soumettant aux lois qui le régissent une certaine quan~
tité 'de matière qu’il puise dans les autres corps de la
nature; a.” en rejetant ce qu’il a pris de trop , et ce qui ,
après lui avoir servi , a perdu l’aptitude îi lui servir en¬
core. — Il se distingue entre tous les êtres vivans , 1 .“par
ET ANALtSES. 77
une forme et une attitude particulières; 2.° par des rapports
plus multipliés avec les corps de la nature; 5.° sur-tout ,
par la réflexionjetc.-— Nousnousproposonsderétudieren
rapport avec tout ce qui agit sur lui , et en rapport avec,
lui-même, dans l’espoir d’y découvrir la source de ses
maladies et les moyens de les prévenir ou bien d’y remédier.
— Ce n’est donc point une histoire des fonctions que nous
nous propo|ons de faire , c’est l’histoire de la vie physique
de l’homme. Tel est le sommaire des propositions émises
dans .ce premier chapitre. Nous ne saurions trop louer
M, Broussais de l’intention qu’il manifeste dMtudicr les
organes en rapport avec leurs modificateurs. C’est non-
seulement , comme il le dit , le moyen de créer une phy¬
siologie médicale , de découvrir lé passage dé l’état physio¬
logique h l’état pathologique; mais c’est encore, au moins
suivant mon opinion , le seul moyen d’eXposer, convena¬
blement les matériaux de l’hygiène , car il me semble
plus impossible encore d’isoler cette science de la physio¬
logie , que cette dernière de la pathologie. Yoici mainte¬
nant les remarques que nous avons faites sur ce chapitre :
i*” ce n’est point , comme le dit M. Broussais , lois
qui le régissent , mais bien aux organes qui le compo¬
sent, que l’homme soumet les matières qui doivent servir à
son existence. 2.° La physiologie comparée nous apprend,
quoi qu’en dise M. Broussais et les métaphysiciens, que
l’homme n’est pas le seul des animaux qui soit susceptible
de réflexion , mais qu’il partage cette faculté avec ceux qui
sont les plus élevés dans l’échelle, et qui conséquemment
approchent le plus de lui par leur organisation cérébrale.
5.“ enfin , je ne sais pourquoi M. Broussais avance que
ce n’est point une histoire des fonctions considérées
d’une manière abstraite y qu’il se propose de faire,
mais que c’ést l’histoire de la vie phj'sique de l’homme.
M. Broussais ne peut ignorer que l’histoire des fonctions
E X T B A J T s
78
comprend non seulement l’histoire de la vie physique ,
mais encore l’histoire de la vie morale de l’homme , et
que pour iitre bien faite, cette histoire des fonctions ne
peut et ne doit pasêtrè séparée dé celle des stimulons pro¬
pres des organes , c’est h-dire , des agens qui les font entrer
en action.
Chapitre IL — Ce chapitre porte pour titre : Compo¬
sition du corps, humain, II comprend les idées de l’auteur
sur la distribution de la matière animale , pour la compo¬
sition des dilTérens tissus. M. Broussais divise cette ma¬
tière animale en fixe et en mobile. Je ne sais pourquoi
l’auteur a substitué ces deux adjectifs aux substantifs so¬
lides et liquides , qui rendaient beaucoup mieux les deux
formes principales de la matière animale. Est-ce qu’un
muscle ne serait plus mobile ? Est-ce qu’un cartilage , un
os , etc. , ne sont pas des solides ? Est-ce que le sang n’est
pas un liquide tant qu’il est contenu dans le corps vivant?
L’auteur définit ensuite les mots organe ,■ fonction, ap¬
pareil , etc. La matière animale mobile est , comme là fixe,
formée de gélatine, d’ albumine et de fibrine. Toutes les
définitions données dans ce chapitre ne sont pas très-
exactes. Ainsi , une fonction est tout simplement t Fac¬
tion. d’un ou de plusieurs organes; et l’auteur la définit :
«Le but commun d’une association 'd’organes ,et des
actes qui en dépendent; » Cette définition désigne bien
le travail de tou t Un appareil ; mais comment , appellera -t-on
le travaildé chaque organe considéré isolément P’Aureste,
sans nous arrêter h discuter sur les mots , disons que la
manière dont procède M. Broussais est jusqu’ici très-mé¬
thodique’; il termine ce chapitre en rappelant l’attention
du lecteur sur les trois formes de matière animale, qui ,
dit-il , sont les seules auxquelles la nature ait attaché ce
que les physiologistes, ont appelé /es proprt^tJs vitales.
Cette assertion pourrait fournir matière à discussion; mais
passons aux propriétés vitales.
ET ANALTSES. 79
ChapitTe lU, -^ l\ n’y a qu’ùne propriété vîï&lé , c’est
la contractilité, sensibilité n’est adtnise que comme
une conséquence de ce raisonnement : « La fibre s’est
contractée parce qu’urle cause l’y a déterminée. » La
fibrine est la forme de matière atiimale qui possède la
contractilité Afxns le degré le plus éminent. Cette pro¬
priété y persiste après la mort comme pendant la vie et
ne peut-être détruite que par là décomposition spontanée
ou artificielle do cette matière. Les mots Contractilité ani¬
male, contractilité organique sensible , n’expriment pas
Aies propriétés différentes. Lagélatineest , après la fibrine,
la manière animale qui manifeste le plus de contractilité.
L’albumine est celle des formes delà matière animale or¬
ganisée oùla contractilité se manifeste le moins ; toutefois ,
il est. encore possible de l’y démontrer dans bien des cas ;
la masse cérébrale, soulevée par le double mouvement
circulatoire et respiratoire , revient sur elle-même. En
outre , le contact de certaines surfaces est adouci par une
membrane séreuse , ce qui prouve des glissemeqs. Or,
tous ces mouvemens ne peuvent être expliqués que par
une nuance de contractilité , particulière à l’albumine or¬
ganisée. La sensibilité , en vertu de laquelle nous perce¬
vons la douleur et le plaisir, n’est point une propriété vi¬
tale parce qu’elle cesse dans le sommeil , quoique la con¬
tractilité continue d’avoir lieu , et qu’une' propriété vitale
ne peut-être amovible; Si la sensibilité mêmë perçue n’est
pas une propriété, il n’y aplus d’autremanlère do la con¬
cevoir que comme üne condition qui sS manifoste passa¬
gèrement dans la matière animale organisée, et l’on peut
démontrer que cette condition est elle-même subordonnée
aux différons états de la contractilité. La sensibilité doit
donc être considérée comme tra des résultats de l’exercice
de nos fonctions , résultat immatériel et incompréhensible
qui correspond toujours à une eialtaiion de la contracti-
EXTRAITS
8o
lité , mais qui n’en est pas inséparaLle ; comme un, état
violent de notre économie qui doit nécessairement éprou¬
ver de l’intermittence et dont la continuité constitue une
véritable maladie. La force vitale est la puissance qui pré¬
side à la formation , au développement etàla conservation
de l’individu : résiderait-elle dans la contractilité, proprié¬
té vitale unique ? Cette puissance opère l’assimilation des
substances nutritives ; elle en tire de la gélatine , de l’al¬
bumine, de la fibrine; elle donne à ces formes delà ma¬
tière animale , la propriété contractile ; elle règle la forme ,
la consistance , le volume , la durée de nos organes ; elle
les rétablit dans les conditions nécessaires à l’état de vie et
de santé , lorsqu’ils en ont été écartés par une cause mor¬
bifique. La contractilité ne saurait donc jamais être consi¬
dérée que comme un des ouvrages de la force vitale ,
comme un moyen qu’elle emploie pour exécuter les mou-
vemens qui doivent concourir à l’entretien des fonctions.
La force ou puissance vitale préexiste donc nécessaire ¬
ment aux propriétés , ou pour mieux dire , îi la propriété
fondaméntale des tissus ; elle commence par la créer; en¬
suite elle s’en sert comme d’instrument pour se procurer
les matériaux avec lesquels elle travaille continuellement
à la composition du corps vivant. Cette force vitale , cause
première, inconnue dans son essence, se fait connaître
par la chimie vivante. Celle-ci est le premier instrument de
la force vitale : cet instrument est invisible , Immatériel.
C’est par là que la force vitale , en agissant sur la matière ,
produit des instrumens secondaires purement matériels ,
perceptibles à nos sens. •
Les lois vitales consistent dans un certain nombre de
phénomènes généraux , communs à tous les tissus et qui
s’observent chez les animaux avec tant de constance et de
rég^ularité , que nous sommes portés à les considérer comme
des lois inséparables. de l’état de vie; ce sont, en quelque
ET ■A'NAtYSES. 8l
sorte J des fonctions -générales ondes la'its qui font partie
de la grande fonction , qui est la vie; voici les plus frap¬
pons r .1.” la conttaclilité est déviée - et elle l’est par
chaque modificateur, d’une façon particulière ; 2.° lors¬
que la contractilité augmente dans un point de la' niatière
organique fixe , la matière organique mobile est attirée
vers ce point; 5.° lorsque ce dernier phénomène a lieu,
il survient une augmentation de densité ; de là les érec¬
tions vitales . L’irritation, la sur-irritation ou. sur-exci¬
tation : 4'° dans toute érection vitale^, il y a augmentation
des phénomènes de la chimie vivante; 5.“ les érections
vitales se dissipent après une durée plus ou moins courte ;
6." les érections vitales développées dans un point quel¬
conque de l’organisme ne peuvent pas s’élever à un cer¬
tain degré sans être transmises à d’autres points; 7.» ces
transmissions ont lieu par l’intermédiaire des tissus ner¬
veux; 8.° l’irritation transmise est de même nature qu&
l’irritation primitive; elle est toujours le résultat de l’ac¬
tion d’un agent qui a exagéré les phénomènes vitaux;
9.° les agens qui développent les phénomènes de vitalité
dans nos tissus peuvent se partâger en deux séries : les
premiers exaltent directement ces phénomènes ; les seconds
commencent par les diminuer , après quoi on les voit re¬
paraître avec plus d’intensité qu’ils n’en manifestaient
avant leur diminution; delà la -rduction. vitale; 10.° le
calorique est le principal agent de la vitalité; après
lui ce sont les agens destinés à l’entretien des fonctions et
ceux, surtout, qui servent à la nutrition de l’animal;
12,'’ les causes de la diminution des phénomènes de vita¬
lité sont positives ou négatives; à leur tête se trouve le
froid; i5,° les autres causes sont les soustractions des ma¬
tériaux alibiles avec celle, des fluides et celle de tous les
agens qui sont nécessaires à l’exercice des fonctions ; pt
l’on observera constamment que la puissance qui dirige la
82 EXThAITS
vie, réagit aussi contre la modification débilitante qui ré¬
sulte de leur absence. Toulefois , cette réaction est moins
considérable que celle qui résiste au A'oid , bien qu’elle
soit exactement de même nature , puisqu’elle se réduit
toujours à une exaltation des phénomènes vitaux ;
14.“ lorsque la réaction de la puissance vitale, contre les
causes débililautes ne peut parvenir à rétablifja. vigueur
dans le lieu affaibli , elle se dirige sur d’autres points et
y produit une sur^exçilation malgré la diminution générale
de la, somme de force et de. vitalité; i5.°,les agens positifs
de la diminution des phénomènes do. la vie sont désignés
par une secte de médecins sous le titre de contro-stimu-,
lans; ils sont moins nombreux que ces médecins, ne le
pensent ; Brown pensait qu’ils ne pouvaient agir que par
un mode d’excitation qui répugne aux lois de la yie :son
opinion mérite d’être sérieusement discutée; 16 “ les lois,
physiques sont modifiées; dans l’éconornie vivante , par les
lois vitales. L’attraction tend à appliquer la masse, du
corps vivant à la surface de la terre; la contraction mus¬
culaire annulle une partie de ses efforts ; 1 7.° ce qui . s’ob¬
serve pour la masse entière du corps peut encore être re¬
marqué dans chacune de ses parties , considérées dans
leurs rapports. entre elles; 18.° l’attraction tend constam¬
ment h attirer les fluides dans la région la plus déclive du
corps vivant; mais la contractilité du cœur et des vais¬
seaux qui résiste à cette force , leur trace dans l’intérieur
de ces organes une route qu’ils sont obligés de suivre:;
19.° l’atmosphère, à raison de sa pesanteur , tend conti¬
nuellement à seconder les efforts do l’attraction ^Jar la
pression qu’elle exerce sur le corjis vivant; 20,° les puis¬
sances impondérables que l’on désigne soifi les noms d’é¬
lectricité, de galvanisme ; et qui ne sont peut-être que
des modifications de l’attraction générale, ont sur le
corps vivant des influences qui sont modifiées par la puis-
ET ANALYSES. 83
sance de la vie j ce qui nous donne lieu d’observer de nou¬
velles lois vitales. L’électricité et le galvanisme manifestent
sur le corps ■ animal des effets excitans que l’on observe
primitivement dans le système nerveux, et secondaire-.,
ment dans les tissus oii les nerfs vont se terminer. Ces
puissances , en effet , parcourent les nerfs èt vont déter¬
miner un surcroît de contractilité dans la fibrine de l’ap¬
pareil musculaire et dans la gélatine de l’appareil vascu¬
laire. Elles produisent des contractions musculaires et des
érections vitales auxquelles la volonté ne saurait mettre
aucun obstacle. Appliquée à petite dose, l’électricité aug¬
mente les fonctions ; 21.° appliquée plus énergiquement,
et d’une manière subite , l’électricité , comme le galva¬
nisme , trouble les fonctions en exagérant les phénomènes,
produits par la conttactilité; 22.° répétée souvent, la se¬
cousse produite par l’électricité et le galvanisme épuise
la contractilité.
Ici se terminent le troisième chapitre de l’ouvrage dq
M. Broussais et en même- temps les généralités de la
physiologie pathologique. Notre prochain article sera con¬
sacré à l’examen de l’histoire des fonctions de rapports.
Revenons maintenant sur ce troisième chapitre. J’aiqiré^
senté , sans les altérer, les idées qu’il renferme , dans le
mojus d’espace qu’il m’a été possible j cependant partout
j’ai cru devoir me servir des propres expressions de l’au-.
leur ou plutôt le laisser, pour ainsi dire , parler lui-même,
persuadé que je suis que le lecteurne peut me savoir mau ;
vais gré d’une fidélité minutieuse qui, sans donner plus
de longueur à l’analysé , le met à même de prononcer
au premier coup d’œil, et par lui-même, tant sur le fon4
que sur la forme de l’ouvrage en même-temps qu’elle
lui permet de juger sûrement la valeur des réflexions
auxquelles il a donné. lieu. On trouve ^ dans ce chapitre,
beaucoup de vues lumineuses; mais il est souvent ah-
EX T B AI TS
strait, quelquefois même obscur. Si Tauteur se croit
fondé à n’admellre, comme propriété vitalç, que la con-
tvactUité, pourquoi ne pas faire une fonction Ae la sen¬
sibilité. L’amovibilité de cette faculté empêche M.
Broussais d’en faire une propriété vitale. Elle cesse , dit-il ,
pendant le sommeil . tandis que la contractilité persiste.
Eh bien I soit : mais la sensibilité est dépendante du cer¬
veau , les diverses fonctions de cet organe ne cessent pas
moins que celle-ci , pendant le sommeil ; faisons donc de
cette faculté une fonction cérébrale , et non un résultat
immatériel el incompréhensible de l’exercice de nos
fonctions, et encore moins un état violent de noire éco¬
nomie qui doit éprouver de l’intermittence , etc. Il est
évident que la première cause de la confusion et de l’incer¬
titude qui régnent dans cet article , relativement à la sen¬
sibilité , est due à. un vice de langage. L’espèce de sensi¬
bilité à laquelle M. Broussais enlève le titre de propriété
vitale , ne doit pas porter le nom de sensibilité. C’est
pourquoi , pour éviter la confusion , M. Chaussier avait
ajouté à ce mot l’épithète staminale (de stamen ; trame ,
tissu) ; mais continuons. Brown n’admit, dans les corps
organisés , qu’une propriété unique r cette idée n’était
pas moins grande que sa division des maladies dont il tira ,
malheureusement pour l’humanité, de si fâcheuses con¬
séquences. Le trop célèbre écossais donna , à la propriété
dont il s’agit, le nom A’ excitabilité. C’est cette propriété
en vertu de laquelle un corps organisé répond au stimulus
avec lequel on le met en contact ; c’est V irritabilité de
la plupart de nos physiologistes ; c’est , enfin , à cette pro¬
priété variable suivant les tissus , ainsi que l’a démontré
Rolando dans un ouvrage récemment traduit par MM. Bois¬
seau et Jourdan , que M. Broussais donne le nom de con¬
tractilité. Maintenant, que M. Broussais admette ou, re¬
jette l’existencé d’un autre propriété spéciale en vertu de
ET ANAI,V8ES.
85
laquelle les tissus sentent la présence du stimnlus sur, le¬
quel ils réagissent , peu nous importe. Nous comprendrons
parfaitement ce double phénomène sous Tunique nom
ài’ excitabilité , de contractilité ou irritabilité , et nous
passerons volontiers condamnation sur le rejet de la pré¬
tendue sensibilité de tissu ou organique , comme on vou¬
dra l’appeler. Mais la véritable sensibilité, l’action des
nerfs et du cerveau , celte faculté en vertu de laquelle cet
organe , ou /e , pour me servir de l’expression à la
mode, perçoit, ressent les impressions faites sur les ex¬
trémités des nerfs; pour cette faculté là, ilnepeut en être
de même. A l’aide de quelques sophismes on peut en
nier l’existence, peut-être aussi facilement que les disci¬
ples de Pyrrhon mettaient la leur en doute ; mais la dou¬
leur sera toujours là pour attester leconlraîre, et plus d’un
fait pourra prouver également que, dans Tétat normal, la
sensibilité n’est point un état violent , plus que la digestion
qui n’est pas plus co«ïm«6 qu’elle. Maintenant, que la sen¬
sibilité soit mise en jeu par la contractilité , comme le
prouve, à la page 23 , M. Broussais, cela peut être; mais
l’idée n’est pas neuve; Taùteur ne fait que substituer au
mot mouvement le mot contractilité. Les philosophes
de tous les temps , et Cabanis dans ces temps modernes ,
ont avoué ne pouvoir concevoir une sensation sans un
mouvement au moins moléculaire dans l’agent de trans¬
mission (le nerf) et dans l’organe de perception (le cer¬
veau). Or, la contractilité, invoquée par M. Broussais
pour expliquer la sensation perçue dans un doigt malade ,
n’est autre que le mouvement admis par certains philo,-
sophes pour expliquer la .transmission des impressions, au
cerveau. Au reste , de peur d’avoir mal compris Tidée de
M. Broussais , je vais transcrire le passage : « Si la sensi¬
bilité, même perçue , n’est pas de cette nature (n’est pas
nne propriété vitale) , il n’y a plus- d’autre -roanièro do la
86
EXTRA]
concevoir que comme une condition qui se manifeste pas¬
sagèrement dans la matière animale organisée, et l’on
peut démontrer que cette condition est elle-même subor¬
donnée aux différens états de la contractilité. En effet ,
la contractilité organique vient d’être exaltée dans le
doigt dont nous avons supposé la piqûre. Si le cerveau
est dans les conditions de la veille et de la santé , les nerfs
intermédiaires, entre la plaie et ce viscère , excitent en
lui une autre augmentation de contractilité analogue à
Celle du doigt blessé , et la douleur est perçue. Ce n’est
pas trop de dire que le cerveau reçoit un surcroît d’action
organique ou de contractilité : l’uxpérience le prouve;
Car , si la douleur est vive , le sang s’accumule dans ce
viscère à tel point, que la face participé à sa conges-'
(ion, etc.
Malgré quelques taches , on trouve dans ce chapitre des
propositions d’une grande vérité , une interprétation ingé¬
nieuse de plusieurs faits , tels que celui des convulsions qui
suivent l’émission sanguine , dans l’animal que l’on faitpé-
fir d’hémorrhagie ; mais on j rencontre aussi quelques
propositions que l’analogie peut nous faire croire vraies ,
mais qu’il serait impossible de croire telles , seulement
d’après les -faibles preuves données par M. Broussais. Je
puis citer au nombre de ces assertions non assez prouvées ,
tout ce que dit l’auteur sur la contractilité de la masse
cérébrale. Il me reste encore à relever dans ce chapitre
un vice que j’étais loin de m’attendre à rencontrer dans les
ouvrages de M. Broussais. Je veux parler d’un langage
ontologique qu’on passerait tout au plus aux fauteurs de
là doctrine des fièvres essentielles. Qu’est-ce que c’est
qu’une force vitale qui préside à la formation , au d^e-
loppement et à la conservation de l’individu (jui
réside dans la contractilité . . mais qui n’est pas
elle; . qui opère l’assimilation des substances nutri-
ET ANALYSES.
87
tiées , qui en tire de la gélatine, de l’albumine, de la
fibrine; qui donne, à ces foimies de la matière animale ,
la propriété contractile; . qui est seule capable de
créer la matière animale (elle y préexiste donc
qui crée la contractilité (mais tout-à-l’heure elle résidait
dedans) qui se fait connaître par la chimie vi¬
vante ; qui en est le prernier instrument : l’instrument
iNvisiiiLE ! iMMATiniEL ! ! ! par lequel la force vitale, en
agissant sur la matière, produit des instrumens secon¬
daires , etc. » Analysons un peu tout cecî : La force vitale , '
être immatériel , sesert de la chimie vivante , instrument
encore immatériel, pour produire des instrumens maté¬
riels ! Il est temps enfin que ces derniers se présentent ,
car les réactions d’êtres imniatériels les nns sur les autres
pourraient avoir lieu long- temps, avant que ceux-ci pus¬
sent fournir un produit positif. Jusqu’alors les partisans les
plus enthousiastes de Vanlielmbnt’et de Sthall s’étaient
contentés d’un archée ou d’un autre principe de même
couleur . pour entretenir le jeu de la machine animale ma¬
térielle (c’était déjà bien assez). M. Broussais renchérit
sur eux : il lui en faut deux; encore si la chimie vivante ,
instrument invisible de l’immatérielle force vitale , était
tant soit peu matérielle , elle pourrait facililer7« soudurè
des deux substances; mais non : la chimie vivante est un
instrument non seulement invisible , mais encore immaté¬
riel', qui sert à la force vitale immatérielle pour créer des
«■corps matériels. Terminons ici ces citations que nous n’a
vons faites que pour conseiller à M. Broussais de ne point
se servir d' instrumens invisibles ét non responsables , pour
rédiger sa physiologie ; mais de n’y employer que son cer¬
veau , sauf à nous faire attendre plus long-temps chaque
numéro des Annales ; et disons que nous ne nous fussions
pas permis ces privautés si nous eussions pu croire que
notre maître seul eût mis la main h cet article. Maintenant
EXTRAITS •
résumons-nous : assemblage hétérogène des opinions dé¬
figurées de Brown, de Stfaal, de Barthez , de Bordeu.de
Bichat , de Reil et de Rolando , la première partie de ce
chapitre , inintelligible pour beaucoup de lecteurs , por- ;
terait de cruelles atteinles à la réputation si justement ac¬
quise de M. Broussais, si dans la seconde moitié , presque
pathologique , et basée sur des faits , l’on ne voyait promp¬
tement reparaître le génie de l’observateur , un instant ca¬
ché sous un nuage d’abstractions.
Cn. Londe.
L’Art du Bojaudtcr par A G. Labarraque , ;9/iar-
macien du Roî , etc.
M. Labarraque vient de publier , sous ce titré , un mé¬
moire couronné' par la Société d’encouragement. Parmi
les objets qu’il renferme , il en est qui intéressent à la fois
l’anatomie , la médecine légale et l’hygiène publique ; nous
croyons donc utile de les faire connaître à nos lecteurs.
Pénétrée des dangers que pourraient courir les ouvriers
chargés de préparer iQs bojàuai souflés , en employant des
intestins souvent infects , la Société proposa pour sujet de
prix de l’année 1822 , là question suivante : Trouver un
procédé chimique ou mécanique pour enlever la mem-^
brane muqueuse des intestins traités dans les boyaude-
ries, sans employer la macération, et en s’opposant à la
putréfaction ; décrire la manière de préparer les boyauec
par insufflation. Après avoir inutilement essayé plusieurs
réactifs , tels queles acides sulfuriqUe , nitrique et hydro-
chlorique , la potasse , la soude , les sels carbonatés de
ces bases , le chlore, le vinaigre , l’alun , la saumure et
le charbon en poudre , M. Labarraque imagina de faire
ET ANALYSES. 89
usage des chlorures alcalins de potasse , de chaux et de
soude, et il ne tarda pas à s’apercevoir que ce dernier
jouissait à un très-haut degré des propriétés requises ,
comme on peut s’en assurer par l’expérieiice suivante (1) :
Lorsqu’on met cent ■ boyaux de bœuf fétides dans un ,
mélange de six seaux d’eau et de trois livres de chlorure
de soude , marquant 16 degrés et décolorant 18 parties
de sulfate d’indigo , l’odeur est détruite instantanément ,
et au bout de quelques heures le boyau peut être travaillé ;
la membrane muqueuse se détache très-facilement , les
boyaux sont superbes et le deviennent davantage après les
autres opérations. En établissant le prix de ce chlorure à
vingt centimes le kilogramme , les frais pour cent boyaux
de bœuf s’élèveront à trente centimes, ou à quarante, si
l’on croit devoir employer quatre livres de chlorure, ce
qui est le maximum. Le chlorure de potasse (eau de javelle)
agit de la même manière ; mais il est plus coûteux. Le
chlorure de chaux , qui est le moins dispendieux , détruit
sur le champ l’odeur putride; mais il Crispe la membrane
muqueuse au lieu de la détacher et la fixer sur l’intestin.
Ce dernier chlorure pourra être d’une grande utilité
dans nos amphithéâtres, soit pour conserver les cadavres,
soit pour laver le sol , les tables , etc. M. Labarraque
propose de l’employer journellement, surtout en été,
pour laverla Morgue; il suffira, pour remplir ce but, de
le mêler avec cent cinquante ou deux cents fois son poids
d’eau de rivière , ce qui sera l’objet d’une légère dépense.
On s’en servira avec grand atantage dans les câs d’éxhu-
ination * lorsque des recherches médico-légales sont or¬
données sur des cadavres inhumés depuis plusieurs semai -
(i) Le lecteur ne confondra point le chlorure de chaus avec le chio- .
rure de calcium ( muriate de chaux ) , employé depuis quelque temps
par le docteur Brelouucau , pour couserver des pièces anatomiques , etc.
go EXTRAITS
nés et putréfiés ; il faudra alors, pour faire disparaître
complètement l’odeur et raffermir les chairs, laisser ma¬
cérer le cadavre pendant quelques minutes dans une
très-grande baignoire ou cuvier d’eau , contenant deux
ou trois livres dë ce chlorure ; la proportion serait un peu
plus forte „ si la putréfaction était très-avancée. Il est
inutile d’insister sur les avantages que pourront retirer
de ce moyen , les fabricans de colle , les tanneurs et en
général tous les ouvriers qui manient des substances
animales.
On obtient le chlorure de chaux en mettant dans l’eau
de la chaux éteinte et en poudre fine , et en la saturant
de chlore gazeux; il ne s’en produirait pas un atôme si
l’on employait de la chaux vive ou du marbre.
Nous nous abstenons à dessein de parler de la partie du
Mémoire relative à la fabrication des différentes espèces
de cordes à boyaux, et surtout des cordes destinées aux
instrumens de musique , parce qu’elle ne présente aucune
application utile à la médecine. Orfila.
Analyse des Transactions Philosophiques des la Société
royale de Londres , pour l’année 1821.
Sur la couleur noire du réseau muqueux de la peau
des nègi'es , considérée comme servant à la présener de
l’action trop vive des rayons solaires ; par sir Everard
Home. (Lu le 9 novembre 1820. ) — Depuis long¬
temps les physiologistes ont inutilement cherché quel
pouvait être l’usage de la couleur noire du réseau muqueux
delà peau des nègres. Ce fut aussi l’objet des premiers tra¬
vaux de l’auteur de ce Mémoire; mais, après jilusieurs es¬
sais infructueux , il abandonna ce sujet, désespérant d’ob-
ET analyses. 91
tenir des résultats satisfaisans. Soû attention fut rappelée
sur-ce point par Une- circonstance fortuite , il y a. environ
deux ans. Il entreprit alors une série d’iiexpériences , d’où
il résulte :
i.° Qu’en exposant, pendant un certain temps , lé dos
de sa main ou son bras nu aux 'rayons solairès , dont la
température , indiquée par un thermomètre placé sur ces
parties, était de 84”, 96” et 98“iFarein. (28“,8; 52%2 et
56?j 6 du thermomètre centigrade) , il ressentit une vive
douleur,. et qu’il se forma sur la peau des phlyctènes ,
remplies de sérosité coagulable qui devînt vasculaire sous
ses yeux ; ■
2;" Que dans des expériences semblables , faites sur des
nègres, à dés températures de 85” et 100° Far. (29”, 4 et
•57», 7 centigr. ) , la peau n’éprouva aucune altération
visible } ' •
3.” Qu’en soumettant aux rayons' du soleil son bras ou
le dos de sa main recouverts de drap noir appliqué exac¬
tement sur la partie , des températures de 90“^ 94° et 106”
Far. (32°, 2} 34°,4 et 4i‘’,i ééntig.) , ne produisirent nj
douleur , ni aucun elTet visible ;
4-‘’ Qu’en recouvrant ces parties de drap blanc , ou de
toile , il s’y manifesta des phlyctènes à une température
de 85° Far. (29”, 4 centig.) '
De ces expériences et de quelques autres que nous
croyons inutile de rapporter ici. Fauteur tire la conclu¬
sion suivante : « Il est évident que le pouvoir vésîcant des
«ràyohs solairès sur la peau des aninïaiix est détruit , lors-
» que ces rayons tombent sur une surface noire, quoique
)>daiis cë cas la chaleur absolue soit plus grande, eii raison
J) de leur absorption. »
D’après ces vues , il croit pouvoir expliquer l’usage de
la matière noire qui, dans l’œil, recouvre la choroïde.
« Elle n’est pas , dit-il , nécessaire à la vision ; niais elle
9* EXTRAITS
ne sert qu'à préserver l’œil de l’action nuisible d’une forte
lumière. » On sait en eflet que cette matière est d’ün noir
plus foncé chez les habitans des Tropiques, que chez les
peuples du Nord ; qu’on la trouve chez les singes et tous
les animaux qui ont habituellement les yeux dirigés en haut
et exposés à une lumière vive , tels que divers oiseaux et
les poissons qui se tiennent à la surface de l’eau s qu’elle
n’existe pas au contraire chez le hibou ; et qu’enfin chez
Ions les animaux ruminans et les oiseaux de proie , elle est
remplacée au fond de l’œil par une membrane brillante ,
nommée tapis , etc. -
Enfin l’auteur ajoute : (t J’ai prouvé que les rayons so-
•laires perdaient leur pouvoir rubéfiant en tombant sur
»une surface noire ; mais je suis arrêté h ce fait. Sir H. Da-
»vy , à qui j’ai communiqué ces observations, m’en a aus-
» sitôt donné cette explication : chaleur rayonnante
T) des rayons solaires est absorbée par la surface noire e*
^convertie en ckalèur sensible.
Cette explication ne nous paraît nullement satisfaisante j ,
car , on ne conçoit pas comment l’absorption des rayons
solaires , et leur conversion en chaleur sensible , peut em¬
pêcher leur action dans, cette circonstance (i).
Observations microscopiques , i.'^sur le cerveau et les
nerfs , prouvant que les matériauae qui les composent
existent dans le sang; 2.° sur la découverte de valvules
dans les branches des vaisseaux courts situées entre
tes tuniques muqueuse et musculaire de V estomac ;
sur la structure dé la rate; par sir Evehard Home.
(Lues le 7 septembre 1820.) — Les Transactions de
(1) Des recherches sur l’actiou propre de la lumière , que mon frère
le docteur Edwards se propose de publier indcssaiûwcnt , pourront
servir à éclairer ce sujet. ( H. M. E. )
ET Al^AtYSE!
95
la Sociélé royale de Londres , pour les années i8i8 , 1819
et ,1820, contiennent plusieurs Mémoires de sir Everard
Home , dans lesquels il rend compte d’observations mi¬
croscopiques et d’expériences très-intéressantes , faites par
lui et M. Bauer.
, Dans le premier de ces Mémoires , l’auteur s’occupe spé¬
cialement de la grandeur des globules du sang et de l’ana¬
logie qui existe entre eux et la fibre musculaire. Il exa¬
mine ensuite le développement des canaux vasculaires dans
le caillot du sang , et il prouve que le gaz acide carbonique ,
contenu dans ce liquide , et qui s’en dégage pendant la
coagulation , est la cause déterminante de leur formation.
Il est parvenu , au moyen d’un procédé très-ingénieux,
à injecter ces canaux , qui auparavant étaient remplis de
gaz , et à mettre ainsi leur existence hors; de doute. On
voit alors qu’ils s’anastomosent fréquemment entre eux ,
et forment un lacis qui pénètre dans toutes les parties
du coagulum. 11 suffit donc, pour qu’un caillot formé dans
un animal vivant devienne vasculaire , que du sang rouge
pénètre dans les conduits dont nous venons de parler, et y
remplace l’acide carbonique.
L’examen du pus, et de la formation des granulations
(bourgeons charnus) , est ,1e sujet du second Mémoire.
Après avoir décrit les globules incolores que M. Bauer a
découverts dans le sérum du" sang et établi l’analogie qu’ils
présentent avec le pus, l’auteur fait voir que , par un mé¬
canisme semblable à celui que nous avons indiqué , en par¬
lant de la coagulation du sang , le pus se transforme en
tubes vasculaires à la surface d’une ulcération , et que c’est
ainsi' que sé forment les cicatrices.
Dans le troisième Mémoire , l’auteur décrit le coaguluin
extrait d’une tumeur anévrismale et la couenne inflamma¬
toire du sang. Il y trouve un grand nombre de globules
semblables à ceux qui se forment dans le sérum. Passant
94 exteaits
ensuite à l’examen des circonstances qui influent sur la
proportion d’acide carbonique contenu dans le sang, il
est conduit h l’étude du chyle et des globules qiii le com¬
posent.
Nous avons cru devoir donner cette analyse succincte
de ce travail de sir Everard Home , pour l’intelligence des
recherches suivantes qui en* sont la continuation^
, La première partie de ce Mémoire renferme les obser¬
vations faites par l’auteur, sur les nerfs et l’encéphale.
Au moyen du microscope , M. Bauer a trouvé que le nerf
optique est formé d’un assemblage de fibres réunies en
faisceaux, et composées, en grande partie, de globules
très-petits dont le diamètre varie entre ~~ de pouce
( 0,0907 mi'llim. ) , et (0,06349 millim.) , mêlés à
quelques globules de (0,1269 millim. ) , de diamè¬
tre , semblables à ceux du sang , dépouillés de leur enve¬
loppe de matière colorante. Ces globules sont unis par une
substance gélatineuse très-soluble dans l’eau, et parfaite ¬
ment transparente.
La rétine , seule expansion nerveuse, ën forme de mem¬
brane, qui existe dans l’économie ahimàle , est transpa¬
rente pendant la vie , et ne devient visible que' par la coa¬
gulation qui s’y Opère après la mort Elle n’est autre chose
que la continüatioh des faisceaux qui constituent le nerf
optique , lesquels sè séparent en rayonnant de l’extrémité
de ce nerf et disparaissent peu-è-peu vers la circonférence
de la rétine , oh ils se terminent en une membrane unie.
Des artères et des veinés , parleurs anastomoses fréquentes,
forment un réseau vasculaire dans toutes les parties de
celte membrane.
En observant au microscope la substance cérébrale, on
y trouvé , comme dans les nerfs , des globules blancs ,
demi transparens , dont le diamètre le plus ordinaire est
de de pouce; mais qui varie entre 75V7 Trrr- L®
ET ANALYSES. g5
substance gélatineuse soluble dans l’eau , dont nous ayons
déjà signalé l’existence , unit ces corpuscules un à un
pour, en former des fibres , et ces fibres entre elles , pour
en composer des faisceaux. Un liquide presque incolore ,
ou semblable au sérum du sang, se rencontre , en propor-
fions variables , dans toutes les parties delà substance cé¬
rébrale. Une quantité innombrable de vaisseaux sanguins
la traverse de toutes parts. Le calibre de ces vaisseaux est
assez considérable au centre du cerveau ; mais , vers la
circonférence , ils sont d’une ténuité extrême : on en trouve
cependant qui contiennent un liquide rouge , quoique leur
diamètre ne soit pas égal à la moitié de celui d’un globule
sanguin entouré de son enveloppe colorée. Les artères ,
dans cet organe , ne s’anastomosent pas entre elles comme
celles de la rétine ; leurs branches sont toujours accompa¬
gnées de veines dont le calibre est encore moindre que ce¬
lui que nous venons d’indiquer. Ces veines sont pourvues,
de valvules très- rapprochées les unes des autres , sur-tout
à leur extrémité , et contiennent aussi un fluide rouge,
quand le cerveau est encore frais,
Les principales différences que présentent les diverses
parties du cerveau , sous le rapport de leur structure, dé¬
pendent en partie de la grandeur des globules ; mais surtout
des proportions relatives de substance gélatineuse , de
fluide et de tissu globulaire qui les composent.
La substance corticale , de même nature dans le cer¬
veau et le cervelet , est principalement formée de globules
du diamètre de b — 5 ma*® le nombre des plus pe¬
tits prédomine. On , n’y distingue qu’avec peine les fibres
formées de globules simples. La matière gélatineuse et le
liquide semblable au sérum y sont très abondans ; c’est
dans . cette partie du cerveau que se trouvent les branches
artérielles et veineuses les plus ténues.
La substance blanche ou médullaire contient des fibres
96 EXTRAITS
plus distinctes et plus abondantes; la majeure partie des
globules qui les composent sont d’un diamètre plus grand ;
la substance gélatineuse est plus tenace et en moindre
proportion que dans la substance grise ; enfin , le liquide
séreux est incolore.
Le corps calleux, et le bulbe rachidien diffèrent delà
substance blanche que nous venons d’examiner. Les glo
bulesdu diamètre de et y^sont plus abondons;
la substance gélatineuse et. le liquide s’y trouvent en plus
grande quantité , et la première est moins tenace.
Ces différences d’organisation entre les substances cor¬
ticale et médullaire paraissent d’une grande importance
h l’auteurde ce mémoire, te Elles jettent:, dit-il , un grand
B jour sur les fonctions du cerveau j et montrent que la
» substance grise en est une des parties les plus importantes;
» quoique le pont de varole soit , peut-être , plus essentiel
» encore à la vie , en établissant une communication entre
» toutes les parties de cet organe compliqué. »
Il regarde depuis long-temps la substance corticale du
cerveau comme le siège de la mémoire. Voici sur quoi il
base cette opinion : une pression plus ou moins forte sur
la partie antérieure et supérieure du cerveau occasionne
la perte de la mémoire , ou, au moins , une diminution de
cette faculté. Après l’opération du trépan , on peut sus¬
pendre l’exercice de toutes les fonctions cérébrales , en
pressant sur la dure-mère ; mais elles se rétablissent aussi¬
tôt qu’on fait cesser la pression , et la répétition de celte
expérience ne paraît pas nuisible à l’organe encépha¬
lique. Lorsque, dans l’hydrocéphale, le liquide est en
grande quantité, et , qu’il ne reste plus que la substance
grise , communiquant avec le cervelet par le pont de va¬
role , les facultés intellectuelles restent’ intactes . et la
mémoire nest pas diminnée, tandis qu’une secousse vio¬
lente do la tête produit , à l’instant inômo , l’insensibilité.
ET AKA.LTSES. 97
Enfin , daiis un cas de compression de la partie supé¬
rieure du cerveau, par l’enfoncement d’une pièce d’os
fracturée, il observa que le malade éprouva un dérange¬
ment complet de Inintelligence, accompagné de violons,
désirs vénériens , et que ces symptômes disparurent, par
l’opération du trépan.
Tel est l’ensemble des faits que sir Everard Home ap¬
porte à l’appui de son opinion. Ils ne nous paraissent pas
propres à soutenir son hypothèse. Ils prouvent bien en
effet , et personne ne l’ignore , qu’une compression subite
de la surface du cerveau fait cesser , à l’instant , toute
sensibilité; mais peut-on croire que cette pression n’agisse
que sur la substance corticale ? Dans quelques opérations
chirurgicales, on enlève, des portions quelquefois assez
considérables de la partie supérieure des lobes du cer¬
veau , et , par conséquent, une grande quantité de sub.
stance grise , sans qu’il en résulte un dérangement no¬
table des facultés mentales. Les expériences sur les ani¬
maux prouvent également que ce n’est pas la blessure de
la superficie du cerveau , mais bien la lésion des parties
situées profondément, qui produisent des accîdens fâ-^
cheux. Enfin ,^dans l’hydrocéphale , la. substance blanche
ne paraît pas détruite , comme l’auteur semblerait le
croire , le ceryeau est seulement déplissé , et dans ce cas
les parois du crâne s’opposant à la distension produite
par le liquide , les substances médullaire et corficale doi¬
vent éprouver une compression égale , puisqu’elles se
trouvent dans les mêmes conditions.
L’auteur passe ensuite aux usages de la matière gélati¬
neuse. Voici comment il s’exprime. « Puisque cette sub-
» stance est non-seulement un des matériaux les plus abon-
» dans du cerveau , mais qu’elle sert de moyen d’union
» entre les globules qui composent la rétine et la substance
» médullaire *des nerfs , on neçeut douter que la commu-
98 EXtftAïïS
Dhîcalioli Vic ia seiisi'bilîlé et de là volofité n’en dépende
» plus ou moins, »
il est persuadé ({ne la décourerite dé cètte substance
prouvé la vérité des idées que Hunier 'avait émises sur le
maî'erià 'û'itœ..Ç>e physiologîsîlë pensait qu’il est impossi¬
ble d’expliquer la communication du cerveau et des autres
parties dû cbrps, si l’on n’admet que le materia vitæ
existé par-tout; qu’il se trouve sous deux formes, rassem¬
blé. dans le eervèau’ ( coacÈ-Hiàta ) , et dispersé dans
toute l’économie ( difjtisa / , et communiquant au moyen
des nérîs.
Pour compléter ses recherches sur ce Sujet , sir Eve-
rard Home examine la composition du sang. Il retrouve
la matière gélatineusé dans le caillot, et reconnaît
qu’elle réunit lés particules de matière colorante pour en
former rénvéloppe dés globules rouges du sang.
Il arrive enfin à cette noïTclusiôn générale des observa¬
tions consignées dans la suite dé ses Mémoires , « que les
«principaux Matériaux qin entrent dans la composition
» du corps , se trouvént tout formés dans le sang. « Cepen¬
dant U chercha vainement la graisse dans le sang de
l’homme; il ne parvint à en démontrer l’existence que
dans celui de la raye. Un chimiste français a entrepris des
recherches sûr ce point : il- paraît avoir trouvé manifeste¬
ment cette substance daiis lè sang; mais son travail tt’est
pas encore publié,
La seconde partie de ce mémoire renfernae des obser¬
vations sur les branchés des vaisseaux courts qui condui¬
sent lés liquides de TéstOmac dansda veine porte , par
l’intermédiaire de la veine splénique; Vers la grande cour¬
bure de l’estomac, entre les membranes muqueuse et
musculaire ,, M. Bauer a trouvé des vaisseaux pourvus de
valvules , qui se portent dans une direction opposée à celle
des artères.- En injectant , avec bdaùcoup do précaution ,
ET ASA-iySES. gjj
la branebe «Je l’artère çplénique qui se distribue è l’esto-
mac , l’auteur est parvenu à faire passer la matière de
l’injection dans la cavjlè de ce viscère , sans déchirure
apparente des vaisseaux» Cependant , les veines dont nous
venons de parler , et qu’on pouvait suivre distinctement
jusque dans les villosités , étaient parfaitement vides.
La découverte de ces veiqes garnies de valvules con¬
duit Sir E,. Home à expliquer, par l’action de ces vais¬
seaux , l’absorption des liquides contenus dans l’estomaç.
<! Ces Jiquides ainsi absorbés , dit - il , traversent la
» veine splénique , pour se rendre à la veine porte , et
Bparvenus au foie , une partie est employée à la sécré-
Dtion de la bile, tandis que l’autre est portée par la veine
«cave dans le torrent de la circulation. » La grande
quantité de liqnidc qui passe par la veine splénique rend
raison , selon lui , de la prédominance marquée du calibre
de ce vaisseau sur celui de l’artère, du même nom , et de
la quantité de sérum plus grande dans le sang de cette
veine que dans celui de tontes les autres.
Hes recherches sur l’organisation et les usages de la
rate terminent ce mémoire dont elles forment la troi¬
sième partie.
L’auteur fit macérer dans de l’eau renouvellée tous les
jours, une rate coupée par tranches, et observa les
cbangemens successifs qui s’y manifestèrent. V.oici les
résultats de ces observations :
« La rate est formée de vaisseaux sanguins entre les-
quelsH n’existe pas de tissu cellulaire. Les interstices sont
remplies de sérum et de matière colorante du sang , qui
s’échappent par les orifices latéraux des veines , lorsque
celles-ci sont dans un état de distension. Le sérum est en¬
suite absorbé par les nombreux lymphatiques de l’organe
qui se i-etident dans le canal thoracique , en formant un
tronc volumineux. La vascularité de toutes les fibres
7”
lt)0 EXTBAITS
apparentes de la rate est prouvée par une injection
dont M. Bauer a lait le dessin. On y voit distincte¬
ment là matière de rinjecliôn rèmplir les canaux dont
ces filamens sont formés , et se répandre dans les cel¬
lules avec lescpielles ils commimiquent. Le sérum porte
dans les interstices des vaisseaux les globules qu’il con¬
tient ^ du gaz acide carbôniqùe , et une assez grande quan¬
tité de substance gélatineuse s.olüble dans l’eau ; mais on
n’y aperçoit pas de globules rouges. Aussitôt que le sérum
est en repos', l’acide càrbonique se dégage , et détermine
ainsflâ formatiqn de cellules dans lesquelles sont contenues
des massés de globules séreux qui , réunis entr’eux, forment
les corpuscules: incolores qu’on avait regardés comme des
glandes. Le gaz dégagé est absorbé par le sangdes artères
et des veinesi D’après ce mécanisme , la rate paraît être
un réservoir destiné à contenir l’excès de sérum , de glo¬
bules séreux et de matière colorante , portés dans la cir¬
culation immédiatement après le travail de la digestion.’ !»
Des dessins faits par M. Bauèr , ét gravés avec une
exactitude et un luxe remarquables , accompagnent ce
travail, et reproduisent fidèlement ce que l’auteur a ob¬
servé.
Sur les organes urinaires et l’urine de deux especes
dw genre Rana ; par J. Daw. (Lu le i8 janvier 1821.)
— Dans un travail déjà publié dans les Transactions phi¬
losophiques , M. J. Davy a décrit les reins d’un grand
nombre de reptiles ( ampkibia ,) ; et dénaontréique l’urine
de ces animaux est composée presqu’entièrement d’acide
urique. , '
Celui que nous.avons sous les yeux renferme des obser¬
vations sur deux espèces de batraciens , la grenouille-
taureau { R. taurina. Cuvier) , et le crapaud brun
[B. fuscus. Laurenli. ) .
Eï analyses. lOi
L’appareil urinaire , à-peu-près semblable chez ces
deux aninaaux, sè compose de reins situés sur les parties
latérales de la colonne vertébrale, d’une vessie urinaire ,
et d’uretères qui s’ôiivrent dans le rectum , entre l’anus
et l’orifice de celte vessie.
L’analyse chimique de l’urine de ces animaux , recueil¬
lie dans la vessie urinaire j peu de temps après la mort , y
démontre là présence de l’urée en assez grande quantité.
En raisonnant par analogie , l’auteur est conduit à pen¬
ser que cette substance existe dans l’urine de toute cette
classe d’animaux , quoiqu’on ne la trouve pas dans celle
de quelques espèces voisines.
S’élevant ensuite à des considérations plus générales , Il
cherche à établir que la composition chimique de l’urine
dépend plutôt de l’organisation intime des reins que de la
nature des alimens dont l’animal se nourrit habituellé-
ment , sans nier , cependant , que le genre de nourriture
ne puisse exercer une certaine influence sur cette sé¬
crétion.
Les expériences récentes de MM. Prévost et Dumas ,
sur l’urée, ne jJermettent pas d’attribuer à la seule action
des reins , la présence de cètte substance dans l’urine ,
parce qu’ils la retrouvent dans le sang lorsqu’on a ènlevé
ces organesi D’un autre côté , cette circonstance ne peut
pas dépendre de la nature des alimens , car rurinê du
crapaud brun et celle du lézard gris diffèrent beaucoup
dans leur composition chimique , quoique ces animaux
fassent usage des mêmes aliméns. L’urihe des perro¬
quets et des sérpens offre encore une preuve frappante à
l’appui de cette opinion. L’analyse chimique donne des
résultats semblables pour l’une et pour l’autre , et cepen¬
dant les premiers se nourrissent e.xclusivement de végé¬
taux, les autres de substances anindales.
loi extraits
Sur la formation d’un nouveau canal j à la place
d’une portion détruite du canal de l’urètre , par
H. Eaule j chirurgien de l’hùspice des Enfans-Trou-
vés , etc. Au mois de mal i8i3 , John Wiiaker, ma¬
telot à bord du Pjlade , tomba , les jambes écartées ,
sur le bord d’une barque. Cet accident fut suivi d’une
lésion du périnée et du canal de l’urètre , qui l’obligea
à porter une sonde pendant plus de six semaines. Il gué¬
rit , mais l’excrétion de l’urine resta difficile depuis cette
époque.
Six ans après , il fut tout-à-coup affecté d’une rétentidn
d’urine , qui causa bientôt un épanchement considérable
de ce liquide dans le tissu cellulaire du périnée. Avant que
ce malade .eût pii se procurer les secours de l’art , une
eScarre gangréneüse avait détruit , ' dans ce point ^ les
tégumens et le canal de l’urètre lui-même , dans Une éten¬
due de plus d’un pouCe. On. essaya plusieurs fois, mais
en vain , de faire cicatriser cette plaie sur Une sonde intro¬
duite à demeure dans la vèssie. Enfin , au mois d’août
1819, le malade entra h l’hôpital Sdint-Barthélemî , et
reçut les soins de M. Earle.
Il lié restait plus alors de vestiges du canal de Turëtre ,
dans la partie qui avait été le siège de l’escarre gangré¬
neuse. Une Cicatrice large et unie en occupait la place.
On voyait la membrane müqueuse du canal se terminer à
la partie postérieure de la cicatrice et reparaître à sa par¬
tie antérieure. L’évacuation dé l’urine et du sperme se
faisait entièrement jiar l’ouverture postérieure de l’urètre ,
tandis que sa portion antérieure, surtout derrière le sCro-
tum > était considérablement rétrécie.
M Earle commença d’abord par dilater la portion anté¬
rieure de l’urètre , au moyen de bougies , et parvint à ih
troduire une sonde jusque dans la véssie. En tirant k
peau et la cicatrice du côté droit vers le côté opposé , on
ET ANALYSES. ia5 ,
pouvait recouvrir à peur-près la moitié de la sonde que la
perte ^^e substance laissait à nu dans ce point. Il essaya
d’abord de favoriser cette disposition par une compres¬
sion méthodique long temps continuée , et comme la ci¬
catrice n’était pas irritée par le contact de rurine , il réso¬
lut de s’en servir pour former un nouveau canal , espérant
rétablir ainsi la continuité de l’urètre. D/ans cette vue , il
enleva les tégumens du cdté gauche de la Gicatriee, dans,
un espace de dix-huit lignes de long sur quatre lignes de
large. Cette espèce de mortaise était destinée à recevoir
le bord de la portion de peau qu’il voulait détacher du
côté opposé. Au moyen d’incisions transversales sur le pé¬
rinée, il emporta les extrémités calleuses des deux portions
de l’urètre. Il forma ensuite un lambeau d’environ un
pouce et demi de long , sur un pouce de large , auï dé¬
pens des tégumens du côté droit du périnée , de manière
à laisser , entre les deux plaies , un espace uni d’à^peu-
près un pouce , destiné à former les parois dii nouveau
canal. Il renversa alors ce lambeau sur la sonde , et mit
les bords saignans en contact avec l’incision du côté gau¬
che. Pour maintenir les parties danscet.état , il pratiqua
deux points de suture simple; des bandelettes agglulina-
tives et un bandage approprié complétèrent l’appareil.
L’urine suinta entre les bords de la plaie , et le troi¬
sième jour , lorsqu’on leva l’appareil , on trouva qu’une es¬
carre gangréneuse s’était formée dans la partie dont on
avait enlevé la peau. Cependant , la réunion s’étai.t opérée
en avant et en arrière de la cicatrice, de manière à for¬
mer un canal ouvert du côté. gauche , et assez large pour-
contenir la sonde.
On laissa cicatriser les deux surfaces dénudées ; mais à
mesure que la cicatrice se forma b droite, la rétraction
des parties entraîna le nouveau canal et aggfandjt ainsi
rouvcrtiiro dont nous venons de parler; cepepdanl , lors-
qu’on en comprimait les Lords sur la sonde , on parvenait
à faire sortir toute l’urine par la verge. En avivant les
bords de la plaie , on essaya inutilement et à plusieurs
reprises d’en obtenir la réunion. L’état de la santé géné¬
rale du malade obligea de suspendre pendant long-temps
les tentatives de guérison.
Dans l’été de 1820 , on pratiqua de nouveau la même
opération , avec cette différence qu’on fit le lambeau aux
dépens des tégurriens du périnée et de la cuisse gauche , et
qu’on employa la suture entortillée pour maintenir les
parties en rapport. On ne laissa pas non plus , comme la
première fois , la sonde à demeure dans la vessie ; le ma¬
lade , auquel cette opération était familière., l’introduisait
deux ou trois fois par jour.
Pbr cette nouvelle tentative, on rétablit presque com¬
plètement le canal , et il ne restait plus qu’une petite ou¬
verture à la partie supérieure , qui résista aux escarroti-
ques et à l’instrument tranchant; ne pouvant obtenir l’o-^
blitération de cette fistule , on fut obligé d’avoir recours à
une troisième opération , que l’on pratiqua de la même
manière , mais sur une étendue beaucoup moindre. Il ne
resta plus alors qu’une fistule très-petite , qui ne tarda
pas à se fermer, et, au mois de mars 1821 , le malade
était parfaitement guéri , et urinait à plein jet.
L'observation que nous venons de rapporter, et deux
autres à-peu-près semblables , consignées dans la se¬
conde partie des Essais chirurgicaux de A. M, Goo-
per, font espérer qu’à l’avenir}» on pourra, au moyen
de ce nouveau procédé opératoire , guérir des lésions
de l’urètre , qu’on avait jusqu’ici regardées comme in¬
curables.
Expériences sur la structure et les fonctions des nerfs ,
qui conduisent à un nouvel arrangement du sjstéme
ET ANALYSES. 105
nerveux; par Cn. Bell. (Lues le 12 juillet 1821.) —
En examinant altenUvement le système nerveux chez
l’homme et les autres animaux, on observe un rapport
remarquable entre le nombre des organes , la nature com¬
posée de leurs fondions , et le nombre des nerfs qui s’y
distribuent, ün organe qui ne sert qu’à une seule' fonC"
tion , quelque parfaite que soit son action , n’a jamais
qu’un seul nerf. Quand deux nerfs, d’origine dilTérente,
se distribuent à une même partie , elle remplit une double
fonction. Ainsi , les nerfs que reçoit un organe sont d’au¬
tant plus nombreux que ses fonctions sont plus variées ;
et au lieu de servir uniquement à accumuler la puissance
nerveuse dans cet organe , ils lui communiquent des mo¬
des d’action très distincts.
Dans les animaux qui ne jouissent que de la sensibilité
et de la locomotion , qui n’ont pas d’organe central do la
circulation , et chez lesquels la surface du corps est le
seul appareil respiratoire , le système nerveux est d’une
grande simplicité. 11 est formé de deux cordons parallèles
dont les branches latérales' se distribuent également à
toutes les parties.
En examinant des animaux successivement plus élevés
dans l’échelle des êtres , on voit de nouveaux nerfs s’ajou¬
ter à ceux dont nous venons de parler, à mesure que- les
organes deviennent et plus nombreux et plus compliqués.
Ce système de nerfs unifornae et symétrique, qui, existe
déjà dans les vers, se retrouve dans l’homme. Le grand
nombre de nerfs qui , chez lui , viennent s’y ajouter , n’en
détruisent pas l’existence ; mais seulement la rendent
moins évidente au premier abord.
M. Bell regarde les nerfs vertébraux , sous-occipitaux
et trifaciaux , comme formant ce système primitif. Us ont
tous une double origine et des ganglions à l’une de leurs
106 EXTRAITS
racines. Ils se rendent de chaque côté à certaines parties;
ne servent jamais à établir des rapports entre les dilTérens
systèmes de l’économie ; se distribuent tous aux muscles ;
ei enfin c’est sous leur influence que s’exécutent les mou-
vemens volontaires. Ils donnent à toute la surface du corps
la sensibilité dont elle jouit , et la possèdent eux-mêmes à
un très-haut degré. On les voit se ramifier par-tout, et ce¬
pendant ils sont simples et symétriques , comme chez les
animaux des classes inférieures.
Parmi les nerfs destinés à des organes particuliers qui ,
chez l’homme et les animaux qui s’en rapprochent, vien¬
nent, en si grand nombre , s’ajouter à Ce système primi¬
tif, l’auteur examine spécialement , dans ce Mémoire,
ceux qui appartiennent à l’appareil respiratoire.
D’après sa manière d’envisager ce sujet , il range sous
la dénomination de nerfs respiratoires , tous ceux qui ser¬
vent à établir des rapports entre les organes internes
de la respiration et certaines parties éloignées , et h coor¬
donner les mouvemens des* muscles qui agissent dans
cette fonction? Ces muscles sont beaucoup plus nombreux
qu’on le pense généralement ; car, lorsque la respiration
est très-accélérée , en môme temps que la poitrine se di¬
late et se resserre, les narines exécutent des mouvemens
correspondons ; les épaules sont élevées , et l’on voit se
contracter les muscles du cou et de la face. Il est évident
que tous ces muscles ,. agissant simultanément dans la
respiration et les actes qui en dépendent , tels que la
toux j l’éternuement , etc. , doivent être soumis à une in¬
fluence commune qui règle et coordonne leur action.
Les nerfs qui établissent ces rapports forment un sys¬
tème distinct ; « Ils dilTèrent , dit l’auteur , de ceux du
«système primitif, par leur racine toujours unique, et ne
, » présentant pas de ganglions. Ils naissent de la moëlle
» alongée et de la partie supérieure du cordon rachidien ,
i et se portent delà aux différentes parties qui Concourent
» à la respiration , qui sont déjà, pour la plupart, ample-
» ment pourvues de nerfs appartenant à l’autre système. »
II range dans cette classe les ïierfs pneumo-gaslriqués ,
le facial ou portion dure de la septième paire , qu’il
nomme nerf respiratoire de la face ; le spinal ou respira¬
toire supérieüf du tronc , le diaphragmatique ou grand
nerf respiratoire interne , une branche inférieure du
plexus cervical qui se porte aux muscles extérieurs des
côtes , ou nerf respiratoire externe j enfin , le glosso-
pharyngien, le lingual , et les branches laryngées du
pneum'o-gastrique. ■
Sans nous arrêter à la description anatomiqhe que l’au¬
teur donne de ces nerfs, nous passerons de suite aux con¬
sidérations qu’il présente sur ceux de la face.
, On trouve , dans cette partie, des nerfs de ces deux
classés , tels que le trijumeau et la portion dure de la sep¬
tième paire, qui , en suivant des trajets dlfférens , vien¬
nent se réunir à leurs extrémités , et se distribuer égale¬
ment dans toute cette région. Ce sera donc à la face qü’on
trouvera le plus de facilité pour déterminer, par des ex¬
périences directes, la manière d’agir des uns et des au¬
tres , et do constater ainsi la vérité de la doctrine que
nous venons d’exposer.
Après quelques considérations sur l’anatomie comparée
des nerfs de la cinquième paire , et facial , M. Bell présente
les différences qui existent dans leur structure. Ce dernier,
nerf respiratoire de la face ,' sè rapproche beaucoup
■par son organisation du pheumo-gastrique; les filamens
qui le composent forment ùrie espèce dè plexüs serré. Le
Irlfucial, au contraire, est d’une structure bien moins
compliquée ; ses filamens sont arrondis , asséiS gros , et
séparés les uns des autres.
La division' que l’auteur a établie dans le système ner¬
veux, d’a]jrès les fonctions de ses diverses parties , n’est
fondée jusqu’ici que sur le raisonnement et quelques faits
d’anatomie comparée. Pour ne laisser aucun doute sur la
vérité de son opinion , il a entrepris la série d’expériences
suivantes :
Après avoir bouché,, pendant quelques secondes, les
narines d’un âne , afin de le rendre haletant, et détermi¬
ner ainsi la dilatation et le resserrement dès narines , on
lujl coupa d’un côté la portion dure de la septième paire.
L’animal ne donna aucun signe de douleur au moment de
la section , mais aussitôt après , les mouvemens de la
narine cessèrent entièrement de ce côté , tandis que l’autre
continua de se dilater à chaque inspiration. On lui pré¬
senta alors du foin et du bled dont il mangea sans la moinr
dre difficulté. .
On mit à nu sur un âne la branche maxillaire supé¬
rieure de la cinquième paire. Chaque fois qu’on la toucha ,
l’animal parut éprouver la plus vive douleur. On en fit la
section , mais la dilatation et le resserrement des narines
continuèrent à se faire régulièrement , et à correspondre
aux mouvemens des autres parties de l’appareil respira¬
toire. On observa seulement que la lèvre était pendante et
tirée du côté opposé. On coupa alors la même branche du
nerf facial de l’autre côté , et aussitôt l’animal perdit la
faculté d’élever la lèvre et de la projeter en avant. Il lui
devint , par conséquent , impossible de s’en servir pour
ramasser de l’aVoine qu’on lui avait jetée. Il ne put y
parvenir qu’au moyen de sa langue; car , pour écarter les
lèvres , il était obligé d’appuyer la bouche contre le sol.
La perte des mouvemens dés lèvres dans l’action de
manger était si évidente que l’auteur crut inutile de cou¬
per les autres branches, de la cinquième paire. Il répéta au
contraire plusieurs fois sur des chiens et des ânes la sec-
ET ANALYSES. JOQ
lion du nerf facial qui ne paraissait occasioner que peu
de douleur, et il obtint toujours les mêmes résultats.
Lorsqu’un animal meurt d’hémorrhagie , l’impression
qu’éprouve le cœur détermine des convulsions violentes de
tous les muscles, qui agissent dans la respiration. La poi¬
trine sq dilate par, des efforts brusques et précipités , et
les muscles de, la bouche , des narines , des paupières , etc. ,
sont dans un état de spasme violent.
On lit périr de cette manière un âne auquel on avait
préalablement coupé d’un côté le nerf facial. On observa
alors le contraste le plus frappant entre les deux côtés de
1, a face. L’un était agité de contrâetions violentes et géné¬
rales ; l’autre , dont le nerf avait été divisé , offrait l’inac¬
tion la plus parfaite.
L’auteur çonclut de ces faits ; « que la portion dure de
»la septième paire est le nerf respiratoire de la face; et
«que c’est sous son influeface que les muscles des lèvres ,
»des narines et du voile du palais se contractent lorsqu’ils
«agissent de concert avec les autres organes de la respi-
» ration. »
La toux et l’éternuement dépendent entièrement des
nerfs respiratoires. L’expérience, suivante le prouve direcr
tement. On plaça du carbonate d’atmnoniaque sous le nez
d’un âne auquel on avait coupé un de ces nerfs. Le côté
de la face où la section avait été faite resta tranquille et
dans un état de relâchement, tandis que l’autre présen¬
tait les contractions et l’expression particulières à l’éter-
"nuement, quoique les branches du trijumeaù et du grand
sympathique fussent intactes , la division n’ayant été opé¬
rée que sur le nerf respiratoire de la face. Cette expé¬
rience, répétée sur un chien , donna les mêmes ré¬
sultats.
Ces faits prouvent que ce n’est pas, comme on l’avait
cru , par le système ganglionaire , que s’établissent les rap-
ports qui existent entre les diverses parties agissant dans
la TOspiralioii ; mais Lien par le nÿoyen des nerfs que
Uauteur noitpme rèspiratoires d’après la nature de leur fonc¬
tion principale.
Une expression analogue au sourire se voit très-distinc¬
tement dans la face du chien qui caresse son maître. En
coupant le nerf respiratoire d’un côté, on y fait Cesser à
l’instant la contraction des lèvres d’oii dépend cette expres¬
sion, qui persiste au contraire de l’autre côté. La même
opération, faite sur un singe , détruisit du côté de la sec¬
tion la mobilité si remarquable des traits et des yeux de
eet animal , et lorsque la colère lui faisait montrer les
dents, les lèvres étaient tirées du côté opposé.
Les observations suivantes font voir que chez l’homme
c’est aussi sous l’influence du nerf respiratoire de la face
que les muscles agissent pour produire le sourire et le
rire.
Chez un homme qui avait eu le tronc de ce nerf lésé
par une suppuration développée sur son trajet au-devant
de l’oreille , on remarqua que , dans le rireçt le sourire, ,
la bouche était portée du côté opposé. Des contorsions ri¬
dicules des lèvres avaient lieu lorsqu’il essayait de sllïlcr ;
enfin , en éternuant , le côté malade de la face était
calme , et l’autre présentait les mouvemens habituels.
En enlevant une tumeur située au-devant de l’oreille ,
chez un cocher, M. Bell coupa une des branches du fa¬
cial qui se rendait à l’angle de la bouche. Le malade. gué-,
rit parfaitement de cette opéralion,; mais il ne pouvait plus
siffler.
Nous avons vu précédemment que, loi'squ’on coupe;
chez un âne |e nerf de la cinquième paire, l’animal ne:
peut plus se servir des lèvres pour ramasser sa nourriture ,
et que les muscles de cos parties conliuiient alors d’agir.
dans la respiration ; tandis que la section du facial pro¬
duit des phénomènes inverses.
Un individu avait un côté de la figure paralysé. Les
muscles de cette partie restaient parfaitenient immobiles ,
lors même que la respiration était très-accé|érée ; et ce¬
pendant les mêmes mnsoles ne présentaient ni paralysie ,
ni même de débilité, lorsqu’ils concouraient à la masti¬
cation. ,
Par la section de la branche sous-orbitaire du trifacial
du côté gauche, la sensibilité fut entièrement détruite de
ce côté J à droite , en coupant la portion dure de la sep-r
lième paire , elle ne parut pas même diminnée. La divi¬
sion du premier causa une douléur très-vive,, tandis que
l’animal ne donna aucun signe de douleur lorsqu’on coupa
le second.
On voit par ces expériences, qu’indépendamment de la
différence dans leur sensibilité , ces nerfs n’ont pas le
même pouvoir sur les contractions musculaires. En effet ,
lorsqu’on touchait légèrement le nerf respiratoire,, l’ani¬
mal me donnait aucun signe de.doulenr, et cependant
tous les muscles de la Lace étaient aussitôt agités de
violentes contractions. Cette excitation , portée sur le nerf
trifacial , causait une douleur très-vive , mais bien moins
d’action musculaire.
L’auteur rapporte qu’il n’y eut pas de paralysie du
sourcil chez un homme auquel fi avait coupé la brodicbé
frontale de la cinquième paire , pour le guérir d’un tic
dpuloureux. Chez une autre personne qui avait eu la
branche supérieure du nerf respiratoire affectée par un
abcès situé au-devant de l’oreille , le sourcil -était pen-^
dant, et ses inouvemens ne correspondaient plus è ceux
de l’autre côté lorsque la physionomie était animée.
L’expression de la physionomie , chez l’homme et les
animaux, dépend aussi do la portion dure de la septième
112 EXTRAITS
paire. En effet , la seelion de ce nerf fait disparaître l’expres¬
sion particulière qu’on remarque dans toute la.têted’u'n
chien qiii sebât. Cette expérience prouve que ce nerf ne
se borne pas à. agir dans la respiration.
Les animaux carnivores , auxquels on a coupé ce nerf,
né paraissent pas prendre leur nourriture avec autant de
facilité que les herbivores , soumis à la même expérience.
Ce fait ne doit pas paraître étonnant ; car lorsque ces
derniers prennent leur nourriture , les organes de la mas¬
tication sont les seuls qui agissent. Les premiers, au con¬
traire , éprouvent alors une excitation générale de tout le
système respiratoire qu’ils manifestent par leurs cris.
Ces expériences nous paraissent concluantes. L’auteur
en confirme encore le résultat par des laits que fournit
l’anatomie comparée , avec lesquels elles s’accordent par-,
faitement. Il fait observer que jusqu’ici on avait cru que ,
chez les animaux pourvus d’antennes ou de palpes , le nerf
de la cinquième paire fournissait seul des branches à ces
parties.' Ce fait est exact , lorsque ces organes ne parti¬
cipent qu’à une seule fonction. Mais s’ils servent aussi à la
respiration , comme la trompe de l’éléphant , on doit y
trouver des nerfs appartenant à deux systèmes différéns.
Eu effet, en disséquant la trompe d’un jeune éléphant,
l’auteur y a rencontré deux branches nerveuses très-dé-
veloppées; l’une provenant du maxillaire supérieur , et
l’autre du nerf respiratoire de la face.
M. Bell passe alors à l’application des faits précédem¬
ment établis h la pratique de la médecine et de la chi¬
rurgie, et termine son Mémoire par les considérations
suivantes ;
« En étudiant , comme nous venons de le faire pour la
«face, les autres nerfs de l’économie, nous trouverons
» entre eux les mêmes différences de structure et de fonc-
» lions...... Nous pouvons distinguer et séparer les nerfs
ET ANALYSES. ‘ ll3
»de la respiration au milieu de la confusion apparente qui
«règne dans le système nerveux. En coupant séparément
» chacun de ces nerfs , nous arrêterons les mouvemens des
» diverses’parties qui concourent à la respiration ; et lors-
»que nous aurons soustrait une de ces parties à l’in-
I) fluence des nerfs respiratoires , nous la verrons remplir
«encore les autres fonctions qu’elle est destinée à exé-
»cuter,etc. « ”
Ce volume des Transactions philosophiques contient en¬
core plusieurs Mémoires de physique et de chimie , que
nous ne croyons pas devoir analyser ici.
► H. M. EdwaïÎds.
SCIENCES ACCESSOIRES. ,
Chimie et Pharmacie.
Désirant tenir le lecteur au courant des principales dé¬
couvertes qui se feront en chimie et en pharmacie , nous
croyons utile de jeter un coup d’œil rapide sur les travaux
les plus importons qui ont été faits pendant l’année qui
vient de s’écouler. •
Dans un Mémoire sur l’influence de l’eau suV lés matières:
azotées, M. Chevreul établit que les tendons, le tissu jaune
élastique, la fibrine du sang, les cartilages, les llgamens
la cornée opaque et la cornée transparente , doivent leurs
propriétés physiques les plus distinctes , à une certaine
quantité d’eau; ainsi, en absorbant de l’eau, lé tissu
jaune sec devient élastique , le tendon sec devient sou¬
ple et argenté. ,
M. Lassaigne prouve que l’albumine pure n’est point _
coagulée par la pile voltaïque , comme on l’avait cru ; que
si l’albumine ordinaire est coagulée par cet, Instrument,
cela tient à ce qu’elle contient du sel commun dont l’acide.
.-sx5'»Aït.s
atl-iré, versle pole positif.ou yj^ , g’unit ià l’albumine et la
précipite. Le même chimiste fait Tcir que les calculs sali¬
vaires., trouvés chez les anipaauxJierbivQces , contiénxtent
beaueo,u.p. de carbonate , de chaux , uQ peu de phosphate
calcqire et d’eau , et une certaine quantité de. matière ani¬
male, tandis que ceux qui .se forment chez Khomme ne
sont conoposés que de phosphate de chaux et de matière
animale. , .
M. Dœbereiner indique le moyen de faire de toutes pièces
l’acide formique, -que J.’qn avait cru jusqu’à présent h’exis.';
ter que chez les fourmis.; ce moyen consiste à chauffer de
l’acide tartrique ou de- la crème de tartre, du peroxyde
de manganèse et de l’eau ; l’action est très-vive , et il dis¬
tille un liquide acide qui n.’est autre chose que l’acide
formique.
Los concrétions trouvées , jusque dans ces derniers
temps, dans les intestins de l’homme et des carnivores ,
apparténaîent à la ©lassedes concrétions biliaires. M. Bra-
coiinot a lait l’analyse d’un certain, nombre de ces /bë-
zoards, vomis nvec du sang par une fille non réglée , et les
a trouvés semblables à da bois.
La synovie de l’homme est analogue , par sa composi¬
tion* , à celle' du bœu£ Elle a fourmi à MM. Lassaigne et
Boissel . beaucoup d’albumine, une matière -grasse, une
matière nnimale soluble dans l’eau , de la «oude, du-
muriate de potasse et de sonde , du phosphate et du car¬
bonate de chaux; elle ne confient point d’acide urique ,
comme îFourcpoy l’avait présumé.
M. Dubrunfault annonce que l’eau de rivière est moins'
avantageuse, dans la fermentation des grains, que l’eau
de puits ; celle-ci , contemanit beaucoup de carbonate de
chaux, renferme de l’acide carbonique en excès qui eni-
pôclie le liquide spiritueux de devenir acide ; aussi , oh^
tient-on beaucoup plus d’alcobol avec la même quantité
ET AWAETS-ES. '1 1 5
de grains, lorsqu’au lien d’eau de rivière -on fait usage
d’eaü déduits. •
La poussière jaune qui recouvre les feuilles calicinales
et la graine du houblon {luimulus lupuluS') ,et qui donné
à la bière ramertume et l’odeur qu’on lui connaît , ainsi
que la propriété de se conserver , est formée, d’après
MM. -Payen et Chevallier, d’une huile essentielle, de
sous-acétate d’ammoniaque , de gomme , de malate acide
de chaux, d’une matière amère , de résine , de silice,
d’un atome de matière grasse', et de quelques sels.
La noix vomique râpée quq l’on débite dans le com¬
merce, est souvent frelatée par la moitié de son poids de
sel marin ; il est donc important de ne pas acheter cette
graine râpée. Wioici commentsOn parviendra èlapulvériser ;
on l’exposera h ia vapeur de l’eau bouillante , dans un
vase fermé:, pêndant une demi-heure ; on la laissera en¬
suite à l’air et on la pulvérisera , avec un pilon de fer ,
dans un mortier de, fonte couvert d’une peau. M. Henry,
h qui nous devons ices observations , a également indiqué
un nouveau procédé pour obtenir la stiyàhnine, où'lé
principe actif delà noix vomique : on traite cette graine
dans (des vaisseaux clos par l’eau bouillante f ies 'liqueurs
provenant des décoctions contiennent de la strychnine
combinée avec un excès d’acide igasurique (sîJp:e/wît’qfît6),
de la gomme et une matière extractive parlioûlière ; àn
rapproche ces liqueurs , on les (traite par la chaux pulvé¬
risée, puis par ralcohol. Hn Mlogramme de noix vomique
fournit cinq (à six grammes de strychnine. MM. Pelletier
et Caventou annoncent qu’il existe , dans les mjcknos ,
au moins deux bases salifiables {•Icc strychnine, e'tla -tra-
cine) , comme cela a lieu pour les quinquinas. La fève
dé .Saint Ignace paraît conteni/r moins àé bnieine que là
noix vomique.
La canelle blanche , analysée par MM. Pelroz et Robi-
8.;
Il6 EXT B A IT*
net, a fourni une matière sucrée particulière, «une manière
amère particulière , de la résine , une huile "Volatile trèsr
âcre et même brùlanie , de l’albumine , de la gomme , de
l’amidon J .'èt quelques sels; d’où il suit qu’elle diffère
beaucoup du carapa , ù côté duquel elle est rangée dans
plusieurs classifications végétales.
Les bourgeons du peuplier noir contiennent, d’après
M. Pellerin’, de l’eau de végétation, une huile essentielle
odorante, ayant quelque analogie avec les baumes, de
l’acétate d’ammoniaque , des traces d’bÿdrochlorate de la
même base, un extrait gommeux , de l’acide gallique, de
l’acide malique, une matière grasse particulière , fusible
à une. température plus élevée que celle de l’eau bouillante,
une très-petite quantité d’albumine, et une matière rési¬
neuse. Les produits de la combustion sont du sous-carbo¬
nate , du sulfate’ et du phosphate de potassé , du carbonate
et du phosphate de chaux,, de l’oxyde de fér’et de" la
silice. . . •' ^
.M. Faguer indique un procédé nouveau pour obtenir
riiuile de ricin avec plus de facilité , en plus grande
quantité et d’une qualité supérieure. On réduit en pâte
unq livre de ricins , privés de leur enveloppe, à l’aide de
quatre onces d’alcohol à trente-six degrés, et à la tempéra¬
ture ordinaire ; on presse dans des coutils , on distillé pour
ne point perdre tout l’alcohol; on lave le résidu à plusieurs
eaux ; l’huile séparée de l’eau est portée sur un feu doux
pour en extirper toute l’humidité; on la retiré alors du
feu et on la jette sur des filtres qui sont placés dans une
étuve chauffée ù trente degrés; elle filtre avec facilité , et
on l'obtient très-belle et surtout très-douce.
M. Cavéntou fixe l’attention, des médecins sur l’appli¬
cation de la vapeur à la préparation de plusieurs médida-
mens : la ciguë sèche, soumise à l’action d’un courant de
vapeur d’eau , rendue acétique par un peu de vinaigre ,pèrd
ET ANALYSES. 117:
son odeur vireuse , sé ramollit ët fournit , avec l’eàu tiède ,
un suc avéc lequel on obtient un extrait préférable , ’dails
beaucoup de cas, à l’extrait ordinaire , d’après lès, obser
Tarions de M. Récamier. La belladona , l’aconif, la jus-
quiame , la phellandrie , la. douce-amère , le narcissè des
prés, la saponaire ,, le pissenlit, etc. , se comportent
comme la ciguë. .
MM. Payen et Ghevallier ont trouvé, dans la teinture
alcoholique violette des pétales de 'mauve sauvage {màlva
^Ivestris) , un réactif tellement, sensible pour découvrir
les alcalis, qu’une dissolution aqueusé né contenant que
6,ooooo5 dépotasse, fait virer cette teinture au 'verti ,
M. Làssaigue a prouvé qu’il se produit, pendant la
décomposition de l’acide par le feu’, un acide
particulier volatil , qu’il a désigné îous le nom.d’àcide
pyrocitrique. .
D’après M. B.onaslre, les résines qui ont été considérées
jusqu’à présent comme des principes immédiats des végé¬
taux, pegvent être regardées comme étant composées
d’une huile Volatile, d’un acide , d’une résine proprement
^ite, soluble dan^ l’alcohol à froid, d’une sous-résine pres¬
que toujours- insoliîlilc dan^ l’alcobol bouillant.ou rétlieri et
d’extractif amer contenant quelques sels. '
MM. Leeanu et Serbut- établissent d’une manière po¬
sitive l’existence de l’acide succinique dans les térében...
thines.
M. Théodore de Saussure a publié un mémoire im¬
portant sur la végétation, dans lequel il persiste à croire ,
malgré l’assertion contraire d’Ingeuhouz et de M, Berard,-
que les fruits verts ont sur l’air, au soleil et à l’obscurité ,
la même înfluènce que lés feuilles;, leur action ne diffère,
que par l’intensité, qui. est plus grande dans ces dernières.
Les expériences deM. Fyfe ont prouvé que la magnésie
pure et cai’bonatée , qui est très -peu soluble dans l’eau ,
ii8 bxthaits
l’est beaucoup plus à froid' qu’à chaud. A i5 degrés ,
5 ( th. eehligri);, l’eau prend' de son poids dé ma¬
gnésie, tandis qu.’à ipd degrés elle n!en dissout qu’un
Suivant M. Wollaston, on peut découvrir la ma¬
gnésie dans une liqueur limpide , en étendant une couche
de la liqueur sur une lame de verre , en traçant sur cette
dame, avec la pointe d’un tube de verre, des caractères
quelconques; s’il y a de la magnésie, on pourra lire les
caractères qui seront très-apparens ; dans lé cas contraire ,
on n’apercevra rien. On explique ce phénomène par le
dégagement de chaleur produit par le frottement du tube
de veyre sur la plaque.
On distinguera la strontiane de la baryte, en dissolvant
dans l’eau les sels solubles qui contiennent ces alcalis , en
ajoutant un excès de’ sulfate de soude et en filtrant. Si la
liqueur filtrée et limpide sè trouble' par le sous-carbonate
de potasse , l’alcali est de la strontiane ; dans le cas con¬
traire, c’est) de la baryté., Ge procédé repose sur l’inso*-
lubiUlé du sulfate de baryte , tandis que le sulfate de
strontiane: est; légèrement soluble.
.'Mi Serulas a découvert un nouveau’ corps en petite^
paillettes nacrées d’un jaune de soufre; ille croit formé
d’iode, d’hydrogène -et de carbone. On l’obtient en je¬
tant du potassium , par petites portions , dans une dissolu¬
tion alcoholique d’iode, et en ajoutant dé l’eau aussitôtque
la dis.'ïolution. d’iode est décolorée; le nouveau produit se
précipite sur le champ; on le’lave. Il est évident que l’al-
cohol a été décomposé en partie. ^
L’hydriodate deq)otasse , dont on fait «in assez grand
usagé aujourd’hui danS' le* traitement dés gottres, etc. ,
se prépare de préférence par le procédé suivant, dû à
M. Caillot : on place dans un matras de verre quatre par¬
ties d’ioeje, deux de limaille de fer lion Touillée , et envi¬
ron vingt d’eau; l’iodure de fer formé étant soluble dans
ET AMALYSES. Ilig
l’eau , 011 décante et ont lay& le“ résidu ; on verse dans le
liquide du sous-carbonate de potasse .pur jusqu’à- cd que
la liqueur ne précipite plus, que légèrement; alors on
achève la dépomposition par la potasse caustique étendue
d’eau ; on filtre, on; fait évaporer etcristalliser. Daps cette
expérience , l’eau est décomposée au moment del’addition
du sous-carbonate de potasse „ sou oxygène oxyde le fer ,
son hydrogène forme ,, avec l’iode., de L’acide hydriodiqne
qui s’unit à. la potasse. L’hydriodàtc de potasse du eoiû-
merce contient souvent ^ diaprés M.. Rohiqjuet , des hydro-
chlorates de potasse et dc.soude , soit qu’ils: aient été ajou¬
tés à dessein, soit qu’ils proviennent des. soudes-wareek
qui ont servi à la préparation, de l’iode. On détermine
leur .présence en décomposant l’hydriodate par l’acide nir-
Irique à l’aide de là ehaleur la masse qui reste , quand
il ne se volatilise plus d’iode , dissoute dans l’eaU., ne préci¬
pite point par le nitrate d’argent, si l’hydriodate. est pur ;
elle fournit; un. précipité blanc caillehoté de chlofure d’ar¬
gent, si le sel contient des hydroehlorates. La pommade
d’hydéiodatp de potasse doit être préparée extemporané-
ment ; car , d’après des observations récentes de M. Gàl-
lard , les graisses un tant soit peu. rances décomposent le
sel ,. en cédant leur' oxygène à. l’hydrogène de l’acide hy-
driodique ,. en sorte qu’il y a de l’isde et de la potasse
mis à nus. *
Le prix proposé par la Société de pharmacie do Paris ,
pour l’année 1822 , a. donné lieu à des travaux împortans
par. MM. Bpssy Payen , Defosse ete. ; nous croyons
devoir eu consigner les principaux résultats : 1 Le char¬
bon' agit siu les matières, colorantes sans les décomposer ;
ilise combine avec elles à la manière del’aluçnine en.geléè ;
l’onpeut, dans certains cas ..faire paraîti'e et disparaître la
couleur absorbée. 2.“ Le charbon , quelle que soit sa na-
turc , est toujours plus décolorant , lorsqu’il cstmàt ét divisé
chimiquement , que dans le cas où il est brillant et comme
vitrifié. 5.° C est envain que l’on calcine le charbon ani¬
mal qui a déjà servi à la décoloration , pour lui communi¬
quer de nouveau la faculté de décolorer; car il se forme
pendant la calcination des matières absorbées , du char '
bon végétal qui recouvre le charbon animal comme
d’une couche imperméable et vitreuse. 4.» Les sub¬
stances étrangères au carbone, et particulièrementles sels
terreux , n ont dans 1 acte de la décoloration qu’une action
accessoire , variable , et dépendant particulièrement de la
nature du liquide soumis à l’action déoolorante du char¬
bon. 5.“ Le charbon qui a déjà servi peut encore déco¬
lorer si on lui enlève les matières absorbées^, soit par des
agens chimiques, soit dans certains cas par la fermentation.
6.° Le charbon végétal peut être fort décolorant , s’il a
obtenu avec des matières préalablement mêlées à des
substances qui puissent s’opposer à l’aggrégation des
molécules charbonneuses, telles que les os calcinés à blanc,
la pierre ponce , etc. 7.“ Les matières animales molles peu¬
vent fournir un charbon aussi décolorant que celui des
matières solides , si on fait usage des substances dont nous
venons de parler. 8.° Enfin les alcalis fixes augmentent
considérablement la propriété décolorante du charbon
dont ils atténuent les molécules : ceci a lieu surtout lorsque
le charbon contient de l’azote , qu’il peut perdre par la
calcination avec ces alcalis.
Dans un travail remarquable sûr la composition des sul¬
fures alcalins, M. Berzélius établit 1 .“que les foies de soufre,
regatdés jusqü’à présent comme des sulfures alcalins ou
terreux , spnt des combinaisons du soufre avec le radical
métallique de l’alcali ou^de la terre. 2.“ Que lorsque le
sous-carbonate de potasse estfondu avec le soufre, pour ob¬
tenir le foie de soufre ordinaire , un quart de la potasse sert
à former du sulfate de potasse, etlesàntrestroîs-quarts sont
convertis en. sulfure de potassium. On est 'parvéïiu ù cés
résultats en déconiposant le sulfate de potasse par l’hydro¬
gène et le soufre ; la quantité d’oxygène absorbée par
ces deux corps est telle, qu’ils ont dû s’emparer non
seulement de celui- que renferme l’acide sulfurique , m'ais
encore de celui que contient la potasse.
Eauæmtnérales. On doit s’àttendreà des.changemens im-
portans dans les analyses des eaüxminérales.depuisqueMM.
Longchamp , Berthier, et autres chimistes distingués par¬
courent les différentes sources et font les analyses sur les
lieuxmêmes. M. Berthier a trouvé dans l’eau duptifts de Cé~
sar au Mont-d’Or , sur i ,000 grammes o,ooo635d de car¬
bonate de soude neutre ; o,ooo38o4 d’hydro'chloratc de
soude; o,oooo655 de sulfate de soude; 0,0001600 de
carbonate de chaux; 0,0000600 de carbonate de magnésie;
0,0002 100 de silice et d,ooooioo d’oxyde de fer;*on
suppose ces sels privés d’eau — Les eaux de S.“ Nectaire,
( Puy-de-Dôme ) contiennent, d’après le même chimiste ,
sur 2, 5oo grammes o,ooi545 d’acide carbonique libre;
0,002024 de sous-carbonate de soude; 0,002420 d’hy-
drochlorale de soude ' 0,0001 56 de sulfate de soude;
Oi00o44o fie carbonate de- chaux; 0,000240 de carbo--
nate de magnésie; 0,0,00100 de silice*; o,ooooi4 d’oxyde
de fer ; on suppose ces sels sans eau.
Les eaux sulfureuses de Barèges , de Gauttè'rets et de
Saint-Sauveur qui passent pour contenir de l’acide kydro-
stif/ttrtqae (hydrogène s.ulfuré) , de l’adde carbonique, de
l’azote , une matière végéto-animale , etc , ont été l’objet
des recherches de MM. Anglada et Longchamp , mais
surtout de ce dernier qui a bien voulu ncfüs communiquer
quelques détails, encore inédits. Ces eaux ne conlieiinent
que de leurs poids de principes fixes. Elles ver¬
dissent le sirop de violettes , et ne se troublent point par
l’éau de chaux. Au moment où elles sortent du sein de la
RAITS
122 EXT
terre elles contiennent de la soude caustique , àe l’hy~
drosulfate de soude probabletnent sulfuré , du sulfate
et des traces d’hydrochloràte de, soude , un .peu.de
sous-carbonate de chaux et de magnésie , une petite
quantité de silice , une très-petite proportion- d’une matière
animale particulière , distincte de la gélatine , à laquelle
M. Longchatnp donne le nom de bavégine et- du gaz
azote; elles ne renferment ni de iîoccjgèwe ni de l’aeide
hjdrosulfuTique (hydrogène sulfuré) libres. Expose-t-on
ces eaux à l’air , elles se décomposent promptement. ,
en absorbant l’oxygène et l’acide carbonique ; fa- soude
passe à l’état de sous carbonateet l’bydrosulfate de soude
se, transforme eniAjposw/jfiYe, J sels- très-dilFérens et dont
l’action . sur l’économie animole n’est pas- la même ; il
suffit qu’il y ait un. pouce, cube d’air entre le bouchon
de la bouteille et le liquide, pour- changer tout l’hydro-
sulfate do soude en hyposulfite.; d’oü il suit que ces eaux
sulfureuses ne doivent être bties- qu’à la source. L’eau- de
la- grande douche , qui est la plus sulfureuse de Barèges ,
ne: contient q.ue 0,000282 d’hydrogène sulfuré à Eétat
d’hydrosulfato ; si om la fait bouillir pendant une heure ,
elle perd, un quart de son, poids environ de cet acide ,
c’èst ce qui avait fait cvoive jusqu’è présent que Eacide
hjdrosùlfurique y était- /s'hra ;tl-. est d’autant pins extra¬
ordinaire que cet acide se dégage,, que l’eau contient de
kl soude libre. M. Longchamp . rapporte en grande partie
àî eet aJealii les bons effets de ces eaux sulfureuses ..ainsi,,
que là propriété qu’elles ont, d’adoucir la peau. ' M-.
Ainglada^,' établit de son coté-quéles eaux sulfureuses des
Pyrénées-Orientales ,, ne doiventpoint leur vertu à l’acide
hj^dvàs-ulfuniquc, libre , naais bien à un bydnosulfato
alcalin ,, qui y. est constamment qjSsocié à un soas-oarbo-
nale également alcalin ; qu>’elles dégagent de l’azote à leur
source , azote qui- provient d’une portion d’air que ces eaux
ET ANAEYSES. ia5
contiendraient , et dont l’oxygène se serait combiné avec
le soufre. Ce fait, comme neds l’avons déjà* dit , n’est pas
admis par Mi Longchamp. , O n f ix a.
EXTRAITS DE JOURNAUX.
Amputation de la mâchoire inférieure. — Jean-Louis
de Beauae,âgé de j>8 anSj d’une constitution fort sèche,
mais robuste , eut, en 1 8 1 9 , suc la lèvre inférieure , un petit
bouton qu’il écoreha. Il eniésultauneulcéralifen peu éten¬
due, mais accompagnée de gonflemdnt des parties environ¬
nantes , qui fit peu à peu fies progrès , et qui finit par envahir
toute la* lèvre inférieure. Au bout d’environ trois ans ,
désespéré du pou de succès de tous les moyens qu’on lui
avait conseillés, il. vint à, l’hôpital St.-Éloy, le -a 3 mai
1802. Presque toute la lèvre inférieure était détruite d.’une
commis-sure àt l’autre; ce qui en restait était tuméfié ,
boursoufle, inégal,, irrégulier oomme la surface d’un
choufleur , dur et renversé en dehors , saignant au moin¬
dre contact. L’engorgement s’étendait jusqulau bord in¬
férieur du m'énton. Le malade y ressentait des douleurs
pongitives et lancinantes. La maladie était tx^op* avancée
pour qu’on pût espéx’er de là guérir par aucuni traitement.
Le malade paraissait d’une sensibilité un pou obtuse ; il
était délei'miné à tout, supporter pour guérir.. Je l’-opérai ,
dit M. Lâllèmand , pi'ofesseur à la faculté de médecine de
Montpellier, le 27 .mal, de la manière suivante :
La partie malade fut cinconscx’ite par deux, incisions
semi-elliptiques , commençant sur la lèvre supérieure , à
cinq ou six lignes, de la. commissure , et finissant vers le
milieu du cartilage thyroïde ; elles étaient très-convexes
supérioui'emenl et presque di-oiles inférieurement. Comme
la tumeur était mobile, je Voulus '.savoir si lo périoste
124 EXTRAITS ,
était sain , mais je le trouvai engorgé , épaissi, lardacé y
d’ailleurs l’os était déjà affecté. J’abandonnai bientôt l’i¬
dée. de conserver la mâchoire , je disséquai la joue jus¬
qu’au bord antérieur des muscles masséters de chaque
côté. Dans cet endroit , le périoste paraissant parfaitement
sain ; je cernai l’os en haut , en dehors et en bas , et je le
sciai un peu obliquement de dehors en dedans et de de¬
vant en, arrière , en commençant par le côté gauche j en¬
suite je détachai les muscles et les parties molles qui s’at¬
tachent à la face interne de la inâchoire, et je sciai le
côté droit (ïe la meme manière. Je liai successivement les
artères labiales , sou?-maxillaires , ranines, et quelques
autres rameaux qui donnaient du sang. J’attendis , pour
panser la plaie j que toute hémorrhagie eût cessé depuis
un quart-d’héurej Je réunis l’angle inférieur de la plaie au
moyei^de trois aiguilles et det la suture" entortilléeV je
rapprochai les brânbhes de la mâchoire , et les parties
molles qui les' recouvraient, avec des bandelettes aggluii-
natives , après avoir rdmpli l’intervalle qui les séparait
avec de là charpie. Le tout fut maintenu par des compres¬
sés et quelques tours de bande. • ,
" Peu de temps après l’opéVation , les points de suture
refoulant les parties inollés comprises entre le larynx et
là base de la langue , et les muscles de cet organe qui
s’insèrent à la mâchoire ayant été détachés , le malade
éprouva une telle gêné de la respiration , qu’il arracha le
bandage. Une hémorrhagie abondante se déclara. La
plaie fut mise à nu pour chercher et lier les vaisseaux.
On relira lés aiguilles. Ces tentatives furent infructueu¬
ses ; la compression était impraticable. On eut alors re¬
cours à l’qpplicalion réitérée du fer rUuge sur toute la
surface saignante. Le‘ sang qui , après la cautérisation ,
continuait à jaillir , s’arrêta lorsqu’on eût appliqué de
l’agaric pendant quelques minutes. Le pansement fut fait
ET AN-A-EÏSES.
125
seulement avec des bandelettes agglutinatives pour soute¬
nir les parties ,, et des tours débandé fort lâches.
Los symptômes inflammatoires et fébriles , insépara¬
bles d’une telle opération , s’étant calmés , la plaie mar¬
chait vers une prompte guérison , lorsque divers acçidens
vinrent la retarder , et firent craindre la repullulation de
la maladie cancéreuse. L’action des muscles masséter et
ptérigoïdiens n’étant plus contrebalancée par celle des
abaisseurs . deux dents molaires cariées et inégales de la
mâchoire supérieure s’enfonçaient dans les parties molles
qui recouvraient l’inférieure. Il survint . successivement
de chaque côté . une ulcération large, profonde, dou¬
loureuse , ir bords durs et renversés, occupant les gen¬
cives et la membrane muqueuse de la joue. Ces ulcères
guérirent après l’extraction des dents. Plus tard , il se
forma , au bout de chaque portion de la mâchoire , plu¬
sieurs petits abcès qui laissèrent autant de points fistuleux
avec des fongosités saillantes ; l’exploration de ces fistules
fit découvrir la dénudation de l’os; Quelques jours après
il était mobile , et l’on fit l’extraction de plusieurs frag-
mens , qui formaient , à chaque côté, un cercle complet
sur lequel on distinguait les traits de scie. La plaie dès-lors
se cicatrisa , lé 5o.“ jour après l’opération. Mais il existait
entre, les deux bouts de la mâchoire un intervalle d’envi¬
ron deux, pouces , par lequelpaSsait la langue et s’écoulait
la salive. Les sons étaient mal articulés. M. Lallemand fit
faire un menton en argent qui -retint la salive' à l’aide
d’une éponge renfermée dans la partie saillante , et que lé
malade exprimait en la pressant avec la langue. Au moyen
de cet appareil , on entend le malade assez distinctement.
{Journ. Univers, des Scicnc. méd. ) (i).,
Celle opération et, le UaitemeDt consécutif font honneur au
talent chirurgical de M. Lallemand. Les détails nous en ont paru tel-
126 EXTRAITS
Observation d’hydrtqpisie lie l’ovaire droit, guértepar
l’extirpation du kyste. — - line femme ngée de 35 ans,
portait depuis long-temps dans le côté droit ,,une. titmeur
qui, après avoir disparu , plusieurs fois, se développa de
nouveau,, et prit successivement un volume plus consi¬
dérable qu’auparavant. Cette tumeur, paraissant apparte¬
nir à Tovaire , était très-mobile ; on y distinguait une
fluctuation manifeste ; .elle augmentait rapidement. Le
docteur Nathan Smith considérant que cette afieciion ,
quoique n’ayant pas encore d’influence bien profonde sur
la santé, entraînerait bientôt la .jierte de la malade., ré¬
solut d’en tenter la guérison par une opération ; il la
pratiqqa , le 5 juillet 1821 , de la manière suivante;
La malade couchée sur un lit , la tête et les épaules un
un peu élevées , un aide poussant et fixant la tunacur vers
le milieu de l’abdomen , ilfit, à un. pouce environ au-des ¬
sous de l’ombilic et dans le milieu de la ligne blanche ,
une incision de trois pouces debaut en bas. Arrivé au pé¬
ritoine , il attendit que le sang eût oessô de couler. Ensuite
il fendit la séreuse abdominale .dans la même étendue que
les parties externes. La tumeur fut dès-lors très-visible. Il
rpconnutavec le doigt qu’elle, adhérait à droite , dans une
cer.taineétendue , à la paroi du ventre, entre l’épine iliaque
et les fausses côtes. Il la perça avec un Irois-quarts-et en
relira hqit livres de liquide brunâtre et filant. Ensuite il
tira au dehors le sac qui entraîna avec lui une grande
partie de l’épiploon qui lui adhérait. Il les sépara
avec le bistouri , lia deux artères avec de fortes li
gâtures , et repoussa l’épiploon dans l’intérieur. Il
continua à tirer le sac jusqu’à ce que le ligament
de l’oyaire parût. 11 .en fit la section , en ayant la
précaution de lier deux petites artères. Enfin, il détacha
Icment imjiorlatis', que nous aVoirs pensé né devoir que Ircs-peii les
.abréger. .
ET .ANALYSES. Ï27
le sac de la' paroi aidominile à laquelle il adhérait dans
l’étendue de deiix pouces carrés ; en donnant antérieu¬
rement un petit coup dehistouri, il ;achèva de le séparer
avec les doigts. De cette manière il enleva le sac tout
CQitier qui pesait de deux à iqnatrc onces. Lincision lut
réunie avec des handelettcs agglmtlnatives , et l’a'bdomen
serré avec un bandage de eorpS. ilucun accident ne
suivit icette opération, «t làmalade , entièrement guérie
au bout de trois semaines, is’est -très-bien portée' depuis.
f Eœiraît du Journ. de Méd.otée .Clvir. £ Edimbourg ^
■par Mitivié )•
Observatiomsnr te mifate'de'.qiwmineja'moii'fikine, etc.
— ■ Le professeur de 'clinique Mathæis a fait à Rome des
expériences sur différens médicamons, et spédialenpnt
sur le sulfate de quinine j'qui vieàneaitâ l’appuiÆosobser-
valioBS de plusieurs médecins ifrançais. Le territoire de
Rome nè doûûe que trop d’occasions, dans l’été set d’au¬
tomne , d’observer des fièvres pérroditjnes iet ide répéter
de pareilles expériences. Le professeur de !Romé a icom-
mencé b adininistrer oa isel à la dose de iquatre à cinq
grains dans une ôuillerée d’eaii , trois nu -quatre fois par
jour, dans rihtermissiom -ou -la ‘rémission de la îièvrè. Il a
trouvé nécessaire Ja dose de quiiiee jnsqu!ù trènte-cinq
grains donnée , en deux. ou irpis |ours au plus pour ar¬
rêter jes diverses espèces de fièvres .périodique^. Ainsi oi
malades ont .été guéris plus ou moins vite par l’usage dû
nouveau remède. Le type le plus ordinaire des fièvres a
été celui de la tierce simple ou double , jamais de fièvre
quarte. Dbuxgrçsde médicament., dont il s’est servi, pro-:
venaient directement de Paris , de M. Pelletier ; le reste a
été composé par le professeur pharmacien Çonti , selon la
méthode de Henry. Dans deux casdefièvres compliquées,
oü d’une apparence pernicieuse ou subcontinue , on a
employé , suivant l’ancienne méthode , de fortes doséS de
quinquina, dans le même temps qu’on faisait usage du
Biilfate de quinine ; d’autres fièvres périodiques ont été
traitées- d’après la manière usuelle par le quinquina en
poudre, et toutes avec le même résultat, après la con-
sommation de trois ou quatré onces de quinquina pour
chacune. Le sulfate de quinine n’a jamais %té associé avec
d’autres médicamens. Après ces expérieqces , faites sur le
sulfate de quinine et sur le quinine pur , le professeur Ma-
thæis a expérimenté d’autres l'emèdes nouveaux , et même
quelques-uns qui, sans être nouveaux ; lui ont paru dignes
d’observation , tels que l’émétine, la morphine, l’huile de
semence de C roton tiglium,et les feuilles du rims toxicoden-
dron. L’éinétine a été employée sur cinq malades depuis
la ^se d’un grain jusqu’à quatre. Un seul grain a suffi
quelquefois pour exciter les nausées ; deux grains ont pro¬
voqué des efforts de vomissemens , et (Quatre grains ont
fait vomir plusieurs fois. Il trouva par conséquent démon-
tréqu’une vertu émétique très-puissante réside dans le prin¬
cipe alkalin de ripécacuanha. Mais la morphine , qu’on vante
comme la partie narcotique de l’opium, quoique exacte¬
ment préparée d’après la méthode de Robiq-uèt , n’a pas ré¬
pondu à l’attente : elle fut employée sur six malades , à
phisieurs fols , sans présenter aucune supériorité sensible
sur l’opium , relativement à la propriété calmante ou somni¬
fère. L’huile de Croton ttglium , remède indien, a , au con¬
traire surpassé toute attente, quoique le professeur fût
très-bien prévenu de sa force drastique. A la dose d’une
goutte, et memé d’dne demi-goutte mêlée à uue cuillerée
d,è sirop de guimauve ,' ce médicament a produit quinze ,
et jusqu’à vingt selles , et', ce qui est le plus important ,
sans le moindre dérangement ni douleur. Deux femmes
qui avaient une constipation depuis trois jours (une était
soupçonnée du, ver solitaire , et l’autre avait une hydropisie
ascite) eurent des ■ évacuations très-copieuses et nom-
ET ANALYSES.
breuses , une heure après avoir pris une si petite dose de
cette huile, qui doit obtenir la première place parmi lès
plus puissans drastiques que nous connaissions. Il n’y a eu
aucun résultat marqué de l’ usage du suc des feuilles du
rhus toxicodendron. [Extrait des épkémérides de Rome ,
parM. Fossati).
Observations sur la structure des tendons, par le
professeur Isenflamm à Erlangen. — Parmi les parties
du corps humain dont la structure , ainsi que le mode
d’action , sont encore peu connus , on doit compter les
tendons.
M’étant livré à une série d’expériences , dans le but de
reconnaître la structure des tendons , leur composition chi"
mique et leur rapport avec les fibres charnues , je vais
exposer en peu de mois les résultats de ces mêmes
expériences.
Les principes constitutifs des tendons du corps ani¬
mal sont les mêmes que ceux des muscles , avec celle
différence cependant, que le charbon des tendons ne con¬
tient aucun sel.
• Les principaux élémen s anatomiques des tendons sont :
1.° du tissu cellulaire,, disposé en fibres parallèles ou
même transverses , comme par exemple. dans les mem¬
branes tendineuses; .2.'' du^luten . animal , et 3.“ enfin,
de l’albumine qui , concurremment avec les fibres cellu¬
leuses , donne aux tendons cet aspect satiné.
Des tendons , pris sur des sujets différens. sous le rap¬
port de l’âge! et du sexe, furent, macérés dans de l’eau è
une; température médiocre. En lés examinant au bout do
six semaines , on y distinguait.très bien les. fibres parallèles.
Ces fibres étaient d’un aspect tant soit peu grisâtre dans
leç tendons d’hommeS , blanches dans ceux de, femmes , et
entièrement resplendissantes dans ceux d’enfans.
Des tendons , coupés transversalement et soumis à l'é-
1. Ç)
l5o EXTRAITS BT ANALYSES,
büllition peridant six heures , furent macérés dans de l’eau
durant l’espace de quatre semaines. Au bout de ce temps
on les examina , et l’on y recennut des filamens très-dé-
liésj que l’on distinguait d’autant plus facilement que par
l’effet de l’ébullition et de la putréfaction, le lissü cellu¬
laire se trouvait dépouillé de son gluten, ainsi que de son
albumine,
La même macération fut faite dans l’eau-de-vie , l’eau
de chaux, l’acide sulfurique et dans l’acide nitrique. Dans
toutes ces expériences j’ai été à même de me convaincre
que la structure interne des tendons consiste dans un as¬
semblage de filamens blanchâtres qui, resserrés et dispo¬
sés parallèlement isont imprégnés de gluten et d’albumine.
Quant à la question de savoir si les tendons sont doués
de. nerfs, on peuti ju'sqü’à un certain point, y répondre
affirmativement , puisque la sensibilité manifestée par ces
organes dans l’état de maladie , y suppose en quelqde
sorte la présence de nerfs , et qu’il est reconnu d’ailleurs
qu’aucune propriété vitale ne peut être produite, mais
seulement développée par un état morbide.
Lorsqu’un muscle se contracte , les tendons de l’une et
l’autre extrémités du muscle, loin de participer à la côm
traction j éprouvent au contraire un moutemetit d’èXtén-
sioh , qui quelquefois' est si fort j que lès tendétiS Se rom¬
pent. Cependant j en vertu de la grande élasticité par la¬
quelle les tendons résistept h l’exteOsion dès musclés, ils
se contractent de manière que l’on petit les considérer
comme les antagonistes do leurs mUscléS'respéctifs.
L’opinion de quelques anatomistes > qui pensent que les'-
fibres tendineuses ne sont autre chose que des fibrès mus¬
culaires durcies , nie parait d’autant plus dénuée de fonde¬
ment , que , outre la différencé inaniféste entre la nature
de ces deux sortes de fibres , on trouve des filamens ten¬
dineux dans certains polypes comîne dans certaines tu-
VAHIÉTÉS. l5i
meurs enkystées , tandis que l’on n’y observe jamais la
moindre trace de fibres musculaires.
Quant enfin à l’ossification des tendons , on l’observe
chez dés sujets d’un âge fort avancé , mais elle a lieu si
rarement dans l’espèce humaine , que jamais je n’ai eu
occasion encore de voir des tendons ossifiés, (j&ccfwtt du
Journal allemand d’Isenfldmm , ^ar E. Majrtini).
VARIÉTÉS. ^
Séances de l’Académie royale de Médecine^
Le 7 janvier , l’Académie a arrêté qu’elle nommerait
une Commission spécialement chargée de l’ëxamén dos
remèdes nouvellemen t proposés.
Le meme jour , MM. Lonyer-Villermay et Hipp. Clo-
quet ont fait un rapport sur un Mémoire de M. Grand-
champs sur l’ivresse. , , .
M. Esquirol a présenté le larynx d’une personne morte
subitement en mangeant. Ce larynx renfermait un mor¬
ceau de viande.
Le i4. M. Collineau a lu une observation sur un
squirre de la vessie avec hématurie. '
M. Andral fils a présenté une pièce d’anatomie patho-
logjque. C’était un poumon renfermant uhé énorme quan¬
tité d’acéphalocystes , dont plusieurs étaient l'ogéés- dtm's
les veines pulmonaires. . . î
M. Béclard a lu pour M. Eugène Desportés , Un Mé -.
moire sur les effets nuisibles de l’eau de Soltz , claiis ,cérv
tains états pathologiques. , , ;
M, Villeneuve a présenté un homme ayant deu'x des
doigts de la main gauche difformes , et d’un voluihe dé¬
mesuré. , - ■
i52
vAniiTÉs.
Prix proposé par l’Académie royale de Médecine.
Dans sa séance du 1 6 janvier , l’Académie royale de
Médecine , section de Chirurgie , a proposé pour sujetdu
prix qu’elle doit décerner dans sa séance publique dé
l’année 1824 > la question suivante :
(I Déterminer par l’observation , l’expérience et le rai-
» Bonnement, quelle est la méthode préférable dans le
I) traitement des qdaies pénétrantes de la poitrine ?
Les concurrens devront écrire leurs-mémoires en latin
ou en- français , y attacher leur nom inscrit avec l’épi¬
graphe, dans un billet cacheté , avant le 1." juin 1824 ,
sous le couvert de Son Ëxc. le Ministre de l’intérieur , à
M. le professeur Richerand, secrétaire de l’Académie
royale de Médecine , section de Chirurgie.
Le prix consiste en une médaille d’or de la valeur de
mille francs. Les membres honoraires et titulaires de l’A¬
cadémie sont seuls exclus du concours.
Séance générale de la Société des Sciences médicales du
département de la Moselle , et prix proposé par cette
Société.
Dans sa séance générale du 28 novembre 18 22 ,M. Chau-
mas, secrétaire-adjoint, arendu compte des travaux de la
Société pendant l’année. Il en est quelques-uns qui inté¬
ressent spécialement la science , et que nous croyons de¬
voir rappeler.
Dans un rapport provoqué par l’autorité , une commis¬
sion i nommée pour examiner le purgatif el le vomi-
purgatif Au sieur Leroy , dont le débit considérable avait
causé des accidens graves à Metz, et pour proposer les,
moyens de répression nécessaires , a demandé que le dé¬
bit du remède du sienr Lefoy fût interdit à tout autre
qu’aux pharmaciens. Des faits trop nombreux venus à
vakiétés; i55
notre connaissance , dit le rapporteur , attestent les rava¬
ges que produit chaque^ourle vomi-purgatif lancé par la
cupidité , prôné avec le ton du charlatanisme le plus dé¬
bouté, et livré avec profusion entre les mains de l’igno¬
rance. Il cite ensuite plusieurs cas dans lesquels le vomi-
purgatif a déterminé la mort , et indique plusieurs cir¬
constances où les soins les plus prompts du médecin ont
conjuré le danger. (Ces observations pourraient s’appliquer
k d’autres départemens que celui de la Moselle.)
Une fdle soupçonnée d’infanticide , avouait avoir mis
au monde un eufant qui avait respiré pendant deux heures.
Les poumons , soumis à l’épreuve hydrostatique , descen¬
dirent entiers , comme par fragmens , au fond du vase.
( Ce'fait , dont quelques auteurs ont cité des exemples ,
aurait besoin , pour être adopté avec ses conséquences ,
d’être accompagné de détails sur la maturité de l’en¬
fant , sur les tentatives qu’on a faites pour dégorger les
poumons et les fragmens du sang qui pouvait augmenter
leur pesanteur spécifique, etc. Il appelle du reste l’atten¬
tion des médecins-légistes sur l’insullisance delà docima-
sie pulmonaire pour fournir seule les bases d’un rapport. )
M. Stock , officier de santé à Saint- Avold , a fait con¬
naître une maladie rarement observée en nos climats ,
introduite par les armées étrangères en i8i4 , et qui me¬
naçait d’étendre ses ravages sur plusieurs villages. Gette
affection, qui paraît tenir, sa source de la syphilis , se
transmet , suivant M. Stock , par le simple attouche¬
ment , même par l’usage des objets qui ont servi • à une
personne infectée. La malpropreté et la misère des habi-
tans des communes où elle parut, sont aussi une des
causes de propagation. Gette dégénérescence de la sy-
pbylis , d’après le rapporteur du Mémoire de M. Stock ,
est analogue au scherlievo qui fut remarqué en 1 810
dans les provinces Illyriennes , et en 1818 i par M. Fia-
134 VARIÉTÉS,
inand , dans la commune de Ghavannes, départonient du
Doubs. Elle paraît tenir aux mêmes causes qui rendent le
Yàws endémique dans plusieurs parties de l’Afrique.
Programme du prix proposé par la Société , pour être
distribué dans sa séance générale dé i SeS.
Déterminer , d’après des observations nombrêusés et
bien faites : '
a i.“ Si la méthode antiphlogistique (prise dans toute
Dsa latitude) est la seule applicable au traitement de toutes
«les gastro-entérites (en considérant comme telles les
«fièvres bilieuses , muqueuses des auteurs , méningo-gas
« triques et adéno-méningées de M. Pinel, )
,»2.° S’il n’arrive pas quelquefois, dans eps phlegma-
«sies , une époque à laquelle (la résolution n’ayant pas eu
» lieu malgré l’emploi des déplétions sanguines générales et
«locales i du régime et des autres moyens débilitans ) il
«devient nécessaire de recourir à un autre mode de traite-
« tement pour relever les forcés , et ramener l’organisme
.« à l’état normal.
»3.“ Dans le cas de l’affirmative, établir, d’après des
«faits bien observés , quels sont les symptômes qui carac-
» térisent cette époque , et annoncent }a nécessité de sub-
«stituer aux antiphlogistiques , uniquement employés jus-
«qu’alors, la méthode tonique et quelquefois même les
«stimulans.
»4.° Enfin , faire connaître le régime et les agens thé-
«rapeuliques qui doivent composer ce traitement , et
» l’ordre successi f dans lequel on doit les employer. »
Le prix sera une médaille d’or de la valeur de 200 fr.
Les mémoires devront parvenir , franc de port , à
M. Ghaumas , secrétaire , pour le 1." décembre 1823 ; ce
terme est de rigueur.'
BIBLIOaBAPHIE. l55
Les mémoires porteront une isenlence répétée dans, ün
billet tacheté, contenant le nom et l’adresse de l’auteur.
Indépendamment de ce sujet de prix , sentant de quel
avantage il serait d’avoir de bons matériaux pour la con¬
fection d’une topographie médicale du département , la
Société accordera une médaille d’encouragement à l’au¬
teur d’une bonne topographie médicale de l’un des arron-
dissemens du département de la Bloselle.
BIBLIOGRAPHIE.
Botanique mèdicaio , ou Histoire naturelle et médicale
des médicameas, des poisons et des alimens ^ Urés du
règne végétal; par Achille Richard, D.-M. i." partie.
Un vol. A Paris, chez Bëchet jeune.
Pyrétdlogie physioioqique , ou Traité des fièvres consi¬
dérées dans l’esprit de la nouvelle doctrine médièalé; par
F. G. Boisseau, D.-M. -P. Un vol. in-S." Prix, 7fr. 5ocent.
A Paris, chez Baillière.
Cet ouvrage. sera analysé dans ttu dés pfOchataS Numéros;
Formulaire-pratique des hôpitaux civils de Paris , ou
Recueil des prescriptions médicamenteuses employées
par les médecins et chirurgiens de ces établissemens’,'
avec des notes sür les doses , le mode d’administration ,
les applications particulières ,; et des considérations géné¬
rales sur chaque hôpital, sur le.genre d’affections auquel
il est spécialement destiné, et sur ,1a doctrine des prati¬
ciens qui le dirigent; par M. F. V. Ratier, D.-M.-P, lJu
fort vol. in-iS. Prix, 5 fr. 5o c. A Paris, chez J. B. Bail-
lière.
L’auteur a su faire un clioix judicieux parmi l’immense quantité de
formules pharmaceutiques employées-daus les liùpitau.x.üti pareil recueil
ne peut manquer d’élre recherché par les nombreux élèves quifréqueii-
tcut ccs établissemens. Ils y trouveront la composition des médicumeus
GRAPHIE.
l56.
qu’ils eulendent journellement prescrire per les professeurs de clinique.
Ou désirerait peut-être , dans plusieurs des noies qui accompagnent
chaque formule , des réflexions plus justes et sur-tout une critique plus
sévère. Mais en général , elles sont rédigées dans un bon esprit. L’in¬
troduction de l’ouvrage, dans laquelle M. Ratier expose les principes
qui dirigent chacun des médecins et des chirurgiens des hôpitaux civils
de la^capitalc , n’olTre pas tout l’intérêt dont celte partie du livre eût
été susceptible , et que sans doute l’auteur , dans une position plus in¬
dépendante, eût su lui donner. Elle présente un panégyrique complet
de tous les praticiens qui sont mentionnés , 'quelle que soit l’opposition,
qui règne entre leurs doctrines et leurs principes de thérapeuliquc; Il
y aurait certainement quelques restrictions à’ y faire, et tel éloge,
que nous croyons sincère de la part de l’auteur , pourra bien passer
aux yeux du lecteur pour' une critique. Nonobstant ces observations
sur une partie accessoire de l’ouvrage , ce nouveau formulaire sera éga¬
lement utile aux élèves qui suivent les hôpitaux et aux médecins livrés
à la pratique civile. Il ollle en outre un avantagé précieux; c’est de ré¬
véler , en quelque sorte , les méthodes curatives de plusieurs prati¬
ciens, et, par conséquent, de pouvoir servir de pièce de conviction
relativement à leurs principes de pa thologie.
Sur les fonctions du Cerveau , et sur celles de chacune
de ses parties,) avec des observations sur la possibilité de
reconnaître les instincts, les penchans, les talens, ou
les dispositions morales et intellectuelles des hommes et
des animaux , par la configuration de leur cerveau et de
leur tôte ; par F. J. Gall ; tome 5.°, in-8.”
Ce volume, ainsi que les deux, autres qui l’ont précédé, seront
incessamment analysés , et fournironf l’occasion d’exposer avec détail
la célèbie doctrine du jjocteur Gall.
Traité de la clavelée , de là vaccination et clavélisa-
tion des hétes à laine, etc.; par M. Hùrtrel-d’Arbovàl ,
commissaire spécial pour les épizooties de i8i5 et 1816
dans le département du Fas-de-Calais, etc. üiivol. m-B.”
Prix, 5 fr. A. Paris, chez M.“' Huzard; et à Amiens,
chez Caron-Vilet.
Histoire de T épidémie de suette-miliaire , ^ui a régné
en j8ai dans les départemens de l’Oise et de Seine-et-
Oise; par P. Rayer, D.-M.-P. Un vol. tn-8.° Prix, 7 fr.
Chez Baillière.
Imprimerie do MIGNERET, rue du Draj
MÉMOIRES
OBSERVATIONS.
Qudques .prQppsHiom extrait^, du Traité de Chirac
sur les . fièvres malignes et les fièvres pestilentielles
qui ont régné à Rochefort en 1694 ; .par le docteur
Geohget.
Dans un moment où tous les bons esprits en médecine
semblent enfin se réunir pour mettre un terme aux faùxj,
systèmesr,; aux.'hyipcxthèses purement spécülatiy.eS^'auxj!
contradictions choquantes des observateurs, ù. l’dppps'i-'
tion si absurde qui règne trop souvent entre les livres et^'
le langage de la nature , entre la théorie et la pratique de )
l’art, dans un tel moment nous croyons qu’il n’est pas
indifférent de donner quelque publicité aux principes,
aux observations et aux vues particulières de l’un de ces
hommes qui savent placer , avant la puissance des grands
noms et le respect pour l’antiquité , l’autorité imposante
des faits, de l’un de ces génies dont. le mérite et les travaux-
sont rarement appréciés de leurs contemporains , parce
qu’ils sortent des voies battues et devancent le siècle qui les
voitnaStre. Doué d’une conception vaste et hardie , familier
avecles seules méthodes; qui doivent diriger l’observateur ,
impatient du joug des écoles , dégoûté de l’obscurité et de.-
la versatilité des écrivains qui l’avaient précédé , Chirac
se propose d’abord , comme le recommande Bacon, de
nettoyer son entendement de toutes les erreurs qu’il teüaiti
d’autrui , de prendre ensuite la nature pour guide, d’ob-r'i
i38 mémoihes
server de nouveau j et d’acquérir ainsi des connaissances
positives sur des maladies qui faisaient le désespoir des
médecins , par l’étendue et la rapidité de leur propagation,
par l’intensité et la variété de leurs, désordres , par la
promptitude d’une terminaison funeste. Chirac se rend à
Rochefort , où régnait une épidémie de fièvres malignes
et pestilentielles; il observe des malades, il ouvre des ca¬
davres, et donne le résultat de ses recherches presque
sans y mêler de vues théoriques. Il rie put. cependant se
préserver dé renthousiastiie que dût faire naître l’impor¬
tante découverte de la circulàUon du sang , et d’accorder
à ce fluide une influence trop exclusive dansla prodüction
comme dans la guérison des maladies. On ne verra pas
sans quelque étonnement, peut-être, que deux idées fon¬
damentales dans la dbétrîne de Chirac sont aussi deüx idées
fondamentales dans la doctrine de M. Broussais , savoir ;
1." que toutes les maladies ont un siège spécial , qu’il faut
chercher dans le cbrveau , les poumons , le foie , l’estOmàé ,
etc; 2.° qu’uné maladie, l’inflammation, par exemple,
peut passer par ünë infinité de degrés, en montant du
tnoins au plilS, du en déscéridant' dù plus aü' moins,
saris 'ehàrigfer d’éspècè, et que conséquemment il ést inu¬
tile do multiplier lé nortthfe des irialadies dont la causé
est spécifiquement la même.
li Tonte mauvaise disposition dés orgatiès oü dés'
fluides qui roulent dans leurs vaisseamt et qui empêchent
l’exercice libre des fonctions naturelles , jè l’appelle
maladie. •
II. Toute mauvaise disposition des orgahès oü dés'
fluides qui altèrent lès fonctions des organës et qui prbdùît
tous les accidens y je l’appelle caüse essentieHoetebn-
tenante dé là maladie.
ET OnSEETA'TIONS. iSg
III. La différence des maladies 6iÉf de leurs causes es-
sontielléS qui altëreût les fonolions du corps ae petit se
tirer que de la différence èssewfielle et spécifique dès dis¬
positions vicieuses des fluides ou des organes , d’o'ù il
s’ensuit qué les mauvaises dispositions des causes internes
des- maladies étant égales et spéfeifiquement semblables ,
doivent' produire les inêines mafadieSv
' ÏV. Éf èês dispositions ét ces àltéràfiôns viciétiSèS dës
fluides et dés solidés dii cdr^s dé ndêiné esjîëcè lié'uvent
passer par une infinité de degrés e‘n montant dii moicfs
au pTüS, oü éti deScendàiit du pliià àu’ nioiriS, sans chan¬
ger d’espèèé.
V. Il s’ensuit que , de quelque différence que soient
les degrés des mauvaises dispositions des fluides et des
organes .suivant le plus ou le moins, ils ne produiront
pourtant que la même espèce de nialadie ; et que les ma¬
ladies dont la cause eàsentielle et contenante sera spéci¬
fiquement la même , ou semblable , produiront les mêmes
maladies essentiellement semblables.
VI. H sera donc inutile et superflu de multiplier le
nombre des maladies dont la cause sera spécifiquement
la même, ou semblable, par rap.port aux différens degrés
de plus ou moins de la cause interne et constante.
VII. Tout agent qui ne' rënferme dans l’idée, qu’on en
a aucun rapport aved èeStairis effets déterminés ; ne peut
être regardé Comfne cause' dé oes effets ,• ou ; ce qui est
la même èhose'; tout© cause doit renfermer dans son idée
la puissance de produiré’ certain» effets détèrnlmés et un
rapport constant- avèc ceè effèts. ^ '
VIH. Pour ctnnbattro les causes des fflâfladieS , il ne
sùffit'pas dés’efuTm'Asep ÔHe' idée ; m«1s‘il ést nécessaire
d’avoir une cerfiftld© physique dé leur ëxîstënee.
IX. La'médëcirié n^af'd^itfe objet qüé' édiüi do com-
l4o ni MO IB ES
battre les causes dont l’existence est certaine. Toutes les
causes qui fi’ont d’autre existence que dans, notre idée et
dans l’imagination , ne sauraient donc être l’objet' de la
médecine.
X. 11 n’y a. que les causeé, internes qui sont sensibles ,
et de l’existence desquelles on peut s’assurer par Vautop-
sie , qui soient l’objet de la médecine. On doit donc , en
cherchant le rapport des effets ou des a ccidens internes
et sensibles des maladies, tâcher de parvenir à la connais¬
sance de leur cause interne.
XI. L’unique moyen de découvrir les causes internes
des maladies consiste dans l’observation de l’état des prin¬
cipaux viscères de ceux qui meurent de toutes sortes de
fnaladies ; or , les principales parties sont les organes in¬
ternes renfermés dans les trois cavités du corps , et l’en¬
tretien de l’état naturel de ces organes et la guérison de
leurs maladies font le principal objet du médecin.
XII. Mais , pour faire des observations justes sur les
véritables causes internes des maladies , il faut avoir une
connaissance distincte de la construction des organes et
de la manière dont ils opèrent pour l’entretien de la santé
et de la vie; et , sans cette cohnaissaE(ce distincte j on ne
peut établir aucune cause interne ni de mort ni de ma¬
ladie.
XIII. Les connaissances distinctes que nous avons de
la structure des organes et des fluides qui entretiennent
leur jeu , peuvent seules établir toutes les différentes al¬
térations que les uns et les autres peuvent souffrir dans
l’exercice de leur fonction naturelle.
XIV. Il y à plusieurs parties dans le corps qu’on peut
regarder comme les principaux organes qui servent à
l’entretien de, la santé et de la vie, et qui sont comme la
maîtresse roue qui fait aller le reste de la machine , et
sans laquelle cette machine ne peut subsister.
_ET OBSEftVAïIOKS. l/^i
Voilà lé chemin qu’un médecin doit suivre, ou les-
principes' avec lesquels il doit entrer Idans la recherche
des vérités qui peuvent lui ouvrir les secrets dé lanàturé.
Nous allons d’ahord donner les observations faites sur
les cadavres; les observations, dis-je, sur lesquelles toute
la médecine fébrile doit s’élever , si on'^ veut se conduire
par des'routès sûres ; en effet, les sens nous découvrent
lés dérangemens des parties , et les réflexions nous en dé¬
voilent les suites.
(Ces propositions sont extraites textuellement; le reste
de l’article se compose de pensées que nous avons simple¬
ment rapprochées ).
Ces attributs de malignité, de qualité occulte et délétère,
que les anciens avaient donnés , tant à la cause interne
qu’externe des maladies , me paraissaient bien moins
exprimer une modification déterminée des organes et des
fluides qu’ils contiennent , capable de produire ces grands
accidens des fièvres malignes , que le peu de connaissance
• que ces auteurs en avaient : et quoique quelques modernes
eussent prêté des idées et des formes sensibles à tous ces
mots de malignité , de qualités occultes et délétères que
les anciens avaient inventés pour couvrir leur ignorance,
je trouvais qu’ils leur avaient donné ces formes gratuite¬
ment , sans aucun fondement. Je trouvai leur poison,
leur venin, leur vermine des causes malignes, si arbi¬
traires et si mal propres à établir des indications curatives ,
uniformes et certaines , que je ne crus pas devoir m’y ar¬
rêter ni les prendre pour fondement de la cure de ces ma¬
ladies. Considérant donc que la cause de la mort éton¬
nante de la plus grande partie de ceux qui étaient atta¬
qués de différentes espèces de fièvres malignes était réel¬
lement la même que celle qui avait produit les accidens
funestes ^ont elles étaient accompagnées , je fus persuadé
qu’en cherchant et en découvrant la véritable cause de la
MÉMOiRËS
mort dans les cadavres , elleinemetîrait sous les yeux les
modifications particulières des organe? et des fluides qui
formaient le caractère essentiel de toutes ces sprtes de ma¬
ladies.
Je trouvai dans tous ceux qui étaient morts de là petite
vérole compliquée do fièvre cia ligne, lé cerveau engorgé
de sang d’un rouge foncé ou livide , souvent inondé de sé¬
rosités claires ou sanieuSes , le piounion plus rarement al¬
téré , le foie engorgé de sang , l’estomac et les intestins
rougeâtres, et leurs vaisseaux très- apparens , et tant les
membranes du cerveau que la superficie du poumon , de
l’estomac et des intestins , parsemées , en plusieurs en¬
droits , de pustules de petite vérole avôrtée. Je trouvai
également dans ' tous ceux qui -étaient morts de rougeole
compliquée dé fièvre maligne , le cerveau y le poumon , le
foie, l’esioniac et les intestins conStammemt iengorgés
de sapg, d’un rouge foncé ou livide, et le cerveau,
la cavité de la poitrine . le basrventre lé plus souvent
remplis d’une sérosité sanjeuse. Plusieurs endroits de l’es¬
tomac et des intestins étaient parsemés , ainsi que le
poumon ef les membranes du perveau , de taches pour¬
prées ou Kvides. A, la rougeole et à la petite vérole succé¬
daient des lièvres subintrantes dont les redoublemens com^
mençaient par unedouleur detêteefiroyable, qui était suivie
de nausées , dp vomissemens^, pms d’assoupissement ou de
rêvasserie, et finalement de la mort. Je trouvai le cer¬
veau de ceux qui en moururent, ainsi que le foie , l’esto-
' mac et les intestins , engorgés dé sang , d’un rouge foncé ,
tirant ®ur le noir et le plomhé ; quelquefois lil existait des
abcès dans le cerveau ou dans le foie,
■Les malades affectés ‘de la peste tombaient d’abord dans
iiir grand fnsson oU dans Un froid glaçant , avec un grand
mal de tête ou une pesanteur accablante , une petitesse du
pouls et un abattement des forces inexprimablos jiavec agi-
ET OBSERVATIONS. l43
tatioQ continuelle des membres; ils étaient pris de syn¬
copes, d’assqupiss^pient ou de, délire , de dévoiepieot.; chez
presque tous il survenait des parotides on. des bubons axil¬
laires. Je troovai ; à l’ouverture des cadavres , le cerveau ,
le foie i l’estomac et Iqs intestins engorgés de sang d’un
rpuge foucé, livide et, charbonnoTix- iDans la plupart, les
menibranes du cerveau, la superficie de l’estomac et des
intestins, étaient parseinéés de taches livides ou pourprées
avec plusieurs places charbonnées , semblables à celles
qui avaient paru en plusieurs endroits de la peau ; je trou¬
vai des abcès sapieux dans la substance du cerveau , VTu
dans le foie de, quelques sujets, et de là sérosité claire et
sanieuse entre les membranes du cerveau, ou entre la pie-
mère et la sufistaqce corticale. La substance du foie se
trouva^dans quelques sujets réduite presque en bouillie.
, La cause interne de la mort d’un si grand nombre de
fébricitans me parut manifeste par le rapport que jeiis de
l’engorgement et, dos altérations que je trouvai dans le cer¬
veau , dans le foie , dans l’estomac et dans les intestins ,
avec lés grands accidens qui avaient accompagné toutes
ces maladies, j’en vis si distinctement et si clairement la
cause que je fus surpris que tant d’habiles médecins eussent
pu recours à des causes occultes , venimeuses et délétères ,
ou à des poisons, ou à des vers , pour leur imputer tous
les funestes effets de la grande mortalité que causèrent les
fièvres malignes , tandis qu’ils pouvaient, à l’aide des ou¬
vertures de cadavre, être conduits à la connaissance d’une
cause très-simple et très-sensible qui se serait aisément
présentée à leurs yeux. On me permettra de dire ici avec
franchise que ,je soupçonnai que ces médecins n’avaient
inventé ces noms de pernicieux et de naalignité que comme
une justification de leur ignorance. ■ Dès qu’ils appré¬
hendent quelques revers, ne disent -il pas que les fièvres
qu’ils Isaitent sont des fièvres malignes, ou qu’elles se joi-
l44 MÉMOIRES
gnent aux autres maladies qui leur paraissent dangereuses ,
ou qui les ont surpris par des accidens qu’ils n’avaient su
prévoir ni prévenir.
D’après ces faits et ces' réflexions , je bannis de mon
esprit l’embarrassante idée de la malignité de toutes les
fièvres malignes, et je changeai le nom de ces maladies,
ainsi que le terme vague de peste , en celui de disposition
inflammatoire des viscères, ou d’ inflammation du cer¬
veau, comme la plus constante dans ces fièvres et comme
celle qui se déclarait plus sensiblement que l’inflammation
dés autres viscères. Cette idée me parut bien plus claire que
celle que les noms de peste oa de fièvre pouvaient
faire naître. Les ténèbres que cette mauvaise idée de ma¬
lignité avaient répandues dans mon esprit, qui me ren¬
daient chancelant et incertain dans le choix des remèdes ,
étant dissipées , j’eus la satisfaction de m’être mis à même
d’établir sûrement des indications curatives de toutes ces
maladies , sur une connaissance claire et distincte de leur
nature.' ' , ,
La faiblesse générale, l’accablement de tout le corps ,
la pesanteur des’ membres et la difliculté^de les remuer ,
l’engourdissement des sens et l’obscurité de divers senti-
mens qu’excite l’action des objets extérieurs , la stupidité ,
la pesanteur et là faiblesse de la raison , la céphalalgie ,
un état de rêvasserie , les tremblemens et les mouve-
mens convulsifs dés membres , des lèvres et de la
langue; des yeux éteints, larmoyans et chassieux, ou
roulans , fixes et convulsifs la flétrissure du visage , la
chute des tempes, le relâchement de la mâchoire infé¬
rieure, sont autant de signes' d’une inflammation du cer¬
veau , et qui conséquemment annoncent un grand danger.
Les prétendues propriétés caractéristiques dé la peste ,
les bubons , la promptitude de la mort, la grande morta¬
lité et la commünicabilité , étant de purs accidens très-
ET OBSERVATIONS. l46
séparables de cette maladie , ou communs aux autres
fièvres malignes ^ il ne restera à cette maladie que les
accidens les plus considérables qui lui sont communs
aussi avec les mèmès lièvres , accidens qui ont ^ le
même principe , la même cause essentielle et sensible , des
inflammations dans le cerveau et dans les autres viscères.
La grande mortalité de la peste provenant du défaut de
secours , de l’abandon général , et de la terreur d’une
inort prochaine , ne pourra jamais être un accident carac¬
téristique, que pour le vulgaire et pour les médecins que
la crainte de la peste a troublés , et qui sont hors d’état
d’user de leur raison , ou qui en abusent par des vues
politiques et intéressées , pour augmenter la terreur qu’on
a de cette maladie. La communicabilité et la contagion
de la peste étant un attribut insensible et purement ima¬
ginaire qui n’a été introduit que pour rendre raison de la
multiplicabilité de cette maladie , cet attribut ne pourra
non plus jamais en former un caractère certain. Toutes
ces affections ne sont donc- qu’une même espèce de ma¬
ladie , et si elles présentent quelque différence , ce n’est
que du plus au ipioins.
Les indications curatives des lièvres malignes doivent
toutes être fondées sur les altérations bien connues et bien
sensibles des parties Car c’est s’éloigner de l’esprit de
la véritable médecinë , que d’établir des indications, cu¬
ratives des maladies , sur des riens et sur del causes tout-
h-fait insensibles et incertaines , qui n’ont d’autre réalité
dans la nature que celle que leur donne l’imagination. La
médecine est un art qui , comme les autres , ne peut avoir
d’autre objet que des choses connues et qui sont à la por¬
tée des sens : tout ce qui n’est pas de leur ressort ne la re¬
garde point. Le médecin ne peut s’engager à ramener au
naturel que les modifications organiques vicieuses qui sont
sensibles. C’est donc avec grande raison que j’ai réduit la
;l46 MÉMOIRES
oiiïe des lièvres malignes et 4® ja peste à sa plus grande
^mpljqité ,, pt ^pie je ipe spis.conten.té de remplir les indi-
ç,atipns qu’une idée claire etdi4incte4® J® disposition in¬
flammatoire des viscères présente ngtnrellement à d’es¬
prit.
Les principes que nous professons ont le grand avan¬
tage de nous débarasser de ces remèçlea mal cpnçns, mal
assortis , injustement vantés , aveuglement adoptés , dont
les livres sont pleins. Qu’on se mette bien dans l’esprit
que les bons remèdes sont en petit nombre. On doit re¬
garder les inventenrs -de ces remèdes si composés , non
comme des médecins , mais comme des empiriques qui
ont rassemblé des drogups ,dont la raison , qi la physique ,
ni l’expérience , n’ont jamais dicté l’assemblage ,,et dont
reflet est, toujours incertain. La saignée , d’émétique , les
purgatife, le fer, le mercure, l’opium , le quinquina ,
quelques sudorifiques , sopt presque les seuls remèdes
qui puissent popserver leur réputation , et dont une expé¬
rience .constante démontre .Futilité.
Quelques personups seront peut-être scandalisées du
peu de respect que porte Chirac à l’autorité d’ilippocrate
et dé Galien , et du peu d’estime qu’il accorde aux empi¬
riques. Il faut l’avouer , dit-il , Hippocrate et Galien ne
doivent pas avoir plus dé privilège qu’ Aristote ; ils n’é¬
taient que des empinques qui , dans upe profonde obscu-
.iiité , ne marchaient qu’à tâtons et ne pouvaient éviter des
faux pas. Leurs successeurs ne méritent pas plus d’éloges ;
asservis , sans raison , à l’autorité trop respectée de ces
premiers apteurs dp la .médecine , ils ne pouvaient faire
presqu’aucun progrès , et ils devaient être réduits à la
nécessité de suivre des idées qu’ils croyaient être infailli¬
bles , sans avoir pénétré dans les preuves qui les appuyaient.
Ce dédain ou ce mépris que je marque ici pour les an-
ciepà médecins , ajoute-t-il , ne doit pas paraître surpre-
BT OBSiEBVATIONS,^ 147
nànt dans un temps ôù la physique nè reconEiall d’autre
autorité que cellé de là raison fet de re^jérience , qui^ont
les pivots, sj je puis m’iexprimer aipsi , sur lesquelles çette
science doit roiuler.
Note sur l’Emjjoisonnement par l’oxjde blanc d’arsenic
{acide arsénieux); par le professeur Obfjla.
M. Jîfodie annonça , dès l’année 1812, dans un mé-
moi;?e inséré dans les Transactions philosophiques , que
Toxyde hlanç d’arséniç , ,apr,çs ay.oir été absorbé , portait
soja actiep sur le sy^stèrne.nervjeux,, sur les organes de la
circulation ef Je eanal alimentaire , et ique la mort était le
résohat iwwédiat de la suspension des fimedons du emur
et de cerveau, Les phénomènes ,^ui , d’après ,çet auteur ,
indiquaient un tronbledans Içsorgançs delà Qirpulatipn ,
étaient la laibjlesse , Ja lenteur .et l’intermittence du pouls ,
la faiblesse des contractions du cœur apaès la mort , et
l’hcpossybilité de les prolonger à l’aide d’une j;espiration
artificielle. Nnllepartld. Br.ndie ne fait mention de l’alté¬
ration du tissu du cœwr?
JDes expériences faites postérieurement par M, Smith
et moi, nous conduisirent à admettre que l’oxyde blanc
d’arsénic , introduit dans l’estomac des chiens , injecté
dans leurs veines ou appliqué sur le tissu cellulaire , agis¬
sait particulièrement sur le cœur , dpnt ,il anéantissait la
contractilité .et dont il e^flamm^ip jsouvfint, le tissp, ; en
efiet , disions-nous , le cœur est quelquefow plus rouge
qu’b l’ordinaire et offre des taches vermeilles op noires ,
larges , dans le ventricule gauche^ et dontquelques unes
se prolongent d’une ligne dans le tissu charnu j il en est
l48 MÉMOIRES
aussi qui occupent la base des cojonnes charnues les plus
grosses , les valvules mitrales et tricuspides.
Les personnes habituées à comparer les efiets que les
poisons produisent sur les chiens et sur l’homme , ne ba¬
lancèrent point h adopter que l’oxyde d’arsénic devais dé¬
terminer des effets semblables chez ce dernier. Un avis
contraire fut cependant émis par des médecins peu ver¬
sés dans l’étude de la ' toxicologie , qui refusent encore
aujourd’hui d’admettre l’identité de l’action des poisons
sur l’homme et sur les chiens. Quelque puissans qu’aient
été les efforts faits pour les convaincre , nous désespérons
d’êtrè parvenus à leur ôter un préjugé qui peut être si
funeste à l’avancement de la science ; c’est ce qui nous
engage à publier les faits qui nous paraîtront propres à
les détromper. L’observation suivante , recueillie par le
D.' Jacquemin , élève interne de l’Hôtel-Dieu , a pour
objet un individu empoisonné par l’oxyde blanc d’arsénic,
et dont le cadavre fut ouvert en présence de M. le Procu¬
reur du roi , de MM. Dupuytren , Petit et moi; on y verra
des altérations du cœur semblables à celles que l’on re¬
marque sur les chiens qui ont été empoisonnés par la
même substance. Nous regrettons beaucoup de ne pas
pouvoir joindre les détails d’un autre cas d’empoisonne¬
ment parl’oxyde d’arsénic , observé à Brest, par M. Mol-
. let , second chirurgien de la marine , qui nous a dit avoir
également constaté dés lésions analogues dans le tissu du
cùmr. ■
uMacéet Goval, écrivains publics , vivant en commun
du produit de leur travail , trouvèrent dans leur chambre
trois cervelats et un morceau de pain enveloppés dans du
papier. Ne sachant pas comment ces alimens avaient pu
être introduits chez eux , ils n’osèrent pas d’abord en
niauger. Cependant , le dimanche soir , ai) juillet , n’ayant
rien pour souper , ils s’y décidèrent et mangèrent le mor-
ET observations. l4g
ceaudapain, chacun un cervelat, et entamèrent même le
troisième. Deux ou trois heures après , ils commencèrent
à éprouver des coliques et des envies de vomir. Pendant
toute la nuit les coliques augnientèreut , des vomissemens
eurent lieu. Un pharmacien qu’ils allèrent consulter pen¬
sant que les cervelats avaient pu être préparés dans des
vases contenant du vert-de gris , leur conseilla de boire
beaucoup de lait; ils le firent, mais les coliques , les vo¬
missemens ne cessèrent pas. A dix heures (le lundi) ,
ils vinrent à la consultation publique de l’Hôtel-Dieu.
» Goval paraissait peu soufirant, son visage, le son de sa
voix, n’étaient pas altérés ; il dit qu’il avait eu de très Jorts
vomissemens et d’abondantes «^acuations.
»Macé marchait avec peine, le corps courbé, la figure
pâle, portant l’empreinte de la plus profonde douleur.
Il fut couché dans la salle St.-Joseph. Dans la journée , il
eut plusieurs évacuations alvines , de fréquens vomissemens
de matières liquides jaunâtres , qui furent recueillies.
L’épigastre était très-douloureux à la pression , la face
grippée. ,
» Le malade était dans un état d’a gitation et de contraction
continuelle, il ne pouvait répondre que par monosyllabes aux
questions qu’on lui faisait. On lui fit boire en abondance de
la décoction de graine de lin et de racine de guimauve. Le
soir , même état Je souffrance ; (potion calmante, plusieurs
demi-la veinens avec addition de huit à dix gouttes de lau¬
danum dans chaque) . Le pouls était accéléré , mai^. on ne
l’a pas examiné avec assez de soin pour qu’on puisse rien
dire de' positif feur son état. Le mardi, les vomissemens'
ont cessé. Les selles contiennent des mucosités sanguino¬
lentes ; il survient du délire la peau des extrémités se re¬
froidit; le malade se lève et se fait en tombant une petite
plaie à la partie postérieure de, la tête. Il meurt à dix heu -
l5o HiMOIAES
res du suir , quarante-huit heures après le souper sus¬
pect. . J ,
n Quânt'à Goval , il U’entra à l’Hêtel-Dieu cpie ie soir du
lundi ; il se plaignit do coliques , mais il n^a eii ni vomisT
senaensÿ ni . évacuations alvines , depuis son ehtréé. Il n’a
jamais éprouvé depuis le- plus léger accident# Aurait-il ,
comiÉne il le disait , rendu tout le poison dans les vomisse-
naens abondanà qu’il avait euis avant son entrée à l’hôpital ?
La chose èst possihle mais d’après l’éxamen^ etle rappro¬
chement que firent les antorités judiciaires , de quelques
circonstances de l’évènement , on peut douter qu’il ait été
réellement empoisonné#
r> Ouverture du cadavre, faite trente heures après la
mort. — Le corps est dans un état de roideur générale ; les
doigts et les ôrtéilS sont fortémentrétrâctés. A l’extérieur ,
rien autre chose de réüiarquâblè quê la petite plaie dé la
tête et fes signés d’un commencement' de putréfaction.
» f ête. ï*bint dé fracture aux os du crâne ; à là süéfàcé
convéxé du cerveau ün léger éndùit rougéatrè ; à' là basé
du crâné, ün péü dé sàné' épanché dans là fossé temporo-
occipîtale droite. Cés lésions sont regardées comine l’effet
dé là chuté' Mté qùérques héares avant la mort.
J) Abdomen,.' Estomac ,. rien à l’extérieor. Arintérieur
huit' onces' ènviron d'uii* liquidé jaunâtre# En épongeant
eé liquidev on trouve ué grand nombre de petits grains
blancs ,' durs y dé grosséur* et de forme diverses. La surface
inférüé de cet organe offre une couleur rongé foncée , qui
ne disparaît pas par dés lotions réitérées, iii par des fric¬
tions faites avec des linges'et la lame des scalpels. Vers
Férifice duodériabexistaient plusieurs taohe^ è’tme forme
înégaleBaent arrondie d’une largeur vaWable depuis celle
d’üùé' pièce' de di* sOlS' jusqu’à délié d’uàé piècé de Cinq
fràncs , d'üôe côufeur brüne. 11 est difllciléide dite si' ces
tacHeS sont produites par du sâfig épanché fortnatït , dans
ET O iiSjihVATIONS. l5-î
l’éjftâisseur dés nïèmbraiüe's , dûé sorte 'd’écchymosé , ou' si
cè sont de véritables eScarr'es\ A l’endroit die cès t'acbeS,
les rnénibrâines pEffalssënt boürsoufiléés'; niais èllés iie^ Se
déchirent paS aVec plus dé facilité qüe dans lés' autres
points dé l’eStofliBci La tunique sëçeiise ü’est jibinl
altérée.
ï L’oésopbage est dans l’état naturel. '
» Le düodénüin et le cotnmencemènt dé l’iritéstin' gfélé'
offrent unë codleür rouge foncée; niais- On d’ÿ reîüarqué
pas de taches codamé dans l’estOniab; DaüS tout le resté
du canal digestif existe une très -forte injéction'véscdlairé.
»On retroüve dans toute rétendué' du canal infestiUaf
des petits corps blancs , seidblàblésà .ceüjtqui étaient dans
l’estomac.
)) Poitrine. Les poumons n’offrent rien dérélinatqdable.
Le péricarde contient üüé oncè environ db sëresifé in¬
colore. ‘
nLe cc&uT. Rien de particulier à l’extérieur. Arintériéür,
on Observe une altération rémài'qûable. Les cavités gau¬
ches sont d’une couleur fougÉ iheirbréè. Dans le ventri¬
cule de cè doté, et priocïpalément sur Ibs colonnes' dhari
nues , on Voit des petites tadkés dfun voüge cràrhoisi. Eh
incisant sür'les pointa oü éllés existent, ons reconhaft
qü’ëlles de sont pas bornées h' là sürfticë, niais qù’ellés'
péüëtPent dans la Xâfismhdà ckttrnû'e dû ccéûk. Lés' cavi¬
tés droites offrentdne éouhiif ro'iCge' bdaucdup' plûsfôh&éé
etprésqué MOtVë. Sut les éolbridés charüÜèS Âù Vèdttiéülé
on remarque aüSsi' quelqüfes fàbkM, mais tuoids n'Ombrèü'-i
ses et moins prononcées que dans le ventricule gauche.
L’aorte , l’artère et les veines pulmonaires , ne présen¬
tent aucun signe d’altération. Nous comparâmes l’as¬
pect des cavités de ce cœur avec celui de plusieurs autres
cOeurs d’individus morts de différentes maladies , et nous
n’avons , dans aucun , trouvé une disposition semblable.
ibz MÉMOIRES
On examina le cervelat presque entier qui était resté
du souper; la chair avait une couleur grise , elle, était
comme farcie d’une multitude de petits corps Lianes ,
durs ,brillans; les uns tout-à-fait en poussière , les autres
de la grosseur d’un grain de millet , quelques-uns même
du volume d’un grain de chenevis.
On recueillit une certaine quantité de ces petits corps
blancs , trouvés dans le cervelat , dans les matières vo¬
mies , dans les liquides contenus dans le canal digestif ; on
les mit sur des charbons incandescens , et ils répandirent
des vapeurs ayant une très-forte odeur alliacée. M. Bar-
ruel les soumit de plus à l’action de quelques réactifs chi¬
miques , et il fut bien constaté que c’étaient des fragmens
d’acide arsénieux grossièrement pulvérisé ; cause de l’em¬
poisonnement et de la mort de Macé. »
Il ne faudrait pas croire cependant que l’on dût trouver
dans tous les cas d’empoisonnement par les préparations
arsénicales , des altérations du cœur semblables à celles
que nous venons de décrire; elles ne sont manifestes que
lorsque l’homme ou les chiens soumis îi l’observation n’ont
succombé que plusieurs heures après l’application des
poisons , et il peut se faire encore que dans ce cas , par
des motifs qui nous sont inconnus , il soit impossible de
les découvrir. Ne sait-on pas , en effet , que des poisons
corrosifs déterminent quelquefois la mort sans enflammer
les tissus sur lesquels on les a appliqués; h plus forte
raison pourront-ils ne pas altérer les organes éloignés des
parties avec lesquelles ils ont été mis en contact.
i55
ET OBSEEVAÏIONS. 1
Remarques sur le diagnostic de l’ adhérence du péricarde
au cœur; par le docteur Sandee.
Gorv^saet , celui des auteurs français qui a le mieui
traité des maladies du cœur , après avoir iùdiqué les pal¬
pitations et la petitesse du pouls , les syncopes fréquentes ,
comme signes auxquels d’autres ont cru reconnaître l’ad¬
hérence du péricarde au cœur, ajoute, p. 38 : «Malgré
ce qui vient d’être dit , j’avouerai volontiers que le dia¬
gnostic de l’adhérénCe du péricarde au cœur , si on la
suppose simple , est extrêmement difScile à établir d’une
manière sûre , et , par conséquent , exempte d’un degré
très-remarquable de certitude. J’ajouterai même que
lorsqu’elle est réunie à une autre affection du cœur ou de
la poitrine , les symptômes toujours plus saillàns de la
maladie qui complique l’adhérence du péricarde , empê¬
chent qu’on ne puisse reconnaître , souvent même soup¬
çonner , cette dernière affection. »
Il y a quatre ans, j’eus à traiter, chez une fille de
sept ans , une maladie du cœur ; l’ouverture du corps fit
voir une dilatation des cavités droites avec épaississement
des parois, et une adhérence totale du péricarde aü
cœur. Cet organe avait acquis un volume triple au mdinà
de celui qu’il présente ordinairement à cet âge ; des cou¬
ches diverses d’une lymphe coagulée remplissaiéntlà' cavité
du péricarde , lequel 'était si fortement adhérent , qu’il a
fallu le séparer avec un instrument tranchant. Cefte
masse énorme était jointe en bas avec lé diapihragme , par'
des vraies fibres charnues , dans une circonférence de plu¬
sieurs pouces. '
1 . Il
.à:54 ;MÉ«.0|RB5
Quoique les symptômes qui annoncent les deux pre¬
mières lésions que je viens de signaler ne fussent ;pas
dessinés . avec une entière netteté , j’avais cependant assez
‘Ineh 'üétéÉÈJîiné 'l’-éteildue et Je siège 4e Ja .maladie , mftls
l’adhérence du péricarde m’était éphappée.
Avec plus d’attention j ’aurais pu pourtant soup çonner la
condition .pluysique, en vjertu de laquelle les autres symp¬
tômes ine se maRÎfestai.ent que daus une sorte de confu-
siop , . et gui .était. la. cause de la dépression du pouls ; j’au-
j?ais ipu iprésumer , l’adhérence du péricarde par la cQÏuci -
denee dd pouls petit,, tremblant., .intermiiteut, avec le
mouvement violent de la .poitrine, et un bruissemeut par¬
ticulier dans son intérieur , qu’on entendait très,-faci|e-
ment , même dans quelque éloignement.
MaisJ’auraispu reconnaître a vec certitude l’adhérence
du péricarde au cœur , en remarquant entre les côtes de
la région hypochondriaque gauche, tantôt un enfonce¬
ment , tantôt au même point une élévation produite
subitement par un choc gue d’on pouvait sentir avec la
main. .J’avais négligé ne .phénomène, et je n’avais pas
cherché à remonter à sa cause. .la’ouvertare du corps me la
fit découvrir.
Gorvisant, dans le chapitre sur l’adhérence du péri¬
carde., dit: : ,« Que. le diaphragme entraîne dans, son abais¬
sement le.péricardemt tout le cœur qui lui est adhérent ,
et;s’oppose , dapace temps de son action , au mouvement
particulier d’.éléva tien , propre .du cm, ur lors de ses con¬
tractions. ,»
fjRreissig., igui.,: en AJlemdgoe , a publié rie meilleur où-
vrage mr-les maladies d,u, coeur , donpe le signe dont j’ai
parlé, déjà 'reconnu .par .Heim , à fiorlin , comme dia¬
gnostique de l’adhérence .du péricarde ; du reste , il ue
s’exprime pas autrement que Corvisart; il ajoute seule-
ET 0 B S AVIONS. I;5'5
niiBiït que IW^Mipo 4iajilvflgme , ,1e ,^qu-
TOment d’él^vatlQp- âji^i^W psl; facilité , gpigpe tpftjq|jr9
imparfait,
JMaisiPut ce qtie cemédepindit u’explique pftsdp.phé-
jQomène d’éléyatiori et d^cnfpîîpement aïteiînqtifs .gui a él|é
observé ; il xènd seulement raison de la pqtftesse ,et de
J- irrégularité du p.Qüls > ;pt de ;la gêne de la jrespirafiqn .
l>n pourrait croire ;que 'Renfoncement et le cboP ue
peuvent se montrer qu’une seule fois pendant Je temps
4’üne seule respiration , c'est-àrdire , d’un mouvement
complet du diaphragme. En admettant que la respiration
est gênée , accélérée par suite de l’adhérence du péricarde ,
jamais elle ne d’est à un degré itel , que sa , rapidité ,so|t
égale à celle des pulsations des artères. '
Mais les deux phénomènes se succèdent dans des es¬
paces de tenips encore plus courts ; ils ne sont pas lion
plus isochrones , comme -Kréissig l’assure. Comnientexis-
terait-ildansilemême endroit, dans le même moment, un
creux et une élévation !
Ne perdons pas de vue que la nature a joint légère¬
ment chez les enfans , fortement chez les adultes, la sur¬
face, inférieure du péricarde," correspondante à la face
pjate du coeur, placée un peu à l’extérieur, avec la partie
moyenne du centre tendineux du diaphragme , et que
cette surface est réunie plus à gauche , dans la région dès
cartilages de la cinquième et de la .sixième côte, avec la
Substance charnue dii diaphragme par des fibres de même
nature.
Si le péricarde n’eçt pas adhérent au cœur , celui-ci a
assez d’espace libre en .bas, et des dpux côtéspoursesmou-
vemens dans cette cavité fermée.
Mais s’il existe une réunion totale du péricarde avec le
i56 hémoibes
cœur, ou seulement avec sa pointe, alors la libre action
du cœur est entravée , et nous verrons toujours en dehors
les suites de cette gêne.
Pendant la contraction simultanée des ventricules, le
cœur devient plus court, plus rond dans sa surface, il se
rétrécit pour , chasser le sang ,' sa pointe s’élève en avant
vers la cinquième côte et doit entraîner actuellement en
haut la partie inférieure du péricarde , avec le diaphragme
et tout ce qui lui est adhérent. En même temps se dessine
donc l’enfoncement sous les côtes gauches de la région su¬
périeure du ventre.
Dans le moment suivant, pendant la contraction simul-
lanée des deux oreillettes, les ventricules se relâchent ,
s’étendent pour recevoir le sang, la pointe du cœur se
meut subitement en bas , et , n’étant pas dans un espace
libre , communique actuellement au péricarde adhérent ,
au diaphragme , et aux autres parties , le choc , qui est sen¬
sible à l’extérieur par une petite élévation qui se dessine
dans le même endroit où peu auparavant s’était formée la
concavité , et qui s’élend pourtant un peu plus bas. Rigou¬
reusement parlant , l’enfoncement précède le choc ..puis¬
que la contraction des oreillettes est le commencement
de l’action du cœur.
C’est un mouvement perpétuel d’une très-forte ondula¬
tion , se montrant plus bas que celle qu’on sent naturelle¬
ment dans la région du cœur.
Ainsi pendant l’inspiration et l’expiration , les deux
phénomènes se montrent séparés dans chaque moment
des contractions des oreillettes et des ventricules ; ils se
montrent réunis pendant une seule pulsation de l’artère
radiale ; l’affaissement de celle-ci est 'isochrône avec la
pulsation sous les côtes , et la pulsation artérielle avec laf-
faissement. ,
SBR'
iNS.
i57
Pendant l’inspiratipn , le creux est plus profond , puis¬
que le cœur s’oppose alors avec plus de force au change¬
ment de sa situation^ et entraîne , par conséquent , une
plus grande partie du diaphragme abaissé : oh remar¬
quera , de plus, que le choc est moins fort, puisque les
parties adhérentes , s’étant éloignées davantage , transmet¬
tent moins le mouvement descendant du cœur en dehors ,
et utca verad, pendant l’expiration.
Ainsi , quoique Gorvisart en ait dit , il existe un signe
mécanique , produit toujours par la même et unique
cause , signe qui ne trompera jamais , qui fera reconnaître
très-facilement l’adhérence du péricarde , lors même qu’elle
sera compliquée avec d’autres maladies du cœur ou de la
poitrine.
J’ajoute encore que la jeune fille, pendant deux ans
que sa maladie a duré, ne se plaignait jamais de douleurs
au cœur , mais seulement de tiraillemens dans là région
du diaphragme.
Le cœur , insensible pour ses propres maux par la nature
de ses nerfs , est , nonobstant leur petit nombre , conti¬
nuellement en action; il use peu ses forces nerveuses,
et l’emporté, en intensité de vié organique , sur tous les
autres organes.
Sur les Rapports de la Physique avec la Mécleàtne- par
M. Babinet , professeur de , physique au Collège
royal de Saint- Louis.
Les fonctions dé la vie s’exerçant dans tous les êtres
animés au moyen d’organes matériels et au milieu de sub¬
stances inorganiques dont ils ne peuvent s’isoler , l’ihllüenco
iSB MÉiiôïSÈâ
des ageris physiijués sur cesêtrei ne pëufc être révoquée en
doute , puisqu’elle est également une conséquence de la
constitution des organes et; du système de côrps dont. ils
font partie; A la' vérité, la puissance vitale, dont la na~
tuiie' estinconuuè et dont les- eflfets'sontsi va?riés j retient
enchaînés; des élémeils qüi ,^hdts de Son empire , "Réagissent
l’un sur l’autre ; elfe forme deS combinaisons qui ne peu¬
vent être produites autrément , èt l’exercice' de ses fonc¬
tions est une dérogation perpétuelle aux lois de là phy-
siquè; Mais si l’on réfléchit que le priûcîpe vital doit être
d’üne nature: ejttrêmenient subtile , et què ses opérations
son t : nécessairement en rapport avec SoUeSsence , il eSt na¬
turel de considérer c6 moteur comme agissant d’abord sur
des substances elles-mêmes fort subtiles ; d’où , par unesérie
d’action^ physiques , Ré'Sultent les effets que nous obser¬
vons, la'. foRcé vitale ne faisant que régularisér ou entrete*
nir là succession des phénoiûènes auxquels; elfe, a donné
naissance. Sous ce point de vue il est très-utile d’étüdier
les agens physiques dans leurs rapports avec l’économie des
êtres vivant pour essayer de remonter le plus loin pos¬
sible des effets vers la cause. Ges recherches peuvent aussi
dévoiler quelque nouvelle substance qui, semblable à plu¬
sieurs des fluides impondérables déjà connus , ne mani¬
feste son existence que dans des cas très-particuliers. La
physique gagne beaucoup à ces rapprochemens , et plu¬
sieurs de ses divisions doivent leur origine ou leur perfec¬
tionnement à l’étude et à l’imitation' de la nature vivante.,
En passant en revue dans les articles suivans ses nom¬
breux points de contact avec la physiologie, qui fait de nos
jours de si admirables progrès , il sera facile dé voir com¬
bien il réste encore à faire dans les diverses branches qui
forment le domaine çommun de ces deux sciences.
Des agènd pkfsiques en général.' — Sans nous ntta-
ET 0 BS B BV Alto MS. iSi^î
cher à une claBsifieation; rigoureuse des propriétés des
corps et- des Ibis-quides pégissehl), nous rangerpus- sous les-
litïes suivaûS Oeiqui s’ofTre de , plus renaarq^uable danslesi
r apports des di vers a gens physiques^ a vec lejs êjbi'esi vivans ;
r.“ tes forées moléculaires; a.” les forces mécaniques;
3i® te chateurf 4-° la météorologie ;;5.°raeoHstique ; 6."ré-
leefricité'; y.® le galvanisme; 8.» te: magnétisme; g^.® la
lumière.
J)es f&vces fnotémlcoères. ^ Ou sait, depuis Newton ,
que tes plus peliites parties dos corps , ou leurs înp/dcHtes ,;
ont à steniï une tendance mutuelle qjle l’on a désignée: par
le nom dtettr action ou d'affinité. Cette force produit la
dureté dans tes corps solides , l’adhércnee des mpléçutea
dans tes liquidés ; et, dans les gaz , elle détermine, leurre-^
lourà Pétat liquide pu à' l’étét Solide lorsqu’on, tes prive de
ia chaleur qui lés maintenait aériformes. Tous les phépo-
mènëS de la chimie , qui nous' offre tant de cpmhinaispns
et dé décomposiîtiOHS' , sont évidemment des résultats de te
même force ,, dont malbeureusemeQt'. la nature; échappe
è l’obseryatiou avec les molécules entre lesquellos elle
s’exéree. De liomhreases actions de ée génre doivejnt aussi
avoir lieu dans les phénomènes de l’économie aniniale, la
respiration, te digestion, rassimitetion , l’absorption et les
sécrétions en général. Des expériences Ont été faites dans
toutes ces parties , et dans toutes , là matière, est loin d’ê;tre
épuisée. Trop d’exemples se présentent pour en développer
quelqués-ons en particulier. Ici; pomme dans tout exer^-
cîce dés fonctions de te vie , la première impulsion iest prq-
babtemetit donnée ptir le principe vital , ,ét tout s’achève
ensuite dans les organes par le jeu plus ou moins compli¬
qué dos a getts physiques , dont quelques-uns ponvent , en¬
core être ineonnus. ■
Une branche fort étendue de te physique des aclious
moléculaires a pour objet tes tubes capillaires , dont l’ellpt
l,6o MÉM0,IBE3
est d’éiëver les liquides au-dessus de leur niveau et de les
transpofterle long du tube lorsque son diamètre n’est pas
le même d’un bout à l’autre. Ces tubes ou tuyaux , et en
général toutes les cavités d’une petite étendue , ont la pro¬
priété ■ d’attirer puissamment et de fixer dans leur inté¬
rieur tous les liquides et tous les gaz avec lesquels ils sont
en contact. La disposition des fibres , des végétaux, favo¬
rable à l’ascension de la sève , et le passage des fluides des
corps vivans par des canaux fort minces ou par des cellules
fort petites, se rapportent évidemment aux mêmes pro-
priétési Ôn peut en dire autant des pores de la peau d’où
sort si abondamment la transpiration , et par où d’autres
substances sont absorbées et portées dans la circulation ;
et des pores des œufs et des coquilles des fruits à noyau
qui permettent la sortie de la partie aqueuse de l’œuf dans
l’incubation d’une part , et de l’aulpe , admettent l’humi¬
dité dans rinlérieur du noyau. Autrement , le germe de
celui-ci ne peut se développer, de même que l’incubation
ne produit rien sur l’œuf privé de ses pores par un vernis
convenable. .
Le charbon, les substances poreuses , les tissus agissent
en vertu des mêmes lois pour absorber les gaz et pour les
retenir engagés. C’est sans doute là, la source de l’infection
des miasmes délétères que ces substances recèlent et trans¬
portent souvent au loin avec l’air qui en était imprégné et
dont elles se sont chargées. Le peu de matière qui donne
naissance à une contagion est souvent surprenant. Si la
cause de l’aflcction morbide qui en résulte ne doit pas
être rapportée à un agent encore iirconnu de l’économie
animale^ il est certain que i de tous nos sens , celui qui est
susceptible d’être le plus aflecté pathologiquement par le
moins de matière , c’est-l’odorat. Les émanations des corps
odorans sont tellement subtiles qu’on a plusieurs raisons
de douter qu’elles soient matérielles. Ce sont peut-être
ET OBSEBVATIoNS. 161
des mouvèmens moléculaires d’un certain genre , comme
la lumière et la chaleur dans l’opinion de la moitié des
physiciens. Si donc on exclut toute idée d’empoisonnement
par absorption , à raison de la petite quantité de la matière
qui cause là contagion , et qu’on rapporte cet effet à des
affections nerveuses, nos soupçons devront se tourner d’a¬
bord sur les nerfs olfactifs; mais aucune expérience n’a
encore été faite pour appuyer ou pour infirmer cette opi¬
nion. La physique et la physiologie de l’odorat sont très-
peu avancées ; ce qui tient sans doute au peu de perfec¬
tion des organes de ce sens dans l’homme,
Des forces mécaniques. — Des corps vivans , animaux
ou végétaux , offrent dans leur constitution tant d’exem¬
ples de ces forces, qu’il n’en est pas un dont le repos du le
mouvement ne résulte d’une application continuelle des
lois de la statique et de la mécanique. La disposition rela¬
tive des organes , leur situation comme supports et comme
auxiliaires l’un de l’autre, leur force croissante à mesure
qu’ils sont plus chargés de la tête aux pieds , les colonnes
creuses des os , la résistance et l’imperméabilité des mem¬
branes et des aponévroses , le centre de gravité du corps
et ses changëmens dans les diverses postures et avec les
divers genres de soutiens, comme dans l’art de l’équili-
briste et celui du nageur : toutes ces circonstances et ùiie
infinité d’autres connues ou inconnues ne demandent pour
leur explication parfaite que la solution d’un problèküë de
statique oü doivent toujours entrer la masse et la force
des matériaux , leur élasticité, leur frottément, leur du¬
reté ; enfin toutes leurs propriétés physiques, en n’oubliant
pas cependant que ces propriétés peuvent être puissam¬
ment modifiées par l’action de la volonté e t de la vie. ■
La pression des fluides, qui fait partie de la statique ,
n’est pas moins importante à considérer dans uii grand
nombre do cas. Plusieurs liquides fornlent une partie es-
_) 6_2 , ,
senfMle de, notre .o^gan^atipii,
IJaide , posant , l’air , qui est cont^pijellement admis; en
ftous pl Jejeté parl’eçte de le respiratipni;; Sa pi;es,sion
et , ,qu4n^té : diminuen t au sommet . , des hautes, monta-
gnes.j piiielles spj ré^niseij.t.^-peurprès h.;ntq.itié. Elles aug¬
mentent; sans, limUe Isous la içleebe du., plongeur; qui-, trar-
.vaillej dape une, massu de, gaz submergée ; .jusqu’au - sol .de
la mer, , La .pression,, sur, ;les àrJ;è,res.fde, dehors en dpdans
se , trouva .par .là . for, tepaept,, modifiée ^ du.imojns.dans .les
premiers -mo mens oii,la)fQçee.élasli‘lP^î4eil’air augmente à
mesure qu’il se comprime., 'jlj’efre.t ideS:,Yento.uses estj djCtau
eoutraire, à , une suppression- loftale; ,,du,;ppi.ds de l’atmo¬
sphère, jL-art des in]pçtiops.;se fendeepfiore sua la pression
des, liquides et sur la, transmission, dq mouvement qui s’o¬
père; 00 e.MS J. SulvantJo.u.tes leSj djrectipns. .Le poids , même
des ^as,ii la;légère.té.idB, d’air, échauffé et sa .tendauçean
(haut, ,laJ;eji.dane.e. CQntraire.de l’aeide;Cârbomque,,ies eeur
.rgns .quvau résultent ^ .toutes ces propriétés SQpt indispensa-
dde.s. à Aonsidérér. dans l’assaiofesément. des galeries de, mine
et danaj,’hygiène.,de9 P-^‘'8dle-
me.nt utile, de, cennaîtreile poids relatif de, !a plupartdessér
créiions ;et .l’influenee.que. chaque ,é,tbt duaerpseyerce, sur
çe,t^lémentessentiel,delacQnstitution des liquides. Lesinr
dlçations commodes de l’aréomètre, fojirniraient sansdoute
ici, ,, eomro,e dans ,1’examen, des, eaux minérales plusieurs
résultats curieux, et concourraient, à, ,éelalrpir; le diagnostic
de.pludeurs affections .internes ;,,enfiaides Cpéraûons du
même genre donneraient, pour .lés prldcipales.parties du
corps. leur volume >' soit absolu , .soit relatif dans: plusieurs
classes d’animaux.: C’est, au moyen de:;lTmm.ersiomdans
un .fluide : qùeüon .se .prncure cette, connaissauce, avec
beaucoup . de facilité ^ pari: exemple, le volume entier du ,
oorpsd: un homme qui pèseccnt. quarante livres est à-péu-
près de, deux pieds cubes et pourrait être contenu dans
E T O.RS,;liiBjV-A':T;l O N S. ^^1^5
une Boîl^ dp dçux^^.pjedis.dç JoJig«eflr BWr ùn.pied dféqttSr-
■jrjssagè. ■■. ■ * . . ' ; . ■• ■ •'•■
/ La j^iécanique pfppçemenfeidite ,. ou la science du mou¬
vement ne s’applique pas moins que la statique ;à la stcuc^
lure.des aninaauxdoul.unèdeâ paciies principal® de kidé-
jiui^QQ. iÇSt • la jkQuUéjmûmesdj^^ §0 .mdùypir.i lOn iy obseçve
Jjes.moqyemep^ide l’aif (, ,du .sang,fetdçs sécrétipnsi;’’le8 con-
iraçti9us,,mM^P4l^ires, , des Ifeyieca iqui eà jtpanspoEteni Tao-
■tion ,,le,uçs xepypis leprsiiCbaFflkffiSiii leurs JRPypâS d’ iù-
sertipn, avec jépqqqmie.-jd’içspaçe Ptiidp .force, mP.trice , et
bien (i’flptresjjqjrconiskpçeai Epm|!!îquflble8 ,qui. ,pnt,dté si¬
gnalées, dan^lesj livres , dlanai^ruiC; .çMafl? iplusipuys, traités
spéciaux.,, , On pepfcçitey;p.arpii>les,eonsÂdéEation8 .§ur iesr
quelles, on a.Dqoips insUté^ la yîtesse etle choc qqi, résultent
.d’ujBÇ; (Çjtujte ; d.’une],]iauteu;qQdqnj)ée ;• la grande vYÎteSSie
qn’acquîèrçnt Iqa qx|?iém jtés idu Gorps:pararacJion .aitnul'-
tanée,, de, tquteS;Ies.,paptips qui, les, supportent ,, çomnae par
exemple dan8yl’aqtiofl,de j/aMeerj.flb je,pipu,Yeiuent dq; |a
ipaiu est,la.sqn3nae;nE,i|tb.méli9Hq idéufPHfes leshyiîk 4;^
poignet , ,de l’ayant-bras., ,du .bras j^de; UépAulei, ;diU.;};ronc
et même des parties inférieures. PeSieb.seryatipns pareilles
pefflrqf?!, s’appliquer ,^da. marche; e|. la, course, dLest^^cu-
.WP ;4e : fiéterjuiper, peesqùej matbén[|a^(queiuent. , c^’eprés
l’éléye-tion, d|U ceqtoÇ; dpj grajijd du ; corps ,aft;’desSu^ ckiSpl ,
«lùe comporte Uettq éjé-
.yqjion, quij^éfi®,?.4.principalqmentyde, lat,longHeur^e
ifleMon .deSijmpne^re? Aut;dol4> 4o:ciette llmilieil
WP9^?.^® 4SW?^P,her,;p’estTMjr »i quepour, ajvnir.Une
pIu^, grjindej, ilj&ut;,^oiument, quitter, la, .terre
pen^apl u^'.p^g|ion,dejtejmps enaployé
l'HPpJté jocçqiotriçe» ^lin^,,jn9us. connaissons. eneore; bien
peu ^Cfpjiqs.eisuç,^ ^ttjjejdes.gÇelÿiniusenlair®;^ et. le
^Sspcopp,^ nousjppren.d)ce , non seule-
inenLdans la. (;pn(iparalsoa,,dG8,|orGes .des muscles. dans 1®
i64 mémoires I
différons états de la' vie et dans les divers animaux , mais
encoré sur leur dépendance mutuelle et la quantité d’é¬
nergie qu’ils peuvent manifester en agissant isolés ou si¬
multanément.
De la chaleur. — Dans les deux premières classes d’a¬
nimaux , les mammifères et les oiseaux , c’est une propriété
essentielle de l’organisation. D’où vient cette chaleur ? ost-
ellè due à la respiration seulement et à la décomposition
de l’air ? est-elle aussi le produit d’une action vitale plus
compliqùée, ou l’électricité en mouvement qui , comme
on le sait maintenant, développe sans aucune combustion
ou combinaison de grandés quantités de chaleur? Sur tous
ces points nos connaissances sont fort incomplètes et les
expériences précises d’une date très-récente. Du reste
l’exercice de la vie semble intimefnent lié à la présence de
la: chaleur. Les animaux qui , par leur organisation , sont
privés de ce principe vivifiant, ne se raniment pour ainsi
dire qu’à l’aide de la température extérieure , et le soleil ,
en revenant au printemps dans notre hémisphère , y. sem¬
ble faire renaître la vie avec la chaleur pour les animaux
comme pour les plantes.
Beaucoup de propriétés curieuses de l’agent qui nous
occupe s’observent dans les êtres vivans. On sait que les
corps noirs émettent la chaleur dont ils sont pénétrés et
la perdent beaucoup plus vite qüé les corps blancs et
brillans. Cette émission se fait indépendamment de tout
contact et a été désignée sous le nom de rayonnement du
calorique. Aussi voyons-nous dans lé Nord , pour la con¬
servation de la chaleur-pulmonaire , les vêtemens blancs ,
les cheveux bloiids et les fourrures blanches.' Dans les
zones tempérées il y a mélange. On aperçoit déjà cepen¬
dant au midi de l’Europe des vêtémens beaucoup plus
rembrunis dont l’office est de disperser la chaleur trop
abondante du corps; enfin sous la zone torride la nature
ET OBSERVATIONS. l65
nous montre dan» la pe'au des nègres une surface conti¬
nuellement destinée à compenser l’effet nuisible que peut
produire dans l’économie animale l’air embrasé qu’on res-,
pire dans ces climats. On peut citer à la vérité quélques
exemples de peuples fort méridionaux qui sont surchar¬
gés de vêtemens ; mais cet usage est exactement fondé sur
, les mêmes lois de physique ; car dans les pays où l’air est
très-serein , la terre perd rapidement sa température par
son rayonnement’vers les espaces célestes , et à des jours
excessivement chauds succèdent des nuits très-froides.
Ces peuples ont préféré s’isoler complètement des corps
environnans que d’éprouver ces alternatives dangereuses
de chaleur et de refroidissement.
La transpiration tempère la chaleur animale, en déga¬
geant continuellement de la vapeur, dont la formation
exige et enlève beaucoup de calorique. Une atmosphère
humide , en gênant le développement de ces vapeurs , porte
toujours dans l’organisation un sentiment de chaleur débi¬
litante , et les hommes qui , d’après les expériences con¬
nues , peuvent supporter la température d’une étuve plus
élevée que celle de l’eau bouillante quand l’air est sec /pé¬
riraient infailliblement à une température beaucoup moin¬
dre dans l’air humide qui ne pernaettrait pas l’évaporation ,
comme on s’en est assuré d’ailleurs sur des animaux. La
température de l’intérieur de la terre augmente à mesure
qu’on l’observe dans un lieu plus profond. C’est probable¬
ment è cette chaleur centrale du globe qu’il faut attribuer
l’existence des eaux thermales , dont plusieurs sont em¬
ployées comme remèdes. Les médecins qui habitent sur les
lieux ont beaucoup de recherches à faire sur ces sources
non moins curieuses par leur origine qu’utiles par leurs
propriétés médicales. Enfin si l’on considère que la chaleur
varie avec les saisons, avec les jours et avec les heures,
les diverses influences qui naissent à chaque instant (lu
1.66 MÉMO I K E S
d’état de tout ce qui nous environne devront
être considérées comme formant antaqt de sujets d’pbser'
vation . surtout, si l’on y £|joute que nous percevons les im-
preSjSipns .de la chaleur par toutes les parties du corps. Les
effets de ce genre son t surtout sensibles dans .les çialadies
nerveuses dont les paroxysmes sont déterminés par les
causes , qui , au premier aspect . semblent les moins éner¬
giques.
Météorptçgîe. — L’air est pesant ou léger, humide ou
sec, chaud ou froid ; les vents qui l’apportent de toutes
lès contrées sont modifiés par rapport à leur
force , à leur .constance ou à leurs changemens , et ils
agissent suivant l’exposition des lieux où ils soufflent. Les
météores aqueux et Igpés varient encore la scène de ces
phénomènes par leur apparition plus passagère , mais
fréquemment renouvelée. De ce genre sontla pluie, la
neige , là grêle , la rosée , l’éléptriçité atniosphérique ,
la foudre et les influences des nuages électrisés. Le ther¬
momètre pour mesurer la. chaleur de l’air , lë baromètre
pour sa pression , et l’hygromètre â cheveu pour la quantité
d’humidité qu’il contient , sont les trois instrumens dont
l’observation peut faire connaître la constitution atmo¬
sphérique d’un pays çLdevenir entre les mains .d’un obser¬
vateur assidu et intelligent une source de résultats utiles
pour la médecine et l’hygièhe, en rapprochant l’état de
l’air des symptômes correspondons des maladies ; mais c’est
surtout pour la météorologie que des observations , faites
dans des endroits éloignés les uns des autres , deviendraient
extrêmement précieuses en donnant lés moyens de dé¬
terminer la direction et la vitesse de propagation des mé¬
téores par l’heure où ils auraient commencé à se. faire sen¬
tir dans chaque lieu. L’eqsemhie de ces . observations ser¬
virait à résoudre beaucoup de questions de géographierphy-
sique d’une haute injiportance pour l’agriculture et pour
et obsejr.vations» 167
les flccliipBtaMpns^ fionMne en général pour les nointireuses
brenphes des sçiences .naturelles, qpi ont des rapports ay^c
la nnétéprolqgie. On peu,t juger d’avftnce combien l’étude
de cette acience éclairerait une longue q)ra tique médicale
.Æxerçée.dans la cpêRie yille , pn . observant fCe qui se passe
dans plusieprs localités où les.tnêmes saisons .et les mêmes
circonstances météorolugiques ramènent périodiquement
les mêmes maladies dont la violence ne laisse pas mécon¬
naître un instant le cause .réguUèrè de leur apparition.
ba médecine étant , comme toutes les sciences qui ont
pour but l’étude de la nature, une science d’pbservation ,
et la ,]dupart des médecins ajyant les connaissances né,çes-
saires pour la météorologie pratique , ce serait un grand
avantage pour cette science , et pour les ,§ci.ences physi- -
ques en général,, .sicfis utiles membres de la société vour
laient bien joindre à . leurs honorables travaux , qui , d’ail¬
leurs , leur imposent l’obligation d’une vie sédentaire.,
le soin peu pénible , mais fort assidu, .de recueillir les
laits, tant , sur les phénomènes réguliers et .permapeps ,
quesur cepx qu’on pourrait appeler les crises de là nature ,
comme les ouragans et les tremblemens de terre. Un petit
nombre d’instrumeps aeraient.sulfisans , et tons pourraient
être , sinon construits , ^du pmins vérifiés et rectifiés par
des mains d’une dextérité médiocremept exercée. Dans
quelqu’un des numéres prochains de ce Journal, je pren¬
drai la liberté de' recommander aux médecins,, dont la
position est favorable , les observations les plus utiles aux
sciences , en indiquant la manière et l’heure eenrenables
pour, les faire, et. les instrumens sin^pJes, mais précis,
qui donneraient des .mesures exactes.: Tout ce qu’on s.ait
déjà dans cette science sert à vérifier de:.plus en plus l’as¬
sertion dc Foutenelle aur Jbis opinions populaires en phy¬
sique :, ç’estqu’iim iffit . -.sfibpept aypjr lieu de deux maniè¬
res dilTéroptes , a topjotp's répjleprent fieu de la pranière
l68 MÉMOIRES
contraire à celle dont on le conçoit communément. Ainsi ,
hienloin que la propagation du vent du nord, par exem¬
ple , se fasse du nord au sud , comme il serait naturel de
le croire, on a plusieurs fois observé que ce vent com¬
mence à souffler au midi de la France avant de se faire
sentir à Paris. Ainsi , malgré l’humidité plus sensible ,-
l’atmosphère en hiver contient beaucoup moins d’eau
en vapeur que pendant l’été , et dans la première de ,ces
saisons, il tombe beaucoup moins de pluie que dans la
seconde , malgré le plus grand nombre, de jours pluvieux ;
c’est précisément dans l’été, lorsque l’on éprouve le mal¬
aise d’un temps lourd , que l’air chaud et humide indique
une pression moindre au baromètre.
De l’acoustique. ■ — La théorie des sons , sujet d’inter¬
minables recherches dans la physique et dans les arts,
ne se rattache presque point à l’art de guérir , à moins
qu’on ne veuille citer l’efficacité prétendue de la musique
dans quelques maladies. Mais , en physiologie , pour dé¬
voiler les mystères des organes de la voix et de l’ouïe , la
théorie de? tuyaux sonores et des surfaces vibrantes , est
tout-à-fait indispensable. L’oreille se plie à toutes les réson¬
nances et perçoit tous les sons entre des limites fort éten¬
dues , quoique différentes pour chaque individu. Tel hom¬
me peut être sourd, èt complètement sourd pour un ton
aigu , tandis qu’un autre entend parfaitement ce son ; eft
sorte que , s’il était possible d’élever la voix jusque là , on
parlerait fort distinctement au premier auditeur , sans
être entendu du second. De même pour les sons graves ,
à mesure que l’on descend sur l’échelle diatonique , la
surdité commence plutôt pour les vieillards que pour les
adultes qui, généralement, perçoivent plusieurs notes
tout-à-fait perdues pour les premiers. L’oreille est doulou¬
reusement affectée par des sons trop forts. Cet organe ,
comme celui delà voix, laisse encore beaucoup à désirer
BT OBSERVATIOHS. 169
sur la destination et le jeu de toutes les parties qu’il ren¬
ferme. Remarquons en terminant que les sons ont la pré¬
rogative de s’adresser à un de nos sens, et de fournir une
tranche fort étendue aux arts d’agrément et d’imagination
dans la musique. Plusieurs animaux sont musiciens et of¬
frent à la physiolpgie-et à l’anatomie comparée plusieurs
sujets de recherches , surtout, d’organes de la voix et de
l’ouïe , admirablement variés dans leur construction.
De l’ électripité. — L’identité bien constatée du fluide
électrique et de la matière de la foudre suffit pour don¬
ner une idée de la puissance de ce fluide sur l’économie
aniinale et végétale. Il agit principalement sur le système
nerveux qui, sans doute ,, est meilleur conducteur que le
reste des organes. Tout le monde connaît, la singulière
impression de la commotion électrique, secousse ner¬
veuse propagée dans toute, la partie du corps qui com¬
plète le circuit électrique. L’atmosphège , jusqu’à des la¬
titudes fort élevées , est chargée d’une grande, quantité de
ce fluide , continuellement en mouvement , qui se mani¬
feste avec tous les météores. Un si grand nombre d’expé¬
riences donnent lieu à une production d’éléctricité ou à'
une séparation des deux principes électriques, qu’il serait
peut-être difficile de citer une circonstance où cette pro¬
duction n’eut pas lieu. Il nous suffira de dire, en général ,
que tout frottement de deux corps, toute pression, tout
contact , toute élévation ou abaissement au milieu de l’air
libre , tout changement d’état ou de température , toute
combinaison, enfin, développe de l’électricité. Nos batte¬
ries se chargent par l’électricité atmosphérique comme
par celle des machines , et produisent les mêmes effets.
Ce fluide, dans l’intérieur des corps animés, agissant
principalement sur les nerfs , on peut , par son moyen ,
rendre , du moins momentanément , la sensibilité à un
nerf paralysé. Mais , pour avoir quelque chance de succès ,
Ijt» MÉMOIRES
il faudrait en même temps faire disparaître la cause de
cette paralysie. En général , on n’a point tiré de l’élec-
tricitétrj considérée comme moyen curatif, tout le parti
qu’en aurait pu én espérer; peut-être à cause de l’embar-
ras^de l’appareil , qui ne se prête pas à un traitement
commode. Quoiqu’il en soit, les trois degrés d’énergie
où l’on a employé cet agent, par des commotions , par
de simples étincelles, et, enfin, par un espèce de bain
de ce fluide , dont on recouvre le malade , sur un
siège porté lui-même par un tabouret à pieds de verre;
tous ces essais, dis-je, n’ont point encore conduit à des
résultats dont l’utilité bien avérée soit devenue un axiome
de pratique. La transpiration des hommes et des animaux
soumis à ce traitement a été augmentée , comme l’évapo¬
ration des liquides. L’électricité , par son pouvoir expan¬
sif, facilite la formation des vapeurs comme une tempéra¬
ture plus élevée , e* en appliquant cette idée à l’incuba¬
tion artificielle des œufs , on a opéré le développement des
germes , en remplaçant l’évaporation due à la chaleur de
l’incubation par l’évaporation que produit également Pé-
lectricité. La végétation des plantes et la germination
des graines ont été accélérées dans les mêmes cas. Cet
agent , si subtil et si universel, joue aussi sans doute un
grand rôle dans l’économie animale ; plusieurs efiets pa¬
raissent, dans l’état actuel de nos connaissances, nepou-
voir être attribués qu’à lui. Entre les nombreuses expé¬
riences à tenter sur les organes , il serait utile de recher¬
cher d’abord ceux qui sont les meilleurs conducteurs du
fluide électrique. 11 paraît jusqu’ici que ce sont leS nerfs;
Entre tous les nerfs , ceux que domine la volonté parais¬
sent plus excitables que les autres. Cependant , on a trou¬
vé des personnes foi;t bien constituées, tout-à-faitinsen-
sibles à la commotion électrique. Le fluide nerveux , s’il
existe , serait-il aulro que le fluide électrique? Nous allons
ET observations. lyi
voir tOut-à-l’heüre que ce fluide > considéré commé le sti¬
mulant dés nerfs et des muscles , partage certainement
cette propriété avec le fluide électrique , mis en inouve-
meut par la pile de Yolta , au moyen do laquelle on ob¬
tient descontractions musculaires , même pour les organes
de la circulation et de la nutrition , qui sont les plus in-
dépendans de l’empire de là volonté.
Galvanisme. — En étudiant les ' contractions muscu¬
laires des grenouilles , le médecin Galvani fut conduit à
la découverte de l’électricité que développent deux mé¬
taux en contact. Ses expériences , et sa théorie qui lais¬
sait beaucoup h désirer , furent les premiers germes d'une
science que créa bientôt après le génie de Volta. L’mpo r-
tance de ces connaissances , qui ont été beaucoup éten¬
dues depuis les travaux des premiers inventeurs . vient de
s’accroître encore tout récemment par la découverte des
rapports intimes qui y rattachent la théorie entière des
aimants.
Les premiers eflets qU’olTre la pile de Volta, sont des
commotions sans fin et souvent fort énergiques , produites
parle mouvement continuel des fluides sans cesse trans¬
portés vers les deux extrémités de la pile , et qui viennent
se réunir au travers des organes qu’ils frappent do com¬
motion dans leur passage. Tous les nerfs en sont excités,
tous lès muscles par suite en éprouvent des contractions.
La mort né dérobe point les organes h cette influence.
La faculté d’ëproüVer des contractions long-temps après
la cessaiioti de la vie est surtout sensible dans les ani¬
maux à sang-froid , dont les nerfs cessent h peine d’être
excitables quand ils sont déjà presque desséchés.
■ A cette classede phénomènes galvaniques ée rapportent
les commotions électriques que donnent certains poisons
qui s’en servent pour se défendre comme pour s’emparer
do leur proie. Ces poissons ont , de plus , la singulière fa-
172 ■ MÉMOIRES
culté de diriger la commotion vers le point qu’ils jugent
convenable. Leur organe électrique est d’un volume con¬
sidérable, et son analogie avec la pile deVolta ne peutêtre
douteuse , quand on considère le nombre de petites cel¬
lules qui le divisent et les fréquentes alternatives des di¬
verses substances dont il est composé , au contact des¬
quelles il se développe de l’électricité, comme nous l’a¬
vons déjà dit.
De nombreuses compositions et décompositions s’opè¬
rent par l’électricité en mouvement, et ces faits, joints à
ceux qui vont suivre, méritent toute l’attention des phy¬
siologistes , puisque le fluide électrique y produit un grand
nombre des effets les plus importans de l’économié ani -
male, L’eau et les liquides, les solides , et en général tous
les corps conducteurs , sont décomposés proinptemént par
la pile , et on isole par ce moyen dessubstances qui étaient
usques-Ià restées unies, malgré tous lès efforts des réac¬
tifs chimiques.
Un effet non moins remarquable, qui a lieu en même
temps que la séparation desélémens du corps, c’est leur
transport à des distances souvent fort grandes du lieu
qu’occupait le corps décomposé. Ces élémeri's , entraînés
d’une manière invisible par le courant électrique le long
des conducteurs appropriés , traversent souvent des sub¬
stances avec lesquelles ils se combineraient infailliblement
hors de l’influence prédominante de l’électricité , et il ne
faut pas croire qu’il soit besoin d’une pile d’une énergie
considérable pour obtenir ces résultats. On .les reproduit
tous avec deux plaques de métaux dilféfens ; par exemple,
une de zinc et une de cuivre , que l’on met en contact ,
et le reste du circuit étant formé par un liquide bon
conducteur.
Les sécrétions ne présentent-elles pas des phénomènes
analogues ? Le développement de l’électricité par les or-
ET OBSEKVATrONS. 175
ganes seuls est mis hors dé doute' par les expériences de
Galvani. Il y a transport' de substances d’un point à un.
autre , et transport souvent invisible ; ou, pour mieux dire,
dont on n’aperçoit pas la roule. Il suffit d’ailleurs que
deux points opposés d’un organe, ou d’un système d’or¬
ganes, soient à deux états différons , comme les deux ex¬
trémités de la pile , et que la communication soit établie
entr’eu?; par un circuit quelconque de conducteurs.
Là, comme dans l’expérience physique , ce transport
pourra être très-rapide et proportionné à l’énergie de l’ac¬
tion électrique qui dépendra elle-même de la force vitale.
Plusieurs faits peuvent déjà être cités à l’appui do cette
manière d’envisager les sécrétions i d’abord la facilité
avec laquelle les éléÎBéns entraînés par le courant traver¬
sent presque toutes les substances animales et même les
membranes les plus imperméables , et én second lieu l’ob-
servfflion connue que , pour exciter des contractions mus¬
culaires en faisant passer lecourant d’unherf âun muscle,
il n’est pas indifférent lequel des deuxsoit en communiea-'
tîon avec l’une ou l’autre extrémité de la pile , comme si
cet appareil^ du nerf et du inusclc pouvait être assimilé
lui-même à une pile dont les deux extrémités seraièutaussi
à ces états électriques différons , et •. dont l’effet s’ajoute¬
rait où se retrancherait, suivant sa disposition, dans le
même sens que les premiers, ou en sens opposé. , -
Quoi qu’il en soit , il est évident que le courant élec¬
trique de la pile , donne naissance • à des phénomènes
tout semblables à ceux des sécrétions, Mais d’autresana-
logies se présentent encore dans la production de la
chaleur qui résulte , de même que les décompositions , du
passage rapide de l’électricité , au travers des cor{)s con¬
ducteurs. Un fil, métallique placé dans le vide' s’y main¬
tient à l’état" d’incandescence tant qu’il sert de véhicule
au courant, sans rien perdre ou rien gagner en poids.
174 hÆhoires
et sans aucune combinaison h la'quelle on puisse attribuer
la production de la chaleur , qui semble toujours résulter
de l’union des deux principes électriques dans toutes les
circonstances où leur combinaison a lieu.
Lé peu de développement que comporte cet article ne
nous permet pas d’indiquer foutes les découvertes déjà
faites. H est cependant impossible de passer sous silence
les expériences sur la digestion et la respiration où les
nerfs , préalablement isolés et ensuite excités par l’élec¬
tricité , ont mis en actioù les organes comme avant d’être
séparés du système auquel ils appartenaient. Des lapins ,
auxquels on avait coupé la huitième paire de nerfs , ayant
été soumis au pouvoir du galvanisme , digérèrent et res¬
pirèrent parfaitement pendant plus 'd’un jour, tandis que
d’autres animaux dè même espèce , traités de la même
manière , ne digérèrônt point et respiraient fort difficile¬
ment. Le mouvement dé la respiration fut produit tlans
le cadavre d’un homme pendu , et la circulation eût peut-
être été rétablie , si le cadavre en qùestion n’eût été épuisé
de sang.
Nous espérons dans peu faire connaître à Bos lecteurs
des expériences jpareilles, répétées avec soin sur des ani¬
maux , pour vérifier ou infirmer celles que nous venons de
mëntionner. La construction facile de l’appareil vol¬
taïque , et l’importance des recherches auxquelles on petit
l’employer , nous font penser que les médecins , éloignés
des lieux où ils peuvent s’en procurer , ne seront pas fâ¬
chés de trouver dans ce Journal quelques détails sur cef
objet : on ÿ verra qiie, sans beaucoup de peine, sans
beàucpujî de temps ou de dépense , en employant les
o'uvrieft. les plus ordinaires, ori peut se procurer un ap¬
pareil d’une fôrce'considérable etrenlretenic long4emps.
Il est permis d’espérer que plusieurs pdiysiologistes , pleins
d’activité et du génie des observations , n'étant* plus ar-
ET observations. 1 75 '
rêlés parle manque ÿidstrumensi entreprendront, pour
leur propre honneur comme pour l’intérêt de la science ,
des recherches physiologiques, non seulement sur les
animaux à sang chaud , mais encOre sur les reptiles et les
poissons, et mêmé sur les animaux sans vertèbres , dont
rorganisadoh nerveuse èst si peu connue q u’on y a soupçon¬
né d’autres sens que dans les animaux qui se rapprochent
davantage dé nous,
Magnétisme. L’efficacité des barreaux et des plaques
d’acier aimantés contre les maux de dents et les mi¬
graines est plus quç douteuse. Peut-être agissent-ils en
procurant un refroidissement continuel à‘ la partie qu’ils
louchent en.vertu du pouvoir qu’ils ont, éotnme métaux,
pour conduire le calorique. Des expériences tout-à*fail
physiques viennent de faire découvrir des relations si
intimés entre les aimants et le courant de l’appareil do
Volta, qu’il est maintenant impossible de séparer ces deux
classes de phénomènes. Là plus curieuse comme la plus
utile des propriétés de l’àimaat , eSt de diriger que de ses-
extrémités vers le nord et l’autre vers le sud. On ob¬
tient les mêmes efTéts de direction avec des fils non-aiman-
tés , le long desquels passe le courant électrique. Toutes
les autres propriétés connues des aimants se reproduisent
de même. Ces rapprochemens étendent et simplifient
beaucoup toutes les idées théoriques que l’on avait avan¬
cées précédemment sur des faits dont la cause était si
inconnue. Quant aux phénomènes purement, physiolo¬
giques désignés sous le nom de magnétisme animal , ce
principe , s’il existe , comme plusieurs raisons portent à le
croire i mériterait, sans doute, d -être étudié physique¬
ment, pour savoir si c’est une substance nouvelle ou
seulement une modification des agens déjà connus,
comme l’électricité ou le calorique agissant à distance i
mais jusqii’ici la physique n’a rien de commun avec cos
176 U É MOIRES
phénomènes, malgré le grand; appareil d’instrumens bi¬
zarres des premiers praticiens qui, sans doute , n’était
pas moins efficace en frappant l’imâgination , que le prin¬
cipe magnétique en influant sur les organes.
De ta Lumière. — La lumière est presque toujours
unie à la chaleur. JEUo est absorbée , réfléchie , émise ,
suivant les mêmes lois. Les rayons du soleil, par exem¬
ple , possèdent à un haut degré les propriétés lumineuses
et calorifiques. Plusieurs actions chimiques exercées
par la lumière et surtout par les rayons violets , condui¬
sent à penser que son influence peut être très-grandé
dans beaucoup de cas, La cristallisation s’opère mieux
au soleil , les teintes de plusieurs couleurs y changent ,
et le muriafo d’argent passe du blanc au noir. En faisant
traverser un mélange gazeux de chlore et d’hydrogène par
un rayon solaire, la combinaison s’opère à l’instant avec
une violente explosion. Si l’on ne connaît pas d’eflets aussi
énergiques .dans l’économie animale , on peut du moins
affirmer que , par ses propriétés chimiques, la lumière agit
d’une manière sensible sur la végétation. C’est ce qu’in¬
diquent les différences de couleur , d’aspect, et même de
composition qui distinguent les plantes exposées au grand
jour de celles qui ont végété à l’ombre, et les espèces
des pôles de celles de l’équateur.
Plusieurs plantes , plusieurs animaux et particulière¬
ment les insectes i sont doués de la faculté remarquable
de développer une lumière dont l’éclat s’augmente ou
s’affaiblit à leur volonté. On peut admettre l’électricité
en mouvement comme la cause de ce phénomène , depuis
qu’on' sait que le courant électrique fournit de la chaleur
et de la lumière sans combustion. Jj’organe lumineux des
vers luisans serait analogue à l’organe électrique des pois¬
sons qui donilentla commotion. 11 pourrait, comme ce der¬
nier , être mis en activité ou rester sans effet selon la vo-
ET OBSERVATIONS. 1 77
lonté de ranimai. On n’a point encore étudié ces cu¬
rieux organes sous ce point de vue , en y cherchant l’é¬
lectricité comme la cause possible de la faculté de luire. ■ .
L’œil , dans l’homme et dans les animaux , est un vé¬
ritable instrument d’optique , parfaitement approprié
aux besoins de chaque espèce , et qui de plus , considéré
isolément , présente une combinaison inimitable de toutes
les dispositions avantageuses que les instrumens d’opti¬
ques ne réunissent que partiellement. L’expérience et le
calcul en ont dévoilé un nombre étonnant , dont l’énumé¬
ration , même sans aucun développement , serait fort lon¬
gue. Probablement la . physique ne connait point encore
toutes les merveilles de la construction de cet organe ,
toujours de plus en plus admiré à mesure qu’en se dé¬
veloppant , la science de la lumière y découvre de nou¬
velles perfections.
Quelques physiologistes ont encore fait servir l’optique
aux progrès de la science de l’organisation vivante, en
examinant avec le microscope les plus petits détails dé
la structure des organes , de leurs fonctions et de leurs pro¬
duits. On connait le succès des recherches dé ce genre
faites sur les liqueurs spermatiques et sur la circulation
dans les animaux et dans les plantes , en suivant le mou¬
vement des globules du sang ét de la sève dont on a
même pu mesurer la grosseur. Une augmentation si pro¬
digieuse du pouvoir de l’œil n’est certainemènt pas à né¬
gliger. Dans les sciences d’observation , l’expériencè est
tellement liée à la théorie , que le moyen de mieux voir
est toujours un moyen de mieux connaître.
Conclusion, — Dans l’examen rapide que nous venons
de faire des principales applications de la physique -à la
théorie des êtres vivans , il nous est probablement échap¬
pé beaucoup de faits dignes d’être mentionnés , et nous
en avons supprimé d’autres pour abréger. Ce que nous
178 mémoires
avons rapporté suffit pour montrer le vaste champ lou^
jours ouvert à ceux qui cultivent la science de la nature
organique. Sans doute on peut objecter que plusieurs de
ces recherches n’offrent pas un but immédiat d’utilité ,
mais on écartera facilement cette idée en réfléchissant
que l’ien n’est indifférent de ce qui peut éclairer sur la
nature et les opérations delà force vitale. Tout fait bien
observé est une acquisition précieuse , au moins pour vé-^
rifier les théories qui règlent les pratiques les plus impor¬
tantes; enfin, quand ces travaux n’auraient pour résul¬
tat que la connaissance de la vérité et le développement
des sciences où l’esprit humain s’exerce si noblement, il
faudrait encore s’y livrer avec l’espoir d’une gloire bien
méritée;, car après le pouvoir surnaturel qui tire les êtres
du néant, on doit placer. au premier rang, le génie de
l’homme qui a pénétré la pensée du Créateur.
^ômpive sur les métamorphoses que l’œuf éprouve dans
les cinq premiers jours de son incubation ; par C. II.
iPA)Si)]?n. , 18.17. — Communiqué par
iff. Bbeschbt (i).
L’oEüf qù’on soumet à l’incubation sera couvert seule¬
ment d’eau ; et cette eau sera ehaude lorsqu’on s’occujiera
(1) L’histoire tic l’évolutiou organique est ùii des points de physio¬
logie dent les Ailemands se sont occupés , depuis ia fiu du dernier
siècle et le commencetticnt de celui-ci aveç le plus de zèle et de poni-
tinuiic ; c’est à eux que la physiologie est rcdevid>le des, connaissances
exactes et étendues que. l’on possède sur cette partie. Ce genre de re¬
cherches est , Sans éontredit , éelni qui , avec l’anatoraie comparée et
l’auatomie pathologique , firent foire le plus de progrès à la physiolo¬
gie et par suile à la médecine, Eneflct, c'est par Pétude du mode ;de
développeraent et d’accroissement des organes poiidanll' les premières
phases de la yie , par celle de la disposition de ces mêmes organes
dans les diverses classes animales ; cullu , par l’étude des vices de cou-
ET OBSEEVATIONS. 1 JC)
du système des vaisséaux et du sang. Ceux qui ne veulent
pas considérer les masses contenues dans l’œuf, mais qui
veulent tourner toute leur attention sur le Mécanisme de
la formation du fœtus, et observer l’œuf avant le cinquième
jour de son incubation, doivent surtout s’attaeher à obte¬
nir , seul et bien isolé de toutes les parties , ce que les alle¬
mands ont nommé blastoderme, qui estle siège et la source
de tous les chaügemens qu’éproùve le fœtus. Pour y parve¬
nir, on retranchèra un segment de la membrane du jauné
autour de la cicatricüle, ou bien du sinus terminal si les
vaisseaux sanguins sont déjà formés j après cette opération,
le blastoderme qui était adhérent à la membrane du jaune
s’en détache delui-même si on les plonge dans l’eau. Déjà,
pour ces seuls préparatifs, on a besoin de divers genres de
microscopes, simples ou composés’, qui grossissent les
objets , les uns plus, les autres moins. Si vous voulez
entreprendre de réussir , soit avec l’œil nu ou avéc l’aide
d’une forte loupe , ayez soin que le blastoderme , plongé
dans l’eau comme nous l’avons déjà dit,- soit comme posé
sur un fond noir. Nous avons fait pour cela grand uSage dé
soucoupes de verre', ou de verres de montre, et nous
posions de petits vases construits exprès par l’artiste ,
formation et par celip des altérations orgauicpies , qu’on parvieiidra à
découvrir le mécanisme des foiictipus, leur degré d’impprtancp apsolnp
ou relative , et les causes matérielles des désordres dont elles deyicu-
nent'lé siège. - . , •
Le développement de l’embryon de l’eeuf à été le sujet des inves->
tigalioiis les plus sput|aues des plus grpuds pliysiologisles , et si leurs
travaux ont laissé â désirer, n’eu accusons que les difficultés nom¬
breuses dont ces recherchés sont hérissées. Citer Malpighi, Haller,.
WollF, Spallanzaui , Bonnet, Swammerdam , Blumeùbach , ’Vicq- ’
d’Azyr, etc., c’est rappeler les noms les plus cherS à la science, et
c’est démoutrePl’importance de la matière. Plusieurs savaus Iruvail-
lent encore aujourd’hui sur ce sujet, et déjà à Londres et à Genève des
découvertes très-curieuses ont récompensé leur zèle. B.
l8o MÉMOIBES
et peints intérieurement en noir. C’est surtout quand
vous voudrez examiner l’embryon avec les instrumens de
l’art, qu’il vous faudra étendre les bords du blastoderme ;
alors de très-petites calottes enduites de cire noire sont
très-propres pour étendre et fixer les plus petites membra¬
nes. Ces verres de montre dont nous venons de parler ont
encore cet avantage que, lorsque vous ne voudrezplus com-
templer l’embryon sur un sol noir , vous pourrez vous en
servir encore pour le soumettre aux microscopes compo -
sés qui ne reçoivent guère . de jour qu’inférieurement.
En fait de miscroscopes , vous trouverez un grand avan¬
tage à choisir ceux dont le point de vision est le plus éten¬
du. Enfin , il arrivera souvent que mettant de côté ces
instrumens, vous vous trouverez bien de vous servir sim¬
plement de la loupe , qni est souvent très-utile pour ob ¬
server de petits objets. .
Cette finesse d’obseryaiion ne concerne que les œufs
qui ne sont pas encore au cinquième jour de leur incuba¬
tion, Passé ce temps , comme presque tout le soin doit
consister à observer les membranes , le succès sera d’autant
plus assuré que vousréjeterez constamment les instrumens
aigus , excepté les ciseaux , dont il ne faut encore se servir
que rarement. Nousn’ajouterons qu’un mot sur les écueils
à éviter , savoir : que , des différons réactifs que nous avons
employés sur les œufs , aucun ne nous a paru être d’un
grand avantage. Quoique nous n’eussions pas sous les yeux
tout ce qu’on a écrit sur le sujet qui nous occupe , cepen¬
dant nous avons étudié avec soin la plus grande partie de
ces ouvrages , et, il faut en convenir , ils në nous ont ai¬
dés que très-médiocrement ; car, dans ce nombre prodi¬
gieux d’auteurs qui ont parlé des œufs en incubation , on
en trouve très-peu qui aient enseigné des vérités utiles.
On distingue parmi eux Marcel Malpighi qui , soit dans
sa Dissertation épistolaire sur la formation du poulet
ET OBSERVATIONS. ï 8l
dans l’œuf, soit dans son Appendice contenant des ob¬
servations répétées et étendues sur L’œuf en incubation,
nous a laissé d’excellentes esquisses, quoique trop peu cir¬
constanciées. Ce que nous devons au grand Alb. de Haller
n’est pas d’une moindre importance {Formation du cœur
dans /e/jott&f, prernier Mémoire >, exposé des faits; second
Mémoire , précis des observations suivi de réflexions sur
le développement et ensuite {Commentarius de formatio-
ne cordis inovo incubatg). Nous ne sabrions assez nous
louer des observations de WollF qui se trouvent en partie
danslo Yme T keoria generationis , en partie dans son
tYsité de fôrmatione intéstinorum inséré dans les Com.
mentaires.de l’Académie impériale des sciences de Péters-
bourg, ,tom. Xll et XIII. Mais quant à ce qui regarde
l’aréole vasculaire et la circulation du sang qui ÿ est très-
remarquable , Spallanzani est te seul qui lésait bien con¬
nus , de' fenomeni délia circolazione ; in Modena ,
1 773. Nous ne.dèvons pas oublier non plus les observations
soignées de l’illustre chevalier de Tredern : Dissertatio
inauguralis medicasistens ovi aviumkistoriœetincuba-
tionis prodromium.
§. /. — Le jaune renfermé dans le blanc de l’œuf n’en
est séparé que par une faible membrane séreuse qui te
contient , et n’a avec lui qu’une connexion analogue à la
pierre enchâssée dans l’or, comme le pense M. Léveillé.
A la surface du jaune on aperçoit une, petite tache blam-
che qu’on appelle c.tcaïrtcttfe ; quoiqu’elle ait été assez
connue depuis long-temps, et qu’elle ait reçu dilTéreus
noms de divers auteurs, ancun n’a recherché avec
assez de soin ni son siège, ni son origine. Nous avons ob¬
servé : i.° que la membrane du jaune présente à l’endroit
de cette tache une ténuité et une transparence remarqua¬
bles ; 2.° qu’il y a une grande, différence entre les cicatri-
oules des œufs propres à l’incubation et ceux qui sont
i82 méhoibes
stériles. Dans'leS seconds i la tache paraît plus petite , plus
blanche , granuleuse ët imparfaitement ronde , et est pro¬
duite par un petit globule de matière blanche f qui est
incrusté dans le reste de la masse du jaune , et s’en dis¬
tingue surtout par sa couleur. Dans les! premiers , au con¬
traire, cette tache estpifis grande : d’environ deux lignes
de diamètre , d’un blanc plombé et exactement ronde ; le
jaune, à l’éndroit où il l’entoure, forme un petit cercle
tantôt plus grand , tantôt plus petit , d’une couleur plus
foncées niais la tache est entqurée d’ün bord plus pâle
qui souvent en renferme un autre un peu plus blànc s et
toujours le point blanc occupe leur centre. Æmilius Pari-
sauüs la regarda comme le germe du poulet ; Harvey,
Langley, Maître-Jaru l’appellent cicatrice ; . Malpighi la
nomme follicule ; Goitor , le point où le rond ; Vesling , la
tache blanche ; Vicq d’Azyf , la cicatricüle , le germe ;
Haller, le follicule dù jaune et le cercle du jaune; Tie-'^
demànn , cicatrice , tache ; Illiger , point du germe , par
quoi il entend un point saillant. ) '
La membrane du jaune étant enlevée on découvre
aisément que la tache dont il s’agit est comme contenue
dans un tapis proportionné , formé de très-petils grklns
qu’on peut voir à la loupe , représentant un disque peu
marqué, qui est disposé de telle sorte qu’il repose sur le
jaune par sa face interne ,^et touché h sa membrane par
l’externe,, Ce tapis, qUe nous appellerions volontiers mem¬
brane, sans son extrême mollesse', peut être détaché aisé¬
ment du jaune , excepté dans son cëntrequi tient davantage
au globule subjacent, semblable à celui que nous avons
trouvé seul et à nu dans les oeufs qui n’étaient pas destinés à
l’incubation: de Sorte que; si l’on vient à les séparer de
force J où le globule ou le tapis sont déchirés, La cica-
tricule n’est donc rien* autre chose que la ' surface nxté-
rieure de Ce disque., que la transparence: de la membrane
ET OBSERV>ATIONS. l85
du jaune laisse apercevoir ; et le centre plus blanc de la
tache dépend du globule déjà mentionné, '
Cela posé , nous distinguons deux choses dans la cica¬
trice : 1,“ le disque ou le tapis membraneux} 2.° le
globule central qù’il recouvre et que nous appellerons
désormais noyau de là cîcatricule. Pour ce qui est du
tapis membraneux , il est d’une très-grande importance
dans la formation du poulet; car, outre qu’il est le siège
primitif de l’embryon , sa- substance même contribue
beaucoup à son développement: aussi dès à présent l’ap-
pellerons-nous blastoderme. Aucun auteur avant WollT
ne parle de ce blastoderme, et Wolff lui-même dit qu’il
commence à paraître au moment ou le poulet commeirce
à se former; « mais certainement il est le premier à paraî-
n tre , puisqu’il se forme , sinon avant l’embryon , au moins
» en même temps que lui ; car on ne voit jamais ce der-
«nier, que l’on n’observe cette auréole autour de lui, Ge-
» pendant , il m’a semblé voir, dans les œufs couvés depuis
» environ 12 ou 18 heures , cette fossette vide sans aucune
»;trace d’embryon, et dans d’autres œufs de la même
«époque, j’ai de même vu un, petit disque dans lequel
« pourtant un rudiment d’embryon je dis un simple ru-
« diment, était renfermé. » Tout le reste des écrivains se
sont si fort éloignés de la vérité , que la plus grande con¬
fusion est née de la diversité de leurs remarques et do
leurs dénominations j de sorte que le blastoderme est , en
même temps , la cicatricule de beaucoup d’auteurs , le
col/xqufltracMtttTO de Malpighi , Langley , Harvey , Ife petit
sac àxkcolliquamentmn de Malpighi, l’œil de l’œuf d’Har¬
vey , le lit du poulet' de Maître-Jan , le petit sac du jaune
de Haller , le chorion de Fabrice d’Aquapendente , l’am-
nios de Malpighi et de Haller dans l’édition française; et
ce qui est incroyable , tous les auteurs qui , depuis Wolff,
ont.traité de la formation du poulet , no font pas mention
de CO corps.
l84 MÉMOIRES
§. Il , 8.”' heure. — Le noyau est augmenté et s’en¬
lève plus aisément de dessus le jaune ; mais il tient en¬
core au blastoderme. Celui-ci est un peu augmenté ; mais
si on l’isole avec précaution de la masse du noyau , qui lui
est adhérente , on Aperçoit à son centre un petit point
transparent, le blanc s’éloigne dè la cicatricule en don¬
nant passage à la membrane du jaune jusqu’à la face in¬
terne de la coque. Malpighi a vu le fœtus dans l’osuf,
avant qu’il fût couvé , dans un petit sac éomme dans un
amnios : i lorsque je l’exposais, dit-il , aux rayons du so¬
leil , je voyais le fœtus au-dedans. » (Voyez aussi son Ap-
pendiæ , qui contient des observations nombreuses et
étendues sur l’œuf en incubation. Tab. i , fig. i , pag. 2 ) :
n jn colliquamento pulli carina candidts delineata zonis
DÎnnatabat. » Après six heures d’incubation , dit-il en¬
core (de jPoî’ma#. pulli, pag. 5) : a In medio pulli ca¬
ri rina una cum capite innatabat. 'i Et à la page 2 , fig. 2
de i’ Appendice : « Pulli cariflæ et capitîs inchoainenta
nzona specteemergebant, in eolliquamentoplumbeicolo-
n ris innantia. n Lancisi a vu à la même époque les vaisseaux
ombilicaux et le cercle qui entoure le liquide. (Sur le mou¬
vement du cœur , pag. 87. ) Il n’y a aucun doute que ces
observations n’aient été bien faites ; cependant , il est vrai -
semblable que ces deux auteurs se trompent sur le temps de
l’incubation ; car , nousrmême , ayant ouvert , au moment
où nous les recevions , des œufs qu’on nous donnait comme
n’ayant jamais été' couvés ,’ nous avons trouvé des fœtus
d’un , 'de deux, dé trois , de quatre et de cinq jours , chez
qui le cœur battait encore manifestement j et ainsi le déve¬
loppement très-précoce que Malpighi et Lancisi trouvaient
dans les œufs qu’ils examinaient , ne doit pas certainement
être attribué au ciel plus ardent de l’Italie , comme l’ont
dit les auteurs , mais à une erreur.
§. ///, J 2.“'” heure. — Le blastoderme accru du dia-
ET observations. i8S
mètrede3-4iigûes, adhèreà la membrane du jaune ; cette
membrane étant détachée, il s’enlève avec el}e en laissant
tout entier le noyau sous-jacent auquel il tenait. Pour pou¬
voir l’examiner , il faut plonger dans l’eau la portion dé la
membrane du jaune à laquelle il adhère ; avec cette pré¬
caution, il se sépare aisément.
Le point transparent qui occupe le centre du blastoderme
est aussi accru , ef de circulaire qu’il était , il commence
à devenir pyriforme ; d’oü il arrive que l’on peut déjà. dis¬
tinguer deux régions dans le blastoderme , l’une interne ,
ou moyenne , que nous appelons avec WollTle disque
transparent ; l’autre , comme une zone opaque qui l’en¬
vironne , que nous appelons le disque opaque, Le disque
transparent se laisse voir distinctement à travers lé noyau
blanc de la cicatricule 5 ce phénomène a fourni à Malpi-
ghi l’occasion d’imaginer, de belles hypothèsés. et d’admet¬
tre des erreurs. ( Haller a décrit ce disque transparent
et l’a appelé le nid du poulet. « Maintenant , quand l’œuf
«est fécondé, une partie du jaune très-voisine du fœtus
«paraît tendue et plus claire, à travers laquelle on apér-
.» çoit la couleur du jaune en rapport danstoute son étendue
» avec l’amnios , et dépourvue de vaisseaux visibles. Elle
-« est couverte comme le reste du jaune par cette petite
Ji membrane , que j’appellerai le nid du poulet .laquelle est
i) intimément collée sur elle, je suis persuadé qti’alors ce
,»nid conserve toujours la. même forme, après avoir quitté
» celle d’un ovale pour prendre celle d’un rein semblable à
71 la figure que formeraient deux cercles unis par deux lignes
7> droites, ce qui revient à-peu-près à celle d’un pilon. Gepen-
» dant , quelquefois elle représenté une ellipse , un cercle
avec une espèce d’appendice ; d’autres fois deux cercles
» inégaux , ce qui la présente comme difforme , le bout supé-
o.rieurparalssant jene sais commentanguleux; l*inférieur est
,» tronqué ou l’un des cercles manque , de sorte qu’il ne reste
i8B MÉMOIRES
« plus qüé la figure d’une phiole; mais dans le plus grand
j)noml)re,des ôbserÿàtions , il e^t dit qut’elle a la forme
ï.d’un nid, cummie, je fai dît ,, et (fgst -la description la
smeifleure. Souvent même les autres figures moins con-
» formes ¥la nalute . reprennent la première d’elles-mêmes ,
set par le repps seulement. Ici arrive la 12.“° heure dè
» nos expériences. ) »
Maisce quiméritela plus grande attention, c’est la comi-
position du Màstoderme qui Se ‘forme de deux couchés.
Cette memhrane consiste, , avant rincubàtion , en une
couche mince de petits grains qui tiennent les uns aux
autres par leur viscosité ; par les progrès de Pincuhation ,
il s’y ajoute ùne autre couche,, très-faible , il est “vrai,
mais cependant aSsez résistante pour que vers l’heuré dont
nous parlons . le blastoderme-nc puisse se cKviser en deux
lames qu’au bout d’une longue macération. L’interne dé
.ces feoillets , celui qui est le )plus rapproché du jaune sera
appelé le primitif , le granületix , on men^bràne pituitaire -,
l’extérieur , au contraire , ou la secondé i celle qui eSt
entièrément homogène , lisse ét égale , recevra désormais
le nom de Mentbrane sér^e. Parmi ceux qui ont connu
que la déridère Couche de Wdlff n’était autre chose que
la membranepropre du jaiine . personne il’a douté certai¬
nement, qüe l’une et l’autre de ces jcouches né difTèrent
entîèreïpetiticles deux cqucfoes de ' la membrahe vasculaîre
dont parle car il dit dlaitement : •( « On nepeut ,
enaUcune sorte , la rapporter à'I’envèloppe propre'del’em-
bryon , mais elle constitué la membrane commune et'plu-
i&t Celle du jaune , qui pourtant renferine'I’emhryoh avec
le. placenta.^) »
Ces deux membranes ConstitueÉit fout le ib toorfcrme,
et existent i^galéinent sUr le disque transparent et sur ce¬
lui qui est dpaqüe.'UVec ctttte ^lilé différence que sur le
disque transpatetlt , taTiiein(brahé‘pituiteU'se est'beâUMOup
ET OBSERVATIONS.
plus tendre que sur la zone; opaqué. Lés cercles, naissent
autour du jaune. En général, on donne ce nom à une
couleur dilanche dessinée en circonférence autour dé la
tache centrale ; nous aVons trouvé qu’il.fallait distinguer
deux sortes de cercles , car Une partie est produite pat le
blastoderme; son limbe plus pâle s’aper^it à travers la
membrane du jaune ; il n’est pas rare dé voir aussi dans
son intérieur une petite zone blanche. Ces cercles existent
déjà avant lUncùbation , et , pehdantqu’ellp a lieu , ils sV
grahdissent en même temps que le blastoderme. D’autres
cercles , au nombre de deux ou de trois j naissent le pre¬
mier jour de l’incubatioh dans le jaune même ; ce sont de
petites circonférences , d’un blanc plombé, adhérentes à
la massé même du jaune, nées de lui par rjpcubation ;
cependant leur extérieur .répond toujours, pu .]^ord du
blastoderme. :(:Malpigbi a &,it voir combien ces cercles
présenjtent de;variété i et personne R’avait; encore dévoilé
la structure et l’usage .de ces .dercles. ) . .avoue ,
dans jSon m est dans
.l’ignorancè sur ce poipL .« .sfc .?m sqfcS pus cïî e^et çe çm
!> sign.{/lent:;{^ ceve/es/, mm /ik paraissent pas élre
3>aa7is rapport avec (^ système vasculaire, » Ce qui;.®t
cépendant&ux. « J’éi aperçu, distinctement popr lapremière
» fois , à la douzième heure j j^t, Haller , le fœtus enveloppé,
Xête d’une .'grosséup ..dém^SHtée ppsée, le folii-
i ouïe , . ensuite .sa queùe fi0urpantjie.diaw.étre4u follicule ,
■set plus mincélquévMalpighi ne : l’a représentée ,; et des
. J) heurés:àubséq«ente8vjjC,onstam.m.eRt;bus^ lapartie iqlë-
js rieureideiCq corpusQuJlé, e# <m^n§; P.lalj’o.WfPt dessipée
j et comme grouillée. i vüEt.aiHours :.,,« Déjè è la ,;Tingt-
wqjipirième: hftuip én . apeKç,oit upe différence comjmén -
.ï.çànté eatte le fojtus.et l’apipios dpps les ibonsr; œjjil >
, )!:^r Jâ qpeUe^paraît fendfté) dansitputéign Ipp^ppup, jdjlp-
».tée yersia fméifttïéunié é» forme isfePAPv » iTiedpipPM«
* i5..
i88 . mémoires
dans sa Zoologie , dît : « La tache est devenue à pré-
»sent (au commencement du deuxième jour), un peu
«plus grande , et forme en dehors une petite saillie. Son
I) excavation vésiculaire est remplie d’un fluide transparent
)) clair comme du cristal, dans lequel on remarque, vers
»la trentième heure, un corps longitudinal , trouble et
» nébuleux , qui est le premier indice de l’embryon qui
» se forme. En l’examinant de plus près, avec le micros-
ïcdpé, l’embryon; a la forme d’un petit fil gélatineux
-)) étendu , avec une extrémité en forme de masse. » Oken ,
danS'Son Traité d’histoire naturelle, dit : « Vers le mi-
»lieu du second jour la cicatricule contient de l’eaufluide,
» et dans celle-ci le germe gélatineux déjà visible, sem-
sblable à-un fil , avec une extrémité, se terminant en mas-
D'sue , la tête. » Nous ne savons pas comment ces observa-
teurs s’y sont pris pour trouver cette gélatine nageante.
IV , 16.“° Aewre. Le disque est transparent,
■ oblongV pyriformeet long de deux à trois lignes. On y re¬
marque deux lignes plus obscures , parallèles , qui portent
deux plis que le blastoderme forme auprès de la coque.
Ce sont là les premières traces de l’embryon naissant ;
ils - portent avec raison le nom à^ plis primitifs.. Quant à
l’espace qui existe êntr’eux , nous l’appelons: avec Mal-
pighi la quille ou carène, spatium carinatum.;! ! . ;
- Ces plis , à l’extrémité tournée vei^S le bout le plus
> obtus du disqüe transparent , se réunissent bientôt après
leur naissance, en se recourbant J vers, l’autre extrémité
au contraire , Us s-ouvront en s’écartant l’un de l’autre.
Pendant que ceci arrive , le disque transparent change
peu à. peu de forme 5 en se dilatant ; la partie la plus
grosse' s’amincit , et ainsi la figüre de poire se change en
celle que Blumenbach compare avec justesse à un biscuit ,
■ et nous à une solè. Entre l’un et l’autre ,
non loin de leur naissance et dé leur réunion, naît un petit
, ET observations. iS^j
filament blanc', que bientôt nous reconnaissons très-bien-
polir être la moelle épinière. Vers la réunion des plis primi¬
tifs , la moelle de l’épine se termine en une petite tête , et
de l’autre côté en rhomboïde. Le disque opaque du blas¬
toderme est partagé de nouveau en djux zones distinctes :
l’interne, plus étroite, plus prononcée , jaune , rugueuse
et comme grumeleuse, est séparée de l’extrémité plus
large par un cercle d’un blanc uni.
■ La zone interne décrit par son bord interne la figure
du disque transparent, et représente également un bis¬
cuit ou une sole , et par son bord externe elle est .con=-
tiguë à la figure elliptique de la zone extérieure; les cèr-
des sont aggrandis , le noyau s’enfle , se sépare aisément
du jaune et montre l’impression de la fossette à sa sur¬
face, tandis qu’auparavant il y était uni avec le blasto¬
derme. • • • . '
§. F, 20.“' /lettre. — L’embryon constitué par les
plis primitifs et la moelle épinière , né du blastoderme ,
et fixé d’une manière solide au sol natal , présente ma¬
nifestement deux extrémités, la supérieure ou celle de
la tête , où les plis se sont réunis, et l’inférieure ou
celle de la queue , où les plis restent écartés.
La première se recourbe un peu vers l’intérieur de
l’œuf au-dessus de la petite tête de la moelle , et forme
ainsi un pli très-petit , transversal et semi-lunaire. Cette
ligne transversale résulte, i.°de deux plis primitifs qui s’é¬
lèvent , comme de petites cornes , dans l’angle d.e la flexion
à cause de l’élévation nécessaire ; 2.” depuis l’arc qui termine
le pli et qui réunit, leur pointe, depuis le point où le
blastoderme replié, de nouveau réfléchi et 'étendu, se,
continue sur le disque transparent , outre que les extré¬
mités des plis , renversées l’une sur l’autre, transveçsaler,
ment , s’infléchissant tant soit peu sur les côtés deVeipr;
l)ryon, descendent vers la queue ; 3.” depuis .la mem-
1^6 11 É ni 0 IR ES'
bratië iûlefposée dux deux réplis dë l’espàce-àppèlé quillé
ou carène.
Quand ïé btestodérîné est jpartàgé par la tnàbët'âlidii ëtt
deiix nieiiiibranèS , dont il èstfornié, et qu’on èxâttime àa
microscojié le feuillet sébetix,' oh voit à sa Sürfaéë iià-
tërne , par laquelle il tient aü feuillet inüiqüeuX , uüe
sorte d’eüduitténuët adhérent à des globülè's trèS-minCes,
égaux partout ét tranSpaférisV Cet ënduit glob'üléüx n’ëst
pas répàhdu sur tôuf le blastoderme', ihais seulement il
oCëüpè le disque trâffsparent et la zone ihtérîeürè dii
disqUe opaquè , de sorte que la division ett deux zohës du
disque opaquè ne pro'i^îent qüè de cétte couche , dont le
bord ' sépaVe la ione rhfétieui'è de rextériédré.- ■ -
' La haétamorphose dë celte côùche est tr'èé-i'emàrquà-
blëj car vers là dbùzième heure on n’âpërçoit plus une
couche complète, mais de petits tas de globules comme'
dés espèces d’îlës , qui , ëh se raprdchànl , fôYmeht une
nôiivelle couché, et se changent de riouVéau èh îlés^de
s'àn'g et eh vaîsseaùx sah'gïiîns , révêtant la haturé de
cette mémbr'ahé propre qué nous appelons vaSc'ù'lèusé ,
ét cohstituà’ht la troisième lamé , c’est4-diré, la lamé
moyenne du blaslodérihe.
24.“” — Sur les côtés dé l’émbi'yon
hàisSeht les i^udiméhs des vertébrés sus'peMùS aüx plis
primitifs ; la forihe dé là tâché' est p¥ësqüé chr'rée , dé
cOuleür jàhhé , àvëc dés inteWalles blahcs ét séparés èri
déüx ïigàés parallÉés.
liés plis primitifs , âupaVàVàüt droits i Se reploîéht éh
sdg-zàg ét deviennent comhàë ohduléüx. Ce qüi fait que
^espacé de la qUiltë sé partagé eh uné suite dë célluléS.
Veits réxtrëmîté du pli qui regardé la 'queue, ils s’éloî-
güëht l’un 'de l’aütré eh divergeant, ét forhiént une ar-
cdflë impârifàite àütoür'du rhombé dé répïhe dü dos.
L’éé cërcléS se sont ag^ràhdis et élargis , ils sé touchent
ET OBSERVATIONS. I9,],
de part et d’autre , et présentent quelque chose d’ondu-
leux,
§. y II, 3o.““ /lettre. Les plis primitifs qui, d’a¬
bord séparés , laissaient entr’eu^c la moelle de l’épine ,
commencent à se tourner l’un vers l’antre, surto.uj vers
le milieu , entre la tête et la queue ; tandis que cette in-,
clinaison se lait, les bords des plis se rapprochent la
moelle de l’épine en est recouverte, et dès cet instant,
ils croissent ensemble. Mais , cette inclinaison , ce rappro¬
chement des bords , et leur réunion n’ayant lieu qu’eu
milieu, les mêmes plis dont nous Rvpns parlé , au mo-,
ment où ils se rapprochent de la dilatation rhomboïdalet
de la moelle épinière , continuent h ^tpe distincts ; et
vers l’extrémité qui regarde la tête , ils conservent leurs
sinuosités tortueuses et forment un&série de trois ou quar
tre cellules de grandeur progressivement croissante. Le
pli transversal , peu-à-peu dilaté et prolongé , descend vers
l’extrémité opposée „ et forme l’enveloppe de la tête ,
comnae l’appelle Wolff. Il faut observer qu’en • effet il y
a deux plis transversaux , le premier ou le supérieur ,
qui nait de la réflexion du corpuscule de l’embryon, et
le second ou l’inférieur que forme la réflexion du blas¬
toderme qui se déploie de nouveau sur un plan uni ;
le. premier s’élève au-dessus de çelui-ci. Maintenant
pour ce qui regarde le pli supérieur , il sert lui-même è
constituer le corps de l’embryon j mais pour le second
ou f inférieur , si vous tirez l’embryon .de l’œuf avec le
blastoderme , que VOUS le niettiez sur le dos , et que vous
le considériez par sa; face interne ou abdominale , vous
verrez quülcouvre la.première etque c’est précisément cette
membrane qui s’alonge à mesure que le fœtus grandit, ,
, Lp cœur apparaît sous l’enveloppe de la tête comme
une poche ohlougue. qui n’a point encore de limites qep--
taines.
iga MÏMoiiiÉs
La couche globuleuse adhérente h la memhrariè séreuse
offre l’aspect d’un réseau ; car des lignes tranchantes
joignentles globulès ens’ehtre-coupant.
Le diamètre du blastoderme est de six à huit lignes.
Les cercles ont présqu’entièrement disparu , le noyau
est àugnienté. '
56.“° heure. — Les cornes des plis primi¬
tifs , qui font saillie dès qde ce pli devient transversal ,
sé rapprochent tout-à-fait , et tandis qu’elles croissent ,
elles circonscrivent un espace circulaire d’où sortent
le front et le bec du poulet. De chaque côté de cè cer¬
cle naissent deux autres espaces arrondis , qui , pendant
quelques instans placés en arrière , paraissent comme des
dilatations latérales du cerclé naoÿen ; ce sont les pre¬
miers ru dimens dés yeux.
■ Lé cœur s’est rétréci, et estdevénu un canal cylindrique ,
droit v dtdé dans lai région cardiaque dé Wolff, montant
jusqu’à'latête. La couche des globules est partagée en plu¬
sieurs îles ; les îles elles - mêmes prennent une couleur
jaunâtre ; mais les'globules constituant l’anneau terminal
ont une teinte rouge. - ' ,
IX , heure. — L’extrémité de la tête, (car
nous appelons supérieure la région qui regarde le blanc) ,
qui la première a adhéré au blastoderme et pouvait eh
être détachée d’en haut à l’aide d’une aiguille . est main¬
tenant enfoncée dans la petite fossette que forrhe le haut
du blastoderme , qui s’élève au-dessus de la tête , de sorte
que voiis pouvez retirer la tête de cette excavation. Le
pli, formant le bord de cette fossette , est le commence¬
ment de 1-amnios. Le cœur, placé au*côtë gauche, se re¬
courbé aü moyen de’ deux rétrécissemehs ; il est divisé
quoiqu’imparfaitèment én trois vésicules , et coihnie four¬
chu à sa partie inférieure; il finit par deux extrémités
très divergentes.
ET OBSERTATtONS. 1^5
La gaine de la tête se prolongé jusqu’à la di^isioi^,
du cœur en deux branches, et forme en cet endroit , la
fossette cardiaque qui conduit en arrièrede .Uéecr dans
l’œsophage î les angles latéraux de cette, gaine, font une
saillie remarquable , en se dirigeant vers la queue à la
partie inférieure du fœtus. Maintenant nous trouvons
une portion du blastoderme qui a été repliée , c’est celle
qui doit par la suite former la gaine de la queue ; c’est à
Cette portion que Wolfif a donné le nom d’enveloppe de
la queue, dont les bords descendent sur les cotés de
l’embryon et passent les plis qui viennent de la fosse car¬
diaque.
Les îles rougissent et se réunissent en se prolongeant
en réseau. La membrane du jaune , ou le blastoderme qui
la recouvre , est devenue Très-mince.' Le .blanc s’éloigne
entièrement de dessus le blastoderme , qui est formé., et lui
livre un libre passage jusqu’à la face interne de la cpque,,
'§. X, 48.“° Aewre. — Les bords de la fossette ,pfi
se loge la partie libre supérieure du poulet, se sont tel¬
lement accrus que , sous la forme ; d!une . gaine terminée
par un rébord sémilunaire , ils couvrent toute .cette ré.-
gion par derrière. '
Le fœtus quittant sa position verticale , .et par sa
partie supérieure se tournant un peu, à gauche , ; com¬
mence à se recourber du côté de la: tête,. de. manière que
les régions du sinciput et de l’occiput deviennent, appa¬
rentes. Quant à la couche globuleuse dont nous ayons
parlé , elle se change en une membrane vasculeuse revêtue
de part et d’aUtrcde deux lames du blastoderme». -, Car
.les' îles de sang se^ réunissent en rigoles , revêtent, les .faces
et forment ainsi des vaisseaux ^sanguins , qui ;so.nt:réunis
de nouveau par une lame mince ; le blastoderme se .opm-
pose donc déjà de trois couches.
Les cellules que forment à la tête les plis primitifs, es¬
pacés, et flexueux se remplissent de vésicules formant une
194 laiMoiREs
eavité Subdivisée quoique eontiuue. G’est dans ces vési¬
cules que naît le cerveau j on en voit une en arrière ^ plus
longue ÿ dans laquelle se loge la moelle alongée ; dans
celte ifüi vient ensuite , les corps quadrijumeaux; dans 1%
suivante , plus petite et plus resserrée , les bras du Cer¬
veau et leS' couches optiques ; enfin dans laplus antérieure ,
qui est encore élargie , les hémisphères. .
Dans la région inférieure , du côté où le blastoderme
regarde te' jaune', on voit de chaque côté du poulet où
tous observez déjà l’abdomen , des plis prolongés , deux
eittèrnèS et deux antres internes. Les plis externes sont
formés de toutes les couches du blastoderme prises en-
setnbte > et les intèrnes' dés' couches vasculeuse et pitui¬
teuse, sans que la couche séreuse y: con tribue. Les plis
ëxtérîeurs^forment les bords de rabdomen qui est ouvert
dans toute son ' étendue ; mais Comme dans la suite ils
cbntribüërtt à la formation des intestins , savoir , par les
couchés pituiteuse et vasculeuse-, et de plus aux patois de
l’abdomen par leur couche séreuse , nous appelons les
premiers plis intestinaux et lès seconds abdominaux. Mais
les plis intérieurs , qui en se, réunissant forment le mén
sentère , doivent porterie nom de mésentériques. La, poche
cardiaque représente une vaste cavité ;et un véritable, ori¬
fice Ouvert ,xommuTriquant avec la partie supérieure du
téntriCüte ouvert ; sa figure est à-peu-près ovale v ronde
et plusdarge en haut , plus rétrécie sensiblement en bas ;!
les plis intestinatix venant du premier sens et tes mésen-
térîqües du second descendent sur tes deux côlés du fœtus;
et finissent sur la partie inférieure de l’enveloppe de la
queüe. Lés parois de la gaine de la queue , se rapproGbanl!
réciproquement de plus en plus ; la gaine èlleT'même pro¬
longée davantegé éri Icingueur,' produiseUtile commence-f
ment de l’intestin rectum. : , v
Enfin les reins eux^mêmes adhèrent auXipUs mésenté¬
riques , qui, comme on voit et comme le dit Wôlff, repré-
ET OBSERVATIONS. ïg&
sentent non seulement l’origine du mésentère j mais lë
commencement des réins eùx-mêmesj :
Le cbetir présente un canal courié commè un fer à che^
val ou de forme parabolique , et fait saillie en se*téc6üt'-
bant au èôté gauche du fœtus:
5..'“°yottï*.-^Le;blastodeÉme s’èst accru ; il égale
la moitié du jaune.Le disque transpareàt ; dont les limites
étaient jusqu’à présèüt bien tranchées, a perdu sa forme
régulière, est devenu plus alongé et pointu en hautetën
bas. A la pface des cercles qui avaient déjà disparu à la^
heure , tout lé jaune’ sous-jacentaühlastoderme s’est
fondu à l’endroit le plus rapproché du fœtus , et sous la
membrane vasCttleuse ést renfernoiée une matière blanche ,
liquide et tOuM^fait semblable à du lait: ^
De ce lacis de vaisseaux sont nés mainténsmt des vais¬
seaux sanguins ; dont les troncs et les rameaux se dessinent
élégamment sur la membrane vasculeüsé; les troncs loù-
cAeUtau fœtus , les rameaux très-déliés s’anastamosent'
entré èux et avec un anneau terminal. La membrane vasi-
culeuse a dés artères , des veinés et un sinus: Lés troncs
dés artères -sortent du milieu du feetus > sous un angle
droit ,' et bièntôt se divisent en trois ou quatre branches ;
ensuite elles seramifientprodigieusement , etpar une foulé
innombrable de rameaux elles gagnent le sinus terminal v
où forment une : muldtude d’anastomoses avec lés der
niers rameaux des: véihes.
L’anriéâu sanguinp terminal , qu’on appelle veine termi-'
nale, quoiqu’ellé manque absolument de parois , et que :
ce soit nh simple filet de' ' sang renfermé et contenu dans
lès couchés du blastoderme , imparlaitemént circülaire à.
la 5ui' ‘heare, se réfléchit en fortne de cœùr sur la tête i
du fœ'tusi De: ce sinus sanguin naissent deux où trois Vei-'
nés ’allàftt vers le fœtus , disposées de ^manière que leur
directioh correspond à’ l’axe du fœtus. î-La; prenaière est
supérieure , descendante et ordinaircraent double , et . la.
196 . . MiMOIRES
CQntinuatiou imnaédiate du sinus terminal ; elle descend
de la partie supériQure des environs de la tête , tombe sur
la gaine de la tête :et se rend au cœur dans la région où
il est situé ; s’il y en a deux avant cette réunion au cœur ,
elles forment un tronc unique et court. La seconde , infé'
rieure , ascendante , naissant par des rameaux déliés de
la région opposée du sinus terminal, monte sur la queue
et se réunit avec les descendantes très-près du cœur.
Le cœur, situé au côté gauche du fœtus et couvert par
la gaine de la tête (en enlevant celle-ci on voit mieux sa
structure) , consiste en trois vésicules réunies par trois ré-
trécissemens.
La première de ces vésieules est l’oreillette , la seconde
le ventricule , et la troisième le bulbe de l’aorte.
L’oreillette .oblongue tient aux veines inférieurement ;
supérieurement elle se réunit avec le ventricule oblong
par le canal auriculaire qui l’abandonne dans une direc¬
tion transversale. Le ventricule est très-éloigné du fœtus ,
et vers le bout .élargi, par où ilreçoit le canal auriculaire,
il.ressemble à un nœud entortillé. Le ventricule , après un
rétrécissement très-étroit , se métamorphose en bulbe de
l’aorte qui est plus large , d’où un canal mince, étroit
et; cylindrique , forme en se terminant deux ou trois ra¬
cines de l’aorte.
L’aorte , après avoir subi une grande courbure jusqu’à la
fosse cardiaque , forme un tronc unique , et là se partage
en deux, dont chacun couvre de son côté les vertèbres de
l’épine du dos , et en se rétrécissant semble se perdre vers
la queue.' Il naît de ces artères , au-delà du milieu du fœtus ,
deux artérioles latérales de la membrane vasculeuse dont
nous avons déjà parlé. On voit déjà évidemment com-‘
ment se fait la circulation du sang. Ce fluide est chassé
du coeur ; à travers l’aorte , dans les deux artères latérales ;
de leurs dernières ramifications il passe , soit dans le sinus
lerniinal , soit dans les rameaux les plus déliés des veines ;
ET observations. igy
de là, il est reçu par les veines et révient au cœur, par les
veines ascendante et descendante. Il faut remarquer quatre
côtés dans le sinus terminal ; deux de ces côtés , en face
l’un de l’autre , s’accordent entre eux, quant à la direc¬
tion du sang, savoir, deux latéraux et deux autres qui
correspondent l’un à là tête et l’autre à la queue. Tel est
le cours du sang , et il a déjà été décrit par Spallanzani.
A duabus plagis lateralibus truncis arteriarum è. dia-
metro oppositis sanguis , qüem sinus arteriarum ramis
suscipit, utroque versus diffluit , ita ut pars plagam
caudalem , pars capitalem petat , quasi in tali plaga ,
adessùt punctum , ubi sanguis de itinere eligendo. dubius
hœreat. Sanguinis pars in sinus terminalis quàdrante
superiore dextro ad venàm descehdentem dextram , in
quadrante superiore sinistro ad veham sinistram per-
tingit , vena ascendens sanguinern ex utrâque . qua¬
drante inferiori «Msctpt# (i/i^L’embryon , ayant le col
recourbé, s’incline dans la partie supériéure vers le côté
gauche, et sa tête est situéô de manière que l’occiput re-
igarde en avant et le sinciput du côté du cœur; vers la
partie inférieure il est couché en avant. Il est recouvert
jusqu’à la fossette cardiaque par la gaine ' dé là tête ; delà
il est à découvert jusqu’à la queue. Là moelle épinière , ren¬
fermée dans ses plis primitifs , constitue l’axe de l’èm-
bryon; l’enveloppe de la queue» avéc les vertèbres: dor¬
sales et lombaires , couvre la partie inférieure.
(l) « Le saug se meut par jets dans les deus: artères , parcourt dans la
systole un espace moins long que dans l’expérience précédente ; mais
il s’arrête à chaque diastole , et reprend son cours dans la systole qui
suit. Ce fluide conserve alors dansMès branches et les ' rameaux qui
partent delà circorifétenoe , l’impulsion 'communiquée au tronc; mais
il ralentit sa vitesse dans le commencement des ramifications ;qui n’a¬
boutissent pas jusqu’à ce point. Il pe.rd mêtne ce surcroît do mouve¬
ment à' proportion qu’il s’en éloigne , ayant alors un cours uniforme ,
Iigg itÉUOlSES
Daps Je côté àntérieur du thorax , le .veatticule , qiii le
-second îjpuF était dirigé en avant , maintenant regarde
obliquement en bas; il est déjà assez formé'à l’extérieur
pourpouvéîr être manifestement reconnu ; sa formeen effet
est oblôBgue , conoïde ; son- extrémité la plus mince est
en haut,- se continue avec l’oesophage , ensuite ep se re¬
courbant un peu en devant , elle descend et se termine
enBmpar une ouverture -inférieure. Cëtté ouvertUrë du
Tentricule v -qui fut plutôtl’hiatus de la fossette cardiaqUé,
■est enlçurée \d’un.bord mipeè^qûi sè Conïintle èn bas avec
dëS; plis intestinaux.' , - ^ ^ ■
■fierriéte Je ventricule , le toés'entëre , formé des deux
qtlis mésentériques i nés ensemble ët adoBsés se prolonge ,
ide.sorte que les'feùiliets dont 11' est -formé . d^àbord' Unis
etmaintenànt. verticaux, ne ferment plus èri s’unissant
qu’uneyspUlèraembranei •
i (JC L’intestin r6cmwiparaît.infundibuliformé, ayant'sâ pài^-
tSè rétrécie obliquement située en bas et en arrière , "et
•L’embouehure ;en- battt et -eh avant." La- première fornae
.'l’anus ;; l’autrel’ouVerture et la -fossette inférieure , -iÿest
jFenveïoppe de la ajueue; ■ - ' ; • - mi'-.r.r
I • iLe 'bàSsiù imite i la îforme jde Fintestin rectum qu?il Jten-
-ferme; càrcette région du squéléttp jnsé présentant elle-
-même êxtériéureintenf souèforine dlùn; pli, a paru- placée
autour; du pli intestinal ol deFeUveleppe de la queue ; ét
maintenant-qu’iliréunit les plis abdominauXvil rëpréSèH'te
de bord du pubis. • .
•Partant dè' Ce bord , le blâSltidérilàé Sé réfléchil Sur ' la
face dorsale du fœtus et s’y termine p^ üd bprd sémil^-
; flaise. jLa tériPippispu :dé • àe ; ho^d ipajssie,: §iir icetite mem-
brane qui ÿ des plis abdominanx i ,se réfléchît presque "sur
'la Végion dorsale de l’etnbryon , et de là sur la face dorsale
' dé la gaine delà ,t^Je. Çeftè mepiliçi^e qni, est
, Je cojpaienceroept du véritable ;àittnios ,‘| n’est, pas née en¬
core dans l’axe du dos ; et par ce moyen un enfoncement
ET OBSaERiViAiTIONS.
oblong est pratiqué toflt ptès dü dosi duibiord dMqbêJl la
membraae séreuse ’ sé «otitmue sur . Iq Jj'lastbdèïtee rli!)»
Nous lui donnons , le. uom d!atnnios faux àu dp: formation ,
quoique^ nous n’ignorions pas que. iWcdff a désigné; sons : pe
nom une ffihoSe entièrement opposée» ,
Cependant les plis abdominaux et. intestinaqx qui , è
cause jde J’union des membranes séreuse et ;tqseBleusp du
blastoderme . paraissaient formés patelles ^ieblastoderme
restant entier , commepeént à s’interronipre , ikis’entre-
eouper eux-mêmes en divers endroits , surtout; où doit
être le siège des pattes et des ailes ; de sorte que le germe
des extrémités se distingue déjà par ;}’accumulation:de la
matière celluleuse , et que l’on remarque d^à quelque
vestige de là séparation quidoit avoir lieu entre Jesicouches
séreuse et vasculeuse , qùisera .tr^-cvisible le iquatrième
jour , époque où l’amuios est formé de tlà: seule membÉaue
séreuse , et les intestb^^ de ia vascideuse avec lapituiteuse
■qui s’y réunit,'-. . \ ,
. Vers la partie inférieure de l’embryon paraît lune vda-
nule de la grandeur, d’nne ilentiSle ; tendue.; vasco&ufie. ,
remplie d’un liqmdè transparent;; qui seiabJe susp^ndjto
ià iun pédoncule ivasouleux;, elle: n'ait de.'J’eXtrémité, rétrécie
de l’imtèstiü.reotum:,,iàiO!Ù le iassdri pstiCo.iiî®Pt au iGOtù-
mencement ; recevant les àrlècés iimbilicales^isùvcir üjies
ramifications ides .artères iliaques iqpe ’nftïisi avons.iyùes
plus ihaut aiï imoment ioù elleis se rapprOcheïtVdesiyif r-
(tèbres. iCé tte .vésicule porte ordiriairementJe nom de , ïdtt. -
îoeûta i’. mais lOken la .compare à l’aUantoïdeidn&jTOWftHli-
tfères. ■ . ,! ) •! csb séicrr
•JVdllT a cKudes reins isous forme^de dame? iétroites ijlqît-
gitudinales et d;étachées des lames du mésmrtère :.aux-
(i) Tréder». siçstütpiap.é .qBandifa iprasioetlflicontinaaiioii- dp,ia
.mrçibiçape sérrMe.ppvr ouîifsihii) n ■ ,
SOO MÉUOIRE.S
qutellesils étaient unis juâqu’alocs ; les deux lobes du foie
et les résieules du poumon ont été distingués par lui.
: Les yeux'paraissent décolorés , dépourvus: de paupières ;
mnsn’y remarque pas autre chose que. la lentille cristalline,
le corps vitré et les membranes transparentes qui les en¬
tourent , la sclérotique et la choroïde.
XI J yIi.'^°jour. — La membrane propre du jaune ,
;devenue très-mince , cède au blastoderme agrandi ; celui-
ci recouvre déjà presque tout le jaune, excepté cette ré¬
gion vers la pointe de l’œuf oü le blanc plus épais tient
au jaune qui se resserre. ■ ■
■Il existe' un peu plus de la liqueur laiteuse du jaune.
Les.artères ’et les veines- décrites ci-dessus , agrandies,
sont encore remarquables par un sang d’une, couleur uni¬
forme et par leur, rougeur intérieure.
Les artères de;la membrane vasculaire , qui marchaient
: auparavant séparées des veines j rampent maintenant sous
elles , ou à côté d’elles , et en sont accompagnées. « Les
deux artères sont en partie recouvertes par. deux .veines ,
semblables au lierre dont le tronc et. les rameaux embras¬
sent la tige et les branches d’un arbrisseau. Les dernières
ramifications de ces veines tirent leur origine , les unes
- de la circonférence , les autres des terminaisons artérielles,
'sans qu’on puisse déterminer le point, de leur anastomose.
• Il s’est aussi développé plusieurs autres petites veinés qui ,
■ après s’êtré réunies avec les rameaux artériels , se perdent
isolément au-dessous du corps du poussin. Tel. est le
diamètre des ; artères qui se changent en veines , qu’il ne
passe des unes aux autres que quatre ou cinq globules: à
là fois. Le sang veineux et ' artériel a la même couleur.
“Le cœuriS'offi'e à lajvue àda régioh supérieureietv.anté-
-rieure du thorax; il-est situé de manière qu’il regarde en
bas pari son sommet'ohtus et en hàutfpar sa base. ’
On distingue à l’oreillette deux demi-cércles , l’un pos-
ET OBSERVATIONS. SOI
térieur ou plus rapproché du corps , l’^autre antérieur ,
qui; divise l’oreillelte ten manière de croisSanU Telle est la
première origine de la division des oreillettes; dont la
gauche paraît plus grande que la droite , afiaisséé et héris<
sée de petits replis presque circulaires. Elle porte toujours
au milieu une goutte de sang caillé que le peu d’épaisseur
et la transparence des parois de rorqillette permettent d’a^
percevoir; l’oreillette droite est située derrière la cour¬
bure de l’aorte , de même que la gauche ; quelquefois
elle est distendue par le sang , mais souvent on la trouve
affaissée ; sa forme est ordinairement arrondie ; sa sur¬
face est légèrement convexe , son bord antérieur comme
frangé ; elle aboutit au ventricule droit et à l’aorte. A la
réunion dès oreillettes débouchant la veine cave et le ca-^
nal auriculaité , lequel , plus rétréci vérs l’oreillette et plus
dilaté vers le ventricule , coulé manilestenaent vers ce
dernier. DanS ce ventricule on aperçoit^ les premières
traces d’un nouveau ventricule qui se développe ; c’est
un tubercule né sous le bulbe de l’aorte , ovale et de cou*
leur rouge, couché transversalement sur lè ventricule
primitif. Le ventricule gauche est de forme globuleuse;'
Le ventricule se rapproche y et du bulbe de l’aorte
montent deux ou trois anneanic; ils donnent naissance
l’aorte , qui de là monte en devant , puis se recourbe en
arrière et produit sa grande èoafbure eû descendant.
L’amnios en partie fermé renferme presque tout le fœ+
tus y la tête, le dos, la queue et les tubercules des ailes
et dés pattfes.'; : . ■ , .
Les plis abdominaux qui , par leur réflexion dorsale, for^
ment le vraî amniios , gowt disposés. ftarallütement aux cô¬
tés dû fiptüSÿ «mis Vers k région cardiaque ; sût les bords»
du bassin , ik Sé réunissent en un arq y forment les contours
de la caVîté qui cetoprend le thorax et l’abdomen. L’bu-
vérlure de celtécsrité est le corciraencement de l’ombi-
1. i4
sd% mémoires
lie , car par la suite ses tords s’accroissent et se resserrent
jusqu’à ce qu’enfin cette large ouverture de l’abdomen se
chaïige en un orifice étroit, qui chez les oiseaux tient
lieu d’ombilic.
Le Tenlricule , né de l’œsophage , descend en droite ligne
vers le duodénum; il est entier, et le reste de la fossette
cardiaque ne- conduit, plus directement dans l’estomac ,
mais dans le duodénum et de là dans l’estomac lui-même ;
la cavité du duodénum est donc formée.
L’intestin médian commence au duodénum et descend
jusqu’au rectum. Il a' en lui-même le germe de toute l’é¬
tendue des intestins qui , chez l’adulte , vont du duodénum
au rectum , et auxquels sont annexés les cæcum. Cet in¬
testin médian consiste en deux lames réunies par leur bord
postérieur ( Wolfi* l’appelle suture intestinale) , et qui se
continuent vers le mésentère : leurs bords antérieurs sont
encore séparés , roulés sur eux-mêmes, et vont se réunir
sur les côtés avec les membranes vasculeuse et pitui¬
teuse.
Derrière le cœur on voit les poumons ; ce sont de petits
corps oblbngs , presque cylindriques , les plus mous de
tous les organes,' presque transparens, et terminés' infé-
Keuremént par une vésicule très-déliée.
Entre le cœur èt le poumon, sous l’oreillette même
du foie , est logé le lobe droit, oblong , ayant sa face an¬
térieure convexe , et la postérieure concave du côté où il
regarde le cœur : la veine cave est reçue à sa partie supé¬
rieure. Le lobe gauche est étroit ; il repose sur le ventri¬
cule et le duodénuni. - ‘
Les reins ont une forme singulière; ils sont situés de
chaque côté très-près de l’épine dorsale ; ils sont presque
linéaires et très-prolongés ; ils commencent dans la région
dü thorax; derrière les poumons, et descendent jusqu’à
l’extréinité inférieure de l’intestin rectum, auquel ils
ET observations.» 20§
s’insèrent de chaque côté sans uretères visibles. Toute la
structure du rein est lamelleuse; ces lamelles sont dispo¬
sées transversalement , distinctes et entièrement séparées;
on peut les isoler distinctement à la face antérieure;
mais à la postérieure , elles sont comme fixées à un
cordon.
Les pattes et les ailes s’aperço ivent à travers l’ahànios ,
sous forme de tubercules. La face externe de l’aile est
convexe et dépourvue de duvet; l’interne est appliquée
au thorax , plane en général , mais .inégale et garnie
d’impressions et d’éminences ; du bord postérieur , qui
est le plus épais , par où l’aile est fixée au corps , se pro¬
longent supérieurement et inférieurement deux produc¬
tions charnues qui attachent plus solidement Taile au
corps. La surface des pattes a un semblable aspect.
Deux appendices , réunis par leur base , sont fixés au
col : c’est le commencement de la mâchoire inférieure.
La mâchoire supérieure , ' sous forme de deux appendi¬
ces qui ne sont pas encore réunis , peut être observée à
la courbure du col.
Les yeux ne se perfectionnent pas sensiblement , seu¬
lement le noir occupe peu-à-peu la membrane choroïde ,
laquelle est plus obscure dans l’hémisphère supérieur de
l’œil. Dans l’hémisphère inférieur , le défaut de la choroïde
fait paraître comme une petite tache claire. La vésicule
du placenta , dans laquelle serpentent les divers vaisseaux
ombilicaux, est augmentée en volume (i).
(i) Il y a beaucoup d’écrits et d’opinions sur cette vésicule. Haller ,
dans l’édition française, la compare à l’allantoïde, a II est surprenant
» qu’une partie du corps animal, commune aux quadrupèdes , qui
» ont une vessie , et aux oiseaux mêmes qui n’en ont p.is , se trouve
» manquer à l’homme seul. » Ensuite il indique la communication
de cette vésicule avec le rectum, car il dit ; a J’ai souillé l’allantoïde
» et l’ouraque ; l’air soulève le rectum , mais l’orifice n’en est pas
l/,..
2o4 ’ UJ^HOIHES
§, vïi//, Séjour. — La membrane propre du jaune
a disparu.
» aussi aisé à voir. Quand on a souillé l’ouraque , et que le rectum est
» ouvert antérieurement , on voit une bulle hémisphérique s’élever de
» la partie postérieure de cet intestin , et cette bulle n’est percée par
» aucun prifice : quelquefois pourtant l’air sort par l’anus. J’ai répété
» les expériences , et j’ai passé un stylet d’argent dans l’ouraque ; il
» est sorti entre la bulle et l’anus , par un orifice , dont le côté gau-
» che du rectum est percé fort près de l’anus.» Cependant dans l’é¬
dition latine , il l’appelle , dans la préface , membrane ombilicale :
« Les derniers travaux' ont fait voir que ce qu’on regardait ordinaife-
» ment comme une allantoïde, était plus justement rapporté à la
» membrane ombilicale. » Et plus loin il ajoute : « Quoique j’aie cru
» autrefois avoir fait pénétrer dans- l’ouraque de l’air et un stylet
» d’argent, de sorte qu’ils sortaient par l’anus et le cloaque , ou
» avoir vu l’ouverture d’un petit conduit dans le cloaque , pour com-
» muniquer dans l’anus, ou avoir introduit par l’anus dans l’ouraquc
» de l’air ou uue ^oie , cependant je reconnais aisément qu’il est très-
» facile de faire quelque rupture à ces frôles membranes , cl dans mes
» expériences les plus soignéeS , je n’ai pu ni faire passer en elFet de
» l’air ou uue soie par ce canal dans l’intestin , ni de l’intestin dans
» l’ouraque , ni voir son. embouchure :■ j’ai bien vu l’intestin se soule-
» ver, mais non pas se distendre par l’air ; l’endroit distendu
» était distinct de l’intestin , et je n’ai pu faire passer la soie de l’ou-
» raque dans ce renflement. »
Tiedemann prétend que cette vésicule constitue l’.illantoïde et le pla¬
centa. « La vésicule est suspendue à un pédicule vasculaire formé par
a les, deux artères ombilicales qui naisapnt des artères iliaques.. Elle
» est formée de deux feuillets , l’un extérieur,, pulpeux, vasculaire ,
» et d’un feuillet intérieur, délicat, peu fourni de vaisseaux , qui con-
» tient un fluide transparent. Le feuillet intérieur communique avec
» l’extrémité du rectum ou avec le cloaque, au moyen d’un pédicule
» creux cheminant entre les artères ombilicales, et que Haller appelle
» urachus. » Le feuillet vasculaire extérieur est donc analogue au
chorion , l’extérieur à l’allantoïde.
Oken appelle cette vésicule allantoïde a Le fluide contenu dans
» celte vésicule, ainsi que la membrane formant un canal creux jus-
» qu’au cloaque , montrent qiieï cette vésicule est l’.allantoïdc (cl non
» le chorion des mammifères ), et que le canal est VoUraque , cl que
» le cloaque est la vessie urinaire. Les vaisseajix ombilicaux sont con-
» séquemmeut les vaisseaux de l’allanloïde. »
liT observations. àdS
te faux amnios tienf à' la membtane de Id coque à
l’endroit où elle s’en rapproche.
Le vrai amnios est fermé.
Le placenta , déjà augmenté , se développe encore avec
Ip faux amnios qui le recouvre.
Le sinus terminal , et les veines ascendante et descen¬
dante dans la membrane vasculeuse , éprouvent un grand
changement; le premier a presqu’entièrement disparu ,
et les secondes commencent déjà à échapper aux regards
et à s’évanouir , de sorte qu’après quelques jours on n’eii
observe même aucune trace.
L’intestin médian est presqu’entièrement fermé; les
plis intestinaux , rapprochés et réunis , permettent à peine
une faible communication de l’intestin avec le jaune par
un petit canal qui communique de fun dans l’autre.
Les membranes séreuse et vasculeuse sont séparées en¬
tièrement l’une de l’autre ; la première , depuis le bord de
l’ombilic rétréci , s’étend jusque sur le dos , formant la
membrané dè l’dmnios ; la postérieure , unie à la pitui¬
teuse , enferme le jaune immédiatement , et se joint à
l’intestin à l’aide du canal intermédiaire qui va du jaijne
à l’intestin.
Pour ne pas paraître avoir omis entièrefaient ce qui re¬
garde le cerveau , nous ferons ce peu d’observations :
la moelle épinière , courbée en angle obtus , se continue
sous lé nom de moelle alongée ; là ,- les côtés de la moelle ,
étant séparés l’ùn de l’autre, montrent le quatrième ven¬
tricule tout ouvert , et en même temps ils se sont rappro¬
chés en nianière de pont des tubercules quadrijumeaux;
et recouvrent le côté antérieur du quatrièine ventri¬
cule.
Les tubercules quadrijumeaux , sous la forme d’ une
vésicule un peu fendue longiludinalctnent d’avant en aii.^
rière , sont très-apercèvables. De chaque' éôté de Cé^
2o6 extraits
corps parlent deux lames parallèles qui vont vers les hé¬
misphères , lesquels sont également renfermés dans une
vésicule fendue. ^
Cependant, il n’est pas encore évident, et ce point*
ne paraît pas facile à éclaircir, que le liquide que nous
avons dit constitue la substance du cerveau , soit bien
véritablement cet organe , ou si ce sont des membranes
qui renferment ce viscère tout entier. Nous avons surtout
été portés à en douter par l’autorité des illustres frères
Wenzel, qui prétendent , dans leur excellent ouvrage sur
la structure dü cerveau des hommes et des bêtes,, que, le
sixième jour de l’incubation , la masse du cerveau est si
molle qu’elle coulerait, comme du mucus , ce qui ferait
qu’on ne pourrait reconnaître, aucune des parties du cer¬
veau , si quelqu’une était déjà formée.
extraits et analyses.
^ Exposition de la Doctrine de M. Broussais,
(Premier article, )
Araiis toutés les révolutions qui s’étaient succédée»
dans la médecine, la Nosographie philosophique semhh
pendant quelques temps fixer l’opinion des médecins
français, Groupper des symptômes , les classer , leur
donner un nom, opposer à chaque grouppe une série de
moyens thérapeutiques dont l’empirisme déterminait
moins'le choix que les idées systématiques, telle fut à celte
époque le but des travaux de tous les médecins les plus
distingués. La voie qu’ils avaient tracée parut la seule
praticable; hors d’elle on ne devait trouver que l’erreur.
ET ANALYSES. io-J
et l’on paraissait interdire à la pathologie tout progrès
ultérieur. Cependant cet enthousiasme n’eüt pas une
longue durée ; les résultats de la pratique réclamaient
hautement contre la vogue de la théorie , et les imperfec¬
tions de cette dernière ne tardèrent pas à se faire sentir.
Doit-on s’en étonner? l’étiologie consistait dans l’énuméra¬
tion confuse des causes sous l’influence desquelles la maladie
avait pris naissance et jamais dans la recherche de leur
mode d’action sur les organes r les maladies étaient
classées tantôt d’après la prédominance d’un symptôme ,
d’autres fois d’après la lésion d’un tissu , sans que l’on in¬
diquât la nature de celle-ci. Au lieu d’être les interprètes
fidèles de la souffrance des organes, les symptômes
n’étaient ordinairement rapportés à aucune cause et four¬
nissaient cependant les indications curatives. Nul rapport
n’était établi entre les fonctions des organes dans l’état de-
santé et celui de maladie. L’anatomie pathologique , mal¬
gré son extrême richesse , ne produisait aucun résultat
utile; .ses applications à la symptomatologie étaient négli¬
gées, et l’ouverture des cadavres , objet d’une stérile cu¬
riosité , apprenait seulement qu’après telle maladie on
rencontrait telle lésion. .
Frappés des vices de cette méthode, quelques bons esprits
ne tardèrent pas à s’apercevoir que les syst êmes des natu¬
ralistes devaient bien moins nous servir de guides que la
physiologie et l’anatomie pathologique, et que la recher¬
che du siège nt de la nature des maladies était' beau¬
coup plus importante que leur classification Aussi les
médecins éclairés et de bonne foi sentirent la nécessité
d’une reforme dans la théorie et la pratique de leur art ,
mais se bornant àla hâter de leurs vœux , le plus grand
nombre se traînait dans les sentiers de la routine, et quel¬
ques-uns seulement s’efforcaient d’asseoir la médecine
sur des bases plus solides.
2o8 I extraits
Malgré la;' gloire q«è \’anq,tomi& gé^èvak avait attirée
sur son illustre auteur , l’importancq de ce livre immortel
n’avait pas encore été appréciée toute entière, et nous
en donnerons pour preuve le peu d’influence qu’elle eut;
sur la médecine , dont elje devait cependant changer en¬
tièrement la face, Il appartenait à M, Broussais d’exploi¬
ter cette mine féconde et d’éleyer le monumentdont Bichat
avait posé les inébranlables fondemens; ce que celui -ci
avait fait' pour la physiologie , l’auteur des plUegmasies
chroniques le fit pour la pathologie. Bichat avait divisé
les tissus , recherché le mode de vitalité particulier à
chacun d’eux et l’influence qu’ils exercent les uns sur les
autres : M. Broussais étudia fe mode d’action des agens
auxquels, nous sommes soümis sur nos diflérens organes ;
il rapporta les symptômes à ceux-ci en comparant le trou¬
ble dé leurs fonctions avec altérations qu’üs présentent
après la morti.il observa, rinfluence des, divers, moyens
thérapeutiques, dans chaquemaladie, et bientôt , convaincu
qu’il, ne .p.quyait: y avait rien de, vrdi en médecine que ce
qui est fondé sur la com.paraispn des , phénomènes de la
vie dans l’état de santé et de.maladie, avec les altérations
rencontrées sur les cadavres et sur celle des effets des
divers -modificateurs dans ces, deux .circonstances , il an¬
nonça que. la pathologie devait exclusivement consister à
recfietçher quel était l’organe inaladé . commentil l’était,
et cofiijmcnt fl, pouvait arriver, qu’il cessât de l’être. Les
grgnds réauflat.s de çette méthode furent consignés dans
Yffisfoire des phlegmasies. fihroniques,- et çet ouvrage ne
se bprpa;pas à, rempfiV une; facMM6„;iI ébranla jusque, dans ,
ses fundeHiens, lé vieil, édifice qui devait bientôt s’écrouler
d,e. tontes péris. Dès en; effet, la route fut tracée, j
M, lljfoussais avait, démontré que les affections chroniques
rangées .dans.les différentes, cless.es, des nosographies n’é¬
taient pas des maladies essentielles , mais des symptômes
ET AHALYSES. 2O9
d’une inflammation chronique , il fut naturellement con¬
duit à établir le siège et la nature des maladies aiguës.
ïj’examen des doctrines acheva de prouver la futilité ,
l’incertitude et le danger des opinions généralement adop¬
tées , et dans peu d’années la doctrine physiologique ar¬
riva à çe degré de fixité qui la met à l’abri des révolu
fions des siècles futurs.
Toutefois elle eut à son origine le sort de toutes les in¬
novations : l’envie , la mauvaise foi , la présomption , l’igno-
rançe tentèrent d’entraver sa marche, mais elle ne fut
l’objet d’aucune attaque régulière j on lança contre elle
des libelles et des sarcasmes, mais on ne lui opposa
pas de réfutation. En même-temps les nombreux disciples
dû professeur du Val-de-Grâce travaillaient avec ardeur
à sa propagation , les uns en opposant les résulta1<s de
leur pratique - à. celle de leurs adversaires , les autres en
soutenant ses principes dans leurs écrits et eh exerçant une
sévère critique sur les Quvrages»dés médecins imbus des théo¬
ries qu’ils combattaient. Bientôt même, on vit la doctrine
physiologique s’introduire , sinon dans le langage , dii:
moins dahs la pratiqué de ses antagonistes les plus pro-^
noncés.
Pour remplir les obligations qu’ils se sont imposées, i les
Rédacteurs de ce Journal ont cru devoir offrir l’exposi^
tion d’une doctrine fondée sur les faits et, le raisonnement
et dont aucun médecin vraiment digne dé ce nom ne
peut désormais négliger l’étude , puisque son adoption ou
son rejet doivent: exercer la ,plus grande influence sur la
pratique de la médecine, et par suite sur les intérêts les
plus chers de l’humanité. Chargés de ce travail et préten¬
dant seulement faire apprécier aux lecteurs l’importance
d’un exaaien approfondi des opinions de M. Broussais ,
nous nous bornerons à l’exposé précis des principes que
nousavons puisés dans les écrits de ce professeur , dans ses'
;XTRA1TS
leçons et à sa clinique ; nous y joindrons aussi la discussion
des principales objections qui lui ont été faites.
Les physiologistes attribuent toutes les actions qui
s’exécutent dans les tissus organisés à la faculté qu’ils ont
de sentir et de se mouvoir. Les expressions de sensibilité
et de contractilité , par lesquelles ils désignent cette dou¬
ble propriété , ont l’inconvénient de faire préjuger la na¬
ture des aclions organiques , tandis qu’elle est inaccessi¬
ble à tous nos moyens d’investigation. La matière orga¬
nisée est modifiée par certains agens ; voilà tout ce
que nous pouvons appercevoir. Mais ce n’est que par iu-
duction ; ce n’est qu*’en portant l’idée du mouvement
dans l’action moléculaire des tissus , que l’on a établi que
c’est en vertu de la sensibilité et de la. contractilité qu’ils
répondent à l’action des modificateurs. Celle abstraction a
néanmoins prévalu ; mais en s’en servant , l’auteur de la
nouvelle doctrine médicale a combattu la division de cette
faculté génératrice des phénomènes vitaux. Pour prouver
son unité, if fait remarquer que la sensibilité xie la fibre
n’est démontrée que par sa contraction , et que ce n’est que
parce quelle s’est contractée que l’on juge que la fibre a
senti le contact de l’agent qui a déterminé son mouve¬
ment. Par conséquent « dire qu’elle est sensible , c’est dire
qu’elle s’est contractée b . Admettant donc que la sensi¬
bilité rentre dans la contractilité , M. Broussais désigne ( i )
sous ce dernier nom , la cause des actions organiques.
Nous pouvons l’appeler aussi excitabilité ou irritabilité
d’après Gorter et'Gfisson qui ont établi les premiers l’u¬
nité de la cause des actions de composition et de décom-
sition. Quoi quul en soit, M. Broussais ne regarde pas
les propriétés vitales comme la source de toutes les ac-
(0 Traité de Physiologie appliquée à' k Palhologiè (1823) , t. 1 >
page i4.
ET AWAtïSES. 211'
tîons qui se passent dans les tissus organisés ; ‘ il prétend
qu’elles ne peuvent pas expliquer l’assimilàtion (i), qui
est , suivant lui, un acte de la chimie vivante ; et , tandis
que la plupart des physiologistes attribuent les phénomènes
de composition et dé décomposition de la matière orga¬
nisée à l’action des propriétés vitales il admet qu’une autre
puissance qui préexiste à celles-ci et qui est pour lui la
force vitale , fait agir la chimie vivante , èt donne aux or¬
ganes, en les composant, la faculté de répondre h l’action
des corps extérieurs (2).
La çontractilité en vertu de laquelle certaines formes
de la matière organisée exécutent des mouvemens appré¬
ciables, et que Bichat a séparée de celle qui préside aux
actions intimes des organes, ri’est, suivant M. Brous¬
sais, que la même propriété dont l’action est plus étendue,
parce qu’elle se passe dans des tissus dont les fibres jouis¬
sent à un plus haut degré de la faculté de se condenser ;
ce sont ceux où la fibrine prédomine (5) .
Avec plusieurs autres savans physiologistes, M. Brous¬
sais ne voit point dans la sensibilité percevante ou de re¬
lation , une propriété spéciale inhérente aux tissus comme
la contractilité; il la rapporte , au contraire , à une modi¬
fication de l’action de cette dernière ; il la considère
comme une fonction du système nerveux. En effet ,
si les communications nerveuses sont interrompues entre '
une partie douloureuse et le cerveau , ou bien , si le ma¬
lade est livré au sommeil , la douleur n’existe pas , quoi¬
que l’état de la partie lésée soit resté le même. M. Brous¬
sais explique la perception de la douleur par la trahsmis-
(1) Traité de Physiologie, t.I, £>. il. — Examen des Doctrines ,
propositions VI, XX et XXV.
(2) Traité de Pliysiol. , t. I,r. 26.
(3) Jlid. , 1. 1 , p. Ji5. '
aiâ extuaits .
sion au cerveau de l’exaltation de la contractilité dont
le point irrité est le siège et qui est communiquée au Cen¬
tre sensitif dans le même mode par l’intermède des ne.rfs<
Il administre des preuves (i) de l’augmentation d’action
organique du cerveau dans la perception de la douleur ,
et fondé sur les faità que nous avons cités et sur beaucoup
d’autres que l’oU y pourrait joindre , il considère la sen¬
sibilité comme un des résultats de l’exercice de nos fonc¬
tions , correspondant à une exaltation de la contractilité ,
mais qui n’en est pas inséparable ; car celle qui existe
dans Une partie enflammée se transmet au cerveau pen¬
dant le sommeil, et il n’y a pas de douleur, et même
pendant la veille elle n’est ni continue ni , constante ,
quoique l’exaltation de l’action organique soit deversée
avec assez d’intensité dans le centre sensitif pour qu’il
existe des convulsions et d’autres troubles de ses fonc¬
tions. Cette remarque est de la plus grande importance
en physiologie pathologique. Elle peut faire concevoir à
ceux qui veulent de la douleur pour reconnaître une
phlegmasîe que cette sensation n’est qu’une des sympa¬
thies de la partie irritée , qu’une des manières dont elle
manifeste sa souffrance , mais nous reviendrons sur cet
objet.
L’irritabilité ne manifeste son existence que lorsque
son action est sollicitée par l’impression des excitans. La
vie ne s’entretient que par les stimulans , a dit Brown,
et, dans cette proposition, il a proclamé une des vé¬
rités les plus importantes et les plus fécondes de la
physiologie. Pourquoi faut-il , dit M. Broussais, que les
conclusions pratiques qu’il a tirées de celte lumi-
(0 Traite de Pliysiolôpjie, l. I , p. aS.
ET ANALYSES. ai5
neuse idée, l’aient fait payer si cher à la triste huma¬
nité (i)I
Les influences qui mettent en exercice l’irritabilité sont
de deux ordres ; les premières proviennent de l’action
des corps extérieurs sur les organes des sens et les mem¬
branes muqueuses. De là l’excitation est transmise aux
autres parties de l’organisme, en vertu des connexions
sympathiques qui les unissent les unes aux autres. Les
organes des sens et les membranes muqueuses sont donc
les premiers foyers de la stimulation , les mobiles des
sympathies , suivant l’expression de M. Brbussais (2).
C’est de l’excita tiop qu’ils reçoivent et de celles qu’ils ré¬
pandent dans les autres parties que résultent tous les actes
de l’organisme.
L’excitabilité n’^estpas uniformément répandue dans les
organes. Les uns en sont doués en plus grande proportion
que les autres. Ainsi , la peau est plus irritable que le tissu
cellulaire , et elle l’est moins que des membranes muqueu¬
ses , etc. D’un autre côté , il faut remarquer que les puis¬
sances stimulantes n’agissent jamais sur toute l’économie à
la fois , que même leur action se borne le plus souven t à une
partie peu étendue j et que de' là elle se transmet à d’au¬
tres points. Si donc l’excitabilité est plus ou moins grande
dans les divers tissus , et si tous ne sont pas également
soumis à l’influenCè des stiitnulahs , il doit nécessairemënt
en résulter que= l’exaltation né peut être uniforme dans
l’organisme. En effet, tandis qu’elle prédomine dans imc
partie , elle est en inéihs dans une ou plusieurs autres , et
réciproquement. Voilà pourquoi là forcé et la faiblesse ne
sont jamais générales , mais co-existent ordihàirëmént
chez le même individu ; pourquoi il n’est pas de maladies
(0 Examen, t. I, p. 60.
(2J Ibidem, propos. XIII.
2i4 extraits
générales , pourquoi un- système ou un appareil languis¬
sent tandis qu’un autre est désorganisé par , là violence de
l’irritation. De cette loi vitale découle aussi toute la théo¬
rie des révulsions. Brown commit donc une erreur capi¬
tale lorsque, considérant l’économie en masse, il préten¬
dit que l’irritation était identique , une et indivisible ,
dans l’organisme, qu’elle ne pouvait être diminuée dans
un point si elle était accrue, dans un autre. Cette étrange
supposition, évidemment contradictoire à l’observation et au
raisonnement , fut une des bases de sa déplorable réforme.
La somme d’excitabilité , départie aux divers systèmes
organiques , ne varie pas seulement suivant les individus ;
elle éprouve encore une foule de modifications par l’âge et
les influences qu’exercent les localités , les saisons , le ré¬
gime , etc. Aussi , voit-on l’activité vitale prédominer suc¬
cessivement 'dans plusieurs appareils. Pendant les pre¬
mières années de la vie , cette prépondérance s’observe,
dans le cerveau et les voies digestives ; pendant la jeu¬
nesse, dans les organes de la respiration et de la généra¬
tion ; pendant la vieillesse , dans les viscères abdominaux.
On remarque aussi que la chaleur diminue l’irritabilité
des organes de la respiration , et augmente celle de l’appa¬
reil digestif; que le froid produit un effet contraire , etc.
L’excitabilité étant la source des phénomènes delà vie ,
les fonctions dès organes qui en possèdent davantage doi¬
vent être marquées par une énergie plus grande que celle
desautres. De cette prépondérance résultent les tempéra-
mens et les idiosyncrasies. Suivant qu’elles existent dans
les systèmes les plus généraux ( le nerveux et le vascu¬
laire rouge et blanc) , ou seulement dans un organe ou
un appareil , ces prédominances sont générales ou partiel¬
les. Dans le plus grand nombre des cas , ce sont elles qui
déterminent le siège et le caractère des i rritations ; en ef¬
fet , l’activité organique déjà prépondérante dans une
parlie peut facilement être exaltée par les influences' sti¬
mulantes auxquelles elle est directement soumise, où par
celles qui lui sont tranmises sympathiquement , ce qui
se réduit à dire que les organes dont l’^^ction est plus éner¬
gique que celle des autres sont le plus exposés aux lésions
qui dépendent d’une exaltation de l’excitation , et ce sont
les plus nombreuses. Si donc plusieurs organes sont sou¬
mis à l’action d’une influence stimulante, celui dont la
vitalité plus grande constitue une prédominance partielle
contractera une irritation, et celle-ci se manifestera par
les phénomènes de l’imtation nerveuse , sanguine ou
lymphatique , suivant le système qui constitue la prédo¬
minance générale. D’où l’on doit conclure que, plus une
partie est excitée , plus elle est susceptible de recevoir un
surcroît d’excitation. Ce principe général , si remarquable
dans la doctrine que nous exposons, doit être considéré
comme une loi de physiologie pathologique , tant les faits
d’où il est déduit sont multipliés. Observons aussi que
l’énergie de l’agent stimulant directement appliqué à un
point peut y développer l’irritation , lors même, que l’ac¬
tion de celui-ci serait languissante. Mais il est absurde
de prétendre , comme on l’a fait, que ce sont les organes
les plus faibles qui sont le plus souvent malades. Cette
erreur provient de ce que l’on a considéré l’organisme en
masse, au lieu d’étudier séparément l’action des divers sys¬
tèmes et appareils. Si la faiblesse d’un organe le prédis¬
pose aux maladies , ce ne peut être qu’à celles qui dépen¬
dent d’une excitation trop faible; or , celles-ci sont incom¬
parablement plus rares que celles qui reconnaissent pour
caractère son exaltation.
L’action trop énergique des modificateurs slimulans
porte l’excitation à un degré supérieur à celui qui convient
au maintien de la santé ; cette sur-excitation entraîne
constamment dans la partie qui l’éprouve un appel plus
2i6 extraits
considérable de fluides qui détermine une congestion mor¬
bide. Cet état est celui que M. Broussais .appelle irrita¬
tion (i). Quand, au contraire, l’excitabilité est trop fai¬
blement sollicitée ,^on action languit; c’est ce qui consti¬
tue la débilité. De cette augmentation et de cette diminu;
tion dé la vitalité d’un ou de plusieurs organes , résulte
l’irrégularité des fonctions ,. c’est-à-dire , l’état morbide.
Mais il se présente ici une question importante à exa ¬
miner. L’exaltation et .la diminution de l’excitation sont-
elles lés seules modifications qu’elle soit’ susceptible de
subir; toutes les maladies sont-elles produites par l’excès
de vitalité ou parla débilité des organes; en un mot , l’ex^
citation ' peut- elle éprouver des variations spécifiques ?
M. Broussais pose lui-même la question , mais n’y répond
pas encore (2). Toutefois , il s’est déjà assez expliqué sur
cet objet pour nous donner la certitude que , s’il admet
quelque chose de spécifique dans certaines maladies , ce
n’est que dans le mode d’action de leurs causes. « En
donnant,, dit ce professeur (3) , le nom de spécifiques aux-
causes qui produisent toujours des affections locales de
même aspect, je n’en suis pas moins d’opinion qu’elles ne
peuvent le faire que par l’intermède dès mêmes lois vitales,
qui président à toutes les maladies d’irritation. »
Quelque restreinte que soit l’admission dés spécifiques
considérés sous ce point de vue, elle a paru inconséquente-
dans la nouvelle doctrine médicale , “et M. le docteur Bois¬
seau, dans ses controverses avec son auteur; lui fit le re-i
proche (4) de n’avoir point entièrement rejeté la spécifi-
ct<d; mais la réponse de M. Broussais nous paraît justifleri
(1) Exaiüen des Doctrines , pj-o;;oJîftora LXXXIIÏ.
(a) Traité de Physiologie-, été., t.Ij-p. 2g.
(3^ Joariial Univ. des Sciences Médic.tles , t. VIII , j» . >52.
(4) Ibidem , t. VÎI , ii . 42.
ET \BfAl.SY ES. 21^
entièrenients(» opinion à. cet ég^rd. Ilobsarye en effet (i)
que l’on ne peut pas, çqnfqn|lre; pne cause, morbifique qui ^
chez tous les indiviclus ^ qui éUe est trûns.mise', produit
une irritation identique dans ses caractères j dans sa mar¬
che , etc. (lelles ïont lu variole et là vaccine) arec les
autres mudificateurs irritans , dont les effets toujours Su¬
bordonnés à la sensibilité individuelle .à l’ihtensité de leur
action ,,-etç,, présentent upe foule de modificàtiops. Du
reste, comme il le fait encore remarquer (a) , l’impossi-.
bilité d’apprécier le mode d’action des agens spécifiques
n’empéchant pas de reconnaître les résultats de leur in¬
fluence , de voir , par exemple . qUa la syphilis consiste
dans une sér je de phénomènes dflrritation , on doit se taire
sur ce qui n’est démontré ni par les sens ni par voie d’in*
duction.
€es principes généraus; étàbUsj étudions les phénomènes
de l’irritation , considérés d’uûe manière générale ,* nous
l’exaininerous ensuite dans les différentes formés qu’elle'
présente.
La sur-excitation des tissus efla congèstion qui en est
inséparable , peuvent être produites par une foule de, cau ¬
ses que l’on peut rapporter à quatre ordres généraux ,
I l’actiou trop énergique desstimulans quileur sont di¬
rectement appliquésj q.;- l’influence sympathiqué qu’ils
reçoivent d’un organe trop excité j 3.° la soustraction
quelque temps prolodgée de leurs stimülans habituels ,
comme le prouvent les gastrites produites par la faim;
4. “enfin, la dimioution de l’excitation daps une on plu*
sieurs parties; mais cette dernière proposition a besoin dé
quelques développémensi
De même que l’exaltation . de l’activité vitale s’établit
(1) Jouru. Univ. <]€S .Sc. Méd. VIIÎ, p. i5i.
(2) Examen , l. II , p. 56g.
1. i5
Sl8 EXTRAITS •
dans une partie aux dépens d’un du de plusieurs organes ,'
sa diminution s’opère aussi au profit’ d’un autre ; car l’ac¬
tion de chacun d’eux sé contrebalance , pour ainsi dire ,
et: la rupture de cet équilibre a presque toujours pour
cause ou pour effet la sur-excitation d’une partiei D’un
autre côtéi: il est des organes dont les rapports sympa¬
thiques sont tels que leurs fonctions sont entr’elles pour
l’énergie dans un rapport inverse : telles sont : la mem¬
brane muqueuse du gros intestin et la peau , cette der¬
nière membrane et celle des voies aériennes. Si donc le
froid humide exerce une action débilitanté sur la peau ,
les deux autres membranes que nous avons citées rece¬
vront un surcroît d’activité pour suppléer à la diminution
de l’exaltation cutanée , et cette exaltation pourra être
portée au degré de la maladie. Enfin, l’influence d’un
agent débilitant sur une partie peut être suivie d’irritation
dans ce lieu même ; c’est ainsi que l’action du froid, l’un
des sédatifs les plus puissans , est bientôt suivie d’une réac¬
tion; c’est-à-dire , de l’exaltation de l’action organique de
la partie qui a été soumise à cette impression , si toute¬
fois célle-ci n’a pas été portée assez loin pour éteindre
l’irritabilité. '
. Cette méthode , vraiment physiologique , la seule que
l’on puisse appliquer à l’étiologie, a été sans contredit la
principale source des importantes découvertes de M. Brous¬
sais; elle nous déniontre (i) toute la fausseté des opinions
admises sur les stimülans et les débilitaUs généraux, , et
des principes qui en Ont été déduits pour la théorie et le
traitement des haaladies. Cette erreur reconnâît'la inême
cause que nous avons déjà signalée' : l’ignorance de la di¬
versité des phénomènes de la vitalité dans les diflférens or-
(i) rbyez spécialement la Rcfutalion du Système de Brown, Eaa-
men , tome 1.“
ET ANALYSES. Sig
ganes , et des influences qu’ils exercent les uns sur les au¬
tres , jointe encore aux idées de Brown sur l’unité et l’in¬
divisibilité de l’action des organes , idées qui se sont intro¬
duites dans la plupart des théories modernes , malgré les
belles considérations de Yanatoniie générale.
En résumé , il n’existe point de modificateurs absolu¬
ment stimulons ou débilitans ; ceux qui accroissent l’exci¬
tation dans une partie, la diminuent dans une autre.
Ainsi , les impressions morales tristes, la nostalgie, pat
exemple, plongent dans la langueur les fonctions locomo-
tricès , et produisent l’inflammation de la membrane mu¬
queuse digestive ; le froid fait pâlir la peau , diminue
son irritabilité , et' cause en même temps une pleurésie ou
une pneumonie ; les alcoholiqués en excès enflamment l’es¬
tomac et jettent les muscles dans la débilité. Il est donc
évident que l’on ne peut pas classer telle influence dans
les stimulons , et telle autre dans les débilitans. Il n’existe
pas non plus d’influences stimulantes ou débilitaiités gé¬
nérales. Pour qu’il en fût ainsi , il faudrait qu’elles agissent
sur tous les organes à la fois, et c’est impossible.
Quel que soitd’état de la vitalité générale, les effets de
l’action des slimulans sur une partie sont toujours les
mêmes ; en d’autres termes , l’irritation peut s’établir cfiez
les individus forts comme chez lés sujets faibles , et le plus
grand état de débilité peut exister avec le plus haut degré
de l’irritation (i). En effet , piiisi^te les diverses parties de
l’organisme ne sont jamais modifiées de la même ma¬
nière; qu’ün’existe ni diminutions, ni exaltations géné¬
rales etîuniformes de l’action des organes ; que la . débflr-
tatiori de l’un 'd’eüx'iest dans plusieurs' circonstances iinè
cause d’irritation i.ipouc les autres , il nous est facile de
concevoir que l’irritation la plus violente d’une ou plusieurs
(i) Examen, propos, LXV clLXXX..
i5..
220 EXTRAITS
parties coexiste ayec la faiblesse 4es autres. M. Broussais
fait renaarquer que , lorsque les forces ^épuisent à l’iutér
rieur, il se fait , dans les orgaiips qui jouent le rôle le plus
irnportant dans récononaie ,. upe ^pnçentratiôn de l’action
vitale, et par suite une- çopgestipn 4es fluides. C’est, sui¬
vant lui , en yertn de cette loi que l’on pept expliquer com¬
ment le cerveap , la moplle épipière et les poumons con ¬
servent tout leur volume au miljeu d’un corps exténué (i).;
aussi est-il d’observatiop que les individus faibles sont plus
sujets aux phlegmasies viscérales , et que chez eux elles
deviennent ordinairement fort graves. En effet , la faiblesse
n’étant jamais générale , n’affectant que certaines parties ,
d’autres se trouvent dans, un état de sur-excitation, rela¬
tive qui, les prédispose aux inflamniations; de plus , les
irradiations syippathiques qu’e||es provoquent ne peuvent
pas, susciter, de réactions dans les organes débilités qui les
reçoivent , et la concentoatian des forces dans le point ma¬
lade , n’étant pas contrebalancée par faction des autres-,
auginente incessannnent ^ l’jéquilibre ne peut donc pas .se
rétablir. . ^ :
Beaucoup de praticiens, put observé qu’une légère, sai-
gpée , loin dç diminuer l’intensité d’ùne pneumonie, ne
servait en général qu’à l’exaspéren.; Les émissions san-
gpines ne prpdnisent en eflèt de l’am^Uorationilquei lors¬
qu’elles sont assez popieusps.pt! aweZ;:SQudàines pour éten-
dre immédiatement leurs effets; jusqu’à .la circulation, ca-
pillàire du yisc.ère enflamppé. , M. Broussais explique de la
même manière l’irritation de, l’appareil sensitif manifestée
par les çonyulsions qne,.r9n observe dana les. grandes dé¬
perditions sanguines , dans la. naort par hémorrhagie {2).
L’activité du sptêine neyyeux est presque toujours en rap-
(i) Exatnen , l.'I, p. 6g.
(a) Ibidem , p. 6g et ii5.
port inversé avec celle des systèmes sanguin et muscu¬
laire. Affaiblir ceux-ci , c’est exalter celui-là. Cette assertion
repose sur un trop grand nombre de faits de physiologie
et de pathologie pour; qu’il soit nécessaire dë s’ÿ Arrêter.
. Il est donc évident que ^ soiis l’influèncb dés causes dé¬
bilitantes,- la faiblesse èst loin d’être uniforme, que l’irri¬
tation peut coexister avèc die, et que même danscéPtains
cas eeUfe-el èst le résultat de la débilitation.
Quand les stimulans agissent Sür les tissus , soit directé-
tement, soit sympathiquement, lèur impression est d’a¬
bord ressentie par lés nerfs. Ce sont donc eux qiii Sont
les premiers irrités ?. Tantôt l’irritation se borne à lëur
substance; tantôt , et c’est le plus ordinàîrë, elle se pro¬
pagé aux capilhirès sanguifas et adx Vaisseaux hlabcs i^ui ,
entrelacés avec les ramusbules nérveUxv ibrinëùtlà tramé
de presque tous les tissus;
Lorsque l’irritation n’affécte qnè lè'S> nerfs , bu les affecte
spécialement , elle donné lieu aux ‘phénbmènes morbides
qui Constituent les névroses: Quand elle s’étend aux ca-
pillairè’s sanguins , elle s’ÿ présenté SéiiS dèiix formés 'diffé¬
rentes : i .!“ elle y appelle Ic sang: j là: fciicula tien y dé vient
plüà rapide J. etil en résulté- dans la partiè une éxàltàiibh
de la Sensibilité:, <. portée ; souvent! j iisqn’à là doiileu'r ; dh
accVoissemênt de la chalëurÿ une rongeur qjlas oli mblris
prononcée et une au ^en tatioii dé vol umè si lé tissu naa-
îade. est de. natàre à s’y prêter.; Ges jihénôinètièà cbüsti-
tuettt Ttn/ïetwMnffltfOT* M; Broussâis désigné dénc par
ce mol l’état des capillairés sanguins àffectéis d’irrîÉatlon ;
l’inflammation est donc un appareil'imOrbidë don t Cvhriia-
tton est-l’élémént, la Cause généràtriCè. êv® L’aÜti'é fcrinë
dé l’irritation: sanguine est l’itrlidtioü héiŸilorvHa^éfüe:
Ln même temps que le sang est appelé dans la phrtîè
(i) Ëxumcu , propos, XCIX.
222 EXTBAITS
surexcitée , les exhalans lui livrent passage et le laissent
s’écouler. , ' ’
Quand l’irritation se borne aux vaisseaux blancs , l’appel
des fluides qu’elle y détermine , et^ la tunléfaction qui en
est le résultat , sont les seuls phénonaènes qui la caracté¬
risent; il n’existe ni douleur, ni chaleur, ni rougeur. Pour
désigner cet état des vaisseaux blancs irrités , M. Brous¬
sais propose (Q et adopte l’expression de subinflamma¬
tion. Get état s’accoinpagne souvent dans la même partie
de l’irritation des vaisseaux rougés; et cette irritation
mixte précède même ordinairement la subinflammation
simple. . ' ;■
Ces , distinctions passeraient pour des "subtilités si l’on
croyait que M. Broussais isole les unes des*laùtres les affec¬
tions : des divisions capillaires des nerfs et des vaisseaux ;
mais il n’en est pas ainsi. Lorsque ce professeur dit que
l’inflammation est l’irritation des vaisseaux capillaires san"
guins , il entend seulement que l’irritation' prédomine dans
les capillaires de cet ordre en mêmé temps qu’élle affecte
les vaisseaux blancs et les nerfsT Mais comme dans d’autres
cas les capillaires lymphatiques et nerveux paraissent seuls
lésés , qu’il n’y a point appel et accumulation des fluides
rouges , il a dû distinguer ces divers états des tissus irrités ,
d’autant plus que dans chacune de ces formés les résultats
locaux et généraux de l’irritation présentent , ainsi que son
traitement, les différences les plus tranchées. Du reste ,
dans les articles suivans nous exposerons, avec détail les
opinions de M. Broussais sur l’irritation sanguine , inflam¬
matoire et hémorrhagique , sur les subinflammations et
les névroses. Nous, avons seulement voulu ici faire appré¬
cier la valeur de ces diverses expressions dans la nouvelle
doctrme médicale. :
(i) Examen , propos, CLXXIX,
BT ANALYSES. 225
L’irritation d’un oï-gane entraîne toujours la diminution
de l’activité vitale de quelqu’autre (i) , et. ce phénomène
est d’autant plus marqué que Fexaltalion de celle du pre-
.mîerest plus grande. Lorsqu’elle existe dans les viscères ,
c’e.st: principalement le système musculaire qui' éprouve
Æet affaiblissemeqt que nous voyons porté au dernier point
dans les gastro-entérites du plus haut degré. Les brow¬
niens , qui n’appréciaient les forces qu’à ^extérieur . ju¬
geaient de l’état de tous les organes par celui où ils voyaient
les muscles , n’accordaient par conséquent le caractère, in¬
flammatoire qu’aux lésions quf s’accompagnaient de la co¬
loration: de la face , de la force du pouls et de l’énergie du
• système musculaire, et rangeaient dans l’ast/ièwte toutes
celles qui se joignaient à' ün état extérieur opposé. Gètte
erreur, s’est introduite; dans les théories des médecins dés
autres écoles ; la faiblesse extérieure a fixé toute leur at¬
tention dans les phlegmasies viscérales qui. la produisent,
et j lui attribuant les résultats funestes que celles-ci en¬
traînent , ils l’ont érigée en maladie et lui ont adressé les
moyens curatifs.
Quelle que soit l’étendue des parties dont l’activité vitale
paraît, exaltée , l’irritation a toujours commencé par un
pojnt (s). Ce, n’est que secondairement qu’elle s’est trans¬
mise aux autres , et tous les tissus ne sont jamais irrités à la
fois. Il est impossible , en efiet , que les excîtanS aient une
action générale et partout uniforme . qu’ils excitent toUs
les organes au même degré;, et quelque extension qu’on
suppose à leur action , il arrivera toujours que les organes
les plus importa ns, ceux qui sont lesplus sensibles , seront
irrités, à, un. degré plus élevé que les autres. Prenons un
exemple : supposons une phlegmasie de toute la membrane
(t) Examen, propos. LXXV.
(2) Ibidem, propos. liXXIII..
2 24 ix-rilAlTS:
muque;u.sé' defe voies dlgestivésqui donne lieu à Une îrrîta-
illofl sjimpathique du cœürvdé l’encéphale et de la peau
dpnt.la chaleüÿ sera partout plus vive et dont une région
niêuie sera 'affectée d’érysipèle ; supposons encdre qii’il
sé.joigner à ces lésions une inflammiafion delà membrane
muqueuse des poumons et de la vessie, une hépatite et
une périlpnite. Voilà . certes ; l’ensemble de lésions le plus
g^aye que l’op puisse rencontrer ^ et cependant combien
de tissus encbile he sont pas al&ct'és. On citèséuventrétat
fébrile çqmmè , un etemple deS maladies 'générales. Mais
il faut yhiefli distinguer ici les phénomènes de la maladie
d’avec la léMOn ;qui .les produit, ét , comme le fait remar-
quep-M., BtousSais (i) ', si;dans la fièvteün observé ùnèac"
tivifé plus grande de la circulation et une chàléur plus
considérable dans tous lés tissus , il ' n’éü' résulte pâs qüe
la cauSe da cette 'exaltation existé d'ans toüfea ite's pàrlies ;
elle est 'souvèrit trèsdimitée-i^ et' pér'aônnè- n’appelle mà-
ladie générale i’état fébrile que' provoqué Shüvént un
.panaris.!' ' ‘ "
L’irritation se borne rarement à l’organé qïï’ëHe à d’a-
hotd affépté'i ce cas in’arrive' que lorsqn’ellé'eët légèrè,
que la partie. a peu de sènsîbilité , bu que l’individu est peu
irrjt{ible,. D'an's' des circonstances oppdséea,' l’oàgàne ma¬
lade deyîeht; le^ foyer d’une; foule dMrradlations qui vont
retentit' dans, un ou ’plusieilrS autres points de réCoriomiè ,
et les associent; à sa souffrancè'j én un "mOt' , ' l’îrriiaüon
qü’il éprouve se répète dans les ùutres p ce àont les sjhi-
patkîes. Suivant M. Broussais , lés nerfs sont leS ogètiâ de
cette transmission (p) , qui n’est dans les malàdiès qüe
l’exagération de l’assoèiatipn qui existé dops Ibtat de sau¬
té entre les actions, des divers organes ; aussi , fos sympa-
(il Examen , t. Il , p. Hgg.
(2) Ibideni, propos. X et XXXXV.
ET .AïïAiYSES. 32é
thies inpriides 90ftt-ellc5S Jjie© pli#^ iiéqyeüles , bien plus
prononcées , entre les parties qui , habituellement , exer¬
cent Tune sux l’autre une influeucè plus marquée , comme
la peau ,et la membrane muqueuse de l’estomac et de l’in-
testin grêle nous, en donnent un exemple. Mais , l’irrita¬
tion développe quelquefois des sympathies très-sensibles
entre des organes qui > pendant la santé j ne paraissent
pas entretenir de relations j les vomissémens, causés par
l’opération de la cataracte et par la néphralgie nous en
fournissent la preuve. . ,
. La nature de. l’irritation sympathiquement transmise »
est la même que celle de l’irrita tipn primitive; c’est tou¬
jours l’exagération des phénomènes qui attestent lavie (i).
Ln émettant cette proposition entièrement neuve ,
M. Broussais n’a pas entendu dire qu’une lésion sembla¬
ble à celle qui existe dans une partie se répète dans une
autre . avec les caractères qu’elle présente dans la pre¬
mière (a), ^nsi, une irritation avec Xougeur , chaleur et
tuméfaction {inflarrirtiation) , pourra susciter dans un
autre tissu une irritation avec douleur , sans rougeur , ni
chaleur * pi tuméfaction ; il faut bien distinguer
ici l’élément de la lésion, l’irr.itatiozi d’avec ses. caractè¬
res , qui ne dépendent que de la nature dès tissus affectés
et qui sont dilférens , comme nous l’avons vu , suivant
qu.’elle a son siège dans les, capillaires rouges, daUs les
capillaires nerveux , ou dans les vaisseaux blancs. En un
mot , il n’y a pas répétition de Ici maladie j mais de Ffrirt-
tation, c’est-à-dire , de l’exaltation d action , de l’irrita-
Eilité. . ! '
Dans certains, cas* .cependant, l’irritation se transmet
d’une partie à une autre avec tous les caractères qu’elle
( ) Examen, propos. LXXIV.
(0 Trmléde Pliysiologic, elc., l. ïj p, 33.
326 EXTRAITS
présente dans la première ; cette tendance à l’imitation ne
se présente que dans les différentes portions du même
système, organique. Telle est la répétition de l’irritation
qui -provoque les modes de dégénération appélés cawcçr ,
tubercules. Cesi ce qui constitue les diathèses suivant
M. Broussais (i).
A l’exemple de Bichat , l’auteur de la nouvelle doctrine
admet deux espèces de sympathies (2) , suivant que les
troubles par lesquels elles se manifestent portent sur les
phénomènes de l’une des deux séries de fonctions sur les¬
quelles le premier à établi sa distinction des deux vies.
En effet i une ; irritation suscite- tantôt des convulsions ,
du délire., etc. , ce sont les empathies de relation ;
d’autres fois i des altérations dans les exhalations , les ab¬
sorptions , les sécrétions , etc. , ce sont les sympathies
organiques. Suivant M. Broussais , celles-ci peuvent être
mises en jeu sans les premières ; tandis que les troubles-
desfonctions de relation s’accompagnent toujours de réi¬
tération des fonctions organiques (5) .- Les unes et les au¬
tres peuvent devenir assez graves pour causer la nàort , en
désorganisant le centre sensitif ou en produisant une con¬
gestion dans plusieurs viscères.
Toute irritation un peu grave, s’accompagne donc de
deux ordres de phénomènes ; les uns, locaux, sont le
trouble des fonctions et souvent la douleur de l’organe
malade ; les autres , généraux , ce sont les lésions sympa¬
thiques. Les unes et les autres constituent \qs symptômes,
l’appareil morbide.
L’étendue et l’activité des sympathies que provoque
une irritation , sont subordonnées à plusieurs circonstàn-
(1) Examen, propos. XC^Ïll.
(2) Ibidem, propos. LXXXVI.
(3) Ibid, , propos. LXXXVII.
ET ANALYSES. 227
ces parmi lesquelles on doit ranger i." rintensité de l’ir^
ritation elle-même : toutefois , celles qui sont très-violentes
semblent enchaîner l’action de tous les organes , en con¬
centrant , pour ainsi dire , la vitalité sur les parties qu!elles
affectent , et laissent , toutes les autres dans la langueur.
Voilà pourquoi une saignée permet le développement des
phénomènes sympathiques qui constituent l’état fébrile,
dans une péritonite qui , auparavant , . entraînait une
prostration générale; 2.° la durée de l’irritation : on sait
que plus les inflammations s’éloignent de leür début,
moins elles provoquent de sympathies; les phénomènes
des phlegmasies chroniques qui n’ont pas encore amené
la désorganisation , se bornent le plus souvent à un trou¬
ble des fonctions dès organes malades , et c’est, là la prin¬
cipale source de l’obscurité trop fréquente de leur diar
gnostic. Quand,; au contraire, elles ont désorganisé le
tissu, le désordre èst presque toujours, annoncé par des
phénonaènes sympathiques , et spécialement par ja gastro-
entérite. C’est ce que prouve la fièvre, hectique qui ac¬
compagne la fin des maladies organiques ; la nature
du tissu irrité : les sur-excitations nerveuses et sanguines
développent une foule de sympathies, tandis que celles
des irritations lymphatiques se bornent à la répétition de
l’irritafion dans les vaisseaux du même ordre , mais dans
üne autre région.. C’est ce qui constitue dans ce système
la facilité d’irritation en vertu de laquelle ses différentes
parlies s’affectent de la même manière ; 4'° la somme de
vitalité de l’organe irrité et l’importance du rôle qu’il
joue, dans l’économie : ainsi, les inflammations des viscè¬
res, développent beaucoup plus de sympathies que celles
des parties, extérieures , celles de la membrane muqueuse
digésUve beaucoup plus que celles de la rate et, du foie;
5.“ la sensibilité individuelle : il est' des:sujels dont la sus¬
ceptibilité est telle' que l’irritatiou la plus légère entraîne
228 extraits
lin trouble subit dans faction d’un grand nombre d’orga-
nés; ce séiit ceux chez qui le dévèiofipemeht du systènie
sanguin s’allie à celui du système nerveux. Il en est d’au -
très , au contraire , chez lesquels l’irritation est portée
jusqu’à la désorganisation sans qu’il en résulte aucune
allération sympathique; tels sont lés individus lymphati¬
ques chargés d’embonpoint, dont la sensibilité estpresqüe
toujours obtuse.
Si les organes les plus irritables protdquént le plus de
sympathies . ils sènt aussi ceux siir lesquels elles s’exercent
davantage. Ainsi:, on voit la membrane muqueuse diges¬
tive alïfectée dans presque toutes les irritations aiguës. Il
en est dé mémo des organès chroniquement irrités ; mais
nous avons fait prévoii? ces faits, en disant précédemment
que les organes qui possèdént le plus d’excitabilité et
fcévix qui sont déjà irrités j Sont plus exposés que les autres
à reéévoir un surcroît dMeritaiion. -
' Lés sÿnlpathiëS , ajoutant le dangét de l’irritation d’un
oü' dé plusieurs organes à l’affection primitive, rendent la
îüaladie d’aütaut plus gravé qu’elles ititéréssent des vis-
éèrés împor taris , ét que les trOUbleS qu’ellès suscitent ont
plus d’intensité.
' Soutent l’irritation SympaihiqUè n’àcquiert pas beau¬
coup dè' force et né modifié pâs celle qui lui a donriéüais-
Sâncé ; elle Constitue âlors' lîh 11 arrive quel-
quéfois qué l’affection primitive est masqüéë parlés lésions
Secondaires qü’ellé pTOvOqUé , étqüé'cellës-ci deviennent
les seuls phéüomèriês apèrèévahlés. St l’on riO Côûûaît
pas exactement lés rapports dés organes èUir’éùXv on sera
éSqp'OSé a diriger COritre uû sÿmpt&mé lés moyeris théra¬
peutiques qui doiVén'f êtré ôppOSéS dans lé plus grand nom¬
bre dés cas à la lésion primitive exclusitémériti Combien
de fois Cépéridant i n’à -t-on pàS voulu cotrihsttre' par des
'âûlîSpasmôâîques des céritulsîons qui dépendaient d’une
ET ANALYSES. 229
Irritation viscérale? C’est principalement lorsque l’irrita¬
tion secondaire s’accompagne de dçuleur., tandis que rir-i
citation primitive n’en suscite pas , que cellerci est mécon..
nue. Cette circonstance se présente souvent dans les phleg-r
masies muqueuses. La gastro-entérjte , qupiqn’exerçant
toujours une influence sur le cerveau , y produit bien, ra¬
rement cette modification de son action organique, d’ofi
résulte la douleur, tandis que l’irpitatipn sympathique
qu’elle a transmise i>,un autre orgqnp , à une articulation,
par exemple , feit naître pe phénomène.
L’irritation sympathique est souvent as§ez intense pouC
susciter à spn tour des sympathies et acçrpUre ainsil’éten-
due de l’appareil maladif. Les irradiations qn’eUe provo r
que , retentissant dans les organes les plus sensibles , ajpu-t
tent à l’intensité de , la lésion primitive , de manière que
s’influençant réciproquement, elles ajoutent è la violence
l’une de l’aulrp ^ toutefois , l’une des deux l’emporte or¬
dinairement , et continue ça marche quand l’autrè est déjà
terminée. Ainsi, pne araçhnpïdite , produite , par une
gastro-entérite, persiste souvent après la guérjson de
celle-ci.
Quand la lésion secondaire devient plus intense que
l’irritation primitive , celle-ci diminue ou disparait en veiv
tu de la grande loi de physiologie pathologique reconnue
par Hippocrate. En mêmç temps , l’irritation secondaire
donne lieu , dans l’organe qu’elle affecte, à des phénomè¬
nes différens , suivant la nature du ti$su qui le cotnposeet
suivant Ip degré auquel elle e.st élevée. En effet , . tantôt
elle persiste et constitue une autre maladie , c’est ce que
l’on a nommdiU^ïfl!St«se.;(i);5 d’autres fois.,. 4pfiiae. établie
dans un organe i exhalant ou séçrétejii; , elle, y est terminée
par raugmeutation de 1’exh.aJati.Qll. ou de. la sécrétion à
(i) Examen, propos. XCll.
aSo • extraits
laquelle elle donné lieu , ce sont les cmes (i). Celles-ci
et celles-là sont donc de mêiùé nature, et l’on doit , souS
ce rapport , ranger dans la même classé une méningite
et une sueur abondante, qui terminent une pleurésie;
En un mot , lès crises et les métastases ne sont que des
révulsions spontanées de l’irritation primitive produites
par l’irritation sympathique, et l’on ne fait que susciter les
mêmes phénomènes lorsqu’on arrête l’inflammation de la
plèvre en appliquant des vésicatoires ou en administrant
des sudorifiques , c’est-à-dire , des médicamens qui stimu¬
lent la peau et augmentent par suite son exhalation ; car ,
en saine physiologie , on ne peut pas admettre que l’éner¬
gie d’une fonction soit augmentée sans que l’action orga¬
nique qui y préside né l’ait été d’abord.
Il ne faut pas ranger dans les révulsions spontanées
toutes les évacuations que l’on voit survenir à la fin des
phlegmasies aiguës. Outre celles dont nous avons parlé et
qui sont la causé de la terminaison de la maladie , il en est
d’autres , et ce sont les plus fréquentes , qui n’en sont que
la conséquencé. Ces dernières ont été précédées des signes
de la disparition de l’irritation. En effet, il arrive souvent
qu’une phlégmasie viscérale suspende l’action des organes
sécréteurs et exhùlans , qui se rétablit lorsqu’elle cesse ou
s’affaiblit. Comme le fait remarquer M, Broussais (2) , c’est
le’ même ' phénomène que le réchauffement de la surface
du corps, dans l’état physiologique , à la suite d’un froid
violent, d’une passion vive ou d’un repas qui a d’abord
produit Un léger frisson; seulement lé mouvement centri¬
fuge est devenu pathologique par son exaspération.
■ La thérapeutique peut aussi produire les deux modes
d’évacuation dont nous avons parlé ; ainsi elle emploie dés
(1) Examen, ;7ropoj. XCIV.
(2) JPre/m'erExamen, p. 2i5.
' ET ANALYSES. sSi
sudorifiqués chauds et froids ; les premiers sont ceux qui
augmentent l’action de la peau en la stimulant ; les seconds
sont tous les moyens qui calment la phlegmasie intérieure
qui empêche l’exhalation dont celle-là est le siège. C’est
ainsi que la saignée , que les boissons aqueuses , opposées
à une inflammation , sont suivies quelque temps après de
la sueur. Ce rétablissement de l’action des sécréteurs et
des exhalans se fait quelquefois brusquement , d’autres fois
d’une manière lente et graduelle; c’est la solution par
(j'sis des anciens auteurs.
Nous venons de voir l’irritation sympathique , devenue
supérieure à celle qui lui avait donné naissance, en pro¬
curer la terminaison; mais il n’en est pas toujours ainsi.
Quelquefois , en effet , l’irritation secondaire , quoique plus
intense que l’affection primitive, ajoute à la violence de
celle-ci, ou la reproduit après l’avoir fait disparaître ; il
est facile, do le concevoir. Nous savons que l’irritation se¬
condaire produit aussi des lésions sympathiques , et que
celles-ci s’opèrent principalement dans les organes déjà
sur-excités ; il doit alors arriver quelquefois qu’elles ajou¬
tent à l’irritation de l’organe primitivement malade , en¬
core irrité , ou du moins très -irritable. Supposons qu’une
parotide, dont l’apparition a calmé une gastro-entérite,
présente bientôt une inflànimatioü violente : elle ramènera
presque infailliblement l’appareil des premiers symptômes
qü’elle avait fait disparaître.
Voilà la théorie des fausses crises, des efforts critiques
qui oiil avorté : 'ce sont , en résumé , des irritations sym¬
pathiques, d’abord révulsives , mais ramènant ensuite les
premiers accidens par les irradiation^ dont elles deviennent
à leur tour la source. ' .
Tels sont les principes de la doctrine de M. Broussais
sur lès phéhoniènes sympathiques de l’irritation; de plus
grands détailscussetit été superflus ; lés considérations géné-
'sSa , «XTBAI'T<S
taies auxquelles nous nous s'onames livrés suffisent pour faire
apprécier la elarté qu’U a répandue sur fcette importante
partie delà physiologie pathologique, etpourfairé pressentir
les résultats que uous fournira l’applicatiou dé ces prin-
qipes .à l’étude des causes , du Mège , de la nature et des
moyens curatifs des maladies. Goupil.
Analyse des discussions qui ont eu lieu au sujet du pro'r
cédé de M. Sanson , pour extraire la pierre de: la vessie
par le rectum.
Il y avait déjà deux ans que l’opération de la taille par
le rectum avait été. annoncée en France , lorsque Vaccà
publia en Italie un Mémoire dans lequel il cherchait à
démontrer par ses propres succès la bonté de cette mé¬
thode. Ce célèbre professeur vient de publier un second
Mémoire à l’appui du premier , dans lequel il s’attache sur¬
tout à réfuterles Objections que des chirurgiens d’un grand
nom ont élevées contre le mode opératoire dont nous nous
entretenons, ici.
Avant de passer à l’examen dece second mémoire, nous
pensons qu’il n’est pas inutile de remettre sous les yeux
de nos lecteurs le, précis de la méthode telle que l’a pro¬
posée son inventeur , avec les modifications introduites
par le professeur de Pise.
Pour procéder à j’opération de la taille par le rectum ,
suivant M. Sanson, jÜ faut d’abord disposer le sujet com¬
me pour l’opération prdinaire , et; après avoir placé un
cathéter , qu’on fait tenir dans une direction parfaitement
verticale, pn introduit dans le rectum le doigt- indié^téur
de la main gauche , on glisse à plat , sur la face palmaire
de ce doigt , la lame d’un bistouri ordinaire , et,' après
Et AMmXSBS. &B-5
a,TOir tourné son tbaHcha®e eri hiaut i Un încisfei Mi%ff sëill
cbup ,:et dans la. directibni du rapbé j le.spMiiôter ëxtèïné
de l’ànuset la partie la plus ibférîeuré du recïum'-qüi
Teloppé. La face inférieure de la prostate se trbüvâül âîdâ
à découvert, le doigt sent facilement, à trareBs l’épais¬
seur peu considérable des parties qur forntàifent le tèc-
tuni et le bas-fond de la vessie adossés , le cathéter que
l’aide doit toujours maintenir dans là même pbsitibn. On
plonge alors derrière la prostate , et en se dirigeant sur là
cannblure.de fa: sonde;, la pointe d’un bistouri; j pbubfàîtè
une incision; d’énviron un pouee , et arrîvë'r ainsî dâiis la
cavité! de la vessie. Suivant la manière d’opéreb qné rtouS
venons de décrire, et que; Bous avons extraite dé la thèsé
de M. Samson , on voit qüël’ihcisien sé' Mt sur Ib baS-
fond de- la vessie j ce qui e^bse à de graves incônivéhi'èris ;
cepeüdabtvibfeui convenir que cë;chirürgiétt âlndîqué un
neutre mqyen db pénétrer danslà véssib', après avoir pratiqué
l’incision du sphincter extëbn'é dé PaSàWs'p t/est d’àttàquer
là fin de la portion knémbbaneusë de l’ürëlbé ëub’ là rai¬
nure du> cathéter tenu perpëndicülairbiaént, et dé diviser
ainsi la prostate ét le ébl de4a véàsib' sur là ligné lüëdiàhé,
Clelté dernière incision étant fiiilë , oh ëitbàit 'lë càliéhl
avec les ténettës coihme dahs la- méthode bbdihairéi
Les auteBre de l’àrtiolfe Bithblbtiiiè du grand Dîotrbbi-
naife dès soienëés mëdicàlës (Jourdàti et Bégin)' ont éitë
UHïpas^agë dé'Hàllër qui pbiirrait fàirë'cbblbç qüb Mi Sàii-
son n’est poiùt l’invëntëur de cëltë ttiéthbdë , biais qu’il
avait été- précédé -par üb • Ilàliëhiidtfithé; Vëgétius àü‘ siijët
duquel Haller dit : jubet pe¥ vültiüé Tébti ihtektiiii- èt
vesicæ mütéo lapidëm ejicére j 'cé qtii tbanchebait la dif¬
ficulté; sur le mérite; de Fihvehtibti , si' Vàëfcii d’avait bëiidh
au chirurgiëti fràbçàis là juStibe qui Idi'ëst diië , en faisàfit
voir que VégetiüS ,‘.qur à écrit 'süb Parï vèiéririàibë (i j ',
(2) De jummilis calculosis , cup. XLVl , til/. I.
1. 16
a34 EXTRAITS ;
n’a parlé de l’opération de la taille qu’au sujet des che¬
vaux et des ânes , et seulement dans le cas de rupture de
la vessie, et qu’ainsi la gloire est due toute entière à
M. Sanson qui , d’ailleurs , ne connaissait peut-^être pas
l’ouvrage de Vegetius, à cause de sa rareté, non plus
que les citateurs du passage de Haller.
La méthode de la taille par le rectum, telle qu’elle
a été pratiquée dans le principe, je veux dire en incisant
le bas-fond de la vessie , était sujette à l’inconvénient très-
grave de livrer passage aux matières fécales dans l’inté¬
rieur de la vessie.' Cet inconvénient n’est pas néanmoins
inhérent à la méthode d’extraire les calculs urinaires par
le rectum, mais, ditVaccà, au procédé opératoire auquel
M. Samson paraît donner la préférence , ainsi que le profes¬
seur Dupuytren. Pour l’éviter, Vaccà conseille d’inciser
l’urètre , la prostate, le coi de la vessie, en évitant avec
soin d’intéresser son bas-fond. Au moyen de ce procédé ,
l’incision de l’intestin reste au mçins un pouce plus bas
que celle du col de la vessie , les bords de la solution de
continuité, étant en contact, ne s’éjargissent qu’au passage
de l’urine , et les parois de l’intestin forment une vraie val¬
vule, qui s’oppose à l’entrée des matières fécales dans la
vessie. Le professeur de Pise blâme les chirurgiens qui
conservent encore l’usage de panser la plaie, après l’opé¬
ration. « Il n’y a , dit-il, que des préjugés très-enracinés
qui puissent obscurcir la raison au point do ne pas voir
que la charpie introduite dans le trajet de la solution de
continuité , produit une douleur inutile , irrite par sa pré¬
sence une plaie extrêmement sensible et déjà trop dis¬
posée à l’inflammation ; cette irritation est due non-seule¬
ment à une action mécanique , mais encore à une action chi¬
mique, parce que Turine , dont s’imbibent les appareils,
a’allère et devient plus stimulante. » Lorsque le danger
de l’inflammation n’existe plus, et que la suppuration est
ET A'KALÏSÉS. àSS
établie, VàccS conseille de toucher là pîaié avec le ni¬
trate d’argent, et lès succè's qü’il en a constamment ob¬
tenus sont la meilleure réponse aux dilBciiltés qu’on lui a
faites sur l’emploi de ce caustique.
Maintenant que nous avons Jeté un coup-d’œil sur
l’ensemble de la méthode que la plupart de nos lecteurs
connaissaient sans douté déjà , je vais tâcher dé rendre
compte de l’ouvragé récent de Vaccà Bérlihghieri , con¬
tenant la réfutation de ses adversaires.
• Le professeur Geri-, de Turin , et Scarpa, sont les deux
principaux antagonistes auxquels il a à cœur de répondre.
Entendons-le parler lui-même sur un süjet assez impor¬
tant pour mériter quelque attention.
Si la bonté d’une méthode , dit Vaccà , se mesurait par
les succès constans que l’on en obtient, je pourrais répon¬
dre aüx objections que l’on a faites contre mon premier
Mémoire sur la taillé récto-vèsicale , en publiant de nou¬
velles Observations qui, comine les prenlières , semblent
démontrer l’excellence de ce procédé; mais comme il est
des circonstances qui peuvent faire réussir les méthodes
même les plus vicieuses; cOmtne d’ailleurs les observa¬
tions publiées né sont pas encore assez nombreuses , je
crois devoir répondre d’abôfdàüx objections 'de M. Geri,
professeur dans une déà plüs" célèbres Universités d’I¬
talie.'. . • ■ ■' ’ ■" '
Pour répondre avéclèjjlns de précision qü’il èst possible ,
j’observerai d’abord'qüélâ méthode employée par M. Geri
dijllère essentiellémént'dé là miéniie ; '2.“ qüë sà méthôdé
estlentièrement vicîétïsêVret que 'c’ésï'àn défaut de ' cétte
méthode que cet habile chirurgién dOit fous ses insuccès ;
S.Vque je dois més sübcès , nbn à dés circonstances heu¬
reuses, non à'üne habileté extraordinaire dOrit M. Gétï me
fait l’honuêur de^me oroirè doué j'thàîs au mode simple et
facile; avec lequel jé pr atîtjdé ’Pojjératiàn ’ Üj-" Texaminééai
i6..
EXj-TIV./V;I/T& ;
SUT. q,iiol est fondé le jjUgei»ept # » en faisant voit'
qu’ü n donné trop d’iropoctan Ge à quelqjges défeute; légers
de la inétfiode , sans prendre en considération Ies:avan,tages
qui en résultent. » , - !
La, manière, d’opérer de M* G, erj consiste inf,EO,düire
dans le, rectum , à laJiauteur de, trois ppuçes; et démi> mï
gros dila,tat,e,ur fait ejtprés , e,t;dontla. formp imite à-peu-près
celle d’un gorgeret , ayant environ un popcç et demi de
largeur vers sa base. L’intestin rectum distendu de mar
nière que, la partie concave dn, dilffitatenr regarde eja, avant ,
M. Geri. taijle d’un seul- coup Wmnflnens.e; e,t i^s- spjijâfi^
ters , en, portant de, d,eliors,en;ded;af^ un Gouteaq m,©.ij_s4e
et à tranchant convexe,;, puis au, moyen, dL’une secG.ndeânt-
çision .d’une dixaine de lignes ,, faite h l’aide dn cathéter
sur la partie, mejpbrenense dp.rurètre et spr le col de la
vessie j,il, arrjve, daps ce viscère.
B|. pfeserye ,. pour, prouypr Ipi, di^éreoce; de son
prcç^dé,, qp’il, n’ç jamais enpployié IcgrOft dijatMOuc de
l’apus; que.Mj Gepi ne dit pas si,; e§; prati'quank sai sci-
comle. in.pisiop>j,i|.ppr,te; Ip couteau, dp, deLprsien^dedans:,
op.de, de, dpp? ®-P; d?l?^®F® », tipp .. PPOPjifttrcpljus. claie; s’il
dirige, c.ct,teiRtti?'on:^ l!qi:ètr,eyers: leiCoi de.la \iessie.,. ou
s’il iq dirige du.çol),t^ra l’urètre, r. c^üçjqmipsiop.eatlnéatt^
moins, de la.p^P grap,^ .,importan,ç,e par eft . inciKmt'di’a^
vaut en arrière, on peut aller au-delà du col ou du.bàs^
fon.d; de la, ves,sie ,,pu ari;iycr po.ur le moiQS iàlatmêœe- Bau-
tpr , tao^is.qiUléfl, pnpGédaîntid’arî’ièae emàvânt,,, l’incîsion
dpa, pa^pia; dj, l’intesUp, pe«,t , sj .l’epérateur le veut-,', ne
pa,s ,arriYer,ài Ift même Bawtenr^u§;ÆeJi@i dp.col aüidmbas-
fopd.deda;,yeasie, J^^ans toufclesicajilîappoiîtés par le pÉo-
fes^fiuçdeÿprin »,l§Sfféçe^p3Ssaient;dapstlfl!V.êssie.> copotaé
peja doit .aFrjyer. uéResaairetftontcteHteSilêSifoi&.que le bas^
fon,d„^j;„çflppjé di? -fflaçièpB. à, p^ iqji’ilaue puisse, former
eyqpjlBÇrParpis.de l’iptestin une valvule ààsez. étendue pour
eÊQpêcher la coianinnicâtion tiè la eàvilë de î’intestîn avec
la cavité dé la véssiè ; cè tjüi h*E( fàiïiàis îiéu , si là secondé
incision se pratiqnè éft 'pfâteaüt dü col Véfs rnrèlré ,èt qiié
ropérateur veuille què 'céîte incision s’àb^êtë jtlüs bas qué
celle de l’intestin, e II est donc prouvé , conclût l^àutéur,
que M. Géri taille le bas-foûd de là vessie' l'àndîs què je
taille le col , et que jtaé conséquent ûoS procédés né Sé rès*
semblent ni quant aüx iiistriimens , ni quant à là mànièrè
de s’ën servir , ni quant ànic parties qui sont ineisééS; lèS
objections basées Sûr Cè point éèStètit donc sans aücnné
espèce de forideülèqt. S)
Les ticeS du précédé opétàtoite dé ÜI. Gëri sôùt évi -
déns. Il emploie, comtnë nous l’àvonS UbServë , uU
.gèret particulier, dont les observationè dè Diipuylréh , àè
Famese , de Gibrgi et de Vaccà iiïi-taênïè 'ont déùiôntré
l’inutilité, et dont la raisén et l’expé'riencë cénûrnieût lè
danger. En èfiet , il n’est guère poSsiblé d’iUtreduire Un
tel instrument à une si grande profoîidèülr SéUs bèaüéotip
■incémtaodér lé màlàdé ; ritritalion qU’il déterùiihé sut la
•lUuqueuSe dé l’intestin ile doit p'as pèü confribüër à l’ëkpub
SioU dés màtièrës féc'aiës pendant l’épération niêmej iU'-
coùVé'niént qué M. Geti a si Souvent bbsêrté ét tjü’il Pé-
dotilè àVëc tàisén. Quoiqu’il ü’âit pas dît à quèllé hau-
tëut s’étëridàit soU inci^ioft, plusieurs îtatsbttS font s’oup-
çonhër qu’il là porte trép hâUt , parce que l’inciSion pra¬
tiquée par Vàccà né ldi paraît pas suffîsàrité, qû'ôîqü’ëlle
embrassé UU ponce d’élénduë dàns l’int^stiH'; pârcë qu’U
séràii iUÜlilë d’èUféncèr le gorgeret à Uné si gtàftdë tfau-
tèiit , s’il hë Voulait fendre qiie lapUttibn ù’iutêëïirt qui ééV-
téspéüd âü éol et mëtn’è an bàs-féiid dé la VèsSîé î parÇe
qué lés nihlàdeS ôïït ptéseUTé lés ffiêtlieS 's;ÿ'ttlptôittgs que
' ceux qüë l%n ébSëtVè ’dàftS leS lésiéPs dèS înléStllilfe. Ôr,
l’incision qui VU jdsqu’à feèttë'hàütëüt élt ttès^dàrigetèùse ,
lién sèureïncht à causé dés tamifications a'ttériélles qui
258 EXTRAITS
peuvent être intéressées , mais encore parce que l’intestin
rectum participe d’autant plus? de la nature des autres in¬
testins, qu’il s’éloigne plus de son extrémité. Il n’est donc
pas étonnant que les malades , opérés par M. Geri , aient
présenté des symptômes d’une nature aussi grave que ceux
qu’il a observés. L’incision qu’il pratique peut blesser le
péritoine, comme il en rapporte un exemple j elle peut
ouvrir le bas-fond de la vessie ; dans le premier cas le péril
devient plus grave ; dans le second les matières fécales
passent plus facilement dans la vessie ; elles peuvent l’irri¬
ter, et cette irritation peut se communiquer aux intestins;
le danger de la fistule est plus probable, la guérison plus
longue. On ne sera donc pas surpris si des cinq opérés par
M. Geri, un soit mort, trois soient restés fistuleux. Il ré-^
suite delà que son procédé n’a rien de commun avec celui
de Vaccà , qu’il n’est pas le même que celui recommandé
par M. Samson , lequel a des défauts très-importans , et qui
lui appartiennent exclusivement.
lyi. Geri objecte encore que ,1.° pour peu que le calcul
soit volumineux, l’incision de la prostate est nécessaire,
' ce qui expose à une suppuration fort longue et à d’autres
accidens graves ; 2.“ que le col de la vessie et la portion
membraneuse de l’urètre ne sont pas aussi près de l’intestin
rectum que le bas-fond, et que la sensibilité du col est
beaucoup plus exaltée par cette nouvelle méthode que par
les autres; 5.” que la lésion de l’intestin ne doit être re¬
gardée comme légère dans aucun cas , et qu’il n’est pas
à présumer que celle de l’extrémité du rectum soit de peu
d’importance; 4'‘’ ss* impossible de faire l’opération
par le moyen d’une incision aussi petite que celle que re¬
commande le professeur Vaccà ; 6.° que la guérison se fait
plus long-temps attendre après cette opération qu’après'
celles exécutées suivant la méthode ordinaire.
IVL Vaccà répond d’abord que M. Geri semble avoir ou-
E T AN ALÎ6ES. 939
blié que rincision de la prostate a également lieu quaud
on opèreavec le grand appareil , quelles que soient ses mo¬
difications, c’est-à-dire , suivant les méthodes de Cheselden,
du frère Côme , de Pouteau , de Ledran , de Hawkins.
Toute la différence est que , dans la taille recto-vésicale , on
incise la prostate vers sa partie moyenne , au lieu que , sui¬
vant les autres méthodes , on Tincise dans sa partie laté¬
rale ; or, aucune observation ne démontre que l’incision
de la prostate soit plus dangereuse sur un côté que sur un
autre. La seconde objection n’est fondée ni sur l’anatomie ,
ni sur l’expérience J car on risque moins de blesser le nerf
honteux par la méthode dont il s’agit que par les autres,
et si le vcrumontanum est, comme le pensent quelques
personnes, plus sensible que les parties latérales de là
prostate, l’expérience démontre que les incisions faites
sur cette partie guérissent aussi bien que celles que l’on
pratique ailleurs. Quant à la sensibilité de l’extrémité du
rectum , nous n’en disconvenons pas ; mais si oh laisse de
côté quelques observations rares et extraordinaires au
moyen desquelles il n’est pas difficile de démontrer que
l’opération la plus insignifiante peut devenir mortelle,
l’expérience vient encore nous apprendre que les craintes
conçues à ce sujet sont exagérées. En effet, l’incision
d’une simple fistule à l’anus, qui pénètre à un pouce au-
delà du sphincter externe a-t-elle jamais été regardée
comme dangereuse chez un homme sain et robuste ? Or
l’incision qui se pratique dans le cas dont nous parlons , est
bien moins à craindre , puisque les parties sont entièrement
saines.
« SiM. Geri avait voulu essayeride l’incision économique
que j’ai proposée , continue Vaccà , laquelle est d’environ
21 lignes, c’est-à-dire de huit ou neuf lignes sur le pé¬
rinée et d’un pouce sur le rectum , il aurait vu qu’une
semblable incision est assez grande pour permettre l’extrac-
24» jËXTpAITS
tiop de-calculs ^rèS'Volumiaejix, car les pattîes ûiolles cè¬
dent aisément à l’action exercée par les tertettes, SHl vou¬
lait bieirse rappeler que. Suivant les méthodes ordinaire-
ment employées , on fait sur le col de la vessie et sur -là
prostate une trèsrpétite incisipPi qui . suivant les niaîtres
de l’art , ne dépasse guère neuf ou dix lignes , il se con¬
vaincrait facilement qu’il est inutile de donner tant d’éten¬
due à-rincision extérieure. »
Il résulte des histoires publiées dans le premier Mé¬
moire de Vaccà , que , 'Sur cinq opérés qui guérirent tous ,
il y avait deux enfaUs et trois adultes , dont un vieillard
âgé de 75 ans et les deilx autres de 40‘ L’un des deux en-
fans guérit parfaitement dans l’espace de ônze jours , l’autre
resta fistuleux J mais cet accident n’arrive-tril pas quel¬
quefois à la sujte de l’opération par le grand appareil la¬
téral 9 La guérison ne se fit pas attendre plus de 1 5 jours
chez les trois autres sujets , si par guérison l’on entend la
cessation de tout danger ; mais si l’on entend la cicatrisa¬
tion complète de la plaie , elle n’eut lieu que 3o jours
après l’opération. U n’est donc pas exact de dite que la
guérison se. fait attendre plus long temps après la taillé
repto-véMcale qu’après celle pratiquée Suivant les procédés
ordinaires.
II semble bien démontré que. tout ce qu’a dit le profesr
seur Geri . fondé sur sa propre expérience , est très-vrai ,
mais ses oibjections ne sont applicablés qu’au procédé qu’il
emploie et non à. celui de Vaccà.
Maintenant il reste à parler du sentiment du célèbre
professeur Scarpa.
- « J’ai été appelé , dit-il , à dire mon avis sur les ainé-
liprations faites par Iq professeur Vaccà , à la taille - recto-
vésicalè. J’al répCndu qu’en tenant le cathéter perpendi¬
culairement à la suture du périnée-, on taille indubitable¬
ment ed travers le conduit séminal gauehe , commun à la
IÎT;A¥A,1,¥SI1S. j4j.
vésicule sémiuale et aq conduit: déférent du même côlé/
J’ignore 4 pe}a peut se faire impunément , mais je sais
bien que l’on évite cet inconvénient en pratiquant la li¬
thotomie suivant Ja méthode ordinaire ,, au moyen de la-^
quelle on peut ejxtpaire a vec facilité les calculs , même d’un
gros volume.
« Si on parle deTappliquer à l’extraction des calculs d’une
grosseur prodigieuse , la question change de face. La sim¬
ple ipcision de ja membrane de l’iiiiètre et de la proslale
nest pas sufBsante en un pareil cas, et il vaut mieux
inciser le basrfond de la vessie. Mais l’expérience dé¬
montre que ce procédé est ordinairement, suivi de la fistule
recto-vésicale. . . ^
« Je vais plus loin , et je dis, d’après mon expérience pro¬
pre et celle des autres , qu’aucun des moyens connus jus¬
qu’ici ne peut autoriser l’extraction des calculs d’un vo¬
lume énorme , parce; que l’état pathologique de la vessie
s’y oppose , et que les conséquences sont toujours fâ¬
cheuses, même après l’opération la mieux ppàtiquée. . . . .
Quant aux calculs d’une grosseur moyenne, mon avis est
que la méthode ordinaire est ppéférahle à la nouvelle ;
poqr les putrps , je pense que ni la nouvelle ni l’ancienne
méthode ne sont utiles.,!
Après avoir fait à. la première, difficulté, quelques ré¬
ponses fondées sur la physiologie, M, Vaccà en appelle à
l’expériepce : elle tp’a prouvé, dUdU que, les malades ont
pu reprendre leurs fonctions sans la moindre ihcCmmor
dité,. Gependant , si la méthode qui expose à ,1a lésion du
conduit éjacula tepr np pro’cufait pas d’autres avantages que
l’appareil Igtéral , je serais le premiet' k f abandonner ; mais
il est faoile de se cpnvaincre:dH contraire, fî’est.unè vè-
rité incontestable qu’on pept extraire de grosses pierres
par le mQJ’un de 1 appareil . latéral; mais il n’en est, pas
moins vrai que fa- voie est plus courte pour arriver ;à, la
242 EXTRAITS
vessie par l’intestin rectum , et que l’écoulement des urines
par cétte voie est beaucoup plus facile^ Il n’en est pas
moins vrai que les calculs doivent passer entre les branches
du pubis pour sortir de la vessie, et que ces branches of¬
frent un plus grand écartement à mesure qu’on s’éloigne
de leur symphise; que l’incision recto- vésicale est plus dis¬
tante de la symphise du pubis que l’incision latérale. Sans
nous arrêter à démontrerla fausseté des propositions énon¬
cées par Scarpa , il est indubitable que la taille recto-vési¬
cale expose moins aux hémorrhagies j l’incision est moins
étendue ; il est plus facile d’entrer dans la vessie au moyen
des instruméns tranchans et de s’assurer avec le doigt de
la forme et de la position du calcul j cette incision s’oppose
à toute infiltration urineuse , et permet l’extraction des cal¬
culs les plus volumineux qu’il soit possible d’extraire par
l’appareil latéral.
Pour ne rien laisser d’obscur sur ce point , voyons ce
que Scarpa entend par gros calculs que l’on peut extraire
avec l’appareil latéral. « Les calculs , dit-il , que l’on peut
extraire par ce moyen peuvent peser jusqu’à trois onces
et demie et avoir au moins seize lignes dans leur plus, pe¬
tit diamètre. On ne peut pas en extraire de plus gros
parce que les os s’y opposent et* qu’il faudrait tailler la
prostate et le col de la vessie dans toute leur étendue , ce
qui , suivant la méthode ordinaire , peut occasionner des
infiltrations urineuses. » Laissant à part tout ce que l’on
pourrait dire relativement au poids qui ne correspond pas
toujours au volume , et relativement au diamètre qui peut
varier suivant la grandeur et la bonne ou mauvaise con¬
formation du bassin , la chose étant supposée comme le
veut Scarpa , n’est-il pas évident qu’en faisant tomber l’in¬
cision sur un point où les branches du pubis offrént
un écartement de 20 à- 24 lignes , on pourra extraire
dés calculs plus volumineux que ceux qui n’ôffrent que
ET ANAEYSES. 243
seize lignes de diamètre j:.et qu’ainsi le nombre des calculs
que l’on doit laisser dans la .vessie, suivant le professeur
Scarpa , sera prodigieusement diminué ? .
«Mesprincipes , dit encore Vaccà , sont diamétralement
opposés à ceux du professeur de Pavie, relativement au
conseil qu’il donne d’abandonner à leur destin les malades
qui portent des calculs d’un volume extraordinaire , c’est-
à-dire, pesant plus de trois onces et demie. Car je ne crois
pas comme lui , que l’on doive juger de l’état pathologique
de la vessie par le volume de la pierre. ,
<1 La forme de ces corps étrangers est peut-être plus pro¬
pre qu’aucune, autre cause à produire l’irritation , la phlo-
gose. et les altérations organiques dans les parois dé cet
organe. .. . . . Je crois qu’il est très-difficile de distinguer les
affections graves de la vessie, les ulcérations , les épaissis-
semens de ses parois , de cet état de phlogose que l’on ob¬
serve souvent dans ce viscère; lorsqu’il contient des corps
étrangers dont les surfaces ne sont pas lisses etpolies. En¬
fin , je tiens, pour erronnée l’opinion de ceux qui regardent
les affections graves de la vessie coipme.constamment mor¬
telles. Telles sont, à mon avis , celles dont on ignore la
cause , ou bien dont on ne peut pas éloigner la cause lors¬
qu’on la reconnaît : on doit encore regarder comme mor¬
telles, les affections qui,, quoique dépendantes de causes
que l’on peut éloigner , ont laissé des désorganisations pro¬
fondes dans les parties malades. Mais dans notre cas, on
peut éloigner la cause , et il n’est pas démontré que la dés¬
organisation survenue dans la vessie soit irréparable. Si
donc l’affection pathologique de la vessie n’est pas la com¬
pagne inséparable des calculs très-volumineux , pourquoi
ne pas pratiquer l’opération quand il n’existe aucun signe
de cette affection? Si la gravité de l’affection pathologique
n’est.pas certaine, si même cette gravité ne rend pas la
cure impossible quand on peut éloigner la cause , pourquoi
244 Ei'rnÀÏTS'
ne tenterai t-oii pas l’épératioii dans tous les cas douteux v
puisque sans l’opération il n’y a pôiflt dnspoîr, et què
d’ailleurs le mùladë n’est exposé qu’au sacrifice dè peu
de jours de vie, qu’il passerait aii milieu des tour-
mens? Mais ce danger 'n^e'St-il pas 'fcôUitnün tolites les
grandes opérations ? L’affipütatioti de là edisSé i la 11^-
gature des carotides , des iliaques, lès dëSatlifcuktiôns dèS
grands articles , l’extirpation des affections Squirrheusès ;
exposent-elles moins les jours des malades ? .
Les annales de l’ari offrent dès exèniples nlültipliéS
de pierres très-volümineüSeS enlevées de là ïndnîèrè la
plus heureuse i en les brisâü t pour éh rendre l’èittràctîôn
plus facile. Le sentiment de Scarpà sur ce point né s’ac¬
corde donc ni avec l’observation , ni àVec la raison. D’aik
leurs, ce toélèbrè profeâsèur n’â jamais fait ni VU faire
l’opération de la taille récto-Vësicâle , et tôüS les raison-
nemens du monde ne Sauraient tenir centré dés faits po¬
sitifs et bien obseRvés;
Je "crois avoir rapporté scrüpulèuseniént lés réponses
du professeur de PiSe > aux objections faites par Geri et
Scarpa ; je n’y ajouterai aucune réflexion , parce que jë
crois qu’ün Jugement sur ce sujet Serait prématuré ; ce¬
pendant les cas nombreux dé plein succès què Vâccà
rapporte dans son second Méttioirè , joints à ceux dont il
avait fait mention dans le précédent ’soni , à înés yeux ,
d’un grand poids èn faveur de là méthode técto-vésicale
pratiquée aVèc les précàulibns qü’il indique ; mais il né
faut pas oublier que l’Opération de là taillé latérale réussit
infiniment mieux dans certains pays qüe dans d’autres ,
puisque dé Cinq opérés b l’flôtèl-Dieü de Paris , il en
meurt un , tandis qù’h LÿÔii la proportion des mOrts ëst dé
deux sur trertle-Utt opérés. Il peut doué bién arriver que
la taillé rëcto-Vésicaié réüSSissé pâ^faitemèni à Pise et dans
quelques antres parties de l’Italie, et qü’elie réussisse niàl
ET ANALÏSES. 245
dans d’autres, saùs^qu’ôn puisse attribuer cette différence
à celle du procédé opératoire.
Je-finirai eelartiele en rapportant les propres réflexions
de l’auteur :
« Des onze individus sur lesquels j’ai pratiqué la taille
recto-vésicale , dit-il , sans inciser le bas-fond de la Vessie,
un seul est mort âgé de 76- ans, après qne opération que
dès circonstances particulières avaient- rendue extrême¬
ment pénible. Un tel résultat ne doit pas être attribué h
ina partialité * puisque j’ai soumis indistinctement à Cette
opération tous les calculeux qiii- m’ont été présentés , et
que plusieurs d’entr’eux se, trouvaient dans des conditions,
extrêmement défavorablès ; d’ ailleurs , mes observations
ont été faites , pour là plupart , dans urieCliniqué publique ,
en présence d’une jeunesse nombreuse , étsouvent sous les
yeux de professeurs étrangers. Parmi les opérés , se trou¬
vaient deux vieillards entre l’âgC' de 70 et 80' ans , un sujet
de 60 , deux autres de 4o et 5ô , deux de 58 , et cinq entré’
2 à i'8: ans ; et certes , quelques-uns d’ëux étaient évi¬
demment dans cet état que plusieurs regardent comme
contre-indiquant ^opération. : . ;
» Si on ajoute aux observations qui me sont propres ,
celles-de Eàrnese, dé Giorgi ,'de Giuseppe , de W['ori, dé
Gittadîni i dé Lancisi, de Gapaoin et dé Géri , on-aüra
seize autres opérations , dont plusieurs ont été faites sur
dés vieillards' qui portaient des calculs très-volumineux.
Cependant deux seuls individus ont succombé , l’ùn dàns
un accès d’ épilepsie, et l’autre (celui de M. GeH) , pro¬
bablement par suite dé la blessure faîte aupêritélne , ce
que l’on ne peut pas àttribueé au Vicë dë la ipéthode; '
» Je ne prétends pas sputenir què le rapport' qüe jè viens
dë- foire soit décisif , quelque fovo'rablé qu’il soit à la tàiÜë
recto-vésicâle. Personne ne sait niieüx qué moi qu’il ëst
besoin , pour cela , d’un millier d’bbservatïons , parce
246 EXTRAITS
que des circonstances particulières peuvent accréditer
une méthode et en décréditer une autre ; cès oLservations
doivent être faites à parité de circonstances , soit quant à
la salubrité des hôpitaux, soit quant à l’habileté des opé-^
rateurs j soit quant au traitement Consécutif à l’opération.
Certes, je serais bien loin de proposer de changer de
méthode , si la meilleure de toutes celles connues s’ap¬
prochait de la perfection : mais peut - on regarder
comme parfaite une méthode avec laquelle on arrive à la
vessie par une voie longue , lorsqu’il en existe unj plus
courte ; par une voie remplie de dangers lorsqu’il en est
une qui n’en présente aucun; par une voie qui ne permet
le passage que des calculs d’un volume médiocre , tandis
qu’il en existe une qui donne issue aux calculs les plus
volumineux; une rùéthode qui fait périr le cinquième des
individus qui s’y soumettent ?
«Les observations que j’airapportées ne se bornent pas
à prouver les avantages de la taille recto-vésicalc sur les
autres méthodes usitées, mais elles démontrent qu’il est
très-important de pénétrer dans la véssie par l’urètre , de
faire au col de la vessie et à la prostate une incision de
peu d’étendue, et de respecter le bas-fond de la vessie.
Eneffet.le professeur Giorgi , quia mis' en usage les deux
procédés , a rencontré de grandes dilBcultés, dans l’exécu¬
tion du premier , c’est-à-dire , dans l’incision du bas-
fond de la vessie,; de graves désordres en ont été le résul¬
tat , tandis qu’il n’ep est survenu aucun dans l’autre cas.
Le second opéré était guéri vingt jours après l’opération ,
et le 74-’’ > le premier portait encore une très-petite fistule.
Le professeur Barbantini eut une fistule en incisant le
bas-tfond de la vessie; le professeur Geri en a eu trois sur
quatre opérés. Ainsi , sur sept malades à ma connaissance
qui sont guéris , quatre sont restés fistuleux ; un cinquième
court le même risque. Dans tous ces cas , les matières fé-
ET ANALYSES. 247
cales entraient dans . la vessie. Sur les < dix-neuf individus
opérés par la voie de d’urètre , deux seuls portent une pe^'
tite fistule qui laisse passer de temps à autre quelques
gouttes d’urine ; cliez aucun les matières fécalesn’ont pé¬
nétré dans la vessie. Il semble donc prouvé par l’expérience
et par le raisonnement, que par le procédé opératoireque
j’ai décrit , on évite avec sûreté le passage des fèces dans
la vessie , et que l’on s’expose moins à laisser une fistule.
Les observations ne sont pàs encore assez nombreuses
pour déterminer d’une manière précise si les fistules uri¬
naires sont moins fréquentes avec le grand appareil laté¬
ral , que dans la taille re.ctp-vésicale , en, ménageant :1e
bas fond de la vessie. En attendant que les faits décident
la question, je crois pouvoir affirmer que, quand même il
arriverait que la fistule fût plus fréquente dansde second
que dans le premier cas , la taille rectOï-vésicale devrait
être préférée , parce que une telle incommodité est peu
de chose ,. s’il reste démontré que la . taille recto-vésicale
expose moins la vie des malades que toutes les autres mé¬
thodes. » ( CosTER ch la Faculté d& Turin. )
Système d’ Anatomie comparée; par. T, F ‘ Meckel,
professeur de médecine d’anatomie et çh physiologie
4, l’Université do Halle, Premhr volume, contenant
l’ anatomie générale, — Halte, ,
AprIîs avoir établi les lois de forpaatipn du règne ani¬
mal d’une manière générale , et après avoir indiqué les
principaux caractères que présente ce règne ,. tant sous le
point de vue de la variété que sous celui de l’unité , l’Au¬
teur expose la première de ces lois , appelée loi de la va¬
riété. C’est en envisageant l’écheUe animale sous ce dou-
-a48 EXTRAITS
ible rapport qae l’auteur se: livre à une séwe de con¬
sidérations et de raisonnemens, dont nous allons résumer
ceux qui nous paraîtront les plus importaps et les plus
propres à donner une idée juste des objets renfermés
dans cette section.
I. Variété de là ccmposiîion dés organismes indivi¬
duels, considérés dans l’état régulier. — Un premier
caractère delà variété du règne animal se manifeste dans
la diversité de substance et de forme qù’offrè chaque or¬
ganisme individuel. G’est sous ce premier point dé vue
que tout corps- animaLse présente comme un composé dë
plus ou moins de parties qui dilïèrent entré ellès , tant
par leur nombre , que par leur structure ét leurs fonc¬
tions-.
Le système le plus généralemen t répandu , syslèihe qui
constitue la base detoutle'corps , ét primitivement même
Je seul élément organique , est le tissu cellulaire ou mu¬
queux. Ge tissu, formantune masse homogène gélatineuse,
d^ün aspect grisâtre , dembtransparent , " et n’étrint essén -
tielleïoeot ni cellulaire , ni fibreux , contient , dans la plu¬
part des animaux , et nommément dans ceux des ordres
supérieurs , une substance double, dont l’une, beaucoup
plus répandue que l’autre et commune à tous les ani¬
maux, prend le nom, de sérum du sângi tandis que l^àutré
qui, en prenant naissahCe dans lé tiSsumuqueüx , le divise
en une multitude de petites vésicliles arrondies , est dési¬
gnée sous le nom de graissé.-
Un autre système, répandu presque aussi généralement
que le précédent, et formant avec lui iôutle corps , non-
seulementidans les àüimàüxdës plus inférieurs', tels tjue lës
hydres , mais même dans les jeunes embryons des ani-
mâux. supérieurs , se compose d’une foule dfe petits glo¬
bules qui , contenus dans le Système lüüquèux , détermi¬
nent la couleur de ranimai.
ET ’A'k'AI^ŸSES. è4g
Ces deui sÿgtêfiffes , ihvôlr lë systèbë ièui|Uëuk etde
SJtstèiüë glob'tilëûX ; bëïië^lüëHt 7lé§ élë'üiëris les plus p¥i-
iriitifs de IbrgtiiHisàtion atiiim'àle , puisque c-èSî d’feux qiie
naîsseut les autres êléme&è ânàTOiiiiquès biôinS 'pritnitîfs ,
Coinrde exëfnf’lè , dës ïîbrès et dés laides , dëut la
TéüTiion forme eûsüîlé tous les oi^anes et àppàrieils ul¬
térieurs.
Les éhimaüx lès plus ibférîeufS ne présentent <jü’une
enveloppe ejttériéufë , Sans ôüvertüre visible. Gëïte enve¬
loppe , dont là Structure est sëiiiblablë â Celle de là Süb-
stsnCè qjü’éllè revêt, nô’ùs bffrfe' lès premiers rüdimèns
d’ùn 'sÿstèthecütbné, tiioyénPant lequel ces àniitiéük ab¬
sorbent et réje tient les corps environnâns. Cë' système
cutané rudimentaire acquiert , dans plusieurs classés d’a-
nimaüXi Ün assez hàut degré de Solidité potli Sèi'Vii’ d’or¬
gane du SmoéVémebl j et Céïiinié • éfe éÿstèmè Ibrrne la
Source de tous lès sénS i il est primilivëmént éiicôrë le
séiil • organe dé'S sënsations. ' ■ • ' • • .
A cèttë préïnièrë ébauche d’iin systèbè éûtailé, pàr
lequël la vië ànimale débute i sé Joifit d’âibdrd' uÏÏë 'fcà'vité
qui, en par’cbüCaiit plus bü nïoitife lë ëo'rps t ÿ donné ïfàife
sattce à ühë surface àppélée întêrielirè “ P'âr bppbSîtibh à
la sdrfâCë éXlérleiire ; oü , ëh d’aüt'rès tërbés éâ-
nal alimëntâîré ; lëqùèl est l’bppbs'é de là pëàu.' C^dst 'pér
radditiôti de Cé së'côrid àppkrèîl iqué la s|iliîiéé' d’âcUvité
du prëmié'r Sè troil Vè .déjà tènàidëfàb'lé'méla’É reSïiëinÉé' ,
éfl ce qtie Ih plup'àrt dëS slibstïüreéSdiétéfègèiieS', et hôtàiri-
belit les plus grossières , s'ôriV rémiVs et éicpdlséèS psü da
süriaicé inténeîirë. . i ^ ^ - j -
G’ëSt p'ài la fèrtiiatibn de dette éàVlté ; qùi priiüiilv'é-
tîienl èst èiffl.!plg , qü'é. l’timîrlà'rè'St 'cdfivéîjti bu en lih sàé
sads blivé'rttifë , bét èn uü tbbep sdîvàtït qü’clié ëst Oti-
verté à l’ütië dé S'és ëitiémiféS Sièïdefflëdt , 'bÜ à tëatés lés
dfeuï. Èie&ïôt ëptlê Catité l'c Ÿhdïiflë' plW'oH .lüéins prb-
a5o EXTRAITS
Ibndément dans la substance de l’animal , et la matière
nouvellement reçue et préparée est assimilée au corps par
des voies particulières et constantes , lesquelles diffèrent
plus ou moins manifestement de la masse du corps envi¬
ronnante. Ces voies forment les rudimens d’un système
vasculaire par lequel le canal intestinal est mis en commu¬
nication avec la peau. Ces trois appareils, savoir : la
peau , le canal intestinal et le système vasculaire rudi¬
mentaire, forment, conjointement avec la substance in¬
termédiaire, le corps dans les méduses. Cette disposition
se perfectionne bientôt, en ce que ces mêmes organes de¬
viennent, non-seulement plus isolés , quant à leur situa¬
tion et à leur texture , mais encore plus nombreux par
les organes qui s’y ajoutent.
Cet isolement des systèmes existans a lieu par la sépa-
uation du système vasculaire du canal intestinal , laquelle
fait que le système vasculaire se trouve appliqué à ce
dernier à la manière d’un tube clos , comme cela a lieu
dans les insectes; pubien, ce système, au lieu des’anas-
tomoser directement avec le canal intestinal , n’en naît
que par une multitude de petites radicules qui, d’abord ,
se réunissent en troncs pour se diviser ensuite de nouveau,
ainsi que cela s’observe dans les annélides et dans toutes
les classes suivantes. Quant aux organes ajoutés à ces
premiers appareils , on peut les diviser en ceux qui ne sont
que des modifications ou les rejetons des organes déjà
existans, et en ceux qui, par cela même qu’ils naissent,
peuvent être appelés organes particuliers. Les organes de
la première espèce proviennent en partie du canal in¬
testinal ou de la peau , et en partie de tous les deux en¬
semble. Les premiers forment le système glanduleux , les
seconds le système respiratoire. Les glandes sont des sacs
clos qui , par leurs orifices , communiquent ou avec la
peau , ou avec le canal intestinal. Ce sont de véritables
ET ANALÏSES. sSl
prolongemens de ces organes, et particulièrement de leur
tunique essentielle ou primitive. Ces sacs , condensés
à l’extérieur par du tissu muqueux, ont pour fonction
d’élaborer un liquide qui diffère , tant de leur propre sub¬
stance, que de la source nutritive commune , et qui ,
suivant qu’il sert , soit à l’entretien de l’individu , soit à
celui de l’espèce, ou qu’il doit être rejeté au dehors, éta¬
blit trois sortes de glandes, dont les premières s’ouvrent
dans la partie supérieure du canal intestinal; les secondes ,
formant le système générateur , ou dans la partie inférieu¬
re de ce même canal, ou dans le système cutané externe ,
et les troisièmes également dans ces deux endroits.
Le système respiratoire forme essentiellement ou des
renflemens ou des cavités qui , comme les premiers .
proviennent en partie du système cutané interne , et en
partie du système cutané externe. Les cavités prennent
le nom de poumons , tandis que les renflemens sont connus
sous le nom de branchies.
Les systèmes particuliers qui s’ajoutent aux systèmes
primitifs , sont d’abord le système nerveux et le système
mûsculaire. Ces deux systèmes , dont la formation a lieu
simultanément, semblent ne pouvoir exister Tun, sans
l’autre.
Le système nerveux, se composant essentiellement de
globules qui sont réunis par un liquide, et enfermés dans
une enveloppe mince et lisse , forme presque générale¬
ment des parties arrondies ou centrales , appelées renfle¬
mens ou nœuds , et des parties longitudinales ou des
filets. Par-tout où ce système se trouve , il est l’agent
de l’activité; spirituelle , et en mênie temps l’intermédiaire
entre les organes centraux et les organes périphériques.
Le système musculaire , considéré comme système <
particulier , se compose de fibres qui , réunies en fais-
; ueeaux par du tissu muqueux , paraissent entièrement
I , 17..
2&2‘ E-XTRÀltS
cK^Wiirtucs dè ^6'îynilës. Ces fiBi-ës doüiéës de ïâ faculté
dfe së fàécourcir ét dé s’éteMre alternatif eiüéht , consti-
ttrént f ôrgàné actif du mburement è't de lâ locomotion.
A cël sjrstfeiüés s’ajdütent ëüsuité d’autres systèmes ,
tels que le système fibréüx , lè système cartilagineux et le
sÿstème osSeux, qui, outre leur emploi de pt-otégèr lès
organes centraux, et de faciliter le mouvement , servent
encore à donner au corps le degré nécessairè d’appui é't
de solidité; — Telle est la vàtiété de systèmes à laquelle
l’auteur arrive successivement , en étudiant la substance
animale , depuis le zoophyte le plus inférieur jusqu’à Ta-
nimal le plus parfait. Les descriptions générafés , données
dé èhnqué système , diïïérent des descriptions ordinaires ,
en ce qu’ellés né contiennent que les caractères les plus
essentiels. C’est poaéquoi , dans aucune de ces descrip¬
tions iràutéué n’éxamine si dans la- composition d’ùn
otgàîife il entre des nerfs èt des vaisseaux, et éncorè moihs
dans quelle proportion ils y entrépt : « pafcè qüé , dit-ii ,
là tiii il éii existé’ , fis sont ét'ràngèfs à la substance de l’or-
gàne , et n’bnt d’aulré rapport avec lui que çèlùidé edn-
cbüt*ir à sa cOnserfàtion par lès prîneipés qu’ils lui' appor-
ténl. Ils nè s’èntfelaCertt nullè part avèc la sUbstancé des
organes , mais ils se répandent dans le voisinage et dàns
le mfiîM dë ïéué sübstancé. Le rameau nerveux,^ de
' mëfflë '^iÿè Té rameau iraSéUlairé , est situé entré lès fais¬
ceaux éliartfiïâ; mais il ’rf’y' pêfiëtré point, puisque dans
certains anitniàAx infériéüfp , il existé dés vaisseaux sans
nerfs , ét qüé là classé eütïèrëi dés inséctes oiffrè tous les
systèmes indiqués , éîCéep'té âèé érganès ïibrèÜx , des càr-
tilagés et dés ôé , sans’ éépëhdànt qU’ll y ait dés vaisseaux
sanguins qui i selon l’antéüf , n’appartiénnènt pas plus à
l’éssencé d’üné glgndé , par exérnplè , què les nerfs ac¬
compagnant cës vâisséaux : âttëndu , dit'-il , que réssénee
d’uh tel organe consiste uniquement dans la formation
ET AS^LXSES. 2^5
d’un sa.c , lequel est de,s^jpLé à élaljoeer un fluide p^j:-
ticnller , n’impofle sf la su]bs|tance, de, laquelle ce flujdp
est sécrété arrive dans les parois du sac- par. des vaisse.apÿ
sanguins , ou si conjnie dans les insectes , ce gac est h^-
gné dans le fluide- Il en est absolutncnt dp; mênie d,’iqj
PS-, dont ressence ne consiste ni dans le périoste qui l’çp,-
toure J ni dans l’organe m.oelleux qui est renfermé, par
içi , attendu que les os aérifères des oiseaqx ,ne contiep-
qent point de moelle, et que très-souvent des os ano~
maux se développent sans qu’ils soient entourés dlapcmr
pécloste. '
Arprès ayoir aipsi indiqué la va riété qu’offre chaque orga¬
nisme aniipal en lui-naêcne , l’auteur examine celle que
présente le règqe animal , envisagé d’une manière géné¬
rale. C’est en suivant I,eg diverses parties exposées, dan»
leur réunion en individus , que l’aut.eur arrive à cette
multitude d’organismes qui, suivant lui, peuvent être
considérés comme les parties les plus immédiates de la
nat.urp , par opposition aux divers appareils formant les
parties les plus immédiates des organismes Individuels.
Ces organismes sont divisés en, groupes, , suivant qu’ils se
trouvent plus rapprochés oy plus éloignés les uns des au¬
tres. Quelques-uns de ces groupes sont établis par la ng-
tqre ; quelques autres , au contraire , par l’abstraction de
notre esprit. Les premiers forment les espèces et les va¬
riétés , les seconds leg genres , les ordres et les classes.
Il est cependant très-djlïïcilc , coqtinue M. Meckel ,
de défluir e^taptement la, différence même entre l’espèce
et la variété. En èlfet, on entend généralement par espèce
un groupe de corps organisés , qui, par la reproduptiqu ,
sp perpétue d’une maniéré invariable , au Ueu que leg va¬
riétés, formeni; des gpoupps subordonnés donples carac¬
tères distipelifs sont perpétués comme ceux de l’egpècc.
L’origine cleg variétés estlp plug gpuvfint.lrès dilBcilçà déçou>
2.54 EXTRAITS
vrir , et leur existence ne permet guères de tracer des li¬
mites exactes entre les groupes faits par la nature , et ceux
qui sont le résultat de notre abstraction, attendu que
la dégénération héréditaire , sur laquelle est fondée l’ori¬
gine des variétés , n’exclut nullement la possibilité que les
dilTérens groupes d’organismes , quelque variés qu’ils
soient, ne dérivent tous d’une seule et même organisation
primordiale, et en conséquence la différence faite gé¬
néralement entre les divisions naturelles et les divisions
dites artificielles ne repose sur aucune base solide. A la
vérité , pour fixer le sens du mot espèce {species) , on a
recours h la reproduction , et l’on ajoute à la définition
donnée de ce groupe, que les organismes qui, le com¬
posent s’accouplent librement lorsqu’ils vivent dans l’état
de la nature , et qu’ils concourent ainsi à la conservation
de leur espèce. Cependant, ce caractère même 'n’est pas à
l’abri de toute objection , puisqu’il est des animaux , tels
que le chien et le loup , le cheval et l’âne , etc. , qui ,
malgré la différence d’espèce, se reproduisent, et c’est
pourquoi plusieurs naturalistes fort célèbres ont cru devoir
adopter l’opinion que les différentes espèces du genre
chien , cheval , etc. , ne sont que des variétés acciden¬
telles provenant d’une seule et même espèce , quoique les
caractères qui les différencient soient devenus hérédi¬
taires. En effet , la circonstance qu’au choix libre les indi¬
vidus d’un groupe que nous considérons comme primitif,
ne se’^ reproduisent point avec ceux d’un autre groupe ,
quelque rapproché qu’il soit du premier , ne prouve nulle¬
ment qu’ils ne dérivent pas de la même souche, puisque
les diversités existant entre eux peuvent s’être développées
successivement. Du reste , l’application de ce principe se
trouve très-restreinte par cela même qu’il n’est relatif
qu’aux organismes qui se multiplient par accouplement ,
et nullement à ceux dont un seul individu suffit pour rem-
ET ANAtSSES. 255
plir ce but. Il est encore moins applicable à ceux qui ,
sous des conditions favorables , naissent par une généra¬
tion entièrement spontanée {Generatio œqulvoca).
Cela posé , l’auteur examine les différentes divisions
faites dans le règne animal depuis Aristote jusqu’aux na¬
turalistes de nos jours. Dans cet examen , il prouve com¬
bien il importe d’adopter pour , principe de classification ,
non quelque système ou quelque organe isolé, mais toute
l’organisation ; car , dit-il , l’avantage offert par la briève¬
té de cette méthode est indubitablement contre- balancé
par le désavantage de la défectuosité et de l’inexactitude.
C’est à cette occasion , et particulièrement en réfutant
les diverses opinions tendant à renverser la division de
M. Lamarck qui , comme on sait, divise les animaux en
vertébrés et en invertébrés , que l’auteur s’arrête un mo¬
ment pour répondre à une opinion nouvellement émise ,
à ce sujet, par M. Geoffroy (i) , et voici ce que l’auteur
dit à cet égard.
« Suivant M. Geoffroy , les anneaux dont se compose
» le corps dès insectes et des crustacés sont des vertèbres ,
set les parties regardées communément comme les pieds
» de ces animaux , des côtes.
» Voici les argumens apportés à l’appui de cette opinion ;
.1)1.° L’enveloppe extérieure des crustacés, se coip-
» pose de plusieurs couches dont l’inférieure très -dense,
iiest formée d’un amas de mailles et perforée d’une mul-
mtitude de trous.
» ' 2.° Les articulations du corps d’un insecte sont tout-
» à-fait analogues aux vertèbres , puisque les unes elles
» autres constituent un anneau qui résulte de la réunion
» succe-ssive de quatre pièces , et que les premières ne
(i) Sur une rolonue vertébrale et scs côtes dans les insectes àpiro—
potles. ( Annales Générales des Sciences physiques , t Bac. )
2,56 Ji.X 'lVK A J,.; ..
» dq cçs^- gi^’apUt^pl, qu’elj^s soqt cL’ime,.
» Qpg^içjlté g|us çran^Ç;.j ij
«laires :piP5,c% ç^qi, phep Ips aqh^pujf ^ugiérieurs, se
»ti;ouvppt j^lap^s pljuis à la superficie, sept reçus, dans leur
«cayit^s j au lieu ç^ue les yerfè^res des apimapx plus c^le-
» y^s ne renferment qqe la, sul^stance raçbiâienne.
.« I^ans; les os dqs animaux plus élevés , comme, dpns,
«l’eflyeloppe des ççq'stacés, et des insectes , on trouve les
» i)jê,m,es (Slénj.çps chimiques , et noramt^nient de la chaux ,
» qqj ipup ,d.opne cette dureté ; et toute la différence entre
)) lçsqs:dps animaqx supérieqcs.etles anneaux des animaux
ü çrustpcés et des insectes, consis,le en eeque dans lespre-
«rniers; le phospliale de chaux prédoipine sur le cario-
)>nate dp chaux i tandis que, dafts les derniers, le carbo-
»nqlp dp. cbqux .csjt plus abondant que le phospliate de
DchauX; . . .. , ■
» ;Çe]-}en.é^nt., djous cef, i^rgqnjeiis sont, insuflis.ans
» pour démontrer la réalité de l’analogie établie par M.
» GeofiVoy , parce, qqe, : ; ' ,
» i.° Il n’ï a autorisp à consi*
»dérer cettp couche, iqféiiçWÇP ÇO,n3me. ^ os-
r> seuse , attendu que ce n’est autre chose que du derme.
' » 2.° L’a..sserlion; que. fes yerlébres résult^enl de la réu-
iinion, successive de quatre pi.èces esf itiexa.çte, en ce
«qu’il n’y Oi réélleçaent que trpis pièces principales et un
«nombre plus cousidécable d’appendices. D’ailleurs ,
«quand même cette conformité existerait, elle ne p.rou-
» verait pas plus eu faveur de l’aualpgie pq question , que
«ne prouve la forpae annul%ire , puisque la différence dq
« rapport existant entre çes dcuç. parties et les autres orga-
» nés l’emporte de beaucoup sup l’apalpgio établie sur, lea
^ conditions que nous venons d’indiquer.
» 5.“ I^a composition chimique présente même plus
» de différence que d’ébalqgüq > et tout ce qu’elle indique ,
ET ANAEYSES. SiS.J
» consiste à faire connailre la cimse de la dur, été des pac-
» lies comparées. ’ ,
« A ces objections s’ÿoulent encore d’autres faits qui
«contredisent directement l’opinion de. M. Çeoffroy. En
«effet,, les écailles de la plupart des poissons, et notn-
» mément celles de l’esturgeon, offrent, dans les lames
» osseuses de la peau , et h côté dq la charpente ,' des par-
« ties dures qui, paç leur situation etleur rapport avec les
«muscles subjacens , répondent exactement aux préten-
» dues vertèbres des insectes et des crustacés. Par consé-
«quent, comme dans Iqs poissons il existe à la fois le
«squelette dqs animaux vertébrés et celui des insectes el
» des crustacés , on peut seulement dire que , chez ,cea
«derniers, la peau s’est . tcaqsforçnée eP S3dplette qui,
«comme, squelette extérieur, peut être opposé au sque-
«lette intérieur des animaux plus élevés, et qui, par sa
«situation, sa nature ehiinique,, et souvent rnême par sa
» forme, correspond , non-seulement aux testes des piol-
«lüsques , mais encore aux parties duré? 4es écémoder-
» mes et dea lithophy.les,
Après avoir ainsi défendu la t^iyision des animaux eq
deux grande^ sections ,. s.avQir ,: en vertébrés qt en inver¬
tébrés, l’auteu,r l’adopte etla subdivise ensuite en classés,
en considérant toujours les particularités denhaque classe.
Cela fait, l’auteur indique les. caractères qu’offiont les
animaux invertébrés elles animaux, vertébrés; puis il exa¬
mine la question dc savoir dans quel ordre ces différen tes
classes doivent être rangées. Enfin, il termine par faire
un exposé général des caractères distinctifs entre les ani¬
maux inférieurs et les animaux supérieurs , en suivant le
perfoctionnemepji graduel de rorganisme animal,
Quant aux classes établies par l’auteur , elies sont; au
nombre de douze : la première, ou la^plus inférieure,
comprend les pfotpzoës contenant les infusoires , les zoo-
258 EXTRAITS
phytes , les akalephes-, et plusieurs genres de vers intes¬
tins; la deuxième renferme les échinodermes ; la troisième
les annélides; la quatrième les insectes ; la cinquième les
arachnides ; la sixième les crustacés ; la septième les cir-
ripèdes; la huitième les mollusques (i) ; la neuvième les
poissons, qui, par la manière dont ils se reproduisent,
sont divisés en deux grandes sections , savoir : en poissons
osseux et en poissons cartilagineux; la dixième contient
les amphibies ou les reptiles , lesquels se subdivisent en
quatre ordres, savoir : en batraciens, en ophidiens, en
sauriens et en chéloniens ; la onzième les oiseaux, divisés
en six ordres , qui sont i.° les palmipèdes ou les natatores;
2.» les grattatores ouïes échassiers; 3.° les gallinacés;
4.°lesscans,ores ou les grimpeurs ; 5.° les oiseaux chanteurs
ou les passereaux ; et 6.° les accipitres ouïes oiseaux de
proie; la douzième et dernière classe, enfin, comprend
les inammifères, dont l’ordre le plus inférieur est celui
des monotrèmes ; le deuxième renferme les cétacés ; le
troisième les ruminans; le quatrième les pachydermes
{multungula) , qui , avec les autres ongulogrades , se sub¬
divisent en deux grandes sections ; le cinquième les éden¬
tés , se subdivisant de nouveau en cingulés ( cingulata) ,
en vermilinguaux {vermilinguia) , et en bradypodes
(bradjpoda); la sixième les rongeurs [rcisoris seu phren-
siculantia ) ; le septième les marsupiaux ; le huitième les
carnivores; le neuvième les chéiroptères; le dixième les
quadrumanes , et le onzième , qui est l’ordre le plus élevé ,
l’homme.
(i) Les céphalopodes , que la plupart des zoologistes rangent dans la
classe des mollusques , forment, suivant M. Meckel, une section in¬
termédiaire entre les animaux invertébrés et les animaux vertébrés. « Les
céphalopodes , dit-il , offrant non-seulement un crâne, mais encore les
riidimens d’une colonne vertébrale cl des os des membres, participent
à-la-foit de l’orgapisation des poissons et de celle des mollusques.» (M.)
ET ANALTSES. 25 9
Exposition de quelques caractères généraux qu’offrent
les animaux invertébrés , les céphalapodes et les ani¬
maux vertébrés. — i.“ Les animaux invertébrés offrent,
dans leur forme comme dans leur structure , une variété
beaucoup plus grande que les céphalopodes et les animaux
vertébrés, qui tous sont formés d’après un type plus uni¬
forme, ce qui fait que , chez ces deux derniers, la situa¬
tion des organes est en même temps beaucoup plus
constante,
2.“ La forme extérieure des céphalopodes et des ani¬
maux vertébrés est généralement plus symétrique que
celle des animaux invertébrés , vu qu’il n’y a que quelques
genres de poissons qui , par la situation des yeux , s’écar¬
tent de la conformation symétrique , au lieu que chez les
mollusques gastéropodes ,1a symétrie extérieure , parla po¬
sition de l’anus, de l’orifice sexuqj;i, et souvent même de
l’organe respiratoire , constitue un état normal. lien est
de même de toute la masse que forment les zoophytes
composés ou réunis en familles , laquelle masse est dis¬
posée également d’une manière asymétrique.
5.” La dimension du corps prédomine généralement
beaucoup plus dans les animaux vertébrés et les cépha¬
lopodes que dans les autres animaux.
4. ° Le nombre des divers organes est plus grand dans
les céphalopodes et les animaux vertébrés que dans les
animaux , invertébrés ; et dans les animaux vertébrés , ce
même nombre est plus grand que dans les céphalopodes,
5. * Parmi les animaux vertébrés , on trouve des orga¬
nismes plus grands que parmi les animaux invertébrés et
les céphalopodes.
6. ° Les différentes sections du corps et les organes qu’elles
contiennent sont plus séparés les uns des autres et plus re¬
vêtus d’enveloppes séreuses dans les animaux vertébrés
2 6g JiXTEAITS
cjue dans les çéglialpppdes et les auiniaux invertéJjrés.
7. " Les aiii,maux mTOi'tébrés sogt, ou enlièrement pri¬
vés de membres , ou ils en'ont plus de deux paires, qui
sont placées Lune à côté de l’autre et d’avant en, arrière ,
tandis q^iîe les animaux yertébrés , en tant qu’ils sont doués
de membrés , n’en ont qu’une pu 4eux paires tout au plus.
Les céphalopodes participent, du moin^ en partie , h ces
deux forniations , en çe que tous sont munis de huit tenr
tacules placées autour de la tête ef que plusieurs d’entre
eux même sont pourvus ,1e long du bgçd latéral, du corps ,
de deux prolpngemens qui sont entièrement qnaiggues aux
membres des animaux vertébrés, ■ ’
8. ° Tous les animaux vertébrés^ et céphalopodes sgnt
doués d’un véritable squelette intérieur qui est gu carti¬
lagineux ou osseux , et qui , par les muscles dont il, gst cpq-
vert , est plus gu moins séparé de la peau. Ce squelette
intérieur n’existe pgii^ dans Ips anima, ux ipyerlôbrés ,. op
l’on ne peut admettre qu’un squele.tjte, extérieur couyyqpt
les muscles, et qui, au ligu d’os , est fornaé de la pe,a.u
durcie et convertie en test; conséquemment l’analogie
entre le squelette dps tortues et le squelette extérieur
des animaux invertébrés n’est qu’une analogie appa¬
rente.
9. ° -Les organes mastica.lgires dps, animaux invertébrés
sont entièrenaent nuis , et là où il en qxiste , ij,s CQn,s,istent
ou en une seule inandibule supérieure , ou , en deux laté¬
rales, ou enfin en cinq. Chez les céphalopodes et les ani¬
maux vertébrés , au contraire, il y a une mâchoire .supé-
rieure et une njâchoire inlérieure , qui sgujes sont garnies
de dents. Le système digestif des animaux invertébrés ya-
riqdanssa cpmpgsitign à ujir tel ppmt, qu’il est ppsquc
impossible d’en indiquer aucun caractère, générai. N.éan-
mgîns , les organes , dont ces animaux sont privés cons¬
tamment , sont la raté et le pancréas. Cependant , ces
ET ANALYSES. sGl
dëùk orgatiès hi'anquëût aù'ssi,-non séülémënl dans les cè-
f)IiàIbpo dés , mais éncdrë , et pârticulièrémënt cé derriiér ,
dans plusieurs poissons.
id.° Lé système vâs'cùîaire dés animaux véritélirés et
dés céphalopodes prësfehté toujours au moins un cœur
éhàrhu simple, qui ste divise ëh plùsiéürs cavités, tin tel
cdéiif éé trouvé à là vérité aussi dans les àhlmaux inverté-
Brés des classés supérieures; cependant ces derniers dif-
fërënt des premiers par lë rapport dans lequel le coeur se
trouve àveC les vaisseaux , attendu (jue chez lés animaux
invertébrés il h’y ajâniàls qù’un coeur simple , au lieîi que ,
chez les driimaux vertéBrés et lës céphalopodes , il y. a en
outre un cœur palmonàirë qui, chez les uns est uni au
premier, et chez lés autres ,■ séparé de lui. Quantaux cé¬
phalopodes , ils diffèrerit des animaux vertébréà par une
séparation complété de cës deux côéurs qui , dans les ani¬
maux vertébrés à cœur double , së trouvent réunis.
11. ° Les organes rës|)irat'oires des' animaux vertébrés
sont toujours, ou presque toùjb'urs, éniermés dans une
cavité. Ils communiquent constamment avec la cavité
biiccale et trës-souvent aussi avec celle du nez. Chez les
animaux invertébrés et les céphalopodes , les organes res¬
piratoires sè téouvent séparés des organes digestifs , excepté
dans un petit nombre de cas où ils prennent naissance , du
moins en partie, au bout postérieur du canal intestinal;
mais dans tous , ils Commuhiquelit directeménf avec le
système cutané externe.
12. ° Les animaux vertébrés sont doués généralement
d’un organe sécréteur de rurine. Cet o'rganèv consMéré
comme appareil partiCùlier et jddépehdânt , n’est point
encore démontré, ni dans les céphalopodes, ni dans les
animaux invertébrés. :
i5.° Dans les céphalopodes , comme da'ns les aniiïîaux
vertébrés , les organes génitaux de l’un et de l’autre sexes
262 EXTRAITS
ne se trouvent jamaîs , ou presque jamais, réunis dans le
même individu ; au lieu que dans les animaux invertébrés ,
cette réunion a lieu très-fréquemment.
i4.° Dans les animaux vertébrés , le tronc nerveux est
situé au-dessus du canal intestinal ; dans les animaux in¬
vertébrés , au contraire , il se trouve placé au-dessous de ce
canal et très-peu isolé des autres organes. Le cerveau des
animaux vertébrés est en grande partie creux , celui des
animaux invertébrés et des céphalopodes est au contraire
massif. Les nerfs des premiers naissent sous forme de fdets ,
qui ensuite se réunissent en cordons ; ceux des céphalo¬
podes et des animaux invertébrés, au contraire, naissent
immédiatement sous forme de cordons. Quant , enfin , aux
organes des sens , ils sont presque nuis dans les animaux in-r
vertébrés , et en tant qu’ils existent, ils sont formés presque
généralement d’après un tout autre type que ceux des ani¬
maux vértébrés et des céphalopodes.
Telles sont les recherches auxquelles l’auteur se livre en
étudiant la variété du règne animal. Dans le prochain
numéro nous ferons connaître les causes de cette variété
et nous terminerons cette analyse par quelques mots sur
la loi de là réduction.
E. Martini.
EXTRAITS DE JOURNAUX.
Observation d’une paralysie du sentiment sans perte
du mouvement volontaire. — « Un homme , âgé d’en-’
viron cinquante ans, éprouva, dans le courant de l’au¬
tomne 1821 , une paralysie du sentiment de presque tout
le côté gauche du corps. La face seu le en était exemlite.
ET ANALYSES. a65
On pouvait lui pincer avec force la peau de ce côté , au
bras , à la poitrine , à l’abdomen , mais sur-tout à la fesse
et à tout le membre abdominal , sans exciter la moindre
douleur , et cependant le mouvement volontaire était
conservé dans toutes ces parties. Une faiblesse assez grande
s’y faisait néanmoins remarquer. A cela se bornaient les
symptômes présentés par ce malade : point de céphalal¬
gie , le sommeil était bon , la face dans son état naturel ,
la respiration libre et facile , le pouls calme et régulier ,
l’appétit vif et les digestions excellentes. Ou l’interrogea ,
et l’on apprit , qu’ancien militaire, il avait reçu une quin¬
zaine d’années auparavant , un coup de feu dans le flanc
gauche. La balle était entrée vers le bord libre de la der¬
nière côte astérnalé , avait cheminé horizontalement sous
la peau , en longeant à-peu-près cette côté , et était allée
sortir vers la première vertèbre lombaîré , après l’avoir
probablement heurtée et fracturée. La guérison de cette
blessure s’était opérée assez promptement ; mais à peine
était-elle achevée que le malade s’aperçut d’une diminur-
tion de la sensibilité qui , commencée autour de la cica^
Irice postérieure, gagna peu-à-peu.en étendue et en ihr
tensité. On l’envoya aux eaux de Bourbonhe : il y fit un
séjour très-prolongé sans beaucoup de soulagement , et
ne recouvra enfin la sensibilité perdue qu’à la faveur de
la réouverture de la plaie des lombes. Rentré dans la vie
civile, il continua de se bien porter, mais chaquefoisquela
cicatrisation menaçait de s’opérer , la paralysie du senti¬
ment tendait à se renouveler. Enfin sa plaie s’étant en¬
tièrement cicatrisée , l’état décrit ci-dessus en avait été
la suite immédiate. » Quatre vésicatoires appliqués suc¬
cessivement, b quelques jours d’intervalle, le premier
sur la région lombaire gauche, le second sur la fesse du
même côté , le troisième sur l’échancrure sciatique , le
quatrième au-dessous du grand trochanter , réveillèrent
aèü EXTRAITS
dàns l’è'spâde d’an mois tbuté Ih sdiisibilité perdue. Le
IDdctédr RbdlïêVqdi rappDr'fè "dé fait; croît qüë là perte du
senïîinênt doit êlrë attribuée à là léSibii dé quelques-uns
dék cordôlîs racHidiéns jidsténeùrs , que M. Magéîidie a
ap^ft'ï'îs être lés nerfs du seritimétit i, lésion prodiiibe , ajou¬
te- f-iU soit immédia temeftt pâr la balle , soit par un
iVagmèbl delà vertèbre. » Il essaye d’en expliquer toutes
■lés particularités par cette supposition. univérs.
•dés s'cÂÉncéà 'médicales ).
Ohservàtiôns sùi' l’action dé la bile dans la digestion;
pÆ)’ B.-G. Brodiê , M.-B, — Les physiologistes ne s’ac¬
cordent pas entr’eux siir les fonctions du foie et l’action
de la bile dans la digestion. Les uns regardent ce liquide
comme purement excréinentitièl ; d’autres comme un sti¬
mulant destiné à produire l’évacuation des matières sler-
coralbs én excitant l’action dès intestins ; d’aüttés , esifin ,
pensent que c’est par son mélange aveC le chyme que
cette matière èst convertie en chyle. M. Brodic adopte
cetie dernière opinion , qiii lui paraît la naieUX fondée ; et ,
pour né laisser aucun doute b ce sujet , il à entrepris une
série d’expérienCes qUi font le sujet de cette note.
Il appliquait une ligature sur le canal cfiblédoqùê , de
manière à empêchër complètément l’aflluk de la bile dans
lè duodénum, et , au bput d’un certain temps, il exami¬
nait les progrès de l’âltér'atibn prbdnite par la digestion
sur lesnlimens introduits dans l’estofnac immédiatement
étant oii après l’opération.
La ligaturé du càhal cholédoque n’est pas difficile à
éiécùter ; elle n’èritralne pas imrnédiht’emeht d’àecidéiïs
funestes fet l’animal sé rétablit àssez bien pouf qillon rie
poisse attHbuéf à l’opération lés dérarigemens delà diges¬
tion qûi eh sont la suité. . Là ^ecticœi dd «eff pnêùmd gas¬
trique sûr le cardia ; el;là ligature dé l’éx’fréinitè dtîodë'nalc
du pdricféas, sdnt des ôpératiottS beaucôtip plus gridves ,
ET AW.A.LYS.ES. 265,
et cependant, il est prouvé qu’elles n’empêchent en au¬
cune manière la digestion de s’opérer , soit dans l’estomac:,
soit dans les intestins. . . .
Les nombreuses expériences que l’auteur a faites , la
plupart sur de jeunes chats, ont constamment donné les
mêmes résultats, dont voici les plus remarquables : la,
transformation des alimens en chyme se , faisait comme
dans l’état sain ; la chylificfttion , au, contraire , était com-,
plètement interrompue. On, ne, trouvait aucune trace de
chyle ni dans les intestins , ni , dans les vaisseaux lactés.
Les intestins grêles contenaient une matière à detui -fluide,
semblable au chyme renfermé dans, l’estomac, dont la
consistance s’augmentait peu-à-peu.et qui devenait solide
près de la terminaison de l’iléon dans le cæcum. Les
vaisseaux ..chylifères contenaient un liquide transparent
que l’auteur, regarde com™®. formé d’un mélange de lym¬
phe et déjà ^partie la, plus liquide|^du chyme.
« La bile sert donc, dit l’auteur, à transformer en
» chjle, la partie nutritive du chyme, et h la séparer des
» matières excrémontitiel les. ; -, . ,
On pourrait objecter à ..celte conclusion que , ; très-sou¬
vent, on. a. vu vivre pendant , un temps considérable des
individiis.'chez lesquels le pasS.age; de là bile , dans le duo,r
dénum était intercepté., A cela, l’auteur répond, i.” qu’il
est trèâ-rare que l’obstruction du I canal, cholédoqué soit
assez complète pour interfompre entièrement, le cours de
la bile , et que la blancheur, des excrémens ne., peut indi¬
quer qu’une diminution dans la, quantité , et non un dé¬
faut absolu .de ce liquide; 2.° que dans les cas authentip
ques d’oblitération complète de; ce, canal chezl-homihe , il
paraît qu’on' a. .tou jours , observé, un .amaigrissement ex¬
trême , préu.ve.éyidente.du trouble de lanutrilion ; 5,° en¬
fin , quèja prqlongatipn de Jovie dansces circonstances
pendant quelques semaines; et uiême, quelques luois..
^66 ïXTRàlTS
proiifé séülémwïli que la iiutritkHi peut encore s’exércer
plus ou moiusi quoique le chyme ne soit pas transformé
en chyle; et, en effet , les expériences font voir que la
partie la plus fluide du chyme est absorbée par les chyli¬
fères i ce qui peut-être suffit h entretenir la vie pendant
liti certaih tetnps.
M. Brodie termine cette note en rapportant un fait très-
cüriêüx qu’il a eu occasion d’abserver plusieurs fois dans
le cours dé ses expériences. Si * âpres la ligature du canal
cholédoque , on laisse vivre l’animal, il présente bientôt
des symptômés d’ictëre. La conjonctive et l’urine se colo.-
rént en jaune ; mais, dans plusieurs oirçonstancès , vers
lé y." ou 8.® jour, la nature tend à rétablir la continuité
du canal , et les sÿmptôinés disparaissent. En ouvrant l’a^
nimal , à cette époque , ôtt trouvé quelquefois une masse
albumineuse adhérente àu canal ^ au dessus et au-dessous
de la ligature, ainsi qu’aux parties tovirounantes. On ob¬
serve alors que le fil de soie qui liait le càdal n’a pas dé-
tertoiné l’adhésiori de ses. pàrois ^ Érals qu’il est détaphé
par l’ulcération , et reste libre dans la cavité formée par
la ihaSse albumineuse qui rentoure- Çette espèce de poéhe
raémbrahèûsé réunit lés dëuX eictrémités du canal coupé
paria ligature, et rétablit ainsi sa ésmtiüüi# et le cours
de la bile.
Dans un ouvrage intitulé , dift Inquiiy respeating the
protiess of natm’è in ‘i'ëpuiif^g injuries of the intestines
M. Travers rapportë robSerVâtién d’un feit à-peu^prèS
semblable, à la suite dé la-ligalUre d’une pdrfâon d’intes^-
tin. { Quarterlj jùürHal of sàiene^ limratu/ré àmd
arts, N.® eS , janvier iSrS.) , <
Observations SUr nnè êptêérrùiè tfe cholera-morbus
qui fégna dans les IndMs biîentàles è* 1819 ; pwi
M. Bankek , M. D. Céttè Ébaîadié ne différait dii
Choléra-morbus décrit par tous lès autettrl j'qué pttr la
ET ANALYSES. ^67
i^iolèncffi exlnêtâe de ses symptômes. M. Rgi^ïen a em¬
ployé dakia lé tréiteineat de cetté épidémie leastiakulans
les plus énergiques. Cent gouttes de teiaturq d’opium ,
administrées dès le début 'des.YOmissemeîis, , ajfr, étaient squ-
vent les progrès de la maladie. Lorsque le- médicament
était rejeté par le vomissement , ràu|eef';en denpqjt de
nouvelles do^s , jusqu’à cé que cet eflSet n,’eut plus lieq |
et même quand Fopium restait dans l’estomae sans cal¬
mer tous les Âymplômes alacmans, il rononvelait jq dose
indiquée de teinture d’opium jusqu’à trois fois dans une
heure. Administré en petite quantité, Fopiura paraissait
h’avoir aucun éffet. H dit avoir employé jsn outra , avec
avantage, le vin ou les liqueurs spiritueusps , à ppt|,tes doses ,
souvent répétées , pour prévenir la prostration des forces
produite ordinairement ' pàr Fopiuni. 11 rpgajfdp les pur¬
gatifs; non- seulement comme nuisibles dans (put le cours
de èelEe maladie, mais conlme pouvant inè.mp occasioner
une rechute après la guérisom La saignée , préconisée
par quelques auteiirs , lui paraît dwgerçMse*, ou tout au
moins imitile.
Pendant le cours de cette épidémie , qui dura depuis
le 17 septembre jusqu’an st oc.t0bre 1 8 jq , le nombre (jps
malades admis dans les hppitau?c (fut 4p j54n» et peluji
des morts de i4o* Ge^ obsierYa, lions ont été faites dan?
üâ «amp isolé , renfermant rntljiron é*-
compagnie d’Européens. / Tk^' Md(nh^rgli medical
Jànvjfir uôgpij'
' j^ôuveUe Scie ù&) es^^ée U Çç-
penhagm ei Mominfo Scip teurpapte frotqfd.^d 77
•Il ôtait frès-diËGcile , pput ne pas dire , jmP9?,?4llp - pra¬
tiquer sur les os plptsûrièincifipn .droite ,çt prpj[onde à
î’àîdô dés instrumens employés jusqu’à pp jour. ■ ^,a
scie préposée par M. iThal rend facile celte opération.
Éllé se eoïripbse d’une plaque d’aqier roprésentant un
a68 EXTRAITS
cercle entier ou un segment de cercle dont le bord est
garni de dents ayant la forme d’un triangle isocèle. Cette
plaque offre à son centre un trou destiné à recevoir une
vis , qui la fixe solfdement, à angle droit, sur une tige d’a¬
cier dont l’extrémité opposée est pourvué d’un manche
semblable à celui d’une tréphine. Cette tige d’acier
tourne dans un cylindre métallique placé près de la scie ,
et portant un autre manche perpendiculaire à la tige.
Des scies de forme et de grandeur différentes s’adaptent
à volonté à la tige d’acier au moyen de la vis dont nous
avons parlé. .
Pour së servir de cet instrument, on tientdelamain gau¬
che le manche perpendiculaire dans lequel tourne la tige
et on fixe ainsi la scie sur l’os qu’on veut diviser , tandis
que de là main droite , on lui imprime , au moyen de l’autre
manche , un mouvement plus ou moins rapide de demi
rotation, en portant alternativement le poignet dans la
pronation et la supination.
Cet instrument paraît devoir remplir parfaitement le
but de son auteur. On pourra s’en servir utilement dans
une foule de cas , et remplacer ainsi la gouge et le maillet
pour enlever les- intervalles osseux que laissent entr’elles
les couronnes de trépan , etc. Fait sur de plus grandes
dimensions, if pourra servir utilement à certaines pré¬
parations anatomiques , par exemple , à l’ouverture du tfa-
nal rachidien , etc. , ■ * ,
Observation d’un calcul formé dans l'urètre , autour
d'un anneau de cwt^re y par R. Liston, — A l’âge
de 9 ou 1 0 ans , M . . était sujet à une incontinence
d’urine pour laquelle ses parens le punissaient sévèrement.
Pour échappet’ au châtiment , il imagina un soir d’intro¬
duire , aussi avantque possible , sa verge dans ùri anneau
de rideau. Là coin pression ainsi exercée remplit parfai¬
tement le but dé l’éiifaUt , et empêcha l’écoulement de
l’ùrine ; mais le lendemain un gonflement énorme s’étant
développé , le malade ne put retirer ranneau. Malgré les,
souffrances'et la-difficulté d’uriner qu’il, éprouvait , il ne
parla à personne de cet accident.' La peau ■ s’ulcéra ;
l’anneau s’enfonça peu-à-fieu dans le tissu de la verge,
et le gonflementdiminua-; enfin, au bout d’un certain
temps, lés tégumens se cicatrisèrent sur l’anneau de cuivre
de maniéré à l’envéloppér complètement.
Depuis la disparition de ces accidens , la préspnee du
corpg étranger n’occasiona aucune gêne; la verge rem¬
plissait toutes ses fonctions ; l’iiriné passait librement et
M.... devint père d’une nombreuse famille. Quarante-sept
ans après , il se plaignit à M. Liston d’une difficulté d’u¬
riner qui augmentait depuis quelques années et qui l’obli¬
geait , surtout la nuit , à uriner toutes les demi-heures. H
communiqua à ce chirurgien les . détails que. nous venons
de donner sur l’anneau, et le pria d’en faire l’extraction.
En examinant la verge , M. Liston trouva un corps dur ,
d’üne certaine largeur , embrassant une parlie de cet or¬
gane près du pubis. Il en fit facilement'l’extraction , et la,
difficulté d’uriner cessa aussitôt ; mais comme le malade
ne yéulutpasse soumettre à porter une sonde , il lui resta
une fistule urinaire. Le corps étran^r ainsi extrait était
un calcul assez volumineux , bu centre; duquel on'retrou-
va les deux tiers de l’anneau de c'uivrei
« On né peut expliquer’, dit; M. O ston , les phénomènes
s qu’a présentés ce malade , que d’une seule manière : une
» portion de l’anneau a pénétré dans le canal de l’urètre ;
» rûrine avec laquelle elle était en contact l’a détruit peu-
»à-péu , tandis que l’autre partié , enchâssée dans le tissu
»de la verge , et moins immédiatement en contact avec
» l’urine, s’est incrustée graduellement de l’aéide urique
«dont' le calcul' paraissait; être composé. » [Ibidem)..
Sur une disposition' particulière du système veineuic
2^d EXTRAITS
chez' un 'gWAr^ jtdTtoto'fe y pcCr^i. Jacobson,
de Giffièdéhagm. Oaiùit depuis •l6ng--teiïifps «que dans
lei iiiaaiûiifères , lentes lès Veitoés , èicep/té celles de la
véiüe pefté , sont disJpo^éès de manière à formertin Sys-
tètrie coaftiûu qui transmei di^btement aü ^jdèur le sang
provenant des difflKrentes parties du corps. 0àns ce taé-
mèirë , M. dacaMon frfit voir que le système Teiileux des
autres animaux n'ol&e jrtis une disposition analogue.
'Les vèittés des parties inférieures ou . postérieures du
corps , au lieu de se réunir en un tronc ^commun pour
fdriüerl'a Vèîne care infériedre , comme chez les 'màmmi-
ifërës ,j^co'nstituent 'Un. systènie particulier , destiné àpdf-
teV àilx- Vëltis , Oü hien ’ë des 'organes dt enimêmè temps
aü'foié , Ife sang prorenànt ' dés parties que nous venons
d’indiquer.' Êe système qui existe chez les oiseaux, les
reptiles et les poissons , présente troismodificatiohs princi¬
pales- dans sôtl a'rrühgenimnt. La premièrè , que l’aüleur
régardê Cbültne le ^p^at6type de ce système dè veines,
dffrè -les caractères' îsùivans : les ' branches veineuses
qhi naisSé&'t de da peau ét des Ihuscies dé la partie
moyenne du corps i, se TéUfaissent en plusieut's trdncs'ijüi
.«é'ééridèüt séparément aüx 'rèins, dans le parenchyme
desquels Ils 'Se»ratûifi'ent J ‘à-peu+près comme la veine
porté dans le foie. 'Dans la seconde 'modification, tes
veines qui viennentde lapàrtie postériéure du cohps 'Con-
cCüréÉt àdbrifaer’ee sysfêmë. La veihe caudale se divise
èridclïx^bratichesajui , après avoir togu quélques rameaux
d'é ’îà pârtiè haoyenée duicorps , ise portent Vers les reins
et 's’y diètribuènt. 'La troisième, enfin, rie diffère de 'la
'précédeate qü’en'Cequela'veine’Candale;^ ou quelqü’autre
V'eîÊé' dè ce 'système , d'onne rin rameau qui va s’ouVrir
dans la Véfcé porté. Airisr, le sang qui retient des par¬
ties moÿeiïnès ou postérieures du corps se rend , dans les
'detfx'prensiefs cas, aux if-eiris seulement, èt dans te iroi-''
KT analyses. 27.1
sîème , à ces oFgaues et en même temps au foie. Dans la
deuxième et la tEoisièmedisçositionJla reine cave inférieure
est formée par îa- réunion des tveines rénales propEement
dîtes et spermatiques , tandis que., dans la première , ce
tronc reçoit, en outre, une bratoohe de la veine caudale.
On trouve chez les poissons ces trçis modidcMiens de
ce système veineux. ^Sans nous .arrêter è la description dé¬
taillée de la disposition deices vaisseàux dans les dilîérens
genre de cette classe , il nous suffira de dire que lesgemres
Cyprinus .Clupea ,etc. ;pEésenteatla première disposition
indiquée ci-dessus ; que la seconde s’observe dansdes
genres Raiœ , Squali , Esoces , Pleuwnectæ , etc. } que
les genres et itop^tts sont les seuls chez lesquels
on trouve la troisième .qui appartient aussi à, tous les rep¬
tiles et aux oiseaux , et qu’çnfin , chez les premiers, les
variations son t^ fréquentes, tandis que chez les, derniers ,
au confràtre , les différences sopt légères et peu impor-r
tantes. Malgré les ; différences de.structure et d’organisa¬
tion qu’on rencontre dansces deux dernières classe8,d’ ani¬
maux , ce système de vaisseaux offre chez tous une; grande
analogie dforganîsation et de composition.
lies redherches anatomiques et les expériences sur
les animaux vivan 8 prouvent que ces vaisseaux sont, des¬
tinés à rapporter aux reins et au'foie ,.ou seulement aux
prenliers , de sang desiparties moyennes ouqtostérieures du
corps , et servent ainsi à. 'la sécrétion -dont-ces iorganes.sont
le siège.’ M. dacetbson en conclut que^ : « chezles. oiseaux ,
les reptiles et les poissons , la -sécrétion <rjéaale.estpro.dùUe
par les veines el le Sang veineux, r»
D’après lës recherches de’l’eüteur, 'faites .sur idea cm-
'bryens d^oiseaux et de reptiles , il parc.ît.que.>oe is, y slème
de vaisseaux tire son origine de la veine omphaloT-piésen-
térique.
En examinant les animaux des classes .inférieures , il a
observé que /'dans les mollusques:, une grande quantité de
veines se distribuent au sac calcaire. , et que chez les mol¬
lusques gastéropodes , le fluide;Contenu: dans cet, .organe ,
donne ■ par l’analysé chimique beaucoup d’acide urique.
-11 le regarde donc comme l’analogue des reins chez ces
animaux :
- Sur là coqueluche ; j}ar J ohn W.ebster , médecin de
= C hôpital des lEnfans. ~ . D'après un;grand nombre d’ob¬
servations que l’auteur de ce Mémoire a faites, sur la co-
queluçhe^ il est conduit: à penser que cette maladie n’est
pas 'uniquement. une affection des organes respiratoires,
comme' on le croit généralement. En effet, dit-il, si on
examine avec attention un enfant en proie à cette maladie ,
-onmbserve , outre.les symptômes indiqués par tous les au¬
teurs , que chaque accès est précédé , ou du moins accom¬
pagné d’une douleur de. tête , de rougeur des yeux et de
-la face , etjdes autres signes, d.’ une, congestiqnsanguine vers
la ' tête%' et :que souvent le -malade se plaint davantage de
ces derniers que .de la toux, etc. , ■
'' Le;soulagemeut‘ marqué que ^produit, toujours l’hémor¬
rhagie nasale , quahdielle survient au commencement, ou
Uiême dans ' le cours de cette maladie ; l’hydrocéphale
qu’on voit quelquefois lui succéder, et enfin l’ouverture
- des cadavres d’enfans qui ont succombé à cptle afiection ,
: et chez lesquels on n’a trouvé le plus oiMinairement au¬
cune lésion des organes thoraciques ,;mais tçès-souvei^t au
contraire des sjgnes d’engorgement et d’inflammatipn du
' cerveau ou de ses membranes , portent M. J. Wehsler à
conclnre que « La coqueluche dépend d’une alléction de la
tête et non des organes fpspiratoires. » Le fait suivant,
que lui a: communiqué; M. Webster de Duhvich , lui paraît
- très-:propre à confirmer cette conclusion :
Une jeune femme , servante dans une maison où régnait
la coqueluche , fut affectée de cette, maladie qu’elle n’avait
lîT ANALYSES. 2^5
jamais eue^lusieurs jours avanl que la loux ne fût dé¬
clarée , et qu’on soupçonnât la: nature de la maladie , elle
se plaignit d’une douleur vire et d’un sentiment de plér
'nilude à la tête, accômpagiiés de vertiges et de stupeur.;
ces symptômes étaient' si intenses qu’elle fût forcée de
garder le lit jaendantdeux jours.
Quelque coriclùans que ces faits lui paraissent , l’auteur
' avoue cependant que les observations et les autopsies ca¬
davériques né' sont pas encore assez nombreuses pour éta¬
blir d’une manière positive l’opinion qu’il avance ici comme
très-probable. Il passe ensuite à la 'descriplion du traite-
•meût qu’il emploie. : ■ ; -
Pour suivre l’indication fournie par la congestion céré¬
brale , qui existe toujours dans celte maladie , ou primiti¬
vement, ou secondairement , il a recburs à la saignée gé¬
nérale ou locale. Il insiste surtout sur l’application .des
sangsues au front et derrière les oréilles , en mêmé tenips
qu’on entretient la liberté du ventre par le. calomélas et la
rhubarbe, administrés souvent etàpetites doses. On pourra
, aussi faire usage des antimoniaux et, de la scille , mais seu¬
lement comme moyens accessoires , la saignée, selon lui,
étant le seul remède efficace. Cependant, comme dans
certains cas raffaiblissement et l’émaciation dëpehdans
de la longue durée de la maladie , pourraient rendre dan¬
gereuse la môiudre évacuation sanguine , il conseille alors
les véàibàtoiréS à’ la nuque et derrière les oreilles-, ainsi
' que l’émplôi dé la' digitale pourprée à l’intérieur , « Médi-
» camén't , dit-il , qui', outre son 'actibn sur le" coeur et les
«artères, a encore une autre action, pour ainsi dirélo-
»cale,' qui diminue la détermination du sang vers la
: »têle.- « ■■■ ■ ■' 'dt--.' ,
L’auteur rt’oxaminepas dausçe.Méiuoire la contagionau
la üon-contagion déla cbqueliiche ; il dil séulément qu’on
doit l’attribuer it'riûlluehce d’iin état particulier de l’at-
374 'EXTBAltS-
ffiospbèrfeiet de la boQslilulioQ individuelle , 'ainsi elle
est épidénnique et non contagieuse, ‘ ^
N OU8 ne fer(!®s aucune féflejcion sur des idées ^théoriques
qui onticonfluit J’auteur à mettre en usage le mode dé trai-
lemettt que noiis venons d’exposer ^ nous nous bornerons
seulement à faire remarquerque , dans l’espace de huit mois,,
il a traité de celte mainièsre , et avec le plus .grand succès ,
I l 1 enfans admis dans son hôpital , .et qu’en îvutre , .dans
sa pratique paivliculière ,, il assure en a voir obtenu des ré¬
sultats toùt aussi heureux. M, Webster de Dulwich a ap¬
pliqué cette méthode curative à 11 malades qui ont lélé
parfaitement guéris en peu de temps ( The London med.
■and physicaL J'OOiimaL «Décembre u 822 ).
Lettres sur f emploi du sous-catbonate de fer dans le
tic douloureuse , adressées à M. B. Hutchinson ; par
MM. ^ Stewabd Cbawford et A. Todd Thomson. —
M,! Hutchinson publia ,'il y a qiiélques années, le résultat
de ses observations sur l’emploi du sous-carbonate de fër
dans le traitement du tic douloureux de la face, ét an¬
nonça alors avoir obtenu un grand succès de l’emploi de
ce médicament. Dans la seconde édition qu’il vient de
donner .de son ouvrage , il confirme pleinement les résul¬
tats qu’il avait consignés dan? la première.
iLes 'lettres I que nous avons «sous .les «yeux lui «ont été
adressées par deux de ses confi?ères,, MM. .S. Grawford.et
A. IFodd Thomson,, et<coatiemiçat des observations s.ur
le imèmei sujet, quô nous allons foire connaître A nos
Jécteursi '
sMadame P. , âgée de ,7>6 ans , avait déjà' éprouvé dans
l’espace de sept ans, deux attaques de tic douloureux du
côté’gaùGhe de la «face , qui cédèrent à, l’usage de la solu¬
tion arsénicale ,ià;ila dose dé-six gouttes ,« répétée trois lois
par jour.iliors îdci Ja- «tr;oisième..altaq]lle , ( le moyen «déjà :env-
ET ARAXÏSÏS. 27^
ploÿé avec succès ne réussit pas , et produisit au contraire
un grand dérangement d’estomac. La malade eut recoui^
à M. Crawfocd , qui , après quelques jours d’intervalle ,
essaya de nouveau Ja solution arsénicale à petites doses >;
mais ses effets délétères sur l’esioimac le forcèrent à l’a-
bandoûner promptement. Il fit alors prendre à la ïnalade
24 grains de sous-carbouate de fer , trois fois par jour , et
augmenta graduelleDaent chaque prisfe jusqu’à un gros. Au
bout de quelques jours de ce traiteipent, les douleurs
étaient considérablement diminuées et 'les accès plus éildi-
gnés. 'On donna par méprise , pendant plusieurs jours de
suite , du carbonate 'de potasse au lieu du sel de fer. Les
denlènrs reparurent avec violeaCéij on^ s’éperçut de cette
eéreür, et en reprit 'Fusage du fer quiproduisit dèno'üvedn
lin seulagètriënt 'mdrqüé; enfin', au bout Se trois semai¬
nes , la -maladie avait cédé. Pendant ilesjsix mois suivans,,
rhadanie P. n’éprOuva que de légers accès qui sè dissipè¬
rent îacilëtilënt pdr le traitement que nous venoris d’ex-
pOser. '
La deuxième observation 3 été cotnmuniquée è l’au¬
teur decette lettre parM.Dafvis;]!!.'”' II. , %ée de 65 ans,
avait tdüs les syinptômes d’un tic douloureux. Les dents
étaient saines etue poiivaient être la ’oarisede la douleur.
On_lui Ordonna' dix grains ideipoiidre de Dover à prendre
tous lës ëoirs en 'se couchant, et l’extrait -de: ciguë pen¬
dant le jour. Ce traitement, commencé le 19 mai, fut
continué juSqu?au 20 dümois suivant; comnoie. la malade
n’épr'ouVait auoun soulagemént , le docteur Davis lui fit
prendre deux scrupules de sous -carbonate de fer arvec
cinq gilaiBS'dè.'poüdre'ièomposée de canelle , • matin et soir.
Quinzejoups après , le mieux était inanifestè. La malade
continua l’emploi du fer pendant huit jours enéore, , et,
fut Golnplètement débarrassée de ses douleuts.
276 ' EXTRAITS •
La lellre dé 51. A. Todd Thomsoa Contient les deux
observations suivantes . '
janà'es Crooks ^ âgé de 55 ans , éprouvait depuis
quatre rubis , dès attaques violentes dp tic douloureux de
lafafce qui ne laissaient jamais entr’elleSplus de deux heu¬
res' d’intervalles. La moindre, impression du. froid suffisait
pour augmenter ou; ramener les 'douleurs. 51. Thomson
lui' ordonna d’ahord douze gcàins de spus-carbonate de
1er et quatre grqjns de belladone i 'à prendre en trois
fois dans là journée. Aiiiboutde dix jours, les douleurs
étaient beaucoup moins, violentes et les intervalles de cal¬
me piiis longs. Pans cet espace de temps.) on avait peu-à-
peu augmenté la quantité dé. ces médlcamens jusqu’à en
doubler lès dosés. Pour savoiv à laquéllé de ces substanchs
où devait attribuer le soulagèment , 51. Thomson les em¬
ploya seules pendant dix jours, chacune. Il reconnut bien¬
tôt, à n’eh pouvoir doutèr ,■ la supériorité du sel de fer, et
-cessa l’usage du narcotique. La .dosé du carbonate de fer
lut portée jusqu’à trois gros par jour, La maladie, sous
l’influence de ce traitement , diminua rapidement et dis¬
parut aU bout de six semaines pour de revenir que par lé¬
gers accès , qui cédèrent facHeméntiau mêuie moyen.:
Une fenime àflectée de la même tnaladie'prit le carbo¬
nate de fer , d’abord à la dose de vingt-quatre grains , trois
fois par jour, puis à celle .de trois gros' dans lé même in¬
tervalle , et , eii moins dé dix jours , elle fut complètement
guérie.' ' ! : , ’ ; ' ' .
51. Thomson assure avoir employé souvent ce médica-
inèrit dans sa pratique particulière avec le même succès.
{iOidénis févricî^ 182^).' ■
•' Tétanos guoripar l' huil& de. térébenthine*; parB. Hut-
CHiNsoN'l i)/i' i>.^ John Beedinan ,' âgé d’environ ooans ,
était' àlFéctéV depuis' i 2 ans:; dp violéns’ accès' d’épilepsie
qui avaient fiitl par alfaiblir son intelligence, ll était prison-
nier dans.la maîsoh dé correction de Not|inghamshire.
Comme il présentai t dans ses accès les symptômes d’une
forte congestion- sanguine vers la tête , M. Hutchinson di¬
rigea son traitement d’après celtè indication, et mit en
usage les saignées générales ét locales , les purgatifs et les
antispasmodiques. Les accès d’ épilepsie devinrent un peu
moins fréquens sous l’influence de ce traitement. Un ma¬
tin , à sa visite , fl trouva Beedman dans l’état suivant :
immobilité générale; impossibilité d’écarter les mâchoires ,
douleurs vives dans le cou et dans le dos, roideur spas¬
modique dans les muscles de ces parties j; grande difiicul-
té d’avaler , respiration rendue difîicile par des contrac¬
tions spasmodiques violentes du diaphragine,, pouls don¬
nant 120 pulsations'par minutes. M. Hutchinson reconnut
les signes du tétanos. 11 fit faire une saignée de trente on¬
ces et administrer trois pilules contenant quinze grains
de calomel et deux grains d’opium. On donna en outre im
lavement purgatif avec addition d’une onced’hüilé de té¬
rébenthine , et on appliqua un large vésicatoire entre lés
épaules. Le lavement ne produisit aucun eflet. Huit heu¬
res après , les symptSmes s’étaient aggravés. Il ordonna'
alors de faire prendre au malade, toutes les deux heures,
par la bouche , une demi-once d’huile de térébenthine
dans de l’eau de gruau. Le lendemain matin., le, malade
ne souffrait plus ; il pouvait à volonté écarter les mâchoi¬
res, et la roideur du corp? avait disparu. Il avait pris
dans cet interval le deux onces d’huilè de' térébenthine par
demi-onees. Après la seconde , le spasme avait commen¬
cé à diminuer , et le médicament à agir comme purgatif.
Quelques heures après , le malade était complètement
guéri. [Ibidem).
Observation d’un bouton de. vaccine qüi ne s’est dé^
veloppé que six mois après l’insertion ‘du vU’US; par
M. Bakcr , M.-D. — Un enfant (le dix-ltuit moisj bien
578 EXTPftAdTS
portant, a^ait été vacciné au bras dreit, ]La pustule ne
s’étant pas développée , dn réitéra l’insertion un peu au-
dessOùs dé la première. Huit ou dijt jours après , il se ma¬
nifesta un bouton, t’énfànt éprouva tous les symptômes
de l’éruption de la vacciné f et le bouton ep offrit tous
lés caractèréS. Aü bout de six mois , M. Baker fut consulté
par la mère de l’enfant. En examinant le bras , ii trouva
Une pustule asséz grosse , bien conformée , entourée d’une
aréole complète , et présentant toutes les apparences satis¬
faisantes qu’on observe le huit ou dixième jour après l’iu-
sertion. Ce boulon occupait précisément la place de la
première piqûre. Les parens ont assuré à l’auteur que le
premier bouton' était parfaitement semblable à celui qu’il
voyait, ét sur la nature duquel il ne pouvait avoir le moin¬
dre doute. {Ibidem.)
Sûr le dégagement de l’azote dans quelques^ sources,
— Dans la partie méridionale de la ville dé Hosick , comté
de Rensselœr, NouvelTe-Yorck, il existe trois sources à.
peu de distance l’une de l’autre , du fond desquelles se
dégage une très-grandé quantité de gaz azoté pur , qudp
voit s’élever du fond de gravier d’où elles sortent. En
pressant sur le sol , dans ùn espace de six |)ouces , on peut ,
on moins de dix secondes , recueillir deux pintes de ce
gaz. l^Edinburgh philosophieal Journal 7 , page SBy. j
P. Vava&scub.
$ur (es phlegmiosies latentes et cliro^iques du canal
intmtina..li par. /<? docteur Goldmanîî* : — Placé dans lés
c'jtjopnslances favorables pqur vérifier lé diagnostic par
PaïUtppsle padavérique , j’ai été à mêûiié , dii l’aüteùr ,
d’étudier une maladie qui , par l’irrégularité dé seS ^ymp-
tô;^es, .coQiiiie aossi par l’analogie qu’çîle’ offrè âVec uile
feple d’aqtr.es affrétions intérieures différeptes , est très-
sppyenjt mécpnnua< Cette maladie qui, dans son pripcîpe.
ET ANALYSES. 279^
n’est autre chose qu’une phlegmasîe ktéirtes du canal in¬
testinal , présente les phénomènes suitans î -
Dans la première période de cette maladie, le inalade
manifeste une sensibilité extrême aux vicissitudes atmo¬
sphériques, et surtout S une tempéra luré froide et humide 5
il devient triste , taciturne, et recherche la solitude. Gette
disposition mélancolique , qui est suivie; tOür-b-tour d’une
effusion de larmes et d’une humeur joviale , se complique
le plus souvent avec une céphalalgie plus ou moins intense ,
un appétit vorace ou un dégoût marqué pour toute espèce
d’aliment; le malade éprouve des éructations et plusieurs
autres symptômes gastriques , Sans qu’il y ait néanmoins
ni flatulence , ni colique. Cet état des choses est accom¬
pagné , en outre , de frisson , d’une pâleur et d’une sé¬
cheresse de la peau , comme aUssi d’un sentiment d*
froid et d’un fourmillement dans lës pieds , d’une consti¬
pation Opiniâtre et d’une lassitude générale.
Tels sont les principaux phénomènes que l’on cd»sevve
dans la première période de cette maladie. Dans la seconde
période , qui , quel^uéfûis , né commèncequè quelques an¬
nées après l’Invasion , l’état du malade se détériore tou¬
jours de plus en plus ; l’inflammation , qui jusque-là n’é¬
tait que très-peu intense et confinée dans une petite por¬
tion du canal intestinal , fait des progrès au point que , si
la maladie est abandonnée à elle-môme , ou si le médecin
là traite autrement que par les antiphlogistiques , elle
peut également ou faire périr le malade dians lkspace de
quelques semaines , ou se profongér jusqu’au' sixième et
mêmè' àu dix-huitième mois. Les éxétùples d’une plus
longiië durée sont extrêmement rares. ‘
ÀUtûpsie tsadovéAfjue, Lés phénonrènes que l’on
remarque à l’autopsie cadavëriiqnè àoüt’ î i.'^ des adhérèm
ces très-notaMes , non seulenrent ertêtë tes organes abdo¬
minaux , mais même entré lei visCèreâ dn thoraxt fl.” des
a8o extraits BT analyses.
dépôts séreux qui existent dans toutes les cavités splanchni’
qucs, mais particulièrement dans le mésentère et l’épi-
plpon , quittons, les deux , sont garnis d’une multitude de
petites, vésicules J lesquelles sont remplies d’une humeur
séreuse;. ,3.° des ép.ançhemens purulens^jue l’on observe
sur-tout dans Testomaç , daus la yessié urinaire , et même
dans les. poumons ; 4.° d.es indurations quei’on remarque
principalement. dans le foie , la rate et dans le pancréas;
5 ” des engorgemens variqueux , existant sur-tout dans le
système , veineux des viscères abdominaux; 6.° enfin, des
ulcères et des, taches gangréneuses qui ^ le plus souvent ,
sont situés à , la surface intérieure de. l’intestin grêle.
{^Eastraii du journal de M. Hufeland ; par E. Martini )•. .
Mémoire sur C usage externe du sublimé corrosif, par.
le docteur de yjf EhEKmx). -r- Dans ce Mémoire , dont l’é¬
tendue nous force de nous en tenir à un simple résumé ,
l’auteur vante .le sublimé corrosif comme un remède très-
efficace, , non seulement contre toutes les éruptions pso-
riques et dartreuses , mais enepre contre la goutte , le rhu¬
matisme, les ophthalmies chroniques , et même contre les
anginesaphtheuses; et quoique l’idée d’un spécifique puisse
difficilement s’allier avec l’idée attachée à tant deinaladies
différentes , cependant les faits rapportés par l’auteur sem¬
blent mettre hors de doute l’efficacité de ce remède.
Pour.retirer de.l’emploi de ce moyen , les avantages, an¬
noncés, l’autéiir se sert d’une dissolution de sublimé faite
dans l’eau distillée. Gette dissolution , dont chaque once
contient, deux , ou même trois grains de ce sel, et à la¬
quelle il mêle ordinairement une petite quantité de sel
ammoniac, esH; employée tiède, soitsous forme de lotions
ou de frictions., soit sous celle d’injectipn. ( Extrait du
mêrfie J ounnal , par le rnéme). , , .
nÇuelgues Observations sur - le .goitre par.M. Formev*
- — Ces Observations, faisant suite aux, Mémoires publiés
V;ARlàT;ÉS. 281
antérieurement sur ce sujet . tendent à prouver qu’il existe
deux espèces de goitres tout-à-fait; distinctes, dont la pre¬
mière constitue le goitre thyroïdien , et la seconde lé goi¬
tre cellulaire. Xe goitre thyroidi,en . qui a son siège dans
la glande thyroïde même, se développe, suivant M. For-
mey , sous l’influence des ' conditions atmosphériques et
du régime , tandis que le goitre cellulaire , qui n’est autre
chose qu’un boursoufilement du tissu cellulaire, et qui ,
selon ce même auteur , n’afiecte que les femmes , se forme
à la suite de couches laborieuses ou de tout autre eflbrl
corporel. Le goitre de la première espèce, diffère encore
de celui de la seconde , en ce qu’il cède à l’aclion de mé-
dicamens internes , et particulièrement à celle de l’iôde ,
au lieu que le goitre cellulaire résiste à tout traitement
interne quelconqud! ( Tirées du même Journal , par le
même).
VARIÉTÉS.
Académie royale des Sciences. — Janvier
Le 6 janvier. — On donne lecture d’un mémoire de
M. Alex. Tissot, intitulé : Vues nouvelles sur les maladies
des viscères , avec l’indication d’un moyen pour s’en pré¬
server (1 J. — Les commissaires nommés pour l’examen
de ce mémoire , sont MM. Portai et Magendie.
Le 1 5 janvier. — On lit un mémoire de M. Garteron ,
médecin, surleshydatidesacéphalocysles. — MM. Chaus-
sier et Duméril commissaires.
(i) Ou reùdra compte de ce Mémoire, ainsique <le tous ceux lus
par les étrangers, après que les rappt^ls en auront été faits parla Com-
mission chargée dé les examiiief.
1. 19
282 i VA n i £ rÉ s.
Gn va au scrutin pour éliriela coirimission (jui décer¬
nera le .prix de pbysMogie fondé par M. de 'Mbrithionl
MM. Cuvier, Magendie, ^düiéril , 'Percÿ ét Geoffroy
Saint-Hilaire , comtnisSaités , ■ obtiennent* la 'inàlofité -des
suffrages.
Le 20 janvier. -^•M. 'Perey litbu nôifa d’une cbïntoission
dont il est membre, et à lacjuëlle sOiit adjoints MM. Pél-
lelan , Deschamps, 'Chaussiér et ‘Magendie , un rapiport
sur ’ün ouvrage de M. Bancàl , présenté dàns la séance du
lundi 5o décembre '1B22 , et ayant poUr litre i lllbinotVe
sur un nouveau fystitUme càoké pour Vdpéràtibn de la
cataracte, par eCatraction. 'LQ répportéür obsétvè ijü’îl ne
s'agit dans cet éorit ni d'une opération nouvelle, nï d’un
instrument véHtableiüen t nouveau. M'. 'Bancal , qui , sans
exclure aucune 'dès tnéthodés d’opérer là 'cataràcfe , à
donné la préférence à celle de l’extraction , n’a prétendu
changer en aucune manière les procédés fondamentaux
de celte opération ; il l’a maintenue telle qu’elle lui a été
transmise par les praticiens les plus recommandables de
notre temps. Il propose seulement d’ajouter des perfec-
tionnemens aux procédés opératoires. Les améliorations
qu’ilrvqudràit introduire consîsterit à 'faciliter idb “plus en
plus, ou, si l’on veut, à assurer l’irruption 'du cristallin
Bors ;de 'rerivëloppe mètnbranéuse qui le f enferme, sans
eXpbfeéV' lés parties si sensibles et si irritables qui l’avoîsi-
héat, à îa rnoihdre 'dés fésiôhs auxquéllës l’ûsage des
mdyeHè üsifés ne lès expose que trop souvent. Frappé par
plusieurs incohvénîehs du Tcÿstitome de LaFaye , et aux-
"qhèls éh n’a pu remédier que bien incomplètement en fai¬
sant ajouter deux annêàüx à la canoriière, ppur y passer
deux doigts, et la tenir avec plus de fermeté, M. Bancal,
qui a pratiqué de nombreuses opérations à l’île Bourbon ,
aux grandes Indes , et en particulier à Galcuta , a sérieu¬
sement réfléchi à ces inconvénie'ns , et aü'lieü dé chercher
vakiétés. a'gs
à lès cOrrigêr par des chaiigemens ült'énéurs, 'il â toiït-îi-
fait abandonné Uiustriidient pour un kyslitomedont cèlui
de La 'Fâyè a bien'pü ltii dèilnër l’idéè , mais non lui ins-‘
pirer le tnécanisme , ijüi lüi appartient tout entier.
Le -kystitome de M. Bâncàl est composé d’uné gaine
étroite , longue et ‘plate, ayant un petit couloir à son ex¬
trémité supérieure , èt d’dù on fait ‘sOrtii", én pressant un
bouton placé ‘latérdlëméttt , ube pétite ' larne‘aîgüë et tran¬
chante , iqü’une languette att&nnnt au couloir rébd ‘iriof-
fensire , et qui , mise en ihoiifemêiit, à'gît avèe autant de
faéilité qUè' dé certitude.
Le rapporteur ne retràëe pas îés détails dèscrîpiifs qüe
l’auteUT’ a Consignés' dàhs son nïéhioire , rèlativeinérit à cét
“iüStroüïént, qu41 be"regar\îè'qùie édüime Une tnoiiîficalio'n
ingénieuse de celui de La Paye. Lé'kystitd'me de M.,l3an-
Gal marché avec une précision et une àisàtfce admirables;
on le tient bonithe une pldtne'à ’écWré , 'ét il est aussi fa-
biite'à mâhièr. Oh fhitr’ddüit coàinie Celui "qu’il est destiné
à rehlplaCer , sahs auéun risque pdüries parties" à travers
‘lésqüèllésdPfeiit qü’il ■pa'sée ,‘pphr érrivér h la mèinbrane
"cristalMde , 'ét ul n’éxtge'tli ^^ôrts tii violéneepour iiicisér
'toùt ce'quel’lipérateur'vélit qu’il Inéise. Ou peut même ,
dails cërtëihs cas , le^préthéhér 'él' le’fairë agir cirçülàire-
'merit"#ür'tousdCs ‘points' de ôc'tté knèiübrane , spiis qu’on
ait ‘à Craindre de p oftét ditéhlte à l’iris , tii "d’éh àl térèr ,
(Somnie^il ‘aCtivé nsisez S'ÇiTtëüt'aiécde's'instruüiens ordi¬
naires ,%'fdrdie‘ ronde ■'et régÜlièré. M. 'PérÇy est peYsUadé
'tpié^'daüsHdÜs'lèS Cas oùdl‘yU'b.écÇssit’é‘évi‘(iente.dedéchâ-
'tonuér , "Chtattife "6h dît ,' lé Cl’istalllh , c’è^t-à-âire , de ^îe
‘dêga^ér'-déi^ës'etitràviéS j'lle "tfivisér , ‘d’ouvrir ‘la Capsuie
‘'trop' dense' ’4t tr8p%rhie qui ‘rettiprisonüd , de détrüiré lès
adhiérCnCds ‘tpi^il'h^^u 'corifracté'r ,‘nuLifi’st'rü‘àierit Hé peùt
■’Peaipé'plcr’isilr'Chldi dte iM. *Bahcâl dont 'quélqües cssàîs
faits ‘h Pâ’rlSi'Cds -'j'ôiVrs'dbtnibrs , èt 'cOhfirniatîfs dés résul-
284 T A n I É T É s.
tats satisfaisans de ce\ix qui avaient eu lieu précédemment
à Bordeaux , vont étendre et assurer l’usage.
M. Bancal a avancé que son kystitome pourrait être
très-aŸantageusement employé pour la formation d’une
pupille artificielle. Le rapporteur est assez disposé à le
croire, d’après l’explication que l’auteur a donnée dans
son mémoire. Quoiqu’il en soit les commissaires invitent
M. Bancal a persévérer dans le zèle qu’il a manifesté pour
les progrès de l’art de guérir. L’Académie approuve le
rapport et en adopte les conclusions.
— M. Poisson annonce qu’il est parvenu à des formules
qui expriment les lois du mouvement de deux fiuides su¬
perposés, et qui renferment les lois de la direction et de
l’intensité de la lumière réfléchie , et transnaise dans l’hy¬
pothèse fies ondes luniineuses.
Le 27 janvier. ; — MM. de Jussieu , Desfontaines , La-
treille, Gepfiroy-Saint-Hilaire et Brongniart font un rap¬
port sur les collections et les observations recueillies' par
M. Auguste Saint-Hilaire, dans son voyage au Brésil.
Un séjour dè sii années au Brésil, une grande étendue
de terrrain parcourue en divers sens et sous divers cli¬
mats, des collections nombreuses en animaux , végétaux
et minéraux , des descriptions exactes faites sur les lieux,
des observations générales sur les climats , les sites , les
mœurs des habitans, les productions naturelles à chaque
contrée , la nature des terrains et le genre de culture ap¬
propriée à chacune i tels sont les résultats du voyage de
M. de Saint-Hilaire. Les commissaires a’joutent plus loin
que M. de Saint-Hilaire , tenant un journal exact de son
voyage , a pris tous les renseignemeus qu’il a pu se procu¬
rer sur la statistique des pays visités par lui, sur les
mœurs des habitans , leurs langues , leur commerce , leurs
habitudes , etc. , etc. Voyageant plus spécialement pour
la recherche des végétaux, il a fait la description des es-
VÀRIÉTis. 285
pèces recueillies , sur tout de celles dont les Brésiliens
font usage dans la médecine et les arts. Il a, rassemblé
toutes les notes nécessaires pour établir la concordance
de leurs noms vulgaires avec les noms botaniques.
Séances de l’Académie royale de Médecine.
Section de médecine. Le i4 janvier. — On remet sur le
bureau un manuscrit intitulé : Mémoire et Observations
pratiques sur la diathëse inflammatoire des enfans nou-
oeau-nés ; par M. Martin, D.-M\-M. •
On procède à la nomination d’un membre titulaire en
remplacement de M. Hallé. La majorité des suffrages se
réunit sür M. le docteur Laennec , dont le choix'séra sou¬
mis è ^approbation de S. Mi r;. ;
L’asemblée nomme MM. Duméril , Double > Renaùldin
et Huzard pour faire partie de la commission chargée
d’examiner les remèdes nouvellement proposés.
M. Alard lit un rapport sur une note deM. Andralfils ,
relative à un abcès trouvé dans le cerveau. Ce rapport et
ses conclusions sont adoptés.
, Le 28 janvier. — ^^La commission chargée de préparer
le travail relatif à l’élection des membres honoraires fait
son rapport., '- V 4> 5. . .
On procède immédiatement à cette élection , et les dix
médecins , âbnt les noms suivent , par ordre alphabétique ,
réunissent- la majorité des suffrages.
MM. Abraham. François.
Andral père. Horeau,
Asselin. Loiseleur Désloiigchamps.
Burdin aîné., Mérat.
Emmonot. ïhillaye aîné.
286 VARIÉTÉS.
Le 1,1 février. — On dépose sur le bureau , de la part
dé; M. Julia , plusieurs Mérapires manuscriU et, traduits
dé l’espagnol , sur la.naturé et l’qr|giiie. de laifiév^é jftune»
qui a régné à Barcelone. *
On procédé à la nomination de deux membres hono¬
raires. MM. Salmade et Gueheault.de Mussy obtiennent la
majorité voulue des voix.
M. Ocfila lit , en son nom' é^en celui de M; Ghaussier ,
un rapport sur un ouvrage manuscrit de M. Guérin , in¬
titulé . : E.lççc^us^ :de tçaaîmU^ie. Cé . rapport e t- ses' conclu¬
sions spnt^ adoptés.
M. Léveillé lit , sur. uaci observation d^u» squirrhe du
col de la .vessie par M. Cal’lineau , un rapport dent les côn.
clusiqns/sontpatejUement.adnptées-
Le 2,§;févriier> H— Mv Double lit , pour lui et Mi Fouquier,
intiirappiù't s.n® une.' observation de M. Barras^ relative k
une fièvre quotidienne pernicieiisé , péritoniqué au pre-
nqierî aéfibMeltpléHPétiqiièiàuxauivand , guérie par lé sulfate
de quinâoe.iGer rapport et ses conclusions sontiadoptés.
M. Lerminienlit uni autre rapport , également adopté',
sur lainoté! de M> Andrah fils i, ayant pour objefc dés aoé-
phalpeysté®! trouvées. dausdes: veines pulmonairest
M., Louyer Villermay lit, en: son nom etJeri' celubde
M. Sédi!}pt„jUn:rappQrt-suF;Uia;Mémoire de M. Beaubien,
nésau.Gpnadao.etiinlfeilé : PàraHàle entre lètrhumatisme>
articulaire et la goutte. Ce rapport est approuvée
MMkDelensi et; IhilliqpUseïwt un rapport., qui:est adjopté ,
sur^l’i)iatoira,d|une! arachpoïdereneéphaliteipariltl. Barrasi
On annonce la mort dfijSLiBmmonot:, et* l’on procède h
la nomination d’un momV>® M* BOuvénot ob¬
tient la majorité des volx^ :
Sectigi),, ehirurgig^ Séance du j,éudL 29 janvier.
— Après la lecture ejt, l’adoption, du. prpsès- verbal ,
MM. Lisfranc etfDépiOfl^S lisent up, rapport sur uu in-
VAHI^ÉTÉS, ad?
strument que M. Ip doetéur Clhçimpesme a fai^ construire
pour cautériser- les bulj^es des cils dans le triçhiasis, G’est
uii cautère terminé par une boule de fer qui supporte
elle-même la pointe avec laquelle on fait la cautérisation.
M. Percy fait observer que ce cautère, prfisente, beaucoup
d!analogié avec un instrument que les anciens ont .nommé
tête de moineau. Le rapport, fayorable è l’auteur , est
adopté. . .
M. Larrey présente à l’^cadépiie deux militaires ; l’up.,
âgé de aS à Soana, était deyenu souEd, et muet; àla suite
d’un traitement antiyénéripn, M. Larrey lui appliqua suc¬
cessivement plusieu'rSj moxas-spr- l’occiput et durrièi’e les
oreilles. La parole et l’ouïe s.c rétablirent complètement.
L’autre reçut , il y a dix-sept mois , un çoupide sabte à
travers la partie supérieure latérale droite dé la poitrine ;
l’instrument ressortit par derrière l’épaule ; il se, fit dans
la plèvre droite un épanchement, considérable, de sang. que
l’on' fût obligé d’évacuer par l’opération de l’empyème.
La plaie de l’opération n’est point, enoorp fermée et>for-
ihe une fistule de laquelle s’échappe une assez grande
quantité fié sérosité purulente,. Le côté droit de la pçilrine
offre une diminution très^sensible dans son. yplume, et la.
respiration n’a. lieii que très-faiblemept.^dans Iç poumon,
correspéni^ant. U: Larrey peflse m^.e q.u’elle ne s’y; fait
pas et que sônmalade ne rpspire.que parle poumoq gauche.
M. le docteur Bard offre deux enfans en bas4ge. L’un
esf vend au monde avec divers sym.ptômes d’affection sy-
pbilitiqué ,, et présentait , à l’époque |le sa naissance , une
cicatrice profonde , blanche^ situ.ée hla partie supérieure
de la tête , dépourvue de cheveux , a,dhérenl6 ap^ os, du
crâne , et paraissant résulter de la guérison d’une ulcéra¬
tion du cuir chevelu dont l’enfant aurait été atteint; pen-
dant ia vie utérine. L’autre enfant porte à la tête une tu-
ndeur volumineuse , alougée , fluctuante , indolente, pa-
288
baissant avoir déprimé le pariétal , et formée par un
épanchement' considérable de sang au-dessous du cuir
chevelu.: ■ r
•‘ M. Bëclard donne la description de plusieurs pièces
d’aiialomie pathologique. L’iine est un cancer napiforme
du sein. La seconde une large ulcération cancéreuse delà
mamelle, qui offre cela de particulier qu’elle est couverte
d’une foule de petites cicatrices épaisses à sa surface,
comme ob l'observé souvent pour les ulcères vénériens
serpigineùx. Celte pièce prouve que le cancer lui-même
est susceptible de cicatrisation. Une troisième pièce est
une tumëur fibreuse énorme , ramollie ét ulcérée , déve¬
loppée dabs la matrice d’une femme âgée. Cette malade
avait aussi deux hydropisies des ovaires d’un volume con¬
sidérable , fet le foie parsemé' de tubercules cancéreux.
M. Jiiles Cloqüet présenté un Cas intéressant de deux
anévrysmes développés dans l’artère aorte pectorale d’un
malade mort à l’hôpital St.-Louis. La plus volumineuse
de cés tumeurs naît de la partie postérieure de l’aorte ,
immédiatement au-dessous de Sa courbure, et commu¬
nique avec cette partie par Une ouverturei arrondie,, large
de deux polices. Elle s’est dirigée eh arrière , a détruit
une portion du corps des troisième , quatrième et cin¬
quième vertèbres dorsales , les Côtes correspondantes , et
sfost ainsi fait jour à travers la paroi postérieure et laté¬
rale gauche de la poitrine, pour se développer au-dessous
des muscles larges et superficiels du dos et des tégumens.
Pendant la vie , elle pouvait avoir le volume delà tête
d’un enfant, et était le siège de pulsations etde mouve-
mens d’expansion fort considérables. ' Vers les derniers
temps , elle s’était rompue au-dessoUs de la plèvre , et le
sang s’était épanché dans l’étendue de cinq poücés au-
dessous de cette. membrane , qu’il avait décollée des côtes
et des muscles intercostaux corrcspondans. Là plèvre t
•VABIÈT'JÈ«. 28g
tait enlm déchirée dans deux endroits , et le malade
avait été suffoqué subitement par l’épanchement d’en¬
viron deux pintes de sang dans la cavité correspondante
de la poitrine. L’autre tumeur anévrismale , située à trois
pouces au-dessous dé la précédente , naissait aussi de la
partie postérieure de l’aorte et avait le volume des deux
points réunis. Elle avait en partie détruit le corps des
deux dernières vertèbres 'dorsales et déterminé dans d’au¬
tres endroits la formation deplaques et de végétations ébur-
nées du tissu de ces os. On trouva sur le système artériel
de ce sujet diverses autres altérations , que M. J. Cloquet
représentera et fera connaître dans les Fascicules d’ana¬
tomie pathologique qu’il compte publier incessamment.
Sur le même cadavre on trouva aussi des tumeurs cancé¬
reuses dans les reins, un emphysème considérable des
pbumpns et une hernie inguinale épiploïque fort volu¬
mineuse. . . ■
M. Roux amène à la séance un jeune homme qui était
affecté d’une division congéniale ' du voile dû palais et
chez lequel i! a pratiqué la staphyloràphie , ou suture dé ce
voile musculo-membraneux. L’opération, pratiquée depuis
un mois, a coniplètement réussi ; oh voit -une cicatrice
médiane , blanchâtre, solide, qui réunit lès deux moitiés
du voile du .palais dans l’étendue de plus' d’un pouce. La
luëtte reste sous la forme de deux tubercules séparés pâr
une scissure. Le voile du palais a repris déjà en grande
partie ses fonctions , et le jeune malade , qui ne pouvait
se faire éhtendre qu’avec beaucoup de peine avant l’opé¬
ration, parle très-distinctement j sa voix est seulement
un peu nasale. C’est pour la quatrième fois que M. Roux
pratique celte opération , dont il est rinventéür.
Séance du i5 février ïSeS. — M. Giviale lit une note
par laquelle il réclame la priorité de l’invention d’instru-
mens destinés à pénétrer dans la vessie , afln "d’en ex-
290 variétés.
traicq.des calculs apr^SrlçSr^yôir brisés , saQS avoir, recours
à l’qpératiou de, la, taille., Gqs, instrumens, que l’auttiur
noiqnie, lithopripni, ofifreat, la plus grajudo ressemblauce
avcic, ceux qu!oal;! (Jerniènient proposés; MM. AnjUssat efc
Leroy. M. Çiviale avait,déja fait counaître pes; instrumensi
eU; 1,818;. et.MM, Percy efeChaussiér avaient été chargés,
d’ett fair^; un rapport à la Société de l.’ejCrPacülté de mé¬
decine. M., Pereyfaiti'observer qu’il avait déjà comniuniqué!
h rancienne, Académie de, cbinurgie des dessins et; ufte des -
criplion.d’instruinéns; semblables , de son invention. Ges-
pièces doivent encore, se retrouver, dans, lesi archives) de.
r Académie. : •
Le docteur Haireps, lit; un mémoire sur un nouveau,
procédé pour.pratiquer l’opération de la fistule lacrymale.
Ce pcocédé' consiste, à, porter un cautère., rougi à: blanc ,
dansJe canal na^t„ de manière à le cautériser dans toute
son étendue , et à placer ensuite dans son intérieur une
canule d’argent jusqu’à ce que la cicatrisation soit ache-
vé^ç. Acette époque, on retire la canule au moyen. d!un,
fil qui est. fixé à son extrAniité supérieure ; et on;la,vprise la
cicatrisation l'dei Pi,ncision faite au sac lacrymal lors, de
rupératipn., L’auteur reconnaît, à ce.npuvpaa, procédé, des,
avantages marqués sur, les autres, méthodes,?. OOpendant;,
rexpérience selon, l’auteur ,, nfa point, encore, confirmé
la préférençé qu’on, doit accorder à son procédé. MM. De-
monrs ? Lisfranc et , Roux , sont nommés, commissaires.
iM, Ghampesme lit. l’iohservofi, on .d’une cataracte acci¬
dentelle »,,ciiez, un, enfent de, six, ans,, guérie par l’appUcar
tion.d’uni ^étqnihjlo, nuque. Prois semaines après l’appli-
cationdupétonj, le,crystol|in; avait.déjà recouvré en grande
partie sa transparence ; deu^ mois, après , la guérison
était .complète,, qt., depuis quatre ans , sa vue s’est con¬
servée. parfaitement: bonne. M* Demonrs a vu, plusieurs
fois.,. chez dqs; enfaps , le crys,tallm être absorbé après , de
VA«liT±S. 291
légères, p,ercu8sion? djB rœil , et p,eiQse\ qu’il est possible
qqe, dapf ce cas,> up» semblable iaccident ait eu lieu et
procucé,l|i guépisop de la, cataracte. . Les mêmes com¬
missaires sont nommés pour faire: un rapport sur l’obserr
vation. ' . .
IVIv Ripheraqd soumet la: section dé chirurgie, de la
part; du conseil d’administratipn , une: demande de sir
Henry , qui sollicite la faveur d’être nommé coutelier de
l’académie.
M. Biplierapd.lijt, deux observations . communiquées à
l’académie par M. Judey. La première de ces observations
a pour sujp't, un homme entre: les mains duquel un fusil
creva» , ünp portion; dp: l’arme., lancéej par l’explosion ,
hrisaile qorqpa^: et; enfopçsi; une pièce, de cet os dans le
c,ejryeap,,.la,quelle;fut;retirée., efcle: malade, après diverses
circonstances peu intéressantes à relaten, se : rétablit par^
f^temQnt.hien.,1ta! seconde , observation estrelàtivé àmn
anus, artificiel, venu à.la suite d’une hernie inguinale gân^
grénée , ej, supprimée §.ana inconvénient après nuatre mois
de; fnai4^?n.®hR> la compression.dës extrémités de l’In-
tpstip ; etjîai suture desitégumens! voisinsj dei l’ouverture,.
-yBanspa séabCCiexttoordinairedu^i Mévrier ^ UAcadémië
royale de;]\ilé4eGine)a nommé aBsûciéarésidans;, MM. Gase,
Ferrns, Serres,, Rarthélemi aîné , Chomel^ i.Naci[uapt»i
Duhois, Baffos , Barruel , Charles Derosne, Lédibert.:
■ - - \
Prix proposés pap la. Société médipale d’Emulation
de Paris.
La Société médicale d’émulation propose plusieurs prix
pour l’année ] 82,5,, savoir : .
Deux , un premier et unsecond ,,qiai, seront décernés aux
auteurs des dieux,meillénrs. Mémoires, sup, l’aimtomig., lapa-
thologie eh -b’aua,fOmij0-pathplogiquc.
292 Bill LlOGRAl'UIE.
Deux autres prix, également un premier et un second ,
seront aussi décernés aux auteurs des deux meilleurs Mé¬
moires sur la pathologie médicale ou chirurgicale , soit
particulière., soit générale. ;
Les sujets sont au choix des auteurs.
Les deux premiers prix seront chacun une médaille eu
or de' la valeur de 200 fr. ; et les seconds une médaille en
or de la valeur de loo francs.
En outre , un prix de la valeur de 200 francs sera
donné à l’auteur qui aura le mieux traité la question
suivante : / - .
« Délèrminer le caractère propre de l’inflammation et
exposer la thérapeutique de cette affection considérée dans
les différens tissus , dans les dilférens modes dont elle est
susceptible , et dans toutes les circonstances capables d’in¬
fluer sur lé traitement. » iK
Les Mémoires , écrits très-lisiblement en français ou en
latin , devront arriver , francs de ports , avant le 5i dé¬
cembre 1823 , à Paris , chez M. Villermé, secré¬
taire-général, rue Béctin-Poirée , n.° n o. Ils seront dis¬
tingués (les concurrens étant tenus de ne point se faire
connaître) par une épigraphe qui sera répétée dans un
billet cacheté , contenant les noms et l’adressé de l’au¬
teur. Les membres correspondans de la société peuvent
concourir. , ■ (i ■ .
B I BL I O GRAPHI E.
Ouvrages français.
Dictionnaire de Médecine , par Mil. Adelon , Béolanl ,
Biett, Breschet , Chomel , H. Cloquet, J. Clpquet , Cou-
tauceau , Desonneaux , Ferrus, Georget , Guersent, La-
gneau, Landré-Beauvais, Marc, Slarjolin, Murat, Or-
BIBLIOGRAPHIE. SgS
fila, Pelletier, Raige-Delorme , Rayer , Richard, Ro-
choux , Rpslan , Roux et Rullier. — Sixième volume. On
souscrit à Paris , chez Béchèt jeune , place de l’Ecole de
Médecine, N.°4. Le prix, pour les souscripteurs, est de
6 fr. 5o cent, pour Paris , et de 8 fr. 5o cent, pour les dé-
partemens. -
Cet ouvrage , destiné à. rassembler par ordre alphabétique tous les
objets dont se compose actnelleraeut jp science médicale , est parvenu
au tiers de l’étendue qu’il doit avoir. Les six premiers volumes ne
renferment que les lettres A, B, C, etla pins grande partie de la
lettre D ; ils sont cepeffdanl dans la proportion, du nombre de i8 ou
20 volumes, que les auteurs se sont légalement, engagés djt.nepas dé¬
passer. On sait en elFet que les premières lettres do l’alphabet con¬
tiennent le plus grand nombre de mots et les articles les plus étendus.
Le sixiènhe volume offre, parmi lès articles les pliis iniportans :
crâne , dent , dentition ( anatomie 0 , de M. Bédard •, coguelùche ,
croup, dentition ( maladies de la ) , de M. Guersent ; diagnostic' ,
diarrhée, de M. Chomel ; cya/iofe, <7j-sI/(e, de.M. Ferrus ; crise , de
M. Coutanceau ; crétinisme , délire ,. de M. Georget ; couperose , de
M. Bietl; dartre, de M. Rayer ; désinfection , diabètes , de M. Ro¬
cheux; couches, crochet, délivraiicé , de M. Desormeaux; corps
étrangers , dents ( maladies des ) , de M. Marjolin ; corne, ( tissu ) ,
déviation organique , de M. Breschet; déception ( médecine-légale) ,
de M. Marc ; cosmétique , diète , de M. Rostan. — Le septième vo¬
lume, est sous-presse , et paraîtra dans le courant du mois d’avril
prochain.
Formuiaire magistral et Mémorial pharmaceutique ,
recueilli par Ch. R Cadet de Gassicourt; 5.' édition ,
revue et augmentée; par V. Bally, D.-M. ; in-S.” Prix, ’
4 fr. Chez L. Colas fils, et chezBéchet jeune.
Aperçu général sur l’Inflammation (médecine-vétéri’
naire), par Morel, vétérinaire; in-S." de 25 pages. A
Paris , chez Demonville et Compère.
Ce Mémoire contient , sur l’inflammation considérée chez les ani¬
maux , des idées qui sont entièrement applicables à la pathologie hu¬
maine , ou plutôt qui sont empruntées de celle-ci. Les opinions de
l’anteur rappellent , en effet , toutes celles qui sont professées par l’é¬
cole de M. Broussais. Ce Mémoire est écrit avec clarté. Il a trop peu
d’étendue : plusieurs propositions paraîtront plus que hasardées ; elles
demanderaient quelque développement. Ou ne peut d’ailleurs qu’ap¬
plaudir aux efforts de l'auteur, pour porter de nouvelles Inmières sur
204 nTBXIOGR APHIÉ.
une. science ’qûi a été trop long-temps soos -le jo'ag tUi plus-grossier
Éloge de M. , prononcé le 1 8 novembre 1 83a de¬
vant la Faculté de Médecine de Paris , par le Baron Des
Genettes; iît-8.'’,;^prix;, 5o e. A Paris, chez Béchet jeune.
Recmrehes sur la nature et les causes prochaines des
fièvres; par Gendrin , D. -M- ; a vol. in-8.° ; Prix, lafr.
À Paris, chez Béchet jeune.
Cet ortvrage sora analysé dans un procliain Numéro.
De i’orgcmièation'des animaiix, ou Principes d’anâto-
mie cônipolrée ; pdr Ducrotay de Blainville ; tome 1
ih-8.*; prix, 7 fr 5o cènt. Chez Levrault et Béchet jeune.
Cet onvrdgesera procliainemenl analysé.
Discours d^ introduction à l’ouvrage des Monstruosités
humain.es , formant le second tome' de la Philosophie
anatomique ; in^8.° d’une feuille ; et Philosophie dnd-
tomique; des Mdnstritpsités humaines , été. ; par'Geb'f-
frbyi^Saitit- Hilaire ; Un volunie et un atlas in-i^.° ;
'Pi'k, ! I fr. A Pàris , chez Béchet jeune.
'Cét'o’uvrage sera analysé. ' . ,
De la èié¥iiité de V homme et delà femme , et des-moÿens
d’y remédier; .par V. Mondât , 'D.-M, ; >*«^8.° , seconde
éditien. A Parisyehez Migneret , etc.
L’auteur donne d’abord Phistpire anatomique et physiologique des
organes génitaux'dE'l’hoOMie'ei >de -la fethnsè. dl eJtatriifie‘’èàsÜitfe‘'Iés
causes; de la stérilité. dans les dOuxsOxesi;’ mais il oublie q'deila stérilité
n’esttpas toujours absolue, qu’jelle est quelquefois relative. Peut-être
â-t-il de bouués raisons pour ne pas adrâeltrc;cette derniè|re ?.il n’eut
pas été inutile Üe bous' les faire connaître. Cet oubli viendrait-il de
tê iptédfcs'^àrmiilés'ttiefeîÿaOf ht ‘ànti-ànaplirodisiaijüès ; et les pro-
éédéS!)tttééaôiiqOè@deMi 'Mondàt i‘hé aott d’Outiilhq'iiûlité' dans' cette
espèce de stérilité? Dans'Cseite:.pâ»iAe'pritièipàlOd'é PouWàgej'én^^bur-r
vaitdéSifer' une connaissance plus étendue et plus profonde des faits
consignés dans lés fastesdé l’art ,, car M.’ Mondât; :qni<paraîf avoirëü
beapconp. d.’oecâsiôns d’obsérverles idifférénscas 'doi'Sléi'ilité , ' éë-
.pendant,pas tout vu. Qu idésirerokiSur-toUtique l’aittebr'obt' ïiVls'ï>fe
de-réserve ,::plüs dé, décence, plus de(gi!aéilé'ttaas'l’'t«pbàitiyu db'ikft-
tières aussi déliéates 'â traiter. "L’ouvrage lest tet«nné-(par nu iji'èEil
-Traité d’bistoire naturelle des rmédiaariiens apbtedisittqüés', 'qüï'éét
aussi fort supefficiel, et où Pon dtercbciYain'omcitl qételqüc.s'iiô'tioiSs
B I B L 1 0«» À P'H lE. ^ gS
sur le phosphore et sur d’autres substances auxquelles ou a allrilnié
une vertu aphrodisiaque pliis’ cùergique qu’à la plupart de celles dont
on trouve la description. L’ii^rcssion que laisse la -lecture de cet ou¬
vrage, est 'qu’il à été écrit plutôt pour les gens du monde que pour les
médecins. . •
Planches an-àttrinit)Wès )im cârps hixntàîti > exécutées à’a-
près les ditüensiohs naturelles, accompagnées d’un texte
explicatif, par te docteur Antommarchi; publiées par
M. le Comte ide CaSteyrie , éditeur, — L’ouvrage seça di¬
visé en quinze livraisons. Le prix de chaque livraison est ,
én noir, de eS fr. ^ et, sur vélin colorié, de 70 fr.
Le célèbre auteur de ï'Hisloria et IconographiMvasoriim lyinpha-
ticorum corporîs huniani , avait laissé en mourant ( 19 octobre i8i5),
des matériaux tout préparés pour la publication do plusieurs ouvrages
d’anatbbniè. Une's'ociété anbriÿmè s’était chargée de la publication des
oUvràgés'posthutnès'üe’Màicàgnl ,'S6üs là diféeSéti'dti'dd'éiieür’Aiitom-
nanrehi', l’ija. de ses .élèves et de ses cOlklJordténi's. itéux’de.ses ou¬
vrages ont été publiés '. l’ jinatomiii pev usa studiasi di ^â'idtum
e pittura, et le Prodromo délia grande anatonixa; le troisième , dont
ce dernier peut êpe considéré comme l’introduction , était annoncé ,
et on en attendait impaiiemtnent la publication retardée par-'l’absciice
' du âofcleür Anlommàrcbî , lorsqu’apres son reloiir , des difréreiids su.r-
veniis entre lui et la société dés EditcliiS i et la ftitnille 'de fcscagni,
ou tfait 'Craindre déda. voir. ajburiier düdéfiaiiméUt. Ileidàctéüt i Autoih-
raarchi a pris le parti de faire lermiBer ce que Maseagni’Sohmïaître
avait.projelé, et commencé,. , L’ouvrage dont nous, auuoiiçons la, pre¬
mière livraison, est uneaiiatpmio complète du corps. humain, .repré-
Sehiée daiis des plàhéheS lîlllog'rap'hiéés do’grtàdeur nàturélle. ''.Celle
anàto'mie Üiflfere de -toutës ' cêllés qui- bà't 'été 'pdb'liéés ’jusqdk dette
heure, ven ce que, au liêud'e .représfenl'ériés o'rgaftes'îsoIÉs’,’‘d?êtfe‘ana-
lytiquBi en un. iraot., elle lest symétrique ourtopci^râpbiqùe.yHélle re¬
présente toutes les, partjes du çoeps daus -leur - epseipbleiet- dans- ledi-s
connexions mutuelles. -La première divraispn epp^te en .une :figure
des nombreux vaisseaux sous-cutanés,. avec les n^rfs,qui',recpuvrent la
première' couche' musculaire de''la'fâce anterieure dit .corps., et en deux
feuilles de texte campl'enaitt-i’iûll'odhcticmieb 'l*éàpftt:^lî'éiltiV l'a’^fîgure.
Nous reviendrons sans doute plus d’une fois sur un ouvrage d’une
aussi grande importance; nous nous couteulcrons , pour le moment ,
de dire que cette preraière livraisou promet un ouvrage d’une magtii-
ficeiice et d’uiic perfection au-dessus de tout éloge. A. B.
Ouvrages anglais.
Treatise on dislocations, and fHfàictutes of the joints. —
Traité des luxations et des fractures des articulations y
par sir AstleyCooper; în-4.° ionrfora, 1822.
' Cet ouvrUge , de l’uii des premiers chirurgiens de Londres , sera
analysé dans un des prochains Numéros.
lUuStratidtis ofthe inquiry respecting tùberculous diseases.
— Suite des Recherches sur tes maladies tuhercu-
leüses; par J. Baron, aZ^pàges, avec 5 figures
coloriées. ' .
'Practical obâèfvations on ihe treatraent and cure of several
' varieties of pulmonary consomption , and on thie effets of
the vaporés pf'boiiiing tar in that disease. — Observa¬
tions pratiques sur le traitement de plusieurs variétés
.., de phthisie puljnonaire , et sur les effets de là vapeur
du goudron dans cette maladie; par sir Alexanâer
‘Crichtoh,' M.'-i).'""
■ Inquiry i'nto the action of mercury on the living body. •—
' Recherches sur Tactiofi du mercure' sur Técbnomie
animale i’pur J. Swan } in-8v° ’ rSîn i .
. Practical observations oh the distorsions of thè^sp'ine , chest
. and limbs, togethet withremarks on paralytic and other
idiséasës connëcted with împaifed or défèclive motion. —
Observations pratiques sur les difformités de la co¬
lonne vertébrale, du thorax et des membres, etremar-
ques sur la paralysie et les autres mctlddies qui in¬
fluent sur les mouvemens; par V.Ward. . . .
Réscarches respecting the medical power bf chlorine, par-
tiëülàrîy oii diseases of thé liver. — Recherchés sur l’ac¬
tion ikédicale du ctilore, particuiié’rernenif dans les
maladies du foie y par W. Wallace ; m-8;“ .
MÉMOIRES
OBSERVATIONS.
Recherches sur les propriétés et l’emploi médical de la
jusquiame, faites à l’hôpital de la Charité, parle
professeur Fovqvibü, recueillies et publiées par le
docteur Ràtibr.
T 1 A simplicité des moyens et la perfection dés résul¬
tats, tels sont les caractères, auxquels on reconnaît lés
progrès des sciences et dés arts. Cet axiome, dont les
démonstrations se multiplient autour de nous , peut
être justement appliqué à la médecine, qui se dépouille
peu -à- peu des innombrables préjugés qui l’envelop¬
paient , et qui depuis vingt ans a remis en question ce
que l’expérience des siècles précédents semblait avoir
consacré. Rien de plus impésant , de plus concluant
en apparence, que les observations des auteurs sur lés
propriétés des médicamens et sur celles des narcotiques
en particulier; ouvrons les traités spéciaux de matière
médicale, les monographies qui traitent de ses diverses
parties , enfin les ouvrages de médecine pratique^ Quels
pompeux éloges ! quels succès merveilleux ! Essayons au
lit des malades ces moyens théràpeutiqués si puissans , et
jugeant avec impartialité les effets obtenus et les promessés
séduisantes des inventeurs , demeurons persuadés de cette
vérité : B II y a beaucoup à faire sur les propriétés des
1. 20
^8 mémoires
I) médicamens , et la première condition pour les Lien ap-
«précier, c’est de ne point oublier la force de l’organisme,
«de jui laisser une bonne part des, effets produits, à moins
»que leur instantanéité n’en indique évidemment la source
«étrangère (i). »
Tels sont les principes que nous avons adoptés ,„^et dont
nous avons tâché de faire l’application aux recherches
dont nous avons déjà publié et dont nous présentons en¬
core aujourd’hui les résultats. Cependant ils ne nous ont
pas mis à l’abri de quelques critiques;, peut-être mal fon¬
dées , et auxquelles nous nous efforcerons de répondre de
manière à convaincre leurs auteurs. On objecte sans cesse,
et bien souvent sans preuves, à ceux qui font des expé¬
riences sur les médicamens , qu’on a déterminé des acci -
dens à telle ou telle dose j mais les phénomènes d’üne
organisation luttant avec effort contre les atteintes d’une
substance vénéneuse, peuvent-ils être comparés à l’action
thérapeutique de cette même substance administrée avec
une sage réserve? Faudra-t-il répéter jusqu’à satiété que
noua cherchons des médicamens et non des poisons ?
Malgré la modération de nos conclusions , malgré la
défiance que nous avons montrée sur des faits non con-
staitési, M. ëm^ h-Joui-na l‘de physiologie expé-
rimeniak^, a. cru devoir adresèer à notre Mémoire sut l’a-
oétute de plomb, des objections qui nous semblent Lien
peui concluantes. De ce qué' M. Gaspard* a empoisonné
des. chiens avec l’acétate de pl'omb , et nous- ne songeons-
pas. à) nier. ce fait-, s’ensuit-il que, chez Ifes malades aux¬
quels, nous. Favqns administré, Ifes sueurs n’àient pas été
supprimées tout-à-fait , ou du moins notablement dimi-
nuéesii sans;qu’iis* en aient éprouvé lé moindre accidént.
Dtaillèurs-, ne voit^on pas dans plusieurs auteurs que ce
(r) Gçoi-ger, Traité de la Folié.
ET OB9BKVATIOMS. àgg
sel peut être dbntié U des‘ doèeà' âàei: bôùsîdéràblës , et
inëme en lâvëîhéÜt j èads p'feifbqüër fèiS àymptôïn'és proptês
S M èe'liqdë niètÈdli^ile.
D^auifreS pè'f'go’naëà' n'oüS bù'l! fèpïôfthiÊ' de n’aWîr pas
tètiù côiiip'të dé l’état IttdospKéi'i^üé è’i dés èvàéüatî^iis
quî pou*^aiënt ééinpldcéé lëii ÿàêÏÏrs. NdM. répoiàdéon^ pâr
éèïté phrasé' dé' n'ôtté’ Mëàibit'è’ ^ i Mk ^iikütÉ dés pfelii-
^Téîméhï ^ôuVéùt te frhi'd të plUs ri^dii-
fëtiiét ; i’dbètà-tè dé* pfô'nib' Wi' éup^?finè' Mâl^rè tês m-
ftûdncêë lié ptiié pf 'ojii'êi èohëitë'Peé â' les eriireîekîr. k
Quant Alix* âüïdéé étdcdâ'tîoé'd il* fôut sé'dlement ffrè lës
ôbsèrvà'tîôdis p'oué s’as^iiréé cféé' Aéüà’ y* aVods éû égard*.
OW lit dàt^' la Bihll6ihèljÿ,e Mé'dtëaté (q'aWîer iSeï)'
ün ai*ticle db dàéteüi^ Dé téà's dèîa't*ff âù meme frâVàil j
il fîiiit' din'dî :V J?àj6é¥éM uïïè derïïièt'é ou'plutôt uné pre-
s^îèïô é6Wsî"détatioîf;'é’éSt que lé'iiiéflîéaïïiéiît Soit idéé-
» tiqué da'dë fqutès rés^é^p&féîièésV de' qui nécessite i .® de
» 1- avôîi* dé Bonne qualité'; 2'.® dè’ pifé^éritè tout méladgè ;
»3.° de cKÔi^îr l'é ditfdé dé' pféparàtidfl oü' célte i'déntîté
î'èstpfüs’ fâ’ciië â* obïébit , c’ést-^^dî'ré' d’é.ri^eipérîrüëûter
»^iîè süfdéÿdrégdèâ ifèta’t sïSipléi' » I^dus* aVônS' dé-
puî'S Iob'g-ïein’p§'àdbpté 18k' idééè* dé c'ét ésî^îâiabië cbiifrérë,
déiikléâ dV'étts niîséÿti p'éSiSt dàükl8'<^u'rs‘de iios,rééiiercïîé%,
ét ribuk rés* repfodidSériV iSPcdfânié Pei^^reksibri* de dBtl'a
dp'Mîéd pérkéMelIé,' i^elSti'^ëMëÜ.t'à la'nia’niè'të aaÜ^ï-
ftiklréf* M' àiédiëSiÜ’edà’,' stiWodîf iBrkqtie léurs’' pfdpftÀbs
Së^0iêiihMi di?' douteuses^ II' ésTimpbssibïe en élïetb
dtîW,’ d’àii^ t®' di3Sj^)ôs%'' inedicâme^^^ les' ^ropriëfë
fékpfeéfl/e'è^’des*' corps* donslîluahs sbiénf coliibinëës ^âns
übié sï dÿ&fë*pV*dpôft^nV dans un'sf jüste^ équilîËre , qu*iï
nd^'ë^éü*^ pak* (|®^qu‘une' qür pi^lddtnine' et qm ne
qma{'tàc^âît''â*c11aqué’ partie
dë*dét8ti¥*il{ie*destiyaCièî^|artm^ ^
I^edt-^I'B* dî^a-t-o'n*, e‘n voyanVlâ’ peu d’élücacité que
20..
3oo • -uiiip.mES ^
nous avons reconnu dans les plantes yireuses , soumises à
notre examen, qu’elles manquaient de vertus à raison du
sol qui les a produites , et que' celles, des pays méridionaux
sont pourvues de propriétés, bien plus énergiques. Sans
contester cette proposition , nous ferons remarquer que
les premières doivent posséder des vertus analogues ,
qu’elles ne manifesteront qu’à une dose double, décuple
même, si l’on veut ; c’est ce que nous ayons recqnnu en
essayant divers extraits préparés par des procédés .diffé-
irens; c’est ce que M. le professeur Orfila signale dans
son Traité de toxicologie, et que M. Loiseleur Deslongs-
champs avait déjà mis en évidence, en démontrant que
le pavot indigène fournit.un extrait analogue à l’opium
thébaïque , mais seulement plus faible. Il est probable , et
cela est facile à vérifier , • que l’opium indigène contient
une moindre proportion de morphine. De même on de¬
vrait rechercher si les plantes vireuses des contrées sep¬
tentrionales ne diffèrent point, par leur composition chi¬
mique, de celles qui naissent dans les pays chauds.
Dans nos expériences , la dose des médicamens a été
poussée aussi loin que la prudence le permettait, et presque
toujours sans effets thérapeutiques positifs et constans ;
nous avons reconnu que bien souvent tel médicament
administré à faible dose est réputé avoir agi , tandis qu’il
a été digéré , et que la cessation ou la simple suspension
des phénomènes morbides tiennent dans la plupart des
cas à la marche naturelle de la maladie , aux efforts con¬
servateurs de l’organisme et aux soins hygiéniques auxquels
sont soumis les malades. Par exemple, nous avons eu sou¬
vent occasion de constater ce fait relativement aux hysté¬
riques et aux épileptiques ; leurs accès , pour l’ordinaire ,
diminuent en nombre et en intensité pendant leur séjour
à l’hôpital et pendant le traitement qu’ils y subissent; on
serait porté à croire qu’ils doivent cet amendement à la
E T OESEE VÀTION S. 56l
substance qu’on leur administre , si l’on n’observait pas
la même amélioration chez tous les malades , qu’ils soient
soumis à un traitement quelconque, ou simplement as¬
treints à un régime modéré : qu’il survienne quelques- va¬
riations brusques dans l’état atmosphérique , qu’une cause
morale étende son action sur les deux classes d’individus
et l’on verra se manifester de nouveaux accès. Nous pen¬
sons que, dans la plupart des cas, on doit attribuer la
disparition temporaire ou totale dès accidens , îi cë que
les individus reçus dans l’hôpital, soustraits à l’influence
des causes morbifiques qui les assiègent chez èux, vivent
plus immédiatement sous l’empire *de' l’hygiène.
Les substances sur lesquelles nous désirons appeler un,
instant l’attention , jouissent d’une assez grande renom¬
mée , quoique nous les ayons trouvées presque toujours
en défaut; nous parlerons d’abord de la jüsquiàfne;
Les Éphéniérides , les Actes des curieux de la nature ,
d’autres collections du même genre, les auteurs anciens
et les Journaux de médecine sont pleins d’observations
plus ou moins détaillées , et relatives à ses piropriétés
vénéneuses ou médicamenteuses , et nous ne nous arrê¬
terons pas à citer des faits connus de tous ceux qui nous
lisent. Haller , Storck , Wepfer , le savant et scrupu¬
leux Murray rapportent des effets très-singuliers de la
jusquiame prise en substance ou en extrait aqueux. On
l’a vue déterminer le trouble de la raison et la paralysie ,
des vertiges et la démence , un délire furieux, une séche¬
resse considérable du gosier et de la langue avec de vives
douleurs d’entrailles.
On dut chercher mn médicament dans une planté douée
dé propriétés si énergiques : aussi l’employa-t-on dans une
foule de cas très-différens ; Plater, Forestus, Boyle s’ en
sont servis avec succès contfe le flux hémorrhoïdal excessif
et contre l’hémoptysie; Théodore de Mayenne là yàhla
3o2 MÊMpi;^EB
contre l’épilepsie , et Glaudep fipntrje Jg dysenterie. Storck
auquel npus deypj}| leg pr^mjèpes p,lis§pàtions bien sui¬
vies sur lef plgntes vireuses., fit préparer, un extrait de
jusquiatne^ Pt ij r^spljç de ses réel}, erçhfis , qu?il jouit d’uûe
grande efiÇcqpit^dgns les eppYulsiqns, les, spaspaes internes,
les palpitations de çqeyr, }q iqanie pt la mélancolie , l’ex.^
pectoration difficile , l’fiépîpptysiq , l’épilepsie et la cépha¬
lalgie ancienne. Slprck; assurément a, été de bonne foi ,
puisqu’il n’a pas djgsimulé les légers accidens déterminés
par le remède en question mais ne' s’en est-il pas laissé
împpser paç le désir 4® trouver unq ressource de plus contre
ces maladies, ;;ç| n^u,rait-0,p pas droit d’exiger, pour lever
tous les dputeg, qu’il eût. fait connaître aussi les cas dans
lesquels spn admlpistra.tipjr n’a été suivie d’aucun résultat
avantageux, Les. essak de ce médecin furent répétés dans
beaucoup (l’eQdrpits, et bientôt, suivant l’usage , on n’en-
tendit p)u§ PirlpE 4ue des merveilleux effets du nçuveâu
médicamePl , îu’oU appliquait aux cas les plus opposés.
En, é^Ugleterre ou s’ep S.ervit dans le traitement ^s allé-
natiops m.pufedes.; en Suède., on le prescrivit contre une,
tquxçatarrha.b3 éuue doseconsidérée alors comme.énorme,
c’étAit;np denairgros. répété deux ou trois fois par jour ;
le s.uççès , ajoute Mprray , couronna cette pratiqué
har^e.
l'ogs le^, médeckis. no partagèrent point: cqt enthou¬
siasmé.» ilSjVAuIufeat eonslater par eux-mêmes l’utilité de
cet|e panacée. Gréding; entreprit de nombreuses expé-
rienpos , desquelles, il résulte que l’extrait de jusquiame ne
détermina point d’effets physiologiques, constans. Il signale
des pjb^gmènea si variés chez lés individus soumis à son
®???,Ç%Yatipp , qu’où est natürellemeut porté à les consi¬
dérer, moffls, çpmme déterÈiinés par l’agent médicamen-
teux„ que, comme, de simples coïncidences. Il avoue que
chez certaines persounes il y eut quelque allègement (il
ET observations. 3o3
ne parie pas de guérisoij) dans la maladie principale y et
que chez d’autres quelques symptômes incommodes dis¬
parurent; mais , ajoute-t-il,, ces avantages comparés aVëç
les accidens arrivés dans beaucoup dé cas ne sont pas S
porter ou ligne de compte. Do Meza, après avoir êésayé
la jusquiame dans la mélancôlie et la manie, raèéüsë
d’avoir produit de l’anxiété et de l’insomnie sans guérir les
malades ; et Tisspt , dans SOn Traité de L’épilepsie , dit
que c’est un remède infidèle et dont l’action sur le cëT-
veau est toujours nuisible. Cet avis est partagé par tous
les auteurs modernes qui ont écrit sur la matière médi¬
cale, et, notamment par MM; Alibert et Barbier d’Aniiens.
Quel parti prendre entre des opinions si différentes ,
appuyées de noms également recotUniandables’? M. le pro¬
fesseur Fouquier crut que le plus sage était de faire ab¬
straction de toute idée préCOiïçue , et dé se livrer à des
expériences multipliées : c’est celui auquel il s’est arrêté ,
et il a dirigé ses recherebes, comme s’il se fut agi d’une
substance tout-à-fait inconnue.
Les. premiers essais ont été tentés avec l’extrait aqueux
de jusquiame , fait à la pharmacie centrale des hôpitaux ,
et par le pi’océdé du Codex. Il montra si peu d’elfièacîté ,
que M. Fouquier fit préparer un extrait alcoholique , puis-
il se servit de la plante séché et réduite éh poudre ; enfin
d’après l’opinion assez répandue , <JUé la jusquiame blan¬
che avait plus d’énergie que la dbirë, il l’employa sans
plus de succès sür Un assëz grand nombre dé malades,
Surpris du peu d'eflicacifé de cés' diverses préparations ,
il s’adressa à M. Planche, l’uh dés membres de F Acadé-*
mie, en le priant de vouloir bien lui faire plusieurs soTteS
d’extraits , afin de voit quel modo de préparation mëltrait’
paieux à découvert la partie active delà plante. Cette cir¬
constance est fort importante, et les travaux dëla chimie
moderne ont démontré combien il est avantageux d’isoler
5o4 MÉMOIRES
le principe actif, et combien ce principe ainsi rais à nu
l’emporte par son énergie sur la substance administrée
entière. Cette observation , répétée chaque jour , détruit
cette assertion hasardée en thérapeutique, savoir, qu’une
plante sèche et réduite en poudre, présente plus de ga¬
rantie pour le résultat qu’aucune autre préparation.
D’après l’invitation de M. Fouquier, M. Planche nous
remit trois extraits dififérens : l’un , N.” i , a été fait suivant
le nouveau Codex , c’est-à-dire , avec le suc exprimé de la
plante récente et la fécule verte ; le N." 2 avec la plante
sèche infusée dans l’eau échauffée à 3o® Réaum. , et éva¬
porée au bain-marie ; le N.° 5 avec la plante sèche , macé¬
rée pendant quatre jours, à une tenipérature de 20°
Réauraur, avec l’alcohol, à 22° Baumé, dans la jlropor-
tion d’une partie de jusquiame sûr quatre parties d’alco-
hol. Le produit de la macération , filtré, a été distillé
jusqu’à réduction des trois-quarts ; l’évaporation du résidu
terminée à la même température, a donné pour résultat
un extrait d’une fort belle couleur verte , et conservant
tout-à-fait l’odeur propre à la plante. Cet extrait offre sans
altération la matière! verte , qui , dans les plantes vireuses ,
jouit, en général, de propriétés médicinales assez pro¬
noncées.
M. Fouquier a administré là jusquiame, sous les diver¬
ses formes qui viennent d’être indiquées , à des sujets at¬
teints de maladies très-différentes , et à des doses plus ou
moins considérables. En relevant les observations recueil¬
lies à ce sujet, et qui sont au nombre de près de deux
cents, on trouve que l’extrait de jusquiame a été prescrit
à des épileptiques, à des hystériques, à des liypochon-
driaques , à des individus atteints de névralgies de diver¬
ses parties, de coliques saturnines, de rhumatisme arti¬
culaire aigu, de carcinome utérin, et même de squirrhe
intestinal. Il serait fatigant tout à-la-fois et inutile do
ET OBSERVATIONS. 5o5
transcrire ici des observations purement négatives ; nous
avons pensé qu’il était plus convenable d’exposer les ré¬
sultats généraux.
Les extraits aqueux et alcohelique de la pharmacie
centrale , les extraits N.°‘ i et 2 deM. Planche , la poudre
de jusquiame noire et blanche , ont été prescfrits à des
doses très-considérables; le maximum a été de 260 grains ,
et plusieurs malades ont été jusque là. Dans le commen¬
cement des expériences, on débutait par une dose très-
faible . mais lorsqu’un certain nombre d’essais ont démon¬
tré l’innocuité du médicament, on le donna d’abord par
quinze ou vingt grains, puis on alla doublant , triplant ,
quadruplant même cette quantité , et cela d’une manière
très-rapide.
Si l’on récapitule les phénomènes qui ont coïncidé
avec l’administration de la jusquiame , on voit qu’ils ont
porté à-peu-près sur tous les organes; ainsi les malades
ont éprouvé de la céphalalgie , des vertiges , des éblouis-
semens, avec dilatation de la pupille, une tendance au
sommeil plus ou moins prononcée , et des rêves pénibles.
Tels ont été les premiers symptômes qui se sont manifes¬
tés à des doses variables. Plus tard il survint , chez plu¬
sieurs. sujets , de la sécheresse , de l’empâtement à la
bouche , dei la soif, des nausées légères , de la pesanteur
épigastrique , des coliques assez vives, par fois accompa¬
gnées de ténesme et d’évacuations, alviues réitérées :
quelques individus au contraire ont présenté une consti¬
pation assez prolongée. Enfin , chez un petit nombre , il
s’est joint aux symptômes précités , du brisement , une
chaleur générale , et un picotement incommode à la
peau. Mais si Ton considère leur fréquence rèlative , ou
pourra se convaincre que , dans le plus grand nombre des
cas , l’action de cette substance s’est exercée principale¬
ment sur le cerveau et sur le système nerveux.
3o6 EXTRAITS
Pour ob tenir ces effets , il fallait donner des doses énor¬
mes des diverses préparations de jusquiame que nous
venons d’indiquer; il n’en a pas été ainsi de l’eXtrait
N." 3 de M. Planehc , dont les propriétés se sont mises
on évidence dès le début , et ne se sont jamais démen¬
ties. Tandis que chez plusieurs individus les préparations
ci-dessus mentionnées avaient été digérées complètement
à des doses même assez élevées . l’extrait Ni" 3 n’a, pu
être porté au-delà de vingt à trente grains , sans^donner
lieu à des incommoÿtés telles , que la prudence ne permit
pas de passer outre. On a pu remarquer que tous les ma¬
lades qui ont pris de cet extrait ont présenté une série
de phénomènes assez semblables » pour qu’on soit obligé
d’admettre leur liaison directe avec son ingestion, tes
symptômes qu’ilj a déterminés ont été tout-à-fait sein-
blables à ceux que nous ayons décrits seulement ils ont
eu lieu dhme manière plus intense , et' à dès doses infini¬
ment inférieures , puisqu’il est vrai dè dire que pOür les
autres préparations , ott s’est élëvé à deux cents cin¬
quante grains , et que dans la plupart des cas on n’a
abandonné le médiicamenfr que parce qu’il ne produisait
absolument rien', sinon quelques signes* d’embarras gas-
trique< Groira-t-on- que l’habitiidè émoussait l’activité de
la jusquiame, et que , nouveaux Mitbridàtes , les malades
s’étalent famifiarisés. avec lés poisons ?’ Cependant vers la
fin des-expériences , en augmentait la dosé du médica-.
ment d’une manière très-rapide , et même chez plusieurs
individus on-débuta> par trente ou quarante grains , don¬
nés en trois on quatre fois dans uné seule journée. D’ail¬
leurs , on' doit peut-être regarder comme fàbnleüsé This-
toire de Mithridàte , qu’une longue habitude dés poisons
avait rendu inaccessible à leurs atteintes ; Cette o,pinion ,
comme tant d’autres, qui nous sont léguées parles écri¬
vains de l’antiquité , est réprouvée par les lois d’une saine
ET OBSEEVA.TIONS. Soy
physiologie i il est topt aq plus croyable qiie ce Prince
avait acquis cette sorte d’invulqérabilité relativement à un
seul ppigon I encore Ggtte concession supposerait-elle un
usage nQR-înteçroïnpu.
pnoiqu’ii en soit , pouvant penser que les malades sou¬
mis à notre observation avaient acquis cette habitude pré¬
servatrice , pu qu’ils n’avaiènt p.as pris avec exactitude les
doges prescrites , hien que nous nous en fussions assurés
par tous les paoyens imaginables , en les visitant plusieurs
fois par jour , et mênre en leur faisant avaler sous nos
yeux plusieurs doses du médicament , je voulus , pour
m'assurer d’une manière plug précise encore, que je ne
m’en étais pas laissé imposer par de fausses apparences .
essayer, sur mpi-même l’action de la jusquiame. Je pris à
plusieurs reprises , lo , 20 , 3o , et jusqu’à 4o grains de
l’extrait de jusqniame de la pharmacie centrale ; je n’é-
ppouvai qu’un peu de céphalalgie , avec trouble de la vue,
sécheresse h la bouche > gaveUr douceâtre , enduit blanc et
visqueux- de la langue , symptômes qui se dissipèrent assez
promptement» de n’ai point expérimenté sur moi-même
les extraits Iti.r r et 2; de M* Planche, parce qu’ils ne
m’avaient paSigetphld plus énergiques que les autres. Gela
prouve que lea premie.rs ne péchaient, point par le défaut
de: leur, préparation, mais bien parce qu’on n’avait pas
encore trouXé* lp..mode. le plus ayantageux. Le 12 sep¬
tembre rSaT, , étant à jeun , je pris h-la-fois, 10 grains de
l’extrait 4ut b ont dî’Un^ heure, céphalalgie légère
d’abord qujt yaiÇroissant , empâtetnent de la bouche avec
une perverssonïS&^ulièiîe, du goût; je sentais une saveur
que je ne puis; comparer. ài aucune de celles qui sont con¬
nues , et qui; gemblaiti due, h un mélange de sucre, do sel
et d’une substance amère ; d’ailleurs je ne pus reconnaître
la sayeur d’aucuni, desi corps, que je, goûtai; successivement.
Ma langue était blanche; j’éprouvais en même témpsboaii-
3o8 MÉMOIBES
coup de sécheresse et de chaleur à la gorge; ma peau
était chaude et hali tueuse , mon pouls un peu accéléré.
Tendance légère au sommeil , auquel je m’abandonne
quelques instans ; à mon réveil , pupilles dilatées , au
point qu’on aperçoit à peine quelques traces de rir|s ;
alTaiblissement notable de la vue, marche chancelante,’
engourdissement des extrémités inférieures. Mes facultés
intellectuelles sont restées libres , et j’ai pu noter à mesure
ce que je ressentais. Au bout de quatre heures , ces phé¬
nomènes avaient cessé; seulement je conservai jusqu’au
lendemain la sécheresse de la bouche , et la saveur très-
désagréable dont j’ai parlé, et qu’aucune lotion d’eau
pure ou acidulée ne put faire disparaître. Je renouvelai
cet essai le surlendemain , de la même manière , avec lès
mêmes résultats.
Je ne jugeai point convenable de pousser plus loin ces
expériences assez désagréables , mais qui m’avaient paru
indispensables pour donner plus de valeur à celles qui les
avaient précédées. ' ,
Bien què nous nous soyons attachés sur-tout à chercher^
les propriétés physiologiques de la jusquiame , cependant
nous n’aurions pas négligé les effets thérapeutiques, s’il s’en
fût présenté , et nous n’en avons aucun à citer. Chez les
épileptiques , les hystériques , les sujets atteints de maladies
spasmodiques , on n’a pas vu même d’amendement assez
positif et assez constant pour oser en rien conclure.
Une femme affectée de névralgie fémoro-poplitée , a
guéri pendant l’emploi de la jusquiame blanche en pou¬
dre ; mais il faut observer que la maladie était légère ,
qu’elle était déterminée par le froid humide joint à la fa¬
tigue , et que la malade a trouvé dans l’hôpital du répos
et de la chaleur.
Chez une autre malade en proie aux douleurs déchiran¬
tes d’un cancer de l’utérus, on voulut essayer la jusquiame
^ ET observations. Sog
comparativement à l’opium. Elle prit pendant diK jours
alternativement , douze grains du premier médicament et
trois grains du second; on observa que l’opium ne lui
procurait qu’un sommeil agité , et qu’elle, était plus tran¬
quille , bien qu’elle ne dormît pas , lorsqu’elle prenait de la
jusquiame ; on devait donc conclure en faveur de celle-ci :
mais ces expériences furent faites avec l’extrait de la phar¬
macie centrale ; des essais ultérieurs vinrent prouver que
son action à une aussi faible dose pouvait être considérée
comme nulle ; en conséquence, on doit penser qué l’o¬
pium seul avait agi d’une manière excitante sur le cer¬
veau , et que le calme appartenait à l’absence de ce sti¬
mulant. ■ ' .
Nous n’avons pas encore expérimenté sur les semences
de jusquiame auxquelles les auteurs prêtent des qualités
précieuses ; ils en avaient promis autant pour la plante ;
faut-il les croire davantage ?
La seconde partie de ce travail , l’application théra¬
peutique , est la plus difficile à exécuter , et ne peut être
faite que par le concours des médecins praticiens; mais
sans vouloir les détourner d’essais dirigés vers ce but,
qu’il nous soit permis de placer ici quelques réflexions.
1. ” Ne peut-on pas croire que ce médicament restera
inutile jusqu’à ce qu’on ait dit dans quels cas il convient
de procurer à un malade une céphalalgie très-pénible ,
accompagnée de vertiges , d’illusions phantastiques , d’une
soif ardente , d’une abolition presque complète de la vue ,
avec dilatation de la pupille, d’une perversion du goût
qui leur rend insupportable toute espèce d’aliment et de
boisson ?
2. “ Est-il rationnel d’aller chercher dans des substances
qui portent sur le cerveau et le système nerveux une ac¬
tion directe et délétère , un remède contre des affections
spasmodiques et souvent cérébrales, comme l’hystérie,
3lO MÉMOIRES
l’épilepsie , les convulsions , sur-tout si , comme on est
porté à le ctoire d’après les travaux des modernes , ces
maladies tiennent à dés altétations physiques de la sub¬
stance mérite du cerveau. Un homme dont lé jugement
doitavoir un grârid poids ëririiâtièréînédicàle, M. Barbier
d’Amiens , pénsé que les plantes dites vireuses ou stupé¬
fiantes t ne débilitant point te cerbèau comme on l’a cru ,
qu’au contraire elles portent sur lui une iMiation spé¬
ciale , dont les effets sont ünè congestion plus ou moins
considérable , congestion qui ëé manifeste au dehors par
des' symptômes â-péü-près analogues périr toutes.
3.” Autre chose est de donner un médicament à forte
dose de prime-abord ^ ou d’arriver graduellement au maxi¬
mum. L’extrait du jusquiamé, adtninistré à dose alté-
Tante i ne iioüs â'point!pa¥u avoir d’éfficà'cité. L’écoriotnie
s’accouturiae à soAaction ,• si‘ toütefois il en a une employé
de cette manière. Nous pensôns que ; si l’on peut espérer
quelque cHosédë ce stupéfiant , cé n’est qü’éü'le donnant
à des doses assez élevées pouri déterminer uné perturbation
prévue et calculée. La médieâfion a'ltétanté d’ailleurs n’est
rien moins que bien prouVéé, S morriÿ qu^ori no la fasse
consister déns'Feûiploi SagèMerit combiné' défe’ cBéè'és qui
forment la mafière' de Fhygiène. Oü' cite Cômmé une
preuve ooüvriincairite' en sà fàvéürl'eS effets dü'traitëmerit
mercuriel ;~m!ais' ûé sait-ori pa's que Cè-frafitériient'v sériVerit
infidèle , ne- réussit* pas' sariS le fégiiüe, et'ri’est-dn' pas
fondé' à' regariler celui-Cf cétonié'lè principal' âgérit' dé
gtiérison ?* Nous' rappellerons' ài* éë< süjét robSéi'vàtiori' Si
conrine-de cétJioîfimë qriîy atteint dhlfië- sÿpliiliS'aiiCieriiië
rebelle à tous les médicamens, se rétablit complè'teniè'îit
en iaatiigéantf:pendaht plüsiëiil's‘nmisVet ptiüF tôütri ndrir-
ri’türë,- des* haricots- ériits â’rcàu j^ée nbiis ClfèCôns éÜÇÔïé
des' eÉpérietlCeS ptfhliéèS' iry ar'deifid ai^’ eii*' AiiglëteCrC%
éPdèSqyèlieS' ilf*réSultn'qiîë''lèÿs3?iiiptôjfiieS’véiléH‘éhS'gii@-
ET OBSERVATIONS. 5ll
rissent sans retour par un traitement local aidé d’un sage
régime. Pourquoi les frictions réussissent-elles générale¬
ment mieux que les autres préparations mercurielles , et
indépendamment de l’introduction d’une plus grande
quantité de mercure ? C’est que dans les traitemens qui
peuvent sé faire en secret et sans rien changer aux habi¬
tudes du malade , le régime , ce point si iniportadt , est
pour l’ordinaire absolument négligé.
4.® Les médicamens , il est vrai , possèdent des vertus
spécifiques dont on ne peut pas fournir d’explication sa¬
tisfaisante , et dont l’observation seule peut indiquer l’u¬
sage. C’est dans ce sens qu’un empirisme raisonnable est
utile- à la médecine ; par lui, la liaison des effets avec les
causes une fois reconnue , fournil des bases positives pour
des essais ultérieurs. Aussi les médicanieüs dont il a constaté
les vertus , sont-ils toujours en pos'séssibù de Fa place qu’ils
occupent dans la matière médicale , plaèe qui leur eût été
bientôt ravie s’ils ne l’avaieûl? dû qù’â Fimagihation d’un
observateur prévenu et inattentif. Lès vérîtaMes propriétés
d’un médicament, celles qui pourraient seules tnériter ïé
nom de spécifiques , sont celles qui se mettent en évîdtencé
de quelque manière , ét par- quelque- voie que la substance
ait été introduite dims Pééonomi'e. Ainsi l’émétiqUe et
l’ipécacuanha , donnés» par la bouche , piâc Pahus , par la
peau, ou injectés' par les veines , porteUt- lëur action Sur
le tube intestinal' ;- la- helladoUe , de- quelque manigfe
qu’on Paibadmittîstrée-, produit là dîlatatibri de la pupille;
ainsi les cantharides appliquées sur la peau ou conlîëès au
tube» digestif , diéteriUineat Fînftàmmatibn dù cbb die la
vesSie , tout aùssiisûrëmentque si- oïl lés- eûtpOrlées direc¬
tement sur cet organe. C’ést â' ütSlîSéiP cetite aciîôh pri¬
mitive que dbit s’attacher Ib médecin’; il nfe peUt lè Mre
d^utie manière salisftliSante- qu’àprës- avoir Men reconnu
la cause efclainaluredb Ih' mUlhdife : sans qubf , Sa ptùtiqiib
3i2 mémoires
ne sera qu’un tâtonnement perpétuel et dangereux pour
le malade.
Ayant cherché inutilement des vertus semblables dans
la jusquiame , nous sommes portés à signaler cette plante
comme jouissant d’une réputation usurpée et comme de¬
vant tromper l’attente du médecin qui , séduit par des
apparences brillantes, y chercherait des secours contre
les maladies. Elle nous semble devoir être bannie de la
matière médicale , au meins jusqu’à ce que des expériences
nombreuses et authentiques lui fassent reconnaître des
propriétés curatives , qui, nous l’avouons, nous ont tout-
à-fait échappé j usqu’à présent.
En comparant le résultat de nos recherches avec' les
opinions des auteurs de matière médicale , qüi , pour la
plupart , ne font que se répéter les uns les autres , nous
croyons pouvoir établir :
1. “ Que la jusquiame est beaucoup moins énergique
qu’on ne l’avait pensé jusqu’à présent.
2. ° Qu’on lui attribue une foule de guérisons, dont,
eu égard à l’exiguité des doses et à la faiblesse des pré'
parations , elle ne mérite assurément pas les honneurs.
3. ” Que l’extrait désigné par le N.° 3 est la préparation
la plus active, la plus capable de déterminer la série de
phénomènes physiologiques propres à la jusquiame.
4. ° Qu’on est encore dans l’incertitude relativement
aux cas dans lesquels on pourrait se servir de ce végétal,
et que les auteurs ne fournissent là-dessus aucune donnée
positive.
5. “ Qu’il ne convient point dans les afifections du cer¬
veau, puisqu’il tend à déterminer ou à augmenter le trouble
des fonctions de cet organe.
6. " Qu’il n’a point eu d’effet avantageux direct et con¬
stant relativement aux maladies nerveuses , dans lesquelles
oh l’a fait prendre à un grand nombre de sujets.
ET OB s ER V AT 10 NS. 3l3
’j.''- Qu’il n’est |>oint somnifère, car on nq saurait ap¬
peler sommeil cet état d’excitement cérébral, dans lequel
mille visions phantastiques et pénibles viennent tourmenter
les malades, au point que, suivant l’expression de quel¬
ques-uns, ils auraient été au sabbat.
8,.“ Qu’il agit d’une manière irritante d’abord sur le
cerveau , puis sur les organes digestife.
iSous n’avons cherché dans le cours de ce travail ni à
relever ni à déprécier la jusquiame, nous nous sommes
bornés à vérifier, par des expériences multipliées et suivies
avec tout le soin possible , les assertions des autciirs. Nous
présentons avec confiance ces résultats , que nous soumet¬
tons à l’examen des praticiens observateurs et impartiaux ,
qui analysent et comparent les faits , qui se montrent sé¬
vères dans leur cltoix , et pour lesquels quelques guérisons
ne suffisent point pour balancer de nombreux échecs. C’est
en réunissant nos efforts à ceux de ces estimables con¬
frères que nous espérons pouvoir introduire quelque chose
de positif dans la matière médicale. « On a fait, dit M, Du-
puy d’Alfort, bien peu de progrès dans la connaissance
des médicamens : conjectures , expériences mal faites ,
indications mal saisies , voilà quel a été , quel est encore
l’état de la matière médicale vétérinaire. » La matière mé¬
dicale humaine ne peut-èlle pas aussi s’appliquer cette
réflexion ?
Mémoire sur P ossification morbide , considérée comme
«Me terminaison, des phlegmasies ; par P. Rayer,
( Lu à l’Académie royale de Médecine. )
L’âTimE de l’inflammation dans ses diverses pé¬
riodes , celle de ses différens modes , celle des modifica •
■tiens qu’elle éprouve par la nature variée des tissus affec-
21
5l4' MliMOlHES
lés, prouvent que cet état morbide offre dans ses phéno-
Iriènéè et dans ses résultats les nuances et les formes les
plus opposées. La résolution , la suppuration , la produc¬
tion de fausses membranes , l’induration et la gangrène,
spnt des terminaisons déjà généralement assignées aux
phleginasies par les nosologistes. Je me propose de dé¬
montrer, dans ce Mémoire , que l’ossification morbide est
égaletiaent une terminaison assez fréquente de ce genre de
maladies.
Tissu FiBBEUX. (Bichat). — I. Le système fibreux
enflammé présente une partiçularité remarquable, c’est
qu’il ne se prête presque jamais, à la formation du pus
lorsqu’il n’est point en contact avec un liquide ou un
fluide élastique. Dans ce tissu , l’inflammation se termine
le plus souvent par résolution oxn^BiV ossification morbide.
Pour prouver cette proposition, il me suffira de rappeler
plusieurs faits connus , mais qui , considérés isolément ,
n’ont peut être pas encore été bien interprétés, et qui, si
je ne me suis point trompé , devront être regardés comme
la conséquence d’une loi générale.
Périoste. — IL L’ossification du périoste, dans les frac¬
tures des os longs , tour-à4our admise et contestée , a été
définitivement prouvée par M. Dupuytren dans ses leçons
cliniques , et confirmée sur les animaux par les ingénieuses
expériences de MM. Cruveilhier, Breschet et Villermé.
Mon objet n’est point de décrire le cal ; il me suffit de
rappeler que l’examen anatomique des fractures du tibia
et du fémur, parvenues au quinzième, au vingtième et au
vingt-cinquième jour chez l’homme , a prouvé que le pé¬
rioste , à une certaine distance de l’endroit fracturé , était
enflammé, augmenté d’épaisseur, et qu’il devenait progres¬
sivement plus épais vers lés bords de la fracture ; que cette
membrane , ainsi gonflée , s’écartait de l’os , et qu’une ma¬
tière coagulable s’épanchait entre le périoste et l’os, ou
KÎ observations. 5i5
bien entre les laines internes de ce dernier j qn’enfin le
périoste , en s’ossiliant , formait une espèce de virole os-*
seuse , qui maintenait lés fragmens en rapport. Or, l’exis*
tence d’une fracture , la déchirure du périoste , la rou¬
geur des parties voisines injectées de sang, l’épaississe¬
ment idu -périoste d’autant plus considérable qu’il est plus
voisin dé la solution dé continuité, la matière coagulable
que nous rétrouvons dans les périostoses , sont , sans con¬
tredit, les résultats d’ùn travail inflammatoire. Est-il pos^
sible de supposer que l’ossification du périoste , qui ac-^
compagne cos désordres , ne soit pas élIe*mêmc la conséi-
qucn'ce du même état inorbide ?
III. Dans les fractures par armes à feu , des os longs , et
en particulier dans les fractures du col du fémür, l’iiï-
flammation des fibres tendineuses qui s’implantent â sa
sdrface i violente au débiit, devient bientôt chronique ;
alors l’ossification morbide envahit non-seulemènt 1& pé¬
rioste , mais encore toutes les parties contiguës enflam-
méès ; et oh rencontre des cals irréguliers , volumineux »
stalactiformes. On en voit' un exemple très-remarquable
dans les Mémoires de l’ Académie royale de chirurgie
t»r-4.®, tome 4» page fiaS. Alors la virole osseuse de Du-
hamél persiste toujours, ou au moins pendant plusieurs
années. Des observations et des rhpprochenïens ultérieuis
m’ont porté è croire que ce cas particulier d’une inflami-
mation chronique du périoste et des fibres tendineuses qui
s’implantent à sa surface, était une altération analogue à
la goutte' chronique. Même nature des tissus affectés' (pé¬
rioste et ligàmens) ; même état morbide {inflammation) ■;
mêmes résultats {dépôts salins ii'réguliers dans le tissu
fibreux antérieurement enflammé , et dans les parties
voisines, persistant avec l’ inflammation et àu-delà):i '
IV. Lorsqu’une balle pénètre dans lo-corpsd’un os long
ou So traverse sans le fracturer, le périoste, aii-dessus et
*2 I . .
3iB MiiiioiniîB
au-dessous de la perforation , s’enflamme , s’épaissît, et
une oouofae osseuse de nouvelle formatitïn recouvre l’os
dont elle peut être détachée. J’ai vu à l’Hôtel-Dieu , en
]8i4 > un lihia et un fémur qui présentaient cette dispo¬
sition remarquable. Or, si on admettait que la nature, mé¬
dicatrice ossifie le périoste dans les fractures des os longs
pblnf maintenir et consolider les fragmens , serait-il facile
de déterminer ce que se propose cet être diflicile à défiûir,
en oSsifiàtat ainsi le périoste et quelquefois les fibres d’in¬
sertion des muscles , un , deux ou trois pouces au-dessus
et au-dessous de l’ouverture faite par une balle? Les ob¬
servations précédentes et celles qui suivent , me semblent
démontrèr qu’on ne doit voir dans le développement des
vaisseaux , ' dans l’épaississement du périoste et dans son
ossification, que les suites inévitables et aveugles, qu’on
me passe le mot , d’un travail inflammatoire.
V. Lorsque la nécrose frappé toute l’épaisseur d’un oS
long ou ses couches superficielles , comme dans plusieurs
cas, obsm’vésen i8i4 paE M. Dupuytren , et dont j’ai été
témoin , la séparation de l’os ihort s’opère par un travail
inflammatoire semblable à celui qui élimine les parties
frappées de gangrène. Dans cette dcrnièrè mafedî’e , lés
parlies molles suppurémt ; dans la nécrose, le périoste
s’ossifie. Cette ossification morbide, qu’on a appelée un
novivel os, a unie forme irrégulière et ressemble plutôt à
une exostose ou à une sorte de végétation qu’à un ©s de
première formation. Quoique Irès-difTérens oh eux-mêmès,
ces deux résultats, l’ossification morbide du périoste dans
la mort des os et la suppuration du tissu cellulaire dans
celle des parties molles , ne sont-ils pas également le pro¬
duit de l’inflammation , dont les terminaisons va rient sui¬
vant les organes ou les tissus aflèctés ?
; VL Dans les os larges , tels qué i’omoplate et leé os
coxaux, lorsqu’une portion de ces os est frappée de né-
ET OBSEBVATTOKS. Stÿ
crose dans toute son ^pisseur, le périoste s’ebflatntne
sur les deux surfaces de l’os , et la portion d’qs nécrosée
se trouve enfermée daûs l’ossification morbide , qu’on a
également eu tort de regarder conime deux os distincts de
nouvelle formation. .
VII. Le virus syphilitique détermine fréquemment l’in-)
Ilammation .du périoste. Alors ce tissu se gonfle, devient
douloureux , se détache de l’os , et une matière coagu^
table, analogue h celle observée dans les fractures , s’é-)
panche entre ce dernier et le périoste. Cet état inorbidé
est désigné dans plusieurs Traités des maladies chifurgiCalea
sous le nota de pérîostose , de tumeur gommeuH , «Sc.
Lorsque l’inflammation de l’os coïncide avèc: Celle dupé-,
rioste, la carie a lieu : elle est suivie d’un qîeère ou d’uaé?
fistule à la peau. Si, le périoste est seul attaqué et quériU-.
ilammation persiste pondant plusieurs rhois ï il s’ossifie^
etla matière gommeuse est ultérièuFemenli'^<>^^<!ei Acetler
période , on observe l’une des deux dispositionfi sUivènteà.
Si l’inflammation a été circonscrite, il résulte: de ce travait
Hiflammatoire ce qu’on appelle des ïwrftts; ces Portes du
tumeurs, dans leur principe , sont très-diStihcfeis dé
sur lequel elles paraissent développées} plus tard, là iôa-
cération . les en détache encore qt leS fait Voir tenant aù
périoste : ce n’est qu’à une époqué: três-éloignée qu’elles
paraissent sè continuer avec Tes lui-même. Si au Con¬
traire le périoste s’est enflammé .dans une grande étendae
sur un os long , des laines osseuses se fbi'hient à ses déw;
pens ; dans ce cas , comme dans le séquestre des coucLés
superficielles et de toùte la p«>ofond.eùr des os loégs , -on
retrouve l’os en entier au-dessous dé ces lanlès osseuses
produites par l’ossifioatioii du périoste. Devra-t-on ad^
mettre que l’ossificàlîou. morhido , développée dans l’mflani
malâon syphilitique de ce tissu, diffèrej sous le rapport dq
son mode de production, des. ossifications aCoidentellea
observées dajis.Io cal et lu nécrose ?
‘5l8 •“ ■ MEMOIRES
' YlII. C’est au ino3'eii d’un cal osseux que sefj’éunissent
les cartilages costaux fracturés. Ce fait cesse de paraître
extraordinaire si on réfléchit que le péricondre, étant do
même nature que le périoste, doit comme lui, lorsqu’il
est enflammé pendant un certain temps présenter une
ossification morbide.
” IX. A là suite des fractures mal réduites , le cal est
non-seulement difforme, mais encore plus volumineux ;>
on ne peut disconvenir aussi que, dans ce cas, une in¬
flammation plus viVe de la partie affectée est annoncée
par des phénomènes locaux inflammatoires plus intenses.
X. Des expériences faites sur des animaux , des ob¬
servations cliniques prouvent que le périoste enflammé ne
s’ossifie! pas, s’il est en contact avec du pus ou un .fluide
élastique.: Ce fait explique pourquoi par exemple , oh
n’observe point de cal provisoire dans lés, plaies: des os
plats ; pourquoi les plaies des os guérissent par conséquent
plus difficilement que leurs fractures ; enfin pourquoi les
fractures comminutives ; accompagnées :de . suppuration
autour des deux' principaux fragmèns:, sont d’aine conso-
lidàtion si difficile à obtenir. :
XL Le périoste étant de tous les tissus de l’économie un
de ceux dans lesquels l’inflammation sè termine: le plus
facilement par ossification morbide , lorsqu’un os, ou une
portion d’os, a une de ses surfaces ou sa totalité recou¬
verte par un autre tissu , c’est un obstacle à sa conso¬
lidation lorsqu’il est fracturé. Ce fait doit concourir à ex¬
pliquer :
i.® Pourquoi les fractures du col du fémur, dans l’in'-
térieur de l’articulation , se consolident si difficilement ,'
pourquoi encore, sur des pièces pathologiques du col du
fémur non réunies, on remarque que le fragment supé¬
rieur est resté étranger au travail du cal , tandis que l’in¬
férieur, éminemment pourvu de tissus fibreux i est gonflé,
et observatioî(s, 3i9
et présente des végétations stalactilbrmes. La membrane
synoviale ne peut remplir » dans la consolidation de ces
fractures , les fonctions du périoste. Une membrane syno¬
viale divisée s’enflamme, mais s’incruste bien plus di|(ici-
Icment de sels qu’une, membrane fibreuse. ;
2.” Ce n’est pas l’éloignement seul des fragmens qui
s’oppose à la,, consolidation des fractures de la rotule, > dut
col du fémur et de l’olécrane. L’absence du p,é,ri,oste; dans
quelques points, le contact avec un liquide , (l’humeur sy^
noviale) , sont des obstacles non moins réels, et dont il
faut tenir compte dans l’explication de ce, phénomène,
Outre la difficulté de mettre en çontact immédiat les frag-
niens de ces- fractures , il est donc évident qu’un autre
ob,slacle s’oppose à leur eonsèlidation, Dans les os longs
entourés de toutes parts par le périoste et .par les insertipns
fibreuses des muscles , l’ossification de ces ijssus fibreux
maintient les fragmens.en rapport pendant le temps que
s’opère la réunion de l’os divisé; alors les fragmens se réu¬
nissent médiateinent ou immédiatement s’il n’y a point
eu de perle de substance, et que la coaptation ait été
Lien faite. Dans les fractures de l’olécrâne, de la rotule j
du col du fémur dans l’articulation , la réunion a lieu par
un tissu intermédiaire , tantôt fibreux , tantôt ; çartîlagî^
peux , et qui ne devieut jamais osseux sans avoir passé pa^
l’un ou l’autre de ces états. Enfin on ne remarque point sur
les surfaces osseuses revêtues de synoviales , de ces. ossifi¬
cations morbides appelées avec raison des cals, provisairesj;
ces deux résultats me paraissent être la conséquence, ne Ip
disposition anatomique des parties. , i ,
XJI. Lorsque sur un animal vivant , on resèque
une portion d’un os long fracturé, si la distancé est trop
grande entre les deux bouts, le cal est en grande , partie
fibreux ou fibro- cartilagineux. L’absence du périoste
entre les bouts fracturés, celle des corps fibreux qui s’ini-
0^(} iri iroTK'Es ■
plantent à sa sutface , et fa suppuration , ne sont-elles pas
^s obstacles à la production d’utte ossification morbide
èt par conséquent à celle du cal ordinaire? '
^e feOiietuS de ces considérations , et de quelques faits
pathologiques généralement admis : ’
‘ i.*' solution de continuité du périoste ou du
pêrledndtè devant nécessairement entratnér une inflam¬
mation de ces tî'sSus , cette inflammation a lien dans les frac¬
tures et les perforations des os et de cartilages ; qu’une par¬
tie ùiôirtfe rie pouvant se séparer d’un tissu vivant sans un
travâilîiiflkinmàtoli'e , cè travail a lieu dans le périoste lors de
la nécrose des CÔüChes superficielles d*un Os long ou d’uU
os plàt; qüe la pérlostose syphilitique est une phlegmasrc j
enfin que leiS ossifl'calîons morbides qu’on observe dans
toutes, ces altérations organiques , dans des conditions dé¬
terminées , sont le résultat de l’inflammation, et qu’elles
Bc peUvénl être attribuées à uùe aqtre caüse.
2”. Que l’és'sîficatîon; morbide du péribste enflammé
est dans tous' lès Cas runique résultat de lâ nature par-
iîculiëre dq. tissu et de la mâladié. Dans leS fractures ,
l’ossififiatioU . du périOStè , lâ yîrôlè osseuse de ÏJubamél
ne peut être regardée comme un travail salutaire pré¬
paré par nàtiiT^e médîccttrtcê. Cetté vîrolé ésÉ un ac-
cî^nt inévitable dans les pblegmasies du périoste , lors-
qqjl n’est point en contact avec l’air où du pus , et
que i’inflàmmafioh, persiste pendant un temps déjà dé-
tçripfné. Cet accident est heureux dans le cas particuh'er
des fractures dés oS longs ; mais il est fâcheux dans d’àü-
tres circonstances pù lë périoste est également enflam¬
mé : Jé puis citer à ce sujet les tophus i. lés exostoses
laminées, , et quelques ossifications morbîdës conniléi
80US le nom d!os reproduits (i),
fl) Si Cetté ossiGcation dü périoste
était le réSüliat il’uti travail Élit
ET observations, SW'
C’est ici te tieir de faite une reffiarque impôrtantè ,
relative aux ossifications morbides; dft périoste et des
tissus fibreux ; suites de leur infiammatiom Les sets dé¬
posés dans cette membrane , lors de rirtflamtnation ftigud
des fractures siïJipks bfeil réduites , sont résorbés ; quel¬
ques tiod^s , quelques ,exost04es laminées disparaissent
par,l’emplt>i de jpédicamens qui détruisent J’inûammatiou
qui les a produits tée rapprochement m’avait fait près*
feutlr. que let tophusi des attaques dô goutte aiguë , dé»
posés dans les tissus fibreux des jointures enflammées *
éUtien l également susceptibles d’ être résorbés et l’observa¬
tion. m’a confirmé rcxactitude de cette première induction*
Il n’en est pas de même des anciennes exostoses » des
tophuSqdes gputtes chroniques ; ces ossifications mqrbj;
des persistent, toujours semblables sous ce point de vue,
comme sous beaucoup d’autres , aux ossifications mor¬
bides du périoste produites par des phlegmasiea chrq,^
niques , telles- que les çals, volumineux irréguliers , stalacti;
formes, suite de plajes d’armes à feu; telles encore les
ossifications morbides, désignées sous le nom d’os repro-'.
par üné hatürfe pféVôyàüte , Ü» nè v6it pàS poarquoî Cétêtré ii sage
envelopperait dAi- oS Séoros^S; SDperficietlèiiient d’nne' ossdfiêali'ed
naibide de nauveltafÿriaiation , qua Fou eistso.uTeut. obligé d’eurporuq
aa. ijioins eu partie, av^ee; ta gouge et le maUlat-^A tpioi bon développer
treÜÈ aussi des lames de tissu osseux au-dessus et au-dessous des
perlbrations'dès bs produites par dés balles ? Cës ossîlîcatibasnè'sérveiiÉ
absbiumeiit à rîàiK l]Aersi'é I)eataéottp plus sâtnpfe db remplir lê tittii
par uu» ossifieatiou r mprbjde de woiivelle formatian. J’ojoute» ce (joo
je prouverai plus. loiu , que,la/ini«ir<s médicatrice-^ <ui produisant l’au-r
iylbse désarticulations voisines des fractures, en o.ssifîaut la dure-
mère dàiiS güélqües plalts de lÔie , eu produisant des tbpliüs dàiis la
goutte , des tophus et des exo^esdamS’ les iufleiamulibnS sypHflitlcpifcS
du périostOi, pourrait être , avee raison , arcusês’'d’uue:gmiii}e initpré*»
voyance* si ou lui accordait la faculté de calculer et de. prévenir des
termiiiuisutis fâcheuses des msludics. .
322 ■ MiaOlHES
duits i qu’on observe à la suite de la nécrose dans les
conditions que j’ai rappelées. <
3.“ Le périoste enflammé . en contact avec l’air ou avec
un liquide , suppure et ne s’ossifie pas.
■ 4'° La matière /jommeitse observée dans les périos-
toses syphilitiques , considérée souS le rapport de son
siège , de ses caractères physiques et de son mode do
production , doit être rapprochée AeX&matière coagulable
qii’on trouve épanchée entre le périoste et l’os, au bout
Jes fragmens des os longs fracturés.
■ Si" L’inflammation du périoste produite par des coups
ou un virus peut se terminer par résolution , ainsi que le
prouvent des observations cliniques. Dans de viblëhtês
contusions ; dans certaines dénudations des os , lé périoste
est quelquefois frappé de mort après s’être ènflarhihé. ''
En résumé , je crois être autorisé à conclure, que
la résolution,, \& production d’une ipalière gommeuse^
ou coagulable , la production du pus, V ossificatidn mor-
hide et la giangt^ène éoxA autant de terminaisons, dé J|in-
flammatioü du périoste , qui , chacune ,‘ ont liéil dans dès
circonstances et dans des conditions déterminées.
Ligamens. — XIII. Dans les ligamens,, l’ossification
commence par leurs extrémités attachées aux os. Ou sait,
depuis long-temps , que dans les fractures voisines des
articulations , l’ankylose est un accident beaucoup jilus
fréquent que dans celles qui ont lieu dans un point éloi¬
gné des jointures. Or, ces fractures n’e}figent pas plus
de temps pour leur consolidation que les premières. On;,
ne peut donc évidemment attribuer cet accident à la po¬
sition du membre, qui est absolument la même dans les
deux cas. Ce résultat , qui contrario la théorie des au -,
ciens animistes , est une conséquence toute simple du dé-’
vcloppemenl de l’inflainmalion dans les tissus fibreux
ET OBS.E R V AT IONS. 325
.arliculaircs J doul.là coiitiiiuitd avec ic pérjoslo esl analo-
uiiqueaient démontrée. .
, XIV. Ddns les fractures de la rotule , le ligament infé¬
rieur de cet , os s’euflaimr,e quelquefois et s’ossifie ; il
contracte -Mes adhérences, avec les parties correspondan¬
tes duitihia. Ajoutons que , chez des individus, qulont
succombé après la consolidation de ces fractures, on a
observé, suc la. face antérieure de cet os, des irrégularités
osseuses dépendant de l’ossification du tendon des. mus¬
cles extenseurs de la jambe et du tissu fibreux qui-cpuvre
la surface antérieure, de la rotule.
I XV. L’anàtqtnie ded’ankylose peut être encore citée
à l’appui de l’opinion que j’émets dans ce mémoire. On
sait y en efifet , que Tankyjpse survient constamment h la
suite des phlegmasies chroniques, des articulations , et
que des recherches: d’anatomie pathologique, ont prouvé
que non-seulemeilt les ligamens étaient ossifiés, mais en¬
core les cartilages , lés fibro-cartilages et les membranes
synoviales. ' ; . ^
XVI. Le rhumatisiiie articula ire et la goutte , mais surtout
cette dernière maladie, se terminent quelquefois par des
ossifications morbides ou des tophus ; or , personne ne
conteste aujourd’huique la goutte ne soit une phlsgmasie.
Si elle ne se termine jamais par suppuration , mais pres¬
que toujours par des ossifications morbides , lorsqu’elle
est chronique , cela me paraît tenir à la nature du tissu
affecté , qu’une profonde connaissance des p(ilegmasies
du' tissu fibreux eût peut-être mis à même de déter¬
miner à priori. , ,
XVII. Chez des individus atteints do rhumatisme , à
la suite de longues et violentes douleurs , on a trouvé les
ligamens de presque toutes les articulations ossifiés. Ces
articulations , se sont i tellement soudées-, que le^ squçletto
de ces individus ne paraissait formé, que d’une seule et
524 .iliMOIRES '
mètïie pièce. Chez d’autres on a trouvé , après la mort , les
ligamens des vertèbres ossifiés. Pitetrapporte (Rapp. delà
Société Ahatotniqtie , Sibt!.ottièqm médicale, 4.“' année,
t. XI, p. 292)qu’ilarencontré , sur un sujet affecté d’engor-
gemens arthritiques aux doigts , deux rangées 4d’exostoses
sur les vertèbres dorsales et lombaires, avec ankylosé des
Vertèbres Contiguës dans ces^ieuxrégions. Chaque exostose >
dit-il , était toujours développée sur deux vertèbres voi¬
sines; les fibro- cartilages n’étaient ossifiés qu’à leurs
Bonis externes , dans les points correspondans. Il est
évident que Pilet a pris pour des exostoses des ossifica¬
tions niorbides des ligamens antérieurs , à leur insertion
sur les cartilages intervertébraux.
XVIII. On a observé, depuis long-temps , que les liga-r
mens articulaires des os du bassin étaient souvent ossifies
chez lés vieillards; mais c’est sur-tout chez des individus
qui SB Hvrent à des travaux durs et pénibles , que cette
ossification morbide 4 été rencontrée. >
XIX.L’articulationmétatarso-phalangienne dugros orteil»
sur; laquelle repose «ne grande partie du poids du corps
dans'laprogressîotr et la station; les articulations des pha¬
langes des doigts et des orteils ; celles du coude-pied et
du poignet , sont à la fois entourées d’une plus grande quan.
tité de tissus fibreux (en comprenant sous ce nom lies
ligamens articulaires , les gaines des tendons , les ten»
dons enx-jinéïùeB) » que les grandes articulations. D’un
autre Coté , elles sont moins enveloppées de tissus ceU
lulaîre et adipeux ; ellés sont aussi plus souvent disten*-
dues et plus souvent fatiguées ; aussi la goutte , inflam¬
mation dont le siège primitif me parait être dans le tis¬
su fibrèux dés jointures , attaque-t-ieHd préférence ces
articulations. J’ajoute que îes tophus des goutteux ap¬
paraissent ordinairement sur les ligamens articulaires
Jatéraux des jointures , plus rareniont dans les gaines
ET OBSEBV A TIONS. SaS
des tendons et plus rarement encore dans le périoste et
dans les tendons eux-mêmes.
XX. L’inflammation particulière des vertèbres , connue
sous le nom de maladie vertébrale de Pott , lorsqu’elle
guérit par ankylosé , est accompagnée de l’ossification
dés ligamëns et des fibro-cartilages inter-vertébraüx. On
a noté depuis long-temps comme un fait singülier, qu’on
rèncontrait fréquemment , dans les parties voisines des ca¬
ries des vertèbres , des productions osseuses , irrégulières #
ordinairement oblongues , stalacliformes , d’un tissu ComT
pact, et totalement indépendant du corps des vertèbre»
qu’elles surpassent souvent en longueur. L’examen anàtois
mique de cette altération organique m’a prouvé que Ces
ossifications morbides étaient formées aux dépens de
l’appareil ligamenteux antérieur des vertèbres j et des iu"
sertions fibreuses des muscles enflammés par contiguïté.
XXL Dans les fracturés de l’atlas , lorsque les malades
survivent, le périoste et les ligamëns qui unissent cetla
vertèbre h l’occipital s’enflamment , et l’atlas se soude avec
le crâne; de même dans les luxations de l’atlas sur l’oô»
cipital , produites par des maladies des parties voisines, et
en particulier par des ëxostosés , où observe presque tou¬
jours non-seulement que l’articulation occipito-atbïdiennè
est ankylosée , mais èncore que fa plupart des vertèbiSs
suivantes , dont les ligamëns ont été irrités par suite de la
luxation de l’atlas , sont également ankylosées.
XXII. Enfin, dans des expériences que je rapporterai plus
bas , ayant entretenu une ÜTitalion mécanique dan»
des ligamëns , j’ai produit une ossification morbide de
ces tissus. ’ ■ 1
L’étude des ossifications dé la doré-
mère et des autres membranes fibreuses me semble dé¬
montrer qu’elles ne sont, comme celles des ligamëns ,
«{u’un résultat do rkiflammalion. -
Saô : M iiMoiREà •. Tt
XXnr Lorstjïic. j’étais élfeve interne à i’Hôlcl-Dieu', en
i8i4. je pansais sons la direction de M. rDûpuytüehj un
soldat du' train, d’artillerie qui avait reçu un grand.nombrc
de coups de sabre 'Sur la tête. /Les pariétaux avaient été
divisés dans leur épaisseur : .quelques portions d’os se
nécrosèrent et fui'eht enlevées:: plus lard , le. malade
succomba à une 'encépbalile chronique , dont le déve¬
loppement avait été reconnu et : l’issue funeste' annoncée
dans les leçons cliniques. Je fis l’examen anatomique
du crâne avec soin i et 'je reconnus que le p-^riostê et la
dure-môre aux environs dés plaies pénétrantes des os ,
étaient épaissis et enflamniés. Je remarquai en outre ; sue
cette dernière membrane , des traînées de dépôts salins,
dans la direction des plaies des os., produits par lés coiips
de sabre. Il est impossible , ce me semble , de rie pas con¬
sidérer ces ossifications morbides comme une dépendance
de l’inflammation des parties affectées; Le périoste n’é-
tait'point ossifié: il était en contact avec du pus, et
cette circonstance , comme je l’ai déjà fait remarquer ,
s’oppose à ce qu’il s’ossifie dans les os longs , comme dans
les os plats.
XXIV. On trouvesouventsurlescadavresquelques points
de la dure-mère ossifiés. D’Un autre côté, si l’on réflé¬
chit que la céphalalgie est un phénonnène morbide très-
fréquent dans les ntaladies , et qu’on rapporte ordinaire¬
ment la douleur aux régions frontale ou occipitale ,
où l’on observe communément les ossifications morbides ;
si l’on réfléchit que les céphalalgies profondes etpassagè-"^
res orit rarement lieu sur les parties latérales de la tête ,
où les ossifications morbides sont rares ; si l’on se rappelle
enfin que les céphalalgies symptomatiques offrent une
grande mobilité et de notables différences dans douze ou
vingt-quatre heures > et que le tissu fibreux est un de;
ceux de l’économie dans lequel l’Inflammation , dans la
ET OBSEEVATIONS. 527
première période, est la plus mobile ; ou sera tenté de
croire que quelques céphalalgies symptomatiques sont le
résultat d’inflammations partielles de la dure-mère, qui
se terminent par résolution ou par ossification morbide;
le fait suivant fortifie cette présomption :
Chez des individus qui , pendant la vie , avaient
éprouvé céphalées , Ags, épilepsies, etc. , on a souvent
trouvé, après. la mort, des ossifications de la dure-mèré
et de son. prolongement dans le rachis . Au reste, ces
phénomènes me paraissent plutôt devoir être attribués à
l’état morbide quia pboduit les ossifications accidentelles k
qu’à ces ossifications elles-mêmes* (i). L’intermittence
qu’offrenl^uelquefois ces phénomènes morbides , les accès
périodiques qu’ils afiectent dans certaines circonstapces ,
fortifient cette présomption. ,
Membrane fibreuse de la rate. —XXV. Le célèbre Bichat
dit , dans son Anatomie générale (tome III , page i43) ,
qu’il ne sait pas pourquoi la membrane propre de la rate
a une si grande tendance à s’ossifier. Aujourd’hui la rai¬
son de ce fait me paraît évidente. Seul de tous les vis¬
cères du bas-ventre, la rate est enveloppée d’une forte
membrane fibreuse et d’un autre côté la splénite n’est
pas aussi rare qu’on le croit communément.' Cette doubla
circonstance explique la particularité signalée par l’imT-
mortel auteur de l’Anatomie générale.
XXVI. Je me borne à rappeler que l’ossification' de la
membrane albuginée du testicule , que celle de la membrana
crico-thyroïdienne et cejle de la portion fibreuse du péri¬
carde, ont été observées chez des individus qui avaient
éprouvé des phlegmasies des organes ou des tissus sur les-
(i) Toutefois les qssilicalions moi'hitles irrégulières . acéçées , peii-
veiil être uue nouvelle cause d’itrilation cle la partie allecice et îles par¬
ties voisines. '
S zS M È M O I n E S
queîs ces membranes sont juxta-posées , et que les
cations morbides de ces tissus Obreux sont probablement
jle résultat d’inflammations développées par contiguïté de
tissus. Je passe de suite à quelques propositions relatives
h l’ossificalion des tendpns, des artères, du tissu des
valvules du cœur , etc.
Tendons.' — XXVII. Là ofa les tendons , en glissant sur
les os .éprouvent ungramdfrottement.ilsdeviennigntasseux.
'C’est un fait h ajouter à ceux que j’ai rassemblés pour
prouver que l’irritation du tissu übreux se termine par
ossUicatioa morbide. Chez les gallinacés , leS tendons des
muscles du pied sont^constammemt ossifiés à une certaine
époque. ^
■ C’est encore la même loi qui me paraît présider au dé¬
veloppement des os sésamoïdes , qui n’exislent que dans
le sens de la flexion , qui est aussi celui dans lequel on
sujqiorte les plus grands efibrts.
Aponévroses. — XXVIII. Lorsque les membranes
fibreuses sont entourées extérieurement do tissu lamineux
et adipeux, set que par leur surface interne elles corres
pondent à des organes qui s’enflamment rarement , on
n’observe presque jamais d’ossifications morbides dans
ces tnembranès. Le contact de la sérosité, ou celui du pus ,
et le peu de fréquence des phlegmasies des lissas qui lent
sont contigus par léqr surface interne, cxpliquentla rareté
des ossifications des aponévroses et delà sclérotique , qui ,
quoique appartenant au même genre de tissu que le pé¬
rioste, en dîlTèrent cependant sous plusieurs points.
Membrane fibreuse jaune des artères. — XXIX. Si
l’ossification de la membrane fibreuse des artères a été si fré¬
quemment observée , si les auteurs font au conlraire à
peine mention de la suppuration de ce tissu , les réflexions
que' j'ai déjà présentées suf l’inflammation du tissu fibreux
ÊT OfiSERVATIONS. 529
portent à croire que ce double résultat est une conséquence
de la nature du tissu affecté.
XXX. L’extension portée au-delà des limites propres à
l’état normal d’un organe fibreux, est de tous les moyens
irritans celui qui développe le plus facilement la douleur
et l’inflammation dans ce tissu. Aussi les ossifications mor¬
bides des artères sont-elles communément observées à la
crosse de l’aorte, plus fréquemment dilatée qu’aucune
autre partie du système fibreux artériel.
XXXI. L’ossification de l’artère pulmonaire est très-
rare J on sait aussi qu’elle n’offre presque jamais de dila¬
tations. •
XXXII.jOn observe rarement , l’ossification nlbrbide des
artères dans les anévrysmes des membres ; les tuniques in¬
terne et rboyènne sont plus souvent déchirées que di¬
latées dans Ces anévrysmes.
XXXIII. Les artères vertébrales, dans leur conduit et à
l’endroit où elles convergent sur la gouttière basilaire de
l’occipital ; la carotide interne , dans la portion qui longe
les côtés "de la selle turcique; les artères radiales, près de
l’extrémité carpienne du radius, offrent plus souvent des
ossifications morbides que les artères du même calibre et
dn même volume , situées dans d’autres régions du corps
et appuyées sur des parties molles. Ces faits incontestables
ne sont-ils pas dus , en grande partie , à ce qu’une artère
qui correspond à une partie dure, est par cela même
plus exposée à être irritée que celle qui repose sur une
partie molle. N’existe-t-il pas quelque analogie entre le
niode de production de ces ossifications des artères, et
celles des tendons dans les lieux où ils éprouvent un frot¬
tement plus ou moins considérable ?
Les artères cardiaques ont été trouvées souvent ossi¬
fiées. La mobilité du cœur, la nature de ses contractions
' dans' les anévrysmes , le voisinage de l’agent principal
>I fe M O-IRE S .
4’lmpulsipçi, du sang artériel , les exposent-elles à des dis .
tensions plus fréquentes que d’autres artères du mémè
calibre?. • . . -
XXXIV. Un assez grand nombre de faits prouvent que lés
ossifications, morbides des artères sont souvent observée®
chez les individus atteints de syphilis chronique. Or ,
presque tous les désordres produits par ce virus Sont in¬
flammatoires , et sous le rapport de la natare du tissa
affecté et de la terminaison de l’état morbide , n’y aurait-
il pas quelque analogie entre les exostoses laminées Suc¬
cédant à l’inflammation du périoste et les ossifications
morbides des artères ?
XXX\1« Deux autres motife me portent à regarder l’os¬
sification morbide des artères comme une terminaison
de l’inflammation de leur membrane fibreuse. Elle est
souvent accompagnée d’une rougeur vive et animée dë
leur membrane interne , et les ossifications morbides elles •
mêmes sont IWquemment entourées ou avoisinées par
yiViG matière jaune, molle et solide , non transparentè ,
et que j’ai produite en enflammant le fibro - carlilagb
postérieur de l’artioulation tibio-tarsienne des pigeons.
XXXVI. Tissu(lesvalvulesducœur,'‘^'LQ&o&à£icAÛQm
morbides des valvules du cœur sont plus fréquentes dans le
ventricule gauche que dans le ventricule droit. Cette dif¬
férence ne peut-elle pas être , en grande partie,' la con¬
séquence de l’inégalité de force des contractions de
chacun des ventricules , des tiraillemens et des- résis¬
tances inégales qu’éprouvent leurs valvules? Celte propo¬
sition me paraît confirmée par l’étude des 'anévrysmes du
cœur. Les ossifications morbides du ventricule géuehè ne
coïncident-elles pas fréquemment avec l’anévrysme actif
du même ventricule 5^ , . ,
XXXVII. Les considérations et les réflexions précéden¬
tes me font présumer que les ossifications morbides des
BT OBSERVATIONS. 53 1
valvules du cœur et celles de la crosse de l’aorte sont le
résultat de l’inflammationdes tissus fibreux de iîés orgahes ,
plus ou mCius irrités. Je ne suis poiint éloigné de éreire
que plusieurs phénomènes morbides , attribués à ees ossi¬
fications , observées après la mort j sont produits par
des phlogmasies du cœur , de la crosse de l’aorte et des
artères., qui se terminent par ossification morbide. "Cette
remarqué éclairera peut-être le siège et la TUalure" dè
l’asthino et de l’angine de poitrine. :
XXXVIII. Fibro-canilagei ^ Chez les pigeons , il
existe è la partie postérieure de l’articulation ’ libio-tar-
sientie un fibro-carlilage uni aux tendons fléchisseurs , ' es*-
pècc de corps sésamoïde dont j’ai déterminé Fihflammalion
en le perforant avec une.aiguille que j’ai laissée à demeurei.
La présence de ce corps étranger a produit î i.» fâdhé-
rence du fibro-cartilage avec les condyles du tibial 2.^ le
rarnpliissemcüt du fibro-cartilage dans quelques points ôü
l’on remarquait .une matière jaune analogue à cëllè qu’on
trouve près des ossifications morbides des artères r 3.“ de
petits dépôts salins dans quelques autres points dû fibro-
cartilage. Il est évident que céa altérations etToSsificàtlon
morbide , en particulier , sont le résultat d’un travail
infiammaloire . produit et entretenu par une irrîtétion
mécanique. - ; ; . ,
XXXIX. T issus fibreux morbides. — • L’étude des termi¬
naisons de l’inflammation dans les tissus morbides fibreux
fournit de pouveaux argumens en faveur de l’opinion que
j’émets dans ce Mémoire. Ainsi , par exemple, la matière
tuberculeuse, la mélanose, la matière cérébriforme, en s’en¬
flammant, se ramollissent et SH/j/ntrcnt; les tissus fibreux
accidentels, s’ils ne sont point en contact avéc l’air ou du
pus, et s’ils sont enflammés pendant un certain temps ,
éprouvent la transformation osseuse. > , ;
XL. Les kystes séreux enflammés suppurent le plus or-
532 mémoires
4inairement ; les kystes fibro-séreux éprouvent fréquem¬
ment la transformation, osseuse.
XLI. ' On a quelquefois observé du tissu fibreux ac¬
cidentellement développé entre la choroïde et la rétine.
Je soupçonne que plusieurs faits qu’on a publiés sur
l’ossification de celte dernière membrane doivent être
rapportés à l’ossification de ce tissu accidentel. Au moins
ai-je pu constater une fois, positivement, que l’ossifica¬
tion accidentelle , placée entre ces deux membranes , en
était indépendante. Je remarquerai , en faveur de l’opinion
que j’ai émise dans ce Mémoire , que presque toutes ces
ossifications ont été observées dans des cas de cécité ab¬
solue et d’atrophie du globe de l’œil , h la suite de phleg-
masies chroniques de cet organe. ■
XLII. On trouve quelquefois dans le cerveau des produc¬
tions fibreuses ou fibro-cartilagineuses. Ce ne serait qu’une
hypothèse , sans doute , d’avancer que ces altérations , dé¬
crites sous le nom d’ossifications du cerveau , ne sont
autre chose que des corps fibreux ou fibro-cartilagineux
qui ont subi la transformation osseuse ; cependant la pos¬
sibilité de cette transformation est incontestable , et c’est
un motif suffisant pour examiner de nouveau les ossifica¬
tions cérébrales , d’autant plus qu’il est bien reconnu au-
> jourd’hui que les ossifications de la matrice , que les
pierres , les calculs de l’utérus ne sont autre chose que
des corps fibreux ossifiés et antérieurement enflammés.
XLIIf. Des recherches anatomiques m’ont prouvé que
dans les goitres anciens , ce n’était point la thyroïde qui
s’ossifiait ordinairement , mais bien des kystes ou des
corps fibreux , ou fibro-cartilagineux , développés acciden¬
tellement dans son tissu. ■
XLIV. Les concrétions osseuses dévèloppées dans les
poumons, dansles tissus fibreux et cartilagineùx acciden-.-
tels, ne me paraissent point être le résultat d’un travail
E T OBSERVATIONS. :535
éclairé de la, nature, comme le pensent les animistes;
cette altération est une eonséquence forcée et inévitable
d’une inflammation chronique abandonnée à elle-même ,
et survenant à des périodes et dans des conditions dé¬
terminées.
Rcstimé. Si je no me trompe , les faits exposés dans ce
Mémoire , rapprochés de. quelques autres généralement
admis en pathologie , prouvent que l’inflammation des tis¬
sus fibreux peut se terminer par résolution , 'çav suppu¬
ration , par exudation d’une matière coagulable , par la
production d’une matière j aunâtre solide , par Ÿ épaissis¬
sement ouV indur ationAnïissxi affecté, rarement par g-tîTi-
grène, et fréquemment ^av ossification morbide, mode
de terminaison dont j’ai dû uniquement m’occuper dans
ce Mémoire. • , ' /
1 . ° La résolution a lieu lorsque l’irritation dn tissu fibreux
,a été de peu de durée et peu intense. C’est à cette pé¬
riode de l’inflammation que doit être appliqué tout ce'
qu’on a dit d’une manière générale sur la mobilité dé ces
phlegmasies. Lorsque cette terminaison est possible., le
tissu fibreux est légèrement gonflé et injecté de stries de
sang. ^ ■ Y . :
2. ° L’inflammation des tissus fibreux se termine par sup-
puration lorsqu’ils sont en contact avec l’air, du pus ou
quelque humeur animale.
3. “ L’ exudation à! ana matière coagulable ou gommeuse
est une terminaison assez fréquente des inflammations du
périoste et de certains kystes fibreux.
4-° Les fibro-cartilages , la membrane fibreuse des ar¬
tères , lorsqu’ils sont enflammés , s’altèrent et sont
remplacés, dans quelques points , par une matière j au ^
nôtre molle , qu’on trouve fréquemment autour des os¬
sifications morbides des artères , et au-dessous de leur
membrane interne enflammée.
53i^ 5li MOIRES
;,-..5;’Dans rihflammatioii du périoste, des tendons, delà
itibnpfbpafle de^^la,cate i etc. , on observe Iréqùemnient que
ces tissus bnt aügmeôté de densité et d’épaisseur , état qui
constitue leur induration.
6. ” L’exfoliation des tendons dans le panaris , lainortifi-
cation du périoste , dans les contusions des os , sont des
terminaisons de l’inflammation analogues à la gangrène
du tissu cellulaire eüflamnïé.
7. ° Après la résolution , l'ossificationmorbide&sï\À ter¬
minaison la plus fréquente ; ellè a mêine lieu constam¬
ment lorsque le tissu fibreux est irrité pendant un assez
long temps et qu’il n’ést point en cbnlacl avéc l’air un
liquide et principalement du pus;
8. ” La mobilité des phlegraasies du tisèu fibreux qui en¬
veloppe les jointures à l’époque à laquelle l’inflammation
peut $e terminer par résolution , ne péut-elle pis être
expliquée > jusqu’il un certain point , par la continuité du
tissu fibreux qui enveloppé le squelétte et eü réunit toutes
les parties ? La mobilité qu’ofirent certaines phlegmaëies
de la peau me semblé être le résultat d’une disposition
anatomique semblable.
9. ® Les dépôts salins des tissus fibreux sont suscep¬
tibles d’êtrci résorbés lorsque l’inflammation qui les a
déterminés est de peu de durée , soit qu’elle ait été aban¬
donnée à elle- même, comme dans les fractures sitùples
bien réduites , Soit qu’elle ait été. combattue par Un ré¬
gime et un traifemént antisjpphilitîques , comme dans les
nodus et les périostoses récentes , soit enfin par un trai¬
tement ontiphlogâstiqùe , coàime ,dàhs les attaques de
goutte aiguë, ainsi que je le proüverai plus tard par des
observations particulières. :
10. ^ Les dépôts salinsdés tissus fibreuxne sont point sus-
.eeptibjes d’êtfe résorbés lorsque l’inflammation qui lés a
produits persiste et devient çbroniqée j, c’est en partiçuUen
ET OBSERVATIONS. 355
Ce qu’on observe dans les fractures comminutives , dans les
inflammations des artères dilatées, dans l’osslfîcation du
périoste succédant à la nécrose,. dans les anciennes exos¬
toses, dans la goutte chroniqufe, etc.
I i.°Pans le traitement de la plupart dqs phlegmasies dii
tissu' fibreux, on pourra prévènir la terminaison par os¬
sification morbide i pai' un traitement ahtiphlogistiqué
simple , ou bien combiné avec des moyens spéeifiqùès ap¬
propriés à la cause qui les a produites.
1 s. ® Oii doit tenter d’obtenir la résorption des ossifications
morbides récentes par un traitement analogue à celui qui
prévient leur formation. '
1 3.” La théorie qui attribue les OsSificétions morbides, en
général , et celles des tissus fibreux , en particulier , aux
progrès deil’age, ne me paraît point fondée. Un médècili
aU^lais, cité par Hodgson , a observé rOssification deîràr-
tère temporale chez un enfant de quihze mois. N’observé -
t-on pas également tous les jours l’ossification du périoste
chez les énfans, à la suite de fractures? Qui n’a rencontré
des tophus, des exostoses, des ossifications morbides de
la dure-mère chez des adultes ou, dés individus d’un âge
mûr? Je ne conçois pas même comment l’âge avancé peut
devenir la cause directe d’une ossification morbide. L’én-
fance, l’âge adulte, l’âge mûr, la vieillesse né prodùisent
jamais une altération , quelle, qu’elle soit. Ils peuvent, il
est vrai , prédisposer h Une action morbide qüi détermine
l’ossification, mais c’est cette action qu’il eût fallu. indi¬
quer, et c’est ce que j’ai essayé de faire relativement au
tissu fibreux , dans cette première partie de rnoh Mé¬
moire. \
f La suite au Numéro prochdin, ) -
356
ÉmOIREl
Du Furoncle atonique ; par le docteur Guebsent.
. Le furoncle qui se termine par suppuration présente
pour caractères une perforation de la p^au au sommet
d’une tumeur arrondie et circonscrite, et une mortifica¬
tion de tissu cellulaire ( ou bourbillon ) , qui sort parl’ou-
.verture faite au derme. Cette perforation, de la peau est
ordinairement aussi petite que si elle avait été pratiquée à
l’aide d’un coup de stylet très-fin, et dans les furoncles
les plus volumineux , à peine a-t-elle une ligne de diamè-
;tre, quoique la mortification du tissu cellulaire s’étende
souvent à plusieurs lignes en superficie et en profondeur.
La peau , dans cette maladie , n’a rien perdu de ses pro¬
priétés vitales ; elle revient sur elle-même après la sépa¬
ration de l’escarre , adhère au tissu cellulaire sain sous-
jacent , et un bourgeon charnu ferme l’ouverture spon¬
tanée; du furoncle : la cicatrice n’offre qu’un point le
plus souvent imperceptible. Cette inflammation se ter¬
mine ordinairement dans l’espace de quelques jours. Des
émolliens d’abord , et ensuite des applications de quel¬
ques morceaux de sparadrap qui Si’opposent au contact
de l’air et favorisent la suppuration , sulBsent ordinaire¬
ment , comme tout le inonde le sait, par accélérer la
terminaison favorable de cette maladie.
J’ai eu occasion d’observer assez souvent chez les en-
fans une autre espèce de furoncle dont les caractères sont
différens, et qui réclame un traitement entièrement
opposé. Ce furoncle , auquel je donne le nom d’atonique ,
pour le distinguer du furoncle ordinaire , se manifeste
toujours chez un sujet déjà malade. On l’observe assez
souvent dans les gastro-entérites avec symptômes adyna-
ET OBSERVATIONS. 33^
jmiques , dans les pneumonies latentes, pendant.lè cours
de la variole , etc, , etc. Il est toujours lié à un état ady-
namique plus ou moins prononcé,
Il se présente plus particulièrement sur le tronc et les
parties latérales du cou , plus rarement sur les membres.
Il commence , comme le furoncle ordinaire , par une tu¬
meur circonscrite , peu étendue, rénitente au toucher, de
couleur d’un violet livide. Quelquefois cependant on n’ob¬
serve pas d’altération remarquable dans la coloration de
la peau. Au second degré de la maladie , une très-petite
phlyctène purulente se manifeste au sommet de la tumeur,
et dès qu’elle se déchire , le derme , qui est situé au-des¬
sous , offre une petite plaque grise, ramollie et per¬
forée d’outre en outre comme dans le furoncle ordinaire.
Il s’écoule d’abord un liquide séreux , sanguinolent ; la
tumeur se ramollit, et l’orifice du derme s’élargit rapide¬
ment, Dans l’espace de deux ou trois jours , ou quelque¬
fois même en vingt-quatre, heures , il s’établit une per¬
foration de cinq à : six lignes de diamètre , parfaitement
ronde et absolument semblable à un trou 'qui aurait été
fait à la peau avec , un emporte-pièce. En même temps
que, cette perforation s’opère , la funieur s’affaisse rapi¬
dement. Le tissu cellulaire ne se sépare pas sous la forme
de bourbillon ; rarement il s’en détache quelques frag-
mens ; le fond de l’ulcération présente un aspect gri¬
sâtre et sanieux , assez sec., La peau qui circonscrit l’ulcère
est coiipée âpic ; elle esc plus pâle etplus molle qiie dans
l’état naturel ; elle est entièrement décollée du tissu cellu¬
laire dans l’espace de plusieurs lignes. ; ;
Le furoncle atonique succède le plus souvent aux mor¬
sures des sangsues ; alors la perforation Au derme , au lieu
d’être d’abord ronde , semble avoir été ffaite ; avec un
trois-quarts. Mais bientôt la forme triangulaire de cette
perforation s’arrondit ep s’élargissant, et devient entière-
338 JiéMoiRES
ment cirGulaire çomme dans le cftâ nü le furoncle se déve-
loppe spGntanémtefltk Si les sangsHes ont été groupées sur
une partie quelconque , et qüë eliiaqüe morsüte ait donné
lieu à un petit furoncle * la pèaisi au ibout de quelques
.jours paraît criblée dans tous leS points où les sangsues
-ont été appliquées , et elle offre à-peu-près l’aspect de
ranthraK en ‘suppuration, mais attec cetlë différence
-qu’il n’y a ni gonflement inilumeur, et que les trous sont
aussi beaucoup plus réguliers et plus grands que dans
l’ànthrax.iet ussea semblables à ceîEfc que de pelitesbdlles
auraieütpu faire.
L’ulcérâ'tion qui forme le troisième degré du furoncle
atonique , ostKjrdinairement iadôlôiite. Dans quelques cas
cependant elle parait douloureuse j elle reste ainsi sta¬
tionnaire huit à dix jours , quelquefois plus ou moins ,
- suivant l’état général de l’iadîridu. Lorsque l’uléère tend
à^guérir, le tissu cellulaire s’humecte, s’a rive , seéolore
-légèrementon rouge, la peau Se Collé peu-à-^peu au tissu
sous-Cutané ;,quelquesbourgeons charnus s’élèvent du fond
de l’ulcère ; la perforation du derme diminue un peu , et
il se forme , comrae dans toutes les ùlcéralions de la peau ,
ùne cicatrice molle , un .peu déprimée , et qui , par. son
étendue seulement > est eomparable à celle qui succède
à une grosse pustule de vaccine» ,
Le traitement général qui convient dans cette maladie
est celui des abcès atôüiqaes , modifié suivant la maladie
principale dont Cstaffeclé le sujet. Quant au traitement
local , les émolliens ne conviennent que dans la première
période; mais dès-que l’ouverturè du derme s’élargit ÿül
faut de suite recourir aux toniques et aux excitans locaux
plus ou moins actifs. Le quinquina et les décoctions même
de quinquina animées d’alcohol camphré m’ont paru en
général peu utiles t le quinquina , dans ce cas, tanne la
peau comme si elle était morte * et n’avive point , le fond
ET OBSEEVÀTIONS. 35,9
de l’ulcère. L’alcohol camphré , rùême pur , üé l’irrîte
(jue mdmèiitanémèht , quoiqu’il cause ufae viVe douleur.
Le.camphre énsubstâbceestencorë moînsactifî les acides
bydrochloriquei étendus d’eau , la crêmè de tartre i et
sür-toutracide citrique pur i sont les meilleurs tbpiqùes et
ceux qui m’ont paru favoriser le plus activetnent la cica¬
trice , dans les cas où ces ùlcérations sont curables , Ce
qiii est rare à cause dé là 'gravité de la maladie ad'yna-
mique qui les accotfapagne presque touj durs. Quand ces
ulcères guérissent , ce qui arrivé nébnmoms quelquefois,
la cicatrice marche toujours très-lentement;
Cette maladie appartient évidemment âü'furoncle datls
son -premier et son second degré , par sa forme et son
mode de perforation : l'a mollesse et l’afiFaisseuàént de là tu¬
meur après la suppdrâtion , l’absence du bourbilloh , la
rapprochent do' certài'nés espècès d’abcès atonîques ; mais
les autres caractères ne permettent pas de la ranger' parmi
les abcès. Enfin , elle se distingue dé toutes les inflamma¬
tions cutanées ■ par la forme arrbndie et régulière dé l’ul¬
cère qui lui succède. ' ;
Gétte espèée de petforation a quelque chose de spéci¬
fique; on ne peut là conlparer qu’à l’ouvérture spontanée
de quelques abcès atoniques qu’éh observe quelquefois
sur les parties latérales du' cou, et danê lesquels un pus
séreux et de mauvaise nature a long-temps décollé la
peau avant qu’elle Toit fàm'ollie. Lés pêrfbràtidns qui dût
lieu à la suite de ces abcès » sont souvent très-grandes ,
s’élargissent de même rapidement comme dans le furoncle
atonique } mais indépendamment de ce que la marche de
la maladie a été différente dîjns la première période , ces
ulcères ne sont jamais réguliers comme ceux du furoncle
atonique; il est évident toutefois que ces perforations s’o-r
pèrent de la même manière , et que si elles ne sont point
aussi irrégulières , é’est que lé ramollissemént du- derme
.34o MÉMOIBES
n’a point commencé par un point , mais s’est opéré dans
• une direction plus ou moins alongée. H est probable aussi
■ que , dans les perforations qui ont lieu sur les parties laté¬
rales du cou , les contractions des fibres du peaucier peu-
• vent influer sur la forme des déchirures dé la peau. Au
reste, dans tous ces cas de perforation, la peau ne s’en-
tr’ouvre et ne se rétracte rapidement que parce qu’elle est
entièrement décollée et détachée de tout le tissu cellulaire
sous-jacent., et parce qu’ayant perdu presque toutes ses
, propriétés vitales , elle est simplement abandonnée alors à
son élasticité organique. Si elle se rétracte circulairement
h mesure qu’elle se déchire , c’est sans doute à cause de
son organisation primitive et delà forme arrondie des
■ mailles qui la composent. Les perforations spontanées qui
: ont lieu quelquefois si promptement dans l’œsophage et l’es-
■ tomac , et qui ne sont point précédées d’ulcération ou de
- ramollissement gélatineux , n’auraient-elles pas quelques
rapports dans la manière dont elles s’opèrent avec les per¬
forations de la peau dont nous venons de parler ? L’analo¬
gie qui existe sous le rapport de leur organisation entre
-toutes les membranes , et sur-tout entre les membranes
muqueuses et la peau , ne semblerait-elle pas confirmer
ce rapprochement? C’est une simple hypothèse que je
soumets aux réflexions des physiologistes.
Observation d’une altération de la racine d’une dent
canine , présentant ■ les caractères extérieurs de la
maladie des os connue sous le nom de spina ventosa ,
précédée de quelques Considérations générales sur la
physiologie dentaire; par i. E. Oudet , chirurgien-
dentiste.
L’Étude des dents semble avoir, depuis quelque temps
ET OBSERVATIONS. 34l
sur-tout, fixé d’une manière particulière l’intérêt et l’at¬
tention des anatomistes. Tour-à-tour rangées dans le sys- .
tème osseux ou regardées pomme entièrement étrangères
à ce système, ellés ont été présentées diversement, selon
l’opinion qu’on s’en est formée. Ce n’est point que chaque :
auteur n’ait cru pouvoir réclamer en sa faveur l’autorité
des faits. Ges organes, en effet, ont été l’objet de re- >
cherches multipliées ; on les a étudiés et suivis dans l’é- 1
chelle immense desêtres organisés , et on a tenu un compte
exact des dispositions diverses qu’elles y affectent. De ;
plus , des expériences variées ont été faites sur les ani- ■
maux et ont donné lieu à des résultats plus ou moins
importans.
Tous ces travaux, dans lesquels le zèle et la patience >
des savans paraissent s’être épuisés , ont sans doute déjà '
fourni des lumières précieuses pour la science et pré¬
parent, nous l’espérons , des applications utiles pour l’art.
Mais si on les examine avec attention, on ne peut s’em-:
pêcher de reconnaître qu’une idée trop, exclusive les à
souvent dominés et dirigés. Qu’ont eu en vue la plupart'
des auteurs qui s’en sont occupés? Ils ont cherché, les»
uns à prouver que la substance dure des dents ressemblait
h celle des os, les autres, qu’elle en différait essentielle-;
ment. Établissant ainsi tacitement , comme une chose
parfaitement connue, le mode de composition des os, ils
lui ont comparé la structure des dents.
Dans cet état, les os étant considérés comme le point
connu de la question , les dents en ont formé l’inconnu ,
et dès-lors c’est par les idées qu’on s’est faites dès, pre¬
miers , que l’on a cherché à déterminer la nature de ces.
dernières. Nous ne saurions partager cette opinion , qpe
nous croyons nuisible aux progrès de la physiologie den¬
taire. Nous le demanderons aux anatomistes les plus re¬
commandables : les procédés que la nature emploie dans
342 iiiiMorniiS
la formation et le dàveloppepaent des os , sont-ils même
aujourd’hui telleinent évidens. quUls doivent être regar¬
dés comme un fait d’une vérité incontestable? Tous les
doutes qui existaient sur ce sujet sont-ils donc entière-,
ment dissipés? Tous les auteurs s’accordent-ils ensemble
pour les mêmes expériences pratiquées sur le système
osseux, et tous 'en déduisent-ils des conséquences sem¬
blables?
D’un autre côté, tout est obscur, nous dit-on, dans
l’histoire des dents, et .{es idées qu’on en a conçues sont
encore incertaines. Sans doute, il est des points de là
physiologie dentaire qui. ont besoin d’être de nouveau
examinés; mais que l’on consulte les recherches qui ont
été entreprises sur elle, par un grand nombre de méde¬
cins, tant nationaux qu’étrangers, et l’on pourra se con¬
vaincre que tous ceux qui n’ont été guidés que par, l’ob¬
servation fidèle et rigoureuse des. faits, sont presque eO’-
tièreinent d’accord, sur les actes principaux de la denti¬
tion. Je pourrais même a jouterque si quelques dissidences
existent encore parmi eux , i) est à présumer qu’elles ont
eupquc ..cause le sujet qui m’occupe en ce, moment.
■Plus accessibles à nos sens , les dents peuvent être plus,
aisément étudiées. : La variété- qu’elles offrent dans; leur
composition chez les divers êtres vivans , permet au
physiologiste de les observer d’abord. chez ceux où l’orga¬
nisation , réduite à ses premiers élémens , s’enveloppant
de phénomènes moins compliqués et moins difficiles à
saisir , lui donne la facilité de suivre pour ainsi.diré de ses
yeux le travail de leur production et . de. leur accroisse-,
ment. Il peut même , chez beaucoup d!animaux , faisait
concourir à jSes recherches, le secours si précieux des qx-,
périenecs , éxcitpr, troubler, détruire ou, faire renouvelpr
à son gré entièrement ce travail, et dans les phénomènes
qu’il a suspités , ou les désordres qu’il a produits , p.uiser
de nouvelles lumières.
ET OBSERVATIONS. 543
Procédant ensuite de la çonnaissanpe de ces faits les
plus simples, à l’examep des faits les plus composés, il
arrive de cette manière à ceux-çi par une marp|ie pro ■
gressive et- rationnelle. Alors il ne tarde pas à s’apercevoir
que les phénomènes qui d’abord lui étaient apparens s’ob-.
scurcissent à mesure qu’ils se compliquent. Mais dans les
diiBcuUés qu’ici il y aura :à . surmonter ; , quel avantage ne
possède-t-il pas , puisque la nature , dans les premières
productions qu’elle lui a offertes semble lui avoir permis
de soulever le voile qui couvrait: le secret de l’une ;de ses
opérations. Il ne lui reste xièsTlors plus qu’à s’attacher à
Lien observer les faits. nouveaux qu’il reocontre , à appré¬
cier les causes de leur différence et de leur _compljcatiqo>
et à- former enfm le lieu qui doit les réunir- et les confondre
dans un seul et même système. Telle est la marcJie à
suivre pour arriver à une connaissance complète et, cer¬
taine de là nature des dents ; tel est,; je me fais plaisir et
reconnaissance à le dite , le tableau des travaux qui ont
été entrepris par plusieurs savans sur la physiologie den¬
taire, et qui, après avoir déjà tant oontribué à ses pro ^
grès , nous permettent de concevoir encore .de justes es¬
pérances.
■ Npus' avons voulu démontrer succincttemont , par ces
considérations générales , .que les actes idivers qui se^pas*
sent dans le .système osseux aux différentes époqftes . de. s, oa
développement étant enepre pour les anatomistes wn-aejct
de discussion , les idées variées que chacun- dèsdors peut
s’eu former,, ne sauraient être comparées , m appliquées nmf
dents , dont la nature nous, paraît mieux connue qu nous
semble au moins plus facile et :plus près de l’être t.qu’ainsi
c’était procéder d’une manière vicieuse, que, ffe se. deman¬
der si les dents sont des os , et que cette dernièreiprqpo-
sit-iou renversée conviendrait- peut-être mieux à l’état ac¬
tuel de nos connaissances. '
544 MÉMOIRES
D’après cela , nous pensons que jusqu’à ce que de nou¬
velles observations aient entièrement résolu cette question,
la physiologie dentaire doit marcher isolément et n’être
soumise ni influencée par aucune théorie qui lui serait
étrangère.
Toutefois , et nous l’avons omis à dessein, on ne pour¬
rait trop s’attacher à l’observation des diverses altérations
des dents ; car si la connaissance de la structure des di¬
verses parties de notre économie doit précéder et éclairer
l’histoire de leurs maladies , celles-ci à leur tour sont sus¬
ceptibles de lui fournir des lumières très-utiles. Ce n’est
souvent en effet que par le développement qu’elles im¬
priment anx phénomènes organiques de nos tissus , que
nous parvenons à saisir et à reconnaître ce qui, dans l’état
dé santé , échappait à nos sens. Qui ne sait que l’inflam-
malion , bien mieux que nos injections même les plus
délicates , nous a plus d’une fois montré l’existence de
vaisseaux là où ces moyens dè l’art n’avaient pu pénétrer ?
Il n’est pas jusqu’à la douleur, qui, interrogée dans les
divers appareils, ne nous fasse connaître un dés élémens
de leur composition.
Parmi les altérations des dents, une des plus rares est
celle que quelques auteurs ont comparée à la maladie des
ôs connue sous le nom de spina-ventosa. Omise dans là
plupart des Traités de chirurgie dentaire , elle a d’abord
été signalée et décrite avec beaucoup d’exactitude et dè.
discernement par J. HunterjFox, après lui, en a parlé
comme d’une maladie qu’il avait rencontrée plusieurs fois
dans sa pratique ; mais les deux exemples qu’il en a fait
graver dans son ouvragé , différant du cas assez extraordi¬
naire que nous avons observé , nous croyons utile de lé
rapporter.
« Il y a près de trois ans qu’une jeune personne de dix-
huit à vingt ans , habitant les environs de Paris et portant
ET observations» 545
les signes extérieurs d’une bonne santé , vint me consulter
pour une dent qui , depuis plusieurs années, lui faisait
éprouver -par intervalles des douleurs très- vives. Après
avoir examiné la bouche de cette personne , je reconnus
que toutes . les dents étaient parfaitement saines , seule¬
ment je remarquai que la gencive qui répondait à la canine
gauche supérieure dont elle se. plaignait, était soulevée ,
rouge , douloureuse et percée de deux ou trois points fis-
tuleux qui s’étaient établis, à la suite de plusieurs fluxions
qu’elle avait eues. La dent n’offraitexlérieurement aucune
altération, elle était seulement ébranlée et sensible soüs
la pression du doigt.
» D’après, cet examen et le récit des cipçonstan.ces qui
l’avaient précédé , je me déterminai h pratiquer l’extrac¬
tion de la dent. L’opération fut facile et n’pfiril rien de
particulier , si ce n’est qu’une petite portion de l’une des
parois de la racine s’écrasa sous la,pression de l’instru¬
ment, qui , l’entraîna avec lui au dehors. : ; ■
» Cette dent , extraite , m’offrit une altération à laquelle
j’étais bien loin de m’attendre; d’abord, quoique un peu
irrégulière par la couronne et surtout par la racine, sa
conformation générale et la place qu’elle occupait dans
la bouche suffirent pour me la faire reconnaître pour une
càni'ne temporaire et permaherite’ (celle du côté droit
manquait , autant que je puis ine le rappeler) . '
» La longueur totale de cette dent est de huit lignés,' la
couronne vipetite, conique , ressemble assez bien à celle
de la plupart des . dents. surnumérâires. La racine'préh
sénte un , volume très-considérable , et a la fortné. d’iln
; ovoïde ereux! dont la grosse extrémité répondrait enffiaut.
Les parplsiquida forment, très-minces , n’ont, dans beau¬
coup .dei points i de leur étendue , que l’épaisseur d’une
feuille despapier ; leur surface; externe est rugueuse , irré¬
gulière, ét ne, montre aucune trace distincte de rorificc
34(> M ÈTtt O’m'E S
dü caîial dentaire. La face interne 'est -lisse et polie; on y
aperçoit quelques lignes circulaires qui répondent à la ter¬
minaison des coüches dont cette partie de la dent est for¬
mée. La cavité de la racine est très-spacieUse ; sa forme
est celle d’un cône dont la baseséraît dirigée en haut , et le
sommet 's’appuierait sur la Couronne en pénétrant assez
dans son intérieur. Le diamètre vertical de cette cavité
avant est de cinq lignes et demie; le transversal a cinq
lignes d’étendue'vers l’extrémilé de la caeine, et décroît
sensiblement à mesùre qu’on robserve plusprès de la cou¬
ronne. »
Telle est la description de cette pièce dans laquelle ôn
peut reconnaître les caractères extérieurs de la imaladie
des Os désignée Soùs le nom de spina-ventosa. Préférant
en ce moment nne Observation positive à une explication
peut-être incertaine , nous nous 'bornerons à présenter
cette dent comme ofTraïit un dè'Cfes'Cas 'singuliers qui
nous paraissent dignes de 'fixer d’atténtion du savant él du
praticien ,5et qui,: réüiiis S d’autres .pourront sans doute
tin ijdUr concourir 'à répandre quelques lumières sur la
nature dés aîtéra'tionsdé l’appareil dentaire.
Secmd Mérmire sur .l’Iiîstoire du dévelappement du
poulet dans l’œuf ; ..par le docteur {Commu¬
niqué, par le docteur zBjœscHBT.)
g. 1.'* Quand on veut considérerde développement du
poulet dans Pœuf, 11 convient sans doute de donner ime
description exacte de l’œuf avant l’incubation, pourpou-
voir ibien saisir ensuite lès ^ changemens ^ qui surviennent
-par Tincubation. Il y * a des parties : de l’œuf qui ne pren¬
nent presqu^aucunepart au développemént du fœtus , et
-qui , quand le poulet sort de l’œuf ; iconserveat la même
attîtudect -restent dans- le nid vidé comme des résidus
ET OBSEEVATIOKS. , 54y
morts. Il y en a, d’autres, dont les métajnorphoses sont
en rapport întin^e avec, celle du poulet même , éi qui coo¬
pèrent à la formâtîon. de l’embryon , çbacüpe h sa ma¬
nière, tantôt plus , tantôt moins. — ^Les prém,ièrcs sont ,
en quelque sorte, les parties non-essentielles de l’oeuf; les
autres sont les parties essentielles. Yicq-d’Azyr appel,le lès
premières , parties et les dernières, piarties
enveloppées. ' - . . • ,
Les parties contenantes de l’œuf, dont dépend immé¬
diatement sa forme , sont la coque et sa membrane :
la cdqüille est duré , facilè à casser, ét très-poreuse. Les
porès permettent l’entrée de l’air extérièur besoin prin¬
cipal de l’incubation , de même que l’évapOrâlidn de
l’albumen de l’oeuf. — Dans l’utérus , cette coque se mon¬
tre encore “très-tendre , si le séjour de l’téuf ïi’y a pas été
de , longue durée ^ et dans l’draire elle est ençciré mem¬
braneuse , ’sé dis tinguant seulement par une grande côbé-
rence et par son épaisseur. îci ellè èüvirônne lë jaune im¬
médiatement , et imité , par' conséiqùënt , sa forme glpbù'
leuse ; mais elle là perd peu4-péU éh partie dans l’ovi-
ductùs , én partie dans l’tttérUs" j. par le blanc qui vient se
poser enti'd elle et le jaune’, s’éloigne de plus 'eh plus ,du
vitëilüs enveloppé , eLprend^ à ïé fin la’ formé ôvàlaîre.
G’est seulemenbdans 1 ’ütérbs que les parties terreuses vien¬
nent sé joindre à Cette ffiembfàné', 'i^ten font ^ainsî Une
espèce dé boulevard pOür téüt'l’(Eüf,’*dans la forme et la
niasse connues de la coque de l*cèuf.
Il y a des exceptions singulières qui démontrent q.ue la
fornaationde cette coque dure ptoviéht d*une niembrane ;
savoir, lorsque tous les œufs d’une pbulé , sur-tôut quand
onia tient toujours rentemiée , ont pour tégument extérieur
une membrane semblable à celle de l’oéufdàns rovaire,
laquelle manque encore dès parties calcaires , et telle
qu’çlle se montre enfin quand les parties terreuses qnt été
" aS.. '
348 MÉMOIEIiS
décomposées par quelque acide étendu. La paroi inté¬
rieure de cette coque est tapissée immédiatement par une
membrane blanche, tenace, distinctement divisible en
plusieurs feuillets, dont la lamelle inférieure s’est ordi¬
nairement séparée des autres sous-jacentés , à l’extré¬
mité obtuse de l’œuf, et laisse entr’elles un espace rempli
d’air, dont la quantité varie selon l’âge de l’œuf. Cet es¬
pace est d’autant plus petit . que l’œuf est plus jeune.
Cet espace aérien n’existe pas dans les oeufs qui sont en¬
core renfermés dans l’utérus de la poule; il est .à peine
perceptible dans les œufs frais , et ne se forme que par
l’évaporation d’une partie de l’albumine. La surface exté¬
rieure de la membrane de la coque est étroitement unie
avec cette coque; elle est rugueuse et d’un blanc éclatant ,
tandis qu’à sa face interne elle est lisse et moins blanche.
Les parties essentielles ou 67iveloppées , sont le blanc-
ci’ œuf , la membrane du jaune avec ses anneaies , ,\c
jaune ou. partie centrale , avec sa cicatricule.
Le blanc se partage manifestement en deux parties
qui se distinguent par leur masse , leur consistance , et
leur, peu d’affinité chimique réciproque ; l’extérieur, très-
fluide , se trouve en plus ou moins grande quantité dans
chaque œuf; suivant l’âge de l’œuf; l’espace del’airau gros
bout de l’œuf étant tantôt plus grand , tantôt plus petit.
Il enveloppe le blanc intérieur , comme une couche mince ,
et s’écoule facilement quand l’œuf est ouvert , tandis que
l’autre , réuni avec le jaune , reste.
Le deuxième blanc , ou l’intérieur , est épais , coriace;
cl^ir comme du crystal , conserve presque sa forme ellip¬
tique , quand on ouvre l’œuf sous l’eau. Il est presqu’en-
tièrement enveloppé par le premier , et n’est uni imnaé-
diatement avec la coque qu’à la pointe de l’œuf, par un
prolongement de sa propre substance ,, lequel a été décrit
et dessiné pour la première fois par Tredcrn , qui lui a
ET OBSEEVATIONS, , 54.9
donné à lort le nom de ligamentum albuminis. ïredern
n’enlcnd pas désigner par ce mot un véritable ligament,
mais cette dénomination a porté ses successeurs b attri¬
buer une membrane au blanc intérieur , et à faire naître
de cette membrane le prolongement de celui-ci.
Dans l’intérieur de ce blanc , nage le jaune enveloppé
de sa propre membrane. Dans l’ovaire, le vitcllus était
immédiatement sous la coque ; maintenant les blancs se
sont interposés et les ont séparés. Le vitellus avait anté¬
rieurement son point d’appui sur la coque ; à présent le
deuxième blanc lui assure une situation fixe ; mais les
traces de la séparation de la membrane de la coque , ‘ opé¬
rée par l’interposition insensible du blanc , se retrouvent
dans les chalazesqui sont restés /et qui . comme les diver¬
ticules de l’allantoïde, sont deux cordons formés de la
substance de la membrane du jaune , détachés par le
blanc , et roulés sur eux-mêmes , près de mourir , et , par
Conséquent, faciles à ôter de leur membrane à laquéllé ils
tiennent et dont ils sont des prolongemens. Ils sont situés
vers les deux pôles de l’œuf, sans leur répondre entière¬
ment, et sont réunis par une ceinture ligamenteuse qui
partage le vitellus en deux parties inégales , comme de 80
à 100 ( peut-être aussi, un reste de la séparation du jaune
d’avec la membrane do la coque ) . Ils sont enveloppés
immédiatement d’une partie. du blanc', qui tient étroite¬
ment h eux, et qui est appelé pour cela, par'quelqüos-
ùns , le troisième blanc. ' / '
La membrane du. jaune représente une membrane claire ,
t'ransjiarente , homogène ; seulement à l’endroit où elle se
trouve au-dessus de la cicatriculo ,’elle est marquée par
une trace plus claire, plus mince , répondant à la gran¬
deur de celle-lh. Sous cette membrane se trouve la cicatri-
cule (la partie la plus remarquable de tout l’œuf) , -foéidée
de deux parties faciles à' distinguer, dont l’iine est pion-
5^0 jiiiio'ir.És
gée dans le jaune , l’a'ütre situ& sur sa surface comme
une couche.
Sous la place transparente de la membrane du jaune
brille la cicatricule conime une tache circulaire , de deux
lignes de diamètre , dont le bord externe est plus clair et
plus blanc que le reste , et dans le milieu duquel on dis¬
tingue un point blanc qui sé fait remarquer par sa clarté.
Pour mieux examiner la dlsposîtîoh de cette tache ronde,
il faut dépouiller le jaune dé sa membrane ; alors là tache
SC présente comme un disque d’une continuité lâche ,
lequel peut facilement, au moyen d’un scalpel, ètrè dé¬
taché par le bord d’avec le blanc sous-jacéiit ; mais au mi¬
lieu oü se voyait le point blanc , ce dlsquè est un! plus
intimement à l’albumine située sous lui , et jl ne sé mon¬
tre le plus souvent détaché que lorsque la dernière a été
déchirée. Le microscope nous moqtre d’une manière dis¬
tincte , que ce ,disque est formé d’une réunion de petits
globules, d’un blanc grisâtre.
Le point blanc que nous aperçûmes à la première vue
au centre de ce disque , et qui se déchirait lorsqu’on sé¬
parait le disque du jaune, représente, après avoir été dé¬
taché avec beaucoup de soin , une petite masse présque
ronde , composée de granulations blanchâtres. Cette pe¬
tite masse est vraisemblâblément (si toutefois sa forme et
sa situation permettent d’en juger) , ce qui représente la
cicatricule dans les œufs qui ne peuvent pas être couvés ,
et dans lesquels le disque manque entièrement. La cica-
tricuie se compose donc de deux parties très-distinctes,
tant par îa forme que par la daculté de se développer ,
comme nous le verrons plus tard , savoir , du disque cir -
culairè , dans lequel et duquel se forme le fœtus , et que
l’oBi appelle , avec raison , meinbrane-du-germe , blasto-
g.errn6 j^^eimhaut) ; et eh second lieu , de la petite masse
blanchâtre sous cette membrane-du-germe , qui subit sa
ET OBSBBVATIOl^S. 35l
propre métamorphose , corame toutes les parties contenues
de l’œuf, et que nous nommerons , par la suite , le noyau,
de la cicatricule, ( Hahnenlrilt ).,
§. II. L’œuf étant exposé à une chaleur de 52“ R. ,
qui correspond à celle des oiseaux , il se fait en lui , ou
plutôt dans chacune de ses parties essentielles , mais qui
se rapportent toutes plus ou moins au blastoderme , une
métamorphose particulière.
Le blastoderme , qui , à la huitième heure , comme
avant l’incubation, reste sur le jaune dépouillé de sa
membrane , se sépare facilement sous l’eau, du noya'u
sous-jacent de la cicatricule. Son étendue est peu aug¬
mentée , mais dans son centre il se montre un petit point
clair , transparent , entouré d’un bord blanchâtre , sem¬
blable à la masse du reste du blastoderme. C’est alors que
l’accroissement du blastoderme fait des progrès rapides; à
la douzième heure, elle a atteint un diamètre de quatre à
cinq lignes, et ne reste plus, comme auparavant, attaché
au noyau de la cicatricule , mais , eu quelques heures , elle
suit le segment détaché de la membrane du jaune, ce-
qui fait qu’on voit alors à découvert , après l’enlèvement
de la membrane , le noyau qu’elle recouvrait. En plon¬
geant la membrane du jaune dans l’eau , on peut alors ,
avec un scalpel , séparer facilement la membrane du
jaune d’avec le blastoderme , de sorte que ce dernier peut
être soumis isolément à un examen particulier.
§. IIL Nous avonsvudans l’œuf non couvé le blastoderme
composé d’une couche simple de granulations continues :
soumis à la chaleur de l’incubation , il ne reste pas long¬
temps à cet état simple; il se forme à. sa face externe ,
qui est tournée vers la coque ou qui est contiguë à la mem¬
brane du jaune placée sur lui , une nouvelle cpuche très-
délicate , mais dense , non composée de granulations pussi
distinctes , mais plus homogènes , laquelle parait s’éleudce
552 MÉJIOIKES
du centre du premier disque vers sa périphérie, comme
nous pouvons le croire d’après l’existence d’un petit point
blanc à la huitième heure. — Vers la douzième heure , le
blastoderme consiste en deux petites lames entièrement
différentes ; une interne , pl us épaisse , granuleuse , opaque ,
et une autre extérieure , plus mince , unie , transparente ,
à laquelle nous donnons , pour mieux la préciser et pour
mieux indiquer son développement , le nom de feuillet
séreux, et à la première celai de feuillet muqueux. Nous
rappellerons que ces deux couches d’une membrane ne
doivent pas être confondues avecles membranes intérieure
et extérieure du jaune de Wolff, qui leur applique quel¬
quefois le nom de couches , vu que nous parlons ici d’une
chose que Wolff n’a fait que soupçonner , et que Haller
n’a fait qu’entrevoir. ^
Veut-on séparer les deux couches du blastoderme ? il
faut laisser tremper dans Teau toute la membrane entière ,
de douze à vingt-quatre heures , après quoi elle se sépare
d’elle-même; cette'séparatioh s’opère en employant quel¬
que précaution , ce qui devient d’autant plus facile , que le
développement a fait plus de progrès. Dans les premiers
temps les deux feuillets non-seulement ne se séparent que
difficilement , mais on a même le désagrément de voir la
couche muqueuse se fondre très-aisément.
Il n’est pas rare de voir paraître sur le bord du blasto¬
derme quelques petites vésicules , ou petites ouvertures
régulières et rondes , lesquelles sont poussées de plus en
plus en dehors ; le blastoderme s’accroît à mesure. Mais
comme il s’étend encore au-delà de ces petits trous ,
nous en concluons, sans connaître au reste leur desti-
nali6ii,'que le blastoderme s’accroît de deux manières;
l’une en s’étendant de dedans en dehors , l’autre en
ce qu’il vient toujours de plus en plus de substance se
déposer à son bord.
lîT OBSjpnVATIONS. 353
C’est sur la formation du blastoderme , qu’est fondé
l’entier développement du poulet dans l’œuf, lequel , con¬
tinuant sans s’arrêter , ne se rapporte plus qu’à celui-là ;
cat tout ce qui pourra se faire de remarquable dans la
suite , ne devra être regardé que comme une métamor¬
phose de cette membrane , douée d’un fonds inépuisable
d’impulsion organique {nisus formativus) ; c’est d’elle
que part la vie , en rayonnant dans toutes les directions.
Toutes les parties de l’animal vivant se développant du
blastoderme , elles peuvent être ramenées à deux circon¬
stances : ou c’est sur le blastoderme que se développent
les germes importans du système sanguin et nerveux ;
systèmes par lesquels l’acte vital en s’individualisant
doit être continué , ou il formé à lui seul le corps et les
intestins de l’animal , au moyen du simple mécanisme des
plissemens qu’il présente. Un filamènt délicat vient s’y
attacher comme moelle épinière et à peine cela est-il
fait , que les premiers plis se forment et déterminent
ainsi la membrane de la moelle épinière ; et ces plis , servant
d’enveloppe à ce fdament précieux , deviennent les pre¬
miers fondemens du corps. Après cela il se forme, d’au¬
tres plis qui , disposés en sens contraires aux premiers ,
produiront les cavités abdominale et thoracique , ainsi
que leurs viscères. Lé blastoderme envoie , en troisième
lieu , des plis pour former des enveloppes convenables au
fœtus. Il ne paraîtra donc pas étrange d’entendre si sou¬
vent dans le cours de ce Mémoire , parler de tous les
plis et enveloppes.
§. IV. Le feuillet muqueux du blastoderme subit de
bonne heure un changement particulier. Ses granulations
se retirent du milieu vers le bord externe , et y laissent là
une place ronde , plus claire, où le feuillet muqueux est
extrêmement aminci et transparent , comme le feuillet
séreux qui est placé au-dessus. Nous appellerons cette
554 MÉiUOIBES
placé , avec WolfF, Vairo tran&parente , ou aire du
germe > puisqu’elle devient par la suite le siège de Tem-
bryon. Cet espace , primitivement très-petit et circulaire ,
augmenté rapidement avec l’accroissement de tout le
blastoderme ; il se montre d’abord sous une forme ovale ,
prend , en se rétrécissant peu-à-pea à son milieu , la forme
d’une poire du d’une massues et devient enfin vers la
dix-huitième heure, eu prolongeant et en égalisant ses
deux extrémités * de la forme d’ün petit biscuit.
L’aire du germe , par sa Irahsparence , laisse apercevoir
soUS lui le noyau de la cieatricule , lequel était d’abord
couvert par le blastoderme } circonstance qui a induit
Malpighi eû erreur. Ce noyau de la cieatricule ; qui re¬
présentait avant l’incubation une petite masse de granu¬
lations blanches i s’est agrandi , et dans son milieu on re¬
marqué un petit pli déprimé ét entouré du reste de la
masse du noydn* Le jaune môme subit quelque change¬
ment à l’endroit où se forme le blastoderme. Le noyau de
la CiCâtriéüle Se sépare davantage de lâ masse jaune dans
laquêllteil est enfermé , et s’en laisse retirer facilement. L’u¬
niformité de eOüléUr de la masse du jaune est interrom-
]iü‘è à la sUrfacé , immédiatement au-dessous du blasto¬
derme s par des cercles {habites) plus clairs , se con-
ééntrànl;, én quelque feOtté , rers le noyau de la cîcalri-
cule , et dont le nombre aügmenie arec l’accroissement du
blastoderme, de sorte qne fers la douzième heure il y en
a deux ou trois, ot vers la dix-huitième , cinq ou six. Cfes
cercles qui , à la première vue ,' se distinguent du jaune ,
Jjar leur COtileür plus claire , consistent en une altération
OÙ décomposition du jaunè sons le blastoderme, et va¬
rient beaucoup par leur nombre -, leur forme , ainsi que
par le degré de précision dé leurs limites. Dans les œufs
(l’oié , il Vient à leur place de petits nuages d’un blanc-
grisâtre.
ET obsè'rvàtions. 355
La métamorphosé s’étend alors à' la' memBraiSè dii
Jaune et au hlanc situé sur la cicàtricùlé. Céilédà dévîéht
plus claire et plus transparente à l’endroit qui recoiivré
immédiatement la cicàtricùlé ; ceïüi-cî , c’est-à-dire lé
blanc, est comme repoussé dans l’èspàce compris énfrë
l’endroit süsditet la coque dé l’deüf, de sorte que le blanc
se montré comme pércé d’un trou cyliridriqué aü-déssous
de la cicàtricùlé. Le blanc s’écartant et cédant aiüshî là
membrane du jàuhé , àù- dessus de la' cicàtricùlé , péüt
s’approcher immédiatement de ta coque et s’y appliquer ;
et comme cette retraite du hlànc auginéiite avec la for¬
mation progressive de l’embryon , cét espace s’àgràhdif dé
plus eh plus, et fait,' comme rioüs verrons plus tard , qu’il
est possible que les meihbràhés noüvëllémènt formées, OU
mémbranespropremèrit dites dû foetus, peüyèht louchéf là
coque mSnie , mais tout autrement que ne l’ont dit Vicq'
d’Àzÿr et Léveillé. ils prétéhdeht qùe là inetribrâne in¬
terne dé là coque dévieni; ta inëmbràne oinhilicàlé 6h l’ét-
garié fëspiràtéiré du foetus.
§. V. Aussitôt que l’aire transparehté à àlteifat la fétihé
lohgitudihalë d’uhe poiré, il se montré eh élle deux petites
raies parallèles et lôngitüdinàlès prévénaiit d’ün répli du
blàsiodermé. Cés ràîes étànt les prèihiérs fûdiniëns dU
corps dé l’embryon , hoüs léüf avons donné lé nônl dé
plis primitifs.
Pour observër ce cômmëhcémént dé l’ôi^ëàû ^üi àè
forme ; il fciit ëxciséf un segment de riiëjnb’ràhe du jàuhfe
au-àèssus dé là cicàtricùlé, éh faire pârtir dans l’ëàù
le blastoderme qui s’ÿ trouvé attaché et les iîièttéè sôüs
une loiipé d’un grossissêmèht moyen ; ùh grand gr'ôsSissë-
méht ne servirait à rien , le blasioderihé étant ëncbfè égal
dans toute l’aire du gerihe.
Quelquefois hoh's avons TÛi àü-dessüs de l’extféihitë flës
plis primitifs qui est tourhée vers la partie làfge tlé l’àît'c
556 MÉMoinEs
transparente du germe , une troisième ligne proportion¬
nellement plus grande, en forme d’arc , qui se réunissait
ayec les plis. . .
Peu. après leur naissance , les deux plis primitifs passent
l’un dans l’autre à l’endroit large de l’aire du germe , en
se réunissant par un petit ar,c , et on peut distinguer alors
un haut et un bas , attendu que les plis ne se réunissent
pas dans le bout opposé. A l’extrémité des deux plis , fer¬
mée en forme d’arc , naît la tête du poulet ^ et à l’cxlrémilé
ouverte paraît la queue.
§. VI. Les pôles de longitude de l’embryon répondant
au diamètre transversal , non au longitudinal de l’œuf,
étant formés , il paraît ensuite , longitudinalement entre les
deux, plis, une strie’ délicate, ronde en haut) large infé¬
rieurement, ressemblant à une lancette, c’est le rudimont
de la moelle épinière.
Bientôt après , les plis primitifs se réfléchissent en dedans
par leurs extrémités supérieures réunies , et forment un
appendice falciforme sur la face de l’aire du germe qui est
tournée vers le jaune.
Pendant que ces deux changemens importans. ont lieu ,
l’aire du germe a aussi atteint sa forme de biscuit, et son
développement ultérieur marche progressivement et sans
relâche. Les deux plis primitifs qui cheminaient parallèle-,
ment et séparés sur la face supérieure du blastoderme , se
réfléchissent (l’arc qui lès réunit étant maintenant dirigé
en bas) en se roulant autour de la moelle épinièrè , qui est
située entre eux, et lui servent ainsi d’abri et d’enveloppe.
Mais ce rapprochement et cette réunion ne se fait pas en
une seule fois , de sorte que la moelle épinière serait sou¬
dainement cachée sous cette enveloppe. D’abord les plis
primitifs se courbent dans toute leur longueur avec des
ondulations, et de telle sorte, que chaque dilatation ré -
pond à l’interstice de chaque rudiment do vertèbre , et
ET OESEUVATIOIVS. 357
chaque rôtrécissement au petit corps quadrilatère arrondi
qui lui est contigu; ensuite les tords de ces plis s’appli¬
quent l’un contre l’autre au milieu , et forment en se con¬
fondant ensemble une suture qui, sous la forme d’une
strie blanchâtre , recouvre la partie de la nioelle épinière
qui lui est sous-jacente. Les deux plis ne se réunissent pas
si vîte en haut et en bas; en bas, ils s’éloignent l’un de
l’autre sous un angle aigu, et dans l’interValle se montre
alors immédlateincnt le fil de la moelle épinière avec son
extrémité en forme de lancette; en haut, ils s^écartent
également l’un de l’autre sous un angle aigu, mais ils
se rendent l’un à côté de l’autre jusqu’au repli falciforme,
se courbent en ondulations , et leuTs bords n’étant pas
repliés en dedans, mais tournés directement en haut,' il
se forme entr’eux une suite de trois où quatre espaces ou
cellules , qui s’agrandissent vers l’extrémité céphalique et
sont visiblement bordés par deux lignes de chaque Coté ,
parce que les deux feuillets dont se forme chaque, pli pa¬
raissent comme des lignes à travers leur bord. Mal^ighi
èt ses successeurs donnent à ces espacés ronds le nom
de vésicules cérébrales , mais le cerveau ne s’y dëveléppo
que plus tard. ■ , ‘ ‘
Cette recherche sur l’œuf incubé est la plus diÛîcilé de
toutes; car, sans parler des obstacles qù’opposènt à i’db-
servâteur les courts espaces de temps pendant lesquels se
font ces changemens si importons , ‘il faut une patience et
une pratique toute particulière pour introduire . à l’époque
où les plis s’appliquent sur la moëljè épinière , qüi léur
est sous-jacente ,.une aiguille fine entr’eux et celte môëlle,
pour. les séparer et les' soulever , car bientôt ils sô con¬
fondent tout-à-fait et se perdent en formant le ddS’^de
l’oiseau. ’ , ’ ' ,
§. VIL A côté dè. la moelle épinièrë bti ' des plis pri¬
mitifs , il se forme , vers la dix-huitième ou vingtième
.§58 m|moib,es
-hcuce, des deux cplés , deux rangées de taches quadri¬
lla tè^es ou ar,r,oudies j .qui sqntdes rudimens des vertèbres.
P’.ahprd il s’en montre up petit nopiire au milieu pour
^es;yex,tèbres dorsales i ordinairement un peu plutôt , avant
.«jpe la confusion .des plis prirnitifs ne se fasse à cet en-
„^roit; ., ensuite plusieurs ,de,ces taches viennent se former
en , bas, pour .les. vertèbres lombaires , et enfin, plus tard
en haut pour les vertèbres ce.rvieales.
yiJI. Dans le repli falciforme.dpnt on a parlé plus
, Jiaut , il, s’opère .alors une .métamorphose très-reniarquable
que ^olff a. observée .avec upe exactitude qui ne peut
„êJb’é,.;fPrpa^sée ,,et,dw>' il , a fait, la description ayec beau-
,ç,opp„dej,cla.r,té et; de prolixité,; mais dont il paraît néan-
, mpipsnpus aypirréseryé l.’exacte explication , en ce qu’elle
.{,e,fppçle sur des faits qui résultent de l’observation la plus
,,ipipjptieuse etjqui n’étpient pas connus de Wolffrisavoir,
qu’if , ^1®. ferm®, ^n tr e les deux fp u jl le ts du bips tpder me une
,,t;rqjsllè^e ,n;iemb.i;3pe,ni,oyenpe , ;daps laquelle se dévelop-
.ipent bes yai^eaux, et. que , nous pommerons m,6mbrane
..‘^f^çulaire, et sur l’origine de laquelle nous dirons plus
has, ce qu?îl y, a, de pjus importapt. Cette mepabrane vas¬
culaire n’est cependant pas aussi grande que les deux
aqtrps ; , sa ilimite , au contraire , est déterpiinée par un
(Porqle,blgi)Ç ,^qui partage la zône.obsçure du blastoderme
,en de^ijt Piètres ..zones, popçen triques , ,00 sor te que , quoi-
, qu’elle,, s’qgrundisse, ayee Kblastoderme > elle est toujours
dépasp^ pur.|es,,bqr,ds .laçgeS; des cfiuches, séreuse et .mu-
j.qupuse. die ja communauté ,de, çes drp.is. naembrapes ré-
, iSpUent , ^es foçmatiops .nouyelles.
.^i^a jpcmbrane,yascuJ.aire.n,’ayait pris aucune part aux
;,forma,tiops,que B9fl® décrire. , En examinant le
fœtus du côté dirigé vers le jaune , on doit la trouver
.tendue, tout, unipient, sans entrer dans les plis primitifs,
.j^rrdessps ees piis ,jgar-des5us les vertèbres et la moelle
spinale.
ET OBS&R-VA T-IONS. SÔg
iPûur bien idire, il ^se faiit dans chacune de ces trois
couches une métamorphose particulière , et chacune se
hâte ;d’afriver à son but ; mais elles -ne sont pas encore
assez indépendantes pour pouvoir représenter , chacune h
elle seule, ce à quoi elles sont destinées ; .elles ont par
conséquent encore besoin de leurs secours mutuels, et
toutesdes trois , quoique tendant vers des buts dllFérens,
agissent en commun jusqu'à ce que chacune ait atteint
■une hauteur déterminée.
WoHE dit qu'il se fait ici un changement soudain ; nous
■trouvons devant nous des parties finies sans savoir com¬
ment ni d’où elles viennent, et Haller et Wolff qui , dans
leurs chefs-d’œuvre, auraient dû porter la plus grande
attention à ce changenient , l’ont màlheureusMnent aperçu
trop rapidement.
^Lorsque l’extrémité céphalique se porte en bas avec les
pHs'primi'tifs en 'formant le pli transversal , elle entraîne
avec elle mon seulement la mendbrane située entre les plis ,
-miais 'même celle qui deur est dé plus contiguë au-dessus
Æeux. -Les {dis s’arrêtentdà ,-màis da membrane descend
encore de son bord vers da queue , èt après être des¬
cendue d-une. ou deux dignes, elle se rejilîe sur ëlle-
même eu arcière et se porte aupdessus de da-tête de’l'em-
-bryen.
Comme cette partie -du t blastoderme ne descend pas
seulement de d’extrémité 'dumepli falciforme , mais aussi
des deux œôtés-des'plis primitifs faisant saillie en ‘haut , et
que tces sdeuxplis -latéraux se rapprochent de plus en plus
et finissentpar se confondre ensenàble par le milieu , il est
naturel > que; d’espace; dbrmé >par da ■ portion de -membrane
descendue, soit partagée ^en deux canaux, -dont chacun
forme un -sac fermé :en4aut -pt sur les côtés et ouvert à
la> partie inférieure. Le premier , ou l’inférieur, lorsque
nous examinons de fœtus couché sur de dos, se termine
36o , MÉMOIRES
en cul-de-sac vers la tête , tandis qu’il est ouvert en bas.
Cette ouverture du sac inférieur est la fosse appelée par
Wolff fovea cardiçica , qui mène dans l’œsophage , lequel
alors a la forme d’une poche. Les deux parties latérales
de ce sac, après s’être réunies pour fortrier l’œsophage',
vont en divergeant l’une de l’autre sous la forme des plis
et se pôrtent, dans l’aire transparente vers la queue , mais
sans avoir de limites déterminées.
Le deuxième sac , ou sac supérieur, est également très-
large , son ouverture est de même tournée vers la queue ,
avec la différence que ses parties latérales ne vont pas en
bas dans l’aire du germe , mais elles se replient vers la
partie supérieure i avec la membrane , qui delà passe sur
la tête du fœtus^pour remonter jusque sur les côtés de cc
cœur en forme de poche,
§. IX. Quand on considère le feuillet séreux du blasto¬
derme après l’avoir détaché du feuillet muqueux peu après
sa naissance, on aperçoit, soit à l’œil nu, soit' encore
mieux avec un verre de moyenne forcé , son espace in¬
térieur couvert de petites îles obscures , et autour de, celles-
ci un cercle également plus obscur. Ces petites îles oc¬
cupent la partie du feuillet muqueux qui forme, l’aire
transparente, aussi bien que l’étendue contiguë de la, zone
opaque du blastoderme, mais de manière qu’au-delà de
l’anneau qui renferme les îlots, une partie du feuillet
muqueux esf libre tout autour et parfaitement transpa¬
rent. Lorsque les deux feuillets du blastoderme sont
réunis, ôn y remarque déjà un anneau blan'châtre, qui
indique là ,plaiOB;OÙ éSt situé ce cercle plus obscur èt per¬
ceptible seuleménit sur le feuillet séreux, ; et; quand les cer-
; des SC forment , il y en a un : qui correspond exactement à
cet anneau. Lorsque le grossissement est plus: fort, on
remarque que cé? petites îles- sont formées , ainsi que leur
anneau, par dès globules absolument uniformes, très-petits,
quî sont accollés à la face inférieure de la couche sé¬
reuse.
Vers la vingtième heure , tout l’espace renfermé par ce
cercle , est uniformément couvert de globules , et les
petites îles ont disparu . Mais vers la trentième heure , toute
la couche globuleuse qui couvre le feuillet séreux se ré¬
sout en un tissu réticulaire. On remarque entre les glo¬
bules des fentes légères , qui se manifestent par leur trans¬
parence et qui se tiennent l’une l’autre comme des
mailles. Bientôt après les globules séparés par ces fentes
se réunissent de nouveau en îles , et prennent d’abord une
couleur jaunâtre , deviennent ensuite peu-è-peu rouges, et
forment enfin les îles de sang , décrites par WoIfT. Mais
avec les îles reparaît le cercle qui les entoure ; cet anneau
se confond diversement avec les îles voisines ; ses limites
n’étant en général pas bien déterminées, il prend la cou¬
leur rouge des petites îles. *
Ges îles s’alongent, deviennent plus étroites , se tou¬
chent àvéc leurs extrémités et constituent un réseau rou¬
geâtre avec des interstices trànsparéns. Il se forme ainsi
de petites rivières de globules rougeâtres j qui , suivant
leur grosseur difTérehte , se disposent par branches ou par
trohcs. ' • ■ ■ ' i -'■'■’i . . • \ .
L’interstice compris entré' ces'pètites rivièrés est rempli
en attendant par unè'méinbràne délicate , et' cômfne cés
courans se bordent peu-à-peù de parois , il se forme une
troisième, membrane située, entré lè feuillet séreux et le
muquéüX et tout' lé ‘ blastodérrne se composé ‘ VerS la
vingt-quatrième héurè , très - di'stïncténienf ' de cès trois
feuilléts‘ét couchés’ qu’on peut trës-fâcilemé'nt détachér
l’un 'de i’aütirel - ; mi
§. X. 'Üàrrangement, là, disposition la ideSlination
.dés petits codràhs dé Sang , ’êt^ par conséquent a'iifsi des
vaisseaux j sémbletit dépendre entlèrément de leur rapport
1. - 24
3/i-6 M È M 0 I n E s ■
avec le fœtus . el être déterminés jcn quelque sorte par la
moelle épinière. Nous pouvons bien distinguer trois espè¬
ces de ces courans de ^sapg le çerple dp sang , situé pu-
tftur de tout l’espace yasculaipe ; les br^nche^ , qui sont
eptre le fœjtus et le perde de sang et ^ui. se réunissent
en partie entre elles , pn partie ayec te percje de sang et
en partie aussi avec leurs typncs ;.et enfmles trpwcs mêmes,
qui pénètrent dans le corps du fœtus.
Le cercle de sang n’est pps parfaitement circulaire ; il
offre, à l’endroit oij il passe .par-dess,us la tête dn poulet,
une^chancrure en forme de cœur; aussi le sang n’acguiert
jamais de parois ici , niais il est librement dontenü dans
un espace que laissent entr’eux le feuillet séreux et la
membrane vasculaire ., qui pe termipe en çet endroit;
c’est pour cette raison aussi que nous ne devons pas per¬
mettre qu’on donne le nom de venu Urnt,inalis à ce cercle,
qui est un véritable sinus. Ce sinus ftirminulis a atteint
son degré de plus hautp perfection dès le quatrièipe jour,
car c’est à cette époque qu’il se montre le plus rouge , et
le plus large , et qu’il contient le plus de sang. Dès-Iprs
il augmente et s’étend toujours avec et comme le .blasto¬
derme, mais en s’appuynssant de sang, de sorte que vers
le septième ou huitième jour il ne paraît plus que sous la
forme d’un filament mince et youge , et il disparaît enfin
totalement, ne laissapt plus .qu’une légère ira^e dp son
existeppe.
.i^ous distinguons aux firanches sanguines ou vasculaires
deux sortes d’orifices dp terpainaispn. {L^un, pu rorifipe ex¬
terne dès branches, est ou tourné yep le jsi^us
nalis et. s’opyre dans ce.sinus, ou il est en cpmmunica-
tion manifeste avec l’orifice d’une autre îrancfie. L’pri-
fice interne est ^dirigé vers les pefits troncs; de cptte
manière les branches entretiennent joujpurs ur^eponiniu-
nication, soit entye les troncs et le . cercle de sang , jspit
ET OBSERVATIONS. 54^
entre les tronc^ inêmes. lies branches forment en outre des
anastomoses partout.
II y a iJBatre troncs et quelquefois cinq , parce qu’un
de ces troncs est le plus souvent double. Deux de ces
troncs se dirigent vers les côtés , de Fembrypn sous des
angles droits ; deux autres sont parallèles à l’axe du fœtns
et s’unissent dans la région de la fosse cardiaque. Les
prepiiers sont , d’après la décpuyerte de Spallanzani , des
aptères el les autres des veines,
La veine supérieure ou descendante sort de l’échan¬
crure çprdiforme du cercle de sang, lequel reçoit ici des
parois. .Celte yeine est çommuujétneut double , elle reçoit
les petits rameaujc des dernières extrémités des divisions
artérielles pt une grande quahtité de petites veines qui par¬
courent l’aire transparente, et parmi lesquelles se 'trou¬
vent auspî les paisseaua: à chfzpepon (■ Kappcngefœsse )
de Wolff.
La veine inférieure pu ascendante prend son origine è
l’®P4fPit opposé du çerele de sang, correspondant à l’ex-
tré^ité c^udaie dp d ’embryon ; gt quoiquele cercle de sang
Rfâ^PBte i,ci dp tenips en temps .unp échancrure , cette
veine ,naft toujours par -dps branches déliéeg. J^llcteonie
sur lé côté de la colonne vertébrale , passe gur lë tronc
artériel , i^çplt plpsieurs rameaux veineux qui s’anasto-
ÎPOépnt prcc lé? artèrés. etee réumt à la veine désGen-
daute , peu avant son entrée dans le coeur.
léP,RCs dé-S dé.nx artères passent par Faire transpa-
rente ej; comniencept îpurs :n.Oînbreuse.s ramifications: seu-
léffiéR!' JPRÇÎH’ill SSBJtipar^enus dans la zone opaque du
rl^^flÿP4ééRlé' di .e,st par coiaséquept très-femarqiiàblè que
l’aire transparente ait de nombreuses veines et' qu’elle n’ait
P®l“t d ertéres , quoique les plus forts rameaux veineux
de Faire dp proviennent des artères et neparcou-
rent que ce seul espace. . •
!4..
S48 MÉMOIKES
A mesure que le cercle dé sang diminue, on voit dis¬
paraître également les deux veines qui deviennent, comme
le cercle de sang , d’abord plus minces et plus faibles ,
jusqu’à ce qu’enfin il n’en reste plus que de faibles traces.
Les ramifications des veines qui s’ouvraient dans ces troncs
primitifs commencent alors à prendre la direction des ar¬
tères , et ces branches veineuses se rapprochant de plus
en plus des artères , finissent par former deux troncs prin¬
cipaux , qui sont adossés aux branches artérielles et entrent
avec celles-ci dans le corps de l’embryon.
Il est encore à remarquer que les artères et les veines ob¬
servent entre elles une espèce d’arrangement par couches,
de manière que les artères se ramifient dans une couche
plus. basse , tandis que les veines s’étendent davantage sur
ces. dernières. '
Les deux nouveaux troncs des veines s’étant formés
environ vers le cinquième jour, toute l’organisation vas¬
culaire reste telle qu’elle est jusqu’au neuvième jour (ab¬
straction faite de l’agrandissement progressif) , Dès-lors
l’espace vasculaire n’augmente plus , et vers le quinzième
jour les vaisseaux du blastoderme paraissent en général
dépérir, parce qu’ils deviennent toujours plus petits.
XL Pendant que le système vasculaire du blasto¬
derme se forme ,, tout le blanc de l’œuf situé au-dessus
de lui se trouve déjà repoussé, et le jaune s’est appliqué
intimement contre la face interne de la coque , par le point
où se passe tout le développement. Entre le quatrième et
le sixième jour, où la membrane du jaune , au-dessus du
blastoderme , a disparu avec lés chalazes , le blastoderme
tient si. fort à la coque, qu’il faut alors la plus grande
précaution en ouvrant l’œuf couvé pour ne pas léser le
blastoderme en cassant la coque. Il se passe donc ici un
acte respiratoire avant l’entière formation du chorion.
§. Xll. Le rudiment du cœur , qui se présentait vers
ET OEÆEEVATIONS, J4(j
la trentième heure comme un sac ouvert à sa partie infé¬
rieure , se manifeste bientôt comme un canal droit et plus
étroit, qui s’ouvre inférieurement par deux orifices laté¬
raux vers l’aire transparente , à l’endroit où elle aboutit
à la fosse du cœur. Vers la trente-sixième heure, ce canal
simple, cylindrique, reçoit deux rétrécissemens qui se
partagent en trois portions élargies, savoir, la supérieure,
l’inférieure et la moyenne. Dès-lors le canal se porte plus
vers la gauche, se replie d’abord en forme, de croissant,
puis en forme de fer à cheval vers la quarantième heure,
tandis que ses deux extrémités restent immuables à la
même place , de manière que sa courbure et sa saillie au-
dessus du fœtus ne paraissent être que les suitcs immé-
diates d’un prolongement qui s’opère en lui. C’est, alors
que les rétrécissemens s’en vont, et le canal devient uni¬
forme , excepté qu’il est toujours plus large au milieu ,
où se trouve la plus forte courbure.el la plus grande dis¬
tance du' corps.
Jusqu’alors on n’aperçoit rien de distinct de la partie
supérieure du cœur, ni de sa continuation , ni de sa fin.
Mais entre la cinquantième ou la soixantième heure , le
canal ayant fait un tournant, nié à tort par Haller, on le
voit distinctement se prolonger en une artère ascendante.
Vers la seixantième heure , le cœur s’élargit en quelques
endroits en forme de tubérosité , se rétrécit et, de¬
vient plus étroit. Il y a/ trois de ces dilatations : l’une in¬
férieure, plus petite , ronde, Usac veineux; uncmoyehne ^
plus grande, longitudinale , le ventricule ; el une troi¬
sième, de nouveau plus vonàs, le bulbe. de l’aorte.
De ces rétrécissemens qui séparent les dilatations , il se
forme dans la suite des canaux- distincts , différant de çes-
dilatations par . leur volume plus, élro.it de manière que le
ventricule et le sac veineux sont réunis par le. au-
r.icularis de Haller, le ventricule avec le bulbus aortœ
3'3o ni '£ keV •'
par lè frÉtüin. ï)ü bùlbüs àortœ un canal élrbit, le ros~
trum de Hàller, côridüit à deüx où froiâ BrÙnélies plus
petites , qtil sont les ràèiÙès de Tflorté, et cèiles-fci s od-
vtént îmmëdiatèiiiént dahS la croisse de l’aorte üiêiüé.
Peü-à-peü cés endroits rétrécis du cœür diéijaraissent.
II n’existe bientôt pliis de trùce du Vosirvùm tü lAafrciüm ;
le canalis auricütaris même se retire vers lé «Xiêdie joür
dans le ventricülè.
Ge eanal passe inâintenâüt dans lé coeur parfàitemètit
forttlé, en Se repliant ^ se rétrécissant par endroits, eii Se
retiéaüt Sur et dans lùî-îiiênlé, et en donnant de rextedsion
à ses p'àrois. Il ,Sèrâit Superflu de ddddér une plu S atùple
description de cette rriétamdrph'ése , qüi à été Si Bien
Wàitée par Haller et si bien représentée par Malpi^Hi , qui
laissent à pëinè à désirer quëlqüè chose , et auxquels ilods
ne pouvons qüë nous rapporter tout üriiinélït.
§. XlII. Lacrossè' dë î’àortë, Ibrmée par lès déüi o‘ü
trois petits troncs sortis du bulbe, est située latérdlèméüt
à côté du cèéur. iDans la tégiod delà fosse du chédi*; ce
Irëtic siniplè se pârtàge en deux irbrics artérifels üliîfôrmes ,
qiii descendent lè long d'd ràchis , parallèles Tun à l’autre
jusqu’à l’extrémité caudale; Gbàcün de cés tirOnéS descen-
dàns , qüi sont les artères iliaques dé l’ànimàl formé, émet
de sdii éôté, sOüs ürt angle droit; l’artère dë ràirù fàs-
cülàiré. Mais à i’èxtrëmitê càüdale il se partagé en brdùbhës
plus déliées , qui passent 'dlréctènient dans deS veinés.
Les deux veines dèscéndânlés de l’aire vàscùlàire entrent
alors imiüédiatétiiënt âüx dëux düt'èrtdrël latérales , qùë
l’extréniité inférieure dù ëanal ëârdiaqùë àVâit présentées
ëü dehors dans lés premiers coÉadhéncèmeüs j à leur entrée
dans le cœur elles s’ühiàSént àié'c là teîné asbeiidantë. A
mesure qüë là formàtioh àvàncé, lëS deux oüiërturès vëi-
rtéiièës latérales dü coéür Sé retirèhl tellënient sur ellés-
riiériiëS, qü’ll në resté plus qu’Une seule buvërtürë pOur
et obsérvations. 55ï
les trois teiaes , et (^ae ceBes-ei même foraient, avant
d’ëntrer dains le cœur , un tronc tout court. Lorsqu’il n’y
â qu’une veine descendanté . Ce qui arrive rarement , alors
le fcoèur paraît ù'avoîr aûssî qu’une ouverture unique pour
i^êCèfôîf Cè6 veines.
A- pféséM^ où ^eùt 8é former une idée claire et précise
de là circuïâtîon.
La partie artérîeile du eoeup qui se contracte chasse le
sang avec uhe force et une promptitude admirables dans
l’aorte ; le cIîoc qui en réstflte est transmis rapidenient
par les deüi tronCs artériels de rcspacè vasculaire , dans
fonfès lèuta fàfnlficâtionS , et le sang est poussé plus loin.
Lorsqu’à la dilatation du cœur qui suit sa contraction la
forcé du choc s’évanouit, le sang reste tranquille dans
les grandés ârtèrêS, tandis qu’il contraue à couler d’unè
manière égale dans leé ranséaux plus fins. Mais les ra¬
meaux artériels les plus, déliés versent leùr sàng en
partie dans les rameaux dés veines , ce qu’on voit ici
d’üdô manière itifidimeht distincte , en partie dans le
sktis circulaire. Le sang est en monvement continuel
dans lé sînüs. Aux deux côtés du fœtiis , juste vis-à-
Vis des deux troncs artértels , lé conrs du sang se partage
en deux directions Vérs le' point où naissent les deux
veines S le sang se jette alors librement dans les deux vei¬
nes descendantes , mais il ne parvient à l’ascendante que
par ses rameaux. Atec ces tronCs veineux sé réunissent
alors les branches veineuses qui ont reçu lé sang immé-
dia’temént des rameaux artériels. Mais de même que dans
lès grandes artères , le sang n’est chassé en avant què
lorsque la partie artérielle se contracte < dé même dans
les grands troncs veineux, le sang n’est refoulé vers le
cœur que lorsquè la partie veirieuSe de cet organe se di¬
late , et il devient clair par là , que la dilatation du
’ cœur agit en effet sur le sang, comme une 'force atlrac-
552 .EXTRAITS
tive; Nous devons faire remarquer au, reste que plus les
contractions du cœur sont vives , plus le mouvement de¬
vient .uniforme .par tout le système vasculaire , quoiqu’on
observe toujours, même dans la contraction la. plus forte,
une stagnation de sang qui alterne avec son mouvement
saccadé. Mais quand le cœur devient plus faible , le, sang
entre dans un mouvement d’oscillation , jusqu’à ce qu’il
finisse par se trouver dans un état de repos, complet. Rien
ne change tant la direction naturelle dans le cours du
sang, qu’une lésion accidentelle de la membrane, vascu¬
laire, parce qu’alors tout le sang ne suit plus dans son
cours d’autre direction que celle qui regarde l’endroit
lésé.
a Sed mîrum non est , quantum , etiamsi OEdipus
fuerit , in scrutandis et cruendis ovis incubatis quis de-
cipi possit; quasi ova sorutare et non simul err are im¬
possible sit s dit Wolffj et il a fallu, malheureusement
qu’il fournît, lui-mêpie le triste exemple de la justesse de
cette pensée ; car tout ce qu’il dit sur la formation et sur
la destination des vaisseaux du jaune , est tellement éloi¬
gné de la vérité , qu’on est porté à croire qu”il n’a suivi
en cela que l’impulsion dé son»imagination , sans avoir
interrogé la nature d’une manière sérieuse.
Spallahzani s’est au contraire prononcé là-dessus d’une
manière claire , précise , et entièrement conforme à la
nature , et il est bien étonnant que tous, ces faits soient
jusqu’ici restés cachés ou qu’on en ait négligé l’étude.
. ; .Le p^nomène de la circulation est si surprenant par sa
beauté, que nous invitons tous ceux qui ûnt;quelque goût
pour les études de la nature, à ne point négliger cette belle
, occasion que présente l’œuf couvé, pour avoir la jouissance
de ce magnifique spectacle , sur-tout puisque l’expérience
nous a, suffisamment prouvé que l’on ne pouvait rien dire
de positif sur la nature , pas même sur le trajet des vais-
E T 0D8ERVATI0B 9. 555
seaux du jaune , à moins qu’on n’ait vu la circulation.
C’est ainsi que Spallanzani trouva la vérité. Il faut à cet
effet, au troisième jour de rincubation , ouvrir un œuf
dans de l’eau chaude , porter promptement le blasto¬
derme sur un verre un peu concave , et soumettre le tout
à un microscope composé , à large foyer ; entretenir le
mouvement du sang très-animé , en y versant des gouttes
d’eau chaude.
XIV. Pendant le développement du système san¬
guin, pour lequel il faut environ 6o heures depuis la
naissance des îles jusqu’au moment de réapparition des
deux troncs veineux latéraux , le jaune subit aussi un
changement considérable.; il se décompose , devient
fluide , et ne se concrète plus , même en faisant cuire l’œuf
couvé , mais il perd sa couleur jaune en prenant une
couleur d’un blanc-grisâtre. Le noyau de la cicatricule et
les cercles se perdent en ce moment. Ce changement du
jaune n’a lieu au reste que lorsque celui-ci est couvert du
blastoderme, et il ne s’étend plus loin que par l’accrois¬
sement de cette membrane ; c’est pourquoi il commence
à la surface du jaune , se porte delà vers son milieu ,
et change le jaune , selon Gruithuisen , en un fluide par¬
faitement semblable à du lait ; ce qui prouve évidemment
que la décomposition n’est pas une suite immédiate de
l’influence de la chaleur de l’incubation , mais qu’elle
consiste plutôt dans un rapport dynamique existant entre
le blastoderme et le jaune , et que ce changement ne se
fait pas , comme le soutient M. Léveillé , par l’absorption
de l’albumine au moyen des chalazes.
La membrane du jaune , déjà mince et transparente
au-dessus do la cicatricule avant l’incubation , le devient
de plus en plus dans la suite ; elle s’approche à vue d’œil
de son entière décomposition , pour faire place h une
nouvelle membrane qui lui succède, A sa disparition cor¬
respond la décomposition des chalazes.
3à'/î M È 51 0 ï n E s
§. XV. PreSijue dé la riüérne iüààièrë que nous avons
vu roesoptage' èëi former , ù'ous fôyoïïs üü phénomène
sembfahle à l’extrémité éppéséè de l’émÊéÿoh , êt quet-
qdes heuWs plüs lard’; à î’èitrémité’ éâudaïè pàfaî't üh
répli qui ne diffère de éètui dé l’oÈsopfiàge que par sa
forme et sâ‘ grarideùé. té hlàstèdéMë âtüê au-dès^ous de
rëitéémilé , ëii formé de lenëéfté, dé là' mMlé épinièië ,
se réunit en bas et sur les côtés , de manière è fbfmér un
pétît èéc iïïfundibiififoi'thé ô'dvérf par é‘a partie îhféfîeitre ,
dôrit la ihémbM'ûé éxiëiHé, c’ésf-à-dirè , lâ‘ couché sé-
reusé , éôhéfitifé le rudîffieht du h'assîn , et dont f’ihtérné
ôiï la coùèhé vàscülairë , éonjomteméhé avec la' couché
inüquéüsë , compose le rectum énfèrmé sous la èOuche
sérèusë.' tés êktrémités dès parties latérâlès de ces tuyaux
se dirigëïît sôus la forme de pifs vers l’exf rémîté süpériéufé
du fœtus , oh élïés âé ééumssént qüélqué fètrips après
avec lé^ plis tenant d’ën haùt , qüî sont lés extrémités de
l’ÔBs'ophagë , ètèhférmehi, éritéédës bords pafàh cliques,
le foetus encore ouvert pârdévâàt.
C’est àîhSi qüë sé présenté à hô'us èh ce moment lé rii-
dimént dès infestins et dû éoèps shüs la forme de plis ,
dont il y éh a deux dé éha^tié côté dit fœtus , et dont la
pâiré tant infèénë qû’éxtèrhè èSf üriie eh formé d’arc éh
haut et en bas. Mais coffimé lé blastodétmé avait été
composé de trois ééüchèà , éhacüflé commençant sépdré-
mènt marché ters son biit déterminé poüf remplir une
fonction particùlière. C’est ainsi tpië la couche sérëusè
éiterne fdrmé la paroi eXterhe du Corps , de la poitrine ,
de l’abdomen , du b'assih , aîrisî qüé l’arnhios propreméht
dît. Èlie âtaît déjà formé la tête , comme nous l’avons Vu.
Les déiii autrèé' féuillets du blâ'sibdermé fprméht dé la
mêmé thaiilèlrè lèS îhtéstîtis ét lé mésèûtëré.
ÎMOuS dëi/ons àVoüer sincèréafèttt qite ÜoS rèchërchesne
iioüs élit pas tais à même de décotivrir là naissance du
ET OnsÊRVÀf IONS. 355
tàn'al îù'tëstînalj, depuis soii principe jusqu’à sa formation
parfaite , àüssi précisément qu’il est nécessaire pour
rèprésentér la membrane muqueuse , comme étant la
seule partie forinatricê aux diverses époques de ce dé-
vèloppeinént. Lé résultat prouvé cèpiendant avec une certi¬
tude prësqü’îrréfragàblè , qüé cette Opinion n’ésf pas sans
fondenierit , en cè que lés 6/ et 7.° jours , ou , éri géné-
ràl , qüaiid lé canal intèstinal esi fermé , les vaisseaux dé
la mëiübràne Vaëcülàiré ehtfent distinctement par dessus
lé rectam , et sans pénétrer dans ses parois j immédiate¬
ment dans les lamelles du nàésehtèrë , qui sont les prblën-
geidëns dé la mëmbrarié vasculaire. I^oùs allons faire part
ici dé nos observations sur l’origine dd canal intestinal ,
qiii ne s’accordènt pas toujours évéc les résultats de Wolfh
Nous dvëns observé le réctum et l’oesophagè comme deux
entonnoirs fermiés d’üh côté, ouverts dé l’autre, et situés
à rbppésitë l’üh de l’autfe. ils sont situés tous deux im-^
médiatenierit sür la face inférieure dés plis primitifs fer¬
més, parce que les membranes Vasculaire éf muqueuse ,
adxqdèllës ils doivent leur ëiîstèncë , rëcouvrent iminé-
diatémént îâ cOlonüe Vertéfcralé. Aussitôt qu’ils commen¬
cent à s’éloigner insensiblement de cëlle-ci , et que leur
fente d’aboéd lârgèment ouverte , se refermé de plus en
plus , là mëtnbfârié qui les upit suit cëtté séparation , et
ce rétrécissement présente alors deux lanièlles contiguës
dont lés bords, se confondant ensemble le 5.° jour, pro¬
duisent le mésentère. Gë bord ainsi confondu eSt la suture
dë l’inteStin moyen de Wélff, parcé que , ëntr’elle et lé s
plis , tant descendant de la fosse du cœur , que remontant
de la gaîne de la queue , s’olFre alors l’intestin moyen ou¬
vert, mais qui sérâ , à la fin dd4'“ ou au commencement
du 5.” joür, entièrement fermé , et ne tiendra pluS au
jaune que par lé düctus vitello-inicsiinalis qui réstc on-
356 Mi ni 01 B ES
§. XVI. Quand les plis primitifs se sont réfléchis , et
que le pli céphalique s’est formé , on peut facilement pé¬
nétrer avec une sonde entre celle-ci et le cœur qui s’est
formé dessous , et jusqu’à la région de la fossette du
cœur. Peu après il s’opère une nouvelle formation qui
bouche cette entrée , et ne permet plus l’introduction de
la sonde , ou du moins que très-diflicilement. Il s’est
formé dans la partie du pli céphalique qui dépasse la tête
du fœtus , une petite fosse , aux bords de laquelle le feuil -
let séreux s’élève bientôt en pli , et se porte en forme do
capuchon au-dessus de la région postérieure de la tête^
Un peu plus tard, il se forme au-dessus de l’extrémité
caudale du fœtus , vers le bord du rudiment du bassin ,
un semblable capuchon , mais plus petit , et ces deux
capuchons se terminent aux côtés du fœtus , par deux ap¬
pendices latéraux. Il se forme près du dos deux autres
plis latéraux. Toutes ces parties constitueront un peu plus
lard les membres thoraciques et abdominaux, maintenant
que tout le développement est tourné en dehors , et passe
au-dessus du dos de l’embryon , tandis que les précédens
se formaient à son ventre , et que les plis étaient tournés
vers le jaune. ■ — De même que , chez les précédens ,
toutes les lamelles du blastoderme coopéraient dans le
principe à cette formation , et que les membranes vas¬
culaire et muqueuse se montraient , en quelque sorte ,
seules actives , en se séparant l’une de l'autre , de même
les trois membranes agissent ici en commun dans le prin¬
cipe , jusqu’à ce que cette membrane séreuse soit seule à
même de se soutenir , dans cet acte , comme membrane
formatriep unique. ,
De cette manière le fœtus parvient à être placé dans une
fosse longitudinale , qui , en s’agrandissant qt rapprochant
ses bords , finit par l’envelopper comme dans une poche.
Celte enveloppe est l’amnios , qui , dans son origine ,
ET 0B8BftVATI0NS. 357
était un repli formé de deux feuillets. La façon dont les
plis qui composent l’amnios se fermenft pour constituer
une enveloppe en forme de sac, est tout-à-fait singulière.
Elle se fait bien par les plis latéraux dont les bords se
confondent , mais cette fusion commence en haut au
bord du capuchon de la tête, d’une" manière tout-à-fait
insénsible, et s’étend progressivement en bas vers le bord
du capuchon de la queue , d’où résulte un raphé s’éten¬
dant le long du dos , et dont le prolongement ferme de
plus en plusTcntréé de la cavité de l’amnios , et l’oblitère
complètement vers la 96.” heure.
Cette oblitération est accompagnée d’une métamor¬
phose particulière des deux feuillets del’amnios. Le feuil¬
let intérieur , que nous nommerons avec Wolff amnios
véritable, forme une poche ou vésicule remplie d’eau,
qui lient le fœtus enveloppé d’abord h l’étroit, ensuite au
large jusqu’à l’abdomen où il représente le grand anneau
ombilical, en passant dans la membrane du fœtus», Le
feuillet extérieur , que nous nommerons /««ce amnios ,
quoique nous n’ignorions pas que Wolff a désigné toute
autre chose par. ces noms, acquiert cette indépendance
qui le rend toUt-à-fait méconnaissable , quand on ne l’étu¬
die pas dès son origine. Ce feuillet s’éloigne du véritable
amnios sous-jacent , à l’exception de la place où la suture
s’est formée, et par laquelle il reste toujours attaché ; il
S3 répand en s’applatissant sur le fœtus renfermé dans
son véritable amnios , et s’étend par-dessus le blastoderme
jusqu’à son bord extrême. Il remplace de cette manière
la membrane du jaune qui a disparu , et pour laquelle on
le prendrait aisément, comme il est arrivé" à tous les na¬
turalistes précédons , nommément à . Tredern , qui , mal¬
gré la fidélité 'avec laquelle ib représente la chose dans
une figure , fut induit à croire que l’amnios , en se croi¬
sant, s’attachait à la membrane du jaune.
558 jiiMoiBES
XVII. Une npuvçUe vésicule, le chorion , se déve¬
loppe depuis la région inférieure du fœtus , aussitôt que le
véritable amnios , comme véisicule qui entoure le foetus j
a atteint presque toute sa perfection , et que la formation
dn canal intestinal est assez avancée pour qu’on puisse
distinguer l’œsophage et le rectum , et que le niésentère
est fermé. Ce chorion prend naissapce sur la paroi anté¬
rieure du rectum , près du passage de celui-ci dans le
cloaque , sous la forme d’une vésicule oblongue , rétrécie
au milieu, et partagée ainsi en deux moitiés inégales. La
petite moitié provenant de cette division est située immé¬
diatement au rectum; la grande au contraire se montre
supportée par un pédicule mince , entre le véritable et le
faux amnios , et le blastoderme , à l’extrémité du fœtus. 4
sa première apparition elle a la’ grosseur d’une lentille;
elle est remplie d’un fluide limpide , elle augrnente rapi¬
dement en grandeur , passe par dessus le véritable am¬
nios , et se met dans l’espace formé par le faux amnios
avec le blastoderme. Le faux amnios qui , à cette époque ,
s’est presqué tout-àrfait séparé du véritable , trouve dans
le chorion nouvellement formé un nouveau point ; il se
confond avec lui , et paraît par là avoir donné lieu k l’er¬
reur singulière de regarder la vésicule du chorion conime
formée de deux membranes , dont l’interne serait une
allanpîcU, Nous pouvons assurer qii’il n’y a pas d’allan¬
toïde dans l’œuf , à moins qu’on ne veuille, ayec Qken ,
regarder le chorion même comme rallantoïde des uiammi-
fères , ce qui pourrait.se faire.
Dans l’œuf des oiseaux il n’y a pas d’autre allantoïde
que celle-là , par conséquent non plus d’ouraque condui¬
sant au cloaque. Il résulte de cela que lai bourse de f^abri-
ciu^ {buvsa Fabricii) , qpi n’a absolument rien de com-*
mun avec le chorion , mais qui se développe de soi-mêDoe ,
n’est pas un rudiment,dé l’ancien ouraque. La fusion du
bienjtQt sur toute la surface de la véjsiGule , après guoi |es
deux membranes paissent l’iipe 4ans l’autrp en se con¬
fondant.
Le nhormn change alors saforme primitÿye, et, con¬
fondu avec le faux amnios , il sort dç ji’espaçe étroit ^ui
sépare l’amnies du blastoderme , ppnr entourer fe fœtus ,
ses enveloppes et Je yitellus , et s’appliguey ainsi à la face
interne de la c,oq,uiIIe. Ç’e.st seulepaent à la pointe de
l’œuf où se trouve jusj^u’aux derniers Jours de l’iincuba-
tion un reste d’albumine épais, sie ,
quille demeure Iil)re du cjbqyiqn-
Sur le chorion se ramifient les yaisseaujc onabilicaux
généralement connus , si bien d.esj^inés par piuntcnbach
et par quelques autres jmatomistes.
Encore un .mot ^ur ,
qui fait l’objèt ,4“ T^ailé ,de Jd. Léye.ijlé.; ouvrage qui
contient de nombreuses erreurs. Cp ligament çst situé
le long ^*1 d^ctus yltello - J avec lequel
M. Léveillé l’a confonduj il se rend du ^lastqdernie à
l’amnios,, pt nous semble i;é.3n|te|‘ d’qne jreinc oblitérée.
EXTRAITS ET ANALYSES.
Expériences sur le Système nerveiix de l’ homme et des
animaux ; publiées en Italie, en 1809 , et répét^ en
Paîis nn moment .où Ton s’occupe avec tant d’ardeur
de recherches sur les maladies et les fonctions de l’encé-
560 EXTRAITS
phale et du système nerveux, nous pensons que les lecteurs
ne verront pas sans intérêt les travaux importans publiés à
ce sujet en 1809, par L. Rolande (1) , alors professeur
de médecine en Sardaigne, et occupant aujourd’hui une
chaire d’anatomie dans l’université de Turin. Comme
les expériences curieuses qui ont conduit ce savant mo¬
deste à des résultats physiologiques et pathologiques en¬
tièrement neufs , viennent d’être répétées en France (2) ,
où elles ont excité tout l’étonnement d’une découverte
nouvelle , je crois devoir payer à mon ancien maitre
le juste tribut de ma reconnaissance , en donnant à ses
belles expériences toute la publicité qu’elles méritaient
d’avoir depuis long-temps.
Dans la crainte d’être taxé d’in justice et de mauvaise
foi envers le physiologiste Français, dont les travaux
sont postérieurs de 1 5 ans à ceux dont je vais rendre
compte , j’extrairaii textuellement de l’ouvrage cité de
Rolande les expériences qui y '.sont consignées , et je les
mettrai en parallèle avec les résultats de celles dont le
célèbre. Cuvier a été le rapporteur.
On Verra que ces expériences et ces résultats ont un
tel air de parenté , qu’il ne faut rien moins que l’habileté
reconnue du jeune expérimentateur Français, pour croire
que ce n’est que par hasard qu’il se rencontre sur la
même route que le professeur de , Turin.
Je dois prévenir que , pour l’intelligence des expérien-
(1) Saggio solia vera sthiUura del cervello delVuomo c degU
aiiimaU , e sopra le funzioni del sistema nervoso ; par.L. Rolaiido.
C Sassari , 1809. ) -
(2) Rapport sur un Mémoire de M. Flourcns', inliliilé : Délcrmina-
liou des propriétés du Système nerveux , ou Rechcrclics pliysiqucs sur
l’irritabilité et la sensibilité; par M. G. Cuvier. (^Mémoires du
Muséum d’histoire natUrçllié ; cinquième: année , a.s cahier j p. iiaô ,
Paris , 1822. ) ■ I '
ET analyses. â6î
■CBS que je vais rapporter , M. Rolando débute dans son
ouvrage par une nouvelle description de la structure des
organes cérébraux. Je m’abstiendrai néanmoins d’entrèr
à cet égard , dans des détails anatomiques que je suppose
connus du lecteur , d’autant plus qu’pn peut lire le trai¬
té d’anatomie descriptive de Cloquet ,, qui paraît avoir-
emprunté de Rolando sa description du cerveau.
Un fait que je crois devoir encore rétablir ici , c’est
que la marche des fibres médullaires qui s’épanouissent
pour aller fornaer les hémisphères du cerveau et du cer-
veiet , découverte par Rolando , ne diffère pas essentielle¬
ment de l’explication qu’en ont donnée les dpcteurs Gall
pt Spurzheim. « On pourrait croire , dit M. Rplàndo , que
j’ai eu quelque connaissance de la manière exacte dont les
ingénieux anatomistes de Vienne ont démontré qu’il fallait
examiner le, cerveau J mais çe, doute s’évanouira, en faisant
attention que j’ai annoncé, il y a deux ans, une nouvelle
structure du cerveau entièrement diverse, de tout ce qu’a¬
vaient dit avant ce temps les plus célèbres anatomistes (i)»
J’ajoute que je confiai , à la même éppque , au professeur
tailoni , secrétaire - général de l'Acad^ie Italienne >
un mémoire contenant l’explication des fonctions du sys¬
tème nerveux chez tous les êtres vivans , fondée sur leur,
organisation , et sur des expériences qui démontrent l’usage
des diverses parties de la masse cérébrale. Bien plus ,
dans mes leçons de médecine théoiiico-pratique, non seule-,
ment j'ài .classifié .depvHs long-temps les nialadies du ,sys,-
lèine nerveux en affections dés héniisphères , du cervplet ,
fle| la moelle alqngèe et du nerf intercostal , mais j’ai en-
ePrè enseigné^’ toujours à l’appui des expériences et des oÜt
sèrvatiéns , qu’i| n’y avait pas un symptôme , pas un phé-
(i) Memoria salle cause da oui dipendo la vite d«gU esseri orga-
nizzati, {Fircnae y 1807. )
20
g&i tXTBAITS
nomène qui no trouvât une explication facile , tandis que ,
dans les iüeÜleurs tVaités sur oes maladies , tout ést dé-
sbfdVe , obscurité et confusion.
» Il me semble que rdü d’aura pas de peine â conclure
de tout céci que je connaissais la structure du cerveau
telle que je l’ai décrite , bien avant que les médecins de
Vienne eussent publié leurs observations anatomiques ,
puisque c’est à l’aide de cette structure que j’ai expliqué
les fonctions de l’encéphale avant cette époque , ainsi
que les altérations morbides les plus difficiles à compren¬
dre (i). Je suis bien loin de vouloir insinuer pat* cetté
citation , que MM. Gall et Spurzhëim aient profité dès re¬
cherches anatomiques dè ROlando ; je sais au contraire
qu’à l’époque où ces deüx célèbres anàtOmistes publièrent
leurs premiers traVaüx , il était impossible qu’ils eussent
Connaissance de l’ouvragë dont nous ùous entretenons :
cë n’ëSt pas la prënrfère fois que des hbtiimés dé génie se
sont iroüt^éS d’accol’d sur un tnèide point dé doctrine , à
riris^ü les uns déà àutréS. »
Après Oettè légère digression . reVëtïoné à notre sujet.
Ë'cÉpéi^iènàès iltt* ib céihe'àiï. des niammtfères (2) .
— i Voulant dêteriirinër lês effets quë produirait Un coU-
rdtit de fluide galvâhiqüè dirigé du éèrveàu vers les diffé¬
rentes parties, (ë’èfet Rolande qui parlé) , je trépanai le
Crâne d’un côchoü , et j’introduisis un conducteur de la
pile voltaïque daUs lés hétniSpbères du cervëaü , en le
portant tantôt Sur Un point , tantôt sür un aiitre, tan¬
dis que l’autre fil était Mis en contact àveé différentes
aütrès parties du corps. Cès expériences répétées sur plu¬
sieurs quadrupèdes et sür dès oisëàüx; ilè me donnèrent
pour résultat qué dëS contractions violentes , mais j’ob-
fi) Saggio suBa itéra slruUui-à , etc. , p. 8g.
Saggio itdla vera struUura deV cervéBo, p. 3i.
ET ANALYSES. 563
serval qu’elles étaient heaucoup plus fortes , lorsque le
métal conducléur pénéirait dans le cervelet. Les hémi¬
sphères du cerveau-, dans le cochon, avaient été un peu
déchirées par -l’introduction répétée de la pointe du con¬
ducteur , de façon que les corps striés et les ventricules
en furent assez endpmmagés. L’animal vécut encore douze
heures dans un état d’assoupissement , et il aurait vécu
plus long-temps encore , s’il n’avait pas eu à essuyer d’au¬
tres attaques. ^
Je ne tirai pas d’abord de ces expériences les consé¬
quences que j’en ai tirées, depuis que j’ai découvert que les
hémisphères du cerveau étaient un amas de fibres des¬
tinées à produire des mouvemens particuliers , et après
avoir tenté sur le cervelet les expériences que Je rappor¬
terai en parlant de cet organe.
Un chevreau très-agile, dont Je perforai le crâne sur
deux points difTérens , me donna des résultats beaucoup
plus satisfaisons. Après avoir introduit un stylet par une
des ouvertures faites avec le trépan , je coupai presque
tous les fdets de substance médullaire qui traversent la
portion cendrée , d’où elle prend le nom de corps strié ,
j’intéressai même le corps calleux et le ' septum luci-
dum ; malgré cela , l’animal se soutenait sur les pie4^
et marchait en tournant dans le ^ens de la partie lésée.
Une demirheure après , je pratiquai la meine opération
sur l’hémisphère gauche , mais je coupai les filamens
que j’ai décrits plus, prés de leur origine, et là où ils
conservent enc^ire le nom de jâmhes dü cerveau. Quoi¬
que la perte de sang ifât .considérable , l’animal ne laissa
pas de rester ferme et immobile sur les pieds pendant
l’espace de près de deux heures : seulement il se remuait
lorsqu’un choc violent le forçait à , changer de .situation 5
mais des irritations légères , un bruit assez fort , la vue
des alimens ne lui faisaient pas exécuter le plus pêlît mou-
eS..
EXTRAITS
B64
vement. Après deux heures, il columença à faire quel¬
ques pas pour s’appuyer contre le mùr, ou pour sê
fixer dans un coin , et il passa ainsi deux où trois heu¬
res dans un état d’assoupissement où d’un sommeil
profond. Vers le soir il se coucha , et dormit proba¬
blement toute la nuit, puisque le lendemain matin , il fut
ré trouvé h la même place. Je le tuai trente-six heures
après l’expérience , pour examiner les parties qui avaient
été intéressées.
La même expérience faite sur un petit agneau dôiina
le même résultat. On doit cependant observer que l’im¬
mobilité et l’état d’assoupissement sont moins surpre-
nans ici que chez le chevreau , qui est naturellement
plus vif et plus agile. Je fis les mêmes essais sur deux
chiens de taille ordinaire ; et quoiqu’il survînt une forte
hémorrhagie chez le premier qui fut soumis à l’expé¬
rience , j’introduisis néanmoins un stylet tranchant dans
l’un, puis dans l’autre hémisphère ; je coupai les corps
striés eh dilTérens points; je perçai les jambes du cer¬
veau et les couches optiques vers la protubérance annu¬
laire, après quoi l’animal se tint quelque temps sur ses'
pieds , puis se coucha et resta comme pris d’un profond
sommeil pendant l’espace de dix heures. Enfin , après
quelques mouvemens d’extension , il cessa de vivre. L’autre
chien devint comme apoplectique à la première intro¬
duction du stylet qui servit à couper les corps striés et les
parties voisines ; mais après une lésion faite sur les cou¬
ches optiques et sur les proéminences big'éminales , il fui
attaqué de spasmes tantôt toniques , tantôt cloniques;
il resta pendant quelque temps cataleptique , puis, il ex¬
pira quelques heures après , au milieu des convulsions.
Des phénomènes fort curieux furent aussi observés
sur un gros cochon chez lequel on avait coupé les fibres
qui vont des couches optiques aux corps striés. A peine
ET ANALYSES. 365
fût-il Opéré , quo l’on observa qu’il ne remuait plus les
extrémités antérieures , comme il le faisait auparavant.;
mais quand l’animal voulait les mouvoir d’un coté , il
semblait- qu’elles se mouvaient spontanément de l’autre.
Peu de temps après , il tomba dans un profond assoupis¬
sement > pendant leq,uel; il resta près de dix heures sur
ses pieds , appuyé contre le mur , avec une respiration
stertoreuse. S’il lui arrivait de s’éloigner un. peu>.il cher¬
chait aussitôt un appui; ensuite il s’étendait par terre , et
s’il SC relevait., ce n’était que pour un instant. Il fut tué
vingt-six heures après Fopétation.
De semblables expériences ont été répétées de mille ma¬
nières sur un très-grand nombre d’autres animaux , tels
que chèvres, moutons , cochons-d’Inde , etc. , principale¬
ment dans l’intention de voiries phénomènes résultans des^
lésions des tubercules bijumeaux , des couches optiques
du corps calleux , de la voûte et de ses appendices. ‘
Les résultats furent que /toutes les fois qu’un grand nonà-
bre de fibres qui traversent les corps striés était coupé'
ou déchiré , que la Voûte ou le corps calleux- était inté¬
ressé , il s’ensuivait un état de léthargie', et d’autres
fois- quelques symptômes fugitifs de catalepsie. Toutefois
les signes d’asSoupissemeiit étaient moins prononcés dans
les cochons-d’Inde et ies autres petits animaux ; mais j’ai
observé quelques phénomènes non moins singuliers.
Si j’emportais l’un des hémisphères; l’animal marchait
et courait eu tournant toujours dans la même direction ;
mais en faisant sur l’autre hémisphère, une' lésion sembla-'
ble , il se mettait à tourner en sens opposé. D’autres fois ,
après les mêmes lésions l’animal courait sans suivre aucune*
direction déterminée, et allait heurter contre tous les ob¬
stacles qui se trouvaient devant lui; et enfin , suivanl'ral-
léràtion prod-tite, j’observai qu’il jouissait commeudéalc-
inent de ses extrémités postérieures, et qulîl tournait sur
366 liXTiUiTï
les jambes de derrière comme sur un pivot , au lùoyeu de
celles de devant.
J’aî fait des expériences innombrables sur descheyreanx j
des agUeaux , des cochons , des daims , des chiens , des
chats et des cochons-d’^Inde , pour voir les résultats des
lésions faîtes sur les tubercules bijumeaux et sur les parties
voisines dés couches optiques; mais j’ai rareftient obtenu
des effets constans : ce qui ne doit pas surprendre, si l’on
réfléchit à l’entrelacement particulier des nombreux fi¬
lets médullaires qui se rencontrent dans ces parties. Car,
comme il est extrêmement difBcile de connaître quels
faisceaux de fibres ont été intéressés dans cës opérations ,
pd nespeut pas tirer deS conclusions claires et précises ,
quand il y a quelques différences dans les résultats. En effet,
j’ai observé chez quelques-uns des plus gros de ces animaux,
qu’après aroirdéchirétantôtleSproéminences bigéminales,,
tantôt une portion des couches optiques, il se manifes¬
tait des phénomènes qui démontraient que les muscles de
l’animal ne se mouvaient pas dans un sens direct, mais
avec une espèce d’irrégularité tout-à-fait semblable aux
mouvemens d’un homme ivre : c’est pourquoi , tantôt ils
élevaient les pieds plus qu’il n’est besoin de le faire pour
marcher , tantôt ils ne marchaient qu’en les traînant. :
Ne pouvant donner un détail de toutes les observations
que m’ont fournies ces expériences et beaucoup d’autres ,
je me bornerai à en rapporter une des plus surprenantes,
faite sur des cochons-d’Inde. Après avoir-intéressé les tu-
bercules bijumeaux, et qUelquefois la portion voisine des
couches optiques ÿ cës animaux commençaient d’abordpar
tourner comme à l’ordinaire, ensuite iis se couchaient sur un
côté en remuant continuellement les jambes , mais surtout
celles de devant , comme s’ils avaient voulu marcher. Sais
vénaient à se coucher sur le côté opposé à celui sur le¬
quel ils étaient tombés , ils se retournaient tout d’un coup ,
ET ASAtysEs, 36?
et' reprpnaient leur prenaière positÎQn peu près ayec, 1^
mêiue promptitude que ces marionnettes fmtes arec, une
substance très-légère , qui , aussitôt qu’on les a renversées,
se redressent par i’açtion du plomb, qui s, ert de coptrq-
poids. Si on les soutenait du coté sur lequel, ils se cou<-&
çbaient, ils faisaient quelques pas ; s’il arrivait après dix
QU quinze jours. qu’ils commençassent è marcher d’eux-
mêmes , quoiqu’ils parussent guéris , le plus petit choc
suffisait pour les faire tomber sur ce. même côté, et jamais
sur Fautre , à moins d’un ejQfoçt extraordinaire, Quelques
expériences au moyen desquei],es la glan4e piuéale fut inté¬
ressée et inêm^ entièrement 8,éparée ^e ses-pédoncules ,
n’ont fourni aucune djpnuéç 4’ph l’ofa puisse faire la moin¬
dre conjecture sur son utilité.
Su* U cerveau des oiseaux, r-- Après avoir trépané les
deux os pariétaux d’une poule avec une espèce petite
spatule, j’emportai une grande quantité de la substance
cendrée qui entre . dans la composition des hémisphères
du çerveau. L’animal paraissait souffrir un peu dès je prin¬
cipe ; mais vingt.minutes après, U c.ommençait.à mar^
cher, à boire, et à manger quelques mmttes de. pain ; il
était néanmoins un peu étourdi , et comme, dans un éfat
d’ivresse, et ne pouvait parvenir à saisir jes, miettes de
pain qu’après avoir donné deux, oq trois épups de bec ,
parce que |es mouvemens qu’il faisait; pour çela portaient
souvent à faux. Je le» tuai 24 heures après j’opération
à 'l’ouverture du cerveau , je trouvai une déperdition de
près de deux tiers de la substance des hémisphères , qui
avait été remplacée par des paillots . de sang ; mais ni
l’expansion médullaire que l’on trouve à la face interne
des hémisphères, ni la portipn pblongue que l’pn ren¬
contre vers la base n’avaient été altérées.
Ayant fait deux ouvertures sur les qs pariétaux d’un
coq d’une vigueur et d’une activité extraordinaires, j'epï-
568 EXTRAITS
portai de la même manière une grande quantité de fa
substance cendrée dont’ sont forinés les hémisphères; je
déchirai en outre avec le iriênie instrument , non seule¬
ment l’expansion médullaire dont il a été fait mention
"^mais encore celle qui occupe la base' des hémisphères.
Cette opération fut pratiquée en trois temps, à un inter¬
valle d’une demi-heure l’un de l’autre. A mesure que j’at¬
taquais plus profondément les paftiès dont je viens de
parler , l’animal se calmait et devenait stupide : à la lin
il s’assoupit , et se coucha par terré pendant quelque'
lemps : une heure après il se releva , restant sur sés pieds
immobile coméde une statue , et il n’y avait ni briiit ni'
alimens , hî’eàü , ni piqûres qui pussent liii faire éxécu-’
ter le plus petit mouvement ; ce h’était que par un choc'
violent' tel qu’un coup dé pied , par exemple , qu’on Ini
faisait changer de situation. Jé pénétrai avéc le même
instrument dans les couches optiqués sur chacune des¬
quelles je pratiquai- trois bu quatre incisions ; ce qui ne’
donna aucun résultat nouveau, Jinqu que les yeux
restaient ouverts , les pupilles dilatées , sans qii’il fût pos¬
sible de les faire fermer par l’approche d’im corps étran--
ger quelconque. ‘
L’animal resta dans cet état pendant qüarante-huit heù-'
res , sans prendre aucun aliment de lui-même ; cependant
il avala quelques pelotes de pain que je lui introduisis
dans le gosier. J’observai , après l’avoir tué au bout de ce
temps, que les déüx faisceaux de fibres médullaires qui'
donnent naissance aux deux produits médüllaires dont j’ai
parlé , avaient été altérés comme ceüx-Ci i et entière¬
ment détruits. '
J’ai répété cette expérience sur des poulets ,' des'faü-’
cons et des canards, et presque constamment avec le'
même succès. ■ ■ '
Les mêmes lésions faites sur Un' gros corbeau' doué
ET'ANALYSES. ■ 5'6g
d’une force et d’une’ ruse singulières , sont d’un grand
"poids én faveur de mon opinion. Il resta immobile comme
lè coq , et quoiqu’il se tînt d’à-pldinb sur les pieds, il
ri’en resta pas moins assoupi, tellèraënt qu’il n’ouvrait les
ÿéux qu’à un bruit très-fort , et il levait la tête , ou bien il
làtenait sous son aile , comme s’il avait réellement dormi.
Aucun objet externe ne pouvait l’émouvoir; il n’était
plus transporté de colère à la vue d’un chien ou d’une
poule-d’eau qu’il poursuivait auparavant avec une rare
adresse, comme ses plus mortels ennemis. Après qu’il eût
passé vingt-huit heures dans cet état , je voulus pratiquer
quelques lésions plus profondément; mais ayant touché
involontairement le point placé au-dessus de la protubé -
rance annulaire , il fut saisi de hoquets fréquens , puis de
convulsions , et il périt enfin au bout d’une demi-heure.
' Ayant à peine touché les parties voisines de la protubé¬
rance annulaire sur plusieurs poulets , il ’ m’arriva’ deux
fois de reproduire les hoquets qui furent constamment
suivis de convulsions et de la mort.
Sur le cerveau des reptiles et des poissons. — Depuis
long-temps’ j’avais connaissance des expériences dû cé¬
lèbre Fontana , d’où il résultait qu’en enlevant l’encéphale
chez une tortue , celle-ci vivait encore près de six mois en
continuant de manger et de marcher Comme auparavant.
C’est en vain que j’avais répété cette expérience : toutes
les fois qtie j’emportais entièrement la masse cérébrale
jusques par derrière le cervelet , l’animal expirait aussi
promptement que si on lui eût côupé la tête. ;
Lorsque j’eus ùcdasion de m’entretenir avec ce célèbre
personnage, qui a cultivé avec tant de zèle et de succès
toutes les branches de l’histoire naturelle , je ne manquai
pas de l’interroger sur les différens résultats de ses expé-
riénces : il m’assura qu’il avait toujours obtenu les mêmes
elfets en vidant complètement la cavité du crâne. Je répé-
570 EXTRAITS
tai ensuite l’expérience avec la plus grande exactitude , çt
ne répandant qu’une très-petite quantité de sang ; ip^îs
chaque fois que la moelle alongée était gravement inté¬
ressée , la mort arrivait , et après vingt-quatre heures on
quarante huit heures , Tanimal ne donnait .plus aucun
signe de mobilité sous l’action del’électricité galvaniqqe.
Voyant que toutes ces expériences étaient infruc¬
tueuses , je tâchai de les varier , et dans cette intention
je n’emportai que les deux hémisphères du cerveau d’une
tortue , laissant les autres parties intactes. Elle vécut pen¬
dant très-long-ternps , ainsi que plusieürs autres opérées
de la même manière. Après cette ablation, ces animaux
devenaient plus stupides ; ils ne perdaient pas j il est vrai,
la faculté de se mouvoir , mais ils né se mouvaient que
rarement , ét lorsqu’ils étaient fortement irrités.
J’emportai les Couches optiques ch.e? quelques autres ,
le résultat fut seulement une augmentation de stupidité.
Je laissai vivre un de ces derniers pendant deux mois ,
et il mourut enfin, parce que la w«sc<t carMarta avait
déposé ses larvés dans la cavité du crâne , lesquelles s’é ■
tant développées détruisirent probablement le reste de la
masse cérébrale.
J’enlevai les deux hémisphères du cerveau sur une
énorme tortue de mer, chei! laquelle cette opération offre
plus de difficulté à cause des grandes masses musculaires
dont les os du crâne sont recouverts. L’ayant ensuite re¬
mise à l’eau, elle nagea pendant quelque temps , pujs
elle gagna le fond , où elle restait immobile pendant des
heures entières , se tournant seulement quelquefois tantôt
d’un côté-, tantôt de l’autre ; cependant « quand on la
soulevait avec la corde avec laquelle on la tenait attachée,
elle nageait un peu et se laissait ensuite retomber au fond
de l’eau. . . • , ;
J’emportai les deux hémisphères du cerveau chez Ir
ET A'WALVSES.
squalus catultis y L. , et l’ayant ensuite remis à l’eau , il
s’enfuit arec la plus grande prestesse , quoiqu’il eut
l’estomac percé du hameçon qui avait servi à le pêcher»
puis il alla se cacher derrière une pierre, où il ne sor¬
tait de son immobilité qu’en l’agaçant fortement.
Ges expériences répétées et variées de mille manières
chez les tortues, m’ont toujours donné le mêpie ré¬
sultat. . .
Gomme on ne distingue plus, de véritables hémisphères
chez les animaux invertébrés, il ne m’a pas été possible
de faire sur ces derniers des expériences sous le même
point de vue que celles que je viens do rapporter.
• J’aurai occasion d’en citer quelques-unes en parlant
du cerveletr j’avertis pour le moment que des lésions fort
légères sur les parties qui tiennent lieu de cerveau chez
lai septa, sur les ganglions de la et d’autres. mol¬
lusques et^rustacés , ne troublent nullement leurs fonc¬
tions; mais si. on intéresse plus gravement ces parties ,
l’animal pérît en fort peu de temps.
EvDpéviencès faites sur le cervelet des mammifères.
-^La structure du cervelet ; les découvertes importantes
faites par le professeur de Padoue sur le, grand nombre
de feuillets dont il est composé , firent naître en moi
plusieurs soupçons , sur le véritable usage de cet organe.
Je crus qu’il était déstiné à la locomotion , et pour cour-
Crmet cette opinion , voici les expériences que j’entrepris
de feire sur le cervelet. \ -
Ayant pratiqué avec le trépan une ouverture sur un
des côtés du cervelet chez quelques cochons et chez un
mouton , j’emportai , à plusieurs reprises tout ce que je
pus emporter ; mais la lésion s’étendait à peine au-delà du
côté trépané, que l’animal était frappé d’hémiplégie, et
il périssait au milieu des spasmes convulsifs et de l’hé-
morrhagici - , ■
372 EXTRAITS
Il ést très-dillGicile de pénétrer, dans lé cervelet des
quadrupèdes sans les priver tout-à-cqup de la vie, et ra¬
nimai, qui/m^a paru le plus propre h ce genre d’expérieiiv
ces , c’est encore je chevreau. One ouverture ayant été faite
avec le trépan, jehonpai eu différehs sens , avec: un stylet
tranchant, fe cecvelét d’un de ces animaux, après quoi
il ne .put plus se soutenir sur ses jambes , . comme s’il
eût été paralysé. 11 vécut vingt-quatre heures en cet état,
et üiourut dans les convulsions, L’aùtopsie me montra
ùriê-.graude quantité de sang coagulé sur le quatrième ven¬
tricule , ce qui , je crois ; fut la principale cause des spas¬
mes et de la mort^; Je manquerais à la. brièveté que j’ai dû
m’imposer, si. je voulais rapporter minutieusement toutes
les expériences que j’ai multipliées de différentes' manières
sur. le, cervelet d’un grand nombre de quadrupèdes; jéme
-bornerai à dire que la diminution du mouvement était
toujours en, raison directe de la lésion du cervelet. -C’est
pourquoi l’animal était tantôt entièrementiparalysé , tan¬
tôt il ne l’était que d’un seul côté, d’autres fois les extré¬
mités antérieures ou postérieures sfeulés étaient privées
du mouvement, suivant que cet organe était détruit en
totalité ou en partioi . ,
Sur le cervelet des oiseaux, — Je trépanai des. oiseaux
de plusieurs,. espèces sur le point correspondant, tàntôt
à la partie latérale , tantôt à la partie supérieure du cer¬
velet, et le mouvement des muscles soumis à la faculté
locomotrice cessa toujours en raison de la lésion qui avait
été faite.
Ayant perforé la partie supérieure du cervelet d’un
coq avec un instrument approprié, j’enlevai à-peu-près
la moitié du côté droit de ceforgane. A l’instant, il fut
frappé de paralysie et tomba du inême côté sans pouvoir
se servir eu aucune manière de la jambe droite ni exécuter
avec celte jambe le plus léger mouvement. Pour m’assurer
lîT ANALYSES. SyS
Ûe plus en plus de ce phénomène singulier , je pris avec
la main la jambe du côté blessé , et en la soutenant dans
une position favorable , le coq pouvait faire quelques
pas sur l’autre jambe , mais peu de temps après il ne pou¬
vait pas même s’en servir, et à la fm la paraly®i®
les deux côtés.
On doit observer que , dans ces lésions du cervelet ,
l’animai ne tombe jamais dans l’assoupissement et la stu¬
peur; il lient les yeux ouverts , regarde tous les objets ,
mais c’est envain qu’il essaye d’exécuter le moindre mou¬
vement au moyen des muscles qui dépendent de la faculté
locomotrice. 11 faut convenir néanmoins qu’il fait quel¬
quefois de légers mouvemèns avec les ailes et les extré¬
mités inférieures , mais ces mouvemens semblent être
l’effet de la seule mobilité dont jpuit encore la fibre mus-
ciilairé , ou bien ils ont lieu lorsque quelque morceau con¬
sidérable de cervelet reste intact , de manière qu’il peut
encore remplir une partie de ses fonctions.
' Si je déchirais l’organe tout d’un coup ou que je l’em¬
portasse en entier, l’animal était constamment frappé
d’une paralysie com^plète; mais quand la lésion n’était qae
légère , peu d’heures après il recouvrait la faculté de se
rhouyoir. ■
Sur le ctirv'élêt dM n^eptiles et des poissons. — Les èx-
périencés que j’ai faites sur les animaux à sang froid
m’ont donné des, résultâts seinblables.' ’
Une tortue dont je séparai le cervelet de là moelle
alongée resta éntiérement paralysée , et vécut pendant dix
ou douze jours dans la plus parfaite' inàmobîlité. Après
une pareille opéra tioh ' une aütré tërtue vit encore depuis
dc'ùx niiois , séhsiblë conîmo à l’ordinaire àùx' plus légères
offenses' et à la plus faible blimulàtion , mais inim'obilc aû
point de ne pouvoii’’s’ôr6ighèr én^'aücüuëihànlère du lien
ou elle est inquiétée. Je traitai de la même façon un lé-
574 IiXXBA.ITS
zard avec un égal succèç. Mais ce qui esl surprenant, c’est
dé voir lès mêmes phénomènes avoir lieu chez deux ser-
pens d’une espèce extrêmement agile [colubernatrix, L.).
N’ayant pas emporté complètement l’organe d’où dépend
la locomotion chez le premier, qui était le plus petit, il
resta paralytique pendant deux ou trois heures , mais il
recouvra ses forces par la suite , et s’enfuit. Le second
ayant été mieux opéré , fut entièrement privé de la faculté
de se mouvoir ; seulement il était par intervalles agité de
mouvemens incertains , qui n’étaient point dirigés par l'ins¬
tinct, mais dépendans de la grande mobilité de la fibre
musculaire de ces animaux. Il périt au bout de cinq
jours. *
Pour rendre complète cette expérience sur les poissons ,
qui meurent avec facilité pour peu qu’on les tienne hors
de leur élément , je fixai , avec des attaches , contre une
petite table , un sparus erytkrynus ,■ L. , pesant environ
deux livres. Et étant ainsi assujeti sous l’eau > je lui empor¬
tai tout le cervelet; l’ayant ensuite détaché, il tomba
comme mort au fond du baquet, quoiqu’il vécut ensuite.
Je pratiquai la même opération sur un squalus catultà
avec bien plus de facilité, parce que te crâne de ce pois¬
son est cartilagineux , et qu’il peut rester plus long-temps
hors de l’eau. Il perdit la faculté de se mouvoif, et l’ayant
remis dans l’eau , il n’exécutait plus que quelques mou¬
vemens vagues et incertains, et ne pouvait plus se livrer
à la natation.
J’ai observé, comme je l’ai dit; que les lésions faites
sur le cervelet de plusieurs poulets guérissaient prompte¬
ment, et que ces animaux recouvraient leur ancienne ap¬
titude 'è se mouvoir. Mais' j’ai vu la même chose, d’une
manière plus singulière chez la tortue que j’opérai la pre-
mièrè, et dont je n’avais fait que déchirer et diviser l’or^
gane en qüestion. L^animal resta paralysé pendant plu-
ET ANAI.ŸSES. SjS
sieurs heures, mais bientôt après ii acquit une facilité'
surprenante à se mouvoir, si bien qu’il niarchait àvec
une vîtesse pour ainsi dirè quadruple de ce qu’il avait éou-
tumé de faire auparavant. Je fus curiëüx d’exadiiner le
cervelet , qüi était seulement couvert d’un sang coagulé ;
il me parut cicatrisé et avoir aCquis un volume cotiàidé^
rable. Sèrait-.il possible que Je cervelet aÿànf acquis par
le moyen de la cicatrice un plus grand développement , il
pût ainsi contribuer à l’agilité insolite dont cet animal
jouissait après l’Cpération. ;
Expériences semblables tentées sur les animaux in¬
vertébrés. — J’ai encore étendu ces observations aux ani¬
maux invertébrés, daus lesquels on ne pourrait pas bien
dire quelle est la partie qui fait fonction de cervelet , l’en¬
céphale de ces animaux étant composé de deux ou plu¬
sieurs ganglions situés autour de l’oesophage. Il est éga¬
lement difficile d’emporter une partie des ganglions qui'
constituent le cerveau des mollusques , sans porter des
atteintes graves à la vie de l’animal. Celui de tous qui
parait le plus propre à Ces opérations , c’est la lipsia,
chez laquelle trois ganglions principaux qüi environnent
l’œsophage forment le centre d’où partent les ramifica¬
tions nerveuses qui se distribuent dans tout le corps. Je
coupai avec dextérité ces ganglions jusqu’à moitié environ
de leur épaisseur, ©nies laissant encore réunis entre eüx>
et l’animal ne me parut pas donner des signes d’uüe lé¬
sion grave et subite; ce qüi avait lieu lorsque j’empor¬
tais deux ganglions entiers ; alors l’animal ne tardait pas
à périr.
Les animaux chez qui lè système nerveux est entre¬
coupé par de nombreux ganglions , supportent plus faci¬
lement les lésions graves faites sur les Organes qüi tiennent
lieu de cerveau et de cervelet : tels sont les insectes et les
crustacés. Personne n’ignore que l’on peut couper la tête
376- EXTRAITS
à une mouche , à une sauterelle , à un scarabée , à, un
cerf-volant, sans que l’animal soit entièrement privé de la.
locomotion, parce que de nombreux ganglions peuvent
faire fonction de cervelet , pour les parties qüi en reçoivent
des'ramifications. J’ai observé néanmoins que la locomo¬
tion se fait d’une manière beaucoup plus imparfaite, et
qu’aucun de ces animaux ne survit plus de vingt-quatre
ou quarante-huit heures à sa décapitation. Enfin ils res¬
tent privés de tout mouvement si , en séparant violem¬
ment la tête du tronc, on déchire ou l’on intéresse
en même temps tout le cordon nerveux: le contraire
a lieu lorsqu’on a soin dè couper la tête de manière
quede ganglion situé sous l’œsophage reste dans son in¬
tégrité. . , -
De tout ce qui vient d’être dit, il me semble que l’on
doit conclure que les organes d’où dépendent le sentiment
et . le mouvement sont tellement confondus et unis en-;
semble dans les animaux invertébrés , qu’il paraît impos¬
sible; de des séparer.
\ Çfinclusions- déduites des expériences précédentes. —
Les.éxpérîences que je viens de citer portèrent M. Rolande
à endéduire des conséquences très-simples qui, se présen¬
tent d’elles-mêmes à l’esprit du lecteur. En effet, si la
lésion , la compression , la destruction ou l’ablation des
hémisphères du cerveau est constamment suivie de l’alté¬
ration ou de la privation complète des fonctions intelleç-
tuelles/on est bjen forcé de conclure queles hémisphères
sont l’organe.qui; préside, ù ces fonctions, et que quand
elles sont interrompues par une cause morbide , c’est ^en-
.core , dans les. hémisphères qu’il faut chercher le siège des
ajtera;tiqns qui produisent de semblables effets. D’un;autrc
cplé, comment, né, pas, reconnaître le cervejet comùie l’èr^
gane, des,,moù.vompns mpsculaires, soumis, à la volonté.,
quqnd; la .destrüctipn de ,.cet, organe est accompagnée , dé
ET ARALÏSÉS. ggg
la cessation de ces mouvemens , dans toutes les classes
d’animaux , sans aucune exception ? Dire que les nerfs
sont les instrumens de la transmission des impressions dé
la périphérie au centre , ce serait répéter ce qu’on a dit
de tout temps ; mais déterminer par quel mécanisme s’o¬
pèrent ces phénomènes , je ne sache pas que personne
l’ait fait avant M. Rolande. Cet ingénieux physiologiste
admet la sécrétion d’un fluide dans le cervelet , et des filets
nerveux conducteurs de ce fluide destinés à irriter la fibre
musculaire pour en déterminer la contraction : les im¬
pressions , au contraire , seraient transmises au cerveau par
un mouvement particulier de la pulpe nerveuse , et sans
l’intermédiaire d’aucun fluide.
Mais je rapporterai encore ses propres paroles,, pour
ne pas altérer sa pensée.
« L’analyse rigoureuse des phénomènes , dit-il, la struc¬
ture des hémisphères du cerveau , telle que je l’ai décrite ,
les expériences que j’ai citées, démontrent jusqu’à l’évi¬
dence que les opérations cérébrales sont de vrais moUye-
mens des fibres du cerveau. Si les expériences que l’on a
faites depuis tant de siècles pour connaître la structure de
la masse cérébrale , ont été infructueuses pour la physio¬
logie et la pathologie , cela vient de ce que les anatomistes
ont cruvoir, les uns après les autres , des parties qui n’exis¬
tent pas par elles-mêmes, et qu’ils les ont décrites parfaite¬
ment et isolées les unes des autres. Telle est l’idée qu’ils
nous donnaient du corps calleux, de la voûte à trois pi¬
liers , des corps striés , des couches optiques , etc.
J’ose me flatter que l’aspect sous lequel j’ai présenté la
structure des hémisphères du cerveau , est 'beaucoup plus
favorable à l’explication de leurs fonctions , et plus ana¬
logue à ce; que l’on observe sur la composition de tant
d’autres parties de la machine animale. En considérant
les hémisphères du cerveau cpmmè uli amas de fibres qui ,
1. 26
âo4 . EXTUArfs.
d’ abord rdanîes en faisceaux dans leurs jambes , divergent
ensuite et se ramifient pour former les parties dont
il est (juestion , on trouve la plus grande analogie pour
établir que ces parties doivent jouir comme tant d’au¬
tres , quoique plus grosses , d’une mobilité exquise > la¬
quelle venant à être détruite , diminuée ou augmentée ,
on peut expliquer les divers états morbides dont on a
bien toujours cru que le siège était dans la masse céré¬
brale , sans oser imaginer quelle était la véritable altéra¬
tion de cet organe.
Maintenant: n’est-il pas vrai que si , en déchirant ,
broyant , ou détruisant les hémisphères , où produit l’as¬
soupissement , la démence , la stupeur , toutes les fois
qu’on observe un état pareil par suiter d’une causé mor¬
bide , comme dans l’apoplexie et dans la léthargie , on
doit nécessairement supposer que l’énergie des fibres des
hémisphères est plus ou moins profondément altérée ,
tout comme Un miiscle est paralysé lorsque l’aptitude au
mouvement est détruite ? Au êonlraire , si l’activité des
fibres cérébrales est augmentée i on verra s’augmenter aussi
les opérations qui sont produites Ou modifiées par les or¬
ganes cérébraux , comme on l’obse'rvedans les différentes
espèces de manie. * -
H résulte aussi des expériences citées , que Si l’on
blesse , si l’on détruit le cervèlet chez tous les animaux
vertébrés , Ta faculté locomotrice diminue dans la même
proportion. Mais comment, së demande M. Rolandoi le
cervelet pourra-t-il être l’organe des mouvemens qui ont
lieu dans les muscles , de telle façon que s’il vient à être
altéré , ces mouvemens deviennent incertains et vagues ,
et qu’ils cessent enlièrément lorsque l’organe est complè¬
tement enlevé ? Quefest le mécanisme de Ce viscère pour
.produire de semblables effets , et quelle peut être Tütilité
de la structure lamelléé qu’il présente chez tous les ani-
ET ANAiï-SES. 5q5
maux? La découverte lùmÎBeuse du fluide galvanique , et
les superbes expériences de Galvanr et d’Aldini , avaient
flatté notre auteur de l’espoir^ de ti’ouver la véritablé ex-
plicalioa des fonctions du système nerveux en général.
Mais comment admettre la pile animale si ingénieusement
•imaginée par Aldini ? où trouver cet organe vraiment ca¬
pable de prod uire tous les effets que l’on veut expliquer ?
Si les phénomènes de la locomotion sont l’effet d’un mé¬
canisme particulier , les expériences de M. Rolàndo dé¬
montrent que c’est dans le cervelet qu’il faut le’ chercher.
« J’avais d’abord soupçonné , dit-il , que les corps striés
étaient destinés à cet usage , mais un examen plus attentif
de la structure des hémisphères du cerveau , et la ressem-
blance de quelques appareils de torpille avec le cervelet
des oiseaux , me convainquirent que cette partie de l’encé¬
phale n’avait pas encore été examinée avec tout le soin
qu’elle devait l’être ; je me persuadai que cet organe était
un véritable électromoteur dans lequel se secrète un fluide
analogue au fluide galvanique , qui , étant ensuite trans¬
porté par les nerfs qui lui servent de conducteurs , allait
stimuler les muscles destinés à la lôcomotibn.
- En effet , si un appareil composé de diverses substances
non métalliques , telles que le schiste , le charbon , la
chair musculaire , la substance cérébrale ; si l’organe
électriquede la torpillé, du silurm , du gyinnùtus , côm-'
posé d’ùne substance albumîno-gélatinoso-cartilagiueusé ,
et d’autres semblables , sont propres h préparer et à déve¬
lopper une irèsigraridé quantité dé fluide électrique ca¬
pable de donner de violentes secousses , pourquoi uu
principe semblable , tel que le fluide nérveux , no serait-il
pas formé par les feuillets nombreux de substance jau¬
nâtre et cendrée du cervelet?- Que pourra-t-on trouver de
plus évident pour établir que le cérVelet est un organe
dont la structure' eat entièrement semblable à l’appareil
aG..
596 EXTRAITS
de Volta? Quelle autre preuvfî pourrait-on désirer, pour
démontrer que ce viscère prépare un fluide analogue à
celui que développe l’instrument en question? Quelle
conséquence plus directe pourrait-on tirer , si le cerve¬
let étant lésé ou détruit , on voit cesser toute influence
du fluide nervôux sur les muscles de la locomotion ?
Mais s'il est démontré qu’en blessant , en détruisant ,
en comprimant le cervelet , tant chez les quadrupèdes
que chez les oiseaux et les reptiles, il en résulte une pa¬
ralysie ou un défaut des mouvemens des fibres musculaires
soumises h la faculté locomotrice, il n’en faut pas con¬
clure que chaque fois que de tels phénomènes morbides
se passent dans 1^ machine animale sous l’influence de
causes morbides, ils doivent constamment dépendre de
quelque vice du cervelet ; car il y a plusieurs causes qui
peuvent suspendre l’influence du fluide nerveux ou exci¬
tateur sur les muscles de la locomotion j et conséquem¬
ment l’organe secréteur de ce fluide peut être très-sain
et rester intact, quoiqu’il ne puisse pas parvenir à irriter
ou à mettre en contraction les fibres musculaires, à cause
des vices qui peuvent exister dans d’autres parties. C’est
un fait connu de tout le monde que , par un vice quel-’
conque d’un cordon nerveux, ou par une compression
exercée sur son trajet, on s’oppose au libre passage du
1 fluide secrété dans l’éléctromoteur cérébral , c’est-à-diré
' dans le cervelet; c’est pourquoi l’on voit cesser toute ir¬
ritation ou contraction des muscles là où le nerf vicié va
se distribuer. Il me paraît toutefois que personne n’a in¬
sisté sur la nécessité d’admettre un mécanisme particu¬
lier , au moyen duquel le fluide préparé dans l’électromo-
teur cérébral puisse être transmis à l’extrémité centrale
du nerf, que l’on peut regarde^ comme un conducteur
qu’il doit parcourir pour aller irriter les muscles qui doi¬
vent être mis en mouvement. Or , qui ne voit^que , posés
ET ANAÏ.VSES. 397
les phénonièues que l’ôn observe, il est impossible qu’il
n’existe pas des organes destinés à remplir ces fonctions ?
M. Rolando croit pouvoir conclure que le siège de ce mé¬
canisme doit être principalement dans la moelle alongée.
Car, dit-il, si l’on irrite les parties voisines de la moelle
alongée , et plus encore la moelle alongée elle-même , il
se manifestera aussitôt des mouvemens dans tous les muscles
plus ou moins violens , suivant le degré de la lésion qu’'on
aura faite. Il me semble donc que le mécanisme qui
sert de passage au fluide nerveux du cervelet au nerf, ou ,
en d’autres termes , qui met en communication médiate
ou immédiate l’extrémité centrale du nerf conducteur
avec le viscère électromoteur, doit se trouver dans la
partie de l’encéphale qui donne naissance aux mouvemens
convulsifs aussitôt qu’elle est irritée.
Il me paraît qu’il en résulte une conclusion non moins
nécessaire , que toutes les fois que le mouvement cesse
dans un ou plusieurs organes locori>oteurs, sans que l’on
puisse soupçonner un vice dans lé cervelet ou dans le
trajet des nerfs conducteurs , l’état morbide doit né- 1
eessairement dépendre de quelque vice de la; moelle,
alongée. ^ ,5
Pour la même raison , les formes riiultipliées que pren^-:
nent les affections spasmodiques , telles que l’épilepsie ,,
le tétanos et les' différentes espèces de convulsion*, doivent,
dépendre de quelque irritation pu, de quelque altération
produite dans célacîs de fibres que l’on trouve dans la
moelle alongée ; ce qui doit rendre beaucoup plus prompte '
la Communication des nerfs ayëè ks cervelet.
Les hémisphères du cerveau sont donc le siège principal
de la cause prochaine du sômmèil , de ïa démence , de
l’assoupissement , de rapoi)lexie‘,‘ '’dé ' la ‘ mélancolie et de
la manie. Les vices du cervelet , de l'a moelle alongée ou
de quelques branches nerveuses donneront naissance aux
diverses espèces de paralysie , tandis que la cailsè de
l’épilepsie et de toùtes les affections spasmodiques provient
d’une irritation produite ou transmise à l’origine dé tous
les nerfs conducteurs, c’est-à-dire à la moelle alongéé et
aux parties voisines. :
De faction des nerfs. — Lès physiologistes ayant tenté
inutilement d’expiliquer les fonctions des nerfs par le
moyen d’un fluide particulier, «t ne pouvant se rendre
raison des deux diffétens modes dont se fait la, transmis¬
sion nerveuse , quelques-uns d’entre eux avaient supposé
réxîsténce de nerfs destinés au mouvement , et d’autres
à ne transmettre que les sensations. Mais comme l’àna-
tomiè ne confirmait pas cette division , on ne crut pas
c'éttê hypothèse suffisante pour rendre raison des diverses
espèces de transmissions nerveuses, que l’on n’ü’ jamais
assez bien étudiées.
« Convaincu par mes propres expériences , continue le
professéur de Turin , et par la structure de la masse cé^
rëbrale qu’il y avait des organes particuliers destinés à
mettre les muscles en mouvement , et d’autres h produire
les- sensations , et qu’il était possible de détruire uüe de
ces TaCullés , l’autre restant intacte, je dus conclure qpè
les impressions reçues de l’extrémité périphérique des
nerfs ,* et celles produites dans les hémisphères du eefveau
n^étàient point transmjises par la voie d’un fluide, mais
par lifa mouvement particulier qui est produit avec faci¬
lité dans la fibre médullaire ; qu’en conséquence les im¬
pressions des corps ètrarigers sur les extrém,ités 'périphé¬
riques des nerfs sé propagent jusqu’ài.florigiire centrale
des nerfs eux-niémes , par le moyen de la mobilité dont
est douée là fibre më^üllaire , de la même, manière qu’un
nàoüVément seprqpagè au moyen, d’une substance quel¬
conque douée de mofiiîlié,, tandis que les neiTs qui com¬
muniquent avec le cervelet peuvent , par le moyen de la
ET Analyses. 5gç
faculté conductrice dont jouit la pulpe nerveuse , trans¬
mettre le flüidé irritateur qui se sécrète dans ce viscère,
pour déterminer la contraction des muscles auxquels les
nerfs conducteurs vont se distribuer.
J’aj encore tiré la conclusion qiie les phénomènes de
la sensation doiven't être différens de ceux du mouvement ,
comme ils le sont en effet dans certaines circonstances
où un membre paralysé conserve toute sa Sensibilité , 04
bien dans le cas où le mouvement persiste , quoique la sen¬
sibilité n’existe plus, ce qui s’observe plus rarement (i).
(le double mode de transmission nerveuse , démontré
par l’expérience , est encore prouvé par l’observation
pratique : nouvelle preuve de l’utilité que l’on retiré de
réunir l’art de faire des expériences sur les animaux , k
l’observation des phénomènes que nOus présentent lés ma¬
ladies dont on peut ainsi trouver une explicàtion plùs fà- '
cile et une connaissance plus sûre. Cette distitictibri est
encore confirmée par les belles expériences d’Àrnenlann ,
desquelles il résulte qu’un nerf ebupè acquiert bièntôt pbi'
sa réunion la faculté de transmettre de rtouvèau le fluide
excitateur de la fibre musculaire, sans jamais reebuvrér
celle de transmettre les impressions roçüés. M. Roland b
ayant répété ces expériences , à Obtenu ordindirèméiit les
mêmes résultats ; cependant il â observé dans quèlqués
circonstances que le nerf coupé ayant perdu la propriété
de donner passage au principe qui délermihe la contrac¬
tion musculaire , il recouvrait efelle de transmettre au
centre de perception les impressions qu’il recevait. , ,
Il est plus facile que le nerf Coupé et ensuite réuni j)ar
une cicatrice recouvre la faculié dè sérvii; de simple çon-
,(i) Cette opiuipn a quelque rapport Avéo lés .rfjiiiïio'flk 'réiiëmlttèM
éthises sur la cl,istiuctiou des «erfs du jupuYemeut et'dü'^éh'ltoé'ttt',
par MM. Bell , Mpgondie et Shaw,
daps ccïourna'l idi travail sur ccsMj'ot, (Noicfles Rcdact.)
400 EXTRAITS
ducteur, parce qu’il est besoin pour cela d’une organisa¬
tion moins parfaite que pour la transmission des impres¬
sions. Au contraire , le nerf perdra seulement la faculté
de conduire le fluide moteur de la fibre , s’il se dépose
dans la cicatrice quelque substance non conductrice du
fluide , telle que serait la graisse , ou quelque autre sub¬
stance analogue.
En admettant donc ces deux propriétés diverses dont
le nerf peut jouir simultanément , rien n’est plus facile
que l’explication de tous les mouvemens qui dépendent de
la faculté locomotrice. Il n’y a qu’à supposer que , chaque
fois qu’un muscle doit être mis en contraction , l’origine
ou l’extremité centrale de ses filets nerveux a lieu dans un
point ‘ donné de l’organe électromoteur , et que de cette
manière la contraction est produite comme dans les expé¬
riences sur les animaux.
Telle est la manière dont s’opère la contraction des
inuscles qui servent à la locomotion ; mais il n’en est pas
de même de plusieurs autres , tels que le cœür, le tube
intestinal, etc. , dont les nerfs, quoique très-nombreux ,
paraissent seulement destinés à transmettre' les sensations,
à cause de l’interposition d’un mécanisme particulier des¬
tiné à soustraire ces viscères à l’influence du fluide ner¬
veux, dont ils doivent nécessairement être indépendans,
puisqu’ils ne sont irrités que par certains stimulans par¬
ticuliers qui s’appliquent à leur surface. Tout le monde
comprend qu’il est ici question des ganglions d’où partent
tous lés filamens qui concourent à former le nerf inter¬
costal, autrement dit grand sympathique.
Ce, nerf, ou pour mieux dire cet enlacement dé filets
nerveux, est devenu célèbre par les disputes qui se sont
élçyées. sur. son origine, sur ses fonctions et sur l’ùsàge
des ganglions nombreux dont il est entrecoupé.
Le célèbre Fontàna est le premier qui a démontré que
ET analyses. 4oi
le nerf intercostal ne naissait pas de la cinquième et de
la sixième paire , mais que, donnant quelques rameaux à
ces nerfs , il se porte sur la carotide qu’il embrasse par
des filets nombreux, pour l’accompagner bien au-delà de
son entrée dans la cavité du crâne.
Bichat , profitant de cette vérité, nia l’existence d’un véri¬
table nerf intercostal , et regarda ces nombreux ganglions
comme autant de petits cerveaux doués de certaines qua¬
lités particulières , et d’où partent les filamens qui se dis¬
tribuent dans différons organes , et qui communiquent
avec tant d’autres nerfs. De ces qualités , qu’il attribua
aux gaüglions , il déduisit ensuite sa division des deux
systèmes nerveux et des deux vies organique et animale,
laquelle , quoique reçue d’abord avec enthousiasme par
des physiologistes du plus grand mérite , ne peut pas être
admise pour toutes les classes d’animaux, puisqu’il y en
a qui jouissent certainement de l’exercice des facultés
qu’il appelle animales , en même temps que des facultés
qü’il appelle organiques , comme sont tous les crustacés ,
les insectes et les animaux des classes inférieures , quoi¬
qu’ils ne possèdent pas ce double ordre d’organes.
Il est certain , d’après les beaux travaux de Scarpa ,
que le nerf intercostal naît des nerfs spinaux , et que les
ganglions, outre qu’ils servent à établir une communication
ou un consensus entre les différens viscères, doivent avoir
un usage particulier. Il est vrai que certains physiolo¬
gistes ont avancé que l’usage des ganglions était de sous¬
traire à l’influence de la volonté des viscères si utiles et
si nécessaires à la vie, mais ils n’ont pas pu expliquer ni
le mode , ni le mécanisme par lequel ce phénomène avait
lieu.
B Cela nous est devenu facile , dit Rolande , après avoir
si' bien distingué les sources des sensations et des mpu-
vemens. On conçoit, en effet, que le passage du fluide
4o2 extraits
moteur à travers les conducteurs nerveux sera empêché,
si on admet dans chaque ganglion l’existence d’une sub¬
stance jpon conductrice du fluide , tandis que cette même
substance ne s’opposera pas à la transmission du mouve¬
ment des fibres nerveuses. »
Cependant , M. Rolande , ne comptant pas assez sur ce
raisonnement , a essayé quelques expériences pour vé¬
rifier cette opinion. Les résultats qu’il a obtenus pa¬
raissent très-satisfaisa ns ; mais comme il doit publier un
Mémoire relatifaux fonctions du nerf intercostal, je tien¬
drai le lecteur au courant des nouvelles observations qu’il
a faites ,- aussitôt que ce Mémoire me sera parvenu.
Pour résumer ce qui vient d’être dit , nbûs conclurons :
1. ® Que lés deux hémisphères sont composés de deux
faisceaux dé fibres dont l’épanouissement forme les ^dif¬
férentes, parties du cerveau; que le cerveau est le siège
des facultés sensitives et intellectuelles.
2. ® Que le cervelet est un organe qui renferme toutes
lés conditions nécessaires pour former un électromoteur
analogue b là pile voltaïque.
3. ” Que là moelle alongée et les parties voisines for¬
ment le centre où vient aboutir l’extrémité centrale de
tou'.és les fibres des hémisphères , des parties appelées
improprement jambes du cervelet, et de tous les nerfs
chargés de porter le mouvement et les sensations à toutes
les parties du corps.
4-° Qü’iLy a des nerfs uniquement destinés à trans¬
mettre les impressions des objets extérieurs au centré sen¬
sitif ; que d’autres sont doués de cette faculté conjointe¬
ment avec célle dé 1;ransmettrè le fluide excitateur secrété
dans le cervelet; enfin que d’autres sont rendus inhabiles
à cette transmission au moyen d’un mécanisme particu¬
lier, -tels que les ganglions.
5.” Qu’auciin. mouvement régulier ne peut avoir lieu
ET ASAEYSEÜ. 4o5
sansl’actioa des hémisphères du cerveau , siège de la volonté
qui commande au cervelet et dirige son action dans l’envoi
du fluide moteur, et réciproquement que tous les efforts
de la velouté sont nuis pour diriger l’exercice de l’organe
de la locomotion , quand le cervelet est détruit , ou qu’il
est privé de son activité.
On vient de voir quelle idée M. Rolande s’est faite
des fonctions du système nerveux , et en particulier de
celles des organes encéphaliques d’après les noinbréuseS
expériences qu’il a faites ; voyons actuellement si , comme
je l’ai annoncé , M. Flourens est parvenu aux mêmes ré^'
sultats au moyen d’expériences semblables, et si, com¬
me le dit le célèbre rapporteur de son mémoire , ce phy¬
siologiste ale mérite d’avoir fait une découverte nouvelle.
N’ayant jamais eu à ma disposition le mémoire de l’àü-
teur, c’est du rapport qui en a été fait que j’extrairai ice
que j’en ai à dire.
Je. trouve d’abord, pourpremier poiril de ressemblance ,
que M. Flourens admet l’existence de nerfs dont les uns
sont Aesünés, k provoquer le momemém de la fibrb rnùs-
culairejet d’aniretàprovoquer /esfenthncrtti L’expression
i’ irritabilité dont il se sert pour exprimer Cettè doublé
propriété est justement signalée par le rapporteur Comme
une innovation dans des termes dont le sens est parfaite¬
ment déterminé , et il propose en conséquence d’y sub¬
stituer celle de condueteuf d’irritation él dé bonductédr
de sawsatiim. Il est inutile de dire ici que M. Flourens
ne diffère de M. Rolande que datis les termes;
Je passe à dessein sur ce qu’il dit des fonctions de la
moelle épinière et dèk éxpériences qu’il a établies pOUr
les démontrer , puisque , depuis qu’il y a des physio¬
logistes et des expérimentateurs , on sait que le mouve¬
ment cesse au dessous de la partie intéressée de- ce tronc
du système nerveux , et qn’il n’y a point d’incrédnios à
cet égard.
4o4 EXTRAITS
» Mais c’était , dit M. le rapporteur en parlant de
l’encéphale , c’était.dans ces masses si diverses et si com¬
pliquées qu’il fallait chercher le lieu de départ de l’irri¬
tation et le lieu d’arrivée de la sensation ; c’était de leur
coopération respective dans les actes de la volonté qu’il
fallait s’assurer, et c’est ce, que M. Flourens a surtout
cherché à faire.
» M. Flourens a piqué les hémisphères sans produire
ni contraction dans les muscles , ni apparence de douleur
dans l’animal. Il les a enlevées par couches successives ,
il a fait la même opération sur le cervelet", il a enlevé
les hémisphères et le cervelet. L’animal est resté impas¬
sible. Les corps cannelés , . les couches optiques ont été
attaqués , enlevés sans plus d’effets. Il n’en est pas
même résulté de contractions de l’iris , et l’iris n’en a pas
été paralysé.
» Mais , lorsque M. Flourens piqua les tubercules qua¬
drijumeaux, il y eut un commencement de tremblement
et de convulsions , et ce tremblement ; ces convulsions
s’accrurent d’autant plus , qu’il pénétra plus avant dans
la moelle abngée, La piqûre de ces'* tubercules , ainsi
que celle du nerf optique , produisit dans l’iris* des con¬
tractions vives et prolongées...,.
» Dans son langage, M. Flourens en conclut que la
moelle alongée et les tubercules sont irritables , ce qui
dans le nôtre signifie qu’ils sont conducteurs d’irritation,
compie la moelle de l’épine et comme les nerfs •, mais
que ni le cerveau ni le cervelet n’ont cette propriété.
L’auteur en conclut aussi que ces tubercules forment la
continuation et la terminaison supérieure, des moelles épi¬
nière et alongée , et cette conclusion est bien, conforme
b ce qu’annonçaient leurs liaisons et leurs connexions ana¬
tomiques.
«Quand on enlève le lobe cérébral d’un côté b un ani-
ET analyses. 4o5
mal , il ne voit plus de rœll du côté opposé , bien que l’i¬
ris de cet œil conserve sa mobilité ; quand on enlève les
deux lobes > il devient aveugle , il n’entend plus. »
M. Rolande dit que l’animal paraît privé de |’usage de
ses sens , ce qui nous semble à-peu-près revenir au même
but ; seulement il n’indique pas l’influence de l’ablation
d’un des hémisphères sur la perte de la vue du côté
opposé.
. « A la vérité , l’animal ainsi mutilé prend l’air assoupi ;
il n’a plus de volonté par lui-même ; il ne se livre à au¬
cun mouvement spontané; mais quand on le frappe ,
quand on le pique , il affecte encore les allures d’un ani¬
mal qui se réveille. Dans quelque position qu’on le place ,
il reprend l’équilibre. ... . '
» Sans doute on aura peine à croire que toutes, ces ac¬
tions s’opèrent sans être provoquées par aucune sensation.
II. est bien vrai qu’elles ne sont pas raisonnées : l’animal
s’échappe sans but , il n’a plus de mémoire, et va se cho¬
quer à plusieurs reprises contre le même obstacle , cela
prouve qu’un tel animal est dans un état de sommeil ;
effectivement il agit comme ferait un homme qui dort .
«Après les effets de l’ablation du cerveau proprement
dite , M. Flourens examine ceux'de l’extirpation des tuber¬
cules quadrijumeaux. L’enlèvement de l’un d’eux , après
un mouvement convulsif qui Cesse bientôt, produit pour
résultat durable la cécité de l’œil opposé et un tournoie¬
ment involontaire ; celui des deux tubercules rend la
cécité complète , et le tournoiement plus violent et plus
prolongé . ’
» Il faut remarquer au reste qu’en poussant trop profon¬
dément cette extirpation des tubercules , on vient à inté -
resser la moelle alongée , et qu’il naît alors àesconvul-
«tOTis umfowtes et qui durent long-temps. » ■
Nous soulignons de temps en temps pour éviter la peine
li X X R A.'l I s
4o6
d’un parallèle fastidieux, les mots écrits en italique étant
comme autant de points de renvoi aux résultats analogues
de M. Rolando.
Mais ce qui doit surprendre , c’est ce que l’on va lire à
l’égard des fonctions du cervelet ; tout y est donné sous le
titre de la nouveauté ; cependant M. Rolando avait écrit
littéralement les mêmes observations quelques demi dou¬
zaines d’années avant la séance du 22 juillet 1822 de l’A¬
cadémie royale des Sciences , où le rapport a été fait.
Néanmoins il est hors de toute espèce de doute que les
membres célèbres, MM, Portai , Berthollet, Pinel , Du-
méril et Cuvier , que l’Académie avait chargés de rendre
compte duMémoire dont nous nous entretenons , n^avaient
jamais pu prendre connaissance des travaux de M. Ro¬
lando :,les noms illustres que je viens de citer sont hors
de l’atteinte de là critique de la malveillance , et personne
ne professe plus d’estime que moi pour les membres les
plus respectables d’un corps dont les lumières rejaillissent
sur tout l’univers savant*
En accordant des éloges au génie inventif de M, Flou-
rens,’ l’Académie royale a sanctionné l’exactitude de ses
expériences, et la bonté des inductions qu’elles lui ont
fournies; c’est avoir porté le même jugement sur celles
du professeur de Turin ; circonstance qui ne prouve rien
autre chose, sinon qu’il n’y a que la vérité des faits, qui
puisse avoir fait arriver ces deux auteurs au même but.
» Ce que les expériences dé M. Flourens nous parais¬
sent avoir de plus curieux et de plus nouveau , c’estce qui
concerne les fonctions du cervelet. .
» Durant l’ablation des prémières couches , il n’a paru
qu’un peu de faiblesse et de manque'd’harmonie dans les
mouvemedSj- ^aux couches moyennes , il s’est manifesté uné
agitation presque générale. L’animal , tout en continuant
de voir et d’entendre , n’exécutait que des mouvemens
brusques et déréglés.
ET ANALYSES. 4oji
» Sa fiiculté de vokr , de marcher , de se tenir debout ,
se perdiit par degrés. Lorsque le cervelet fut retranché ,
cette faculté d’exécuter des mouvemens réglés avait en¬
tièrement dispara.
)) Mis sur le dos , il ne se relevait plus ; il voyait cepen¬
dant le coup qui le menaçait ; il entendait les cris; il cher¬
chait à éviter le danger,, et faisait mille efforts pour cela ,
sans y parvenir ; en un mot , il avait conservé sa faculté
Ae. sentir , celle àe vouloir ; mais il avait perdu celle de
faire obéir ses muscles à set volonté, k. peine réussissait-il
à se tenir debout , en s’appuyant sur ses. ailes et sur sa
queue.
»En le privant de son cerveau, on l’avait mis dans un
état de sommeil. En le privant de son cervelet , on le met¬
tait dans un état d’ivresse, n
C’.est une chose surprenante , dit M. Flourens , de voir
le pigeon à mesure qu’il ,perd son cervelet , perdre gra¬
duellement la faculté de voler , puis celle de marcher ,
puis enfin celle de se tenir debout ; ' celle-ci même ne se
perd que par degrés. L’animal commence par ne pas
pouvoir rester d’à-plomb sur ses jambes, puis ses pieds
ne suffisentplus à le soutenir. Enfin toute position, fixe
lui devient impossible i, il_J<iit^S 6ffprts inc^^
pour arriver à une position quelconque , sa^^en venir, et
bout i et cependant lorsqu épuisé de fatigue , U semblait
vouloir prenfire quelque repos, ses sens étaient si ouverts,
que le moindre, geste lui faisait recommencer ses contor¬
sions, sans que toutefois il s’y mêlât le moindre mouve¬
ment convulsif , aussi long-temps que l’on ne touchait
ni à la moelle alangée, ni à ses tubercules..
Je défie l’esprit le plus subtil de trouyerla moindre dif¬
férence entre les résultats énoncés dans ce passage , et
ceux que t'apporte M. Rolande , sinon que le sujet des expé¬
riences de l’ua était une poule, et celles de M. Flourens
un pigeon.
4o8
:XTRAIï'S
« Nous ne voyons point , continue-t-on dansle rapport,
qu’aucun physiologiste'ait fait connaître rien qui ressemblât’
à ces singuliers phénomènes. Les expériences sur le cer¬
velet des quadrupèdes , et sur-tout des adultes , sont fort
difficiles , à cause des grandes parties osseuses qu’il est
nécessaire d’enlever , et des grands vaisseaux qu’il faut
ouvrir. La plupart des expérimentateurs opéraient d’ail¬
leurs d’après quelque système connu d’avance, et voyaient
un peu trop ce qu’ils voulaient voir; et certainement per¬
sonne ne s’était douté que le cervelet fût en quelque sorte
le balancier , le régulateur dés mouvemens de translation
de l’animal (i). dinUe, découverte, si des expériences,
répétées avec toutes les Iprécautions convenables , en éta¬
blissent la généralité , ne peut que faire le plus grand
honneur au jeune observateur dont nous venons d’analy¬
ser le travail. »
M. Flourens , comme on a pu le voir, a obtenu d’ex¬
périences semblables à celles de M. Rolande des résul¬
tats semblables aux siens : les conséquences qu’il en dé¬
duit, pour expliquer la physiologie du, cerveau et des au¬
tres j)arties du système nerveux , sont-elles différentes ?,
Non ; et pour le prouver il faut encore que je citeJ
« L’intégrité des lobes cérébraux, dit le rapporteur
est nécessaire à l’exercice de la vision et de l’ouïe ; lors-,
qu’ils sont enlevés , la volonté ne se manifesté que par
des actes spontanés. Cependant quand on excite immé¬
diatement l’animal , il exécute des mouvemens de trans¬
lation réguliers , comme s’il cherchait instantanément à
fuir la douleur et le mal-aise 5 mais ces mouvemens ne le
(1) J’en demande mille pardons à l’Académie, mais c’est Une des
premières choses que, j’aie dû apprendre en commençant mes études
de médecine. Cette découverte est tellement familière dans l’Ecole de
Turin et dans celles de l’île do Sardaigne, qu’elle est un des principaux
sujets de discussion parmi les élèves commciiçaus'. ^
ET ANALYSES. 409;
conduisent point à ce but , très-probablement parce que
sa mémoire qui a disparu arec les lobes qui en étaient le
siège, ne fournit plus ni de base, ni d’élémens à ses ju~
gemens..... L’intégrité du cervelet est nécessaire à la ré¬
gularité des mouvemens de translation ; que le cerveau
subsiste, l’animal verra, entendra, aura dès volontés
fort apparentes et très-énergiques ; mais si on lui enlève*
son cervelet, il ne trouvera jamais l’équilibre nécessaire
à sa locomotion. Toute irritation d’un- nerf le met en jeu
dans les muscles où ce nerf se rend ; toute irritation de la
moelle la met en jeu dans les membres placés au-dessous
de l’endroit irrité. C’est tout-à-fait dans le haut de la
moelle alongée , à l’endroit où les tubercules quadri¬
jumeaux lui adhèrent , que cesse cette faculté de recevoir
et de propager , d’une part l’irritation , et de l’autre la
douleur; c’est'à cet endroit au moins que doivent arriver
les sénsations pour être perçues ; c’est de là au moins que
doivent partir les ordres de la volonté.
» Toutes ces conclusions ne sont pas identiques avec
celles de l’auteur , et sur-tout elles ne sont pas rendues
dans les mêmes termes. Mais ce sont celles qui nous ont
paru résulter le plus rigoureusement des faits qu’il a si
bien constatés. » _ ,
Ces conclusions, si je ne me trompe, sont bien les
mêmes que celles de Rolando ; la seule différence est que ce
professeur célèbre est allé beaucoup plus loin. Il a déterminé
comment le cervelét était le centre des mouvemens loco¬
moteurs , en regardant cet organe comme le sécréteur
d’un fluide qui va irriter les muscles. Il a déterminé que
la transmission, des impressions au centre sensitif se fai¬
sait par un mouvement particulier de la pulpe nerveuse
enfin , et c’est ‘ce qui est le plus utile , il a tiré de ses ex¬
périences des conclusions importantes pour la pathologie
et la pratiqué.
a. , 27
l^\0 EXTRAITS
Cependant il est une difficulté qui me paraît contrarier
un peu les conclusions précédentes. Si les hémisphères
cérébraux sont l’organe du sentiment et de la volonté , ët
le cervelet celui qui préside au mouvement des muscles qui
sont sous la dépendance de la volonté , comment se fait-il
que les animaux que l’on a privés ou du cervelet ou dés
iiémisphères cérébraux puissent encore respirer , et même
pendant assez long-temps , comme on le voit chez la tor¬
tue ? car , conime on sait , deux conditions sont requises
pour que la respiration s’effectue : un sentiment d’anxiété
produit par la présence du sang veineux dans le poumon ,
et la contraction des ihuscles de la poitrine pour faire ces¬
ser ce sentiment pénible : or , si les lobes cérébraux sont
détruits , cétte sensation ne pourra pas être perçue , puis¬
que dans l’hypothèse de Rolando et de M, Flourens , la
présence de ces lobes est une condition nécessaire à la
perception des impressions ; si elle n’est pas perçue ,
la volonté ne pourra pas commander au cervelet de déter¬
miner la contraction des musclés' destinés à la respira¬
tion , qui, comme on le sait encore, sont du domaine de
la volonté. En prenant l’iavèrse , c’est-à-dire , en suppo¬
sant la destruction du cervelet , la même difficulté se pré¬
sente encore, car, dans ce cas, c’est en vain que la vo¬
lonté coEàmanderait la contraction de ces muscles , puis¬
qu’elle n’a plus le cervelet à ses ordres ; l’animal serait
tourmenté du bésoin de respirer , et il ne pourrait le faire
en aucune manière quand il serait privé ou de l’orgàne de
la volonté qui commande , oü de celui du mouvement
qui exécute. Je ne prétends point m’inscrire en faux
contre les conséquences déduites des expériences préci¬
tées ^ ce n’est qu’un doute que fait. naître naturellement la
respiration hon*interrompue par suite de cés expériences ,
et je suis persuadé que les ingénieux auteurs qui les ont
faites trouveront la solution de cette difficulté.
ET analyses. 4ll
Je finissais cet article lorsque j’ai eu occasion de lire
la réponse du docteur Gall, au rapport du Mémoire de
M. Flourens fait par M. Cuvier, relativement à la ques¬
tion qui nous occupe. Cette réponse , ou plutôt cette, cri¬
tique , fait partie du 5. “'volume de l’ouvrage sur lesFonc-
tions du cerv&au, que M. Gall poblie actuellement (i),
Quoique mon intention n’ait été d’abord que défaire voir
que la découverte de M. Flourens était loin d’en être une,
en rapprochant ses expériences de celles de Rolande ,
je ferai néanmoins quelques remarques sur les objections
que M. Gall élève contre les propositions relatées dans les
Mémoires du Muséuin , et par lesquelles il attaque , sans
le savoir, la doctrine de Rolande. C’est donc comme an¬
cien élève de ce célèbre professeur , que je hasarderai ces
réflexions , et non comme défenseur de M. Flourens. Placé ,
d’un côté , sous l’autorité assez imposante du célèbre Gu- .
vier, qui avoue que les expériences ont été faites avec
exactitude sous ses yeux , et celle de l’Académie royale , qui
déclare , par son organe , que les conclusions en sont très-
bien déduites; de l’autre , sous celle d’un professeur dont
l’Italie admire les talens, j’espère que ma témérité sera
plus excusable , si j’élève quelques doutes sur la solidité
des objections que le célèbre auteur de la cranologie fait
contre le résultat des expériences qui font le sujet de cette
discussion.
Ces objections , si je les ai bien comprises, peuvenfse
jréduire à ceci
, i.“ Que l’ablation n’est pas un bon moyen pour con¬
naître la fonction d’une partie du cerveau; car
il iàut bien distinguer les fonctions générales vitales d’un
organe de sa fonction particulière animale.
3.', Que l’animal ne peut pas survivre assez long-temps
il) Sur les Fonctions du ccivenu; var J. P. Gull, l. lll, p. 379.
27..
4i2 extraits
à la mulilalion de parties considérables de l’encéphale ,
pour qu’on puisse juger si telle ou telle autre partie est
le siège d’une faculté déterminée.
5. ° Qu’il n’est pas possible d’enlever une partie du
cerveau sans intéresser les parties voisines ; et comme
les effets de la lésion se transmettent, on ne sait S
quelle partie attribuer les symptôines que l’on observe.
4.° Que les expériences que M. Gall a fait répéter ne
sont point d’accord pour les résultats avec celles que
nous avons citées.
6. “ Que l’opinion qui consiste à regarder le cervelet
comme le régulateur des mouvemens de translation , est
plutôtuneidée singulière qu’une véritable découverte. C’est
l)our renverser cette opinion sur-tout, que M.Gall rassem¬
ble le plus grand nombre de preuves , parce qu’elle lui
paraît trop opposée à la siennesur les fonctions du cerve¬
let qu’il regarde comme le siège de l’appétit vénérien.
Les expériences faîtes à ce sujet ne confirment pas , sui¬
vant loi , celte assertion : car, dit-il, il n’est pas étonnant
que l’animal perde successivement la faculté de voler,
de se tenir debout , d’exécuter des mouvemens réglés ,
de se relever, puisque l’animal cesse successivement de
vivre. Le cervelet des poissons , des reptiles et des
oiseaux est moins composé que celui des mammifères ;
néanmoins ces derniers n’ont pas des mouvemens de
translation moins réguliers , moins prompts que les pre¬
miers. 11 n’y a point de rapport entre le développement
successif du cervelet depuis le moment de la naissance
jusqu’à la vingtième , trentième année et la régularité des
mouvemens de translation. Les mouvemens de l’homme
de vingt à trente ans ne sont pas plus réguliers que ceux
de la fille de cinq à seize ans. Les femmes qui d’ordi¬
naire ont le cervelet moins volumineux que les hommes
marchent-elles et dansent-elles avec moins de régularité ,
ÉTASALYSES. 4i5
avec moins d’art , avec moins de grâce que les hommes ?
La castration et les lésions des testicules qui influent si
puissamment sur l’état du cervelet , produisent-ellos un
dérangement de la régularité des mouvemens de trans¬
lation ? En un mot, il n’y a aucune proportion entre le
cervelet et la force, la prestesse et la régularité des
mouvemens de translation. Mais cette proporlloir esjiste
par-tout avec les moelles alongée et épinière , et les nerfs
qui y prennent leur origine. La force, l’agilité et la régu¬
larité des mouvemens du tigre , du cheval , du caïman ,
du boa , etc. , sont proportionnées à la grosseur de ces
organes , et nullement à celle du cervelet.
Je répondrai de la manière la plus succincte à ces di¬
verses objections, dont plusieurs sont à-peu-près les
mênaes , et dont aucune ne me paraît détruire ce qui a
été avancé, sur les fonctions de l’encéphale et des autres
parties du système nerveux.
Et d’abord , si l’ablation n’est pas dans tous les cas un
moyen nécessaire pour arriver à la connaissance de la
fonction spéciale d’un oi'gane, il faut convenir que ce
moyen est au moins un des plus certains dans un grand
nombre de circonstances. Je suppose qu’un homme
frappé pour la première fois par l’impression de la lu¬
mière ignore quel est l’organe , quel est l’instrument ex¬
térieur an moyen duquel cette impression insolite lui
est communiquée : Après avoir essayé successivement
de se priver de l’usage des oreilles , de la bouche , du
nez , il arrive aux yeux, il les ferme, et aussitôt il cesse
de voir les objets qui l’environnent : ne conclura-t-il
pas alors que les yeux sont les instrumens qui lui trans¬
mettent l’impression de la lumière? La privation, ou
SI l’on veut l’ablation n’est-elle pas un moyen sûr pour
juger de la fonction spéciale de ces organes ? Appliquons
Ce raisonnement au siège do la perception de la lumière.
fi X T R À I T s
D’abord on découvre qu’il ne peut être que dans l’encé-
pBale; mats dans quelle partie ? Pour le savoir , on ré-
tranche successivement les couches supérieures des lobes
cérébraux , et l’on arrive jusqu’aux tubercules quadriju¬
meaux ; l’animal continue de voir : on détruit ces tu¬
bercules , aussitôt il est frappé de cécité ; d’où l’on cdn-
clu^^que les lobes cérébraux ne sont pas l’organé de là
vision , puisqu’elle existe encore malgré qu’ils soient dé¬
truits , mais bien les tubercules quadrijumeaux , et que
c’est là une de leurs fonctions spéciales. Il est donc
faux que l’ablation ne soit pas un bon moyen de connaî¬
tre la fonction spéciale d’un organe.
» Supposons, dit M. Gàll , que M. Flourens veuille vé¬
rifier par l’ablation du cervelet, si cette partie est ou
n’est pas l’organe de l’instinct de la génération , com¬
ment fera-t-il vivre l’ànimal assez long-temps pour pou¬
voir dire que l’animal possède ou a perdu cet instinct ? »
Si Ton se rappelle que les expériences de Rolando dé¬
montrent que les tortues vivent encore plusieurs mois ,
malgré l’ablation du cerveau ou du cervelet , ce temps
doit paraître suffisant pour faire sur l’un et l’autre de ces
organes les observations qué l’on désire , et de s’assurer
pendant cet intervalle de la nature de leurs fonctions spé¬
ciales. Ce n’est pas ici le lieu d’examiner jusqu’à quel
point l’opinion de M. Gall sur les fonctions du cervelet
pourrait s’accorder avec celle de Roîàndo , qui consiste à
regarder cette partie comme l’organe qui envoie aux mus¬
cles de la locomotion le Iluide éxcitateur, et aux autres
parties dont l’action n’est pas sous l’influence de la vo¬
lonté une plus petite quantité séulëmènt de ce fluide
pour le maintenir dans la mobilité nécessaire. Car s’il
est vrai, suivant ÎRolando, que l’érection du ihamélon
chez les femmes , la turgescence du tissu cellulaire et
dermoïde des joues sous l’influence d’une cause iiio-
Kï analyses. 4i5
raie , etc. , est en raison de la mobilité que les nerfs en¬
tretiennent dans ces parties au moyen des fluides que le
cervelet envoie, l’érection du pénis et du clitoris dé¬
pend aussi de la même cause , d’où il s’ensuivrait
que plus l’activité du cervelèt serait grande , plus aussi
ces parties seraient tenues dans une disposition favorable
à l’action des stimulons divers qui en déterminent l’ac¬
tion. Au reste , j’observerai que si le cervelet n’a d’au¬
tre fonction spéciale que celle d’exciter l’acte vénérien ,
lorsque cet organe agit seul , les lobes cérébraux étant
détruits , il devrait spécialement déterminer l’orgasme des
organes génitaux, puisque toutes choses égales d’ailleurs,
un organe célébrai fait d’autant plus irrésistiblement sa
fonction , que son action est moins contre-balancée par
celle d’autres organes ; car , si je ne me trompe , tel est
le langage du docteur Gall contre ceux qui l’accusent
de fatalisme. Mais comme le contraire a lieu, et que
la faculté locomotrice est attachée à l’existence du cer¬
velet ; il paraît plus concluant de dire flue la fonction
spéciale de cet organe est de présider à la loconiotion.
Ce que M. Gall dit de la difficulté de faire survivre l’a¬
nimal aux lésions, et l’opinion qu’il a que la privation suc¬
cessive du mouvement doit être attribuée b la faiblesse
produite par l’hémorrhagie et à la cessation successive de
la vie, se trouvent entièrement détruits par les expériences
faites sur les tortues. Il est inutile de revenir sur ce sujet.
Si les effets de la lésion se transmettent aux parties qui
restent encore , certainement ils ne se transmettent pas à
celles qui* sont retranchées. Or, qu’importe que la lésion
des tubercules quadrijumeaux , par exemple , se transmette
aux lobes cérébraux, si l’ablation de ces derniers ne pro¬
duit pas la cécité , et qu’on l’obtienne par la destruction
de ces tubercules, pour s’assurer qu’ils sont le siège do la
vision. N’est-on pas certain que le cerveau est le siège
EXT
4i6
de plusieurs facultés, intellectuelles déterminées et non le
cervelet , si ces facultés persistent malgré l’aLlation de ce
dernier , ou si elles se perdent par la destruction du cer¬
veau , le cervelet restant intact ?
Mais M. Gall a obtenu des résultats différens en répé¬
tant les mêmes expériences que M. Flourens. Je le veux
bien ; mais j’ose affirmer que ces expériences ne sont ni
assez nombreuses, ni assez variées pour pouvoir être op¬
posées à celles de Rolande , qui les a faites sur les mam¬
mifères , les oiseaux , les reptiles et les poissons , et jusque
sur les insectes , et cela pendant des années entières ; tan¬
dis que celles qu’il cite ont été faites à la hâte et en très-
petit nombffe sur des lapins et des pigeons , lesquels ré¬
sistent effectivement très-peu de temps aux opérations de
ce genre. D’un autre côté, quelques-unes des expériences
ont été répétées sous les yeux de M. Cuvier, qui en atteste
l’exactitude; et si , comme le dit ce savant naturaliste , les
anciens physiologistes voyaient trop dans leurs expériences
ce qu’ils voulaient y voir, il peut arriver aussi qii’ils ne
voient pas ce qu’ils ne veulent pas y voir.
Toutes les objections que M. Gall accumule principa¬
lement contre les fonctions du cervelet, considéré comme
l’organe central de la locomotion , ne me paraissent porter
que sur une erreur de langage quai suffit de rectifier pour
qu’elles restent nulles. Le rapporteur du Mémoire de
M. Flourens appelle le cervelet le balancier, le régula¬
teur des mouvemens de translation. Mais le cervelet n’est-
ni le balancier ni le rdga/Ætewr des mouvemens locomo¬
teurs ; les expériences ne peuvent point le faire Considérer
sous ce point de vue. Le cervelet n’est que le centre d’où
parlent les irritations que les nerfs conducteurs transmet¬
tent aux muscles ; mais, sans l’influence des hémisphères
cérébraux, siège de la volonté, cette transmission ést.ir-
. régulière, désordonnée , l’animal n’exécute'que desmOu-
ETA.NALTSE3. 4l7
ycineüs aulomaliques. Le .yéritable régulateur est donc
le cerveau , et le cervelet influe sur Vintensité des mou-
vemens , mais non point sur leur régularité.
Ainsi , quoique les mouvemens soient aussi réguliers
chez un sujat dont le cervelet est très-peu développé , que
chez un autre dont il l’est davantage ; quoique la femme
danse avec autant et plus de précision que l’homme , il
ne s’en suit pas que le cervelet ne soit pas l’organe qui
détermine la contraction des muscles. Au contraire , la
prétendue objection que M. Gall tire de la castration et
des lésions des testicules , est une preuve de plus en faveur
de l’opinion qu’il attaque. En effet, ceux qui ont subi
cette opération perdent leurs forces primitives; ils de¬
viennent mous , efféminés ; et s’il est vrai , comme sem¬
blent le démontrer les observations , que le cervelet dimi¬
nue de volupie chez ceux qui ont été privés de leurs testi¬
cules , ces phénomènes s’accorderaient très-bien avec
l’opinion qui attribue au cervelet les fonctions que nous
avons dit lui appartenir. Il est bien vrai qu’il est des ani-
maüx dont le cervelet n’est pas en proportion avec les
forces musculaires , mais il faut bien se souvenir que l’é¬
nergie d’un organe ne peut pas toujours se mesurer d’a¬
près son volqme , mais que le degré d’activité de cet or¬
gane dépend aussi d’une structure particulière ; circon¬
stance qu’il ne faut jamais oublier quand il s’agit d’en dé¬
terminer l’usage. La moelle épinière n’est certainement
pas le centre d’où partent les irritations musculaires ,
quoique les animaux très-vigoureux aient cette partie du
système nerveux considérablement développée. On sait, en
effet , que si l’on coupe la moelle épinière dans un point
quelconque, toutes les parties qui reçoivent leurs nerfs
de la portion située au-dessous de la lésion sont frappées
de paralysie ; mais si l’on remonte jusqu’au cervelet et
qu’on détruisé cet organe , tons les muscles locomoteurs
4l8 KXTRAITS
sont atteints sans exception. Si cela ne prouve pas que ce
dernier phénomène a lieu , parce que l’organe destiné à
provoquer le mouvement a été frappé à sa source , il n’y
a plus rien au monde que l’on ne puisse révoquer en doute.
CosTER, D.-M. de la Faculté de Turin. ,
Sur le Système mtr à-vertébral des Insectes,
Dans plusieurs extraits de l’important ouvrage de Mec-
kel , sur l’Anatomie comparée , insérés soit dans le
Nouveau Journal, soit dans le dernier Numéro des Ar¬
chives, M. Martini a particulièrement insisté sur une at¬
taque dirigée contre les bases fondamentales de ma Phi¬
losophie anatomique (i). Je sais qu’en un certain lieu où
l’on témoigne s’intéresser vivement aux progrèj de l’anato¬
mie, on pensa que mes théories éprouvaient par ce coup
un échec à ne pouvoir se relever. On me permettra d’ap¬
peler de ce jugement , et de l’attribuer à cet engouement
dont ne peuvent se défendre quelques Français pour tout
étranger qui déprécie lies productions de leurs compatriotes.
Quand parut le premier article de M. Martini , jeterminai
l’impression de mon dernier ouvrage , les Monstruosités hu¬
maines , et je crus devoir à l’attention qu’on donnait en
ce moment aux objections de M. Meckel , de les rappeler
moi-même dans cet ouvrage , et d’y faire une réponse. Ce
point a depuis occupé un des hommes les plus considé¬
rables de notre littérature , le célèbre M. Abel-Remusat.
Voici comment ce savant académicien s’exprinie :
« Les caractères qui tiennent à la position des organes
(^) PHiiiOSQPHrs ANATOMIQUE , tome I." , traitant ' des Organes
respiratoires (1818), et tome II , des Monstruosités humaines C1822) ;
in-3'.° , chaque volume étant accompagné d’un allas in-i.° A. Paris,
chez Béchul jeune, libraire , place do l’Ecole de Médeciuc,
. Jüï analyses. 4ig
«ont un grand degré^de fixité. Sciant nullam partem uni-
^versaUm magis valere quàm illam à situ, a dit
» Linnæus. Mais sans vouloir s’en attribuer l’idée primitive ,
»M. Geoffroy peut, à bon droit, réclamer l’honneur
» d’én avoir fait à la zoologie et à l’anatomie comparée
» des applications plus nombreuses , plus importantes , on
«pourrait même dire , plus hardies que tout autre. Ce
«naturaliste l’adopta dans toutes ses conséquences , sans
» réserve et sans restriction. Les formes , les dimensions ,
« la structure et les usages mêmes des organes , sont sujets
«à varier : leur situation respective , jamais , suivant
«M. Geoffroy. Un célèbre étranger (le professeur Meckel) ,
«qui paraît disposé à contester l’application universelle de
«celte loi , convient pourtant que la nature l’observe le
«.plus souvent jusqu’à s’y conformer d’une manière
«PÉDANTESQUE. Un oi’gane , avait dit M. G. , est plutôt
«diminué, effacé , anéanti, que transposé. On lui objecté
» l’exemple des crustacés et des insectes chez lesquels là
« moelle épinière se transporte de la partie dorsale à la
«partie inférieure du corps, s’y trouvant fort au-dessous
«du canal intestinal, qu’elle recouvré au contraire chez
«les animaux vertébrés. M. Geoffroy accepte cette occa-
» sion de vérifier son principe favori , celui des con-
« nexions , et il trouve que ce principe sort victorieux d’une
» épreuve si difficile. La moelle épinière et l’intestin sont
«encore ici dans leur rapport de position; seulement l’a-
« nimal est retourné : il marche sur le dos , le ventre tourné
«du côté du ciel. C’est en bravant, si j’ose ainsi parler ,
» toutes les conséquences de sa doctrine , eh eh admettant
«d’avance les résultats les plus paradoxaux, queM. Geof-
«froy est parvenu à des rapprochemens vraiment singu-
«liers , et dont plusieurs ont reçu du moins rassehtimént
» tacice des maîlyes de la science. {V oyez M. Cuvier, dans
» son Analyse des travaux de l’Académie des Sciences ,
420 ' .extraits
npour 1817 , page 24- ) Telle est , pour n’en citer qu’un
» exemple , l’analogie des osselets de l’ouïe chez les ani-
» maux à ppumon , avec l’opercule et les os de la mem-
» brane branchiostège chez les poissons ; analogie qui sem-
))ble avoir été établie de la manière la plus plausible dans
» le tome I.“ delà Philosophie anatomique. » (Extrait
d’un article (i) sur le deuxièine tome de la Philosophie
anatomique ( Monstruosités humaines ) , publié dans le
Journal des Savaris , N.° de février 1825, page 102; par
M. Abol-Rémusat, membre de l’Institut, professeur de
langue et de littérature chinoise au Collège de France ,
l’un des membres du Comité de rédaction du Journal des
Savans, D.-M. , etc. )
M. Meckel aura-t-il obtenu plus de succès , en attaquant
mes derniers travaux sur l’organisation des insectes ? C’é¬
taient , à- vrai dire , de simples corollaires des premiers ;
mais comme ce célèbre anatomiste s’étàit déjà refusé à
considérer ceux-ci sous le point de vue qui me les avait
fait entreprendre, il devenait difficile, la question se com¬
pliquant de plus en plus, qu’il partageât sur les derniers
ma manière de voir.
(1) M. de Rémusat s’est moins proposé dans cet article de faire
connaîtra eu particulier l’ouvragé Aes Monstruosités humaines, que
de présenter un tableau complet de la doctrine de l’auteur , doctrine
telle que la donnent non pas seulement les deux volumes de la Philo¬
sophie anatomique déjà publiés , mais de x>lus aussi un assez grand
nombre de Dissertations répandues tant dans les Annales ou les Mémoi¬
res du Muséum d’histoire naturelle , que dans différens Recueils d’a -
natomic et de médecine. Ce tableau concis, nerveux , toujours fidèle j
écrit de haut et sous l’inspiration d’une philosophie sage et éclairée ,
peut fournir sur le système qui s’y trouve exposé , des reiiseiguemcns
plus clairs et plus instructifs que ceux même que procureraient les
écrits originaux. 11 a paru presqu’au même moment d’autres analysés
de cet ouvrage, dans InRevue Encyclopédique , par M. Fr. Cuviér.j
dans le Journal complémentaire , par M. Desmouliiis ; dans la Revue
'médicale , par M. Dugès ; et dans les Annales de la Médecine phy¬
siologique , pur M. Bénit.
ET analyses. 42J
Je ne veux engager de discussion polémique avec per¬
sonne , et encore moins avec uni des savans les- plus hono¬
rables de rAllemagne : aussi je ne suivrai pas M. Meckel
dans l’exposition de ses vues. D’une part , je ne reconnais
pas mes idées dans l’extrait qu’il en a fait oü qu’on en a
fait en son nom dans les Archives ; et , d’autre part , ces
idées se sont étendues et améliorées. Je me bornerai à
dire ce que je crois vrai des rapports qu’ont , suivant moi ,
les insectes avec les animaux déclarés seuls en possession
du système vertébral , ce qui ne sera que dounér un extrait
d’un travail que j’ai communiqué à l’Académie des Scien¬
ces , le 26 août 1822 , et que j’ai depuis imprimé dans
les Mémoires du Muséum d’histoire naturelle , tome IX ,
page 89.
Il y a deux ordres de vertèbres , et , par conséquent ,
deux ordres d’animaux vertébrés.
Telles sont, i.“ les vertèbres dans le centre desquelles
les deux grands systèmes , le médullaire et le sanguin ,
conservant toujours les mêmes rapports de superposition ,
se déploient concurremment; et 2.“ les vertèbres où les
troncs des deux systèmes se déploient au contraire séparé¬
ment , chacun en dehors du tuyau alors noyau central ,
et , par conséquent , dans un tuyau propre et distinct.
Les animaux de la seconde section sont réputés jouir
seuls d’un système vertébral : aussi les a-t-on uniquement
désignés jusqu’ici par le nom absolu et exclusif d’animaupc
vertébrés. Le système sanguin , occupant chez eux un
espace propre , et pouvant se répandre dans une sphère
plus étendue , se ramifie davantage , et donne lieu à plus
de transformations et de développemens. Ainsi les êtres
chez qui se remarquent ces conditions primordiales, doi¬
vent à cette plus grande complication une plus grande
somme d’organisation , et sont , à raison même de ces
42 2 liXTKAirS
degrés supérieurs dans l’échelle organique ^ les animaux
présumés , déclarés et nommés les plus parfaits. On sait que
ca sont les poissons, les reptiles, les mammifères et les
oiseaux. Ils formeront toujours un seul et même embran¬
chement comme autrefois seulement par un mot ajouté à
leur ancienne dénomination , je les distingue des êtres de
l’autre section; je les nomme hauts animaux ve^rtébrés ^
ou plus simplement ,
Sous plusieurs rapports , à ces principales considéra¬
tions appartiennent aussi des êtres dont la tige princi¬
pale se compose de même d’une série de vertèbres , mais
de vertèbres Creuses à leur centre. Leur tube central est
un fait dont on n’avait pas même autrefois soupçonné
l’existence. J’en ai fait la 'découverte chez ceux des hauts-
vertébrés les- moins élevés en organisation , ou chez les
poissons, lesquels conservent (le plus grand nombre
constamment, et quelques-uns seulementpendantleurpre-
mier âge) , les dispositions organiques, qui forment le
grand caractère des premières journées de l’embryon. Ce
qui n’est chez quelques poissons (les lamproies et les es¬
turgeons , par exemple) , qu’un cas de première condition
fœtale appelant la transformation , reste l’état régulier et
permanent des crustacés et des insectes. Les fluides dans
lesquels ces organes auront à puiser pour leur formation ,
remplissent le tube central. Les deux systèmes médullaire
sanguin croissent simultanément dans le tube , lequel
alors s’agrandit par la poussée de tous les organes qui
poursuivent l’œuvre de leur développement.
Mais dans le cas contraire, où les deux . systèmes sont
séparément établis, et le sont en dehors du tube , à l’op-
posé l’un de l’autre , le tube se plisse et se ferme dans sa
longueur: ses parois intérieures arrivent au contact. La
forme tubulaire disparaît pour faire place à un , noyau
veriébr.rl qui sc remplit ot qui s’épaissit successivement.
ET AN ALTSES. 495
Des- vestiges de cet ancien état de choses se conservent, je
le répète , duran t la vie entière , chez quelques poissons ( les
clupea , alose et hareng) , et s’elFacent totalement chez
d’autres dès qu’ils sont avancés en âge , comme dans les
carpes , par exemple.
Nous avons proposé, dès 1820 , pour les animaux delà
première section , ou pour ceux qui ont le noyau inter¬
vertébral de forme tubulaire , c’est-à-dire , pour les crus¬
tacés et pour les insectes , le nom de dermo-vertébrés.
Ce qui m’avait dès-lors donné de la confiance dans ces
résultats , c’est qne , quoiqu’il arrive aux deux sortes de
vertèbres , savoir : ou à l’une d’admettre en dedans de son
noyau les systèmes médullaire et sanguin , ou à l’autre de
n’employer son noyau que comme un axe fournissant ses
deux adossemens opposés pour supporter et tenir séparément
rangés chacun de ces deux* systèmes , tous les élémens
vertébraux ne sont pas moins régulièrement produits et
le sont dans un ordre de superposition qui ne perniet point
en effet dé les méconnaître.
Je n’ai pu me dispenser de donner à ces élémens pri¬
mitifs, au nombre de neuf, des noms particuliers , et
comme le principe des connexiom est un vrai fil d’Ariane
qui m’aide à les retrouver quand ils me sont masqués
par la bizarrerie de certaines formes , j’ai adopté dès
noms fondés sur leurs rapports de position. Ainsi, je nomme
cycUal la pièce centrale affectant la forme d’un tube chez
les devmo-vertébrés , et prenant au contraire celle d’un
tronçon de colonne cKez les haut-vertébrés. 5e \& nomme
cycléal , de kÙxaos- , cercle, pour rappeler sa forme an¬
nulaire , ainsi permanente chez les premiers , et telle ori¬
ginairement chéz les derniers, sans qu’elle s’y montre
au contraire persévérante. Je distingue ensuite les bran¬
ches vertébrales quand elles sont rangées par paire de la
manière suivante , savoir î supérieurement, ou celles qui.
k'ïk EXTRAITS
chez les hauts-verlébrés , servent d’enveloppe au système
médullaire , d’abord la première paire sous le nom de
périaucc; les péfiaux se dirigent, à partir du cycléal,
comme des rayons prolongés du centre 5 la circonférence ;
et la seconde paire sous le nom d’épiaux ; ceux-ci ter¬
minent les branches vertébrales de ce même côté , en
s’étendant en dehors : et inférieurement, ou les branches
vertébrales disposées pour renfermer le système sanguin ,
savoir , la paire la plus voisine du cycléal, paraaux, et
l’autre paire , cataauæ , c’est-à-dire celle qui termine de
ce côté les branches vertébrales.
Il n’arrive pas toujours aux parties de ces branches de
rester accouplées deux à deux (principalement dans les
dermo-verlébrés , chez lesquels les branches n’enseignent
aucun des deux principaux systèmes , systèmes que nous
avons dit plus haut contenus dans le noyau tubulaire de
la vertèbre) , les parties des branches sont alors rangées
bout à bout. Elles deviennent dans cet état ces appen¬
dices appelés chez les crustacés pattes vraies, si ces bran¬
ches sont dévolues au mouvement progressif , et pattes
fausses (les appendices du dessous de la queue), lesquelles
ne diffèrent des autres que parce qu’alors les branches
vertébrales sont comparativement très-petites et qu’elles
n’ont plus qu’un usage fort insignifiant, variable d’une
espèce à une autre. Pour le cas de ces derniers arrange-
mens, je modifie mon système de nomenclature en me
bornant à l’emploi de quelques propositions , rendant très-
bien l’esprit de ces nouvelles dispositions , c’est-à-dire ex¬
primant nettement les rapports de tous les anneaux de la
chaîne. Voici ces noms, en partant dü dos ou de l’extré¬
mité de la nageoire dorsale aux parties inférieures ou à la
dernière pièce de la nageoire anale ; en-épial, pro-épial,
méta-périal , cjclo-périal , cycléal (élément dont la no-
mènclàture ne varie pas, parce qu’il est partout impair) .
fi r A KAil YSES. 4® 5
(yclo-paraal , Tiiéta-pœt'aal^ pii‘o-cataal, et èn^oataal.
Pour montrer que ces idées générales ne sont pas de
simples et vaines abstractions ^ j’ai désiré lés rendre ocu-
lairement observables par le chois de quelques exemples j
tel est l’objet dés planches qui accompagnent moB Mé ■
moire dans le tome IX déjà cité; èt de plus , afin d’avoié
un point de départ duquel je pusse m’élever aux con-
eentrations plus ou moins grandes de la vertèbre, dont
les haiits^vertébrés fournissent des exemples , et duquel
je pusse descendre au contraire à ces subdivisions perma-
nenies qui caractérisent les dermo-vertébrés , j’ai cherché
une vertèbre qui fût réstreinté dans des proportions
moyennes , qui , étant à des dislânees égales dans la série
graduéédesdéveloppemens , Conservât des traces des pri ¬
mitives formations èt exprimât en même temps quelques
indices des subséquentes , et qui enfin reproduisît ses di¬
verses parties sous des formes homogènes. TOut cèla se
trouve dans lé trOnçon oSsèüx post'^bdominal d’une plie
{pleurénectes rhombeùs )i 6’eSt nn poisson abondant dans
nos marchés, et il est loisible à chacun d’y vérifier ce que
j’eh dis.
Tous les matériaux d’une vertèbre se voient très-dis •
tinetement dans, ce tronçon. Son Hoyau, ou le cycléal,
est exactement dans le centre du système , et chaque partie
s’en échappe par des rdycns qui se correspondent , comme
formes et proportions, d’une manière et d’un accord si
merveilleux, qu’on serait tenté de ne voir dans mon des¬
sin que l’esquisse d’un type idéal. Le noyaU vertébral
(cycléal) est encore ouvert dans la plie, qui n’èst que le
jeune âge du carrelet , ainsi qu’il est ouvert alors toujours
et jilus largement dans les animaux inférieurs ; mais il est
prêt h sè fermer , ne laissant apercevoir aü centre qü’un
trou très-petit au fond des deux cônes adossés et réunis
par leur sommet , sorte de clfepsidros pour la forme , ar-
1. 28
/,26 EXTRAITS
rangement qui ramène Gc noyauàn’être plus qu’un simple
corps vertébral.
J’ai présenté sur mes planches tous les détails d’une
vertèbre de bœuf dans l’âge fœtal et dans les âges suivans.
Des lettres semblables aux pièces analogues montrent
lés rapports de toutes; leurs parties. J’en ai agi de même
à l’égard d’un tronçon ne colonne vertébrale d’une écre¬
visse , en faisant représenter un segment de ce qu’on
nomme si improprement la queue chez cet animal , et en
appliquant encore les mêmes lettres aux parties similaires.
Placer dans des corollaires (voyez yiircArâes ,pag. 260),
cette proposition : te entre le squelette des tor¬
tues et le squelette extérieur des: animaux invertébrés
n’est qu une analogie apparente, c’est nier l’évidence.
J’accorde qu’ainsi que le membre antérieur du lion n’est
point , pour tous les détails , de sa structure, une exacte
répétition du membre antérieur du singe , par, exemple ,
de même la correspondance de ces faits d’ostéologie ne
porte non plus sur une ressemblance absolue ; mais ce ne
sont pas moins des faits de même ordre , des faits à em¬
brasser dans les mêmes considérations , à comprendre
dans la même généralisation.
Expliquons-nous à cet égard , et d’abord insistons sur
lés différences essentielles que la différence de leurs deux
types primordiaux introduit dans la structure de la tor¬
tue et dans celle de l’écrevisse : les rapports viendront
après.
C’est dans son noyau vertébral ou , pour parler le lan¬
gage de l’anatomie humaine , en dedans du corps même
de la vertèbre , que sont répandus chez l’écrevisse
tous ses organes de circulation, de nutrition, de généra¬
tion et d’excitation nerveuse. Ces organes , ainsi déjà logés
dans ce noyau de forme tubulaire , sont donc sans intérêt
à l’égard des branches vertébrales et n’en exigent par
ET AMALTSES. ^251
conséquent point, l’intervention et la conservation pour
leur propre compte;, mais je suppose que celles-ci exis¬
tent, disposées, comme si élles concouraient à rendre à
ces organes le même service que chez les hauts-verté¬
brés, elles seraient, ube partie d’ëlles en dessus du noyau
et l’autre partie en dessous ; elles seraient, dis- je , réu¬
nies deux à deux , et chaque portion articulée et rangée
en un chaînon fermé , c’est-à-dire , qu’en dehors du tube
central seraient deux autres tubes , l’un supérieurement
pour contenir le système médullaire et l’autre inférieure¬
ment pour contenir le système sanguin. C’est précisément
ce que notre exemple précité d’un tronçon post-abdomi¬
nal de la plie fait connaître. Dans cet exemple , la con¬
dition tubulairè du cycléal ou du noyau central n’est plus
conservée qu’en vestiges; mais, en s’élevant davantage
dans l’échelle des êtres , cette trace s’efface entièrement
le noyau n’est plus évidé à son centre : c’est un plein
tronçon de colonne; et cela', dis-je, existe ainsi dans lesj
reptiles, dans les mammifères et dans les oiseaux. .
.Alors , ce que la poussée des organes vitaux peut rejet-
ter du squelette sur le derme ne saurait être composé des
mêmes parties dans les hauts-vertébrés et dans les dermo-
vertébrés. Il est évident que cela n’arrivera , ■ chez les
premiers , qu’aux élémens osseux des deux cavités renfer¬
mant séparément, l’une le système médullaire , et l’autre
le système sanguin , et point à la cavité intermédiaire qui
a cessé d’exister comme cavité et qni se trouve réduite à
n’être qu’un axe médian, plus ou moins renflé , plus ou
moins rudimentaire. Il est pareillement évident que .cet
effet n’est possible chez les derniers ou les dermo-verté-
brés , que par l’extension du corps central , c’est-à-dire ,
l’extension de l’unique cavité que développe la forme tu¬
bulaire , puisqu’il n’y a que celte seule boîte osseuse
pour contenir tous les appareils , puisque, je le répété ,
428 EXTftÆfTS
tous les autres élément vertébraujl , au lieu âe s'enlre-
lief pour sé^ réunir eir une dôubte' ctetüre et former deux
aUtre^ annéaùxf,’ sont’ Un ei? de l’autre côté proioiigés'sur
uàô seule filé.
VoHàrnosdtfférenees ëlidssh^iïî®’ sérèreftient déterminées;
Gela posé ,* ce ne sont p^s tes mêmW piétés- noôiiriàlés
qür , daUs lùtottue et- dans l’écrerissé j sont repoussées ex-
téfieurèmetrf ,* qoî prenfilënfr j^osition ir là périphérie de
l’être et qirf. vienueyt sé COàfbndre arec lé derme. Mais
je nteu puis' doutei- : té sohf ft’éS'-tèétâinémèût des élé-
léens du squelette , et j’àjyuté dd squelette intérieur , pour
m'ex^Iiquèr daffirs' le làn'gd^è dffq'iïél oljlige de réeourir la
suppositiod que Je fcombafe*.
A fcc méménf cô'tüQîfeïïéeflf ïei rappofts dek deux sÿs-
tèraôs d’dstéolôgïé ; ëf; je ns crains pas de dire non des
rapports , mais des rapports vrais et
iücôntostaMëS.' Goïniüëhtpi'ôn^ei' éëite pî'épbSilioU ? c’est,
eé nié sëiùlîliô , ttèS-facîlë:
En 180^ , c’èSt-à-dteè , bien àVaïif que j’eü^àe rè'Sjj'Ht
fixé' Sür céà fappôrfs / et fie me préposant alérs qüe de
présétiiér lës faits généraux dé l’drgàiiîSâtidri de^ fbrtÜë's ,
jé ffâ'iVaî (i) dés ânàlô'gléS de' tBétdS lès p'àitîèS défit là cà-
féj)aéëèt le plàsérdfisfe cdinpd^iétit. J’ài ddniié, fiépüîl, pfils
dé iëcîitudé à cés déiëimiffàtiBn^ dànS lé pîéfliieé Vdliltfië
dëitià PhUosàpAÜ aMtBirit^ue {pàg. ii§ fï IFé’st dé éë
ifiéiilèHt qàé IB édrdÿâéë dëé tôŸlüés’ fût dê'éidéfifëtit éënsî-
éém iidHdfiâ lès fiéfUMlstéë édmHig fôrinëë; âdVôié - les
pièfcëè de ll^lie ifiéfliati'é dé la séfiè deé ŸeHëBrM âdr-
^alës , lëé bd dèd ëâtés feèrresp’diHdfiiitéè éü ^éité-
(ij Muiapirfc sur leS tpttües jolies , npuveati genre ,spus le iipin de
trionyx , et surja fermatipii dés carapaces,- par M. Geeflroy-Sainl-
Hiiàirè. ^nnalei dû Miséum d’'kis\oire nàiûrhUe , tp-mé XlV,
pa^. i-ad, jil. 1 , lî, ïil; IV;
ET 4g^
bralgs, et cqux Ja ,%s .Çjôtes stççjçiajes ; ^t que
Ip plast^qn fût recpoRu ;Ç^)S.uUpr dp J’a^SQeiatiqp des a^qf
pièèps, ,dflnt .tqqt .atpsnua» ,pqrtû au .(Çemp-et ,sje i^TQVjKe
cqmpqsé ; çe qqi a ,liep , ,que les ipeuf éléqipqs sfqipnapx
soient .étendus .«nr .une seule; file Iqngttudinajie j(Ies iphp-
quési) , ou qu’ils soient {jCCQUplé.s .deux-û,-d<îMXi(ieSjtor-
tuesj) ..Quibiengrouppés trjois ,eijAeipye .(iés eiseaux ).
Si ©’fistilà un fait d’pne adoption .nniyerseUe , , Jji’pat
pas iPioins^cqns.tant qu’il n,’y a .de , posé, snrjl’cxtériqur des
os thoraciques que des lames appartenant au système
épidermique, ,o’es>ûr,dirP,Æes:Jaj’gçs .éoailles répandues
dans ie.eommerçe. ,jGe mi’est .pas.ççpendan t que ies^pnsr
eles , Jontrle qqffre-.peetAral.^e Arjmsp .ejlleuçs en.viKo.n-
né , ,;ept%pmeqt qurné , aienit .djispaw ; .ils .existent ,
mais, rentrés , mais, logés ..en-dedaus- Pans. quelques, vtgr-
tnes , carome dans eelles de mon .genre qe /îe
sont, pas des écaillqs ^ .maisqn feuillet ^nniq.u.e|qui.,rqçgu-
vrent (tout de jeat osseux ; G’est-ûrtdire > ,G!est )l’àjçrang,e-
meftt imêm® 4*1® w.us moptrent-les homars. jles .éeré-
viases» clés .]lon,rtea;UX , i les qrahes,,eic. , gé.néra!em,ç»(t
tqusjJeSjCçusiaeéS"
fQuels qs aont ainsi , répandus à la , périphérie, di*
corps, îPaQuÎKneÆQit , qui n’est dans le ; cas , de. répondre,,?
çe sent , jna.nU’estement, les élémens y,erté]br@ux,dP: la;rau-
gée .inféfiiençe , les pièces ccnsaerées chez dçsshouts-ani-
ronux ixortdhrés à .oloisonner de sy8,tèinesPPgu|n ;; .,G’es.l-
é7dire,..les paraaux ,et les .«alÉaa.ux. ,^a}s veuillez ,yq, us
rendre attentif à cette çqnsidéralien do même OïdjfP ;
quels qs au eôté ppposé . arrivent .aussi ep. dehors,, pt, vien¬
nent .également so .fiQnfqndre avec le derme,? y .nous
bornons notre examen jà ceux qui , cloIsOunent d’ encé¬
phale , ipous.jremarquons qu’évidemmcnt ce sont ;à chaque
segment vertébral du crâne , les doubles pLè.ées. iS.ipér
rieures , Jes périaux et .les.dpiauX' ' , ;,,,y ■, i
43o EXT B À1 TS
Ces faits des muscles péctçraux , logés en dedans du
sternum chez les tortues , et répandus en dehors de cet
appareil chez les oiseaux , nous sont reproduits dans un
exemple de cette seconde combinaison; et, en elTet, le
crâne présente le même contraste dans le crocodile et les
autres sauriens : et ce qui doit le plus surprendre , c’est que
cela se trouve ainsi jusques dans une même famille de
poissons, dans le genre des silures; Xesilurus electricuset
silurus clarias ne s auraient, différer davantage sous ce
rapport.
Mais voyez I que de faits nouveaux et curieux , que de
faits généraux résultent de ces rapprbeheméns ? de la même
manière qu’il y a une boîte cérébrale pour loger au-dessus de
l’axe vertébral l’encéphale ou les principales parties du
système médullaire , il est de même chez les tortues en
arrière , mais en dessous de ce même axe, une boîte tho¬
racique , pour loger les principales parties du système
sanguin -, le cœur, les poumons, les autres viscères abdomi¬
naux. Cette solide maison , cetté vaste coquille , dans la¬
quelle se renferme toute la tortue à son gré , est composée
de segmens vertébraux , indépendans dans le premier
âge , tout comme le crâne de l’homme est jpareillement
composé de pareils segmens , tous également distincts
dans l’âge fœtal. La même différence signale les deux
coffres osseux : ainsi quand les élémens vertébraux de la
rangée supérieure , ou , ceux du système médullaire sont
portés au maximum décomposition, en revanche les
élémens du système sanguin sont réduits' à un état de
minimum, et vice versa,- quand ce; sont céS derniers
élémens dont le volume devient prédominant , les élé¬
mens supérieurs sont dans l’étàt rudiiïientaire : les tor¬
tues sont dans ce .îdernier cas. Cette application de ma
h)i du balancement des organes revient sans cesse.
Pour moi, je n’ai jamais pu considérer une tortue èh-
ET 'ANALYSES. 4^1'
tièrement renfermée eu-detfans de sa carapace , sans son¬
ger que c’est ainsique le limaçon se renferme en-dedans de
sa coquille. Oui , malgré la grande différence d’organisation
de ces animaux , je n’ai pu me défendre de l’idée qjie
c’est par l’emploi des mêmes moyens qu’ils y réussissent ,
par la mise en jeu : d’appareils analogues.
La hoîte thoracique de la tortue, ou pour nous porter
sur ses analogies* avec les animaux mollusques, la co¬
quille de la tortue est ouverte îi ses deux extrémités : le
canal intestinal s’y est prolongé d’un bout à l’autre : scs
deux issues d’entrée et de sortie y sont séparées aux deux
bouts. Dans les coquilles univalves^, où ce coffre n’a
plus qu’une ouverture, la bouche et l’anus , ces deux issues
d’entrée et de sortie du canal intestinal sont .rappro¬
chées , et souvent disposées l’une b côté dé l’autre. Voyez
cet arrangement dans les tethies composées , et particu-
lièretnent dans les genres dtason® et distoma [i),
deux issues se rencontrent côte à côte et seulement à une
extrémité de l’animal , parce que le canal jütcslinahaprès
s’être enfoncé vers l’autre extrémité , s’ést iout-à ooup re¬
plié et s’est coudé sur lui-même. Ainsi sans que rien ne
procédât là contre l’esprit du principe des connexions ,
les deux bouts ont été ramenés vers l’une des extrémités ,
comme if aurait pu tout de même arriver chez là tortue ,
sans qu’on dût en conclure qu’il sefait’ survenu dans sa*
constitution organique une anomalie trop choquante.
Je n’insislei'ai pas davantage sur toutes ces analogies
qu’on ne peut sans doute bien comprendre sans le secourx
des figures; cependant je promets, quant à là plupart de
ces faits , une évidence d’une acquisition prompte et facile
(i) Mémoires sur les aniuiàùx sans vertèbres, par Sayi^xy > l’i'c-
mièro partie , pl, XII cl XXXIX ; («aB.» , iBV6, A Paris , clier, C, I.,
F. PauckoHclvu.
jE-iK/r® Airs
à ceux qui preudront la peine de consulter les planches;
accompagnant mes Observations générales sur la ver-
tèbm. , . . ■ ■■
l’ai fait des fecherdhes presque ânllnies sur toutes ces
questions;, et : quand ;j’en sins, à ,dire, à l’Académip des
Sciences, dans sa première séance de janvier 18,2.0,. que
le noyau (Vertébral conserve à toujours chez les insectes
la disposition qu’il affecte d’abord dans, l’embryon.da, forme
d’un tuhe , iOt qu’en® onséquenee les insectes vivent; au-de-
dans. de.'leur colonne ver télirale,, commp les mollusques au
sein de (leur coquille , véritable squelette pour ces derniers ,
sorte de jsquj^ette contracté ces nouyellcs idées , encore
plus de ce -qu’elles surprirent inopinément , que parce
qu’ellesparurent aussi avoir le tort de déranger certainés
classiffcatipus, révoltèrent quelques esprits. M. Hallé ne
fut pas dé iCe nombre. « yous allez , me dit-il , proclamer
nl’exisitepco id’un «qnelet.le chez, les insectes. Mais qui .en
Bdoute papinî les physiologistes? WiUis n’a-t-il pas écrit
« dès 16,9?:, en parlant de récrovisse ■: Qmctd /rn^bm
wt partes mgtriees . J non gss(t tegurttur ear-nibft$a issd
„ cjar7^^e qsgibusS n
Aiprés ufte riye disenssion qui eut lieu alors , on de¬
manda à (des apadémiplena qnièiOes vues pouivaient ; et de¬
vaient (ÇotStrarioi'i» flnelles impressions ils en nvaieot ffle-,
çiies, :MoPTP^?n?lnt.»TfpUÎt‘de nombrejiïS travaux etdejugç-:
mens profandém^t médités , c’ést.r^rdire d’un nombrn
prj^que.infîfii lutev^édiaicfis .aperçues nt pamou-
ruets pîu y 0§pvit ^ fut apprécié : avec dpSip.céyentiOjiiiiS deré-
fféchléa ifrt d’ailleurs par des .aphorismes d’Une
antesciepce tOWt-^rjfeit étrangère aux laits .des objets: dis-;
cutés. Il fut enfin dédaigneusement répondu qu’on ne
croyait pas à l’existence d’un squelette chez les insectes.
Ce sont ces souvenirs qui ont ttacé dans l’esprit de
M. le professeur Meckel ; il a cru devoir reprendre une
JST analyses. 435
discussion dans làquelLcil supposait que j’avais succombé.
Ce sont , dis-je , ces souvenirs que l’article imprimé dans
le dernier numéro des Archives, par M. Martini , tend b
faire revivre. . .
"En terminant , je considère que je me suis beaucoup
étendu sur un sujet qui ne se rattache que d’une manière
éloignée aiix études médicales. J’én demande pardon b
MM, les médecins-praticiens qui auront pris la peine de
me suivre dans une si longue exposition. Toutefois , je
l’espère, ils voudront bien me rendre la justice de remar¬
quer que ce n’est pas de mon plein gré que je les prive de
pages plus Instructives : je n’arrive et ne me trouve sur
ce terrain des discussions philosophiques, qu’étant sur la
défensive. Çeoffboy-'Saint-Hilaike.
S e I E INC E S ACC E SS OIRE S.
Chimie. Pliarinacie, — Botanique'
M. Bebzélius vient de faire l’analyse des eaiix de Carls-
bad , qu’il a trouvé contenir du sulfa te , du carbonate et
de I^hydrochlorate de iseude ; du .carbouate:, du,fluate qt
du phosphate .de chaux ; du carbonate de strontiane j Au
carbonate de ujagnésie ; du iphosphate d’duinine j du
carhouate4e>fer,; d'i carbonate deananganèse et de Ja ei-
lice, (Ee eftrltmatc de strontiane , le fimte de cBwsc ,
\es phosphates de/ehapsc et d’alumine, .qui>)ae,Se trouvent
qudn itrès-petijes quantités , .n^avaient pas encore éité dé¬
couverts dans les eaux iminérales. M, Berzélius ,p.en%e
qu’ils pOiUvent exister dans d’autres eaux , notamment dans
celles du Mont-^d’Çlr , de l§aint-Nectaire e.t de Yiohy, dont
la composition est analogue b celle des eaux de Carlsbad.
— La.pierre de touche employée par lés orfèvres et les
extraits
434
bijoutiers ^ contient , d’après M. Vaufjuclin , sur loo par¬
ties, 2,5oo d’humidité t silice , 85,ooo; alumine , '2,000;
chaux , i ,000 ; charbon , 2,700 ; soufre , 0,600 ; fer mé¬
tallique, 1,700 ; perte , 4>3oo. •
— M. Théodore de Saussure établit , dans un Mémoire
fort curieux , i.° que les fleurs exposées à l’air détruisent
ordinairement plus d’oxygène que les feuilles à l’obscurité
ou que le reste de la plante; 2.“ que les étamines adhé¬
rentes à leur basé et à leur réceptacle détruisent, au mo¬
ment de la fécondation une plus grande quantité de ce
gaz que les autres parties de la fleur ; 5,°que la faculté de
produire de la chaleur , reconnue aux fleurs du genre
arum, par Lamark, Senebier, Hubert, etc. , appartient
également aux fleurs de courge , de bignone et de tubé¬
reuse , et probablement à beaucoup d’autres que l’on re¬
garde comme froides.
— M.Gay-Lussac propose de substituer les blancs-d’œufs
desséchés , à la poudre d’un rouge-brun dont on se sert
dans le commerce pour clarifier les vins , et qui n’est
autre chose que du sang desséché ; en effet , celui-ci n’agit
que par l’albumine qu’il contient.
— Le docteùr Marcel fait mention d’une singulière variété
d’urine qui ne contenàithiacide urique ni urée, qui pas¬
sait au noir bientôt après qu’elle était rendue , et qui ne
tardait pas à donner un précipité de la même couleur
lorsqu’on la laissait reposer. M. Prout regarde ce principe
noir comme un acide nouveau qu’il propose de nommer
hciAq mélanique. OnriLAi
Note sur une nouvelle plante de la famille des rosa¬
cées , employée avec le plus grand succès en Abyssinie ,
contre le tœnia , et apportée de Conëtantinople par
M. Braveb , D.-M,-P. — M. le docteur Brayer, qui a ré¬
sidé long-temps dans l’empire Ottoman , a communiqué
dernièrement îi la Société d’hisfoirê naturelle de'Paris,
ETANALYSES. 455
une notice sur un remède dont l’emploi est très-fréquent
eu Abyssinie , contre le tœnia , et qui paraît avoir toujours
été couronné de succès. Il tenait ce reinède d’un Armé¬
nien qui en fit l’expérience sur un garçon de café de Con¬
stantinople, tourmenté depuis plusieurs années par le tœnia.
Après en avoir fait macérer cinq gros dans environ douze
onces d’eau, et avoir avalé la moitié à jeun, ce garçon
éprouva d’abord des nausées qu’occasionnèrent l’odeur et
le goût désagréable du médicament; une heure après il
but l’autre moitié et se coucha. De vives douleurs se
firent sentir dans les intestins , et après de nombreuses
déjections il rendit le tœnia tout entier. Le ver était mort ,
et son extrémité la plus grosse était sortie la dernière.
Après plusieurs autres évacuations de mucosités, tous les
symptômes de la maladie avaient complètement disparu ,
et au bout de six mois la santé de cet homme, dont la mai¬
greur était excessive , s’était singulièrement améliorée.
M. Brayer ayant pu se procurer quelques fragmens du re¬
mède, les a confiés b M. Runt, savant botaniste, qui y a
reconnu un genre nouveau dans la famille des rosacées ,
voisin de V agrimonia , et auquel il a imposé le nom de
brayera, en l’honneur du médecin auquel il devait cette
communication. L’espèce unique qui a servi à l’établir
sera nommée anthelminthiqye , antlielmintica ; c’est un
petit arbuste qui croît en Abyssinie. Runt assigne à ce
nouveau genre les caractères suivans : quatre fleurs pedi-
cellées , entourées d’autant de bractées membraneuses ;
calice tubuleux , persistant , rétréci à son orifice ; limbe b
dix lobes , dont les cinq extérieurs plus grands ; cinq pé¬
tales très-petits , linéaires , insérés au limbe du calice ;
étamines , douze b vingt-une, insérées au même endroit,
b filets libres ; anthères biloculaires ; deux ovaires atta¬
chés au fond du calice , parfaitement libres, uniloculai¬
res , monospertacs ; ovule pendant ; deux styles lermi-
43^6 EXTBA-IXS
nauxj sligmales élargis, légèrement lobés. Les fruits
n’existant pas n’ont pu être observés.
— Le docteur Joseph La vini a publié, dans le t. XXV,
et à la page 1 3 des Mémoires de PAc^démie des Sfiienees
de Turin, des recherches chinfiques et médicales sur le
crithmummaritimuni de Linné; il attribue à cette plante
la propriété de faire rendre les vers lombrics par ‘le vomis¬
sement et par les selles, soit que l’on fasse usage à’Pin-
térieur de -son suc ou de son huile volatile , en oléome-
(tliarum, mêlé à une petite quantité d’eau eu à tout autre
véhicule , soit qu’on l’emploie à d’extérieur en appliquant
un cataplasme de feuilles bien écrasées sur la région épi¬
gastrique , et en enduisant lesmarines avec l’huile volatile.
Le crithmum, maritimum est assez rare en Piémont ;
M. Lavini l’a cependant trouvé sur la colline de 'Monca-
liéri en assez grande abondaiace pour en faire l’analyse
chimiquei Exposé à la lunlièjre solaire , il répand une
odeur dexose très-voisine de celle du capricorne musqué ,
et par le simple frottement , il exhale une odeur fort dif¬
férente , ressemblant assez bitîn à celle du pétrole , et qui
est due à la présence d’une huile volatile légère , très-in¬
flammable et très-fluide, de couleur de paille, et d’un
goût légèrement âcre. Les di/(Térentes expériences de l’au-
teur l’ont conduit à conclwe ; iv° que le suc de cette
plante , toutes les fois qu’on ï’emploiera eh médecine , de¬
vra être simplement exprimtj à froid pour ne pas le priver
de la matière verte , muque use , aromatique , qui contient
sans aucun doute le principe actif ,*2.° que des hydro¬
chlorates , des sulfates , d(îs carbonates terreux et la po¬
tasse, probablement â l’étet de combinaison avec l’acide
acétique, outre une petite quantité de silice , font les par¬
ties constituantes de la plante; 3;° que cellehi contient
de l’acide acétique libre et une substance particulière
extractive; 4-° que l’eaiji distillée de là plante n’a aucune
ET ANALYSES. 467
action sur i’éconotnie animale, à cause du peu de solu¬
bilité de l’huile volatile dans ce liquide; 5." què l’action
de l’acide sulfilriqde la convertit définitivement en une
huile, qui ne pernàet plu^ de douter de son identité avec
le pétrole lui-toême; 6.“ que les hydrates de potasse «et
de soudé nè la saponifient f as , caractère qui la distingue
ensuite des autres huiles volatiles examinées bomparativc-
ment; 7;° qOe la gommé éla^que se comporte avec elle
à-peu-près eomiùe avec le pétrole , et qù’étànt examinée
comparativement avec lés autres huiles volatilés qui sont
connues v les* Résultats sont dilFérehs.; 8;” enfin,' qu’en
vertu de l’huile Volatile , aÿant une grande analogie avec
celle :dè pétiole ; le cr'itkmum maritiniuni peut être
très-utile à la médecine daiis plusieurs cas de maladies
vermineuses ; ce que l’éjtpériencc a déjà démontré:
EXTRAITS DE JOüRNiÜX.
Nouvelle méthôde dé pi^atique'^ l’opération de là taille
chez la femmez ^ Dans un Mémoire qui a j)our but de
fairé connaître cette nouvelle méthode , M.‘ Lisfranc, son
inventeur; expose eri quelqueé mots lés inebnvéniéris qüe
présentent lés divers ptoeédés de la lithotomie chez la
lemihe; tels qüe les déchirures ; les lésions du vagin ; dé
fuièlte ;j de la partie làtérale de la vessie ; de l’artère
honteuse; les incontinences d’urine et les fistules incu¬
rables; il iap{ielle ensuite la disposition anatomique des
parties sur lesquelles on o[ière , disposition <ju’il est im¬
portant de connaîtrë pour saisir les détails de l’opération.
Mesuré ttarisversaleiheot à la moitié do la hauteur des
branches ascendantes de l’ischion et descendantes du pu¬
bis , l’éeàrtement formé par l’arcade pubienne offre :
1 chez le foetus à terme, deux lignes trois quarts ; 2.° chez
l’enfant de quatre ans, treize lignes ; 5.° chez celui de
huit ans, dix-neuf lignes; 4‘'’ dans la dixième année,
vingt-et-une lignes; 5.° dans l’âge de la puberté, vingt-
huit lignes et demie. — Le clitoris , dont les deux corps ca¬
verneux se réunissent sur la face antérieure de la syna-
physe du pubis , présente vers ce point , toutes choses
égales d’ailleurs # une saillie d’autant moins marquée
qu’on approche davantage du terme de l’accroissement.
Moins développés avant l’âge pubère , les corps caverneux
sont complètement situés sur la face antérieure des os.
Dans l’âge adulte, les branches du clitoris, lors mêine
qu’elles sont injectées, recouvrent à peine le bord interne
des pubis. — L’urètre , long de douze à treize lignes, ap¬
pliqué sur le vagin, forme une légère courbe à conca¬
vité supérieure ;• sa face supérieure est distante de trois à
quatre lignés de la symphyse du pubis dans l’état ordi¬
naire ; mais cet espace est occupé en bas par une couche
légère de tissu érectile, plus haut, par une couche de
tissu cellulaire serré, mais élastique. Il résulte de cette
disposition , qu’une sonde courbe introduite dans ce ca¬
nal peut le déprimer et l’éloigner au moins d’un pouce
de la symphyse. Le vagin est par conséquent soumis à:
cette dépression. ^L’artère honteuse interne , arrivée vers
la tubérosité de l’ischion , quelquefois avant d’y parvenir ,
d’autres fois après l’avoir dépassée , se divise en deux
branches; l’une, superficielle, fournit dans son trajet
des rameaux aux parties voisines , s’enfonce dans l’é-:
paisseur de la grande lèvre , et va se perdre à la partie
supérieure du clitoris et dans le mont de Vénus; l’autre,
profonde, se porte obliquement en dedans , en haut et en
avant, appliquée contre la partie interne de la branche
de l’ischion. Elle se place derrière le muscle transverse ,
monte ensuite en avant, logée sous le clitoris. et le muscle
ETANALÏSES. 439
ischio- clitorien ,, s’approche davantage du bord interne
de la branche du pubis, au-devant de laquelle elle se
place lorsqu’elle est arrivée à un pouce de la symphyse.
Elle longe la face antérieure de la branche et du corps
du pubis , s’engage sous, la commissure des branches
du clitoris et se perd dans son tissu. — Il existe au-
dessous du clitoris un espace triangulaire; c’est le ves¬
tibule, borné on haut par la symphyse du pubis ,■ en
bas par l’urètre , très-facilement dépressible ; il l’est,
en dehors , par les branohes du pubis , les corps ca¬
verneux, le muscle isclno-caverneux , l’artère honteuse
interne , les grandes lèvres et les petites. Cet espace se
prolonge des deux côtés en dehors et en arrière entre l’u¬
rètre , le vagin et les os du bassin ; la hauteur de ce
triangle est de plus d’un pouce lorsque le canal urétral
est déprimé. La distance qui sépare la face externe de la
membrane muqueuse de la face antérieure de la vessie
est ordinairement d’un pouce. Quand l’on divise cet es¬
pace, on trouve, en procédant d’avant en arrière : i.“'la
muqueuse ; 2.° du tissu cellulaire ; 3.“ le muscle con¬
stricteur du vagin , qui s’étend souvent jusqu’à la partie
supérieure des branches du clitoris , circonstance que les
anatomistes n’ont pas notée ; 4'° un ti^sn cellulaire serré
très-élastique ; enfin les figamens antérieurs de la vessie ;
en haut de l’espace siège le ligament triangulaire de la
syniphyse.; près de l’urètre se rencontre la faible couche
de tissu érectile qui a été indiquée. Quelques nerfs, quel¬
ques rameaux artériels presque capillaires rampent dans
les tissus qui viennent d’être énoncés. La vessie, située
plus haut que chez l’homcue , devient par cela même
plus voisine de la paroi antérieure ;dè l’abdomen. Cette
disposition est d’autant plus marquée, qu’on l’examine
plus près de l’époque de la naissance. Chez les femmes
qui ont eu jjeaucoup d’enfaps , le diamètre tranversal de
EXTRA
44o
Torgane est plus considérable. On sait , d’ailleurs , que le
tiers supérieur seulement de la face antérieure de là vessie
est recouvert par le péritoine, et que cetté fade ü’ést or¬
dinairement parcourue que par des vaisseâüX fort déliés.
Le tissu cellulaire qui l^unit au corps du pubis est extrê¬
mement élastique.
Procédé opératoirCi Premier tempSi '■ — ta femme
étant située comme dans les autres méthodes , pour pra¬
tiquer là taille sous-pubienne, dèüX aides écàrtent légè¬
rement les grandes lèvres etIeS petites; l’opérateur; placé
entré les\ cuiSses de là malade , perte dans la véSsie un
cathéter ordinaire. Lorsque l’instrument est parvenu dans
le réservoir nrinaire, sa convexité est dirigée en haut, la
plaque est confiée à Un aide ; qui , pressant légèrement
de haut en bas sur elle, déprime l’urètre et le Vagin,
comme nous l’avons dit ; ensuite le chirurgien , qui va
opérer mitre Furètrè et la symphyse, explore avec le doigt
indicateur la position des branches du pubis et du clitoris;
ce doigt , porté dans le vagin , peut sentir l’artère hon¬
teuse , èn apprécier les anomalies , qui , comme ttoüs l’ob-
Serverods plus tard , ne doivent pas d’ailleurs embarrasser.
L’aire sur latjuelle l’incision doit être faite ayant été scru¬
puleusement examinée , l’opérateur tenant de la main
droite ; comme une plume à écrire , un bistouri ordinaire ,
pratique une incision semi-lunaire à convexité antérieure
oü supérieure , tandis qu’avec sa main gauche il soutient
les tissuë et marque, avec ses doigts indicateur et médius,
les lîeüx Oü la solution de continuité doit commencer et
finir, Elle commence au niveau de la face latérale droite
du méat urinaire, longe les branches et la symphyse des
pubis , dont elle est distante d’une ligne , et vient se rendre
aü côté diamétralement opposé. Il faut que le maUche du
bistouri soit moins élevé qUe la pointe. On pourrait , en
un seul lefiips, à la rigueur, pénétrer jusqu’à la vessie,
ET analyses. 44l
et mênie jusque dans cet organe; mais cette manœuvre
serait imprudente : nous préférons couper , couche par
couche, les tissus résistans que nous avons indiqués plus
haut , et écarter le tissu cellulaire avec, le (îoigt indicateur,
le long duquel l’instrument est porté pour plus de sûreté.
Il est extrêmement important de ne pas exercer sur la
face antérieure de la vessie mise à nu des pressions ca¬
pables de la détacher du corps du pubis.
Deuxième, temps de l’opération. — L’opérateur , par¬
venu sur la face antérieure et inférieure de la vessie , peut
l’inciser transversalement après y avoir plongé son bis¬
touri. Ce procédé nous a réussi; mais si le pouce et l’in¬
dicateur de la main gauche étaient introduits , le premier
dans le vagin, le second dans la plaie, en saisissq^nt les
tissus placés entre eux et en exerçant de légères tractions,
la vessie serait tendue , ramenée un peu en avant, et alors
l’incision longitudinale ou transversale deviendrait plus
sûre et plus facile. Cràint-on que ces manières d’incisei-
la vessie deviennent dangereuses ?, qu’on divise l’orgonc
sur là convexité du cathéter , ou bien , qu’on remplace cet
instrument par la sonde à dard , qui en aura tous lés
avantages : dans l’un et l’autre cas, la paroi antérieure
de la vessie ayant été légèrement ouverte au-delà du Col ,
le doigt indicateur pénètre dans l’ouverture , qu’il devient
ensuite extrêmement aisé d’agrandir longitudinalement ou
transversalement. L’incision longitudinale est parallèle à
l’axe des fibres musculaires de la vessie ; mais son extré¬
mité supérieure siège à quinze lignes du péritoine. L’in¬
cision transversale est perpendiculaire à l’axe de, ces fibrqs;
mais elle est située à une beaucoup plus grande distance
du péritoine , elle semble devoir, être préférée! je laisse
cependant à l’expérieri ce le choix entre ces deux pro¬
cédés. ■ : , . , : :
La méthode que nous proposons est simple , prompte
I. 29
442 EXTRAITS
et facile j depuis assez long-temps nous i’avous fait mellre
en usage par plusieurs élèves , qui l’ont parfailemenl exé¬
cutée. L’urètre ne peut-être blessé. Quant à la lésion des
artères honteuses internes et du clitoris, On l’évite en
suivant les données anatomiques établies ptécédemment;
d’ailleurs , la plaie est toujours assez large poüi- que l’on
puisse employer tous lès moyens propres à arrêter les hé-
mori-hagies. II est impossible de blesser le vagin. N’oU-
blions pas de remarquer que dans la taille, suivant la
méthode de M. Dubois ^ l’on incise souvent sur les parties
latérales pour faciliter réxtraction d’un calcul volumi
neüx , et qu’il n’airrive pas >d’aGcidcnsi L’héttiôrrliagic
fournie par là Section pratiquée sur le cbrpsde la vessie
est si rare , qu’on én cite h péinè deux exemples dans les
annales de l’art. La plaie que nous pratiquons a des dia¬
mètres plus étendus que dans toutes Ifes autres méthodes
sous-pubiehnoS ; sa forme sémi-lunaire permet de dépri¬
mer davantage le vagin et d’incisét avec plus de sûreté
en bas et cri arrière, si besoin est : elle est donc plus
avantageuse pour, retirer de gros calculs, ( C’est dans
les cas de vicede oonfdrmàtibn du bassili qu’il peut de¬
venir indispensable de prolonger l’incision. )
L’écoulement de Turine se fera facilement par l’urètre
ou par la plaie. Son infdtraibion nous paraît imipossible :
3.“ parce qüo la vessie est plus haut chez la femme que
chez l’homme ; 2. ° parce que le tissu èollulaire plaeé entre
la vessie et le pubis est peu abondant , fin et élastique;
5.“ parce que le peu de longueur du caiial, sa largeur,
sa position plus déclive , devront, comme l’ont observé
les auteurs, favoriser l’écoulement de l’uriné; 4-° à la
rigueur , l’éconlement des urinés et des mucosités par
l’urètre ne pourrait être empêché qiic par une inOamma-
tion : or, l’inflammation se serait préalablement emparée
de la plaie , et aurait rendu le tissu cellulaire vbisin im-
ET ANAL ï SE s. 445
perméable. ÜMfe sehde placée pour quelques jours dans
l’urètre pourrait peut-être detenîr utile. L’inflammation
de la vessie et du péritoine ne sera pas plus à craindre
quand ncüs inciserons là vessie transversalement , que si
nous taillons sous lé pubis par une autre métflode. Noüs
ferons d’ailleurs observer que la section du col de la vessie
et l’extraction du calcul par ce point sont beaucoup plus
douloureuses que dans l’opération que nous pratiquons
sur lè corps de l’organe. »
Suivant Lisfrùnc , là nouvelle métîiode qu’il pro-i
posé préservera donc des inflammations péritonéales i des
fistules urinaires i des incontinences d’uritiè , nccidens
qui se développaient trop souvent après les autres mé¬
thodes, et contre lesquels tous les moyens de l’art ve¬
naient sOùvénl échoüer. tleS avantagés du nouveau pro¬
cédé seraient immenses ; c’est a i’ekpérîence a pronouecr
sur leur réaïilé. ( TabUtiès Wiëdicc-chtrui'g. et Revue
’tnédicàU.^
ErnpbîsonneiMM i èteivi de la rnèfHt par uhe eSpèee
de joudneUè, ou {feuanlhé croèàtü. M. Brÿ, d’Aiigers ,
a communiqué à là Société de Médecine de Paris , l’ob¬
servation d’Un empoiSontieméni par cëttè planté. Un indi¬
vidu , âgé d’ertViron 4o énS , jouissant d’une parfaite
santé , feîsâit un matin défricher utt pré Soüs sCs yeux.
Encore à jèùu , if goûta d^nne racine que sès ouvriers
trouvèrent én abondâttcè én remuant la terre , et qu’il
prit pour des joUabettéS Ordinaires ; il en mahgëa gros
comme le doigt. A peine était-il rendu à son domicile ;
qu’il Se plaignit d’ùne grande chalcür dans la gorge ; puis
une demidienro après il perdît la parole ^ tomba sans
cOühaissance , et ensuite fut pris de convulsions terribles
qui durèrent environ trois-quarts d’heure , et finirent par
la mort , sahs qu’il fût possible de lui administrer aucun
secours , les dents ayant été fortement serrées. Le do-
444 EXTRAITS ET ANALYSES.
mcstiquc de cette personne ayant goûté de cotte même
racine , en éprouva bientôt des ampoules à la bouche. Le
cadavre, dont on no put obtenir l’ouverture, exhalait une
odeur, très-mauvaise quinze heures après la mort; les
parties génitales étaient toutes violacées ; le reste du
corps n’offrait point cette couleur.
L’auteur de cette observation rappelle les dangers aux¬
quels e.xpose le goût que l’on a pour les diverses espèces
à'œnanthe , dans les départemens de l’ouest de là France
où croissent particulièrement ces plantes. M. Mérat, qui
a fait un rapport sur cette observation , donne les carac •
tères propres à faire distinguer Vœnanthc crqcata des
autres espèces. Uœnanthe crocata se distingue de toutes
les espèces congénères , à sa hauteur ( 2 ou 3 pieds) -, à sa
vigueur , à ses larges feuiHes d’un vert sombre , analogues
à celles du persil et même du céleri ; les autres espèces
ont les feuilles , au moins celles de la tige , plus ou moins
linéaires , d’un vert glauque. Si la tige est coupée , ses
racines se distinguent encore à leur grosseur , à leur forme
alongée , qui est celle de petits navets réunis. Le caractère
le plus distinctif de cette racine est un suc jaune qu’elle
contient, et qu’on remarque par fois aussi dans la tige.
Les racines des œnanthe peucedanifolià , etpimpinel-
bïdes , qui sont comestibles et qui portent différons noms ,
suivant les lieux, sont ovéïdes , à peine aussi grosses
qu’une noisette des bois , et remarquables par leur blan¬
cheur intérieure , et la facilité avec laquelle elles viennent
avec la tige lorsqu’on l’arrache , ces racines croissant
presq^ue à la superficie du sol , tandis que l’autre s’y en¬
fonce profondérnent , ce qui oblige de le creuser pour la
détacher. Toutefois le suc jaune ne se rencontre pas tou¬
jours dans Yœnanthe crocata , soit qu’il ne se forme que
dans un âge avancé de la plante, soit qu’il ne se sécrète
que dans certaines localités. Suivant M. Mérat, ce n’est
VARlÉTis. 445
que lorsque la plante est adulte et qu’elle végète dans un
sol profond et par trop humide , qu’elle le produit de cette
couleur. Quoiqu’il eu soit , cette racine ne paraît pas
moins vénéneuse , qu’elle présente ou non ce suc jaune....
Ou peut remarquer quelques circonstances particulières
à l’empoisonnement par Vœnantlie crocata , telles que la
présence du trismus des mâchoires , et ' l’absence du
coma et des hallucinations qui ont lieu dans les empoi-
sonnemens par la ciguë , l’opium et les solanées. On peut
y ajouter la promptitude de la mort qui a lieu quelquefois
moins d’une heure après l’ingestion de la racine , et au
plus tard, deux ou trois heures après. Cette promptitudb
dans la terminaison fâcheuse de cet empoisonnement
laisse peu d’espoir d’y remédier si on n’est pas appelé de
suite , sur-tout â cause du trismus qui se manifeste pres-
qu’instantanément. Le traitement à mettre en usage est
d’ailleurs le même que dans tous les empoisonnemens vé¬
gétaux. Si on est appelé de suite , on cherche, malgré le
trismus, à faire couler de l’eau émétisée dans la bouche ;
ce qui se fait en renversant la tête du malade et lui ver¬
sant le liquide , les lèvres et les joues écartées avec les
doigts, ou bien au moyen d’une sonde passée par le nez ,
si l’on en a une à sa disposition. Il y a des exemples non--
équivoques de guérison à la suite du vomissement. (Jour¬
nal générât. J '
VARIÉTÉS.
Séances de l’Académie royale de Médecine.
Section de médecine. — 1 1 mars 1 SzS. ■ — On présenle
un manuscrit de M. de Gardanne intitulé i Traité de la
maladie syphilitique.
446 VAniÉT-âS.
M. Bidot, médecin à Longwy, envoie à l’Académie des
Recherches pratiques sur l’action d’un fébrifuge végétal
indigène, succédané du quinquina,
M. le baron Desgenettes annonce à la section la perte
qu’elle vient de faire dans la personne de JM. Desplas ,
l’un de ses membres titulaires.
JM. Honoré lit une observation sur un jeune homme
affecté d’hydropisie chronique et d’une tumeur cancéreuse
dans le cervelet,
Il présente la pièçe anatomique à, l’appui.
IM. Rouzet lit une observation d’hydrocéphale cpngé-
njiale ayant présenté plusieurs particularités remarquables
chez, un enfant nouveau-né qui a succombé à une attaque
d’apoplpxie.
II soumet à l’examen des membres, de l’Académie le
cerveau de cet enfant. IM. JMagendie est nommé commis^
saire.h ce sujet,
JVI. Eusèbe de Salle lit un IMémoire sur l’interprétation
cUnique des altéra tions de la face chez les enfans malades.
IM, Guersent: est prié d’en rendre compte.
M. Girardin, lit une Notice sur le rapprochement qu’il
a établi naguère entre la fièvre jaune et la dysenterie
maligne.
IM. Fontenailles. fit une observation snr un ictère aigu
guéri par une évacuation sanguine locale et pap le. taptre
émétique à haute dose.
JVIJM. Laennec et Léveillé sont nommés commissaires,
IM, Bricheteau lit une Observation sur des accidens for¬
midables produits par des Galculs biliaires. IM, Delens est
chargé d’en rendpe compte,
25 març — On présente un IVlémoire sur la vac¬
cine,, par JM. Xbiriat, docleur--médeqin à-Epinal , et quel¬
ques observations sur la squirrhogastrie pyloriqne , par
JM. Auzouy, médecin dans le département de l’Aveyron.
VARliTis. .4/17
L’assemblcc se ibrnic ensuite en comité secret pour
entendre un rapport de la eommission créée pour pïé-
parer le travail de la nomination des adjoints.
■ SecUon. de cliinirgie. -^Séance dtf, 27 février iSbS.
T- M. de la Roche, docteur- médecin, présente à l’Aca-
déinic le modèle en plâtre de la tête d'un homme mort à
Perpignan à la suite d’exostoses éhurpées des os du crâne
et de la face ; ces tumeurs sont arrondies , d’un énorme
volume. Plusieurs naissent des os de la pommette et du co-
ronal ; deux plus volumineuses que le poing proviennent
do chaque côté de l’os maxillaire inférieur; deux autres,
du volume de grosses noix , sont placées sur le bord in -
l’érieur do la cavité orbitaire, qu’elles oblitèrent presque
complètement et de telle sorte que le malheureux ma¬
lade avant de succomber, ne pouvait plus voir qu’eu re¬
gardant en haut,
M. Maisonabe, docteur en médecine de la Faculté de
Montpellier, lit un mémoire , dans lequel il combat l’efli-
cacité des exutoires appliqués h la peau dans une foule
de maladies, soit comme dérivatils , soit Gomme évacuans.
Il donne en général la préférence h l’application de Ces
moyens à l’origine des membranes muqueuses. Il rap¬
porte entre autres observations , celle d’une dame qu’il
parvint à guérir d’une rétention d’urine opiniâti’e en lui
plaçant un séton à l’entrée de la membrane muqueuse
génito-urinaire. Il rapporte plusieurs autres cas de rétré¬
cissement du rectum , de catarrhe de la vessie , d’irritation
chronique du canal de l’urètre, d’allèction du col dé la
matrice , dans lesquels il a obtenu d’héureux succès du
môme procédé; cependant il avoue avoir échoué dans
diverses circonstances, dont il rapporte le, s principales.
M. Guillou j docteur-médecin , présente un forceps aus
quoi il a adapté un nouveau ; mode de jonction entre la
branche mâle et la branche feinellc. Il a égaleiü^at fait
448 V A ni É T i s.
subir à cet instrument pi usieurs autres modifications , qui,
selon l’auteur, doivent en rendre l’iisage plus facile et
plus général.
M. Moreau offre, à l’examen des rnémbres, un enfant
nouveau-né affecté d’un bec-de-lièvre double qui semble
se prolonger presque vers la racine du nez , et d’une tu¬
meur arrondie , mollasse, sans changement de couleur
à la peau , qui, sort au niveau de la bosse nasale , en pas¬
sant par un écartement des deux pièces du coronal. On
sent distinctement à travers les tégumens les bords os¬
seux de l’ouverture qui donne passage à la tumeur , que
la plupart des membres de l’Académie considèrent coinnae
une encéphalocèle.
M. Duvivier amène un jeune officier qu’il a traité avec
succès de divers accidens produits par la maladie véné-
l'ienne. Ce malade offre sur les membres ét le tronc de
larges et profondes cicatrices , suite d’ulcères vénériens.
Il a eu aussi un grand nombre d’exostoses , de nécroses
et d’autres affections dés os, dont il est entièrement guéri.
Le traitement.a duré près dé cinq ans.
On procède à l’élection de quatre membres honoraires.
MM. Vergez , Sue , Gratereau et Déguisé père ayant réuni
la majorité des suffrages , sont proclamés membres ho¬
noraires de la section de chirurgie.
Section de chirurgie., ^ Séance du \'i mars 182 3.
— Le procès-verbal de la séance précédenté est lu et
adopté.
M. Percy dépose sur le bureau une dissertation du doc¬
teur Delaroche sur les pierres urinaires extra-vésicales.
M. Cidlerier , neveu , lit une notice sur l’emploi de l’eau
de javelle préparée, par M. Labarraque , dans les ulcères
sordides. Il résulte de plusieurs observations propres à
l’auteur , que des ulcères rebelles , inondés d’une suppu¬
ration fétide , ont été cicatrisés assez promptement par
VARIÉTÉS. 449
l’application de ce topique. La lecture de cette notice
donne lieu à des discussions intéressantes , à laquelle plu¬
sieurs membres prennent part.
. M. Evrat lit un rapport sur le Mémoire de M. Maiso-
pabe , relatif à l’emploi du séton à l’origine des membranes
muqueuses dans plusieurs maladies de la vessie , de la ma¬
trice et du rectum. Les conclusions de ce rapport sont
adoptées. ■
M. Breschet communique plusieurs observations sur la
blepharophthalmie et l’opthalmie des nouveau-nés. Il
observe que ces maladies deviennent quelquefois trés-
intenses et que le globe oculaire prend une part très-ac¬
tive à la phlegmasie, car la plupart des tissus inté¬
rieurs sont affectés. Ainsi l’iris , la choroïde , la rétine
sont enflammées. A une certaine époque de la maladie ,
la Cornée transparente présente une érosion , bientôt une
perforation , et les parties contenues sortent par cette
ouverture et s’y engagent. Le staphylôme est une termi¬
naison fréquente de cette inflammation, mais plus sou¬
vent encore le crystallin est chassé hors de l’œil. L’examen
de beaucoup d’yeux d’enfans afîectés de blepharophthal¬
mie et d’ophthalmie avec ou sans érosion de la cornée
transparente , a fait reconnaître les traces évidentes d’in¬
flammation des parties intérieures de l’œil, üh fait anato¬
mique , dont ces recherches ont donné connaissance à
M. Breschet, c’est que le pigmentum de la choroïde
n’existe pas dans le premier âge , de sorte que la choroïde
est rouge et l’œil est semblable à celui des Albinos ou
des lapins blancs ; peu à-peu la membrane devient d’un
rouge de plus en plus intense , une exhalation de sang se
fait à sa surface, le sang devient enfin noir, et la mem-
braneprésente le caractère que nous lui connaissons chez
l’adulte. Le pigmentum de la choroïde , de l’uvée , des
procès ciliaires , n’existe pas non plus dans le fœtus et
les enfans nouveau-aés, et lorsque cette sécrétion' so fait,
45o VAIUÜTÈS.
elle n’est qu’une espèce d’héniorrhagio , car la matière
noire n’est que du sang.
M. Breschet fait part de ses observatijons sur le grand
développement de la cavité du septum Ix^cidum chez le
l'œtus. Cette cavité pourrait alors Gontpnjc un œuf de
pigeon; elle est tapissée par une menibrane séreuse rem¬
plie d’un liquide transparent , et forme un véritable ven •
Iricule; peu-h-peu les parois de cette cavité se rappro¬
chant , sa capacité diminue et la cloison qui sépare ces
ventricules latéraux se trouve ainsi formée.
M. le docteur Delabarre présente un malade âgé de
quaranté-ciEu:[ ans , qu’il a guéri d’une suppuration du
périoste al véolo-den taire , qui avait éhyanlé toutes les
dents. Le procédé qu’il a employé est la qautérisation sou¬
vent répétée des gencives , pratiquée avec un petit cautère
olivaire.
Le même auteur lit un Mémoire sur la perforation de
la voûte palatine et sur de nouveaux obturateurs qu’il a
fait construire. Il présente aussi un voile du palais arti¬
ficiel qu’il a adapté avec succès sur un malade privé de
cette efoisou musculo-membraneuse*
M. Eicherand lit une observation sur une intussuscep-
tion intestinale , suivie de l’excrétion d’une portion de
l’intestin grêle gangrenée , longue de trente pouces , par
MM. Riga! et Bouniol.— -MM. Béclard , Marjojjn elRibes
sont nommés commissaires.
M. Béclard communique à l’Aeadéniie robservation
d’une femme chez laquelle il survint au grand angle de
l’œil un phlegmon causé par une canple d’argent qu’on
lui avait placée dans le sac lacrymal il y a quinze ans;
M. Béclârd fut obligé de faire l’extraction de ce corps
étranger et les accidens disparurent.
M. Dislel a fait à Mittau une: semblabb ohsor.valion suc
une femme qhi depuis quaraBjlc - quatre ans conseevaiit
BIDLIOGRAP nili. 45l
dans le canal nasal une canule de Ier -blanc très-volu¬
mineuse.
B I B L I G G R A P IH E.
Traité de Médecine- Pratique, de Frank ; traduit du lalin
par J. M. G. Goudareau, D -M.-M. ; tome V.° j in-S.”
Prix, 5 fr. Prix des cinq volumes 24 fr. A Paris, chez
Migneret, rue du Dragon , N," 20.
Le mérite et les défauts de VEpitome de curandis Iiominum inoi-
bis , sont maintenant appréciés comme ils doivent l’être. Les premières
parties de cet ouvrage , comrhe l’on sait , furent publiées dans un
temps où la médecine , commençaiit , en quelque sorte, à' s’ébranler
et secquant ,lp joug, des vieille? autorités faisait présager les progrès
inuuBnses qui depuis en ont. fait une science presque nouvelle.. Les
dernières parties , quoique composées à une époque plus rapprochée de
nous , se ressentent nécessairement de l’esprit dans lequel l’ouvrage a
été commencé. La classification , en effet, est vicieuse y peut-être même
est-.elle plus vicieuse que celles qui avaient été présentées précédem¬
ment. Mais malgré ce défaut qui est réel , quelque peu d’importance
que l’on attache à une classification , puisque les idées fausses sur les¬
quelles elle est établie indiquent le plus souventles opinions qu’on s’est
formées des maladies , l’ouvrage de Frank est. un des meilleurs Traités
de Médecine-Pratique que nous possédions. It y a déposé les fruits
d’unelongue espérieime, et spn excellentespritd’observation l’a conduit
souvent à se mettre eu opposition avec les théories dominantes de sou
temps, avec celles qaême qu’il semble avoir adoptées plus particuliè¬
rement. M. Goudareau a donc rendu un véritable service à la science,
eu dormant lai traduction d’un ouvrage qui sera lu avec avantage par
tous les.médecins , à quelque Ecole qu’ils appartiennent, qui sera
sur-tout apprécié parles praticiens. Les quatre premiers volumes de la
traduction de M.l Goudareau ont reçu un acçucii favorable; elle est
écrite généralement avec . elarlé et simplicité. Le cinquième volume
contieutla. suite des maladies que l’auteur a rangées daiissa classe des
rétentions : les réleutions mucoso-lymphaliques , les réloutions san-
gidnes, les rétentions adipeuses , et ce que l’auteur appelle les réten¬
tions hétérogènes, dans lesquelles il place les alFectioiis vermineuses ,
les calculs, Frank est mort sans avoir publié la dernière partie de son
452 HiBLiOGnArniiî.
ouvrage, qui doit comprcudre les névroses. M. Goudareau nous fait
espérer un jour celle partie. Nous conseillerons au traducteur de don¬
ner à la fin de l’ouvrage une table analytique des objets qu’il renferme ,
car celles qui terminent chaque volume ne facilitent que très-peu les
reclierches; les maladies sont eu général indiquées sous des noms de
classe ou d’ordre, qui très-souvent sont loin de faire pressentir les
alFectioiis que ces cadres renferment.
Des 'premiers secours à administrer dans (es maladies
et accidens quimenacent promptement la vie ; ouvrage
contenant l’indication précise des soins à donner dans
les cas d’empoisonnement de mort apparente , d’as¬
phyxie 5 de coup de sang et d’apoplexie , de blessures ,
de plaies envenimées , d’hémorrhagies , de brûlures et de
corps étrangers introduits dans les ouvertures naturelles;
terminé par l’énumération des secours à donner, dans
quelques affectiops graves des femmes enceintes et des
enfans nouveau-nés, et par l’indication de la conduite
que doit tenir le médecin quand il est appelé pour un
cas de médecine-légale; par J. F. A. Trpussel , D.-M.-P. ,
' médecin du dixième arrondissement. Un vol. in- 1 2 . Prix ,
3 fr. , et 3 fr. yS cent, par la poste. A Paris, chez Béchet
jeune , libraire.
Le titre de l’ouvrage indique sulKsamment les objets qu’il renferme
cl lé but que s’est proposé l’auteur. J’ai été à même, dit-il dans l’a¬
vant-propos de son livre , d’apprécier par. ma propre ex^iérience dans
quel embarras se trouve souvent un jeune médecin appelé dans ces cas
graves qui réclament sur-le-champ l’application des moyens les plus
énergiques et les mieux dirigés . Je formai la résolution de rassem¬
bler, dans un seul cadre qui pût être toujours exposé à la vue , le ta¬
bleau des maladies ou accidens qui menacent d’une manière imprévue
l’existence de l’homme, et qui demandent deprompls secours. M.Trous-
scl présente sou ouvrage pour ce qu’il est réellement, e’est-à-dire ,
comme un ouvrage utile et non comme un travail neuf et origi¬
nal. Il ne fait que reproduire , en effet , les préceptes des maîtres
avoués de l’art , mais disposés d’après un ordre particulier.
L’on y trouve à chaque page, les conseils donnés parM. Boyer,
sur lès maladies chirurgicales j par M. Orlila , sur la toxicolo¬
gie, etc. On pourra désirer dans quelques chapitres , plus.de dé¬
tails pratiques; dans quelques autres , au contraire., uu peu plus de
coucisipn , qualité essentielle pour im tel livfe qui doit survit de mémo-
BIBLIOGEAPniE. 455
rial ; quelques lacunes enfin restent à remplir. Mais tel qu’il est, l’ou¬
vrage do M. Troussel est composé dans un bon esprit, et il sera non-
SOulemcut utile aux jeunes médecins auxquels il est spécialement
adressé, mais encore aux praticiens de tous les âges qui , n’aj'ant pas
des occasions continuelles do se trouver dans les grands désastres do la
santé de l’iiomme, ne seront pas tâchés d’avoir un guide qu’ils pour¬
ront consulter facilement et promptement dans les circonstances criti¬
ques. Nous féliciterons l’auteur d’avoir terminé sou ouvrage par l’expo¬
sition des règles de conduite à tenir dans les cas les plus importa ns de
médecine-légale. Cette branche diflicile de la science , comme il le
dit, n’est pas celle où le médecin .ait à agir le moins à l’improviste , et
oOu le résultat de ses actions ait les conséquences les moins graves. Les
préceptes donnés à ce sujet sont extraits des meilleurs auteurs de mé¬
decine-légale : ils sont présentés d’une manière claire , précise , et pro¬
pres à les rendre faciles à suivre. Ce dernier chapitre ajoute corlaiuc-
mCnt à l’ùtilité du livre. • ■
Recherches sur les tubercules du cerveau et de la moelle
épirtière ; çstv A.-N. Gendrin , D.-M.; in-S.° de i6 pages.
Ce Mémoire se compose do trente-neuf propositioiis sur la structure
des tubercules du cerveau , leurs différences et leurs analogies avec
les autres maladies de ce viscère , cl enfin sur les accidens que déter¬
mine leur existence. La forme aphoristique de ce travail fait supposer,
chez M. Gendrin , l’observation d’un nombre immense de faits parti¬
culiers , et il paraîtra prodigieux, si l’on fait attention à la multitude
des principes qu’il a établis sur ce point de patliologie : aussi serait-il
peut-être permis de désirer quelques documens sur les foudemens
de ses propositions. Du reste , eu les lisant on trouvera des faits con-
trouvés, des opinions susceptibles de controverse , et un ton de cer¬
titude qui, eticore une fois , ne' laissera pas de surprendre les médecins
même les plus versés dans l’étude de l’anatomie pathologique. G. L.
Hippocratis Aphorismi. Ad optimorum librorum fidem
accurate editi. Cum indice Ferhoofdiano looupletis-
simo. — BeroUni, 1822.
Cette nouvelle édition des Aphorismes d’Hippocrate , eu grec et eu
latin , a pour éditeur M. le docteur Hecker, qui nous a donné en
latin la traduction de plusieurs Mémoires du professeur Grœfe , la
traduction de l’ouvrage de M. Reisseissen sur Ja structure du pou¬
mon , etc. , et qui pubUe en allemand une Histoire générale de la mé¬
decine. Le premier volume de cette Histoire a déjà paru , et il fuit
désirer que l’auteur achève sa savante entreprise.
L’édition des Aphorismes que nous annonçons est en beaux carac¬
tères , en beau papier , et d’ùn format commode ( in-ifi ). M. Hecker
454 niBLIOGRAPaTÊ.
a suivi la ve'rsioh de Bosqùillon, qu’il considère coitiraé là meilldui'c.
M. Hecker est un dçs plus savans médecins do l’Alièmagni ; son
érudition , ses connaissances profôndes dans les laiigucS ancièunes , et
sa maniéré d’écrire dans la langue de Cicéron , feront recîiercliéf tous
scs ouvrages. On trouvera dans cette nouvelle édition des Aphoris¬
mes une très-grande correclion ict un i;td3.r général. G. Bi
NOvœ Doctrüiœ pathdlogicœ auctore ■Broussais , in
‘Franco-GaUia divuîgàtcb Èticcincta epitomt guam
aphorismis centnm coriscripsii itenricus Spjttà , Dp-
Med. et chir. in Acad. Georgia Augusia Legens. r—
Gottingæ , 182a.
Un jeune professeur de l’Université de Goetlingue est venu à Paris
pour y prendre connaissance de tout ce que Cette capitale offré de plus
intéressant aux savans. Parmi les professeurs qui ont appelé son atten¬
tion , SC trouve au premier rang M. Broussais. Le médecin allemand
a étudié la doctrine du professeur du Val-de-Grèce ; il a assisté à ses
leçons , il a suivi scs visites à son .hôpital, il a pris connaissance de
torts -les duvrages qui ont été cornpôsés sur la doctrine de l’irritation ;
et de retour eu Allemagne , M. le docteur Spitta a donné un ouvrage
dans lequel il expose clairement et brièvement tout cé qui est relatif
aux idées du novateur Français. L^AUemagne ne possédait sur la doc¬
trine de M. Broussais que deux écrits fort imparfaits , ceux de Con¬
rad! et de Forlney j hujburd’hui elle trouvera dans le livre du profes'^
seur Spitta , Une analyse judicieuse de tout ce quj a été écrit par
M. Broussais et par les médecins de son écplc , sur la doctrine de
rirtitation. t’oùvrage de M. Spitta est écrit avec sagesse , clarté cl
impartiàiité. L^ànlSuf met ses lecteurs eii état de juger par euimômcs
les prétehtioné de M. Broussais à régénérer la médecine, ci il fait
connaître tous les titres de ce médecin à l’estime de ses contemporains
et de la postérité. La latinité de M. Spjtta est toujours claire , élé¬
gante et cla.ssique. G.Ë.
Ouvrages anglais.-
Practical essay bn diseases and iiijafiés of the bladder ,
etc. ~ Essai- Pratigue sü'P (es maladies et les Messures
delà vessie /oïl, vràpe gui a remporte le prix fondé
par Jackson , ' œw CoUége royal des chirurgiens, de
Londres ; par B. Bingham ; , Londres , .1822.
Prix , 14 shellings.
Cet ouvrrige est très-intéressant ; l’auteUr décrit avec exactitude les
difTéreniès maladies de lu vessie. Entt’àulres choses rcrtiarqtiables ,
iibl:
lOGBAFniB. 4^^
il regarde l’irritatiou de la Vessie conioïc un symptôme très-fréquenl
dans les maladies des organes éloignés; il recommande de ne se servir
que le moins souvent possildo.do la sonde dans le cqmnieueement des
inflammations violentes de la vessie ; il propose rusago dés caiitha-
rides , n’iniportc sous quelle forme , dans les incontinences d^Urine
dépendantes delà ïaibloBsc de l’organe; enfin ildit ài<oir vu souvent -la
incmirane itinqneiise de la Vessie tellement. chargée .de matières ter¬
reuses 4 qu’elle paraît blaiiélic , et qu’en la louchant on sent les parti¬
cules solides , d’où il conclu l que tt Souvent les calculs vésicaux se
forment dans cet orgaiie par une sécrétion propre. »
Analomical and physiologie al researchés. — Aecîiercfies
d’anatomie, Qt de physiologie ; par HerJrerl Mayoi îl'.'' I ,
août 1 Sas.
Cet ouvragé contient des èectierclics aiiàlbip.iqùçs cl physiologiques
■sus le système nërveiis, qui 'ténUènl à 'cb'iifîïWer'iés feipéfltncdi de
M. Ch. Kcll et cellcsdc'iST.' Mâgëildjt; ■ ■
Observations dh the aiiàtdihy , physi'oldgy atttl pathology of
thèhevvdüs èyslcvo...— Oé!sereaiiàns‘ sitr ï’aiiizédinie' ,
ta physiologie et la pathologie du système .nerveux ;
par J. Swau ; itt-S." Prix 10 s. 6 di
Dans un des .prochains Numéros de ce Journal , nous doimerqns une
analyse de cet ouvrage.
Pi'âelical observations on strietures. — Observations-
pratiques sur les rétrécissemetis de l’urètre ,• par C.
Cblirtnaÿj M.-D. Prix, 2 s. 6 d.
Anàlytic pbysîolbgÿ. pür S.
tiood , îi|.rb, ; Prix, los. 6 d. . . ^
A Sti’eatise on saugubsuction , or leech-bieeduig ; ipcl.n-
ding the opinions of eminent practitiouilers.; yvith ins¬
tructions for the process of leeching, and an appendix.
— Traité sur la sangui-suction ou la saignée par les
sangsues , contenant les opinions de plusieurs p¥octi-
ciens distingués sur èe Sujet ; une iiisiruction sur la
manière d’employer les sangsues , et un appendix ;
par Rees Pricey M.i-Di.j wt-ia. Prix> 5 s.;è d% ;
On the medical efficacy of electricity in nervqus and chro-
nic disorders. — Sur l’ efficacité de l’ électricité dans
les maladies nerveuses et 4es affections chroniques ;
par Labeamne. Prix, 10 .s,.
4)56 - BiB liogr:apui.e.
The Dublin hospital reports , and cbmmünicàtions in me-
deeine andr surgery. — Rapport sur les Hôpitaux de
Dublin, et communications de médecine et de chirur¬
gie ; tome 111.'°° ; m-8.” Prix, i3 s.
A Practical treatise on the diseases of the heart. — Traité-
pratique des maladies du cœur; par A. Reeder, M.-D.
A Praetical treatise on nervous , bilious and inflammatory
afiiections. — Traité pratique des affections 'nerveuses ,
bilieuses et inflammatoires ; par J. Lÿnd; in-8.“ Prix,
5 s. 6 d.
Select Dissertations on several subjects of medical sciences.
— T Dissertations choisies sur plusieurs sujets de méde¬
cine; par sir Gilbert Diane , médecin , du Roi ; in-8. " ,
398 pages. Londres,, novembre 182a.
Ce volume Ee compose de- douze Bisserlatious, dout plusieurs
avaient déjà été imprimées , soit dans les Journaux , soit dans les
Recueils, des Sociétés savantes. ,La première et la deuxième ont pour
objet l’amélioration qui a eu lieu dans la santé des gens de mer depuis
ivyg jusqu’à i8i4. Il indique les causes de cet heureux change-
nient, etc, La troisième est sur l’expédition de Walcheren et l’épi¬
démie qui y a régné eu 180g. Dans la quatrième et la' cinquième ,
l’auteur compare la fréquence et la mortalité de plusieurs' maladies à
Londres. La sixième traite de l’usage du carbonate de potasse à gran¬
des doses dans . la gravelle ; il propose comme- un moyen. Irès-eificace
d’y joindre l’opium. La septième, sur l’infection ou la'çonlagion j est
presque purement historique et spéculative. La huitième est intitulée;
sur les Moutfcniens musculaires. Ijh neuvième, sur Ja fièvre jaune
dans les Antilles. Il pense qu’elle peut être contagieuse dans certains
cas , et dans d’autres ne l’être pas. La dixième contieut des observa¬
tions sur la vaccine ; la onzième, la description d’un ouragan dans
l’Inde, dans lequel il dit. avoir remarqué|que , loin d’être nuisible à lu
sauté dçs habitans , cet accident e.ut un effet heureux et marqué sur
les maladies régnantes. La douzième, enfin , des remarqués sur les
effets de la compression de là tête , pour prévenir où guciir certains
• cas d’hydrocépliale.
The study of médecine; Etudes médicales; par John Ma-
son Good, M.-D. 4 vol. m-8.”
MÉMOIRES
OBSERVATIONS.
Mémoire sur la structure et les mouvemens de la langue
dans l’homme ; par M. F.' Blandin , aide-d’anatomie
de la Faculté de Médecine de Paris,
Dans tous les ouvrages modernes d’anatomie , les au¬
teurs se bornent en général ^ dii’é que l'a langue estessen^
liellement formée d’un tissu ineætncable aucun auteur, i
à ma connaissance du nioins , n’a montré' lè mode de ter;-
minaison de ses muscles intrinsèques j on les a bien suivis
jusqu’à la partie inférieure de l’organe , mais ils ont été
laissés là. Bichat dit seulement qu’il a trouvé dans là
langue des fibres longitudinales , transverses et obliques j
sans indiquer nullement leur position respective , leur
origine et leur terminaison. Pour trouver quelque chose
de satisfaisant, il faut consulter Malpighi, qui a décrit
dans la langue du bœuf des fibres longitudinales transe
verses , perpondicûlaires et obliques , les unes convergen¬
tes et se rencontrant à angles , les autres divergentesi
Sténop a décrit dans l’homme des fibrps longitudinales >
transversales , et d’autres perpendiculaires; mais, malgré
'les travaux de ces savans , telle était l’obscurité de l’anal
topiie sur ce point , du temps de Haller , que ce célèbre;
physiologiste assure qu’il est impossible de séparer eu
^ 1. 5o
458 Jifmoiniîs
couches distinctes les fibres de la langue , en raison de
leur mollesse et de leur cohésion : Toutefois , dit-il , les
fibres inférieures émanent des génio-glosses , les supé¬
rieures et latérales des stylo-glosses. Il lui ' paraît très-
difficile de démontrer, même sur une langue de bœuf, la
structure indiquée par Malpighi ; et en effet , ajoute-t-il ,
Leuvenoek, si familier arec les observations microsco¬
piques , n’a pu reconnaître que les fibres transverses et
perpendiculaires.
Ces dernières assertions me paraissent d’autant plus
extraordinaires , que la plus simple inspection à l’œil nu
m’a suffi pour apercevoir facilement non-seulement les
fibres transverses et perpendiculaires , mais encore des
fibres bien sensiblement longitudinales.
Tout récemment , long-temps après l’achèvement de
ce travail, on a inséré dans le Journal complémentaire
(décembre 1822) , un Mémoire de M. Baur, professeur
à l’üniversité de Tubingue , dans lequel cet anatomiste
publie ses recherches sur la structure de la langue. J’ai
eu la satisfaction de voir que beaucoup de mes observa¬
tions étaient conformes aux siennes : quelques-unes dif¬
fèrent pourtant. J’aurai soin de m’appesantir- sur ces
points ; l’autorité de M. Baur m’en fait un- devoir. Je
dois aussi déclarer ici que ce travail était terminé , quand
mon collègue , M. Gerdy , lut à l’Académie son Mémoire
sur le mêmè sujet ; du reste , aujourd’hui même j’ignore
encore ce qu’il contient.
On doit successivement examiner dans la langue , sa
membrane tégumentaire , unelame fibro-cartilagineuse mé¬
diane , un tissu propre , des corps glanduleux particuliers ,
du tissu cellulaire , des pelotons adipeux , des nerfs et des
vaisseaux.
1.” Membrane tégumentaire. — Elle est de nature
muqueuse , mais son organisation est bien différente dç
ET OBSERVATIONS. 469
eelie des autres membranes du même genre. , Sans parler
ici de ses couches superficielles , sur-tout de ses papilles
dont la nature est bien connue , son derme ou chorion
offre une épaisseur remarquable , beaucoup plus à la face
supérieure de l’organe qu’à l’inférieure. Par sa face pro¬
fonde , cette membrane adhère très-intimement au tissu
propre de la langue , sur toute la , face supérieure , la
pointe , les bords et les côtés de la face inférieure ; elle
reçoit en effet , dans ce sens, l’insertion de beaucoup de
fibres musculaires diversement dirigées. A la face infé¬
rieure de la langue , cette membrane tégumentaire forme
trois replis; un médian, c’est le frein; deux latéraux ,
qui sont de véritables franges que M. Béclard décrit de¬
puis long- temps dans ses cours, et sur les usages des¬
quelles je reviendrai. La résistance de cette membrane est
très-grande, quel que soit le sens suivant lequel on la
tiraille ; son derme m’a paru formé de fibres cellulo-albu.-
ginées qui s’entrecroiseraient d’une manière oblique,
2.° Lame ftbro-carùlagineuse médiane. — Sur la par¬
tie moyenne de la langue , au milieu de son tissu propre ,
on trouve une lame blanchâtre dont la connaissance im¬
porte beaucoup , pour assigner la terminaison d’un grand
nombre de fibres de l’organe. Cette lame est plus forte èt
plus marquée en arrière qu’en avant; c’est une sorte de
raphé fibro-carlilagineux qui a la forme d’une lame placée
de champ, de telle manière qu’un de ses bords, supérieur,,
est caché dans le tissu de la langue , et n’atteint pas le
derme de sa face supérieure; tandis que l’àutre, inférieur,'
tantôt se trouve libre dans l’intervalle des génio-glosses ,
oh il est facile de l’apercevoir après avoir enlevé quelques
pelotons cellulaires et adipeux qui le recouvrent, tantôt
est recouvert par quelques fibres de ces deux muscles qui
s’y fixent ou s’entrecroissent en passant sous lui. En aVant
elle se perd insensiblement dans le sinus que forme , par
3o..
460 MÉMOIRES
sa réfleîdon , la membraae muqueuse linguale ; en arrière
elle se continue avec une membrane fibreuse qui a la forme
d’un croissant, et qui fait le moyen d’union de la langue
ot du corps de l’hyoïde ; les deux faces de ia lame mé¬
diane donnent insertion à la plupart des fibres transverses.
Le tissu de Cette partie m’a paru de nature fibro-cartilagi-
neuse : on y trouve çà et là répandus des noyaux ou ren-
flemens plus compactes. Sur deux sujets très-avancés en
âge , j’y ai trouvé de petits points osseux. Cette partie
est bien certainement l’analogue du prolongement osseux
QU cartilagineux que présente l’hyôïde dans la langue de
certains animaux , les oiseaux particulièrement.
Malgré le volume de cette partie , avant de l’avoir dis¬
séquée sur plusieurs sujets , je ne l’avais trouvée décrite
nulle part. M. Béclard m’a dit l’avoir aperçue dès long¬
temps^ dans l’homme. M. Baur , dont le Mémoire paraît
avoir été fait uniquement pour décrire cette partie , avance
plusieurs choses qui ne m’ont point paru exactes. D’abord
il représente cette espèce de lame comme un simple cor¬
don j il dit qu’elle est libre dans le tissu de l’organe ; or ,
je crois pouvoir affirmer qu’elle sert de point d’insertion à
beaucoup de fibres ; il assure aussi qu’elle est très-mar¬
quée en avant , et qu’elle s’amincit progressivement en
arrière ; j’ai indiqué une disposition inverse. Du reste ,
M. Baur paraît l’avoir sur-tout examinée dans certains
animaux qui se servent de leur langue pour laper ( les
chiens , les loups ) ; peut-être chez eux est-elle disposée
autrement que chez l’homme.
, 5.® Tifsu proprei — Ce tissu, que la plupart des ana¬
tomistes aiment mieux appeler inextricable , pour éviter
la peine de rechercher l’arrangement de ses fibres , est de
nature musculaire; la langue eomine lé cœur est un mus¬
cle dont les fibres ont des directions très-compliquées , ou
plutôt elle est formée par l’entrelacement de plusieurs
ET OBSEnVATrONS. 46'i
muscles distincts. Toutes les fibres musculaires qui con*
stituenl la langue ont ceci dè commun qu’une de leurs
extrémités au liioins se fixe sur le derme de la taembrahé
muqueuse J qüelques-imes s’y fixent par leurs deux extré-
nntés à-la fois. Elles sont très-serrées les unes contre les
autres , ce qui leur donne une forme aplatie j toutesipern
dent d’autant plus leur couleur rouge , qu’elles àppro:-.
client plus do la face supérieure de l’organe 5 elles: sont
dépourvues de gaine cellulaire , ce qui diminue leur cohé¬
sion de beaucoup. ( G’ést sans doute là une des caiisoé qui
ont empêché de les suivre , et par suite de démêler leur
arrangement réciproque). Elles sont disposées par couches
minces dontles fibres ne sont pas entrecroisées à la mdnière
des fils do la toile , mais simplement superposées. Dans cer¬
tains points, où l’on trouve des plans de fibres dans plu¬
sieurs directions , près de la face supérieure de là langue ,
par exemple , il devient difficile d’assigner la direction do
chacun d’eux; mais cela n’est pas impossible ; et c’est.à
tort, à mon avis, que M. Baür admet un hoyau lingual
inextricable placé sous la muqueuse supérieure ; en effet ,
il ne se trouve dans cet endroit que des fibres longitudi¬
nales , peu dè transverses, et beaucoup de verticales ap¬
partenant aux génio-glossçs. Tous cés plans, dtiireste ,
sont faciles à suivré, en faisant les préparations conve¬
nables.
Parmi les fibres de la langue , les unes commencent
dans l’organe et s’y terminent; d’autres ont une,cxtr.énïité
extérieure; une seule doit être considérée comme lui ap¬
partenant.
i.° Fibres intrinsèques. Ces .fibres sont perpendicu¬
laires ou parallèles à l’axe de la langue ; en d’autres ter¬
mes , les Unes sont transverses , les autres longitudinales.
Plan transversal. Quoique ce plan , très-évident dans
l’homme , existe aussi dans beaucoup d’animaux dont j’ai
402 HÉSIOIBES
disséqué la langue , cependant M. Baur semble ne pas ra¬
voir aperçu , au moins il n’en fit aucune mention. Ses
fibres existent dans toute la longueur de l’organe ; elles
sont plus abondantes antérieurement; aussi dans Ce lieu
le mouvement de resserrement transversal dont elles sont
l’agent, est-il' sur-tout très-marqué , témoin la forme poin¬
tue qu’aflecte la langue. Dans certains cas , ces fibres sont
disposées par couches que croisent évidemment d’au¬
tres couches appartenant aux plans longitudinaux et per¬
pendiculaires. La plupart d’entr’elles ont une extrémité
fixée sur la lame fibro-cartilaglneuse , et l’autre sur le
côté correspondant de la langue ; elles ne mesurent
que la moitié de sa largeur : il en est pourtant quel¬
ques-unes qui passent au-dessus et au-dessous de notre
' rap/id , et sont fixées par leurs deux extrémités sur le
derme de la muqueuse qui revêt les bords opposés de la
langue ; celles-là mesurent toute s'a largeur , antérieure¬
ment et inférieurement : ces dernières fibres forment des
faisceaux applatis qui représentent des lames imbriquées
de telle manière , que les intervalles qu’elles laissent entre
elles sont ouverts en arrière. C’est dans ces sinus que s’en¬
foncent obliquement les filets du nerf lingual , et les fibres
antérieures des génio-glosses. — Plan longitudinal. Tan¬
dis que le plan précédent est formé de fibres exactement
transversales, celui-ci au contraire n’est pas formé de
fibres rigoureusement longitudinales ; elles sont un peu
obliques , ce qui dépend de ce qu’elles viennent se fixer
sur le derme de la membrane muqueuse , après être nées
dépeints placés dans le tissu de l’organe : ce plan consti¬
tue, le muscle lingual des auteurs. Ses fibres naissent en
■arrière sur la membrane fibreuse en forme de croissant ,
qui unit la langue au corps de l’hyoïde ; quelques-unes
viennent des côtés du raphé, tout à-fait en arrière; enfin
j’én ai vu quelquefois un petit faisceau venant de la petite
corne de l’os hyoïde. Alear origine , les fibres de cemuscle
croisent la direction du plan transversal. et du vertical ,
puis elles viennent se placer sous la face inférieure de la
langue , où elles se rassemblent en un faisceau placé entre
le génio-glosse et l’hyo-glosse , sous le bord duquel il
semble sortir ; après quelques lignes de trajet', il s’unit à
un faisceau du slylo-glosse , en embrassant la portion de
l’hyo-glosse qui naît du corps de l’hyoïde; il se porte en¬
suite vers la pointe de la langue, en se rapprochant de
celui du côté opposé. Toutes ses fibres se terminent sur le
derme delà muqueuse inférieure , dans son tiers antérieur,
et sur-tout près de la pointe où les fibres d’un côté sem¬
blent former un raplié avec celles du côté opposé.
M. Baur a trouvé dans les animaux un plan longitudi¬
nal supérieur formé par des fibres intrinsèques; il lui
donne le nom de muscle cutané-lingual. Ce plan existe
bien dans l’homme , mais ilest,form,é par des fibres extrin¬
sèques émanées de la petite corne de l’os hyoïde. J’en
parlerai plus bas.
2.° JFibres extrinsèques. Ces fibres émanent surtout
des muscles stylo-glosses , hyo-glosses et génio-glosses ,
, on en trouve aussi quelques-unes qui sont fournies par lès
constricteurs supérieurs du pharynx et par les glosso-
staphylins. Le muscle slylo-glosse naît , comme on sait,
de l’apophyse styloïde et du ligament stylo-maxillaire,
puis descend obliquement en dedans et en avant vers ïa'
base de la langue , et se divise là en deux faisceaux ét
quelquefois en trois ; dans la langue du mouton , ces faiâ-
ceaux sont distincts depuis leur point d’attache supérieur.
Des deux faisceaux , l’un est transversalement placé près
de l’os hyoïde , au-des.-îous de la langue ; ses fibres tràns-
verses , aussi , se terminent en se confondant avec le 'plan
transversal intrinsèque sur le raphé cartilagineux et la
membrane fibreuse destinée à unir l’os hyoïde et la langue.
464 mémoihes
Ce faisceau , du reste, est séparé du suivant par le mus¬
cle cérato-glosse. Il est tellement fort dans la langue do
l*élépliant, qu’il représente une espèce de sangle. L’autre
faisceau suit d’abord la direction du bord correspondant
de la langue , puis le contourne , en croisant à angles très-
aigus la direction du muscle basio-glosse , en envoyant
quelques fibres qui s’unisSent à cellés de ce muscle , et se
joint au müscle lingual pour se comporter ultérieurement
comme il a été dit. Lorsque le muscle stylo-glosse a trois
faisceaux , le troisième , placé à la face supérieure de la
langue , y marche d’abord obliquement , puis prend bien¬
tôt une direction tout-à-fait longitudinale , en s’avançant
vers la pointe de la langue où ses fibres se terminent.
De la disposition des faisceaux du stylo-glosse et du
lingual , résultent deux sortes de gaînes musculaires , où
sont logées les deux^portions de l’hyo-glosse qui naissent
de la base et de la grande corne de l’hyoïde. Le muscle
hjo-gtosse naît du corps de cet os et de ses cornes , par
trois faisceaux, dont la direction et la terminaison sont
différentes , ce qui fait que les auteurs ont fajt de chacun
d’eux un muscle distinct. Le premier faisceau , dit cérato-
glosse , naît de toute la longueur de la grande corne , le
long dé son bord supériéur , marche perpendiculairement
d’abord , puis d’arrière en avant , passe entré les deux
faisceaux du stylo-glosse , et se termine au derme de la
membrane muqueuse qui revêt la moitié postérieure du
bord et de la région externe de la face supérieure de la
langue , croisant la direction des fibres transverses qui s’y
insèrent, Le second faisceau , basio-glosse -, émané de la
région externe du bord supérieur du corps de l’hyoïde,
se porte un peu obliquement en avant et en dehors ,
croise la direction ’dü faisceau inférieur du stylo-glosse,
qui fembrasse par sa réunion avec je lingual, et vient se
fixer sur la muqueuse qui recouvre antérieurement le bord
, ET OllSERVATIOWS. 4^5
de la langue et la partie exterile de sa face supérieure. Le
troisième faisceau, oliondro-g lassé ^ est exactement longi¬
tudinal et placé soüs la membrane muqueuse supérieure;
ses fibres , d’abord serrées les unes contre les autres ,
s’étalent eu avançant, sont séparées par celles des génio-
glosses qui sont perpendiculaires ; on les sdit difllcilemènt
au-delà de la partie moyenne ; cependant , on en, trouve
encore près do la pointe de la langue , où sans doute elles
se terminent sur la niembrane tégutnentaire. Ce faisceau
m’a paru représenter > dans l’honlme , le muscle cutané-
lingual que M. Baur â trouvé dans les autres mammi*
fères. Le milscle génio-glosse , né dé l’apophyse géni
supérieure , par un tendon court, mais très-fort , qui se
prolonge en dehors , forme un faisceau applati , triangu¬
laire , dont les fibres s’écartent sous la langue , où elles
ont toutes , en générai , une ditection perpendiculaire à
l’axe de l’organe ; les antérieures , néanmoins , s’inclinent
un peu en avant et les postérieures en arrière ; toutes oc¬
cupent la partie centrale de la langue , croisent la direc¬
tion des plans transvetse et longitudinal supérieur , et se
terminent sur la meinbrane tégumentaire de la face su-^
périeure , dans sa région moyenne , et aussi sur les côtés
du raphé fibro-càrtilàgineux, au-dessous duquel on Voit
quelquefois les fibres les plus internes s’entrecroiser avec
celles du côté opposé. Quelques fibres de ce muscle se
fixent sur la membrane fibreuse dont il a déjà été parlé.
Un petit faisceau se porte aussi quelquefois à la petite
corne de l’hyoïde. J’ai vainement cherché lés fibres de ce
muscle qui, suivant Haller j se porteraient au pharynx.
Je n’ai point vu non plus, comme l’avance Albinus, que
le muscle glosSo-épiglottiqüe en fût une dépendance. Los
libres qui émanent du constricteur supérieur du pharynx
sont transversales et se confondent avec celles du faisceau
du stylo-glôsse , qui a la même direction. Celles du
466 Jl i 51 0 I li E s
glosso-staphylla se portent les unes loDgitudinalement sur
la face supérieure de la langue ; les autres accompagnent
le faisceau du stylo-glosse c^ui se confond inférieurement
a-yec le lingual.
On peut très-bien remarquer , d’après ce qui a été dit,
qu’il y a dans la langue des plans transversaux , perpen¬
diculaires, et d’autres plus ou moins exactement longitu¬
dinaux ou obliques. Toutes les fibres qui constituent ces
derniers sont immédiatement appliquées sous la mem¬
brane muqueuse des faces supérieure et inférieure,' et
des bords delà langue, tandis que les fibres des plans trans¬
versaux et perpendiculaires occupent seules la partie cen¬
trale dé l’organe. Aussi , en faisant sur une langue con¬
venablement préparée des coupes transversales et perpen¬
diculaires à son axe, aperçoit-on facilement, à la périphé¬
rie de l’organe , une couche peu épaisse , formée par des
extrémités de fibres divisées perpendiculairement. Cette
couche est seulement Interrompue inférieurement dans le
lieu par où pénètrent les fibres des muscles génio-glosses ;
dans l’aire de cette espèce de cercle, on trouve sur la
ligne médiane la lamefibro-cartilagineuse, des fibres per¬
pendiculaires que séparent d’autres fibres transversales.
La langue du mouton se prête admirablement bien à cet
examen. Du reste, pour étudier la structure de cet organe,
et surtout pour voir la direction de ses fibres , il faut pra¬
tiquer , sur des langues cuites , des coupes dans tous les
gens avec des instrumens bien tranchans ; il faut aussi faire
macérer ses pièces dans un mélange d’alcohol et d’essence
de térébenthine , qui rend les fibres plus apparentes,
en faisant disparaître la graisse qui les entoure.
4.° Corps glanduleux ■ dù la langue. Au-dessous de
chacun’des replis frangés dont j’ai parlé , après avoir rejeté
en dehorsie faisceau commun du stylo-glosse et du lingual,
on aperçoit, immédiatement appliqué Sur le plan fibreux
ET obsekvatioss. 467
transversal , un corps oblong do la grosseur d’une petite
amande , égalant en longueur le repli qui le recouvre ,
d’une couleur semblable à celle des glandes salivaires ,
granulé comme elles , recevant beaucoup de vaisseaux
sanguins et de nerfs de la branche linguale de la cinquième
paire. Ce petit corps , d’une apparence bien exactement
glanduleuse, ne m’a cependant pas offert de conduits
excréteurs; je présume que la frange muqueuse qui le
recouvre pourrait bien renfermer de ces vaisseaux. Du
reste, ces organes, que j’ai constamment trouvés, sont
bien distincts des glandes sublinguales.
5. ° Tissu cellulah'e. A l’extérieur de la langue, le
tissu cellulaire se comporte dans ses muscles extrinsèques,
comme dans tous les. autres muscles volontaires , c’ést-à-
dire qu’il. fournit aux faisceaux , aux fascicules et aux 'fi¬
bres , des gaînes; d’une densité successivement décrois¬
sante, comme le volume de ces parties; mais il en est
autrement dans l’intérieur môme de l’organe : les fibres
y sont dépourvues de gaine cellulaire, ce qui les rend
très-fragiles. ■ ,
6. ° Tissu graisseux. Au-dessous de la langue , entre
ses muscles extrinsèques , et même entre leurs faisceaux,
on trouve beaucoup' de tissu adipeux qui ressemble au
tissu adipeux général; mais, entre. les fibres de la lan¬
gue, on ne trouve plus qu’une graisse très-fine , dont
l’abondance est plus grande en arrière qu^en devant , en¬
tre les .fibres transverses qu’entre celles qui sont longitu¬
dinales; la graisse , ici , ne paraît enveloppée par rien ,
ou au moins par une membrane très-fine seulement,
7.“ Nerfs et vaisseaux/ Je n’ai fait que constater
combien sont exactes les . observations de Scarpa sur , la
distribution des premiers ; les vaisseaux ne ra’out rien of¬
fert de particulier.
Avec ces données sur la structure' de la langue, ou
468 ,Mi51B0HIES
peut très-facilement expliquer les mouvemens très-variés
qu’elle exécute dans l'intérieur de la boqche, en rap¬
portant à chaque plan de fibres leà mouvemens qu’il
doit nécessairement produire par sa contraction. On
peut réduire les mouvemens dé la langue aux suivons :
les mouvemens de prépulsion, do rétropulsion * de res¬
serrement transversal , d’inclinaison latérale ; ceux dans
lesquels la pointe s’élève ét se recourbe ën haut, ou
s’abaisse et se recourbe en bas; puis le mouvement de
circumduction , et enfin , celui par lequel la langue se
creuse en gouttière sur sa face dorsale. Le mouvement
de prépulsion de la langue est produit par la contraction
des fibres postérieures du génio-glosse surtout. Le fais¬
ceau transversal du stylo-glosse qui forme une espèce de
sangle sous la base de la langue , peut , en élevant cette
partie , faciliter une forte prépulsion de la pointe hors do
la bouche. Le mouvement de rélropulsicn est surtout
produit par l’action des fibres antérieures des mêmes gé-
nio-glossesj qui sont ainsi agens de deux mouvemens op¬
posés; ce mouvement de rétropulsion peut encore être
produit par la contraction simultanée de tous les plans
longitudinaux de la langue.
Lé mouvement de resserrement transversal ne peut
être produit que par la contraction du plan des fibres
transverses , et si la langue' est apte à prendre une forme
pointue , c’est uniquement parce que , très-nombreuses
antérieurement , les fibres transverses produisent dans
cette partie le resserrement d’une manière plus marquée.
L’inclinaison latérale est nécessairement produite paè l’ac¬
tion du muscle hyo-glosse , dont l’insertion a lieu sur le
bord de la langue. Cette inclinaison ne peut se faire que
du côté du muscle qui agit ; si l’un et l’autre muscle agis¬
saient, ils concourraient au mouvement de rétropulsion.
Lorsque lesfibre^ longitudinales supérieures entrent en
ET OBSERVATIONS. 469
contraction , elles élèvent la pointe <ie la langue en la re¬
courbant an peu , elles produisent le mouvement par le¬
quel la pointe de Torgane s’applique à la voûte du palais
pour écraser certains alimens , et , dans le premier temps
de la déglutition , pour pousser le bol alimentaire vers le
pharynx. Au contraire , la pointe de la langue s’abaisse et
se recourbe en bas par la contraction des fibres longitudi¬
nales inférieures, qui émanent du lingual et du stylo-
glosse; ce plan longitudinal inférieur , sous ce rapport ,
est antagoniste du supérieur, avec lequel pourtant il peut
combiner son action pour faire rentrer la langue dans l’inté¬
rieur de la bouche. Quand les fibres longitudinales, supé¬
rieures , latérales et inférieures secontractentà la fois , elles
produisent , comme je l’ai dit , le mouvement de rétropulsion
de la langue ,• mais , si leur contraction se fait successive¬
ment, il se passe un véritable mouvement de circumduc-
tion qui est une combinaison de tous ceux que ces fibres
peuvent produire. J’ai montré que les portions antérieu¬
re et postérieure des génio-glosses produisaient des mou-
vemens opposés (la rétropulsion et la prépulsion) ; en se
contra ctçint isolément; mais si ces muscles se contractent
en totalité, ni l’un ni l’autre de ces mouvemens ne sont
produits , la langue reste dans la bouche; mais le centre
de la muqueuse supérieure , sur lequel s’insèrent les fi¬
bres des génio-glosses , sé trouve déprimé , tandis que les
côtés restent immobiles , d’où résulte une sorte de gout¬
tière longitudinale sur la face dorsale de l’org-ane.
, Il est impossible de trouver , dans la structure de la
langue , la raison du tiraillement de sa pointe du côté
paralysé, dans les hémiplégies. Ce phénomène constant
a son principe dans le système nerveux. L’opinion qui
représente le stylo-glosse comme la cause de cette anor
malie , en raison de son insertion à la base de la langue
seulement, outre qu’elle est fondée sur une erreur anato-
47° îli MOIRES
mlque , est encore fausse en ce qu’on montre la langue,
organe essentiellement souple et mobile , tournant com¬
me sur un pivot arcbouté sur le milieu de sa face infé¬
rieure. On ne peut point admettre non plus , comme on
l’a avancé , que la contraction des fibres postérieures du
génio-glosse non paralysé', porte la pointe de, la langue
du côté paralysé; car cette tendance, si elle existe , doit
être détruite par l’action du lingual et du stylo-glosse du
même côté , qui tirent la pointe du côté non paralysé.
Du Scorbut qui se manifeste, d’une manière locale ,
pendant le traitement des fractures , et s’oppose à leur
consolidation; par M. Jules Cloquet , Chirurgien
en second de l’Hôpital St.-Louis.
Parmi les maladies générales qui retardent la consoli¬
dation des fractures , empêchent la formation du cal et
deviennent ainsi la cause défaussés articulations, le scor¬
but est une de celles dont l’action est la plus évidente.
Cette affection , en portant son influence sur toute l’éco¬
nomie animale , produit dans les solides et les liquides
une dépravation qui s’oppose à la consolidation des os,
comme elle entrave la cicatrisation des: plaies dans les
parties molles , en leur donnant un caractère ulcéreux. Il
n’est pas de chirurgien qui n’ait été à même d’observer
combien de temps se prolonge chez les scorbutiques le
traitement des fractures , et les diflicultés que l’on éprouve
pour obtenir une parfaite consolidation; quelquefois même
on a vu le. cal en partie formé , être ramolli par»les pro¬
grès du scorbut , et la mobilité reparaître entre les frag-
mens osseux, qui avaient déjà été consolidés. Les auteurs
rapportent plusieurs exemples de ce fait.
■ ET onSEEVATIONS.
Le scorbut , au lieu d’être général, comme on l’observe
dans le plus grand nombre des cas , peut être, cbez les
personnes affectées de fractures , une maladie purement
locale , et produit par les conditions particulières dans
lesquelles le membre fracturé se trouve placé. Je vais pré¬
senter quelques réflexious sur cette variété de la maladie ,
encore peu connue, bien qu’elle ne soit pas très-rare , et
dont j’ai recueilli plusieurs observations.
En faisant attention aux circonstances dans lesquelles
se trouve placé , pendant le traitement , un membre
fracturé, on ne tarde pas à voir qu’elles agissent presque
toutes en diminuant l’activité de ses fonctions de nutri¬
tion , et qu’elles tendent à jeter dans la débilité les di¬
vers tissus qui le composent. Retenu dans l’immobilité
et le repos le plus absolu , dès que les accidens inflam¬
matoires sont dissipés, et qu’on peut appliquer exacte¬
ment l’appareil, il se trouve comprimé d’une manière
uniforme dans toute son étendue ; ses muscles , restant
dons l’inaction, et soumis comme les autres parties, à
la compression des pièces d’appareil, éprouvent, ainsi
qu’elles, un véritable commencement d’atrophie; leur
circulation perd son activité, leur nutrition languit; ils
deviennent pâles, plus mous, moins contractiles; les
autres parties molles se rétractent également; de là, la
diminution manifeste du volume du membre malade ,
comparé au membre sain ; la saillie et la roideur de ses
articulations , le relâchement des bandes dont il est en¬
touré , relâchement qui force à les réappliquer de temps
à autre.
Le membre fracturé , renfermé dans l’appareil qui le
soustrait au contact de l’air et de la lumière , éprouve une
espèce d’étiolement; il se décolore, devient flasque,
et quelquefois légèrement infiltré ,.dc sorte que les fluides
lymphatiques semblent y prédominer. Ces changemens
Mi MO IRE s
sont bien plus remarquables dans les fractures des mem¬
bres inférieurs que dans celles des supérieurs ; plus éloi¬
gnés du centre de la circulation , les premiers, en effet,
jouissent de moins d’énergie, et la formation du cal de
leurs os est sensiblement plus tardive.
Si à ces diverses causes débilitantes locales s’en joignent
d’autres qui agissent dans le même sens , la faiblesse des par¬
ties devient plus grande encore , et de nouveaux phénomènes
se présentent. Ainsi , quand le sujet est âgé , débilité par
quelqu’autre maladie ou par les saignées copieuses qu’on
a pratiquées pour combattre les accidens inflammatoires ,
lorsque , surtout , on prolonge trop l’emploi dos émoi-
liens , que les pièces d’appareils , humides , exhalent une
odeur de moisissure , que l’air extérieur est froid et'mal
sain , comme pendant l’automne ou un hiver pluvieux, le
membre semble perdre de sa température ; la peau devient
d’un blanc terne , blafarde , se gonfle et se ramollit. L’é¬
piderme se soulève et se détache ; par fois , il se forme des
phlyctènes remplies d’un liquide puriforme ou légèrement
gluant, le derme au-dessous paraît muqueux et gonflé ;
les poils tombent et s’enlèvent avec l’épiderme , comme
cela arrive pour les peaux des animaux que l’on débourre
par un commencement de macération. Si la fracture est
compliquée d’une plaie , ses bourgeons charnus se gon¬
flent , deviennent mollasses , d’un rouge livide , ne four¬
nissent qu’un pus ichoreux et saignent avec la plus gran¬
de facilité au moindre attouchement. Bientôt le membre
se couvre d’ecchymoses , lesquelles commencent ordinai¬
rement à paraître au niveau des bulbes des poils qui ne
so sont pas détachés ; ces ecchymoses s’étendent de plus
en plus et acquièrent parfois une grande largeur. Le tra¬
vail de la consolidation est arrêté; les fragmjens continuent
de présenter de la mobilité au niveau de la fracture , îi
l’époque où leur consolidation devrait être çoiiiplète.
ET OBSERVÀTIONS. 4^5
Quelquefois il se fait une exsudation sanguine par plu¬
sieurs points de la peau ramollie. Tandis que ces désor¬
dres locaux se manifestent, l’état général du malade sem¬
ble, dans beaucoup de cas, y être totalement étranger j
les gencives sont fermes , point gonflées ni saignantes ;
l’appétit se soutient, les digestions se font bien , le som¬
meil a lieu compae dans l’état naturel , le moral n’éprouve
point d’altération , seulement les malades s’ennuient dé
la longueur du traitement, et se chagrinent de la non-réu¬
nion de leur fracture.
J’ai observé ces diverses altérations, qui surviennent
dans les mèmbres fracturés , sur un’ assez grand nonibre
de blessés dont quelques-uns étaient confiés aüx soins des
chirurgiens les plus éclairés. Sur deux individus , j’ai pu
constater, par la dissection .l’état des parties malades , et
me convaincre que l’affection était entièrement locale et
dépendait uniquement de ce qu’on avait employé pendant
li'op long-temps les topiques èmolliens-, de l’humidité do
Tappareil dont on s’étàit servi , et de quelqu’autre des
causes débilitantes dont j’ar fait mention.
Le sujet de la première observation était un porte-faix,
âgé de cinquante-cinq ans , d’une vigoureuse cbmpléxion ,
qui raourüt presque subitement d’une attaqué d’iléus , au
septième mois du traitement d’dnë fràctiire dès os de la
jambe droite ; chez çe malade , vers le secohd mois après
l’accident , les symptômes de l’affection scorbutique locale
avaient cbfnmehcé à se manifester et n’avaient fait que se
développer dé' plus en plus ; la fracture ne s’était point
consolidée': le reste de l’économie avait paru rester to¬
talement étranger à ce désordre local, et, deux jours
avant la mort, la santé de cet individu paraissait être
dans un état satisfaisant. A l’ouverture du cadavre ,
je remarquai que la peau du membre fracturé , 'en grande
partie dépourvûè dé poils et d’épidermé, était nlolls,
1.' ' ■
474 M.iuOIRES
facile à déchirer et couverte d’ecchymoses violacées ,
ixoirAtres , fort qomhreuses ; de semblahles ecchymoses
se faisaient observer dans |e tissiï cellulaire sous-cu¬
tané et inter- musculaire ; les muscles étaient pâles ,
flasques , ramollis , gluans , et parsemés d’épanché-
mens assez considérables d’un sang noir et liquide ;
des ecchymoses nombreuses couvraient la surface de l’a¬
ponévrose jambière; les nerfs, eux-mêmes ,■ en étaient
remplis, çe qui leur donnait un aspect tigré tout parti¬
culier ; les fragmens du tibia et du péroné ne présen¬
taient , au niveau de la fracture , aucune trace de conso¬
lidation ils n’étaient point gonflés , seulement le tissu
compacte était commue spongieux et imbibé d’une grande
quantité de sang pOir et gluant ; le périoste , au-dessus
et au-dessous de la fracture , était détaché et soulevé par
le même liquide , qui formait d’autres ecchynioses dans
l’intérieur de la moelle ; ce dernier organe était d’appar
rence gélatineuse , rougeâtre, et presque liquide. Les li-
gamens de® articulations du genou et du pied étaient roi-
des , également ecchymosés ; la membrane synoviale des
articulations, d’un rouge violacé , était moins enflammée
qu’imbibée de sang ; la synovie était très-filante et san¬
guinolente; les parties molles de la partie inférieure de la
cuisse correspondante olTraient quelques ecchymoses, mais
bien moins nombreuses qu’à la jambe ; la peau des, autres
parties , les mnsçles des membres sains et du teonc , les
Oirganes de la la tête, ceux de la. poitrine et de l’abdo¬
men étaient dans leur état naturel , n’olTraient au.çnue
trace de l’affection éminemnaent scorbutique, du membre
fracturé; seulement, les gros intestins étaient ronges,
fortement enflannnés; le tissu cellulaire sous-péritonéal
qui les recouvre, qffraltun emphysème trèsicopsidérable ,
jequel s’étendait au. tissu cellulaire soius- sérjçux de tout
l’intestip grêle* et à . celui du mésentère ; l’intestin grêfe
présentait deux invaginations.
ET OBSERVATIONS. 4j5
, La secqn^le; observation avait pour, sujet une ferame
de guarqnte ans ; çQnstitutiQni. Deguisjisix
mçis t traitée, po ^ir upe fraeture de la . jambq praitè;*
lç^rsnu!^ijes |}i^, prjsp, des. symptômes, d’nne fièvre, typhoïdé
à !|aquelle,,eiie! succomba epbout de iitnit jqùrSj Cdiez elfe
Içi çqnsoiidalipn de là freçtwe; avait paru eoiamèncec à
s’^deçtjtieE , y^RSi jp; ,?ec,ofld Woi?, î iftaiss »: quinze : ou, vingt
joprs, plus tard ^jJa.rapbiUté l3,pJ;n8!coiïip.lète aKait.repani
dans les fr,agpçp‘s ,, e^ldes sjniptdtnens du scprbut Jqe4l '&’é-
taipnjt sqr, la japliB inalade , ^avec rooins d’intén-r
sité. pependant; qUPîChez le sjujet; deJa prenjlère obsecvaT
don; L^tat;géndral .4g; la pialade ;d.tait également: resté
dtriange,r, ap désqrdre :lofl&l^ ^Gjjjezi:eUs , : jlhumidité des
linges dp l’a, ppaçed pajcaissait èlre; la cause' de la oen-con;-
solidation de. la fracture et des ^autres s^mptô.mp.s . |lqqaux
qÙ’^'ip prëséntai[. L^ouyerturé ’du Gadayre me fit çeçpnnaî-
fré'lés’ memes ahéra ç(ren|içr jiy^diïjdli f
seulement', les ecchymoses étaient
nombreuses 1 et ia'mo psgdu memqrç jUiqins jprpnq^dçA
Les parties molles dès autres éaemires étaient .dans leur
étàt'hatüfelî'L’àracHti'éïdé' eiytïéü’éé‘ét'lei'Véntncùlés^du
éérveau' ■bônïèW'a^eti t assez' gfàndfe' l^uantii^" de^.^îrosît^
sângùinidiènté }' là’iiiôstliii'ée düéytv'èàu était' 'Périme ét' ja u’,t
nôtre , les vaisseaux cérébtaü^iÜjefcfésKy j^uiifiiÔn'Sorgéae^
saiïgÿ la-membranè' muqueuse dé' ■l’'festGmàc' ët du dtfoâé-
nuqi mabifeîtemeüt enfiatninée ; aüeiiri des drgàUëS de 'lâ
poitrine etde Eàtidbmem fllblfrait d’ecchymdsbs ';'' lié pa-^
raissaiênt^saïnsïè^^ fr'O'î tli ?:ubui) , ; i'îM-i ■ >1
;1 î ïll est âiremai^qneti qde les déüi> m'atades ' dont j é vîèné
de'tpaeér rapidement d’histdrîquè'i'ô^aïéht été ialTéctés dë
léurs lVactures^ dâ'içOtnnUèhoêbiéiit ' dé- d'aiitotenë;,' qb'é
l’hivey suivant fevaiti été piüviè'iti ét’hüttiidé ilél qUë'7^Üi*
conséquent^ ’OëS'iSëisôüéi âvaient'dÛ' Cédlt^îbuër i aVéc' lëâ
cadBéàr débilitàntëS 'déUt: j’éi pâtdé'i''k la p'éliductib'll du
lu.
476 u£ HO IDE s
scorbüit local dont ils furent affectés. Il est hors de
douté que , dans ces deux cas, la maladie qui s’était
développée dans le membre fracturé , et offrait tous
lés symptômes qué l’on rencontre dans la dernière période
du scprhut , était entièrement locale , que lés antres sys¬
tèmes ‘de; l’économie nY participaient point. J’ài rencon¬
tré des; mêmes symptômes , bornés uniquement au mem¬
bre ; fracturé, chez plusieurs malades qui ont fini par
çuérir», mais après'’ Uif’téthps considérable et de grands
soiris.i Bans d’autres cas j’ai observé que le scorbut com ¬
mençait à se développer^ dans le membre fracturé ,
comme dans la partie la plus faible, qu’il était d’abord
lobai, mais qu’ensuitë les autres organes ne tardaient
point à ressentir lés effets 'dé cette fâcheuse idalàdiè.
Tout porte à croire, d’après ce que je viens de dire ,
1. ° que le scorbut local est produit par des causes' débili¬
tantes qui ont, agi (directement sur le membre fracturé ;
2. * qde lés causés débilitantes généralespeuveht aussi con-
Coùrir p.ùissammént ^ sa production. ' ' '
, Ôn- doit,|t9ut. e^ployeP ponr; prévenir- ou combattre
cette funeste çompiiçati on des fractnres. Voici à cet égard
ies ini^çations thérapeutiques principales qui m^ont sem-
blé les plus esseptieîles. à, suivre ; ,,
. ; Dons les fractures , OOmpliquées d’inflamriaalion.i; il faut
être ti-ès-réservé , sur les saignées générales que l’on pra¬
tique 'aux blessés , à yaiSott, de la débilité dans laquelle
elles les jettent, surtout quand ils sont âgés ülanguissansiv
.déjà, affaiblis par quelq,u’a,ufre maladie, et que.l’âccidènt
est arrivé pendant J, ’autompe j pu rhiver. jd’ai: plusieurs
fris éprouvé que lessa}gBé0S; locales faites au, moyen de
sang^spes, appliquées,: epi nombre suffisant ‘Snc la partie
malade , avoléntjqp^^e aption bipq plus efficace pour calmer
j’ip4aiBWlioq e.t ^immPier,;l,e[ gonfleinejat;il!étb qu’elles
ET OBSERVATIONS.
produisaient beaucoup moins de faiblesse que la saignée
générale. ‘
Il faut donner au membre blessé une position assez élè^
vée, afin d’empêcher la stase des liquides, et ne conti¬
nuer les applications émollientes que le temps absolument
nécessaire pour appaiser l’inflammation ; aussitôt que la
douleur est calmée , que la chaleur et la tension com¬
mencent à diminuer , on doit leur substituer les topiques
résolutifs, tels que l’alcohol camphré, la dissolution d’àcé>
tate de plomb } enfin , quand lés accidens inflammatoires
sont presqu’entièrement dissipés ,"il faut ne plus panser
le blessé qu’avec des linges très-Secs ^ jusqu’à la fin du
traitement.
Une précaution à laquelle on doit aussi faire attention ,
est de ne serrer que médiocrement les bandelettes dé l’ap¬
pareil , afin d’éviter l’atrophie considérable qu’une pres¬
sion trop forte détermine dans le membre. D’ailleurs , ces
bandelettes ont bien peu d’action pour maintenir la réduc¬
tion et s’opposer au déplacement des fragmens.
C’est surtout quand les symptômes locaux de scorbut S6[
sont manifestés qu’il faut redoubler de soins et d’attention ;
administrer au malade les médicamens toniques et éxci-r
tans , leur donner une nôurrilure succulente , leur Ëiire
respirer un air vif et sec ; laisser à chaque pansement, et
pendant quelque temps , le membre exposé au contact dé
l’air et du soleil surtout, si la saison le permet : l’espèce de
flabellation qu’on fait éprouver ainsi au membre çedéma-
tié , la lumière et la chaleür solaire dont on le frappe ,
excitent , réveillent la vie engourdie dàns ses tissus lan-^
guissans, et concourent puissamment à détruire la fai¬
blesse qui s’opposait à la consolidation delà fracture. J’ai
aussi , dans plusieurs cas , obtenu de bons effets des em<--
brocations laites avec les teintures alcoholiques et les sub~
stances aromatiques et balsamiques* ‘‘'I
lié MO IB ES
Dÿns uùe secondenofe, <|ue;jè publierai prdcihaiaeiae!nt«
j’exposerai l’influence que les inaladies locales i telles
qde les exostoses * les qlcèrés dés parties molles , les en-
gorgemens mdémateiixet variqueui des membrésvexer-
cent sùr lâ, consolidation des Mctu'res.
Notice SUT t emploi de l‘eau de javelle à base de soiidé v
Connue sous le rlom de Hactif de Labarràque ,
dans le traitentenf local de certains ulcères ; par
M.;:CüLi,Beiek neveu, chirurgien de l’hôpital des
Vénériens ; lue à l’Académie de chirurgie..
_ L'i lécture dû Mémoire remarquable de M> Làbàirâfjuè ;
pbarmacièn à Patis , sur rartdnbojfaudiérét sur les moyéris
de désinféétér les ateliers^ où se qiréparent lës bbyaüx ,
Méiùôîre couronné par lan Sôcièl;é d’eocourâgéiUént pour
l’industrie nationale, a fait naîtr’e én moi l’idée 'd’é'ni“
ployer l’eau de javelle dans la théràpeutique chirurgicale.
. 'Non-seulement: ce réactif procure là désinfection , pro¬
priété que le chlore possède , conàme Ton sait ; ïnàis en-
corél il . a été, constaté d’ une manière irréfragable , par deS
expériences multipliées , répétées mi grand nombre de-
fdisv qû’il arrête les progrès de la putréfaction d’ufié ma¬
nière Subite dans les matières animàles mottes de 'qui lé
rendra précieux pour pltrêieurs brancheS d’industrie.
, Je nie suis demandé 's’il ne pourrait pas avoir We ac¬
tion avantageuse dans 'cette putréfaction' 'active que Ton
observe^ dans lés hôpitaux i, soüs le nom de pourriture
d’hôpital , dàhs la gangrène ? Il serait heureux^de trou vèr
unmoyen moins cruel :que le fer et le feu'aùxquels on est
oHigé d’avoir reçqurs dans ces caS, lorsque toutefois lé
principe de la vie n*a pas reçu une trop profonde atteinte.
ET OBSEBVATIONS. 4;^
)é me suis déterminé à tenter des expériences à ce sujet.
Un fâit cité par M. Labarraque , d’un anthrax à la iace
d’un enfant , arrêté daüs ses ravages par le réactif , m’a
singulièrement fencburagé.
Je me propôse de suivre le cours de mes expériences
de les étendre à plusieurs cas divers ; j’observerai avec
bonne foi le pour et le contre, et j’en ferai connaître avec
détail les résultats à l’Académie. Ce sera mon premier
tribut au cotps savant qui m’a fait l’honneur de m’ad¬
mettre au nombre de ses associés-résidans.
Je me bornerai aujourd’hui à une simple notice ; je
crois bien que , d’après les effets obtenus et ceux que j’ai
l’espérance d’obtenir encore , la chirurgie aura acquis un
topique très-utile.
Je n’ai pu employer jusqu’ici l’eau de javelle que pour
des ulcères fétides i. sanieux , chroniques , qui présentent
assez bien la pourriture d’hôpital commençante. Mes es¬
sais ont été tentés dans cinq cas d’ulcères réputés syphili¬
tiques , entre les orteils et à la base deS ohglcs (rhagades ,
onglades); dans deux cas d’ulcères rongeurs, fétides ,
l’un à la vulve , l’autre à l’aine , suite d’un bubon , chez
un homme. Chez tous «es. sujets , la maladie avait résisté
pendant plusieurs mois , soit aux temèdes généraux , soit
aux remèdes locaux.
L’action du remède a été très-prompte : ces surfaces ,
qui exhalaient à chaque pansement une puanteur insup¬
portable , qui laissaient sur la charpie une couche de pus
îchoreux , ont perdu leur odeur fétide à la première et à
la seconde applications. Chez l’une des malades qui avait
des ulcères profonds entre le premier et le second orteil ,
entré celui-ci et le troisième , l’odeur n’a pas été aussi
promptement détruite ; cela tenait à ce que le remède ne
pénétrait pas jusqu’au fond de ces ulcères , car aussitôt
qu’il a pu y arriver par le moyen de l’immersion de la
4S<> UiMOIItES
partie et des injections , la désinfection a eu lieu. L’odeur
de chlore renaplace la fétidité putride entretenue par une
sorte de fermentation locale. Le chlorure de soude la dé¬
truit, et de plus , il met promptement les ulcères dans les
conditions favorables à la cicatrisation J aussi oelle-ci s’o-
père-t-elle en très-peu de temps. Deux de mes malades
ont été guéris en cinq ou six jours , de sorte que l’on
peut véritablement considérer le réactif , dans ces cas ,
comme un moyen tout à-la-fois de désinfection et de gué¬
rison.
La liqueur dont je me suis servi m’a été procurée par
M. Labarraque, qui a une manière particulière delà pré¬
parer. Il a été au-devant de mes désirs avec une obligeance
et un désintéressement dignes des plus grands éloges. Ce
pharmacien se propose d’ailleurs de donner prochaine¬
ment la plus grande publicité à la préparation de son
réactif.
J’ai employé la solution étendue d’eau , depuis deux
jusqu’à six ou huit fois son volume , selon la sensibilité
des parties malades et l’eflFet qu’elle y produisait ; mais
chez tous les malades soumis aux expériences , il a été
possible de l’appliquer pure au bout de quelques jours ,
sans aucun inconvénient.
Ce médicament est employé en lotions , en injections ,
en bains , en applications au moyen de la charpie et du
linge. Les pansemens sont renouvellés deux ou trois fois
par jour.
Tel est le sommaire de ce que j’ai fait jusqu’ici : ce
que mes expériences présentent de satisfaisant, est un
encouragement pour lés continuer et les étendre à un plus
grand nombre de cas. Tout n’est qu’en espérance: je
n’adopte pas en enthousiaste ce qui est nouveau j je sai s
trop que souvent les choses les plus belles d’abord , les plus
vantées, tombent promptement dans un profond oubli.
ET observations. 48i
Je me garderai donc bien de tirer de quelques faits , des
conclusions définitives. Je m’abstiens également de toute
explication physiologique pour le moment ; il y a sans
doute aussi des raisons chimiques du mode d’action du
chlorure de soude : elles seront probablement expliquées.
Notes sur l’emploi nouveau ou peu usité de quelques mé-
dicamens dans plusieurs maladies ; par M. C. L.
SoJiMÈ , D.-M. , chirurgien en chef de l’hôpital civil
d’Anvers,
Pourriture d’hôpital. — Cette maladie se manifeste ,
comme on sait , dans les plaies , et sur-tout dans les ulcè¬
res anciens , par des taches grisâtres qui s’étendent , cau¬
sent de vives douleurs , rendent un pus sanieux , et finis¬
sent par envahir tout l’ulcère , quelqu’étendiie qu’il ait ;
ses rayages se terminent souvent par la mort du malade.
On a proposé le charbon , le quinquina , les acides mu¬
riatique et sulfurique , le vinaigre , etc. Comme ces remè¬
des ne réussissaient pas toujours à empêcher les progrès
de la pourriture , on a eu recours à des caustiques et à
l’application du feu.
Depuis plus de dix ans , je n’ai pas eu l'occasion de
recourir à ces différens procédés, quoique l’hôpital ren¬
ferme habituellement une centaine de malades atteints de
vieux ulcères ; cependant le climat est froid et humide ,
le pays est marécageux , conditions favorables au déve¬
loppement de la pourriture d’hôpital : et , en efiet , cette
maladie attaquait assez fréquemment ceux qui avaient de¬
puis long-temps de larges ulcères aux jambes , avant que
je me sois arrêté à la méthode suivante.
La pourriture d’hôpital n’envahit pas surde-champ
toute la superficie d’un ulcère; elle se manifeste par une
ou plusieurs taches grises faciles è distinguer. Dès leur
482 MÈUOlKJiS
apparition , je les fais recouvrir avec de l’aluh caléiné j,
les taches disparaissent soüvënt en vingt-qUàtre heut'es ,
et je préviens ainsi les Suites de la nlaladiëi Les élèves
chargés des pànseméns ont toujours soin d’avertir dès
qu’ils aperçoivent ces taches ou ulcérations sanieuses : lè
remède est appliqué de suite , et il réussit constamment.
Teigne. — ■ Une femme très-âgée entre à l’hôpital pour
y être traitée d’une teigne qui couvrait toute la tête ; e’é-
taienl des croûtes jaunes et sèches, à travers lesquelles
passaient un petit nombre de cheveux blancs ; la maladie
était très-ancienne. Peu confiant dans l’emploi des remè¬
des ordinaires , je voülus faire l’esSai d’un médicament
qüë je ne vois prescrit dans aucun traité sur cette mala¬
die , du moins à mà connaissance.
On mit, dans un vase ouvert, de la limaille de fer qu’on
hùtnécta de temps ëü temps avec de l’eau. Le fer se
réduisit en poudre noirâtre ou éthiops martial. Cette
poudre , mêlée aVèC dë l’huile d’olives , fut appliquée sur
toute là tête , àptès tju’on eût fait tomber les croûtes avec
dès câlàplàsmës.
On saît/^uèles éxydës dé merciire, de plomb , de cui¬
vre , etc. , ont été essayés avec plus ou moins de succès :
je né coïnptais pas beàucoup sur l’efficacité de cet oxyde
de fer , rnàis , à notrë gtànd étonnement , la malade ,
malgré son grand âge et l’anciennëté de la teigne , fut
gùérié conàpffitenient ën moins de trois semaines. Je l’ai
employé depuis , ainsi què plusieurs de inës confrères '}
mais il en est de ce fémèdë comme de beaucoup d’au¬
tres, il ne réussit pas toujours. Cependant il n’offre pas
les dangers des autres àjpplicàtidns , et les praticiens ne
regarderont pas cômmè inutilè là publication d’un mode
dé traitement nouveau employé contre une maladie aussi
difficile à guérir que l’ést là tëighe.
Saiivatton mercurielle, — Lorsqu’on èst appelé au-
ET onSÉEVATIO'NS. 485
prèé d’ün riiàl’adé ddris les premiers jours dé fcèt accident ,
on parvient assez facilement d lé fairè disparaître par des
pdÉgâtifs ; mais lorsque là salivàtibn sübsisté depuis quel¬
que temps j il Survient dés ülbéràtiéns trÔs-doulonteuses
dainà l’intëtléur dé là B'oiiché ; aussi les praticiens recher¬
chent avec émjptè'ssfeinfent les i’émèdës prbj^t’es à arrêter
lès progrès de celtè miàladié. Les gargèrismeS àVec rahiri ,
lé borax ; le soufre à rintërieür , s6bt de'S mëdibàméris àiir
lësqü'eis il né faut pàs beaucoup éôniipteë dàids les saliva¬
tions opihiâtéèS. Depuis lorig-tenlps j 'avais recours dànà
lés cas graves à rempléi d’un gargarisme fait avec une
once d’àcëtàte dé plomb liqüidë dans deux livres d’eau ,
sans savoir d’où je téhàis ce relhède (i).
M. Gullërîeri dans Son ârticlë Sàlivàtiort ( Dict. des
Sa. Wèd. J , en parle avec assez d'i'ndiïféréiicë , et dit
mènie qu’âyànt essayé ce moyen , lé résultat h’én a pas
été bién favorable. J’ài été plus heureux , et lé succès éù
est tel, que je ne cràiûs paS de lé présenter comme un
médicament très-elBcace. Les essais faits à l’hospice deè
Vénériens dé Pàfis bé poévaient pas réüssir ; là dése d’a-
céfa té de plôiiib était trop faible.
Ce remède a Tinconvénient de noirëft'IéS dèüfe , et l’on
doit sè éàé'fièr deà màladès peu àïténtifs qui avaleraient
Cette préparation , mais il guérit âsSéa pébtàpténieàt cèS
ttîcératîéÏÏs de là bouché , si opiniâtrés , 16'rsqù’on émplpîè
d’àü très moyens ; il calme les douleiirs vivéS qui les àc-
compagrieht.
Dans lés ù'icéra'tîoàs dés ainygdàlééjét du voile du pa¬
lais qu’on voit survenir à la suite d’üh tràitèttiént mèrcù-
rîel , je lés fais b’iiinéctér àvéc ün pinceau 'chargé d’àcé-
(i) Le pretaier qui ait ptoposé^l’acélâte de plbmb- éh ^arèarisiqe
dans là ‘salivation , est M. de la Bpnnardière. ( Voyes le Recueil
périodiijae delà Société de Médecine dé'Paris , tome XII , p. 36g. )
484 mémoihes
tate de plomb liquide pur. Dans plusieurs Cas , la guéri¬
son s’est opérée assez facilement.
Ongles rentrant dans les chairs. — Une fille de 55 ans ,
avait l’ongle du gros nrteil rentrant dans les chairs ; elle
éprouvait des douleurs si vives, que vers le soir il surve¬
nait des tremblemfens convulsifs. Ces douleurs , et une
insomnie continuelle , l’avaient réduite à une grande
maigreur ; l’ulcère avait un aspect cancéreux. Le chirur¬
gien qui la traitait, voyant que l’arrachement de l’ongle
et les remèdes ne réussissaient pas , proposa famputation.
Celle fille effrayée quitta la ville qu’elle habitait pour ve¬
nir à Anvers réclamer mes soins ; l’ongle était revenu en
partie ; l’ulcère rendait un pus sanieux et de mauvaise
odeur. Afin de renouveler la surface de cet ulcère, je le
saupoudrai avec de l’alun calciné. Cette application répé¬
tée plusieurs jours de suite eut un tel succès, que les
douleurs cessèrent, l’ulcère se cicatrisa , et après trois
semaines de ce traitement , la malade retourna chez elle
parfaitement guérie.
Cette observation me suggéra depuis l’idée d’employer
le même procédé dans plusieurs cas de cette espèce qui
ne sont pas très-rares.
Cette maladie dépend souvent de la conformation vi¬
cieuse des ongles qui croissent sur les côtés , au lieu de
se développer seulement vers le bord libre. L’ongle s’en¬
fonce dans les chairs , les irrite , et cause de l’inflamma¬
tion , de la douleur et de la suppuration. Si le malade a
des dispositions scrofuleuses, les ulcères deviennent de
très-mauvaise nature.
Une pression trop forte des chaussures , une marche
forcée , l’ongle coupé trop court , etc. , sont les causes les
plus ordinaires de cet accident. Lorsqu’une fois le bord
latéral de l’ongle est détaché et baigné dans la suppura¬
tion , il croît avec une grande rapidité , devient un corps
ET OBSERVATIONS. 485
étranger , tranchant , situé dans une partie très-sensible ,
ét par là produit des douleurs insupportables.
Pour remédier à cet accident , on sait que M. Desault
se servait d’une plaque mince de plomb ou de fer-blanc
qu’il passait au-dessous du bord de l’ongle , afin de l’em-
pêcher'd’appuyer sur l’ulcère , et de laisser à celui-ci le
temps de se cicatriser. Ce procédé n’est pas applicable
dans tous les cas ; il cause de la douleur , et , quand on re¬
tire le plomb , la maladie recommence.
' L’arrachement des ongles est si douloureux , que peu
de chirurgiens se déterminent à l’entreprendre. Ce moyen,
que MM. Pelletan et Dupuylren ont cependant cru devoir
employer , n’a pas mis les malades à l’abri de la récidive;
aussi, pour la prévenir , M. Dupuytren a-t-il ajouté à ce
procédé , déjà très-douloureux , la cautérisation de la partie.
M. Brachet, médecin de Lyon , a proposé d’enleyér
avec l’instrument tranchant lés chairs qui dépassent
l’onglè ; opération douloureuse qui ne doit pas s’opposer
à’ia croissance de l’ongle.
Le traitement dont je me sers depuis plusiénrs années
est plus simple , né cause pas de douleur , et réussit tou¬
jours lorsque les malades veulent s’y soumettre avec pa¬
tience: car le plus souvent , aussitôt qu’ils ne souffrent
pliis , ils veulent' marcher ét vaquer à leurs affairés ; ils
n’attendent pas qué la cicatrisation soit complète, et la
màlàdié se renoüvellé.
Voici la manière de se servir de l’alun calciné : après
avoir appliqué pendant quelques jours des cataplasmes
éHUolliens , on enlèvfe avec des oiseaux la partie de l’ongle
qui’ se trouve dans' l’ulcère , et on remplit la cavité avec
dè l’àlun calciné ;; non pour répririaer les chairs , comme
6U pourrait le penser d’après l’üsage que l’on fait quel¬
quefois de l’alun dans ce cas et dans plusieurs autres';'
mais pour tarir l’humidité de l’ulcère et empêcher la’
486
'crpissaace de l’origle.. On çptire. tous jes j.o,ij»cs la croûte
formée par l’alun , çp le p.ps rppfermé ^ops cette croûte
entretiendrait l’ulçépé et les doulpurç, , ïj e^sf pssqntiel
que l’ainn soit ^ppüqpf sur Jppte la surface uicéfée.
Pour cela on se pert 4’un fjtylej; pppfati, ayec lequel on
spulève l’ongle, afin qup rafun pépièlre au-dessoqs, Ge
traife,menf suivi pyec soin pendant quelque temps, des-
sèqhe rulcèpe , empêche l’pngle d.e.crqîtpe sur les côtés , et
si le malade veut attenflre^que laeipafrisafion spitsofide,
avant de mareheFi et s’pi évite les causes qui tendraient à
renouveler la maladie , il sera délivré d’une aifectjpn très-,
douloureuse et sppvent diffipile à guérir.
. LeucorrJi^, — Cette incommodité trô,s-coumiqne est
et. doit être dilpeile h guérir lorsqu’ePe reconnaît pour
cause une di.sppsi,ti,qa najtureilp 4,>f ,Snj,qi., l’^ni^itation dans
un lieu hninide , ,des habitudes et nue manière de vivre
qui l’entretieppeut sans cesse pu la renouvellent , lors¬
qu’elle a ,çédô ppnr nn moment ans remèdes- Pp pnnçpit
aussi que , dans plusieurs circonstances , ce.t|te affection
étant devenue habitupllp pt Femplaçaut sn? autre maladie
plus fâcheuse J il peraij; dangereux de, ja supprimer .sans
précantion, , : "
1,6 trpitçinent pe peut donc pas être empipique , et Ip
remède jque je communique ppx pratipiens , d’après l’esr
spi b,eureux gpe j’gp aiJ^U plusipprs fois,, np gepa pap
regardé comme un spécifique à employer dsnslops les gps
de leucprjdïéje,
injeption, ffPel<ïe®f9i? dans les' gonorrhées,
anciennes. Il guérit assez i^cilemept Ips sgoperrhées bpr
twdfi? fi :;On>e .fe glan/l : et (Je , prépu,G.e, ; Pjs , Sftcpgs,
m’engagèrent ^ .le, prescrire dans; Je pati^rh,ejY3ginaI. dp.
fus .étonné, .dp pcpmpt .effpt de pe pédiAanjent.ïi ep, trnisnn
qpatre jnipréeoulem^ :
]iT 0B5?BVATI0NS. 487
On s’est déjà servi en injection , dans de semhlabips
maladies , du sulfate de zinc ( vitriol blanc ) , mais je nia
vois nulle part qiie l’oxyde ait servi aux mêmes psagps.
]En effet , cette substance n’étapt pas disspluWe dans
l’eau , on cooçeil difficilement son action; peut-rêtre agit-
elle mécaniquement. Cette poudre très-fine s’insjnue dans
les pores de la membrane muqueuse du vagin., et y déter-
ipine une irritation qui fait cesser celle d’oii provenijit
l’écpulement.
Les injections sé font avec une demi-once de fleurs de
^inp dans deux livres d’eau.
Ce médicament mêlé avec de l’ayonge , est quelquefois
utile dans des éruptions cutanées.
Observation sur un cas de chute du rectum exaspérée
par les émoUiens et guérie par les astringens j par
il/. ContET , médeein-inspecteur des eaux thermales
deSjlvanez, et des eaux minérales froides de Çamarez.
Un enfant de cinq ans , tourmenté par un dévoiement
opiniâtre , avait , depuis un mois, une chute du rectum.
Le chirurgien ordinaire du malade approuvait les bains de
siège, tièdés , les cataplasmes émolliens , et quelques laxa¬
tifs huileux que la nière de Penfant administrait de temps
en temps; le petit-lait faisait encore partie de Ce trâî -
tement. Le mal allait croissant , le bourrelet s’alongeait,
par les besoins trop fréquens d’aller à la selle; la constric^
lion du sphincter dé l’anus augmentait avec l’irritàtion ;
la souffràhcé redoublait à mesuré , et le jeune patient
pouvait à peine supporter le plus léger attouchètoént sut
la tumeuri Elle était de six pouces de longueur , d’un pouce
et demi de dianiètre à son èjttrémité inférieure , d’un rougè
^brnh^ rugueuèé , .Irès-hùmide dans toute son étendue: Le
488 UÉUOIRES
malade ne voulait ni boire ni manger , il ne dormait plus ,
et tout faisait craindre un état de sphacèle prochain. Tel
était l’état du malade , quand je fus appelé auprès de lui.
Je ne doutai" pas qu’il n’y eût véritable invagination.
L’indication à remplir me parut d’autant moins douteuse,
qu’elle était plus pressante : je me hâtai de fortifier l’in¬
testin. Des fomentations chaudes avec une forte décoction
de feuilles de sauge , de sommités de romarin , et d’écorce
de chêne ( quercus robur. ) , dans du vin rouge j et
l’application continuelle et renouvellée sur la tumeur de
linges fins et mollets imbibés de la même décoction
chaude, aidée d’un régime légèrement tonique , où le
bon vin entrait pour quelque chose , redonnèrent le ton à
la partie : la réduction se fit d’elle-même , le dévoiement
diminua et cessa , le malade reprit son appétit , il put se
livrer aux douceurs d’un sommeil réparateur , l’améliora¬
tion fut immédiate , et la guérison complète en dix jours.
Depuis trois ans l’enfant n’a pas éprouvé de rechute; il
continue à jouir de la santé.
fiê/Zeaîtons. — Depuis long-temps l’expérience a dé¬
montré les inconvéniens des topiques émolliens tièdes sur
les tumeurs formées par la chute du rectum-' On a remar¬
qué que ces topiques, sur-tout tièdes ^ augmentaient le
relâchement , et , par conséquent , la maladie. Aussi tous
les bons praticiens recommandent-ils de n’y avoir recours
que dans les cas , plus rares qu’on ne pensé, d’inflamma¬
tion très-vive ; et même de les employer froids autant que
possible. La yareté de l’inflammation delà membrane mu¬
queuse rectale , dans le cas dont il s’agit , n’a rien q^ui
doive étonner. Continuellement en contact avec des ma¬
tières inertes, cette membrane jouit dans l’état physiolor
gique d’une sensibilité assez obtuse; entraînée àu-dehors,
les frottemens continuels qu’elle éprouve l’irritent peu et
finissent même par émousser le peu de sensibUiié
ET OBSERTAtlONS. 48g
elle est douée. C’est à pela , ce nous semble , qu’on doit
attribuer les bons effets, depuis long-temps signalés, des
astringens dans la chute du rectümi Lés nioyens ration-i
nels érûployés par M. Goulet , nous paraissent appartenir'
à cette classe. Cela n’est pas douteux, du moins pour
l’écorce de chêne èt le vin rouge. Peut-être l’effét en eût-
il été plus prompt s’ils eussent été employés froids ; tou¬
tefois la guérison a été assez rapide pour qu’on doive fé¬
liciter l’auteur, en 'observant cependant que celte rapidité
même fait naître des doutes sur l’existencè d’une véri ¬
table invagination ,' et tend à faire croire qu’il y avait seu¬
lement , chez son jeune malade , relâchement et engorge¬
ment de là membrane muqueuse du 'recltim. On aurait
désiré savoir si des tentatives de réduction ont été faites.'
T.-L. G. Roche.
Mémoire sur l’ ossification morbide , considérée comme
une terminaison des pklegmasies’ ; par P. Rayee.
Seconde partie. •
Je me propose de prouver , dans cette seconde partit
de mon mémoire que la terminaison de l’inflammatiod
par ossification morbide si fréquente dans les tissus fi¬
breux,' n’est pas rare dans quelques autres , et eh parti¬
culier, dans les cartilages ét les fibro-cartilages.
XLV. Cartilages. déjà rappelé que lés carti¬
lages divisés sé réunissaient par yine ossification morbide
développée dans le péricôndre , dont l’inflammation a éfé
provoquée par la* solution de continuité de ses fibres.
C’est ainsi que les cartilages costaux fracturés se réunis¬
sent par une espèce de vifole osseuré.' A cette occasion
jeferai une remarque qui me semble offrir quelque intérêt.
^go , JiiMoinjLS
Dans les fraclür cs des cartilages , les bouts des fragmens
ne sont jamais en : rapport exact et ne peuvent y être
maintenus. Or, on ne peut disconvenir qu’un rapproche’
ment plus immédiat des fragmens ne fût accompagné
de moins de douleur et d’une irritation moins considérable.
J’insiste sur cette particularité, parce qu’elle me semble
expliquer, aumoins en partie, pourquoi la virole osseuse,
le cal , provisoire des cartilages , persiste beaucoup plus
long-temps . que celui des fractures simples bien réduites.
Sous le rapport de sa durée etde son mode de production ,
l’ossification morbide qui constitue le cal des cartilages -,
doit être rapprochée de celle qui maintient réunis les
fragmens d’un os mal affrontés : disposition anatomique
qui est également , pendant la vie, accompagnée d’une ir¬
ritation Ipcale plus vive et de plus longue durée.
XLVI. Plus le péricondre d’un cartilage est épais,
plus il reçoit d’insertions fibreuses, plus l’inflammation
s’y propage facilement lorsqu’elle s’y développe , et plus
l’ossification morbide est considérable. Ainsi, dans les
plaies du cartilage thyroïde , on observe non- seulement
queles fragmens se réunissent d’abord par une ossification
morbide du péricondre , mais encore que le dépôt de ma¬
tières salines, est beaucoup plus considérable à la surface
externe de ce cartilage , qu’à sa surface interne. La rai¬
son de ce fait me semble tenir évidemment à ce que la
surface externé du cartilage reçoit les insertions tendineu¬
ses des rnuscles stferno-thyroïdien , thyro -hyoïdien , con¬
stricteur inférieur du pharynx et çrico-thyroïdien t tan¬
dis que la surface interne de ce cartilage n’est point
pourvue d’expansions fibfeusfes aussi considérables.
XLVn. L’ossification morbide des: cartilages, thy¬
roïde, cricoïde , et arylhénoïde , a été fréquemment ob¬
servée chez des individus atteints d’inflammations chroni¬
ques du larynx, ou qui ont succombé à la phthisie pul-
ET OBSERVATIONS. 4Q1
ïuonaire. Si la coïncidence, de ces deux altérations ne prou¬
ve pas rigoureusement leur relation , et , en particulier,
la dépendance de l’ossificaiioini morbide des cartilages du
larynx des phlegmasies qui l’ont précédée et accompa¬
gnée , d’autres considérations tendent à établir cette 4épen-
dance. Ainsi, par exemple , de tous les cartilages du
larynx , ceux qu’on trouve le plus souvent ossifiés , dans
la phthisie tuberculeuse et surtout dans la phthisie la¬
ryngée, sont, sans contredit , }es cartilages arythénoïdes.
Or, dans la phthisie laryngée, l’ulcération est le plus
souvent située dans le voisinage de ces cartilages , et il est
peut-être permis de supposer que l’inflammation s’y est
propagée par contiguïté. En outre , la carie d’une portion
des cartilages arythénoïdes (maladie dont le caractère
inflamnialoire n’est point contesté), coïncide très-fré-
quemihent avec l’pssificatlon morbide d’une autre portion
de ces cartilages. Est-il possible de supposer que deux al¬
térations si fréquemment simultanées , et se développant
dans un si petit organe , ne splent pas le résultat d’un
même é(,at morbide ? J’avoue également que les cartilages
.arythénoïdes se rapprochent plus de la structure des os
que beaucoup d’autres ; qu’ils exécutent de nombreuK
.mouvemens puisque quatre muscles s’y insèrent, et que
ces deux circonstances les prédisposent, peut être , à être
plus fréquemment enflammés.
5^'LyilI. De même qu’on observe assez fréquemmeirt
l’ossification morbide des cartilages ^U larynif dans l’an¬
gine laTyngée chronique , fie memee,n a reconnu , depuis
long-temps , que les cartilages des côtes éfrient quelque¬
fois ossifiés chez des individus atteints dp phthisie tu¬
berculeuse, lorSrmâm&,qu’ils avc{.icnt ^mc(^nbÇ, à la flcxir
de l’âge. Morgagni, en poursuivant .les divisions des
bronches dans l’intérieur' des poumons, les p trouvées
osseuses , même chez des individus peu avancés, en âge.
4^2 MiMOinES
Les anneaux de la trachée s’ossifient également quel¬
quefois.
XLIX. Le virus syphilitique , dans les ' maladies
vénériennes chroniques , non seulement enflamme les os
et le périoste , mais encore le péricondre et les cartilages ;
et l’observation prouve qu’aux caries des os et aux ossifi¬
cations morbides du périoste , on peut opposer des alté-
rations-analogues observées dans les cartilages et le pé¬
ricondre. Enfin , de même que ces altérations s’observent
le plus souvent dans des os superficiels , tels que le tibia ;
de même aussi leurs analogues ont été , le jilus commu¬
nément , rencontrées sur les cartilages des côtes situés
le plus superficiellement.
L. Les auteurs d’anatomie pathologique s’accordent
tous à dire qu’ils n’ont jamais observé les cartilages ar¬
ticulaires ossifiés que lorsqu’ils étaient adhérens , et ils
en ont conclu qu’ils ne s’ossifiaient jamais tarit qu’ils
étaient libres. Cé fait me paraît concluant : l’adhérence
prouve qu’ils ont été enflammés.
LL Chez les goutteux, on observe quelquefois des
ossifications morbides dansles fibro-cartilages des oreilles r
leur formation, pendant la vie , est annoncée par des
douleurs lancinantes et une rougeur locale et circonscrite
à la peau.
LII. Avant de rapprocher entr’eux les faits contenus
dans ce paragraphe Je ferai remarquer que les cartilages
d’incrustation des os présentent bien plus rarement des
ossifications morbides que ceux qui sont revêtus de péri-
condre,,et pourvus d’insertions fibreuses. Ce résultat est
^ une conséquence inévitable de la disposition anatomique
des parties , comme j’ai été, déjà plusieurs fois, darts le
cas de l’indiquer.
LUI. En résumé. Soit que l’inflamnaation des cartila¬
ges , OU plutôt celle de leur membrane , ait été provoquée
ET OBSERVATIONS. 4f)5
par une soliUion de continuité de leurs fibres , comme
dans les fractures ; soit qu’ils aient été divisés , comme
dans certaines opérations; soit que l’inflammation ait été
provoquée par un virus , comme dans la péricondrose sy¬
philitique, ou quelle se soit développée par contiguitô ,
comme dans la phthisie laryngée; faTconiiguitQ et peut-
être sympatkio , comme dans la phthisie pulmonaire
accompagnée d’adhérences des poumons aux parois de la
poitrine ; l’inflammation des cartilages se termine par
ossification morbide, si elle persiste pendant le temps
nécessaire à cette terminaison ,. et si les cartilages ne sont
point en contact avec de l’air ou du pus.
\AS . T issu musculaire. L’ossification morbide de la
fibre musculaire est très-rare , et presque tout ce qu’on a
écrit sur ce sujet doit être, rapporté aux portions tendi¬
neuses et aponévrotiques des muscles enflammés. Ainsi,
par exemple , on connaît un assez grand nombre de cas
d’os|ificati.ons morbides du centre aponévrotique du dia¬
phragme. Dans quelques cas rares, seulement , l’inflam¬
mation et l’ossification accidentelle paraissent s’être propa¬
gées dans les fibres musculaires. Pour preuve que ces os¬
sifications anormales sont le résultat d’un travail inflam¬
matoire , je citerai la remarque suivante : toutes les fois
qu’on a observé des ossifications morbides du diaphragme ,
tantôt ce muscle étaitentièrement uni ou adhérentpar des
fausses membranes, au foie et à l’estomac , tantôt de sem¬
blables adhérences avalent lieu entre la plèvre diaphrag¬
matique et pulmonaire. Or, est-il probable que l’ossifica¬
tion accidentelle du diaphragme qui coïncide toujours
avec des adhérences ou' des fausses membranes dévelop¬
pées à la surface des tissus qui lui sont juxta-posés , soit
produite par un état morbide difl'ér.enl de celui qui a occa¬
sionné les désordres observés dans le péritoine etla plèvre ?
Je sais bien que plusieurs auteurs pensent que les adhé-
4(j4 niîffoiBjErs
pences , les fausses membranes s trouvées autour des ossi-
lications morbides , sont des désordres produits par ces
ossifications elles-mêmes , qu’ils regardent comme des
corps étrangers provoquant l’inflammation des parties
qui les entourent. J’ai déjà discuté cette opinion, que
je crois peu fondée; Je me contenterai pour le moment
de rappeler qüé les ossifications du périoste , du jiéri-
condre , des ligametls, des tendons, etc. , sont produites
et précédées par un état inflammatoité , et que rien ne
prouve que la présence de ces ossifications anormales ,
lors même qu’elles sont tonsidérables , détermine l’inflam¬
mation 'des parties voisines. Au reste , il n’est pas impossi¬
ble qu'arrivées à un certain volume ■, où douées de formes
irrégulières, et acérées , les ossifications , quel que soit leur
mode de production , ne deviennent elles-mêmes une
nouvefle cause d’inïlammatîon; ïnüis cettë observation
n’infirme pas directement liôtae ojpînién-.
LV>. De même qu’on troüVe daUs là èàéie dès Verÿèbres,
tantôt des ossifications iiiorbidèS Kbrés , ou adhérentes,
formées aux dépens des insertions tendineusès ou àponé-
vrotiques et des ligümenS enflammés ; dè même , dans
les inflammations chroniques et profondes dès articulations
du poignet ou du tarsè , il n’ést pâs rare de trouver , après
la mort, des ossifications morbides développées dans lès
fibres tendineuses ou apOrtévèo tiques des muscles voisins
de ces articulations.
LVI. Enfin , dans les càs rares , oîi 'üne oreillette , où
ma Ventricule , où toutes les cavités du cœur ont paru Ossi¬
fiées, on à trouvé le cœur adhérent à la portion libre du
péricarde, dans une étendue qui était aU meinsen rapport
avec celle de l’ossification morbide. Dans ces ôas , cofnme
dans les ossifications accidentèlles du diaphragme , les
adhérences , preuves incontestable^ d’un travail inflam¬
matoire, we penvont-elles pas aü moins faire soupçonner
ET OBSERVATIONS. 49S
que les ossifications morbides concomitantes sont elles^-
mêmes un produit de la phlegmasie qui a occasioné les
adhérences? Cette présomption n’acquiert -elle pas un
nouveau dégré de probabilité , lorsque , pendant la vie j
ainsi que dans plusieurs cas observés , les malades ont
éprouvé tous les symptômes d’une cardite ou d’une péri¬
cardite?
LVII. L’examen du cab, dans les fractures simples,
irrégulières, ou comminutives , a prouvé que les fibres
musculaires voisines 4e la solution de continuité, étaient
rouges, enflammées et quelquefois imprégnées de dépôts
salins , surtout dans la direction des insertions fibreuses.
Ce fait, rapproché des précédons , me semble définitive¬
ment prouver que l’inflammatioa des muscles peut se ter¬
miner par ossification morbide ; mais cette terminaison
a lieu le plus ordinairement dans leurs fibres tendineuses
ou aponévrôtiques. Presque toutes les ossifications morbi¬
des observées dans les organes locomoteurs ont été ren¬
contrées dans des points correspondans à de larges ex-
pansionstendineuses ou aponévrotiques : il faut en excep¬
ter , toutefois , les ossifications morbides'qui se sont dé¬
veloppées dans ces parties , aux dépens de tissus acciden¬
tels et de nouvelle formation , et dont le siège peut .être
variable. * -
Plus un muscle contient de fibres tendineuses ou apo¬
névrotiques ; plus ses contractions sont fortes et violentes';
plus les organes qui l’avoisinent sont sujets à l’inflamma¬
tion., sans épancher de suite du pus à sa surface , [disposi¬
tion remarquable au cœur [péricardite) , aü diaphragme
( pleurésie et péritonite) , et dans les muscles voisins des
parties enflammées (carte des jointures , des vertèbres) ,
etc.] : plus aussi ce muscle s’ossifie fréquemment.
Dans un même organe , on a fait des observations ana¬
logues qui prouvent roXaotitude de cette proposition.
496 luiiioinES
Ainsi , on remarque plus fréquemment des ossifications
morbides dans le ventricule gauche que dans le ventricule-
droit, et plus souvent dans ce dernier que dans les oreil¬
lettes.
LVIII. Je consignerai , dans ce paragraphe , une opi¬
nion relative aux pierres trouvées libres dans les cavités
du cœur. Senac en rapporte un assez grand nombre
d’exemples , et je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’éle¬
ver des doutes sur la possibilité d’un tel fait, ainsi que
l’ont fait plusieurs anatomistes distingués. L’observation
n’a-t-elle pas démontré , et je l’ai moi-même plusieurs
fois constaté , qu’on trouve quelquefois des ossifications
morbides, même assez- considérables , itères , dans l’es¬
pèce de sac qui se forme dans le voisinage des vertèbres
cariées. Pourquoi ce quLest possible relativement à l’ossi¬
fication accidentelle d’une portion fibreuse du psoas , par
exemple , ou d’un ligament , serait-il impossible relative¬
ment à l’ossification morbide d’une portion des valvules
et des tendons du cœur qui , après avoir subi la translor-
mation osseuse , deviendrait libre dans la cavité de cet
organe ? En pathologie , les bornes où commence V impos¬
sible sont difficiles à assigner.
LIX. Je n’émettrai point d’opinion sur la production
de l’ossificEttion morbide du tissu propre de l’utérus ; je
ne l’ai jamais observée. Dans tous les cas que j’ai rencon¬
trés , c’étaient des corps fibreux accidentels qui étaient
ossifiés , et non le tissu propre de la ma trice.
LX, Dans quelques autres tissus , l’ossification mor¬
bide a été rarement observée comme terminaison di¬
recte de l’inflammation, Il paraîtrait môme que plusieurs
d’entr’eux devraient éprouver d’abord les transforma¬
tions cartilagineuse ,. fibro-cartilagineuse , ou fibreuse ,
avant de s’incruster de sels. Ces divers états mor¬
bides , et l’ossification anormale qui les suit, semblent
JET OBSERVATIONS.
toutefois être le résultat d’un travail inflammatoire, ou
du moins , c’est ce que tendent à prouver les faits
suivans : ,
LlLl. Tissu séreux. Les transformations osseuses de
la plèvre ont été otservées dans deux circonstances prin¬
cipales : i.“ à la suite d’une phlegmasie chronique du
poumon et de la plèvre elle-même ; 2.° sous le sternum
et les côtes atteints de carie ou de nécrose. Il est; évi¬
dent , ce me semble, que, dans ces deux, cas „rossili-
cation morbide de la plèvre doit être regardée comme
une terminaison de l’Inflammalion de celte membrane ,
aflectée primitivement ou par contiguité. Dans la théorie
des animistes , on suppose que la nature médicatrice a
déterminé l’ossification de la plèvre, à la suite de la carie
des côtes et du sternum , pour remplacer, en partie ces
organes et protéger les poumons contre les agens exté¬
rieurs. Dans cette hypothèse , serait-il ifacile d’indiquer
futilité de l’ossification morbide de la plèvre dans les
inflammations chroniques de cette membrane , lorsque
les parois de la poitrine sont intactes ? L’impossibilité de
trouver un but salutaire à un grand' nombre d’ossifications
accidentelles ne doit-elle pas décider à abandonner une
théorie contrariée par un grand nombre de faits ? Les ossifi¬
cations anormales de la plèvre , soit qu’elles soient utiles
ou nuisibles , me paraissent être la conséquence d’un
meme état movhiie : l’inflammation. ,
LXII. On a quelquefois trouvé des ossifications
morbides de l’arachnoïde ( 1 ) chez des adultes qui
avaient éprouvé des céphalalgies plus ou moins vio-
(1) M. Esquirol m’a fait voir, suc une pièce anatomique,- un grand
«ombre de petites plaques minces et orbieulaires , les unes cartilagi¬
neuses , les autres osseuses , développées aux -dépens de l’araebuoïde
spinale. Le malade était sqjet à des attaques d’épllepsiei'
498 MÉMOIRES
lentes j, des vertiges , du délire et des Convulsions. Le
caractère des phénomènes morbides observés et l’analo¬
gie comparative peuvent faire soupçonner que ces ossi¬
fications accidentelles , comme celles de la plèvre , sont le
résultat d’une inflammation chronique. Les ossifications
morbides du péritoine n’ont, pour ainsi dire , été obser¬
vées que dans d’anciens sacs herniaires , ou dans l’épiploon,
ou bien' sur la vésicule du fiel enflammée et contenant
des calouls. Est-il permis de penser que les tiraillemens
qu’éprouvent fréqüemment les sacs herniaires , que la dis¬
tension que raccumulation de l’air dans l'intestin y occa-
gienne parfois , soient des causes physiques qui prédisposent
ces portiôiiS du péritoine à l’inflammation et par consé¬
quent à l’ossification morbide ? Si on réfléchit que les
transformations osseuses des sacs herniaires sont toujours
accompagnées de l’épaisisSement , de l’induration du péri¬
toine qui les borde; que les adhérences morbides , évidem¬
ment produites par un travail inflammatoire, sont de tou¬
tes les lésions concomitantes le plus ordinairement ob¬
servées , l’opinion que j’émets sur, le mode de production
des ossifications morbides dés sacs herniaires n’acquerra-
t-elle pas un nouveau degré de prohabilité ?
LXIII. Après les sacs herniaires , l’épiploon est de
toutes les portions du péritoine celle que l’on rencontre
le fréquemment ossifiéé. Tantôt il a été trouvé' ossifié
dans des saos herniaires , et , dans ce cas , le développe¬
ment d’une épiplo'ite antérieure a quelquefois été recon¬
nu et l’existence d'une hernie la rend probable; mais le
mode ‘de formation des osfifications morbides de l’épi¬
ploon dans la cavité de l’abdomen est plus dilFiGile à
démontrer. De ce que les ossifications de l’épiploon ont
été, le plus souvent, observées vers ses bords libres, et
surtout vers son bord inférieur , ■ doit-on en conclure
qu’iinc portion de membrane séreuse , libre et floUante
ET OBSERVATIONS. 49g
üans une cavité , est plus exposée au frottement , à une ir ¬
ritation mécanique , que celle qui est fixée autour d’un
organe ou sur les parois d’une cavité? Il est toutefois à
observer qu’il n’est pas impossible qu’un certain n ombre
d’ossifications morbides de l’épiploon soient dues h la
transformation osseuse de tissus accidentels et surtout
des corps fibreux qui se développent quelquefois entre ses
lames.
LXIV. L’ossification morbide de la tunique vaginale
a souvent été observée à la suite d’anciennes hydrocèles
symptomatiques de phlegmasies chroniques du testicule et
quelquefois chez des individus qui avaient été opérés par
injection. La nature .des désordres concomitàns , l’irri¬
tation que doit nécessairement entraîner l'accumulation
morbide d’un liquide dans une membrane séreuse qu’il
distend outre mesure , ne sont à la vérité que des proba¬
bilités en faveur d’un travail in'fiammatoïre antécédent;
mais enfin , c’est de tous les états morbides Celui dont
on peut le plus raisonnablement soupçonner l’existence.
LXV. Membranes 'syndvi'aUes. L’ossification des mem¬
branes synoviales paraît être constamment uüe tertninai-
son de l’inflammation. Ainsi , cette alléràlibn à été obser¬
vée au coude , au genoü , au pôignet, au pied, etc,,
après des affections rhumatismales , Ou le développement
de tumeurs blanchés. Au reste, quoique l’ossification
morbide des synoViales.ait été rencontrée dansl’ankylose ,
on aurait tort d’en Conclurè qu’elle a CGhd;atonïent lieu
dans cét état tnorbid'e. Dés expérienèes aîîre'ctfes 'm’ont
prouvé que l’ankylosè pouvait être le résultat d’une ■in'fiaîn-
màlion de la jointUrè , avec adhérence ou réunion immé¬
diate des parties Correspondantes de la membrane 'syhé-
viale non 'ossifiée.+ 1
LXVÎ. Système ‘lymplimique. On trouve àsses; fré¬
quemment , chez les phthïsiquÉ , deS ganglions lympbati-
5oO MÉMOIRES
ques des bronches ossifiés. ,On en rencontre quelquefois
jusque dans l’épaisseur des poumons, le long des rami¬
fications bronchiques. J’ai plusieurs fois fait la qiême
observation , sur les ganglions cervicaux, dans des cas de
phthisie laryngée. Dans le carreau , la même disposition
aétéplusieurs fois reconnue. Sur des individus qui avaient
été atteints de bubons à l’aîne, l’ossification morbide des
ganglions lymphatiques a été également plusieurs fols ob¬
servée. Une altération qui se développe , dans de sembla¬
bles circonstances , tantôt dans des organes voisins d’une
inflammation chronique , et qui en deviennent eux-mêmes
ultérieurement le siège , tantôt dans des ganglions, pri
mitivement enflammés-, ne doit-elle pas être évidemment
considérée comme une terminaison de ces phlegmasies ?
Enfin , la fréquence des phlegmasies chroniques des or¬
ganes de la respiration, me semble heureusement expli¬
quer la plus grande fréquence des ossifications des gan¬
glions dans le thorax, que dans toute autre régipn du
corps. • * ■
LXyiI. Système, médullaire des os. Les fibres de la
membrane médqllaire divisées , sans être exposées’*au. con¬
tact de l’air , comme dans les fractures , s’enflamment et
s’ossifient; mais, lorsqu’au bout d’un certain laps de
temps , l’irritation produite par la solution de continuité
est calmée , la résorption de l’ossification morbide a lieu.
Si l’inflammation de la membrane médullaire persiste au
contraire, cojmne dans les phlegmasies syphilitiques de
cette membrane , l’ossification accidentelle fait alors des
progrès , et elle donne lieu ,, danS; ïa cavité de l’os même ,
à une transformation osseuse ,, que dans ces derniers
temjis Gowper et Travers ont décrit sous le nom d’exos- ^
tose interne des os. Je puis citer encore une preuve de
l’influence de l’inflammation sur la production des ossifi¬
cations morbides de la (ftembrane médullaire. Lorsque
ET OBSERVATIONS. 5oi
dans des expérienees , analogues h celle de Troja , on
dépouille une portion d’os du périoste et des parties molles,
la membrane médullaire ' s’enflamme pour éliniiner cette
portion d’os morte, et cette membrané s’ossifie.
LXVIII. Conservant beaucoup de doutes sur le siège
des altérations décrites sous le nom d’ossifications du
systbmc, nerveux, je ne puis émettre d’ opinion sur leur
mode de formation. Les ossifications morbides du corps
pinéal et du corps pituitaire ne sont pas rares; mais leur
mode de formation est tout-h-fait ignoré. Les phéno¬
mènes qui accompagnent leur développement, ou qui
le suivent , sont également inconnus. Les transformations
osseuses des veines , de la peau, des membranes muqueu¬
ses , . ont été rarement observées, et les circonstances
dans lesquelles elles se développent sont aussi à-peu-près
indéterminées. Pour ce qui est des ossifications morbides
du tissu lumineux el dà tissa adipeux ^ leur histoire est
peu connue, et beaucoup d’àltétatlons , décrites, sons le
nom d’ossifications du tissu cellulaire, ne sont probable¬
ment, qpe des ossifications du tissu fibreux' ou cartilagi¬
neux, accidentellement développés dans le tissu îan^eux.
LXIX. Je terminerai ces considérations sur l’ossifi¬
cation morbide des divers tissus par quelques' réflexions
sur la transformation osseuse de certains organes. -Bayle
avait fait une espèce particulière de phthisie de l’ossi¬
fication morbide , ou des productions calculeuses des
poumons; la!toiix, la dyspnée, l’hémoptysie, qui coïn¬
cident avec . cette altération.., en: ont été regardées
comme la suite pat Bayle. D’autres médecins les cnvi-
sageantj au contraire i comme une terminaison dq l’in-
flàmmatiôn chronique des poumons , les considérations et
les observations précédentes me font pai’tager cette der¬
nière opinion, avec celte modification toutefois, que je
ne répugne pas à croire que . l’ossilication morbide no
5o2 UÉMQIHEÇ
puisse quelquefois à son tour devenir la cause d’une irri¬
tation EQécanique.
LXX. Sous le nom d’ossifications dé la thyroïde , on
a décrit des altérations complexes. Elles sont formées , le
plus souvent , par l’ossification morbide des kystes ou de
corps fibro-cartilagineux qui se dé,veloppent dans cette
glande atteinte du -goître. L’ossification envahit quelque¬
fois la glande elle-même , mais rarement primitivement.
Je suis porté à croire que les désordres observés dans le
goître sont le résultat d’une phlegmasie chronique, que
le peu d’apparence des phénomènes morbides locaux doit
faire rapprocher de celles décrites dans d’autres organes ,
sous le nom de phlegmasioséaientes.
LXXI. Je n’aurais point parlé des ossifications mor¬
bides du thymus et du. placenta , mentionnées par quel¬
ques auteurs , m’ayant point de données sur leur mode de
formation , si je n.’avais,cpu devoir rapprocher ce fait de
l’ossification morbide de l’artère temporale , observée chez
un enfant de quinze mois., et. dè celle des foetus extra^
utérins , afin de prouver que la théorie qui attr%ue. les
ossificatiGns morbides à la vieillesse est bien peu fondée. .
L}^II. Les ossifications de l’ovaire ipeuvent avoir lieu
dans sa membrane péritonéale, dans son propre tissu, ou
bien appartenir à des kystes fibreux ou fibro-cartilagi¬
neux, qui, dans quelques circonstances, se développent
dans cet organe; le mode de production de ces ossifié
cations morbides est latent. Les ossifications acciden¬
telles du testicule n’attaquent , le plus souvent, que la
membrane albuginée , plus rarement la substance du tes¬
ticule, même. Leur mode de production est un peu moins
obscur; elles succèdent le plus souvent aux phlegmasies
chroniques de. cet organe.
LXXIII. On a décrit , sous le nom d’ossifications du
foie et de la rate , des transformations osseuses de leurs
E T OBSERVATIONS. 5o5
membranes fibreuses et séreuses , ou des tissus fibreux
ou fibro-eartilagineux développés dans le parenchyme de
ces organes. Le mode de production de ces altérations est
b-peu-prés latent; toutefois elles coïncident fréquemirient
avec des traces de phlegmasies chroniques, et, en parti¬
culier , avec des adhérences.
LXXIV. Pétrification du fœtus. On a désigné ainsi
quelquefois des ossifications prématurées des os du fœtus ,
et le plus souvent des ossifications accidentelles de plu¬
sieurs de ses organes et en particulier du tissu fibreux et
des cartilages. Une particularité remarquable, c’est que
ces pétrifications du fœtus ont été le plus souvent obser¬
vées dans des grossesses extr^-utérines. Or , dans ce cas
particulier, l’œuf en contact avec le péritoine , l’ovaire ou
la trompe, est un véritable corps étranger animé qni dé¬
termine une phlegmasie chronique dans ces organes , avec
lesquels il est uni par des vaisseaux et des fausses mem¬
branes lamineuses èt vasculaires. L’œuf et ses dépendances
restentrils étrangers -à l’inflammaîtion qu’ils suscitent?
Pourquoi cet état morbide ne se propagerait-il pas , par
continuité, au produit de la conception? Dans l’état ac¬
tuel de la science peut-on assignèr uné cause plus pro¬
bable de la pétrification du fœtus que’ celle que nous ve¬
nons défaire en trevon* (i)?
LXXV. Je conclus des faits èxpbsés dans cette seconde
partie , que l’ossification morbide des cartilages , des fibro-
cartilages , du tissu musculaire,, du .tissu séreux , des mem¬
branes synoviales, du système lynxphatiquë , de la mem-
(i) M. Esqiurol tn^a fatt voir un pelle fœtus long dé a, pouces fenvi-
rpii, trouvé dans l’abdoinen, sur le cadavre d’une femme âgée de
65 ans , morte à la Salpétrière. Les côtes et les cartilages costaux de qe
fœtus extra-utérin sont ossifiés, et fes mémos progrès insolites de
l’ossification se rèm&rtptent- sur les os du èt.’ino , de la face fet de lu 'co-
Ipnne vertébrale.
5o4 mémoibes
hraae: médullaire des os longs, et qu’en général toutes les
transformations osseuses paraissent être une tetminaison
de l’inflammation i ou au moins de l’irritation morbide
des tissus affectés.
- 21° Que les symptômes observés pendant la vie chez
les individus sur les cadavres desquels on a rencontré de
ces' ossifications , doivent être souvent rapportés à l’état-
morbide qui les produit, et non à la présence du tissu os¬
seux accidèntel.
Esquisse' générale , d’un tableau nosographique des
ossification^ morbides. — Après avoir exposé les motifs
qui me font penser que l’ossification morbide est toujours
le résultat d’un travail inflammatoire, soit qu’elle se dé¬
veloppe dans un. tissu accidentel ou dans un tissu de pre¬
mière formation , je vais présenter quelques réflexions gé¬
nérales sur \qs causes, les phénomènes , la. forme , Véten-
due, la structure , la composition chimique , la situation
et le iraitément dés ossifications morbides. ■ ’
- .LXXVI. Causes. Les causes des ossifications mor¬
bides sont , én général, toutes celles qui peuvent produire
l’inflammation. Ainsi des causes physiques , telles .que des
■solutions- de continuité , comme dans les fractures et les
•perforations des os -et des Cartilages ; le frottement répété
[ossifications des tendons, des artères uërtébrales et de
celles de la base du drCine) ; le contact d’une partie morte,
comme dans la nécrose ; le voisinage d’une partie enflam-
-xsié,e .[ossification, de Id- dure-mère dans les plaies dé l'a
tête, ossification des fibres tendineuses du psoas dans la
carie des vertèbres dorsales correspondantes j etc. ) ; l’ac¬
tion du virus syphilitique [ossification du périoste, des
artères et des tégumens) i des phlegmasies. répétées dans
le tissu des jointures {goutte, rhumatis7ne).Ma\s dans
un grand nombre de cas l’ossification accidentelle, comme
la plupart des étals morbides , .est produite par une cause
ET OBSERVATIONS. : , 5o5
évidente, quelquefois aussi elle a lieu, sans. quotii puisse
déterminer les circonstances dans lesquelles elle s!est.dé-
veloppée.et la nature du travail morbide iqui l’a ^provo¬
quée. Ainsi, les ossifications dës artères, de la dure-
mère, etc. , sont dans ce dernier crs ; semblables:, .sous
ce point de vue , à plusieurs autres états- morbides qu’on
a désignés sous le nom de plileginasies latentes.. *
L’ossification morbide a été observée dans tous les .âgés,
depuis la vie fœtale jusqu’à la vieillesse. Toutefois ou! la
voit plus fréquemment chez les vieillards ; le . nombre ;des
atteintes des maladies augmente avec les années ; les causes
qui les produisent ont eu plus de temps et plus de chances
pour agir: les phlegmasies du tissu fibreux sont. aussirplus
fréquentes dans d’âge mûr et dans la vieillesse , et dé toutes
les inflammations ce sont celles qui se îterminént le plus
fréquemment par ossification anomale..
LXXVII. Phénomènes morbides. Les phénomènes
morbides qui, précèdent, accompagnent ou Suivent le- dé-
yeloppcment des ossifications accidentelles , variehtsuivànt
les tissus affectés, l’intensité et l’étendUe. dé Tinflammà-
lion. Dana quelques circonstances où l’ossificàtion mor¬
bide , se trouve unie à d’autres désordres ; . il est difficile
de déterminer ce qui lui est propre. ; , . • >
Dans les fractures simples, les phénomènes. foéÆuæi à
l’époque où se forme l’ossification morbide , sont à-peu^-
près nuis; peu ou point de douleur; point de phéno¬
mènes sympathiques, .Dans les périostoses syphilitiques.',
souvent la douleur est vive. Dans les inflammations et
l’ossification plus lente , du périoste, qui accompagnent lè
séquestre , douleur ^ locale sans phénoniènes .généraux,'
Dans la goutte aiguë suivie d’ossification. morbide, la
leur .est vive , et. cette particularité; me isemble: tenir :}
1 i “ .à ,ce que les ligamens articulaires enflammés: ; se' racjj
courcissent; 2.° à ce que ce raccourcissement coïncide
1. 55
5o6 Mi MOIRES
i «tec un certain gonflemèdï' dés jointures. Au «este , lors
r;;que) Uossification niorbide a eii “liéUy les douleurs dimi-
-jiuènt ; c’est ainsi i que lés* parties molliés enfla miiiées dé -
- Tiennent moins’' doulourëUsëà lorsqu’elles suppurent. '
; : Les phénomènes géfiéraùx ne *sé' développent que lors¬
que l’ossification morbide est précédée de symptômes ‘in¬
flammatoires très-intensesy
LXXVIIL Formé. La forme des ossifications acci¬
dentelles et leurs dimensions peuvent tenir à une ou à
plusieurs causes , qui toutes Se rattachent, i.° à la con-
.^ïbrmation de l’organe ou du tissu aflecté ; 2.° à l’étendue
:;et:au siège* de l’inflammation; 5^“ à son intensité. Ainsi,
: dans l’inflammation du périoste , lorsqu’il est aflecté sür
une grande surface d’un os long ,‘ comme dans certainès
périostoses syphilitiques , rossification ihorbide est làniét-
Elle offre- la- même disposition dans lès nécroses de
l’omoplate , et les dimèasions ef la'foriné dé l’oiàificâtiéh
mochidd! sont: en rappbrt'ditect àvcC cellé du Séquestre.
Lorsque cette inflammation y dévélopjiéè sùir' lâ Sürface
d’un: os long ou d’un 6s plat, est péu étëndüe , 'circulaire
et :circonscrite, l’ossification morbide prë'séüte üfié êmi-
-nence qul approche plus ou ’nlbiiW' d’un 'dénii-sphérôïdé;
alors t clleesfi norfetise. Les 'ossifications accrdèû tëllés' qui se
développent entre la ehoréïdé etla rétiné,"dahs lé globe
dé l’œil V* ressemblen t aubéontraif-é’ à 'ûhe cû^ulé pèrforée
dans Son centroii'L’fiûflUmm'âtfon at'tbqilé-t-ëllé' uii 'tissu
ÆhrèU'X qui représentoîan-fcanïili' céhittlè d'éhs lés grosses
artères.,L’ossifioatiohimarbîde''f6riim^aëf plâ'^üëà plus ou
moins! complètement htr^culaMb i' suît'à'hf'sbri. éteridue.
L’inflammatiou n-ttéllé ''liêa’fbffdula^éfateilh autour d’un
os 'loingvil’ossificatioii‘i'q&î% 411# oBt*#faspèc't'‘ d’ifnë
virokl Dans d?autre& ^OiéCdrfstafifcbl';; q'ôPSqué' la 'fracture
a lieu: ddris ' une portj6n 'd’‘aü'>‘bs’feng;dù' s’insèrent ' un
grand nombre d’expansidné'fibreuéësdéé' muscles, ët si la
^ÈT.pBSBkVAXI0N3._^;_^,, .
rràclurè'.' a 'éïl, comminV'tive et, <ji;e ï’inflaifini^|if)ji' ait été
' Viblén?é é t' cètrpnique , i^ossificfi tipn ,morbide s’étendant le
îohg déx,es insertions sera stalactiforme, Sp.. dévploppe-
t:élle dans un ganglion lymjihatique et, dans un corps
fibreux , tVavahit-elIe de toutes parts ? elle offre la forme
d’un sphéro'icle plus ou moins régulier.
LXXIX. Les dimensions de l’ossification morbide sont
en rapport constant avçc l’étendue , l’intensité, et, la durée
de rinflàmination. Dans fa , nécrose des os longs et de?,,fl3
plats, la forme de cette ossification a la plus grande, ana¬
logie avec celle du séquestre. Si’^, dans, cette, cirçqp^tance,
cètïè èirme est déterminée par la limite de l’inflaïqma-
tion, ne^ doit-on jias être, porté à -, croire de
même 'pour des ossliicalm morbides de la fale;^;.de la
dure-mére etc. ? • ^ . . ■
'Lorsqu’une membrane, fibreusp est .lissq et ne.,, donne
point inserilon h sa surface à d’autres, corps, fibreux,, ,l’QSr
sification.môriicle. qui s’y développe > ,r,infl£ipîmpti9jn çi
été.gènérâle et unlfornie . offrira nécessairement' nne..S]U,r^
face assez régulière; ^si au cqntrairq la .surfaqe ..djn,n.os,
par exemple ? reçoit l’insertion ,d’un grand.nqmbre dp
muscles et qu’elle, soit envahie par l,’i,nflapin:iation,,;et,qup
cèlle-ci sé termine par .ossification mprbide , elle .qdrirn
de nombreuses inégalités h sa surface. C’est pour pela que
les ossifications morbidesde.la surfaçe antérieure etinterne
dû tibia uniquement^recoqv^e^q par,de,fi;^su,ce%lairqiet
la peau sont, de, toutes , peljes, , qbserYées ,;.,cp}^ d^pt
ia surface' offre le moijUS ,d’irpé^gul,arités;j.,,c’e5t/p,ar,;^
raison contraire que lep, qssificpliqn.s.^jfoidnes, , du,,, grand
trochanter, 'sonf toujours. tVrçottfféres.ejt,^dg'Æ^^,.J9r.5C[U0
l’inllammaiipn a été yipïente, ejt, chronique., Cqttç, disposl-f
tion| est quelquefois frappan te J dans, u.n
i^Linsi', par exemple , dalls les plaies, du,. cartilage,,, tl?yi“oïdq
on observe eo arrière une ossification morbide presque
33..
5p8 HÉHOtAES
linéaire de chaque côté de la solution de continuité , tan-
' dis“ qu’en avant, l’ossification morbide , toujours beaucoup
plus volumineuse , envahit non-seulement le péricondre,
mais encore les insertions fibreuses provenant des muscles
‘ cricb-^hyroïdien et sterno-thyroïdien , et est à-la-fois ir¬
régulière et plus volumineuse.
Lorsque l’inflammation est chronique , elle influe non-
‘seuleihent sur la structure et le siège des ossifications mor¬
bides , comme je le prouverai plus loin , mais encore sur
leur forme. Dans l’inflammation aiguë des artères, par
exemple , on trouve le plus communément des ossifica¬
tions p/ates et laminées coïncidant avec une matière jaune
■particulière et la rougeur de la membrane interne de ces
'vaisseaux. Dans V inflammation chronique , l’ossification
morbide envahit toute l’épaisseur de la membrane fibreuse.
Elle acquiert plus de dureté ; elle perce au-dedans et au-
' dehors de l’aftère; il n’existe point de matière jaune., nî
"de rougeur de la membrane interne. Il mè paraît y avoir
‘entre le premier de ces états et l’ossification laminée du
■périoste une analogie qui me semble également exister
entre" les ‘ concrétions observées dans le péricondre des
cartilages costaux , dans la syphilis chronique , et les con¬
crétions salines des artères , à part quelques légères diffé¬
rences qu’entraînent des modifications dans la structure
des parties affectées.
LXXX. Composition chimique: La composition chi¬
mique des ossifications morbides recueillie dans un or¬
gane déterminé est rarement identique. La plupart de ces
ossifications accidentelles diffèrent aussi sous ce rapport du
tissu osseux de première formation {voyez page 528) ;
toutes contiennent : i.^le parenchyme plus ou moins al¬
téré d’un tissu primitif ou accidentel; 2.° le plus ordinai-
remeüt, parmi les sels, du phosphate de chaux en-pro-
portion prédominante.
ET OBSBRVA.TIONS. .. . - .
XXXXI. Structure. Les ossifications morbides, con¬
sidérées entre elles sous le rapport de leur, shnicture, pré¬
sentent trois dispositions principales, que je crois devoir
indiquer : i.° l’ossification morbide a lieu dans un tissu
de première formation , dont la conformation et la struc¬
ture n’ont point éprou vé de changepaens qui les fassent, mé¬
connaître ; 2.® ou bien^I’ossificatiori s’est dévelopqiée dans
un tissu accidentel qui n’a point éprouvé de transforma¬
tion; 3.° ou enfin ces tissus priinitifs ou accidentels ont
subi une transformation , et en particulier la transforma¬
tion cartilagineuse ou fibreuse.
Le périoste , le péricondre , les ligamens , les tendons,, .
la dure-mère , la membrane interne des artères s’ossifient
le plus souvent sanâ éprouver la transformation cartila¬
gineuse. Les membranes séreuses, au contraire, l’ara¬
chnoïde, la plèvre, la tunique vaginale, etc. . présentent
rarement dès ossifications morbides sans avoir éprouvé
cette transformation. !
J’aborde enfin une question importante , relative à l’a--
nalogie des ossifications morbides avec le tissu. osseux de
première formation , et je pose eh principe <7 ko
osseux ne se reproduit pas, et que les ossifications Enor-;
bidés désignées sous le nom d’os de nouvelle formation , .
d’os reproduit, ofirent bien réellement les para èlèr.e^
exténeùrs du tissu osseux., mais qu’elles n’en ont pas. le
principal attribut, la disposition. des fbres et la struc-r
ture. En’ effet, les caractères d’un organe ou d’un tissu,
doivent être au moins autant puisés dans sa structure
et sa composition chimique que dans sa conformatipn< .
Orj pour avancer qu’un tissu accidentel est semblable. i>
un tissu de première formation , il faut que la ressem¬
blance soit non contestable sous le deuxième et le.p.remier
point dé vue. Eh bien 1 comparez les ossifications' -mor-,;
bides régülièrc^'ou irrégulières , longues, plates et courtes
5io m£moirb9
aui bs de première ibrina^ion f vous verrez que sou| le
rapjibr't dë lài'sïrüctürè' eMès diffërént ëssëntiellq'mentjtles
os lotfgs', dës' os' plats et (ïes''bs' courts. iÀînsi . les bssifi.^.
catiôùs morBîdës oB'sërvéës dans la nécrose d*une, portion
entière du corps' dü tibia ne peuvent être regard.éfjs,.
coniiïïè une' réprôductioii’dë'cët’ os , V.° parce que
suribèe' est iüëgà'lè' ët Îrrégblîëré , 'disposition qui contraste
avec l’àspëct'lisse ^ poli dé l’os de premiëre dorrnalipn ;
2.° parce qü’il ri’existë pdînVde membrane médullaire au
milieii dfe 'éorte ôSsificati'on'iridrbide.' . ,
E.ëîâtivétnënt aiii Ossifications accidentelles . regardées
comme des reproductions d’qs'plats Je jcraj reinarqu.erj :
1 '«|bë lëS' pôtlions ddmôpfalé^ reproduites" pprès la .'r^é-
croèé d^Unë portion dè toute ’ son ’ épaisseur , .n’pffrgnt ni.
raspéét'pSlri'nî' lès èiiforicemens 1 nillés éminences qu’çfl.j
obserVHii suiil‘‘lë's' portions' d*ds* de première, ^r^atiop;;,
2." qüë'datls‘!cë' éàs particulier lés ossjdcalipns morbiçlp^
anté'rièbr'es' ët''* postérieures %nlre'^lesquelfGS,,ÇjS,tjSi,tu^, la ;
portion d’os nécrosée , n’offrent point la^struj^tnr^ldjGSifiS;,
platsi En effet . ùiië pd'rtîôï*juéicônqde dje bpç^qpba^
compbàéë des deux' lamés de'fissp’'do|npacle;|Sép.5pées par
du tissd ëëlIulëux.' 'Ôr , je 'n^ai jamais yu^gue^çha^qii)^ des ,,
ossificàtîoriS' ïAbrbides ' aCcidefjielfe^p^rbsen taî /uptp^ sem-t^
blablë strübtùre.‘‘,J’affirm,ç,.au côntr|airp|,^^quQ^-.^
cas,'qiië’j’ài' ôb'së.rvés ',,' elfes" létaicnt sçmblable^.j^ pelles, ,,
qu’bn réfedrquë dàn|s',’la pdcrpse des les,,;
exos’tbÿèVlaidinées. 'Cés laits 'prouvent ,évl^eni|inent ,q;up,
ce n'é' sont' péin f Vie petites' ‘poriions dfesj pla ts 'reprpdui t;S ,,
alnsl'qu'’'6bd’a cru’'généraîement. Je penap^, çpjpptrc.fjqu^jl.
n’exisié 'pàs; ùnë seule' observation jqui^déin,p,plce., "qu’une ;
ossification inorbidë développée autour jç{]unjps,cqurÇ,,eri
ait jamais offërt la structurel 'lGln4gj^^pit^j^ff^fae pssifipa3;
tion âit'liéu dü^ dépens d’iin organe ou d’pqe production
ftÇçidentdirdV èoit Qu’elle ait l^ës diniensipn.Sjd’q^i ë? feog , , ,
ET OBSEBVATI/)NS. . . , 5u'
d’un OS court , ou d’un os plat , jamais elle ne présente la!
structure du système osseux de première formation.î: ir i f*l
LXXXII. Siège des ossifications, morbides. Lorsqu’un
tissu fibreux offre deux surfaces l’ossification morbide' se
développe sur celle qui .a été^primifivement ou unique¬
ment enllapamée.. Ainsi elle a -lieu îi la . surface interne et
dans les lames internes du périostes , (dans la nécrose , dans
la périostose suivie d’exostose; par, la rnêinie raison , elle -
a lieu , au contraire , sur Ips. deux surfaces du périoste et
même sur les fibres tendineuses qui s’y implantent , dans .
les fpacturpsdeSiOsJpDgs, Elle apparaft sur, les 'lames in¬
ternes de la iiiiembfiaoç ifibreuse des®gr,08.sé,s!j]artèrDS'j en
contact avec fi, membrane interne-deieés yaissciiÉiX'i.qui
s’enflamme ; plus souvent que leur inembrane extetînei ou
celluljOusq,^ , , g . Hn-iiv nii'i) sioiic'iostïn'l
Des, observalious jç^p^tées prouvent) que les qs.sificàtiona-
morbides, des, membearies i fibijp-séreusesj.ent. son vent, lieu
entropies 4eux. membrojies;. résultat q,ui;lient sans doute
à une ,disppisitipn,,anato|aiique,pa,r;liQplière;;,i, ^ g-.è .-. f
Les ossifications des mcinbrapBs.jSéreusesijpnt le plus '
souyept, liç/i, à.^epr ,s.urfaçe, .exterpe ,•^soit| que >; comuïe le-;
périçqrde,,,l^^prçirn^ye , etp,,, elles; soient, qa; rapport ayeer ::
une_u;iêpabraner,fibçe.use,;;,.soit'que,,ePpftmcjla,plèvre etle;,-?
périteiqe plie?; ^e trouvent, en qontapt aype .des l|ssus<!4i une
nature variée, ,,I|i’existenoê ^’uu,- fluide; perspiratoiroràiJeur:, k
surface interne est-elle un obstacle au dépôt des sels,fiiLçs ; '
liens. ;qui unissent, les ;mep]ibranes; séreuses .a,ux,,tissus^yoi-;',
sins ,sont-,ils; plus disposés à s’incruster que la suriace peyr.
spiraMe;?., eJ .«voiêm-aei
LXjXXIlL j^.jEe^jCppsid^ration présent .
tées .dans, ce, .Mijmpire ,, . sue., les, ,ossifiçatious. ,inor.bide8 .vet' ; :
leur mode de production , conduire, ntvà.quelqup^inppliièS'H
tionS fjeluljyqsîflp, traitement dql’^tatj morbide <|ui.les,ppo- ,
duit , et dont elldS peuvent être regardées comme une ter¬
minaison.
512 M/îMOIRES
L’os$ilication thôrljide qui së développe dans les
solutions de dontinuité des 03, des cartilages’, a l’avàntage
de maintenir les fragmëris en rapport, et quelquefois de
les^SolitîefV Get état morbide doit être respecté.
2. ° Si , dans une fracture d’un ôs superficiel, du ti¬
bia-; par exemple , le périoste devenait douloureux suivant
la IbngUêür de cet os , ori aurait à craindre le développe¬
ment d’un calus trop volumineux : on le préviendrait ou
on en diminuerait l’étendue par l’emploi d’un régime et
d’un traitement antiphlogistiques, et en particulier par
l’application des sangsues.
3. “ Dans l’inflammation du périoste produite par le voi¬
sinage d’une portion d’os nécrosée , l’ossification morbide
est inévitable et ne doit point être combattue.
4. ’°' Toutes les fois que le périoste s’enflamme h la suite
de l’absorption d’un virus , cette inflammation doit être
- norf-seülërnent combattue par les spécifiques propres à la
déttuiëe’, mais un traitement antiphlogistique , et sur- tout
dès-émissions sanguines locales et générales , seront em¬
ployées , dèç le début , dans la vue de prévenir la termi¬
naison par- ossification morbide.
5'.^ Lorsque cette terminaison a lieu depuis peu de
temps , ce traitement est d’autant plus nécessaire qu’il
prétient les progrès Ultérieurs de l’ossification et de l’in-
flanfmatioh , et que lorsqu’il est employé dé concert avec
les spécifiques -, il est suivi parfois de la résorption des dé •
pots’ saflins-?’* ■ ’
fi^i^Lofsqüé lés ossifications morbides sont très-an-
cienTùési et dénsés ; ' éburnées , il faut les abandonner à
elles-mêmes. Le traitement antiphlogistique et spécifique
ne pe'üt én' déterminer la 'résorption. Toutefois ces médi¬
cations péuvënt 'être utîlès pour arrêter dé mdl en dedans
des limités; ôü il est parvénü. - ' -r - -l oaq »b '
7.'“^ Toutes' les fois qu’il survient, chez des individus at-
ET OBSEHVATÏQNS. 5l3:'.
teints de la goutte ou; de rhumatisme , des douleurs’ dans
les régions frontale et occipitale , dans les régions occu¬
pées par l’aorte . par le cœur , le; long de la colonne ■
vertébrale , dans la région de la rate , etc. , on doit recou¬
rir aux émissions sanguines générales et locales , qui seules '
peuvent combattre énergiquement les inflammations des
tissus fibreux situés dans ces régions ; ces phénomènes
étant les seuls indices’ d’une phlegmasie qui réclame ,
l’emploi de ces moyens;, dans toute' autre supposition .,
ces saignées n’ont qu’un léger inconvénient , celui d’une;:
perte de sang facile à réparer.
■ ■ . ' — ^
Expériences faites dans le but de fortifier l’opinion:-.
émise dans ce Mémoire , et quelques observations à l'ap-r
pui. : — Les expériences suivantes jeteront peut-être quel- ;;
que jour sur le mode de production de plusieurs m;ala-; ;
dies des articulations., et en particulier, sur la formatio.n ,
des ossifications morbides dans le tissu fibceux et fibrp-, ■
cartilagineux. Ces expériences ayant été faitesisurd’articu-; ,
latiqn tibio.-tarsienne des pigeons,, j'e.vftis eju, donner. une, ;
courte description , avant de les rapporter, ■ , ; , , r .: >
Cette articulation est forinée de deux os , le tibia et de
tarse , d’un fibro caf filage
deligamens, . , -j,,
L’extrémité articulaire du tibia ,' eno):;oûtéo. de, çàr|,i-:;
lages, présente en arrière une surface, -lisse jpt polie,,) pn ,,
forme de poulie, qui correspond: .^u, fibro-cçirtilage.aTtiÿ^c
culaire ,' elle offre ,, ep avant , deux-cojadylof sép(arér ..par,|,
une rainure , dans laquelle passent plip_içuc^ ten,dpns.,’;^u ,
fond'de cette rainure, on remarque, utqpçtit, conduit ps-i.!
seux au travers duquel .glisse jun , tendon.^'. Les surfaces dnrc.
terne et externe de ces çondyles donne^jt, insertion .aux-,,
ligamens articulaires latéraux,
L’extrémité supérieure de 1*
/;,U:vd< oltnq p!'
os, du., tap|i - présente : en.;
5l4 HÉMOifiÉS
haut, deux sutfaces j*ëvêtùes dé cartilages , en rappdrt
avec les deux surfâtes cdïreapohdâhtès du tibia. En avant
de la circonférence ;idô' l’extrémité supèneure de l’os du
tarse', existe une petîte éniihènce ésséu'sé qui correspond
à la fainure du tibia i ét do^jj^' expansions
fibreuses ; en' arriéré s’insèrent , lé fibro-càrtilage , et en
dedans" et en dehors' des 'muscles et des expansions
fibreusés.’ ‘ “
Le fibro-catlîlagé';' situé là face péltérieüre de celte
arliculatioh i présente deux surfàcès:' La’ face ant^riéüré
correspond à l’articulation , et e'âï'becnliirerté'^kf la mem¬
brane synoviale. La ' face postérieure est située sous la.
peaû-dônt ello’est 'séparée pàf dü tissu' lamitieux; à sa par¬
tie moyenne passé lé' tferidoi' des musclè's'^àstrbcnémichs
qui s'insère à rextréinîté’ sùpérîenrë' dé ToS du tarSe. La'
moitié' întërhë duifîbro^bàftîlagé' est' càrîilàgliieüSe sùpi*
rieurèmfeSdt', et osseuse inférléureïnehl;. Ellè'èst courbée
suivànf sa longiieur , ‘et s’implanté , én bay, sur le bord
postéHeür ét ■ intéfhé dé l’éxirémil'é supérieure de l’os dii ,
tarsé.' Là- moitié ‘èxterïie ‘est iibro-càrïîragittéuS.e , et offre
plusieurs rainures oü"'é'oülîsys'*pdd/'lés' tèadonS qui sé
rendant’ à la' plante dû jliedl’ '' ' ' '
Le libià el'l’os du t'àrsë'sonïmainténûs laiéràlëment en, ,
rapport par deux ligamens , un interne et l’autre éx terhè , '
qui s’insèrent àùx éohdyîeé dû tibià ,''àuk 'iûbérôsi|és de
l’os dü ta’rs'é ^i en 'arrière , par rës'irtsér ti tfùs' du ,iibro-car- '
tilagéV'ët'éii àvant ', ‘j^iàr dés iliy'rtîons fibrëûsès. Une mém- ,
bran-é Synoviàtè t'àpissè Pifttérîéiir dé l’aHiCùîàtion révêt' ‘
les sàrfecë's'cbrré^énddh^éi'Md'Ilihià ^ef'âë'ï'os dti tarse,
etIafàfcé‘éntérielirè‘aü'fiBi*§œ^^ . • ■.
PrëinW^è 'i&p êi^lhncél — ^Le* 2 1 'se^^ernÇfe* 1 â 2 2 v rm“
trodâlffs ‘è'î‘'ïlkaf à&ô"'A?èuilîe'^<îans rarticuîation' ^ibio?”
. 1 1 , . .-'iiivnwiii fïri fiiir.'Jt’f! «noms-
tarsienne de la patte droite d un pigeon., immédiatement ,
aprèé'i’j’feii'îïiïrciddtsîs'uüe a'utre^uanï'i’àrticuiation tiiiio-
E T O B SERRA T ID K S. 5 ItSi
tarsienne de l’autre, patte » et.lp l’y dixal égaIemeBl,. Le pi*:
geonfntjnQqrri avec de la vescei et.mourut seizcjotïps après;
Patte-, flroîtei c-tt L’articulation:;' sujet de réxpériericie
était triplée de. volume; -, sérosité jaiinâtre dans le :tissü la* :
minepx spps-aulané;;ipQint, de'pus,; l’aiguilléia fraverséles' ‘
deux condyjes inférieurs^du tibia. Cet os est gonflé au-dessus - ;
de l’introduction du corps étranger^ Lcpérioste esl-rouge:
et épaissi ; le gonflement et l’injection du tissu lanaineux'
sont; surtout retüarquables sur la face antérieure-de l’ar- '
ticulation. La portion de la .membrane' synoviale: qui re-*'
couvre l’extrémité, ; supérieure de, l’os du tarse adhèro : :
immédiatcinentaV,ec.,çolle qui recouvre les condyles du ti-io
bia , de sorte quecla i,sypè'viale::ireprésènt0' deux" lames*
membraneuses accolées et réunies , et non un petit Sao-
sans ouverture j comme cela a lieu dans l’état- nownal'.’ Le*
cartilage qui revêt/les condyjes du tibial s’eSt détaché de *
l’os avec ,1a synoviale ilaquellell ést resté adhérent. Le *
tibia- lOstTodge , et sonjextpéinil'élnférièupeesttûn*péü ra**-
mollietdésdeudoiïs: qnii glisseiïli autour 'îde; l’articùiation ', *
le fibro,;cartilage etlk pfvrtie postérieure de l’articulation ,
paraissent dans L’état; sain. oUneontatière jaune fet* raoUci ,**
dont raspéctotlàicénsistàiice'sçatsemblabîeS'rK^ld lUatièi'e '
jaune; des; artèresi enflammées: , : est ■ idépdséCf ■ sa r les ■ gain es*)
latérales,-xles;tendons, Æ)n:reihaWiHe:deiégërsdépôts salins '
dans les /gaîilesict lesdigatnêns 'fibreux- dé la’ "partie âbté- "
rieuréJde-J-’articulàtion(j ‘qui -s’insèrent 'dansl’ehïdné'éhiéiit'"
que séparent. les .'condyléspet qUé L’aiguillé ’ttdràvèrsé.'**''
Pattè. gauche. ■1-—'- . Cette ■jointüré'’ ést: ■moins’ '‘i'oîd’c^’'ét''
moins volumineuse que la prébédèntëi L’aîguîlIe'lÎHtébfliillô -'*
à la partie externe ét^supèriéüré dé ééndyleexÉérh'è^du tî'i *^
bia , a pénétré dans l’ùrtîculatioh ! j- et- son extrémité ést; Séry “
lie à la .partie interne ét infériéurè ’dU ééttdyîfe’ intèj^flè-’dÜ' ’
mêmfiiJÔèi .Teinte très-ijaunedde la .peau-èt* du tissu’ 'SéüS--*
Culattéi;qui:,obnlioBt 'très^péü dé sérosité. 'Adhérence ou
5i;6 • mémoires ■
plutôt réunion immédiate des portions tibiale et tarsiênnc'
déjà synoviale. J’ai pu clétaCher la synoviale avec le carti¬
lage d’incrustation des condyles des parties qu’ils recou¬
vrent ; en dessous: le tibia était rouge, mais lisse et
poli. A l’extrémité interne , près la pointe de l’aiguille j’ai
trouvé une petite quantité de matière jaune et opaque
dans une coulisse de tendon. -
Seconde expérience, — Le 2 1 septembre 1822, j’in¬
troduisis une aiguille dans l’articulation tibio-tarsienne
d’un autre pigeon. J’enfonçai , à plusieurs reprises, une
autre aiguille dans les parties molles ét osseuses de l’arti¬
culation correspondante de la patte gauche. Le pigeon
mourut le 10 octobre , dix-neuf jours après celte opé¬
ration.
Patté droite. — Tuméfaction considérable de la join¬
ture, gonflement et légère injection sanguine du tissu
lamineux sous-cutané qui est endurci. L’extrémité infé¬
rieure du tibia , dans sa portion qui est revêtue de carti¬
lages et qui correspond à l’articulation , est corrodée , et
offre une surface très-irrégulière , quoique l’aiguille ne
l’ait point du tout' attaquée. Elle. ai;;pénétré au-dessus
du fibro-cartilage des tendons postérieurs:à l’articulation ,.î
et est sortie à sa partie inférieure. L’extrémité inférieure ■
du tibia , et supérieure de Tos du tarse , sont plus rouges
que dan;5 l’élatnormâl. La synoviale n’bffré point d’adhé¬
rence ; un petit tendon situé au-dessous ' du fibro-cai'ti-
lage des fléchisseurs , contient des dépôts salins;; il est r
entouré de matières jaunes qui se trouvent .accumulées
dans les parties voisines deTaiguille. '•
PaWe g-auc/ie. Une aiguille avait été introduite ,; à plu¬
sieurs reprises dans l’articulation, mais n’y avait point,
été assujettie. Tuméfaction de là: jointure; tissu lamineux
sousrcutané injecté de saug , èt plus dense que dans l’état
nornjal. Qn -remarque un pétitjpoint ;nair analogue aù» ;
ET OBSERVATIONS.. ' 5l7
taches mélanées , dans le tissu lamineux endurci. Gonfle-
inent de l’extrémité inférieure du tibia ; elle : est érodée
et gonflée dans la partie correspondante à l’articulation.
Une matière Jaune et, molle est épanchée dans les gaînes
des tendons.
Troisième expérience. — Le 21 septembre 1822 , j’ip-
•troduisis une aiguille dans l’articulation tibio-tarsienne de
la patte droite d’un jeune pigeon, et j’enfonçai, et relirai ,
à plusieurs reprises , une autre aiguille dans l’articulation
tibio-tarsienne de la patte, gauche. Ce troisième pigeop
mourut le io octobre , ig jours après l’opération.
Patte droite. L’aiguille a passé horizontalement dans
l’articulation tibio-tarsienne, d’avant en arrière , sans
atteindre les os et les cartilages. Le tissu lamineux sous-
cutané est légèrement gonflé et infiltré de sérosité. Les
extrémités correspondantes du tibia et de l’os du tarse
sont saines. Point de réunion médiate ou immédiate de , la
synoviale. Le bord interne du fibro-cartilage est rouge. .
Patte gauche. Le volume de l’articulation, est peu, au-
dessus de ce qu’il est dans l’état normal. La portion de la
membrane synoviale qui recouvre les condyles du tibia ,
est immédiatement réunie*, dans quelques points , avec
celle qui recouvre l’extrémité supérieure de l’os du tarse.
L’extrémité inférieure du tibia est un peu rouge i le fibro-
cartilage postérieur de la jointure est épaissi . et ossifié
dans quelques points.
Quatrième expérience. — Le . 21 septembre 1822 ,
j’introduisis une aiguille dans l’articulation tibio-tarsienne
de la patte droite d’un pigeon. Le . même jour , une autre
aiguille fut introduite dans la région tarsienne de la patte
gauche du même animal , qui mourut le 27 novembre.
Patte droite. — L’aiguille a pénétré en avant de j’arti-
culation , entre les deux condyles du tibia , et sa pointe est
sortie en arrière j .entre ces deuxvinêmes condyles. L’ar-
;6i8 '%ÉiioiK]is '
1101113110» tiiio- tarsienne eSt rôMef ët pliée 'daüs le sbhS de
l’extension.- Les parties mdllès de l’dAic'üliition sOnt’’g6n-
• fiées ét forment une masse düré ,to‘ài-ki&làrdctcéé , oü ttiùt
paraît conlbridu. Le tissu laminetix’ est‘%aissî , injecté de
sang et de sérosité. Les tendons latéraux sont restés sains
dans leurs gaines. Le fibro-caf tilagë et la mëmbr'afie sy¬
noviale qui le revêt -ayant contracté des adhérences :a'Vec
la portion de la synoviale qui recotivre lés condyles du
tibia , une parlie'du fibro-^carlîlage est restée Unie h cet
03 . lorsqu’on a voulu pénétrér dans l’intérieur de l’articii-
htion pour l’cxattiiner. La pé'rtion qui est restée avec les
parties molles offre là disposition suivante :
j.“ Il existe un enfoncementCorrespondantauxportioris
du fibro-Cartilage restées a'dhërëhtes'à l’os.
2;“ Les fibres du ‘îîbro-Carlilage sont composées de pe¬
tits faisceaux isolés , ihégadx, enduits d’une matière jo'ttnè
solide , ayant absolument là mêmè couleur et là triémè
consistance qnè-Célle obsehvëè dans des àttères aatOûrdés
ossifications morbides.
3. ° Le fibro cartilage daiis deùx points 'où Sa ’surfûbe èst
restée intacte, est osstfiê; [a pointe du scalpérdi’sàinigijè
même des jjôints dttrs , aa tnilîeü de là màtiSré jaune.
4. ® Les fibres inuscùlàîies (l[ui èntoüreht le fibro-cartî-
lage sont dans l’état Saini'L’ëktréiàiité du tibia est goriflée ;
le périoste'ésfconsidéràblëtilenf épaissi, mais non ossifié:
La réunion des condyles du tibia et- de l’extrémité supé¬
rieure de l’os du tarse ayant éil liëü immédiateiheni et
sur les partiésdàtérales , là syüoviale offrait la même dis¬
position que cëllé que nous aVObs déjà signaléè.
EnaVàtat, cartîlàginifîeàtîori et ôssilicatioh partiéllé dèS
pouFîés fîBrénsëS'qtifsé'fréüvëtit eÉitre lès déui coridÿlës’ ;
poînt'depus.
pÆïtc’gttacAc'. L’àigtiiîlë‘à été- intrôdûîtè' à là‘ p'ài'tië
pOslériëuré-^dé- l’àrlîîctilàtïéïï*, et 'enfônëéê ’përi(>endicü^^
ET OBSERVATIONS. SlQ
remeût et paraljèleoient à la jdirection 40 l’os ;du tarse.
'4'uméfaction assez considérable j de l’arliculalion tibio-
tarsienne et de cette dernière région j usqu’aux phalanges.
Gonflement du tissu lamineux qui; enveloppe l’articula¬
tion, qui est lardac.é et parsemé de petits points rouges.
Augmentation du volume. des condyles. dû tibia ; épaissis¬
sement du périoste ;.:ossi/tcatto7i partielle et ramn/ftsse-
menï jaune du.fibro-cartilage postérieur de l’articulation.
Le cartilage et là synoviale qui recouvrent les condyles du
fémur en sont détachés. Cet os paraît lisse et poli.
Cinquième expérience. —-Le 21 septembre 1822 ,
j’introduisis une' aiguUle dans rar.ticulalion libio-tarsienne
de là patte gauched’an pigeon telle: pénétra dans l’extré¬
mité Inférieure . des condyles du tibia , • et,y resta fixée
pendant deux mois.,;.époque.àIaqueJle elle en' fut retirée.
Une, inflammation aiguë; se développa et passa ensuite à
J.jélat,chronique.iLe g.février' iSeS. j: examinai l’articüla-
tiqn.^et les ps qui la iComposent. Yoici de résultat de mes
..reç^ierches,; / " . ■
. L’articulation est à demi-fléchie , >et ne peut être éten¬
due pour être ranienée à sa; dipeclîon normale. Les mou-
yemens de flexion et d’extorisjon sont inexéeutables. La
jointure qst deux fpiàiplus vdlumîneuse^qiie celle du côté
opposé.. Le fibro-càrtllage adhère à la partie sur laquelle
il glisse. Dans l’état sain, cette adhérence est telle, qu’on
est obligé de, la rompre pour ,1’eù séparer.- Il ne reste
point de traces d|j la membrane synoviale, ni dé sa ca^
vilé; le; tibia et 1,’os du .tarse paraissent sondés. Leur dés¬
union ayant étéi ..opérée avec violence , leurs ■ surfaces
correspondanteAj, éü lieu d’êtré lisses let polies cornme
dans l’état normal ^ .parurent rudes et garnies d’aspérités.
Le tibia , depuis son extrémité ■tàrsiehne jusqu’au mi¬
lieu de sa longueur;,, offre ùn/ Vplüfne double. de celui qu’il
a dans l'état sain,. XontrM-faît vers, son extrémité et en
. :5^o mémoikes
, arriéré, uiie portion osseuse semble avoir été Sur-ajoutée
à cet os : elle est formée aux dépens d’une partie du
, fibro-cartilage qui s’est encroûtée de sels et réunie au tibia.
- La portion du fibro-cartilage qui est restée adhérente aux
. tendons postérieurs auxquels il correspond, est ossifiée
inférieurement et couverte d’aspérités ; elle n’offre pas le
volume qu’elle devrait avoir si rien ne s’en était séparé.
En avant, l’extrémité inférieure du tibia est tout-à-fait
déformée, et présente une large gouttière au-dessus de
laquelle on en rémarque une autre moins considérable.
Les bords de. la première sont couverts d’aspérités. En
résumé , l’extrémité inférieure du tibia est augmentée de
. volume , déformée , soudée à une portion du fibro-carti¬
lage ossifié , et on n’observe plus de traces de la syno¬
viale , ni des cartilages d’incrustation.
L’extrémité supérieure de l’os du tarse est une fois
. plus volumineuse que celle du côté opposé. La surface
, qui correspond au tibia ne paraît plus encroûtée de carti¬
lages; elle est couverte d’aspérités provenant de la des¬
truction des adhérences qui l’unissaient avec cet os. L’ex¬
trémité supérieure de l’os du tarse est singulièrement aug¬
mentée de volume , et est plus rouge que dans l’état sain.
Le fibro-cartilage articulaire ossifié , en grande partie ,
sur toute la surface qui correspond à la membrane syno¬
viale , est resté, comme nous l’avons dit , adhérent h l’ex¬
trémité inférieure du tibia, lorsque nous avons voulu exa¬
miner l’intérieur de l’articulation. 4
_ Il n’existait point de pus ni dans le tissu cellulaire qui
entoure l’articulation , ni dans l’articulation elle-même.
. Résumé, — Il résulte de ces expériences , que l’intro-
ducti.on et le séjour d’une aiguille dans les condyles du
tibia et l’articulation tibio- tarsienne , ont déterminé :
ii Le gonflement j l’iûjecti on , par fois l’endurcisse¬
ment ,Qù .lin état ilardacé du tissu laminèux qui entoure
B T OBSERVA T ro N s. SsC
l’attWlàtioh, oü bîeü encore rexsudâtion d’uné petite
quantité de sérosité jaunâtre dans ses aréoles. : . : j
2.“ L’augmentation de volume quelquefois Id déformà».
tion , l’érosion ou le ramollissement partiel de la: portion,
du tibia irritée. . : : ; i
5.°L’iajection et l’augmentation d’épaisseur dü périoste.'
4. ° L’inflammation adhésîve des surfaces contiguës, do
la synoviale produisant une véritable ankylosé. .
5. “ La production d’une matière molle . jaune, et solide)
par les corps fibreux et le fibro-cartilage enflammés qui
entourent l’articulation , matière qui par ses propriétés
physiques a la plus grande analogie avec celle qu’on trouvé;
par fois autour des ossifications morbides des artères. • •
6. ° De légers dépôts salins dans le fibrb-cartilàge pôs-'
tétieur de l’qrticulation , et dans lés ligamens Voisins des"
points irrités. . :
Observation d’une ossification du p&ricdrdé simulant
une assifiçàtion du cCeur. '-^ ( Les renseigneniensîsur lé
malade m’ont été remis par M. Pavé , mon oollègue au>
quatrièine Dispensaire : nous avons fait de concert l’àna-"
tomie du cœur. ). ■ , : rj
M. Pi **■* ■, officier réformé de la légion du Jura , - âgé
de cinquante ans ,-d’un tempérament lymplialique et sàn-'
guin, demeurant à Paris , rue Saînt-Jacqües ; fut inscrit
sur le registre du Dispensaire, en mars oettè'
époque, M. P.*** ne pouvait guèrés se.teUir que sùr son'
séant. ^ Lorsqu’il voulait se coucher HorizOtitâlérdent, la'
respiration devenait embarrassée et pénible 5 quelques'
palpitations se disaient Sentir dans la région flü coeur.;
Les battemens de cet organe étaient isochrones è ceus du*
pouls., qui était ordinairement très-faible; lés lèvres' du
malade oflraient une légère' teinte violacée ; lé lhio fôr“
filait une saillie très'-prononcée àu^dessoiip du côiVtèuil
1. ^ 34
Sas ui U oins s
cârtilagineui des eStes asternales; les Cuisses et les jambes
étaient enflées ; les fonctions dige'stiyes étaient peu déran¬
gées. M. P.*** jouissait du plein exercice de ses facultés
intèllectuélles. 11 avait quitté en i8i5, un emploi dans
les octrois pour, se rendre à Gand. Des soldats l’arrêtèrent
en route,, le dépouillèrent et le maltraitèrent violemment.
Après cette scène , qui lui causa une extrême frayeur , il
fut accueilli et soigné par des paysans qui vinrent à son
secours. Peu de temps après, M. P.*** fut atteint d’une
maladie qu’on lui dit être une fausse fluxion de poitrine.
Cette affection parut céder à de simples boissons mucila-
gineuses, et le malade se rétablit. Lors du retour de
S. M. , M.- P.*** fut placé dans la légion du Jura, en
qualité de sous-lieutenant. Réformé en 1818, il se trouva
plongé dans un état voisin de la misère. Dès ses premières
visites , M. Pavé crut reconnaître , à la difficulté delà res¬
piration et par l’exploration plusieurs fois répétée du tho¬
rax .et de la. région pfécordiàle , l’existence d’une affection
du cœur. Les saignées générales et locales , les diuréti¬
ques , les potions antispasmodiques avec la teinture éthé-
rée de digitale pourprée ,• furent successivement employés
comme moyens palliatifs d’un mal justement regardé comme
incurable. Au bout de quelques mois , une hydropisie ascite
se manifesta.. L’opération de la paracentèse donna issue à
vingt piptes d’uü liquide séro-albumineux. Le malade fut
soulagé : mais six semaines après/ il fallut recourir de
nouveau à cette opération., et dix ponctions forent ainsi
successivement pratiquées è trente ou quarante jours d’in¬
tervalle entre chacune d’elles. Enfin l’infiltration devint
générale , la dyspnée fit des progrès, et après une longue
agonie,. le malade succomba le 18 novembre 1822.
M. Pavé fit l’examen du cadavré ; trente-quatre Ueures
après la mort. La’putréfaction avait déjà fait do rapides
progrès. Une petite quantité de liquidé séreux était épan-
ET observations.
chéé dans là oàvîté des plèvres , què dè nombreuses, adhé¬
rences unissaient iaùx podmdns,! qui étalent crépitans,
mais ramollis et Injectés. Leicoeur et son enveloppe mem¬
braneuse adhéraient de toutes parts, àüx plèvres;, La
pointe de cét 'organe , qui correspond au diaphragme ,
était seule libre. et homadhérënte. Lorsqu’on voulut por¬
ter nnstruméht sur le péricarde , il fut arrêté par une; ré¬
sistance semblable à celle: .que présente le tissu .ossemc*
Cette particularité engagea IVL- Pavé ' à enlever , le c,oeur
pour l’examiner. ultérieurement avec plus de soin.
Le péritoinfe ; contenait une très-grande quaiiiité[;d!un
liquide sérb-albümineux en putréfaetion. Le foiè; était trés-
mou , très-injecté , et facile à déchirer. La plupart ;des
viscères abdominaux étaient aplrÇa rouges, et plus injectés
de sang que dans l’état normal. ,
Examen du cœur de Af. /?>*** L® cesur av^i,! s^
forme ordinaire , e.l de plus grandes dimensions ■ que dans
l’état normal ; ; il pesait une (' livre., • La surface extérieure
de cet organe, n’était pointiseulement revêtue de la poplion
séreuse du 'péricarde , elle était- reçouverte.'i' en outre ,
par un tissu dense, blanchâtre > opaque formaflt.une
couche d’épaisseur fort inégale , au-dessous de laquelle
oii distinguait une autre couche,' ossifprme., qui .présentait
des saillies ; des sillons, des crêtes disposées .de telle
manière , que pour mettre l’ossilicâtion à nu. , il suffisaili
dans quelques points' ,' d’enlever une pellicule mince
comme Une ; mecabrane muqueuse ,’ et qu’il , fallait, dans
quelques au très . détacher ,4es ,çon.çhes de dpiix lignes dp
profondeur. ; C’était sur-tout; vers! le bprd' gauche dp cœur
que les couches do ce tisSü opaque (queitous prouverons
être formé par la portion fibreuse du péricarde),, étaient
d’une épaisseur considérable. ,;iii;|} '(liw;;:) . ,1, .:. .
Oreilletta dro'«<e.-r7-i Elle adhérait , de toutes pajCjtjS , avec
la porlioii > fibro-séreuso; ; coïP.pspondanle , ; dq , péricarde;
04..
Ss4 MéM'ÔIRES
Cettè union était plus intime vers les points oü l’oreillette
se confond avec le ventricule droit. Supérieurement l’o-
rèillétté était unie au péricarde par des fausses membranes
éelluléuses et injectées de sang. L’ossification morbide
que nous décrirons plus loin > ne faisait point corps avec
là portion pharnue de l’oreillette , ainsi que cela avait lieu
sur tes ventricules. Cette ossification formait une espèce
de cuirasse en avant de roreillette ; de sorte que la face
postérieure de l’ossification tapissée par la séreuse du pé¬
ricarde , était unie avec la portion séreuse qui recouvré
l’oreillette par des fausses membranes celluleuses et mu¬
nies de vaisseaux sanguins. L’intérieur de l’oreillette n’of¬
frait rien de remarquable.
Ventricule droit. — La portion fibreuse du péricarde ,
la portion de la membrane séreuse avec laquelle elle est
accolée , celle qui recouvre le cœur lui-même, étaient
fêûtliés et ne formaient qu’un tout qui offrait une altéra -
tiôn remarquable. On voyait à l’extérieur et superficielle-
itiéni; une coliché fibro-cartilagineuse ; au-dessoüs une
couché oâsiforme qui paraissait séparée du tissu muscu¬
laire du cœur par une membrane extrêmement mince.
La plus grande épaisseur de la couche osseuse était de
quatre lignes .■ et la moindre seulement d’une ligne. Cette
ossification morbide était indépendante des fibres musou-
laires, et formée aux dépens des trois lames réunies du péri'-
carde (deux lames séreuses et une fibreuse) ; mais elle avait
principalement son siège entre la portion fibreuse et la
portion séreuse de cette membrane. Cette disposition^tait
sur-tout très-évidente à là pointe du cœur, qui était unie
avec la face interne de l’ossification morbide , par de
finisses membranes lamineuses et pénétrées de vaisseaux
sanguins , développés dans cette portion de la cavité diu
péricarde. La portion charnue du ventricule , y compris
a membrane interne , avait une* ligne d’épaisseur, Là
ET OBSERVATICNS. SsS.
couleur du lissu musculaire ne dilTérait en rien dp ce
qu’elle est dans l’état normal.
OreUleite gauche, — Au premier coup -d’oèil elle ne pa¬
raissait former qu’une seule masse avec la portion du pé¬
ricarde qui l’enveloppe. Nous parvînmes cependant ^ la
détacher de celle membrane à laquelle elle élait unie par
de fausses inembranes laipineusesL et .injectées de sang.
Les dimensions et l’épaisseur de celte oreillette étaient
naturelles.
Ventricule gauche. — Il ne présentait point d’ossifica¬
tion morbide en arrière; le tissu du cœur était sain. On
observait en avant , et sur le bord libre du ventricule , la
continuation de la plaque osseuse dont nous avons déjà
parlé , formée aux dépens du péricarde , et réunie aux ^
fibres charnues du cœur. L’examen de la cavité du veu -
tricule prouva que les colonnes charnues et la cloison des
ventricules étaient saines, L’épaisseur de ces parois était
de tl-ois lignes vers la base du ççeur , .de deux lignes vers
la pointe. La valvule auriculo-ventripulaire gauche et lex
valvules aortiques, étaient dans l’état saini .
Origine de l’aorte. Extérieurement l’aorte étajt^dbé-
rente à la portion du péricarde qui ,1a recouvre. Elle n’of-
fraitaucune dilatation morbide ; ses meinbranes celluleuse ;
fibreuse, et, interne étaient intactes ; toutefois, il estait;
eùtre la membrane interne et la membrane fibreuse <puel-,
ques petites plaques blanchâtres d’une consistance .qu-,
dessous de celle des cartilages. , lü-f
Artère çpronciires. Ces artères n’offraient neni ’qui
différât de l’état normal.,
Péricarde. Le péricarde ne formait qu’une, seulp masse
avec ; le cœur ; ses portions fitre. et cardiaque étaient
réunies immédiatement dans quelques points, , et par.ijes
liens celluleux dans quelques autres. L’o8si|ication mgr-:
ibide était principaleineut développée entre, la menibranq
5s& " 'mémoires '
fiiirétise' et la séreuse du ■péricarde, ta pointe du cœur
était le seul point où ces _ adhérences n’eussent pas lieu ;
elles poüvâièrit être détruites sur les oréilléttes et sur l’o¬
rigine de l’aorté , 'sans altérer le tissu de cés organes ; elles
étaient intimes dans le^ antres points.
Tissu osseux accidenté L La plaque osseuse qui formait
autour du cœut Une espèce de ceintùrei interrompue
sèùlemerii*cn arrière, pesait une once- vingt-sept grains.
On aura une idée de la disposition de cette ossification
nVdéhidë i*si 6'ri! suppose qu’une' large lame osseuse, par-
tâli?t dé la 'p'arfié 'artlérièurê du péricarde ,- Se prolonge- de
éhaqdë’'é’MéH' leulefoîs'sahs' se* réunir ;■ formant ainsi une
céiii Int^é'^éompîétéé ’eh ■ arrière par* ilhé* * pbrtion * -dti péri-
cardé',‘ • G é‘ t i ésu ■ ossé'ox’atic idénlél* offra rt* ‘lïnè' cbélèu r |an-
nalré y'hh’é' surfacé iné'^lb-éhtahofeûsèi; et'Men qu’il eut
la ^èôtifdrnïati^où'dès oS'-plalSy il én ' difféiraft esseiïlielle-
meht sG'ù'alé' ràpport‘dé'-Sh‘lslrüctüre'. i -u:;;!;!-. /
' cféimiijuei MM? I?,' PétTéz*et ‘Rèhié'èt iont bien
votdu* faire r£nialÿsè''d'é' Cettfe ossilieatidïïïIVéi'Oï le résultat
de leurs recherches. ■ *-' • ‘ ^ :;0!ip:i i,;
« En èxüminant- dVec 'soin l’ôssificalfôn'doét it S’agit , on
rehidr'^Ue -qü^éllé ‘''s‘e‘ 'cdmpôsë d’uhé substance osseuse
foi'iiiéè'cic^côuclVëS‘''d’urtè épaisseur ^în^gàlév recouvertes
d'é' ’ cèficî'éliô'ns' 'màtaièlônnées- plus* dû üioinS ■ yelumineu-
sks‘ÿ' dés cdhètélièns ne' * présen tent atlbUnes ‘traées de
chfichëé'hd 'dë flbrës ,* elles sériiblerlt du c'ôhlraire fermées
par des amas de subslance- lërréüyë’itià'te'di'friâble j assez
sëinbliiblefe' âü* tuf deS c'ohcrétioi'is érititil'îcjüés. ■ jt.-ahalyse
nous a fait connaître la nature, dë'dëltè Siibstancé; ainsi
qü’dtt 'éa lè voir par rëxposé qui suitii ^ ' *
'■C'nè céiilaine quantité Ü’dSsification prise, dans son en-
sëfhblë! al'élé' Shümisé'à üi'ù'é Idnguc/'ébüllition dans l’eau
dlsïi[Iéé;'‘iEé(febl ‘èst devehue louche et' n’a -conservé sa
trarisjiarèù'cë' q’ü'âprès" avoir étd Changée trôls fois, tes
ET onSBRTATIOHS.
liqueurs réunies ont été filtrées froides; noua avons re¬
connu sans peine que la substance qui les avait trou¬
blées était un peu de matière grasse. Les liqueurs claires
évaporées convenablement se sont prises en gelée.
La partie osseuse , épuisée par l’eau , a été de nouveau
soumise à l’ébullition , dans une eau légèrement acidulée
par l’acide acétique faible. Cette opération ayant été ré*
pétée deux fois , on a évaporé les liqueurs, Par le refroi¬
dissement, elles se sont prises en gelée. ■
L’os ainsi traité a été soumis à l’action de la potasse
caustique dissoute dans l’eau; on a aidé cette action par
celle de la chaleur. La liqueur alcaline filtrée a été saturée
par l’acide acétiqlîe , il s’est formé un précipité assez abon¬
dant qu’on a recueilli ; examiné avec le plus grand soin,
oh a cru y reconnaître une matière animale dé nature
albumineuse dont la présence est rendue assez vraisem¬
blable par d’autres faits analogues.
Après avoir examiné la partie organique de l’ossifica¬
tion, nous avons porté notre attention sur la substance
fixe qui paraissait en former la base.
En conséquence , cent parties d’ossification ont été
calcinées dans un vase de platine et complètement inci¬
nérées , elles ont perdu 24, 2â,,Ci parties,* qu’on peut
considérer comme la partie organique dé l’os.i Lé résidu
composé de substances fixé a été examiné de la manière
suivante :
Traité par l’èau bouillante , il a perdu 4 parties com¬
posées principalement de sulfate de soude.
La portion insolüblë a été mjse en contact avec l’acide
acétique; celüi-ci n’a dissous qu’une petite quantité de
carbonate calcaire que néus avons réunie avec celle que
nous' avions obtenue par une aülre opération.
La matière terreuse qui nous restait à été traitée par
iVcidé riilrique. *10111 l’éft diisôui avec une légère ellèr>
^»8, îli MOIRES.
YepcoaGe. Lfi, liqueur devait contenir les phosphates dissous
par l’eJl^ç^s d’acide, et, le nitrate provenant des carbonates
qu’âviaient -annoncé l’effervescence, Nous ÿ avons versé
de ramçaoûiaque parfaitement caustique qui a précipité les
phosphates ; la liqueur mêlée à du carbonate de soude
Uûüs a, rendu les carbonates qui pesaient 6, 5o. L’examen
lOiplus attentif ne nous y a fait reconnaître que du car¬
bonate de chaux, ..
On a vu ci-dessus que nous avions séparé les phos¬
phates terreux f nous avions à nous assurer s’ils conte¬
naient .outre le phosphate de chaux , du phosphate de
nJagnésie , .qui se rencontre ordinairement dans les os
de l 'hommè. . Pour cela , nous avons sui<ri avec exactitude
le; procédé indiqué par MM. Fourcroy et .YauqueHn ,
raais.JQOus n’avons pu découvrir la plus légère trace de
magnésie,;; ; , . ; :
En résumant notre analyse , nous trouvons, que ce n,t
partiès d^hs^ifioation sontconoposées : ,
coil3°:0,e,; matière, animd^ gélatine, albumine , , ’
et membranes , . .. .. •. ,■ •. ^ ^ , ?4, ;/P
à;'B..îni)Os,snls:Solubles . (muriate et snliaté.,de ^ ^
sôftde3(jf)fu'>î';lc. ■ • ■ • r.i • {!;,' :
fP,é;Garbônat,ç de gh^ux , . :.i , |>.,jjâo
jjt:4.;j iPgphoHphatfi de chaux,; , . ,■ ; ,,4p
naéinam el obèfîifiHG;- ; ' \oo n
-xxfis .éOipp,“ffnh,p-nlte anaj^pe-avec cellp . que, npu^ a
donnée M. îiérzelius , des os de Thomme .nous remar-
qnp.p9{:,,i^qne |l|,,proportiOjn,,, de matière animaï^ conte^
pue .dans ),’.o,ssificatjon est beaucoup moins for te que celle
pqnl.pnu.e dans les, os ordinaires, puisqu’elle, s’élève dans
ceux-ci h 53 pour cent et seulement à a^^eo dans l’ossi-
Çcntipnt, 2,° que la proportion de çàrjbonate.de chaux est
presque, de ! nioitié naoindre , : puisque IVL Berzelius en a
ET O B S E R VA' T4 O N S.
trouvé iijSo pour, cent. ; 3.“ que la-maguésie mapquq
tout-à fait; 4‘° enfla, que la proportion du phosphate de
chaux e^st de r 4 pour cent plusforte dans Vossjfloation que
dans l’os du fémur analysé par M. Berzellus. Ge dernier
fait nous permet d’entrevoir la cause des propriétés phyr
siques de l’ossification, elles sont dues, à, f accumulation
du.pflosphate calcaire , particulièrement dans les concré¬
tions mamelonnées qui k reçouyrent
, .Ce résultat coïncide, ayeç celui quk, ob^nu M. WpUas-
ton de son analyse, des artères j ,des yalyjuks du .pceur,
des bronches et. des veines .ossifiées. ,,j. j'-;
Walter a trouvé aussi que les, .yaisseaux^artériels anéj;
vrysmatiques étaient sfirchargés de phosphate- de.-,ch,aux,
; Si d’;un autre côté nous axaroinons k matière;. aniniale
ünic!, au phosphate calcaire .dans;;,. l’qssificajtion ; nou^
sommes tentés d’y reconnaître, outre la gélatine
forte, proportiqn de Daaljière,,albumineiise,sen>hkhleAcelle
que, Paul Mascagni .a reconnue, dans . les concrétions. d^
diaphragpqe et des y,ésiçu|es . bronchiques en èlfet , k
texture de cette, substaqpB,,, ,,soniinS9lu.hiflté et k-™,®'
nièrp de se .qomporten-iqybfi jef.. alcalis, da çypppraçhent
beaucoup de l’albumine , et nous portent à k confonfiy^
^^^Rielk-! ü.'î , ««jhithowï ’anoiiisofîêib «oo rt (îiiî)^
seule induction qui a trait à l’objet principalf(ljB, niqn ,ro.éf
moirp., ,k’ossiflcafl,qnmrorbidp,dq,p4}'kB‘‘!p!!P?-jR“Pl*^i^®”
voicffétre atkibuée
niation, de. cette membranev, ;En efife^;. k?.
adhérences , les fausses, jqt^brqqes, orn^ms^éf
dans k, cavité du. pér^arde danSj ks^fpqibfs .pprypfjto'hî
danSj.Jt lkssifiçatipn,,ç,ebmknp,, kR^'^^^^
comme sur l’origine ded’gqr,t^,, é^ai|^hiRFJ^ft|Ri®!^
le produit d’une péricardite antécédente, et il est tout
simple d’attribuer l’ôssiïïcâtiôn accidentelle concomi
550 bémoihes
tanle de ces désordres , au même étal morbide. L’époque
à laquelle celte pèricarditë a eii lieu est difficile à déter¬
miner ; il n’est pas impossible' toütèfoîs que la fausse
fluxion de poitrine dbiit le malàdé a- dit avoir été at¬
teint , ri’ait été qu’une inflammation dû péricarde , dont
le caractère aurait été mëcbùhü. >
PoHiorê de' fémur , comprenant son tiers supérieur^
provenant du moignon' d’üri individu ampixté d» 1 8 1 6 ,
examinée à là fin de f année i Séa. — Lai portibn du fé¬
mur qui correspondait à réxtréniité dii 'moignon ^ présen¬
tait plusieurs aspérités , dont unè trës-rernarquablé', longue
d’ün policé environ , représentant une sorte d’appendice
stÿloïde née du bord interne de la ligne âpre du féinur,
dirigée dé bas ëh haut et de dehors en dedans , süivant la
direction des ‘ insertions’ fibreuses des muscles adduc-
'téiOrSi’' ' ' ■
' Le canal médullaire était sain dans toute sa longueur,
mais il présentait une particularité remarquable : un petit
septum osséux , très-minice , ôrbiculaire , se continuant
avec la circonférence du canal médullaire , en fermait in-
férieuretnent l’ouverture ; provenant de la section de
J’osi' ■ ' : ^ . oa, a: ..
Outre ces dispositions morbides , l’os était ramolli et
la moelle semblait contenir plus dé süc fauileux q[ue dans
l’état nbfmaL‘a;‘'‘ ' '’i''
Il est permis, éëtné'seinblé ; dé pëhser que l’ossifica-
lion morbide düî ferniait l’extréinîté du canal médullaire
dë'rdà'éïii'putê, a' éië lé ' résultat^ de riiiflàmmàtion' qui
's’y' ëst'^‘déTéld|»iiéé;i;'‘ iè'‘ërdîs‘‘ffiêmÿ^^ lès dspérîjÈés ét
l’a jfpé'hdîfcfe èlÿ l'oidé acéldéhtelë ’,'qùi sé soiit fbéMës isbé'lë
fém‘iir'^‘'^rè!s’"dè sa' 86'iéïi6n‘y‘ïïé‘’jjëuvëili;“;èfie ëgafecdè'nt
attrïbïïés à ùfi'édi'ré‘aétiéh iiiorbikè;' i onu:!!).
iiibi ivj H le , uiH.'diàbéirie eJib'raoi'çjq üü:; ■■ a avojq
ET OBSERVATIONS. 55 1.
Observations de rupture de [' œsophage , de porfordiiôns
de L’estomac, survendes dans un cas d'affection aiguë
de cet organe , et ' d’une simple ' déchirure "‘survenue
dans un cas d’affection cancéreuse du même organe
pendaM'des effoi'ts de défécation ; par M. BbüiLLAUD ,
élève interne^ à l’hôpital Cochin.
Première observation. — Paréchaut ( Piebrè Ldtiîs)
âgé' de 20 ans , foTlement constitué , quoique pâle et ner¬
veux, sujet à dès tremblémens musculaires,' âffèclé clè-
puisl’âge de huit ans d’uri écoülemeht purulent de l’oreillé
droite, entra à l’hôpitgl Cochin le 8 mars 1822. Depuis
six semaines environ, il souffrait 'â rëstOmàc , sdètout
après les repas et pendant 'la nuit : mais’ il' h’était' alité
que depuis quatTC joursi A Son enfèëé if présenta’ lés s^
ptôm'es suiv'àiis'':' tangue ùn péu' r6u^ë''/-'àssez diumicle',
anorexie , soif î^fégion dé Tesïôtnàc éliâiide éf dôùloü^
reuse , conslipatioA' i poills vif ét'fréijliétit',' 'frissons paSsa-^
gers; ééphâlàlgtè sus^’orbiiâiré , Ibtise'i'ùéh); dèS'méthbrés’,
réyès Conliduels pendant là nult''('èâli üë^^oinilié ï'édülci. ,
5e sangs, à l’épig. , làvena. j’diète')J iié'liutîàde néSoùfTrhnt
plus après çetfe àpplîcàtidn eil lüi 'Üêhha' üû pbtigc le
soir. Pour là preiùiérè fois ; dépüis;4é4ôùâljiëtiéélnêh>l;^dè
sa naàlàdie', il épreuvà un VdtüiSSeiiîiéüïy ' ’lié' 'IbfldéoiàïU ',
9 mars, le pouls éStroide , fréqüéntet ià^W:è"('üée’ saignée
du 'iras ■) . Les f b’,' 11 et 12 , lésiVomisséiiiéfis' édiitîoiVé'nf :
le 'pools est toujours plein’, fdrl;'; péù''fikbüédt. 'Le iS i'ak
matin , trembleirient .• lè màlàdé'i; -àÿHhf ' Volil'n ' Sé^lëyééV
chancelle et ne' peut se' sèüièiiir ’pil pferd la pàrol'é et* pVH-
néû'cé'eh balbutiant' quelques mots'iriint'éiligîblëà' r 'éèfn^
misSuté gauche tirée eh haut dt'éri'* ^ehèra-)' ■ îfh'pùksibi’Iiié
dé serrer' les "èbjèls' àvec la Ih'aih di’oitéi’'l‘dcé to'u jours
, MÉMOIRES .
pâle, pupille dilatée, mobile; regard égaré (saign. du
bras , lavem, purgat. ) Le i4. épistaxis : le malade com*
prend nos questions, mais ne peut répondre : il s’impa¬
tiente, s’agite , se roule et s’enfonce sous ses couvertu¬
res (saignée du pied , vésicat. derrière l’oreille , dont l’é¬
coulement est suspendu). Le i5, alternatives d’agitation
et d’assoupissement ; soupirs et gémissemens fréqueUs ;
battemens du cœur très-forts ; chaleur de la peau. Le 17,
le malade s’obstine à rester couché sur le côté droit, il
me serre fortement la main avec. celle qui était paralysée
(la droite) , du reste, aucune réponse ; soupirs profonds,
efforts considérables pour rendre les matières fécales
dans le lit. Le 18 , perte absolue, de connaissance , face
grippée , pupille large , immobile; pouls, très-fréquent
(i5o puis.); râle muqueux très-bruyan);; la bouche n’est
plus déviée .... mort à 9 heures* ,
Autopsie cadavérique, 24 heures après la mort. —
Habitude extérieure,:, rigidité cadavérique très-forte.
2,° Tête. Injection des méningés, ventricules latéraux dis¬
tendus par une grande quantité de sérosité trouble, lactes¬
cente; tissu cérébral. un peu mou. "b," Poitrine. Des gaz
s’échappent à l’ouverture du côté gauche de cette cavité,
le poumon correspondant est refoulé en dedans , la cavité
de la plèvre contient environ deux verres d’un liquide
rouge ,,bruoâtre,; la plèvre très-inje,C;lée , offre plusieurs
plaques d’un rouge viL; l’œsophttgv , un peu au-dessus du ,
cardia , et à gauche , présente uae perforation de la gran-
.deurde l’ongle, et , un peu plus haut. ,, an f déchirure d’an
pouce et demi de longueur par laquelle ^’est répandu dans
le. côté, gauche le liquide indiqué; toutr,brrhieure > et qui
n’cst autre chose qu’une, partie de celui, çqntenu .dans
l’estomac , mêlé; dp i sang > rien , de pai|tipulie|t; dansde côté
.droit du thorax.,.4[f jd6dn»n6n, JËn ouvrant ses parois, il
s’est dégagé des gaz et;,une.certame quantité de rnatièrc
ET OBSERVATIONS., 553
liquide épanchée dans la cavité péritonéale. L’estoniaC
présente , dans sa région splénique , quatre perforations
disposées de manière à former les quatre angles d’un pa¬
rallélogramme ; la plus grande a la largeur d’un centime ;
et les autres sont de plus en plus petits ; la membrane mu¬
queuse , détruite par ulcération , l’est dans une bien plus
grande étendue que la membrane séreuse, qui n’est proba¬
blement qiiè rompue , de là là coupe en biseau des bords
des perforations. D’ailleurs, la membranemuqueuse gastri¬
que est généralement rouge et injectée ; la portion du pé^
ritoine en contact avec le liquide épanché est très-injeetée ;
la membranè muqueuse de l’intestin grêle, du cæcum et
du colon, est aussi vivement injectée, et d’ailleurs saine;
Le conduit auditif externe et l’oreille interne sont recoud
verts d’une matière purulente peu abondante. '
Les observations 'de rupture de l’œsophage sont, comi
me on sait , très-rares. Celle recueillie par rilIusfre Dôer-
haave et celle que M. Guersent a fait insérer dans lé
Bulletin de la Faculté dé Paris ( 1807) , sont, je crois i
les seules connues. Je ne chercherai point à expliquer là
nature des perforations de Testomaç que nous avons trotii
vées chez ce sujet. Je ferai seulement -reniarquér qu’il est
probable que c’est àux efforts de vomissement et de défé'-
cation qu’il faut attribuer la rupture de la méinhrane sé^•
reuse qui devait former lè fond des ulcérations de là meoîi-
brane muqueuse, il n’est pas douteux que la vaste déchi¬
rure de l’oSsophage dépend aussi des efforts de vomissë-
ment ; mais cette rupture est-ejle l’effet de la contraction
de l’organe lui-même, ou celui de la contraction des muscles
des parois abdominales? M. Lalleibahd cite, danssa thèse,
un exemple de déchirure de l’estomac à la suite d’üne indi^
gestion , et il donne ce fait comme preiive de la conlrac-
Hon énergique de l’estomac pendant lefe vomissemens. Oh
Veéra dans l’observation suivante un exemple de rupture
554 MÈMOÎB.ESET O BS, E R, V A T I O K S,
dp l’pstpttiaç en quelque sorte mécanique , et arrivée pen¬
dant' des efforts de défécation. ;
I)e.uxièmoobservalion.—:^olt&. ( Antoine) , âgé de 6i
ans , entra;,à rhôpitqljÇpchin, , le aa féyrier 1822. Il pré¬
sentait les symptôipes; d’une, affection .cancéreuse de l’es-
tpfnaç et,;d’une;phl,hisîe;pulm9n,aire ; la pecloriloquie exis-
taitr au soinmet)de cfiaqpe côté du thorax. Toutefois , rien
n’annonpail une mort imnainente .lorsque , sept jours après
rentrée du malftde „ je fus appelé auprès de lui à une heure
du malin., 41 s’était; levé pour, aller , à la garde-robe, et
après dqs efforts Infructueux , 41 perdit tout-àTcoup con¬
naissance. ;Je le; trouvai dans l’état suivant : figure pâle
et inanimée;,, ppif. terne.et obsc.urci, ;pouls in.sensible
peau, froide;, celle du ; visage est couverte d’une sueur .gla¬
ciale , respiration rare , légère , et, cppitn.fi. Cfo.i.fi^® fancune
réponse - . mort, quelque temps,ap;tès,
, jiutopfie cadavérique. — hci deux , poumons étaient
tuberculeux et; creusés à leur sonimet. d’une .ample ca¬
verne remplie, ;de rnatières tuberculeuses , et tapissée de
deux membranes , dont la plus profonde , rouge, adhé¬
rait entièrement au tissu pulmonaire , ctG. A l’ouverture
de Tabdomep , il;s’'écpqla une grande quantité de matière
sale, liquidie,, et. comme boueuse t le péritoine présente
une rpugeur, tr^6-vive , et, ponctuée dans l’endroit où ,il est
en çpntact aveÇjla môfibre épanchée celle-ci a une gran-
de;;aqalogie, avec le Uquide .ppntenu dans l’estomac. Cet
organe, présente;, dans sa régien pylorique , auprès de la
petite courbure;, ].rme perforation de la grandeur d’une
pièce , de dix sous , dont les bords , réguliers , épais , sont
taillés en b iaea U a ux . dépe n s de la ; memb r a nemuqueuse.
Cette perforalipmae trpuye comprise ,,dans l’une-; des extré-
mités , d’une jlarge.ulcéçgtion, de forme parabolique ,.cir-
nnnscrite par, un, bord, saillant en manière, de bèurrelet : le
fond de cette, ulcération est formé par le pancréas dont la
EXTBAITS Et ANALYSES. 555
face -antérieure adhère au pourtour saillant qui vient
d’être indiqué. La perforation existe précisément à l’en¬
droit oîi le pancréas se termine et cesse de fournir une
nouvelle paroi à la portion désorganisée de l’estomac.
L’anneau pylorique sé continue avec le rebord qui cir¬
conscrit Tulcération : celui-ci est d’un tissu blatte , per¬
lé, compacte et criant sous le scalpel. Dans le reste de son
étendue, l’estomac présente plusieurs plaques rouges et
comme piquetées de sdog , qui ne s’effacent point par des
lavages réitérés; le pylore est considérablement rétréci ;
rien de particulier dans les intestins , ni dans le cerveau.
Il me semble évident; que là perforation de restomac
dans ce cas s’est opérée , ou plutôt s'est achevée,, au mo¬
ment où le malade, s’etant levé pour aller à la selle , fit'
des efforts très-considérables et infructueux pour rendre
les matières fécales. ‘ ' ! . i
EXTRAITS ET A N AL Y S E S.
. Eteposition, de td Doctrine de J/. BEttussAis.
(Secbnd articlé. )' ■ ^
' . ini
Avant la réforme que M. Broussais vient d’opérer en
médecine , on n’avait fait aucune attention aux types divers
que l’irritation peut aRecter j et.on n’avait même pas mis
en question s’il était possible qu’elle en présentât lin autre
que le continu. Aussi dans le grand nombre dos proposi¬
tions nouvelles que présenta l’autéur deinl’j^aîameîi, au¬
cune ne causa autant d’étonnement' et me suscita plus
d’objections que celle dans laquelle il proclama que l’irri¬
tation' pouvait être intermittente dans tous les appareils
et dans tous les systèmes organiques. Cette assertion fut
S3Æ (EXTRAITS .
lïijetée 95ec,fipifliâti!ptéjj et comme si elle avait été yicto-i
rie«séiïi6nt .r4füitée j l’iateraûttettce; des affections mor¬
bides deyin.t;pl»s.,tard le, dçi'nioy, retranchement des par¬
tisans de J’e^seetiaUté :d®s fiàvfes. Ils ne s’étaient sans
doute: pas aperçus, que cette opinion de M. Broussais était
une de celles dont il était le pins, facile de démontrer la
vérité. ■
: On conçoit dihicilement que l’objection principale qu’on
loi ait opposée , ait consisté à répéter j usqu’à satiété que
l|on ne pouvait pas concevoir l’intermittence d’une inflam¬
mation. Concevons-nous; davantage la plupart des autres
phénomènes, de l’organisme, jCt peut-on raisonnablement
argner de l’impossibilité d’expliquer un phénomène contre
son existence ? Une objection de cette nature est indigne
d’.ûne réfutation et dn reste il ;ne slagit pas de constater
l’existence des irritations intermittentes telle est surabon¬
damment démontrée. M. Mongellaz (i) a recueilli dans
lés- auteurs uü nombre considérable d’observations qur
prouvent que toutes les fornies de l’irritation qui ont été
observées sous le type continu , l’ont été aussi sous les
types intermittens et rémiltens ; seulement elles étaient
défigurées par les poms qu'on leur a vait imposés , el par
les idées que l’on s’étmt. faites de leur nature; mais pour
reconnaître leur caractère Une restait plus qu’à comparer
Ipurs phénomènes ét les altérations qu’elles produis’ent
dans'les parties qu’elles affectent , avec ceux des irrita-
Uons continues.: Nous ne parlerons pas des inflammations
intermittentes que L’on a observées sur la peau , ét sur les
origines des metiibranés muqueuses ; l’inspection seule
suffit pour .y constater lés phénomènes par lesquels toutes
les autres phlegmasies se manifestent. Mais arrêtons-nous
Éssai slir lès ItfitdUons îHlèrmitléhtés , ou Ndàveitè Tlièone
Ués nittiàdiès ^étiodiques , jfian'.- ' > "-i» . '
ET.4NAXYSES. 55ÿ-
un instant à celles qui ; affectent les organes întéfieüts J II
est incontestable , pour^tout le monde , qu’une douleur aii
côté , accompagnée de toux , de dyspnée, de chaleur à la
peau et de fréquence du pouls , est le signe d’une pleu¬
résie. Or, si nous observons exactement les mêmes phé¬
nomènes pendant plusieurs heures , qu’ils cessent pendant
un jour ou deux, pour reparaître et cesser encore; si ,
lorsque la maladie se termine par la mort, nous rencon¬
trons dans la plèvre les mêmes altérations qu’après les
autres inflammations , nous sommes en droit de conclure
que c’était une pleurésie intermittente, ou bien il faut
renoncer à tout ce que l’induction peut nous fournir ; or,
des faits de ce genre ont été recueillis par tous les obser¬
vateurs , mais ils étaient dénaturés , parce que les retours
périodiques de la fièvre concomitante fixaient seuls l’atten¬
tion ; on ne s’occupait quC de symptômes , et on ne réflé¬
chissait pas qu’ils ne sont que les conséquences de l’action '
des organes. Ainsi on voyait 'dans une pneumonie ou Une
pleurésie intermittente, une fièvre intermittente avec con¬
gestion intermittente aussi , dans le poumon ou la plèvre;
mais c’était déjà reconnaître que les affections morbides
locales pouvaient prendre ce type ; or^ que l’on donne à
cette affection le nom de congestion ou tout autre, on
nous accordera toujours que c’est une modification de
l’action organique. L’irritation n’est pas autre, chosé ;
pourquoi donc ne pourrait-elle pas être întermittehté'?
On a poussé si loin l’aveuglement sur ce point de pa¬
thologie, que lorsqu’on ‘a rencontré une affection périd-’
dique sans fièvre , on a voulu que ce fût toute autre chose ‘
que la lésion que l’on voyait , et l’on a prétendu que c’était ■
nnn fièvre intermittente , sé manifestant sous là Hdrmc
d’une névralgie , d’une hémorrhagie , d’un érysipèle , etc. ;
enfin , une fièvre locale ^ mais une fièvre larvée,
ment a-t on pu voir une fièvre là où il n’y avait ni chaleur
1. ■ 55
5^3 EXTRAITS
d!0 la^ppaft J ni fréquence' du, poub, ni aucun des autres
phénomènes pyrétiques ? parce que Ton était préoccupé
de cette idée qu’il ne pouvait y avoir que les fièvres
fussent intermLttentes ; il fallait alors ployer les faits à la
théorie pour les faire entrer dans le cadre tracé.
Observons encore que rien n’est plus rare qù’une irri¬
tation parfaitement continue, Ne sait-on pas que toutes
les irritations pyrétiques présentent une exacerbation qui
revient chaque jour , et à-peu-près aux mêmes époques ?
Ne sait-on pas aussi qu’il n’existe point , de l’aveu des au¬
teurs, àü ftèvrc continente , c’est-à-dire , d’une intensité
parfaitement égale à toutes ses époques ; que celles qui sont
continues par excellence offrent toujours des exacerba¬
tions le soir ; et si toutes les fièvres ne dépendent que
fl’une irritation locale , n’est-cp pas reconnaître les exacer¬
bations et les rémissions de l’irritation ? Si celles-ci et
celles là sont plus marquées , qu’un frisgon marque le
retour des premières, on dit qu’il y a rémission; or,
quelle autre différence y a-t-il de la rémittence à l’inter¬
mittence , que celle du moins au plus ?
Les irritations peuvent donc être continues , intermit¬
tentes et, rémittentes. Quel que soit le type qu’elles affec¬
tent , elles sont identiques dans leur nature , leurs phé-
nomènés locaux et sympathiques leurs résultats et leurs
causes sont les mêmes ; cependant les vicissitudes atmos¬
phériques et les miasmes marécageux donnent lieiT plus
souvent aux irritations intermittentes et rémittentes
qu’aux continues, mais, en définitive,, les unes et les
autres ne diffèrent entr’elles que par le, type. L’intermit¬
tence , du reste , n’a rien de plus extraordinaire que la
contintiité, et nous ne croyons pas que l’on doive attacher
beaucoup d’importance à s’en rendre raison. Dans une
analyse (i) remarquable de l’ouvrage de M. Mongellaz ,
Xi) Annales dé Médéciné pHysioldgique , 1. 1 , p. i i6 et suiv.
ET ANAIYSES. 53g
M. le docteur Roche s’est efforcé d’expliquer la cause de
l’intermittence, en essayant de pronrerque les irritations
qui affectent ce ■ type sont préparées et produites par des
causes intermittentes dans leur action, et qu’elles sont
entretenues ou par le renouvellement de ces causes, ou
par l’habitude qui produit , comme ou sait, une tendance
manifeste à la répétition des mêmes actes , ou bien par
ces deux causes réunies. On suivra avec plaisir M. Roche
dans le développement de ces propositions qu’il a présentées
avec beaucoup de talent , et si ses raisonnemens ne pa¬
raissent pas convaincans, on les trouvera du moins très-
ingénieux. Quoi qu’il en soit, il est difficile de penser avec
ce médecin , qu’il ny a rien de mystérieux dans l’inter¬
mittence des maladies , car il faut avouer que parmi les
causes qui produisent des affections périodiques, il en est
beaucoup qui se dérobent à sa théorie ; il est vrai que la
sagacité de M. Roche pourra faire pour celles-ci ce qu’elle
a déjà fait pour les autres'.
Après ces considérations sur les causes, les phéno¬
mènes locaux et généraux , et les divers types de l’irrita-
tation, nous devons exposer. les principes généraux de son
traitement. Il est soumis à un certain nombre de -règles
applicables atix différentes formes qu’elle présente ^ sui¬
vant qu’elle affecte spécialement les vaisseaux sanguins ,
les lymphatiques ou les capillaires nei*veux , et en résumant
ici ces principes , il nous suffira dans la suite d’indiquer
les modifications particulières que chacune de ces formes
exige dans son traitement. '
Parmi les grandes modifications que le professeur du
Val-de-Grâce a 'apportées au traitement des maladies , et
dans le nombre des préceptes qu’il a donnés à cet égard ,
nous devons d’abord signaler le soin qu^il a pi'is de coni-
bhttre la méthode de l’expectation généralement ^ivie
dans le traitement des maladies , lors de la publication du
3b..
5j|H) EXTRAITS
premier Examen. En rappelant l’autocratie de la nature
aü respefet des médecins, et en s’élevant avec raison
contre l’activité perturbatrice que le brownisme avait ac¬
créditée , la Nosographie philosophique jeta les praticiens
dans un excès opposé , en leur faisant , pour ainsi dire ,
une loi de se borner dans le traitement des^maladies aiguës ,
à prescrire des soins hygiéniques , et à éloigner toutes
les influences qui pouvaient s’opposer; à l’intervention
d’une crise salutaire ; aussi les moyens les moins énergi¬
ques étaient employés avec la plu& grande réserve’ contre
les phlegmasies les plus intenses. Si des irritations révul¬
sives survenuesspontauémentn’arrêtaientpasleur marche ,
elles devenaient souvent funestes , ou bien si ce traite¬
ment diminuait l’intensité de l’inflammation , elle passait ,
dans beaucoup de cas , à l’étal chronique. La maladie ,
comme nous le fait remarquer M. Broussais , changeait
presque toujours alors de nom; son véritable caractère
n’était plus connu : cependant l’irritation continuait ses
progrès , la désorganisation du tissu arrivait; on substi¬
tuait alors le mot de phthisie à celui de pneumonie ; les
noms d’engorgemens viscéraux , d’obstructions à ceux' de
péritonite , d’hépatite. Bientôt leS sympathies se rallu¬
maient; le mot de fièvre hectique était aussitôt prononcé;
les stimulans étaient administrés pour soutenir les forces
et entraver les progrès do la consomption , et la mort de¬
venait le résultat inévitable de l’altération profonde que
les viscères avaient éprouvée.
Sans doute que dans les temps où la nature et le siège
du plus grand nombre des maladies étaient ignorés , et où
le mode d’aption des agens thérapeutiques Rvait été qncore
peu étudié, l’expectation était préférable à l’emploi empi¬
rique des moyens perturbateurs et des substances médi-
caïqfinteuses dont on n’avait pas suffisamment encore ap¬
précié l’influence dans les différentes maladies ; mais au-
ET ANALYSES. 54i
jourd’hui un trop gi’and nombre de ces secrets nous est
dévoilé , pour que nous ne devions pas nous imposer le
devoir rigoiireux de mettre en usage toutes les ressources
que nous possédons pour arrêter la marche des maladies ,
et éviter les conséquences funestes qu’elles peuvent en¬
traîner. II est remarquable que les eæpecïÆJiîtsîes malgré
leur respect Inviolable pour Hippocrate , s’écartent beau¬
coup de leur modèle , et sont loin de s’astreindre è la mé¬
thode du Père d# la médecine. Ils renoncent en effet à
l’expectation , dès que les phlegmasles Raccompagnent
de la débilité musculaire et de l’irritation du système
nerveux (adynamie et ataxie) , et ils recourent alors en
toute hâte aux stimulons les plus énergiques et à tous les
moyens les plus évidemment perturbateurs. On les voit
aussi administrer l’émétique au début de presque toutes
les maladies , sous le prétexte' de débarrasser l’estomac
des liquides qui pourraient exercer sur lui une influence
fâcheuse, et ce n’est qù’apfès l’emploi des vomitifs qu’ils
se bornent avec sécurité aux soins de la diététique. Mais
nous IcUr demanderons si l’innocuité de l'émétique est
telle , que l’on puisse ranger son administration dans les
principes de l’expectantisme. On voit donc que chez les
médecins do nôtre époque , cette méthode ne proscrit ,
pour ainsi dire, que les moyens aiîtiphlogistiques actifs ;
d’où l’on est en droit de conclure que si, dans lenfance
de l’art, l’ignorance où l’on était plongé sur la nâture des
maladies et l’action dès médicainens dut faire naître l’ex¬
pectation , elle ne fut remise en vigufiur dans ces derniers
temps que par la crainte des symptômes d’adynamie et
d’ataxie dont on attribuait le développement à l’emploi
des antiphlogistiques que la confiance dans les crises fai¬
sait d’ailleurs juger peu nécessaire. Mais pourquoi atten¬
dre des efforts de la nature Un succès douteux , quand
l’emploi des moyens qui peuvent le produire est sans dan-
542 EXTRAITS
ger ? Les crises n’ont pas ;lieu dans tonies les maladies;
quand elles surviennent elles ne sont pas toujours salu¬
taires , et quelquefois même elles sont funestes , comme
dans les cas où l’irritation révulsive qui les constitue s’é¬
tablit dans un organe plus important que celui qui était
primitivement affecté , et alors , comme le remarque
M. Broussais (i) , n’est-il pas utile de lès prévenir et im¬
prudent, de les attendre? Enfin, n’avons-nous pas vu (2)
que le plus souvent les phénomènes tippelés critiques
sont l’effet et non la cause de la cessation des affections
morbjdcs dans lesquelles on les observe ?
Les nombreuses recherches de M. Broussais sur les
phlcgmasies chroniques l’ont convaincu que le plus
grand nombre des inflammations n’arrivait à cet état. que
parce qu’elles avaient été mal traitées à leur origine , et
que l’art de prévenir les désorganisations des tissus n’était
autre que celui d’arrêter les irritations aigiiës que l’on doit
combattre avec d’autant plus d’activité qu’elles peuvent
entraîner plus de danger. On ne doit abandonner à elles-
mêmes que celles qui affectent des tissus peu importans
et celles qui sont légères; mais lorsqu’elles ont leur siège
dans les viscères , quelque peu d’intensité qu’elles aient ,
on doit toujours les combattre dès leur début , car trop
souvent il arrive qu-ubandonnées' ià , elles-mêmes , elles
prennent un degré de gravité contre lequel toutes les Res¬
sources de l’art peuvent devenir impuissantes. On peut
encore rester dans l’expectàtion au début des: maladies ,
quand leurs symptômes ne sont pas assez prononcés pour
faire connaître leur siège et leur nature , et que flétat du
malade n’inspire aucune crainte.
Il ne suffisait pas d’avoir imposé aux médeèins la loi
‘fl) Examen , ^copaa. CCLXJlI.
(2) Premiei: article , t, I de ce Jourual , p. 23o.
ET ANALYSES.
de combattre J dès leur début , la plupart des îrritatioaé';
M. Broussais a donné à ce ^précepte une extension (jéii
ajoute encore h son importance : il veut que l’on ne s’air-
rête que lorsque l’irritation a ;cédé , ou que l’op est cer¬
tain qu’elle va bientôt le fâireJ S’il est dès médecins que
le danger des , inflammatifims des viscères ne frappe pas ,.et
qui ne leur opposent que desmoyens impuissaHs , il en est
un plus grand nombre qui combattent , il est vrai , :avec
activité , les irritations à leur début , mais qui croient
avoir assez fait lorsqnUlson ont modéré 'la violence , et qui
abandonnent à la nature le soin d’achever la éurë'v Si ,
quelquefois leur confiance dans 'les' /wnes méètîeWti^ib'es
n’est pas trompée , dans conabien' de cas aussi n^est-ellc
pas devenue funeste aux 'malades ? On -Sait itvec'jqtïélîe
facilité les irritations , calmées -dlabord j 'répr’enhéat 'âa
bout de quelque temps de.rémilssion , lèiir prërtiiér 'état
d’acuité. Alors l’époque détl’mvasion eSt' plns éloignée , le
malade ia moins de. forces , et là ' crainte de rafraiblifida-
■vantagedait .triompher la 1:00431106' à d’expectationt 'Sf,
;dàns ioancoup de pas , ripritatioh ' li’éprouW^pâs' de
-réotmclescence y d&as un grand nombre ddssi'élle’rè'sièàu
degré où. le'.médecin l’a faitrdesccridre ;';eHé‘dei«ieûtdhfU-
nique , et alors le traitement présente avec plus de difil-
.cultés'beaucoup îmoins de chamcésdé'SüCcèSi un
Toutes les irritations graVës doivent donc être cOnibat-
lues avec opiniâtreté jusqu’à léur disparition , ën propor¬
tionnant habilement àleur' intensité décroissanteTënetgie
desmoyens qu’on leur oppose. M. Broussais en à doniid le
précepte et l’exemple ,■ et ceux qùi oüt slliti sa pratique
ontpu sdssürerjdes heureux ré&ultüts de céttë 'tnéthôde.
Les convalescenoes- des malades qùî 'ÿ 'tmt 4fé' -soumis
sont beaucoup plus courtes que celles des sujets qui ,
ayant été traités avec moins dmctivilé , ont conservé plus
long-temps leurs maladies. « Ce. nfe -sont point les pertes
544 :?EXTiïAITS
:dç, 9àng, dit M. Broussais (i), qui prolongent les conva¬
lescences», ce sont les points d’irritation qui restent dans
les viscères ; et souvent les stimulans et les prétendus to¬
niques què l’on s’empresse de prodiguer afin de réparer
ules forces que l’on vient d’enlever par la saignée , contri¬
buent à entretenir ces foyers chroniques de phlegmasies ,
et h rendre lè rétablissement plus difficile, j Disons-le,
on a, trop exagéré la crainte de la faiblesse après un traite¬
ment antiphlogistique actif j c’est un des maux nombreux
que le brownisme a enfantés , et cette terreur agite en¬
core ceux qui ont rejeté les stimulans dans les cas où le
réformateur Ecossais les préconisait.
; , -Nous avons vu précédemment (2). qu’il était rare que
l’irritation parvenue. à un, .certain . degi'é d’intensité se
i;bornât:à,.son siège, primitif, et que les sympathies l’éten¬
daient ordinairement alors à d’autres organes. Ces irrita¬
tion &:SeCondaires cessent quand elles sont légères avec celle
. q;u?,lés;a,.suscitées et. qui lès entretient,; et il suffit dans ce
cas de corobattrè celle-ci pour voir les autres, disparaître.
Mais nous avons remarqué aussi que fréquemment elles
devienneütindépendantes de celle qui leur a donné nàis-
-Saneo: ; , qu’elles persistent après sa disparition , et que
-quelquefois même .elles la reproduisent par . les sympa¬
thies qu’elles suscitent è, leur. tour. iiEUesi'doivent alors
-fixer particulièrement l’attention du médecin .qui doit les
combattre avec autant d’activité et de persévérance que
si [elles étaient primitives. Quand l’irritation sympathique,
devenue plusjntense que la première affection , paraît en
opérer, la révulsion , elle doit être respectée ,, si elle est
survenue dans un organe où elle n’est pas plus fâcheuse
que dans le premier; mais dans ces circonstances même.
lomeli ,'p4 So3, ■
,(.a) .Preinier arlidje , ti p.',2a4 elsiuv.
ET analyses. 545
elle doit être modécée par les moyens appropriés , si elle
prend une intensité telle que l’en puisse craindre le retour
de Taffeclion dont elle était devenue révulsive. Il est su¬
perflu de dire que; toutes les fois que cette révulsion s’o¬
père sur les viscères, il faut la combattre avec énergie ,
en s’attachant sur-tout à reproduire l’irritation extérieure
qui a disparu.
On dort commencer le traitement des irritations comme
celui de toutes les maladies, par la soustraction des causes
productrices, et ici il faut écarter l’influence des agons
stimulans médiats oU immédiats îqui entretiennent l’irrita¬
tion après l’avoir provoquée. ’
Les rnoyens propres è faire cèssér les ■ irritations , dilTé-
rant par leur nature et leur mode, d’action , peuvent être
rapportés à trois ordres qui constitüént aüta.dt de méthodes
antiphlogistiques : i.* les débilitans j l.° les irritans ré¬
vulsifs ; 5,° les' stimulans appliqués sur le 'Siège même
de l’irritation. Les premiers agissent en diminuant direc¬
tement dans la partie malade l?énergie de l’excitation ; ce
•senties véritables contre-stimulâns : leS' seconds , en pro¬
duisant dans un autre point une irritation qui fait Cesser
celle à laquelle on l’oppose. Le tnodê d’aotion'des der¬
nières est peu connu i' et' ne ' peut que difllcilement être
apprécié. Enfin ,■ on doit jbiüdre' à'ices nïoyens les agéris
qui jouissent de propriétés 'spécifiques contre certaines
irritations, ou du moins dontd’efficacité est presque con¬
stante , et dont le mode d’action est inappréciable. Jetons
un Goup-d’œll sur les moyens que chacune de ces mé¬
thodes emploie , et signalons les principales circonstances
qui déterminent le choix de Tune 'd’entr’elles dans; le
traitement des différentes formes ded’irPitatioll, - ' '■ •■';'
1. Les débilitans' sont des meyerts qui dépo'üillènt l’éco¬
nomie des principes de la nfitrition ' Ou qui exércent 'Sür
les tissus une influence opposée à' colle^des stimulans ; tels
546 EXTRAITS
sont la diète , la saignée générale et la saignée locale , l’in¬
gestion des boissons chargées d’un principe mucilagineux ,
l’application extérieure des liquides de même nature, et du
froid ; enfin , le Tepos plus ou moins, parfait des organes;
car encore bien qné la .suspension de la fonction d’une
partie n’empêche pas soir, taction organique, j pn ne peut
nier que celle-ci soit plus forte quand la première s’exerce.
La douleur que provoque l’exercice d’une partie Irritée ,
la diminution de nutrition qu’éprouvent les organes , con¬
damnés à l’inaction , et son augmientation dans des cir¬
constances opposées ;>enfin rircitation queproduit souvent
l’exercice exagéré d’un organe.j, le démontrent évidem¬
ment, et doivent faire regarder le repos . comme , un moyen
anti-irritatif puissant. .
Tous ces agensconcourent ordinairement au traitement
des irritations sanguines aiguës c’esUà-dire , de- celles qui
entretiennent des sympathies. .Nctis-nous bornerons ici -à
indiquer d’après quels -principes- Mi Broussais détermine
la préférence à donner aux saignées . générales ou aux sai¬
gnées locales, dans le- traitement, de l’irritalion des vais-
-rseauxs'allgüins.opf.im!
- ;Qn conçoit difficilement qne. ibeauooup de médecins
aient .consérvé de r.inçeplitude sur .®e:poin:t de thérapeu¬
tique j,rétq;u’-un;plu8,gfiand;Bbmb,rjé:enooreiéniplciiej;;pres-
€|u’exclusiyementv'la .phlébot.omiè;.o.u:la sàign,ée capillaire.
Cepeadantâliest hien Mèmarquablei<,que;îles irritations ides
tissus, membraneux: îne -.cèdent iqué très-dilDcilement ;anx
saignées (générales pratiquées même a vecii profusion et
qu’elles ont le i grandi linconvémont'-d’alFaîblir -beaucoup
des ma'ladeià , eti. 'pour .ainsi, dire.; , en père, perte , itandis
qu’on emploie dans oés «as avec ile plus grand sucoèsdes
saignées ijooalesi Les irritations isanguines des membranes
nécessitent cejpendant .qùelquofbis Ja phlébotomie ,i .mais
ce n’est .que loraquül.exisle chez, les, malades une prédo-
ET analyses. 547
minance du système sanguin. On observe alors , si l’irrita¬
tion , est vive , une turgescence «sanguine générale; la
face est Injectée , la peau colorée ; le pouls est plein , dur
et fréquent. On doit opposer à ces Symptômes une: ou plu¬
sieurs saignées générales ; mais elles ne dispensent pas de
recourir à la saignée locale qui , dans ces circonstances
même , suffit quelquefois quand elle entraîne une grande
déperdition de sang. Dans les irritations aigiiës dea orga¬
nes très-riches en capillaires sanguins (tissus parenchy¬
mateux ) , les. saigné|a générales sont au contraire beau¬
coup plus efficaces que les autres; elles ont l’avantage de
soustraire rapidement au. système vasculaire une grande
quantité de sang j et d’étendre leur influence jusqu’il
l’organe malade lüi-méme , eflet que serait loin de produire
l’écoulement lent et peu abondant des saignées locales
qui peuvent cependant; être employées aussi avec* succès
dans le traitement des inflarania lions des tissus paren¬
chymateux lorsqu’elles ont été précédées des , saignées gér
nérales , que le malade cominpnce è s’affaiblir , et que
l’irritation n’est plus assez intense pour provoquer des
sympathies. Les effets des. saignées géirépales èt', desvsair
gnées capillaires présentent donc entr’eui^jde, g.randes' dif¬
férences : les premières n’agissent sut -lçs ;;iissus irrités
que par la déperdition; sanguine qu’eUesieat;ra.înent ;, lës
autres , au contraire,, ôütre cette action , exercenb évi-
demment une révulsion sur la partie où on les pratique ,
par l’irritation que provoquent dans celle-ci Ips moyens à
l’aide desquels on les opère. Gomment éoneevoir .autre¬
ment l’effet vraiment* surprenant d’une application de
sangsues au cou ou h l’épigastrê , dans uné angine oü une
gastro-entérite? Ce n’est pas la perte Seule du sang qui le
produit; nous savons quq la soustraction ,d’une biqn plus
grande quantité de ce liquide, par l’ouverture d’une veine,
n’a pas cet heureux résultat. D’un autre côté , tous les
548 EXfHAITS
praticiens savent quel serait l’effet de l’application d’un
vésicatoire à l’épigastrê , au cou ou sur le sternum , contre
une gastrite, une angine ou une bronchite aiguës : une
méthode aussi intempestive aurait les conséquences les
plus graves. On ne peut donc pas plus assimiler l’action
des sangsues ou des ventouses scarifiées à celle des stimu-
lans révulsifs , qu’à celle des saignées générales , mais on
peut dire qu’elle participe de celle-ci et de celle-là. Re¬
marquons en effet que l’irritation cutanée que produit le
scarificateur ou la piqûre des sangsues , est incessam¬
ment contrebalancée par la saignée capillaire qui l’acconî-
pagne , et que si elle est assez vive pour faire cesser l’irri¬
tation à laquelle bn l’oppose, elle ne peut l’être assez pour
provoquer des sympathies qui retentiraient dans les par¬
ties les plus sensibles , et , par conséquent , dans celle dont
on combat l’irritation effet que produit presque toujours
le vésicatoire opposé aux irritations aiguës. Ajoutons en¬
core une preuve en faveur de cettë opinion : on sait que
l’application d’un petit nombre de sangsues opposées à
une pleurésie , Une angine ou une gastrite aiguës, ajoute
souvent à leur intensité. Comment ce résultat pourrait-il
avoir lieu , si cè n’est par l’influence sympathique que
provoque l’irritation cutanée qu’ün écoulement trop faible
de sang ne contrebalance pas assez ? :
■Nous avons dit que l’ensemble des moyens débilitans
devait être le plus souvent opposé aux irritations sanguines
aiguës; il n’en est plus de même quand les sympathies
qu’elles'süscitaient sont éteintes , et que leurs symptôines
locaux ont aussi perdu de leur intensité. Les saignées ca¬
pillaires secondées des adoucissans , dU repos des organes
malades , et une diète plus ou moins sévère , composent
le traitement qu’on leur oppose quand elles sont arrivées
à cet état.
Les irritations nerveuses ( névroses actives ) réclament
et ANAtYSES. 549
souveût ( Comme les sur-excitations sanguines , l’emploi
exclusif des moyens de cet ordre , car nous verrons dans
la suite que souvent elles sont sympathiquement produites
par des inflammations.
Enfin les débilitans forment encore la partie principale
du traitement des subinflammations. On les prévient en
effet en empêchant les irritations sanguines de devenir
chroniques, et c’est encore par les moyens que l’on op¬
pose à celles-ci qu’on les combat quand elles sont établies.
II. On donne le nom de révulsifs aux àgens stimulans
quand, par l’exagération de l’excitation’ qu’ils produisent
dans une partie , ils font cesser l’irritation qui existe dans
une autre, phénomène qui constitue la révulsioni Cg
' moyen de thérapeutique est employé depuis long-temps
d’une manière empirique ; mais son application métho¬
dique ne pouvait être déterminée que par la connaissance
du mode d’action particulier aux différens systèmes orga¬
niques , ef, celle des sympathies qui les unissent.
Doit-on distinguer la révulsion de la dérivation ? On
sait que les anciens donnaient ce dernier nom à la stimu¬
lation qu’ils exerçaient dans une partie , non pour faire
cesser l’irritation d’une autre , mais pour accroître l’exci¬
tation de la-première qui ne jouissait pas d’une assez
grande vitalité pour l’exercice normal de ses fonctions.
Ainsi attribuant le plus souvent l’aménorrhée , par exem¬
ple , à l’état de langueur de Tutétife , ils administraient les
emménagogues , c’est-à-dire , des substances qui ont la
propriété de le stimuler; ils appliquaient des irritans à
l’hypogastre , à la partie supérieure et interne des cuisses ;
et s’ils parvenaient à rappeler le flux menstruel, ilé attri¬
buaient ce succès aux moyens qu’ils avaient employés
pour rendre à l’utérus l’énergie qui lui manquait , et ils
disaient avoir opéré une dérivation. Mais il est évident
que dans ce cas , comme dans tous ceux du môme ordre ,
65o EXTRAITS
il faut s’assurer non-seulement de l’état de l’organe dont
on veut changer, le mode d’action , mais aussi de celui
des autres parties de l’organisme. Ainsi, pour continuer
l’exemple que nous avons choisi , l’aménorrhée dépend
le plus souvent de l’irritation d’un autre organe qui em-
jiêche l’attion de l’utérus dont elle est, pour ainsi dire,
révulsive ; et alors si ou stimule ce viscère, et que l’on
parvienne à faire cesser la première irritation , il est évi¬
dent que l’on opère une révulsion, et non pas une déri¬
vation. Or, ce cas est très-fréquent, et les médecins
étrangers à la coifnaissance des sympathies ont dû le mé¬
connaître. Mais si la suppression de l’écoulement pério¬
dique estproduite non pas par la débilité consécutive à la
surexcitation d’un’organe , mais par l’asthénie primitive de
l’utérus , en lui donnant par les stimulans une énergie plus
grande , on produit véritablement une dérivatioii dans
le sens que leS auteurs ont entendu.
Aussi fécond en résultats heureux que l’emploi des dé-
bilitans , celui des révulsifs reçoit , sans contredit , des
applications plus étendues. Il concourt souvent, avec les
premiers , au traitement des irritations , et il devient là
ressource presque exclusive des praticiens quand les autres
ont échoué. Mais autaut lès stimulans révulsifs sont utiles
quand on connaît les. véritables indications de leur em¬
ploi , autant ils sont funestes quand ils sont intempestive¬
ment appliqués. M. BÉhssais nous a donné sur cet objet
des préceptes remarquables 5 nous allons en offrir le ré¬
sumé aussi complet que le comporte le plan général que
nous esquissons ici. f
On ne doit jamais opposer les révulsifs aux irritations
sanguines', tant qu’elles provoquent des sympathies, car
alors elles sont trop intenses et' celles-ci trop actives .pour
que l’iri’itation produite par l’ârt devienne assez forte
pour les enlever et n’ajoute pas à leur intensité. Ce n’est
ET ANALYSES. 55l
donc qu’après que les débilitans ont détruit les sympa¬
thies , que l’irritation qui les* produisait est calmée, et que
l’on craint cependant qu’elle passe à l’état chronique ,
qu’on doit recourir aux révulsifs pour achever de l’étein¬
dre. Toutefois il est des cais où leur epiploi est indispem
sable dans les irritations sanguines aiguës; ce sont ceux
où le danger est pressant , et les débilitans employés seuls
peu efficaces. On doit choisir alors' pour siège de la ré¬
vulsion , une partie qui n’exerce pas de réaction sympa¬
thique sur l’organe malade , et soustraire celui-ci par
Tapplicatién directe des sédatifs, si elle est possible, aux
irradiations sympathiques qui pourraient s’établir. Ain^;
par exemple , si Ton combat une irritation aiguë des mé¬
ninges , c’est sur la peau que l’on 'appliquera les révulsifs
et non sur la membrane muqueuse digestive dont les
connexions sympathiques avec l’encéphale sont autant
prononcées que celles de cet organe avec la première
membrane le sont peu.: , , •
Si les inflammations sont attaquées avec le plus
grand avantage pat* les révulsifs , quand elles sont chro¬
niques , ce n’est que dans les cas où elles sont parfai-.
tement apyrétiques ; ‘il faut donc , avant d’y recourir ,
faire cesser par les débilitans Jes sympathies qu’elles sus¬
citent dans Beaucoup de cas. Des médecins qui n’ont pas
récours aux stimulans révulsifs dans l’état aigu des phleg-
masies , les emploient dans toutes les nuances de leur état
chronique , qu’il y ait ou non des symptômes de pyrexie;
il leur suffit que l’affection soit ancienne pour croire leur
pratique rationnelle. L’ancienneté de k maladie , la fai¬
blesse du sujet , éloignent l’idée des effusions sanguines*,
et les irritons qu’ils appliquent sur la pèau ajoutent pres¬
que toujours à la lésion locale et à l’excitation générale.
Gejtte erreur doit être considérée comme une des causes
qui rendent si souvent peu efficaces *, ou même nuisibles ,
552 EXTRAITS
leS révûlsifs dans le traitement des maladies où ils au¬
raient la plus grande efficacité s’ils étaient employés mé¬
thodiquement. Quoi qu’il en soit , toutes les fois que des
irritans, appliqués dans le but d’opérer une révulsion , ont
causé l’exacerbation de l’irritation à laquelle on les oppo¬
sait, il faut non-seulement calmer l’inflammation locale
qu’ils ont produite , mais il faut encore attaquer de nou¬
veau , par les débilitans , l’irritation que l’on a exas¬
pérée.
On a donné , avec raison , le précepte de couvrir d’un
vésicatoire le siège d’une irritation extérieure qui a été
remplacée par celle d’un viscère. Tout en se conformant
à ce principe , on doit être persuadé que l’on réussira diffi-
xilement , si l’on ne traite en même temps l’irritation
secondaire par les autres moyens antiphlogistiques. Ce
que nous disons ici de la métastase d’une irritation de
l’extérieur à l’intérieur, est également applicable à celle
qui s’opère d’un viscère sur un autre.
Il faut être très-circonspect dans l’emploi des révulsifs
sur'iin organe dont les irritations sont fâcheuses , pren¬
nent facilement beaucoup de gravité , et ont une grande
tendance à se communiquer aux autres parties , à cause
des sympathies étroites qu’il entretient avec elles. Telle
est la membrane muqueuse digestive qui reçOit si facile¬
ment les influences sympathiques exercées par les autres
organes , et qui leur transmet si rapidement les affections
qu’elle éprouve. Sans doute , sans ces inconvéniens , elle
serait le siège le plus favorable des irritations révulsives :
il est très-facile de l’ifriter ; elle offre à la stimulation «ne
large surface que la même substance irritante peut exciter
rapidement. Mais il est si difficile de maintenir cètte irri¬
tation dans des bornes telles, qu’elle ne devienne pas fâ-
chquse , et par ses phénomènes; dans le tissu qu’elle affecte ,
et par les ,^syjnpathies qui en sont la conséquence , dès
EÏ-ANALtSES. ,553
qu’elle est arrivée h lîn Certain degré d’intensité i qu’on
lie peut être trop réservé dans l’application des révulsifs’
sur cette membrane. On ne peut la rendre le siège de la
révulsion avec avantage et sans danger, que lorsqu’on,
connaît Lien la gastro-entérite , connaissance qui est du
reste , comme le dit M. Broussais, (i) , la clef de la pa¬
thologie. Nous trouverons plus d’une occasion de démon¬
trer la vérité de cette assertion.
S’il est nécessaire , pour que l’irritation d’une partie de¬
vienne révulsive de celle d’une autre , qu’ejle soit plus'
forte que cette dernière, il faut cependant aussi' modérer
l’intensité trop grande qu’elle peut acquérir, car les
l'éactions qu’elle susciterait alors pourraient rappeler les
premiers accidens , et même ajouter h leur gravité.
Le choix du siège de l’irritation révulsive est un des,
objets les plus importans de^a méthode thérapeutique qui
nous occupe. Les irritans doivent être appliqués sur une
partie qui entretienne des relations sympathiques -avec
celle que l’on veut influencer j mais il faut se rappeler ici
la distinction que nous avons établie (2) sur les deux
modes de sympathies qui unissent les organes. Nous avons
vu en effet que tantôt elles entretiennent entre ceux-ci un'
consensus (Y action , une synergie , pour parler' le langagei
de Barthez i et que dans les autres cas , aï? Contraire ,
elles sont telles, qhe l’action des deux parties est en
faisan inverse l’une de l’autre. Il est évident que , dans lé
premier cas ; les stimulations exercées pour obtenir la
révulsion ne feraient qu’ajouter à l’intensité do la lésion
à laquelle on l’opposerait , et que dans le second , au
contraire , la révulsion sera facileet ses effetSavantageux i
si Fon s’est conformé aux autres préceptes qui doivent di-
(i) Examen, prop. CCÇVtl.
(a) PtcmLsr umclfv, p. 218.'
5G
554 IXTRAITS
jriger les applications de celle méthode. La membrane
üiüqueüse de l’estomac et de l’intestin grêle et la peau
nqus; O firent un exemple des connexions du premier ordre ;
les relations de la peau et de la membrane muqueuse
pulmonaire appartiennent au dernier.
. Quand les stimulans révulsifs n’pnt pas enlevé une irri¬
tation , mais n’ont pas ajouté à son intensité, on doit
persister dans leur emploi et les rendre plus énergi¬
ques. On y renonce trop tôt quand ils n’ont pas pi’o-
duit l’efiet qu’on en attendait , et il est beaucoup d’ir¬
ritations chroniques qui amènent la désorganisation des
tissus qu’elles aflectent , qui n’auraient peut-être pas
eu ce résultat si on leur avait opposé les révulsifs d’une
manière plus méthodique. Les signes même de la désor¬
ganisation d’une partie essentielle à la vie ne doivent pas
faire renoncer à leur emploi, parce qu’il est possible
qu’elle soit assez bornée pour que la guérison du malade
puisse encore avoir lieu.
Le siège de la sur-excitation révulsive peut être très-
circonscrit , ou avoir aü contraire une grande étendue.
Dans le premier cas , la révulsion est presque toujours
opérée rapidement sous l’influence de stimulations vives ;
telle pst l’jrritation d’uu vésicatoire opposée à une pleu¬
résie. Dans Ÿe dernier i elle s’exerce ordihaîrement avec
lenteur , et elle est le résultat d’une action irritante long¬
temps continuée. Telle est ,1a prédominance que Ton fait
acquérir aux systèmes musculaire et sanguin , aux dépens
du système nerveux , car la diminution de d’action d’un
système tout entier , par le plus grand développement
d’un autre , doit être rigoureusement considérée comme
un phénomène de révulsion. Les faits de cet ordre , quoi¬
que mal interprétés , n’en étaient pas. moins connus depuis
long- temps , et on en avait déjà tiré un grand parti dans
le traitement d’une foule d’irritations chroniqùes. On sait
ÊT ANALYSES.' ’SS.^
quels succès beaucoup de médecins ont obtenus , ■ dans la
curation dés maladies nerveuses et des icfit^tiops chroni¬
ques du canal digestif, connues alors sons d’âùtPes nohlsv
de l’emploi des mnyens propres à donner plus, d’éUeégié
au système musculaire. .
III. Ji’adoption des principes de la doctrine physiolo¬
gique a singülièremënfr restreint l’omploi des Stimulans
autres que les révulsifs ; dans le traitement des irritations.
Nous ne nous arrêterons pas à combattre l’abus effrayant
que l’on a fait de ces moyens jusqu’à ces derniers temps;
l’exposition de la doctrine de M. Broussais est par elle-même
la réfutatio.n complète des motifs de cette pratiqué : re¬
marquons seulement que, pour l’apprécier' à sa valeur, il
est indispensable de vérifier les succès qu’on lui a attribués.
On pourra alors se convaincre que dans beaucoup de cas
les malades ont guéri malgré le traitement ; que dans
d’autres, les moyens perturbateurs employés n’ont pas
eu de résultats fâcheux, parce qii’fls oiil suscité. une
crisé ; c’est-à-dire , qu’-ïls ont étendu leur influence à
d’autres parties que celle que l’oh a stimulée , ét ont ainsi
provoqué une irritation révulsive : « C’est ce qui explique ,
dit M. Broussais (i) ; pourquoi' toutes lés gàSfro-eütériteS
surirritées ne sont pas inôrtelles. » En effet , Ijuand ces
maladies ont été traitées par les toniques, on observé
presque constamment des phénomèhes critiques , tandis
qu’ils surviénnent fort rarement quand on a employé lé
traitement antiphlogistique. Enfin , on remarquera què
beaucoup de stimulans provoquent des évacuations qüi
produisent ordinairement un soulagement momentané ;
mais que dans le plus grand nombre dés cas , ils né laissent
pas moins persister l’irritation , et Souvent même ajou¬
tent à son intensité. C’est ainsi que l’on peut expliquer la
I prop, CCXÙîri.
36..
556 EXTKAITS
■vogue des diafétiques , des sudorifiques , et sur-tout des
purgatifs employés avec profusion dans le traitement des
irritations du canal intestinal et des autres viscères abdo¬
minaux. Toutefois il est incontestable que les stimulans
sont souvent des moyens fort précieux dans le traitement
des sur-excitations J tels sont ceux que l’on opppse aux
irritations intermittentes dans les : intervalles que leurs
accès laissent entr’eux , aux sub-inflamma tiens syphiliti¬
ques , herpétiques , psoriques , et même à des irritations
sanguines de la peau et des membranes muqueuses. Com¬
ment expliquer la guérison d’une irritation par un stimu¬
lant qui n’étend point son action à d’autres pai'ties que
celle sur laquelle on l’applique ? Il nous paraît aussi impos¬
sible que superflu de le tenter : les faits existent, conten¬
tons-nous de les constater et de les faire tourner au profit
de la thérapeutique. ,
En attribuant le développement des phénomènes par
lesquels, la vie se ‘manifeste à l’açtion des stimulans sur
les tissus organisés , Brown prétendit qu’il n’existait pas
d’agens débilitans , et que ceux qui étaient regardés comme
jtels , n’étaien t que des stimulans dont l’action moins éner¬
gique déterjçninait une excitation trop faiblei En conservant
la plupart des dogmes fondamentaux du brownisme , Ra-
sori et ses disciples ont admis au contraire l’existence
d’agens qui exercent sur les tissus une action opposée à
celle des stimulans, qui détruit, par conséquent, les
effets produits par ceux-ci, et qui elle-même peut donner
lieu à des maladies qu] ne peuvent être guéries que par
les excitans. De là l’origine du contre- stimulisme. Les
hrownisles d’Italie regtfrdent comme contre-stimulans
non-seulement le froid , la saignée et les mucilagineux ,
mais aussi les purgatife , les émétiques , la digitale , tous
les amers, la plupart, des médicamens minéraux , parmi
lesquels ils ne comptent presque pas de stimulans. 11 faut
ET AEALTSBS. 667
être bien peu avancé dans l’étude de la physiologie patho¬
logique, pour voir des contre-stimulans dans les prépara¬
tions d’antimoine, l’aloës , etc., parce que l’irritation
qu’ils ont provoquée dans le canal intestinal aura guéri .
une pleurésie. « Les médecins italiens, dit M. Brous¬
sais (1) , n’dnt donc jamais observé des vomissemens in¬
coercibles et des superpurgations qui ne sont que des
phlegmasies muqueuses gastro-intestinales, à, la suite. dos
émétiques et des drastiques. » L’auteur de (‘Examen
s’étonne, avec raison, que l’on- ait pu attribuer ces effets
à l’excès de la contre-stimulation , et il- demande s’ils sont
différens de ceux que produisent les autres stidiulans , et
s’il n’y a pas une identité parfaite entre les traces que
laissent sur les cadavres les prétendus contje-stimulans
et celles des maladies dont le caractère inflammatoire est
bien avoué ? « Si quelquefois , dit M. Broussais (2) , les
contre-stimulateurs ont vu guérir les maladies d’irritation
auxquelles ils appliquent des excilans décorés du titre de
contre-stimulans , c’est ou qu’ils en paralysaiènt l’effetper-
turbateur par de copieuses saignées , par le régime , etpar
l’abondance des liquides aqueux et mucilagineux auxquels
ils les avaient associés , ou parce qu’il survenait une évacua¬
tion révulsive..» Il est donc évident que les substancfes ran¬
gées parmi les cpntre-stimiilans parles Italiens , ne sont la
plupart que des excitans qui diminuent l’irritation d’une
autre partie que celle où ils sont appliqués , en détermi¬
nant dans celle-ci une action révulsive, et, que lesÆontre*-
stimulans proprement dits, ne sont que les agens dont
nous avons parlé précédemment sous le titre de débilitans.
Après ce résumé des principes de .la doctrine de
M. Broussais sur l’irritation en général , nous examine-
Ç\) Examen , i. I, p. i65.
1 , p. >67.
S'?®' ‘EXtKAITS
rons sesâ différentes modifications dans les divers tissus or¬
ganiques , et les effets locaux et généraux que produit
chacune d’elle. Nous ne nous sommes pas occupés de sa
marche , de sa durée et de sa terminaison; ces considé¬
rations, qu’il serait impossible de généraliser , ne pou-,
vaiént entrer dans l’histoire de l’irritation étudiée d’une
manière pour ainsi dire abstraite , comme nous l’avons
fait jusqu’ici. ■ Gotjpii,.
fleclierefies sur la nature et les causes prochaines des
^Fièvres } par' k. N. Gendrin, docteur en médecine^
professeur-particulier de médecine-pratique, ete, ' — '
Betwa volumes in-S.’’
Si la tâche du critique est parfois délicate à remplir ,
c’est surtout lorsqu’ayaht depuis long-temps consacré sa
plume â la défense d’opinions entièrement opposées à celles
de l’autdar qd’il est appelé à juger , il se trouve placé
eUtre la nécessité de dire des vérités désagréables et la
crainte d’être accusé d’injustice. Telle est cependant ma
position envers M, Gendrin. J’ai combattu jadis la théo¬
rie dé l’essentialité des fièvres, ce médecin vient au¬
jourd’hui la défendre , ses armes sont vermoulues et son
bras sans vigueur , et je suis commis pour le dire, ne dois-
je pas craindre que la défaveur ne s attache d’avance à
mes paroles et qu’on ne les croie dictées par l'esprit tfe
parti? •
L’esprit de parti, ai-je dit!.... "Quoi donc! est-ce
qu’en médecine il existerait des partis comme en politi¬
que !... quoi, dans la science qui s’occupe de Jà vie des
hommes , les intérêts personnels et les passions oseraient
usurper la place de la vérité 1 . . . quoi , dans un art où
Terreur donne la mort, pn encenserait sciemment Ter^
E T A.K\LTf«ES. SSg
reur ! . . Ah ! M. Gendrin , c’e&t v«us qui êtes cause si
cette expression , que je désavoue , eSt Venue se placer sous
inà plume. Vous traiterez; dîtes-vous , avec le dédain
qu’elles méritent les critiqués dirigées par l’esprit de parti.
Vous connaissez donc des médecins qui ne sç font pas
scrupule de Llâmer publiquement des opinions que dans
leur for intérieur ils approuvent. Je vous plains.^Mais soyez
tranquille , iln’én saurait exister de tels parmi les partisans
de la nouvelle doctrine , car , les donneurs de placés et de
titres n’étant pas dans leurs rangs, ils n’ont pas besoin
de faire la cour à personne par des critiques deeoùimandQ
ou calculées. Vous n’avez donc-pas do semblables criti¬
ques à redouter de notre part; indépendàns par caractère
et par position , une conviction profonde pourrait seule
nous faire dire , par exemple, que vous avez le plus faux
des jugemens si telle était notre pensée. Gommé vous , en
lin mot, nous cherchent la vérité 'avec franchise et bonne
foi ; aussi vos menaces.de dédain n’ont-elles rien qui nôUs
épouvante , nous avons la conscience qu’elles ûe nous sont'
pas adressées.
Un composé d’hypotjbèses-, d’erreurs , de sophismes,
dé faits tronqués ou mal’obsérvés , d’inductioris faussés et
de rapprochemens forcés ,dans lequel on distingue à peine
çà et là quelques vérités et quelques' faits complets,
voilà ce que nous a paru, à la lecture la plus attentive,
l’ouvrage de M. Gendrin. Je sens que je dois à ce méde¬
cin èt aux lecteurs des Arcliiv es , lespreuves d’une aussi
grave assertion, et cependant je ne me décide qu’avec
répugnance à entreprendre la réfutation d’erreurs qu’il
eût peut-être suffi de signaler pour en faire j üsticéi Tdufe-
fois, comme l’autèür âccüse une société savântéi d’avoir
couronné son œuvre , comme un profëssouri célèbre n’a
pas craint d’en faire l’éloge dans sa chaires de bonne foi,
sans douté , et nullement par esprit départi, onmepari
56o extraits .
donnera de combattra des hérésies pour lesquelles on veut
ainsi commander la croyance.
Avant de faire connaître sa doctrine des fièvres, M. Gen-
drin, dans un très-long discours préliminaire, expose les
idées de physiologie patl^ologique qu’il croit devoir servir
de bases à la théorie des maladies. Plein de respect pour
la médecine antique dont il veut rallumer, le feu sacré,
et , comme il le dit élégamment , purger l’autel souillé
p,ar l’apostasie , ce médecin essaie d’abord de remettre
en honneur l’hypothèse d’un principe intelligent [nature
d’iliçpocrate , archée de Van-Helmont, force médicatr ice
do Slalil, etc. , etc.) , qui préside à l’état de maladie et
. tend sans cesse à ramener l’équilibre. Qu’on examine , dit-
il , cet individu pléthorique, le sang lui sort , pour ainsi
dire , p^ir les yeux; une fièvre inflammatoire se manifeste;
elle a pour effet d’amener une hémorrhagie qui rétablit
Téquilibre. C’est-à-dire que M. Gendrinne voit que le beau
côté de, la médaille; montrons-lui le revers. Un second
itidividyt est atteint de la même fièvre, etl’hémorrhagiese
fait dans le cerveau ; un troisième succombe à l’hémor¬
rhagie nasqle qui devait rétablir l’équilibre; un quatrième
est pris de pneumonie , ou de pleurésie , ou de gastro-
enlérite , vers le, quatre ou cinquième jour de sa. fièvre
^je raisonne dans l’h’ypothèse de l’auteur, qui suppose
que cette fièvre est essentielle) , que devient donc dans
tous ces cas l’intelligence du principe ? Est-ce un principe
intelligent qui logé une pierre dans la vessie? Est-ce lui
qui enveloppe , de toute part, un os frappé de mort ,
par un cylindre osseux que l’art sera .obligé d’ouvrir;
qui entoure de to'phus les articulations goutteuses
qui remplit la cavité du péritoine de sérosité et la renou¬
velle, presqu’autant de rapidité que l’art peut
l’évacuer ; qui provoque cette toux douloureuse et
pijiisihle, d^ns- une pleurésie ou il n’y a évidemment çien
ET ANALYSES. 56l
à expectoret*; qui fait naUre des tubercules dans un
poumon dont la membrane interne est enflammée; qui
donne à ce convalescent le vif appétit dont la satisfac¬
tion va occasionner une indigestion mortelle ; qui , dans
une hernie étranglée , excite les efforts de. vomissement
doot l’eflet est précisément d’augmenter l’étranglement ,
etc. , etc. P M. Gendrin devrait bien remarquer que
l’exercice de la médecine offre autant d’oCcasipns d’ob¬
server l’imprévoyance de la nature que son habileté.
Il devrait s’apercevoir que, si l’on veut’ à toute force
recourir à la. supposition d’un principe intelligent, poiir
se rendre compte dans les maladies des évènemens
heureux qui ne sont paS amenés paf d’art , il faut ,
pour être conséquent , supposer un principe désorgani-
sateur pour expliquer tous les phénomènes contraires et
funestes , qui ne sont provoqués ni par la persistance des,
causes productrices des maladies , ni par lesjmprudences
■des malades , ni par l’impéritie du médecin. Mais non ,
M. Gendrin ne verra pas tout cela. P.angloss volé , battu,
brûlé, mutilé, pendu, disait encore: tout est pour le
mieux dans le meilleur ^ mondes possibles: Optimiste
conrme lui , M. Gendrin luttera chaque jour contre des
phénoimènes destructeurs et verra quelquefois ses malades
périr malgré l’emploi des moyens les plus rationnels et les
])lus puissans , et n’en répétera pas moins : il existe chez
l’homme ,un principe intelligent qui tend sans cesse à
ramener l’équilibre. ■
La seconde hypothèse que M. Gendrin espère faire re¬
vivre , est celle d’une durée et d’une succession nécessai¬
res de périodes dans les mal&dies. Il trouve inconvenable
l’assurance avec laquelle on la révoque en doute aujour¬
d’hui., H ne s'agit pourtant que de s’entendre, M. Gendrin
veut-il dire que les inflammatiafî's du péritoine , de l’estô-
piac , de la plèvre , du poumon , dé l’enç6phalo ont
562 exteAits
ùne durée nécessaire et des périodes inévitables à parcou¬
rir,] telle chose que l’en fasse pour s’y opposer ? Eh bien !
oui , cette opinion est faiisse , et l’admettre c’est procla¬
mer l’impuissance de l’art dans les quatre-vingt-dix-neuf
centièmes des maladies. Veut-il dire qu’abandonnées à
elles-mêmes , à intensité égale , sur' des individus de con¬
stitutions à'peu-près semblables et placés dans les mêmes
circonstances, ces-phlegmasies guérissent ou tuent dans
le même espace de temps et en parcourant les 'mêmes pé¬
riodes Pmais c’est ùne vérité presque niaise et qu’assuré-
nient personne ne cbntestera. Mais, dit ce médecin, une
plaie avec perte de substance subit une nécessité de pério¬
des et de durée ,’ que le fnédeciS , non seulement ne peut
empêcher , mais qu’il doit protéger pour guérir le malade.
Qu’est-ce que cela prouve, M. Gendrin ? Que quand il
existe ît l’intérreur une plaie avec perte de substance , elle
est soumise h-cette même nécessité de périodes et durée
qu’à l^xtérieur. Mais quelles sont donc , je vous prie , les
maladies aiguës que l’on puisse comparer à des plaies avec
perte de Substance ?' Aucune , sinon celles qui sont pro¬
duites par des agens mécaniquq^ oü des. poisons causti¬
ques , et ce n’est nullement de celles là que vous voulez
parler; votre prétendu principe n’est donc applicable h
aucune. Presque toutes les affections aiguës sont des in¬
flammations d’organes, vous le nierez en vain; or, pour
démontrer votre, assertion , il aurait fallu prouver' que
Yérysipèle a une durée et des périodes nécessaires que le
médecin ne peut empêcher , et c’est ce dont on vous défie.
L’exemple de la variole ne prouve pas davantage, d’abord
, parce qu’il n’est rigoureusement applicable qu’aux mala¬
dies analogues , ensuite parce qu’il n’est pas é.crit qu’on ne
parviendra pas un jour à faire avorter l’ériiption sans le
moindre danger pour les malades. Qui eut dit, la veille
même delà découverte de la vaccine , qu’il était possible
P, T A N A t ï SP S. S63
de prévenir l’affreuse maladie-dont'vous ne croyez pas qu’il
soit permis aujourd’hui d’abréger la durée ? Ne limitez
donc pas la puissance de l’art, M. Geudrin , et tâchez sur¬
tout de ne plus trouver si inconcevable qu’on ose ne pas
être de votre avis , car je vous assure que fc’est une licence
que vos lecteurs seront tentés de prendre presqu’à chaque
page de votre-livre. ' , * «s ’
Je ne mi’aviserai pas de suivre l’auteuç de point en point
dans toutes les parties de son* discours préliminqjre , ce
serait à n’en pas finir; car il y a de tout dans ce discours,
même des .considérations intéressantes, en petit nombre ,
il est vrai , c&chées souvent sous l’obscurité de l’expression ;
mais enfin il y en a. Je voulais seulement donner un
échantillon des opinions physiologiques de M. Geridrin; il
ést temps d’aborder la grande question qui fait le sujet
dé son ouvrage , la recherche *de la nature des fièvres.
M, Gendriu partage ses fièvres essentielles en doux
grandes classes : fièvres nerveuses g\, fièvres vasculaires.
Dans la première il*range les fièvres intermittentes., lentes,’
nerveuses, phrénétiques , adynamiques et ataxiques; et,
dans la seconde , les fièvres exanthématiques , laiteusés ,
inflammatoires , hectiques , hémorrhagiques , bilieuses,
gastriques , muqueuses , pituiteuses ou cs^jjlfrhales ; enfin
lés fièvres putrides. Nous allons passer* ëh revue celle
légion de fièvres dans l’ordre île leur énumérationî
Savez-vous , lecteur , en quoi consistent' lés fièvres in¬
termittentes ? Dans une altération de Ici succession régu¬
lière et normale des excitations et des sédations sponta¬
nées , d’où, il suit que leur cause prochaine sè trôuvè dans
une lésion des forces vitales , par lesquelles cette succes¬
sion s’opère convenablement et physiologiquement. Vous
ne vous en seriez pas douté ; vous B’avdlî peut-être même
pas bien compris cette définition > je vais lâcher de vous
rendre cela plus clair.
5G4 y EXT.RAITS
Vous n’ignorez pas que le corps humain jouit de la pro¬
priété de se maintenir dans certaines limites de tempéra¬
ture ; mais Vous avez cru j usqu’ici , d’après les expérien¬
ces de MM. Delaroche et Berger , et l’autorité des Riche-
rand, _des Magendie j etc. , que cette faculté était due à
ce que les transpirations pulmonaire ^t cutanée augmen¬
tant et diminuant proportionnellement à l’augmentation
et à la diminution de la température h laquelle le corps
est soumis , l’équilibre se pouvait ainsi rétabli sans cesse.
Ce n’esî point cela du tout. M. Gendrin, s’appuyant sur
ce fait et sur quelques autres 'tout aussf mal expliquas,
admet dans l’organisme l’existence de deux forces nou¬
velles :.une force de sédation spontanée et une d’etccttœ-
tion spontanée. Or , ce sont ces deux forces qui sont alté¬
rées dans les fièvres intermittentes. Vous comprenez main¬
tenant, <1 Quand l’altération des 'forces d’excitation et
ï do sédation spontanées agit sur le système circulatoire
3) exclusivement , on a une fièvre intermittente inflamma-
jitoire; si c’est sur le système nerveux qui , comnie les
vautres systèmes, est subordonné aux mêmes lois, quoi-
» qu’il soit l’agent par lequel elles, s’exécutent, il se ma-
vnifeste périodiquement des accidens nerveux qui peuvent
«revêtir une m^litude de formes différentes; si elle agit
» sur un pareiMffiCréteur de l’organisme, c’est une fièvre
«intermittente bilieuse , ou sudatoire, ou hémorrhagique
s qu’on observe. Si elle exerce exclusivement son action
n sur un organe , on observe des congestions , des irrita-
» tious intermittentes ; quand, au contraire, elle agit par
» une sédation puissante , on voit se manifester des fièvres
s topiques et des fièvres algides , etc. , » J’espère que
cette théorie vous paraît maintenant comme à moi éblouis¬
sante de clarté. Malheureusement elle a un petit défaut,
c’est qu’elle i;epose sur des erreurs. L’auteur, nie, d’après
les expériences deBlagden , Fordyce , Bancks et Solan-
E'r ANAfïSES. 565.
def , que la chaleur animale augmente dans une éluve
fortement chauffée ; or , les expériences plus récentes de
MM. Delaroche et Berger ontinvincihlement prouvé qu’ellè
pouvaibs’élever de5à 6 degrés; ilnieque l’augmentation dé
la transpiration cutanée et pulmonaire soit la cause qui rend
l’homme et les animaux susceptibles de résister à une forte
chaleur; or, c’est encore une vérité que les expériences
de M. Delaroche ont mise hors de doute et qu’admettent
les meilleurs physiologistes de nos jours. D’où il suit que,
l’existence de la force de sédation est chimérique , l’alté¬
ration de cette force par conséquent un rêve de l’imagina¬
tion de M. Gendrin , et sa théorie des fièvres intermitten¬
tes un vrai délire. Quel dommage pourtant 1 Cette alte¬
ration de la succession de l’excitation et de la sédation
faisait si bien.
Je commence îi «m’effrayer devant la longueur de Iji
tâche que je me suis imposée en promettant de passer en
revue toutes les lièvres de M. Gendrin, Je réfléchis, d’ail¬
leurs , qu’il faut laisser aux lecteurs de son ouvrage, s’il
en a , le'plaisir de la surprise pour quelques propositions
sur les fièvres lentes , nerveuses , p'hrénétiques , adyna-
miques et ataxiques, etc., presque aussi curieuses que
celles que nous venons -de livrer h l’atlmiralion. Je les
préviendrai seulement, pour leur donner on avant-goût,
qu’ils auront le bonheur d’y trouver des subtilités quel¬
quefois , des sophismes souvent , des erreurs et de l’ob¬
scurité toujours. Que de jouissance n’est-ce pas leiir pro¬
mettre ! Je passe donc de suite à la fièvre bilieuse.
ï La doctrine que nous allons exposer, dit M. Gen«
ïdrin, est si différente de celle généralement admise , au
«moins dans la faculté de Parjs , où on est parvenu, U
» force de sarcasmes et de déclamations ( oh ! cela n’est pas
«bien ), à la jeter dans Une défaveur, qu’il faut jjeut-être
«avoir quelque courage ;pour la développer et s’en avouer
506 ' EXTRA. ITS
,j)le défenseur. Que ceux donc «ini veulefcl jugér celte paP-
))tie de notre ouvrage ^ et ce que nous dirons des fièvres
X muqueuses et putrides , déposent , s’il est possible , toute
» prévention (c’est très-juste) , qu’ils examinent les choses
))Gt les faits eneux-mémes. Nous récusons d’avance (sage
» précaution) le jugemént de ceux qui ne se conforment
spas à ce précepte, si éminemment philosophique, de
sBaglivi ; observatio est fllum adquod dirigi debenfmè-
» dicorum ratiocinia. n C’est fort bien; voyons la doctrine
qu’on a si méchamment tuée à force de sarcasmes, je me
sens tout disposé en sa faveur.
La fièvre bilieuse essentielle reconnaît pour cause
prochaine la poljelwlie. La polycholie est la pléthore des
élémens de la bile; ces élémens préexistent dans le sang
à la sécrétion du foie qui les y puise, les modifié , les
altère, et eti compose le fluide qU’ il sécrètepour servir à
la digestion. ¥.1 mais.,, voilà qui me paraît incontestablfei
Qu’ont-i|s donc tant pu dire les médecins qiii ont renversé
celte théorie? Qu’elle est absurde , je .suppose; .....
mais l’ont-ils prouvé? Et quand ils y seraient parvenus ,
est-ce un motif pour la rejeter ? Ne sait-on' pas (ju’uh des
meilleurs argumens de l’ancienne scholastique, à laquelle
il faudra bien , bon gré mal gré , qu’on revienne , c’était
le fameux Credo quia absurdüm. Or sj , cômme tout
nous le fait espérer, ce lumineux axiome doit être inces¬
samment remis en honneur, je vote poür que ce soit pour
le triomphe des doctrines de M. Gendrin ; nullès. n’én sont
plus digues;; .
« La fièvre .muqueuse , comme la fièere bilieuse , est
» une nialadie humorale , et , de même que celle-ci Pe-
» connaît pour pause prochaine et immédiate lapolycholie ,
xcelle-Jià est directement et prochainement l’effet d’un
xétat général que nous appelons diathèse mujqueüse.
» Celte diathèse muqueuse nous paraît consister dans un
ET analyses. 56j
» affaiblissement général de la nutrition des solides et
T> des fluides. .... Cet état général qui constitue la dia-
» thèse muqueuse et la fièvre qui en est la suite . nous pa-
uraît Lien caractérisé en le considérant comme une véri-
nXehle rétrogradation de la nutrition. » Voirpourles déve-
loppemens le second volume du chef-d’œuvrp de M. Gen-
drin, depuis-lapage 8i jusqa’à la i3i. On y remarquera ,
comme preuve du talent d’observation de l’auteur, celte
assertion : que dapis les ramollissemens du cerneau , on
ne trouve ni dans la sub^ance ramO'llie, ni dans les
parties voisines et C07itinues avecelle, aucune trace d’in-t
jection ni de congestion vasculaire; comme preuve de
ses connaissances anatomiques,. cette autre assertion : que
le cerveau ne reçoit que ^es vaisseaux blancs; enfin ,
comme mesure dq^, la précision de son diagnostic, une
petite observation» en vingt-quatre pages,, d’uné maladie ,
que tout le monde eût pris pour une afTeclion, cérébrale ,
si ce médecin ne l’eût qualifiée de fièvre muqueuse grave
essentielle. ... ,
En voilà assez sur les théoriap de M. Gendrin ; j’ypèr*.
drais la patience et j’eunuierais le lecteur. Il y a pourtant
des^aits à l’appui de tout cela, mais qüe de» tortures ce
médecin ne leur fait-il pas souvent subir pour lescontrain-
dre à témoigner en sa faveur ! La plupart sont incomplets ,
soit parce que les ouvertures de cadavres manquent , soit
parce que les symptômes- y sont mal décrits ou même en-i
fièrement omis. .Presque tous sont empruntés aux époques
où la valeur des rougeurs de la membrane interne des
voies digestives était si peu connue, qu’on n’ouvrait presque
jamais les intestins et rarement l’estomac , où les phlèg-
masies du cepeau , de la moelle épinière , étaient presque'
toujours méconnües pendant la vie commjksur les cada¬
vres. Et ce sont do tels faits, que l’auteur h’hésite pas àdn»
voquer pour prouver l’existeoce des maladies indépèn-
508 r.XTliAlTS'
dantes de totil désordre matériel local ! Conçoit-on üne
pareille erreur ? Enfin , quand les lésions locales sont évf-
déniés , M. Gendrin entasse subtilités sur sophismes pour
faire croire que ces lésions sont les effets de la lièvre essen¬
tielle ou de l’état général quila provoque , ou des propre¬
tés vitales , etp. J’emprunte à l’excellent article Anatomie,
patliô logique de M. Brcschet, dans le Dictionnaire de
Médecine, la réponse à toutes ces hérésies. «L’anatomie
pathologique est encore au berceau , dit ce médecin; la
plupart des faits que nous onj^laissés nos devanciers sont
tronqués , incomplets , observés sous un seul de leurs
aspects ; et conséquemment ils deviennent insuflisans ou
d’un bien faible secours pour construire le monument qui
doit être désormais le sanctuaire de la science médicale. »
Et plus loin : « les altérations matérielles des tissus orga¬
niques n’étaient, suivant certains auteurs , que le résultat
de la maladie , et non la cause de la maladie elle-même ;
souvent , lorsqu’on n.e trouvait, pas , dans un organe regar¬
dé comme le siège de la maladie , de traces de quelque
lésion, on ne cherchait pqint ailleurs , ou si l’on trouvait
sur d’autres points. des lésions organiques , on ne croyait
pas qu’elles pussent produire la série de symptômes oti|er-
vés dans un autre lieu que celui où résidait l’altération
du tissu. Très-fréquemment: on affirmait qu.’il n’existait
point d’altérations organiques et que la maladie consistait
dans une simple peryersioù d’actions (i) , sans qu’il y eût
(i)M. Géndrin prétend qde l’cx.iltaiion des forces nerveuses consli-
tuela fièvre phrénétique y que là fièvre adyntimique consiste duns leur
diminution ou leur coUapsus , .et que la fièvre ataxique n’est: autre
chose quolii pervctsiou et l’irrégukrilé (^(! toutes, les fonctions nerveu¬
ses. Or , concevez, si vous pouvez , des forces et des foiïclions indépen¬
dantes des org™fe, et par suite des lésions de ces fonctions , sans
léàtens de ces organes. M;. Gendrin ii’a pas lu ou a’a pas compris
la -Physiologie du système nerveute y f UC M-.GfCorÿtU , ■
BT AWALVSES. 569
de lésion matérielle dans les inslrumens des fonctions-,
comme si la chose était possible et la proposition soute¬
nable. Quelques esprits, par la force de l’habitude , l’é¬
loignement pour toute nouvelle étude , par dédain pour
tout ce qui ne sort pas de leur école ou n’appartient pas à
leur époque , font chorus avec l’ignorance ( M. Gendriii ,
choisira lui-même sa cathégorie) , et soutiennent qu’il
n’existe point d’anatomie pathologique , que cette préten¬
due science est une chimère, une sottise (i):, et que .
d’ailleurs les lésions observées dépendent de la maladie
primitive , qu’elles en sont l’elfet , et qu’en les connaissant
l’art n’est pas plus avancé , et ses ressources plus nom¬
breuses et meilleures. Que deblasphêmesen peude motsî;
Sans doute il est plus facile de composer une formule , de
rédiger une ordonnance , que' d’étudier; la structure.! de
nos organes , d’en chercher et d’en suivre ; les : altéra+')
tiens (2). » Il sera 'permis à,M. Gendrin d’en appeler de i
ce jugement quand il aura ouvert seulement la dixième
partie des cadavres qu’a disséqués. )rauteur de, cet article.
Il me resterait à défendre la nouvelle théorie des, fièvres
contre les attaqués de l’auteur. Mais - cette théorie vient
d’être alTermie sur ses bases inébranlables par la Pyréto-
(1) M. Gendrin, page 85 de son disoours'préliininawc,- s.’'<Si'pri.rh(î>
ainsi : « Nous m’avons rien dit de riinpqrlanqeidet?Biiutoaue pullidlo-
gique, à laquelle on attache aujourd’hui tant de prix, et rjui a retidu
à l’art si peu de sertfkes véritables . Celte branche ‘de la pathologie ,
nial-à-propos'dcctiréo du nom de scietioc', pourrait être , utilo si‘oii là
bornait à la description des tissus'm(dddes\ietsi on ri’avait pas voulue
arriver par elle^ à la connaissance de la nature intime, des maladies ;
étudiée , comrne le font quelques modernes , elle fera ,.ct je ne crois,
pas l’expression. trop forte , rire de pitié nos désccudans , plus instruiU-
et plus sages, à force d’expériences.» Répétons-, nvéc M. Brcschct : que'
de blasphèmes en peu de mots !
(2) Dictionnaire, de‘ Médecine yp.Sr MM. Adciun , Béclard, Biclt y,
Brcschel, etc., tome IT, pages 217 et 218, ., , ,
1. • '
5^0 EX'iyaiÉi'rs
Iog,i&pky<sial0giqu6 du daoteuv Boisseau : Best donc pei'-,
rni» de se pire des traits , Mea ianooens d’ailleurs; , <|Heh
Mv GeBd,®îas’efroriGe de décocliep coatre elle. Ce médecin
a saHjs doute déjà lu l’texcelleùt. ouvrage dont je parle,;
peut-'être' même s’est-il déjà aperçu (jue le sieû n’eu est
tout au plus que la mauvaise parodiejit coup sûr du moins
il est maintenant tien convaincu qu’il connaissait la üon-
velle doctrine aussi mal qu’il la eombatlaifc Qu’il le rclisé
encore , qu’il le médite sans cesse:; peutélre qu’à force dq
frotter sa cérvellè , comme disait Montaigne!, cointre çéiHé
d’une Benne tête , il parviendra à se la meubler d’îdéeSî
justes, de jugemen® et: de raisonnemens sévères , et àiep:
chasser' les erreurs., Ifes sophismes et, les, subtilités qui;
l’obatruenli
M.: Géndirin aurait tort de se plaindre du ton de ina
oritîqiie ; je n’ai pas dit tout ce que je peuvais 'dire de son
ouivEaget sans cesser d’être vrai , et il est Une fqqle dé
propositicwas quoi j’eossé' été fort embarrassié de qualifier
poliirmat: Dî’ailfenrs; , ce médecin traite de vmisiraihl&s-,
py^mdks.^ ceux: dejses confrèces, qui osent doutèr de^qùpl-
q1ies^-uns: dès oracles deJ Cos j.ili appelle, les partisaiis, de ln
doctrine phyisiplogiqûfij, ; , scvvp,k$
imitateurs d’un .professeur-scwant et systématique , qui
ont. voulu acorédit^r^ Im sottises, les, plus ridicules, les
opinions les plus absurdes il uecuse d^ignorance les méi-
deciûs qui osent regardér comme des phtègtuasies céré-
lireles;, les, ficv,r6S.af^f,fclq^es.,. cé^,ébral^^^ etc.; or, je
n’ai parlé nulle part' de l’ignoranoe de. M^ Geudrin , des
sottises ridicules qii’îi 'veiit accréditer, une seule fois
j’qiJsissé écHappeP le mot absurde , ]e suis donc encore
loin de l’avoir imité,;, et cej^ndaflt , j’ eu. ayais le droit , car
quand, sans avoir été attaqué, on s’exprime comme l’a
fait ce médecin à l’égard de ses adversaires , Oü 'mérile au
moins peine du talion. L. Ch. Roche.
ET .AWAiVSBS.
5.7.^;
Mémoire sur i’ernpoisqnnement par tctcide oxaitqùe ;'
par MM. (^heistison , M.-D. j professeur de méde¬
cine-légale à l’üniversité d’Edimbourg , et C. IW.
QiOi^ï)}!,y, M--M. de Genève- , '
. Os s’accorde généralement à cpnsid éter les ,ppj,sp,fl5,
comme agissant sur récpnomle ;an|ima^e de trois maniées
différentes; : ij° un certfjin nomb re d’entr’enx agissent focale»
ment :; les uns , tels que les açid,es minéraux , affaiblis , et plu-,
sieurs végétaux âpres , en |rritant les,tiasiis, avec lesquels ils
soiiten Contact et en déterminant leur inflammatipn ;,le^
autres , tels que les acides minéraux conceirtrés,, , les, al¬
calis, etp, », en; décomposant jChimiquoment cgs. ,tiasus.
2,“ Une autre; série de poisons produisent sur les extrémi¬
tés nerveuses des parties sur lesquelles ils sont appliqués,
une imp,ression particulière qui est ensuite transmise au
cerveau par rintermédiaire des nerfs ; .ç’.est . amsi qu’agisr
sent l’alcohol , le tabac , etc. 5.* La striebnine * .lâ^^ippt;",
phine’ , et beaupoup; dl a utres ; Sfibalapces , yénénpuses
n’ont-tl’action sur l’écppemip qu’^ptjès avoir été absorbées
et portées dans le terrent. de la, circulation, :,|qlleS|agispept
alorsnr.ou sur le sang lai-même, , ou .spr . le système
veuX; ,■ QU ; enfin, sur quelque ;autjne organe impoptanb; , Euf,
fin neriaina PQMQPS put en , nrêipe;, temps jdçux .jpanièrp^
d’agir .5; ils .sont] absorbés;,, et; PoHent ajnsi lenr,ifl,^enco
dfilétèife sur . des organes , éloignés > , tandis' qu’ijs, ai^ctent
aussi localement les parties aYe,ç lesquelles 'i|s sojot . en copr,
tact, j telles son t plusieurs substances métalliques, j , , , , ^ 1 5,.^
; . Quelques: auteurs ont ; rangé l’aP-Wp! oxalique i parmi Iqs,
poisonsîéorrpsifs ;, et pensent, que;8oni action, est, pprqtnenfc
loca.let d’autres,, outre'Çette;aptipn locale,,, lui.,p(,}y;ibuept
37..
5fS EXTRAITS
un effet sympathique sur le cerveau. Celte divergence
d’opinions a engagé les auteurs de ce Mémoire à entre¬
prendre une série d’expériences pour déterminer le mode
d’action de cette substance sur l’économie animale. Ces
recherches sont d’autant plus intéressantes que , depuis
quelques années , ce genre d’empoisonnement est devenu
très-fréquent en Angleterre. Une des causes principales de
cette fréquence tient à ce qu’on peut assez facilement le
confondre avec le sel d’Epsom , dont l’usage comme pur¬
gatif est très-répandu dans ce pays.
Les auteurs ont divisé leur Mémoire en deux parties :
dans la premièré , ils rapportent les expériences qu’ils ont
faites sur l’action de' l’acide oxalique; dans la seconde, ils
font l’application des résultats ainsi obtenus à l’empoi-
sorinement cBez l’homme.
' Première partie, — La première question qui se pré¬
sente à résoudre est de savoir si l’acidé oxalique appar¬
tient exclusivement à la classe des poisons corrosifs ; dans
ce cas , il devra toujours, comme les autres substances
de ce genre , agir en raison directe de sa quantité et de
son de^é de concentration.
Pour déterniiùer ce point, MM. Ghristison et Goindet
injectèrent dans l’estomac 'd’un chien, une demi-once
d’iicîde oxalique dissoute dans deux fois son poids d’éau , à
i 3o° F. '( 54° cehtig.'7 . et passèrent uné ligaturé autour
de l’œsophage. Deux minutes après , l’animal fit des efforts
violons de vomissemens qui durèrent pendant dix minutes.
Là respiration était laborieuse et fréquente.. Au bout de
seize minutes elle devint éoürte et intefrompiie ; la tête
était péndante ; l’animal aba ttu , mais cependant il conser¬
vait toute sa Sensibilité. Enfin il témbà tout-à-coiip sur le
côté, et vingt-üne minutés après l’expériéncé il -mourut à
la suite de quelques mouvemenS* convulsifs. Pendant ces
convulsions, on né pouvait sentir aucun 'inoüvèment
ET ANALYSES. SjS
du. cœur , et lorsqu’on ouvrit l’ànlmàl , aussitôt après la
mort , le cœur n’était plus susceptible de se contracter.;.
Cette expérience fut répétée plusieurs fois de la-inême
manière , et en variant la dose d.Si poison. On obtint con¬
stamment des résultats analogues / dont voici lés, plus re¬
marquables :
La violencedes efforts de vomissement était proportion¬
née à la quantité' du poison. Lorsqu’ils étaient- très-vio-
lens , ils cessaient promptement; quand, au contraire ,
ils étaient ou moins fréquent, ou moins violons, ils du¬
raient souvent pendant plus de deux heures. L’animal était
toujours dans une vive agitation , et conservait sa sensibilité
jusqu’à l’époque où il tombait sur le côté ; il mourrait alors
aussitôt etordinairement sans aucun mouvement convulsif;
En ouvrant l’animal immédiatement après la niiort, on
trouva constamment l’estomac remplijd^un fluide noirâtre ,
qui ne paraissait être autre chose que du sang extravasé
altéré par l’acide , et peut-être mêlé à un peu de bile. La
membrane interne de l’estomac était d’un rouge-cerise ,
présentant ordinairement des stries noires et des granula¬
tions. Ces altérations étaient toujours beaucoup plus, pror
fondes vers le pylore et le cardia , què. dans : les autres
parties de l’estomac , et c’était sur-tout le grand cul-de-
sac de cet'orgàne qui paraissait le moins affecté, wLa, cor¬
rosion et la rougeur étaient toujours plus intenses, sur la
saillie de rides de la membrane muqueuse que dans leurs
intervalles, qui, quelquefois , étaient presque dans l’état
sain. Lorsque l’action locale du poison était plus forte ,
l’épiderme de la membranç muqueuse était détruit dans
toute la région cardiaque et sur toute la partie postérieure
de l’estum'ac ; sur l’antérieure , il n’en restait que quelques
plaques isolées, d’une couleur brune et d’une fragilité
remarquable. IJans un cas , la surface du chorion de la
membrane muqueuse , près de l’orifice cardiaque ^ était
ramollie.
Syi ÉXÏftAÏTS
irpftratt-dôûC , d'après tés faits , que racidc oxalique
très-ijonceutté et pris en grande quantité produit une
extrâvasation considérable de sang dans l’estomac , une
érèsîoh dë l'épiderme de la membrane muqueuse, et
qnëlqüéfois , nàais rarement , un ramollissement du
cborion.
Én'examihant les effets des poisons corrosifs, il est
très-^essentiel d^distînguer ceux qui rés'ültent d’une action
chimique , de ceux qü’oü doit attribuer à la réaction
vitale.' Pour y parvenir ^ il èst nécessaire i d’abord , d’exami¬
ner immédiatement après la mort les altérations pro¬
duites sur les tissus vivans , et ensuite de les comparer à
Celles qui ont lieu dans les mêmes tissus privés de vie par
l’action de la même substance.
Voici les résultats des expériences faites par les auteurs
pour arriver à la solution de cette question :
1'.“ L’acide oxalique Concentré rend l’épiderme de
la membrane muqueuse de restoœac trèsÆagile et
moins adhérent ; il dissout les autres tuniques de cet or¬
gane 5 mais pendant la vie cette action ne s’étend jamais
an-delà de la surface du chorion , et même rarement aussi
loin. Ainsi , pendant la vie, il occasionne l’épanchement
du sang dans l’épaisseur dès tissus et dans la cavité ^de
l’estomac, mais très-peu d’altérations chimiques; son
action se rapproche donc beaucoup de celle des irritans
proprement dits.
2.” Gëtte substance agit avec tant de rapidité star les
tissus anitnaux privés de vie , que si on diffère de quel¬
ques niinutes l’èxamen du Corps d’un animal qui a suc¬
combé h Ce genre d’empoisonnement , on trouve le cho.i
riori , et même les autres tissus de l’estomac , dissous par
l’action de l’aCido ; effet qui est également prodmt , quoi¬
que plus lentement ..lorsque l’acide est.éteipdnd’eau,
â.°Celtè action n’est pas due à une double décomposi-
et ÀÎIAITSES. 5^
tioa de l’ecide oxalique et des tissus derestomac , comme
M. Thomson l’avait pensé ; ce n’est qu’une sin^é diss©fr
lution, dans laquelle ni l’acide , ni les principes itirmé?
diats des tissus de l’estomac n’épioijvent aucune altéra¬
tion ; la partie ainsi dissoute paraît être la gélatine.
Ayant ainsi déterminé le mode d*aotion de l’acide oxa¬
lique très-concentré , les auteurs recherchent ensuite si ,
en réiendanl d’eau , les propriétés vénéneuses de cet acide
sont diminuées ou mémo détruites, comme cela à, lieu
pour les poisons irritans en général.
D’après les expériences qu’ils ont faites à cct égard , ils
concluent qu’une petite quantité d’acide oxalique dissoute
dans une très-grande quantité d’èau , tue l’animal dix ou
douze fois plus vite que lorsqu’il est très-concentré. Des
symptômes que nous décrirons plus bas , très-diflércns de
ceux que nous avons déjà indiqués, se manifestent alors , et
prouvent que dans ce cas le poison n’agit pas seulement
qprome un simple irritant.
Ces effets peùvent-dlg être regardés coirime sympa¬
thiques > et attribués à une impression particulière trans¬
mise de l’estomac à des organes éloignés par l’intermé¬
diaire des nerfs ? Pour résoudre cette question ; les au¬
teurs ont fait des expériences dont nous allons rapporter
les résultats.
La section des nerfs qui se porte du cerveau à l’esto¬
mac , retarde considérablement les symptômes de l’qm-
poisonnement par l’acide oxalique très-concentré. Il n’en
est pas de même lorsque cet acide est étendu d’eau j car
alors, quelles que soient les impressions transmises au cer¬
veau par ces nei’fs , elles ne paraissent avoir aucune in¬
fluence sur les symptômes ou les suites de ce genre d’em¬
poisonnement. Ën effet, les phénomènes sont les mômes ,
que ces nerfs soient coupés ou qu’on les laisse ihtafets. Il
semble dône que la mort résultant de racliou do l’acîtie
576 . EXTRAITS
oxalique , ne dépend jamais de l’impression transmise
sympathiquement au cerveau , si ce n’est dans les cas
extrêmement rares d^une désorganisation locale très-
étendue.
On peut en outre tirer de ces expériences une con¬
clusion qui s’applique aux empoisonnemens en général ,
c’est qu’une action sympathique résultant d’une lésion
organique, peut être produite avec une rapidité que jus¬
qu’ici on n’avait pas même soupçonnée.
Puisque , dans la plupart des circonstances , on ne peut
rapporter les effets de l’acide oxalique ni à la désorgani¬
sation chimique de la partie avec laquelle il est en contact,
ni à une action sympathique sur le cerveau , il ne reste
plus qu’à savoir si c’est par l’absorption que cette sub¬
stance affecte des organes éloignés. Dans cette vue les au¬
teurs cherchent d’abord à , prouver l’absorption de ce poi¬
son; en second. lieu, ils examinent quels sont les organes
sur lesquels il porte alors son influence. ^
1. "'Qu6l que soit le tissu avec, lequel: on mette l’acide
oxalique en contact , qu’on l’injecte dans! le canal digestif,
la plèvre , le péritoine ou le tissu cellulaire , ses effets ,
offrent toujours les mêmes caractères principaux,
2. ° L’énergie avec laquelle ce poison agit est à-peu-
près proportionnée à la rapidité avec laquelle il est ab¬
sorbé ; eû effet, une quantité d’acide oxalique qui fera
périr un animal en peu de temps , lorsqu’on l’applique
sur une membrane séreuse , pourra ne pas être suffisante
pour tuer un animal d,e même volume , si on l’introduit
dans l’estomac. Injecté dans les veines , soii action est
encore plus prompte.
5i° Lorsqu’on l’applique à une partie qui. ne commu¬
nique avec le reste du corps que par les vaisseaux san¬
guins , les autres parties ayant été divisées , les effets gé¬
néraux du poison, se manifestent avec autant d’éuergie
ET ANALYSES. 577
et de promptitude que dans les autres circonstances.
4.° Enfin , une dissolution d’acide oxalique îtljectée
dans la plèvre ou le péritoine disparaît bientôt complè¬
tement.
On ne peut donc douter que l’acide oxalique n’agisse
sur l’économie animale , par l’intermédiaire de l’ab¬
sorption. * • .
Ces faits ont conduit tout naturellement MM. Christison
et Coindet à rechercher la présence de cetté substance
dans le sang , et à examiner quels changemens elle fait
éprouver à Ce liquide.
En traitant isolément les différens principes constituons
du sang par l’acide oxalique , ils ont observé que c’est . sur¬
tout sur la matière colorante' de ce liquide qu’il porte son
action. En le mêlant à du sang récemment tiré de la veine ,
il le coagule très-promptement. L’hydrochlorate de cha^
peut décéler facilement l’existence d’un seul grain d’acide
oxalique dans le sérum d’environ deux onces de sang
ainsi coagulé, • * ,
*11 n’en est pas de même lorsqu’on analyse le sang d’un
animal mort à la suite de l’injection de l’acide oxalique
dans les veines , ou de l’absorption de celte substance; il
est impossible alors, par les réactifs les plus- sensibles , de
découvrir aucune trace du poison ni dans le sang, ni dans
la bile , ni dans le chyle contenu dans le canal thoracique
ni les autres fluides animaux. Les preuves nombreuses et
irrécusables de l’absorption de l’acide oxalique, rendent
ce résultat d’autant plus étonnant,* que rien n’est plus
facile que d’en retrouver même les plus petites quan¬
tités lorsqu’on les mêle à du sang récemment- tiré. Il
est donc probable que ce poison est ■ décomposé par une
action vitale , et ' forme avec les parties constituantes du
sang des composés nouveaux qui. ne contiennent pas d’a¬
cide oxalique. Quoique les auteurs ri’aient pas déterminé
S.78 . ÆXTBAIÏS
si ce tte décomposition alieu dans les capillaires au moment
de l’aflsorption , dans les gros vaisseaux , ou dans les pou¬
mons , ils sont cependant portés à croire que. c’est dans
ces derniers que ce phénomènè a lieu , et que se forment
les composés particuliers auxquels on doit attribuer les
symptômes de l’empoisonnemept.
La dernière question que les a*uteurs ont examinée dans
Cette première partie , est tle savoir sur quels organes
l’acide oxalique porte principalement son influence délé¬
tère. On ne peut y parvenir qu’en observant attentive¬
ment les symptômes de cet empoisonnement elles altéra¬
tions cadavériques qui en sont la suite. Les symptômes
varient suivant la quantitéet le degré de concentration du
poison , suivant le tissu avec lequel il est en contact , et
■enfin suivant l’espèce de l’animal soumis à l’expérience.
§’est sur-tout lorsque l’acide oxalique est administré de
manière à ne faire périr l’animal qu’au boutd’une heure , ou
même plus , qu’on peut voir distinctement les symptômes
caractéristiques de ce genre d’empoisonnement. Voici les
plus remarquables : efforts violens de vomissemens , légère
roideur permanente des pattes postérieures , têté pen¬
dante , aspect triste et abattu , pbuls faible et fréquent ;
à-peu-près en même temps l’animal éprouve des paroxys¬
mes' d’une gêne dans l’inspiration , qui paraît dépendre
d’une contraction des muscles respiratoires qui survient
avant que la dilatation de la poitrine soit complète. La
roideur des membres postérieurs augnaeute ; ils devien-
nenf insensibles , et quelquefois paralysés. De temps en
temps l’animal rejette sa tête en arrière : sa démarche
semble i;oide; il ne paraît pas être maître de ses mouve-
.menSi A mesure que l’ocliou du poison augmente . le
spastde des musclés respiratoires; augmente lellement ,
qu’à la fin de chaqueqwroxysme la respiration eSt sus¬
pendue pondant un certain temps. Ordinairement alors la
ET AN ALVSiE s. 579'
tête , là queue .et les extrémités sont plus ou moins ren¬
versées en arrière, jusqu’à simuler quelquefois une attaque
violente d’opisthotonos. Pendant les intervalles des pa¬
roxysmes, la respiration est fréquente , et les contrac¬
tions du cœur sont faibles et accélérées ; dans un seul cas
cependant elles étaient tellement fortes , : qu’elles se fai¬
saient entendre assez loin de l’animab! L’insensibilité >
jusqu’alors bornée au train de derrière , s’étend au
tronc , aux pattes antérieures » et finit par gagner la tête.
A mesure qu’elle s’avance , la respiration devient moins
fréquente , les accès spasmodiques deviennent moins mar¬
qués, et enfin cessent entièrement» Pendant un certain
temps , on peut les faire reparaître , éü frappant l’animal
sur le dos ou ïes pattes. Mais enfin il tombe dans ufi état
de coma profond, accompagné d’un relâchement complet
de tous les muscles du corps. Les mouvemens du cœur
sont alors à peine sensibles ; la respiration est lente , régu¬
lière ét courte , et s’alËiiblit de plus en plus, jusqu’à ce
que la vie dé l’animal s’éteigne presqu’insensiblement. •.
Ges symptômes peuvent varier considérablement , .sui¬
vant la dose du poison» Si On l’augmente j les eidets Se
rapprochent, sous beaucoup de rapports j de ceux que
produisent la brucine et la strychnine ; ils, en difièrent par
l’action que l’acide oxalique' éxerbe sur le cœur. Lbrs^
qu’au contraire la dose est moins forte j l’animal éprouve
de la roideur dans les pattes postérieure^ ,. une espèce de
somnolence, mais ni insensibilité ni même paroxysmes
spasmodiques, et ordinairement il se rétablit plus Ou moins
promptement. Les 'dilTérens degrés de boncênti'.alion dé
cet acide produisent des modifications semblables dan§
les symptômes ; plus il est étendu , plus ilàgit avec force.
En ouvrant l’aniinal immédiatement après la , mort , on
ne trouve aucune altération remarquable ni dans le cer¬
veau , ni dans lés viscères abdominaux. Les poumons pré-
TS •
58o EXTBAI
sentent toujours , excepté quand la mort a été très-
prompte , des taches d’un rouge vif à leur surface; quel¬
quefois même tout leur parenchyme'ést uniformément de
cette couleur. Il -n’êxistô- cépendaht d’épanchement ni
dafts les cellules aériennes , ni dans le tissu cellulaire.
Dans les cas oh la mort survient aivant l’époque de l’in¬
sensibilité, le cœur, examiné deux ou trois minutes après,
ne présedte plus de pulsations et n’est plus contractile ; le
sang des cavités droites estnoir, celui des cavités gauches
est vermeil. Lorsque l’empoisonneùiènt a eu lieu plus^ len¬
tement, et que l’état comateux a existé pendant, un cer¬
tain temps avant la mort , le cœür , quoique ses contrac¬
tions soient très-faibles, continue de battre pendant quel¬
ques instans après que la respiration a cessé : alors le sang
est d’une couleur noire dans -les deux systèmes vascu¬
laires. Ôn observe quelquefois entre ces deux extrêmes
une variété intermédiaire de cet empoisonnement.
Il est donc évident que c’est sur la moelle épinière, le
cerveau,' le cœur et les poumons que l’acide oxalique
agit. D’après l’ordre dans lequel les symptômes se mâ-
nifestent , il paraît que le cœur et les poumons ne
sont affectés que secondairenient par l’intermédiaire du
système nerveux sur .lequel porte l’action primitiva
de l’acide oxalique. En effet , les premiers symptômes
qu’on observe est la contraction spasmodique , ou quel¬
quefois une paralysie des pattes postérieures qui s’étend
ensuite au tronc; l’animal devient insensible; ce qui in¬
dique clairement le commencement de l’affection céré¬
brale. Les fonctions du cœur et des 'poumons ne com¬
mencent à être troublées qu’au moment où l’insensibilité
se manifeste ;.les pulsations du cœur sont alors faibles et
accélérées, et la gêne de là respiration amène les symp¬
tômes d’une asphyxie incomplète. Lorsque la dose du
poison est petite , le cœur est moins affecté; les signes de
ET ANALYSES. 58l
i'affection cérébrale sont plus développés , et se terminent
par un simple coma ; enfin Panimal meurt lentement as¬
phyxié ; si , au contraire , la dose est assez forte , l’action
du c(Eur est détruite tout-à-coup avant que les symptônies
du coma ou de l’asphyxie se’ soient manifestés.
MM. Christison et Coindet ont fait quelques expériences
pour déterminer si lës acides tartarique et citrique agis¬
saient d’unè manière analogue. A la dpse d’un gros , et
dissoutes dang, douze parties d’eau*, ces substances ne pro¬
duisent aucun effet sur des chats.
Nous allons rapporter textuellement les conclusions
par lesquelles ilà terminent la première partie de ce Mé¬
moire :
1 . “ L’acide oxalique très-concentré , 'introduit à hautes
doses dans l’estomac', irrité' ou'î corrode cet organe en
dissolvant la gélatine de ses membranes. La mort a lieu
dans Ce cas par' l’affection ‘sympathique du systèmé
nerveux. •
2. "Etendue d’eau, cette substance iest absorbée et porte
son influence sur les organes éloignés;'; elle n’agit alors ni
en: irritant l’estomac , ni sympathiquement. Toutes choses
égales d’ailleurs, son action est plus rapide lorsqu’elle est
étendue d’eau que lorsqu’elle est concentrée. ;
3. ° Quoique: ce poison soit absorbé j on ne peut le re¬
trouver dans aiicu» des liquides de l’animal; probable¬
ment parce qu’il' est décomposé, eri passant par les pou¬
mons, et que ses élémens-se combinent avec le sang, ;
4*" II agit directement comme sédatif. Les organes spr
lesquels il porte son influence , sont , d’abord la moelle
épinière et le cerveau ,; ensuite ^ et secondairement ii jles
poumons et le cOeur. Enfin la cause immédiate de la mort
est quelquefois: uhè;'paralysie du cœur , , d’autres fois ujne
asphyxie » ou enfin ces deux affections réunies. ,
. H. M. Edwaeds., ,
( La deuxième partie au Numéro prochain, J
5&2
EX.ÏIl'A,! X 9,’ .r
Traité de la clavelée , de la vaccination .et de la clavéli^
sationdes bêtes: à laines. ^^^par M. HuB,TKEi--i)’AnBOVAL.
Vees Ib milieu du dernier siècle j lor^ue la France, tirait
encore de l’étrangèr les laines flnes employées à . la fabcir
cation de ses draps s lesi moutoiïs et leuRstnaladies n’excî--
taient qu’un faible degré : d’intérêt >;SQit que, l’on ne dab
gnât pas donnér de grainds seins b de»' «nimaiix destinés
pour la boucherie , soit que les maladies fllsseét à^a-fois
peu fréquentes et peu meurtrières sur les moutons :,.ii}dir
gènes: déjà :aceliniaiéa etüdi’un / tempéiftffiiienlt.yig'pureux.
Ce ne fu't qu’à, l’époque; de l’introduction des jmérinos que
cette: espèce devint un objet de qàelqüe importance. Dès
lors sejdeùient oii;, parut» s’apercéyoir; qu’elle était sUr
jette à une multitude d’aflèclions plus ou moins gravesj
on sentit la nécessité de lesi.observer, soigheuseraenb.* et
Ton ne tarda pas à: se 'convainémiqu’il n’en étaîtpoint
dans le riombré dont: l’étUjttet ' :fut i i aussi ' intéi'éssan te ; que
cellêdeda dâvelèçy-i i-:') noilor i;o8 ,in;. ,! ' ; i.
Très-meurtcièrèf!lj(®sqH’èlier!è:st : confiée! à des’ mains in¬
habiles; pettdangeréused'^aüi contraire lorsqu’on lui ap¬
pliqué dès le prinGipe un tràiiteilaent jnéthodique ^ cette
mâlàdié fixa bientâtil’atténtioiEf Don-seulément des ivétéBi-
nairesS’tnsds' encore dèéiimédecins frappés de sa resseniT
Mance ayec laivariolé. On vit éclore succèssiyeinen,t\les
observatïonsi db iBarberet,' Paulet, Vicqrd’Azyr * Bourr
gelât jf et, àmberépoque plus rapprochée de, nous j celles
dé-iGllbert, dé MMi ;V:oisinii ; Girard :i:Guer3ent,vBieti(s,
CéC; Mais leurs’ épuseules^i remplies d’ailleurs d’excellentes
remarques-^ sent; tous incomplets sous quelques rappérts>
etil màftqüait ençoréià la -médecine vétérinaire un traité
ET ANALYSES. ' 5,83:
qui réunît tout.ce que l’on a dit jusqu’à présent sur lana^
ture et le traitement de la clavelé®,
Le désir de remplir cette, lacune, paraissant seul avoir
guidé M., d’Arboval dans son travail , nous nous bornerons
à examiner s’il a fait, un cbpix j udicieux des matériaux
épars, qu’il a puisés, dans les différens auteurs.
Le, développement des pustules claveleus.es est toujours
précédé p.ar une irritation de la muqueuse gastro-pulmo¬
naire et par un mouvement fébrile d’autant moins pro¬
noncé que les , individus sont plus jeunes. Cçtte fièvre
semble être, à M. d’Arboval , le principal caractère de la
maladie, et il se fende sur cette observation curieuse,^
qu’elle paraît suffire , même sans éruption , pour mettre'
les animaux à l’abri d’une infection nouvelle. Quant à là
fièvre secondaire , efté est, comïüe d'ans là varioïè de
rhoinroe, un effet de l’Srysipëlê pioduit par les pustufes,
et l’on doit toujours attribuer à là Violence de cet érysi¬
pèle l’adynamie qui'ne survient que trop feüvenl.à la suite
dés clavelées confluentes. ‘ \ ‘ ‘ ' ' ' ' '
Gés observations rènfêrtnent ütie" application assez heu-^
reuse de quelques propositions' dé M. ‘^’èroussais. ' ‘
La clavelée , ainsi qué le remarqué M.'d’Arbovâl,; ne'
doit jamais inspirer de crainte pliis sêrîéüsç que lorsqUe
l’éruption se porte violemment vers la têtè, et il ést cù-
rieux de rapprocher Cette observation de celles faités' sur
les Cadavres des animaux morts dès sûïtes dé cétte mala^
die , par Barberet, , Gilbert , Làmeyrap et M, d’Arbèval
lui-même. Pilon seulèment lës müqüeliseS , digestives et,'
aériennes présentent dé fortes tràcéé ' db'hflàthmatién ‘ v
mais l’arachnoïde est rouge et épaissie , les sfrifris'Cëéébratiîxi
gorgés' etla sUbslànce cérébrale- jaüi!ïe''et difflué!iteiüce
qui! indique évMémment une cowplioatïon: dlèhcépha-
lit®.: •
Paulfet et Bourgelnti,' tout én attribuant à là ciavejiée le
584 * EXThAITS'
caractère- épizootique et contagieux , pensent qu’elle peut
se développer spontanément.
M. Huzard fils , pour appuyer celte opinion , dans son
esquisse de nosographie vétérinaire, se sert, à défaut
d’autres preuves, de ce raisonnement ;
« La première fois , dit-il , que la clavelée s’est mon-
D trée , elle a dû être spontanée , et , si elle a été une fois
O spontanée , il n’y a pas de raison pour qu’elle ne le soit
J) pas une seconde. ».
Toutefois , il est peu de cas où l’on ne puisse établir
d’une manière, sinon positive, du moins très-probable ,
les voies par lesquelles la clavelée s’est introduite dans les
troupes de bêtes à laine.
D’après Edouard Harrîsson , et au rapport de tous les
auteurs Anglais , la clavelée n’a jamais pénétré dans la
Grande-Bretagne , ce dont rendent facilement raison la
position de ce royaume et les mesures sévères employées
contre l’exportation des moutons étrangers. Dans la plu¬
part des provinces de France , la clavelée ne revient épi-
zootiquement que tous les dix pu quinze ans , tandis que
ces retours sont plus fréquens dans les environs de Paris,
où il y a beaucoup, de passages et où il se fait un com¬
merce considérablé de bêles à laine* Dans certaines par¬
ties des montagnes d’Auvergne , où l’on n’élève les ‘mou- .
tons que pour engraisser la .terre, pn leur attache si peu
de prix que l’on ne prend aucune précaution pour les
•garantir des maladies contagieuses ; aussi la clavelée ne's’y
éteint jamais et fait; régulièrement chaque année les plus
grands ravages. •
jOn doit donc croire que, dans tous les cas possibles
la clavelée se développe par voie 4® contagion , et: que ,
l’insuffisance des moyens d’hivestigation a pu seule , jusj;
qu’à présent , laisser du doute dans quelques circonstances.
et ANAi^ysçs. i5g5
Quoique nous soyons, conViaincti? , ayec M-, d’AirJboval,;
et d’après les expériences de M. Girard;, ! que la sérosité
contenue dans les boutons claveleux .est le; ■principe le
plus actif de çotuinunication dé. la maladie et lennieillsur
claveau que Ton püisse prendre poür inoculer j; nous ne
partageons pas, son opinion relativement: à i’innooülté'.du
sang et des croûtes, piistuleusès.:*N;ousnous sônlmesisou-
vent servis de ces matières , et presque constammept.lQrs^
qu’elles n’étaient pas tout-à-fait sèches., la cjavelisation. a
été suivie de succès'. :■ ' • ■
Cette maladie est-elle héréditaire? :On: ne peutsr.déP.S
l’état actuel de la science ,;décider, cette questipnti«lamai8 >
à la vérité, nous n’avons vu d’agneaux naître aiVép. la c)aj-
velée"; ils ne nous ont paru. eu être atteints que, iqijelqup
temps après la naissance ; cepei|^ant ,, des; yétérjinairies;,, çit
tent des exemples contraires. Vitet^a plus loin,:,,ila(]Sr(pq
que les agneaux ,; nés de mères clayeleuses,, :sQntj^^-lprs
comme, elles ex;empts de la maladie et inaptes ^Ja.po^téépï
ter dans .quel.qucs circonstances qu’ila se .trouvent.
boval a donc sagement fait (le;nei pas.se P''®ûon,çe;i;,sùj' Pp
poir^ ,, ;que de nouvelles observations peuvent squle^^m'ettré
horS: de (loute.i ■ T
Il restait, pour compléter l’article .important, de Ip con¬
tagion , à déterminer pendant combien, de tqmps .enpQre j
après leur guérison , le contact; dgs, animaux clpyelepxpput
comniuniq.uer la maladie , et, l’autnar nous , pjijsenïblé se
trouver, ici en contradiction manifeste ayec.^luf^même.
Comment en effet^, accorder ce .qu’il a .dit .plus,, haut
toubhant l’innocul,té, des croûtes. et .du,; snng qvçppCe ,qi^’ÿ
avance maintenant que le contact est dangereux pep,dant^
une année encqre après que la inalàflmpsttoutTh .laitétqinte.
Les.expériencqs de M.; Girard , père,, jiles résultats;, fie la
vente du . troupeau de Bambouillet .faite, eir ;i
mois seulement après ;la disparition, cpipplètc . de., la filaYpr
1. ^ ■ ' ' ' . '''58 ' '
S8Ô EXî^RAiîs
(ïétruiseilt Cette ôpiaioiS j démentie d’ailteùf s pâr l’ob-
Sétvation jotifnaliérè.
Aptes &1>oir passé oü fé^ùè les priüfcipaux moyens cu-
mifs proposés Contt-ë la clavëlé'é, M; d’AtboVal conseille
avec beaucoup de raison de fônoncët à l’emploi de la sai¬
gnée dans lé plus gtand übifibre des cas et d’y suppléer
pat Un régime diététique adoucissant. La faiblesse de là
bête a laiüo, là mollesse et le peu de vitalité de ses tissus,
rendent les évacuations de sang presque constamment
nuisibles, même dans les cas où elles semblent tout-à-fait
indiquées i et l’on tomberait dans une étrange erreur si
on Sé guidait toujours j dans le traitémënt de ces maladies ,
par les ObserVàtîons d’attatoinië pathologique. Il n’est pas
,Uhë seule affection dans cet animal , même celles où les
forces Sont le plüS épuiséfes J comme la pourriture ou Ca¬
chexie âqùéüsë , à la sùîte desquelles les muqueuses gastri¬
que et iritëStindlé Uë SOibht fOüges et phlogosées, et , mal¬
gré Cettë apparericé J înOii Seulement la saignée, mais les
délayanS ; SÜiétiënt inévitablement une exaspération dans
les SymptoiâfeS de la maladie. N’en pourrriit-on pas con-
élürë que cettfe faiblesse elle^même prédispose à l’in^am-
mationqui, moins intense à la vérité, doit être plUsfrë-
qüenté -, par cela même que les individus sont plus débi-
léS P G’est sans douté àüsSi par une raison semblable qUe ,
dans un Individu soumis â des causes d’irritatiOh , l’orgaüe
le plus faible est toujours préféraBlement enflammé.
Le bon effet de l’emploi des toniques dans les maladies
des têtes à laine , nous Semble venir àj’appui de celte opi¬
nion , qui est d’ailleurs, celle dë plus d’un praticien dis-
» tingùé.
Nous ne pouvons admettre, avec M. d’Arboval, que
l’emploi des sétons doive êtrejamais recommandé. Le tissü
cellulaire , très-peu vivant dans le moutoriet toujours bai¬
gné d’une grande quantité de fluides, suppuré difficile-
ET"l'N4.'Liir^ils. ^ 581^'
ment : aussi l’appiicatibu de- ctf moyen thiéta^tePtique V .
comme celle des vésicatoires, ,est trop souvent suivie du
développement de tumeurs charBonüeu^es pbür ,êtré re-
côniiiiaüdée , quelque résultat qû’onén attèndé. Ce peu
d’orgiaüisation du tissu lamineüx' indique aussi là nécessité
de s’abstenir dé porter riastruïnettt trancliant sur la péâu '
de cet animal , les bourgeons cellüïo-vascülàires rie peu-'
vent sé former , et quand' la ‘gari'grëriè rie survieùt pris
iriimédialement , la plaie né tardé pas ri-së convértü' én .
un ulcère qui n’est Jamais suivi’ de cicatrisation.. ■
li’analogie frappante de la clàv'ëléë avec la variole est
tellb qü’il'ne semble y avoir dé différence éntre ellérique
cellésqu’y apportent et la téxtürë de lapéau elle tempii-
rament des individus. L’érüptibn dés boutdns , leur foririé,
leur nature , leur rpode d'e, développement et de terminai¬
son , la fièvre qUi les précède , lès'aCcompagnéet les suit i,
sont lès mêrrieS dans l’unè et dans l’aUtre. Ôri dut donc '
croire que là vaccine serait le préservatif de la clàVe^éé
comme elle j^êtaif de la variole', et le peu* dé' rérissityi
des expériences tentées à ce sujet , ne dût pas exciter üîi
médiocre étorinëirierif. Nôus avons toujours , poür' C'ëtte
raison , hésité à ajoule|i pleirië et entière confîàrice ariît
conclusiénS de M. Vbisîri. ; AnsSr, regrettons-ribus’ qrie’
M. d’Arbovalj qui seprbUbricé en faveur de cëttéo'pjhjpfa.,
n’ait fait lui-même aucun essai 'pôüt' arriver rillh'’sèld'tiéri'’
d’unë.question*aussi iniportanteél'quTne ribUS Séiriblépris
encoré tbut-à-fàit décidée. QU’ori'IîSe bien, atteÜtiVèinënt
l’exposé de toutes les expérièncëS dè MMi ‘Voisin , TèS-
sier , Hüsson ,; Cbéümoritel , etc; , ëb il sërâ facile dé se
convaîncré qtte le , travail qui suit làlvriccibation n’a pas
été le iriême que Chez' rbommè. Pour étà'bîir sans réplique ,
que la .vaccination rie préserve pas de la clriveléë , il
faudrait qu’une séirie d’èxpériericës eût été faite diécctë-
iricnt dë la vache au ihéülèn , car ori périt penSdr qiie lé
58..
588 EXTRAITS
virus vaccin en passant par l’homme subit quelqu’altéra-
tion.
L’observation faite en i8o5 par la Société, d’ Agricul¬
ture de Versailles ; « que les bêtes à laine , antérieùre-
» ment atteintes de la clavelée, sonttout-à-fait inaccessi-
»bles à l’action du vaccin», et les succès obtenus sur
quelques troupeaux , doivent faire espérer que de nouveaux
essais seront peut-être suivis d’un succès plus heureux.
Les avantages de la clavélisation , la manière delà pra¬
tiquer , les heureux résultats dont elle est suivie , la nature
et le traitement des tumeurs gangréneuses auxquelles
elle donne lieu quelquefois , sont développés avec mé¬
thode et clarté. En un mot, l’exposé des faits , la des¬
cription des symptômes , le plan du traitement annoncent
un bon observateur , autant que l’analyse et le choix des
opinions diverses indiquent un elprit judicieux. Nous n’a¬
vons , sous tous ces rapports , que* des éloges à donner à
M. d’Arboval ; qu’il nous permette maintenant d’ajouter
quelques observations à celles que nous lui avons déjà
faites. • . , ’
L’épiderme n’est point, comme il. le dit, une matière
vivante qui, ne recevant pas des^g dans l’état naturel,
peut en être remplie par l’effet de mille circonstances.
La peau du mouton n’est pas douée d’une grande sensi¬
bilité. Tout prouve , au contraire , qu’elle est très-peu or¬
ganisée et très-peu sensible. #■
■Le suint est une sécrétion folliculaire et non pas le» pro¬
duit de la perspiration, cutanée.
Enfin , on peut reprocher à l’auteur d’être un peu diffus ,
de s’être surtout trop étendu sur l’histoire d’une épizootie
claveleuse qui a régné dans le Pas-de-Calais , et d’avoir
fait dans ce chapitre , non pas une discussion scientifique ,
mais bien une note justificative de sa conduite. . *
Tel qq’il est cependant , et quoique l’auteur n’ait près-
ET ANALYSES. 689
que rien tiré de son propre fonds , cet opuscule peut être
utile. Il ést, sans contredit', le plus complet que nous
possédions aujourd'hui sur la clavelée.
N. Girard , professeur d'anatomtÈ à l’Ecole
royale y étérinawe d’Alfort,
SC1ENCES*ACCESS0IRES.
Monographie du genre hkxxAo , ou description des espèces
de sangsues qui se trouvent ou qui sont en usage en
Piémont , avec des observations sur la génération et
sur d’autres points rfe l’histoire naturelle de quelques-
unes de ces espèces; par le professeur Hyacinthe Ca¬
réna , avec figures dessinées et coloriées d’après na¬
ture, (Memorie délia reale Accad. delle Sc. di Toriho.
Tom. .XXV , p. 273. )
L’histoire naturelle des sangsues intéresse spécialement
la médecine , et cependant elle est si peu avancée qu’on
en ignore lés principaux traitsV aussi arrive-t-il .qu’un
travail quelconque entrepris sur ces animaux conduit in¬
dubitablement If d’importantes découvertes.
Le mémoire dont nous donnons l’anadyse vientàl’appui
de cette assertion. jVj'unt fait quelques observations phy¬
siologiques et auatomiqîes sur la sangsue dite médicinale ,
employée à Turin pour la phlébotomie , et voulant déter¬
miner exactement à quelle espèce elle appartenait , M. Ca¬
réna a d’abord reconnu qu’elle n’était pas décrite par les
auteurs ; il a observé ensuite que cette sangsue ne se trou
vait pas dans les eaux du Piémont , mais qu’on l’apportait
de Marsfcillc et de Toulon ; enfin , il s’est assuré que cotte
même espèce n’était ni connue ni employée dans une par-
. SgO B^XjTKAIÏS
lie au moins déjà vaHée'îde Suze , Jans.|out Je .Cana-
vais et dans lé duché d’Aoste;’ mais que. celle ;.i¥ont ondai-
sait usage dans, ces ppoyinces différait heaucoup de la
précédente et habitait les lacs de ces diverses parties du
Piémont. À quelques légères différences près , celle-ci est
identique à une sangsue du nord décrite par Linné et
Müller sous le nom d’/imtdo medicinalis.
Voilà par c'onséquent deux sSngsues distinctes nommas
toutes deux médicinales , à cause de leur emploi dans l’art
de guérir , et il est probable qu’un examen approfondi fera
reconnaître bien d’autres espèces confondues ailleurs sous
le même nom.
Dans ses recherches , l’auteur ne s’est pas borné aux
espèces*qui sont de quelque usage dans la médecine., il a
recueilli toutes celles qu’il a pu rencontrer et en .fait le
sujet d’une .monographie accompagnée ..d’observations
très-curieuses sur Jes mœurs , l’accouplementet la repro¬
duction. Avanfd’entrer en matière , ilrelève une prreur
qui avait été introduite dans la science par M. Dana. Ce
: savant médecin avait décrit (Mém. de l’Acad. de Turin,
vol.'iii, p. 199, années 1762 — 1765), comme une es¬
pèce nouvelle de sangsûe, à laquelle il avait imposé le
nom spécifique , un animal que M. Caréna a
reconnu faire partie du genre planaire et appartenir au
Planaria torlaid® Gmelin. L’abbé Ray [Zoologie univer¬
selle, Pâtis 1788) et le docteur Vitÿt (Traité de la sang¬
sue médiciwa/e, Paris, 1819) , Re fondant sur l’autorité
de M. Dana , avaient également donné celte planaire pour
une sangsue.
M. Caréna passe enfin à l’étujJe des espèces de sang¬
sues au nombre de dix. Parmi ces espèces , il n’en est
que deux employées pour la phlébotomie; on ^pourrait
donc , à la rigueur,- ne s’occuper que d’,elle8 seules; mais ,
-s’il est vrai que le médecin , ne doive rester .ignorant à au-
et analyses. SgtJ.:.
cune des branches de la zoologie , la coiinaîss^pce ,appjo
fondie de certains genres lui est surtout indjspepsablelgrs- ,
que plusieurs des animaux qu’ils renferment gopt d’iijjj
usage, journalier dans l’art de guérir, Pour ce ;mo,lif n.OjUa
croyops u.tile d’ofirir quelques détails sur les différentes
espèce, a du geur,e aougsue.
I. Ilirudff ine^dipinalis. Link, Muel. (LongueurmoyenT
ne 36 lignes , l^ge,ur 3 et demie à 4 lignes). — - |Le des¬
sus de ceife .sapgsue est d’up be.a,u vect fopcé , garni de
part et d’autre de U’çis r.ajes rpussâtres ; la première (.en
allant de dedans e,n dehors) est à peu-près sans t^G]he,s;
la .seconde a des ta.ch.es uoires faites *en triiang^e , dont, les
deux ongles de la base, lOUfOde vers la partie postérieUiTe
de l’aniipal , sont un peu arrondis, e.t fe s.ocpmet dirigé
en ayant es^; aigu. La troisième ligue, reussâtre ,et .(rès-
étroite, est ,ep contact imnaédiat avet .une qualriènae
ligne noire ,et plus ]^ge; les deux bords de l’apimal sont
jaunâtres. A-
Le||entre est d’un yert clair tacheté de noir , boirdé è
droite et à gauche par les deux raies boires longitudinales
de la pa.rtie sup^ieûre. Les .cbuleurs , les raies et les m-
ches se prolongent dans le mêçne ordre sur le dbque.
Il existe quelques iudiyidus dont la membrane du yen-
tro présente autant de noir que de vert; mais , en général,
cette dernière couleur l’emporte sur.la première , ..et le.gas
contraire n’a jamais Heu. Quoiqu’il en soit, les deux raies
noires marginales subsistent toujours , et les taches noires
du centre diminuent, ou même cessent tput-àrfait vers
la bouche. ,
M. Caréna ♦apporte cette espèce à Vhirujdo.rne^ipjntflfs
de Linné et do Müller , en oHservant .toutefois.quHl exjste
entre elles quelques différence, s qn* > p’btont pas.cqpstan-
tesdaps le p.iusgifapd pppijjco des in<liyidps qu’il a observés >
ne pepvçpt qptori'ser l’étalilissonient dJupo espèce poiv-
velie.
Sga •' EXTB'AiTs
Cette sangsue se rencontre' clans les eaux de la vallée
de Skzé ; dans le Canavais et dans toute la partie septeur
trioiialé' du Piémont; on l’emploie exclusivement dans ces
lieux p'ôür les saignées locales.
Ê’iElüteiir n’a pas observé qpb les individus de cette es¬
pèce se multipliassent dans les vases où on les conserve ;
niais üù'^'jtcithicaire de Verrès , dans la vallée d’Aoste , a
assuré kvoir'èlé témoin de leur reproduction.
II. Hiri Provincialis. Cabena. — Cette espèce, lon-
dé 48 à 70 lignes , et large de 5 lignes , n’a jamais été
reïtéôntréé* -én Piémont , où elle est cepèndant em-
ployéë J principalement è Turin. On la tire des envi¬
rons de Toulon et de Marseille. Elle est plus grande
que ’ la précédente , d’un vert plus clair, tirant un peu
sur le jaune , quelquefois sur le roussâtre. La pi’emière
ligné (eii partant dumilieu du dos) est de couleur-d’ocre ,
âVèc quelques taches noires; la seconde présente pres-
qu’autant de jaune que de noir; la ti|isième ligne est
\presqùe' toute noire , avec quelques taches, jaunâlrJK Les
bords ëottt jaunes;' le ventre est d’un vert d’olive , .uni ,
sans taches avec une raie longitudinale près de chaque
bord , formée par des taches noires très- rapprochées. Elle
est en outre remarquable par des raies transversales (sem¬
blables aux longitudinales ) , interrompues sur le dos et
di^osées par trois d’espace en espace : ce caractère a
paru âT’autèur constant dahs' l’espèce et même daris les
variétés. Le nombre des yéux est de dix, comme dans
l’espèce précédente. Elle est désignée, à Turin, soùs le
nom de sangsue médicinale , et confondue jjar conséquent
avôC là précédente. * , ) . »
llL Êir. Ferbana, Cabena. — Cette jolie espèce ,
longue de 3o lignes et large de 3 lignes et demie , a été
trouvée dans le lac Majeure (fiùcMS Fér-banus). Elle'ést
d’un vert sombre en dessus, avec des bandes bruîtes
transversales et parallèles ; aux extrémités de ces bandes
ori voit autant de taches ferrugineuses , chacune desquelles
est formée par la réunion de trois petites lignes apparte¬
nant à trois segmens contigus. Lorsque l’animal alongc
son corps , la série de ces taches se change en une ligne
ferrugineuse interrompue ; les bandes brunes du dos s’ef-'
facent alors plus ou moins. L’espace compris entre les
taches ferrugineuses et les bords , qui sont jaunes , est
d’un vert sombre comme le dos , terminé en noir vers les
bords et garni de mouchetures vertes jaunâtres au milieu
et vers la région du dos:
Le dessous est vert pistaclie uni' , avec de petits points
hoirs et rares ; chez quelques individus on voit une raie
noire près de chaque bord.. ’
IV. llir. Sanguisuga. LiNN. , Mull. — Cette espèce
est la sangsue noire , ou la sangsue de cheval , très-com¬
mune en^rance et qui se trouve aussi en Piémont. Elle
n’a point les taches noires indiquées par Miiîler ni les
bords latéraux jaunes dont parle Linné. JLe' nombre des
segmens abdorafsaux est de 90 , comme dans les espèces
précédente^. Les yeux sont égaleûient au nombre de dix,
mais disposés un peu différemment. L’auteur décrit avec
soin la structure particulière des trois dents. Il phrâîj que
c’est à cause de leur forme , plutôt propre à' déchirer qu’à
inciser les tégumens , que ces sangsues n’oht pu être em¬
ployées en phlébotomie.
La nourriture principale de cette espèce consiste en lom¬
brics terrestres , on peut dire en quelque sorte qu’elle ne
les suce pas, mais qu’elle les avale. En effet, elle saisit
d’abord le ver de terre avec son disque pdktérieur , qui
est préhensile , et attend le moinent de pouvoir en faire
entrer dans sa bouche une des extrémités ; lorsquelle en
a. englouti un morceau d’airié certaine longueur , elle le
rompt et l’avale en abandonnant ce qui en reste.
094 EXTRAITS
V. Hir. Fulgaris. Muller. — OotçQculata. JiiNîî. —
Cette espèce est fort petite , ses dioiensions sont de seize
lignes en longueur , et deux en larg'eur ; sa couleur varie ,
tantôt elle est brune el prescjue ppaqup , tantôt elle est de
couleur de chair, ou rqussâtre^ upie ou bien poiuttllée de
brun; quelquefois d’un beUiU rouge > wMs çdors plus pe¬
tite. Les tégumens sont transp.arens et làissent voir Ips
viscères et les vaisseaux sanguins. Elle a huit yeux disposés
en fer h cheval. Getfe sangsue Jiabite les lacs du Piémont ;
on. la trouve sous les pierres et à la s.urface de quelques
plantes aquatiques , principalement sur le nénuphar jaune
ou blanc (i). Elle est ovipare et l’auteur a eu occa¬
sion d’observer sr multiplicatfoq , depuis la ponte de
l’œuf jusqu’au parfait développement des petits. Ayant
placé plusieurs individus dans des vases de cristal , il
remarqua , le 1,7 juin , ,un œufpopiju depuis peu et collé
contre les parois du vase. Ufie sauges ue se promenait des¬
sus en l’explorant tout autour av,eç sa bouchf , comme
pour flairer ; quehfuefois elle fixait sa bouche dessus pour
le compriraerefle faire .adhérer davantage aux parois du
vas, e; . après avoirrépétédong-tenips cette manœuvre, elle
fit disparaître avec bejache-un grps repUde l’enveloppe
de l’cEufi* -Cette enveloppe est de CPiuleiir yert-jaunâtre,
coriace , très-aplatio , oyale., avec les diamètres de deux
lignes et denaie.et d’imeJig;^ -.et-demie. Elle est garnie tout
au tour d’un bord brun par lequel elle adhère au verre.
Lemême jo-pr (1,7 juin) o.a ,yo;yai;t dans l’enveloppe
comnaune douze petits, grain s ronds , isolés , disposés d’ une
manière non sym,étrique , de couleur un peu plus claire
(i) Elle est très-commune aux environs de Paris , dans la plupart
des étangs, sur les néunpLars, ctil est très- aisé de répéter les observa¬
tions de l’auieurf cc qui'|üB»s a çugjgé ^insister davantage sur son
liistoire. V. A un.
ET ANALYSES. SgS
que celle de: renveloppe. De ces : douze œufs , deux se sont
oblitérés dans la suite; les dix autres grossirent en peu de
jours et parure‘nt alors comme écumeux en dedans.
Le 23 juin, c’est-rh-direausixième jour depuisla ponte,
on distinguait déjà des petits corps se remuant les uns
sur les autres , et chacun d’eux paraissait une masse
oLIongiie vert-jaunâtre , à surface chagrinée.
Le 27 , au dixième jour, les petits étaient considérable¬
ment grossis , on les voyait entourés d’une substance
transparente , débordant latéralement, et se. prolongeant
fort avant à la partie antérieure ; ce sont précisément ces
deux endroits qui restent, plus clairs dans l’animal adulte
qui n’a d’opaque quelles deux tiers postérieurs.
Le 29 , au douzième jour, on voyait très^distinctement
le disque et les yeux; ceux-ci étaient roussâtres et ne de-
vintentîioirs que dans la suite. A. mesure que lés petits
grandirent, l’enveloppe devint de plus en plus bombée.
Le 4 juillet, au dix-septième jour, on aperçut. dans
quelques-unes des petites sangsues les vaisseaux sanguins ;
les individus qui se mouvaient , en passant vers les deux
grandes extrémités de l’ovale que forme l’enveloppe, ne
manquaient jamais d’y donner un coup de museau , et cette
manœuvre, souvent répétée., produisit utie ouverture par
laquelle une jeune sangsue s’échappa le vingt-.unième jour
(8 juillet). Le lendemain et les jours suivans, Ies autres
individus sortirent ; mais plusieurs-d’entr^eux, revinrent par
intervalle se cacher dans leurcdque comme s’ils, craignaient
l’eau et voulaient, s’y habituer insensiblement.
yj. Hir, Atomaria. CiK&mx, — dette espèce ressem-
ble,T)eaucou]L à Ja précédente par la forme, des yeux , mais
elle en diffère essentiellement par sa taille; elle a 24 li¬
gnes de longueur, sur 2 un tiers et 2 et demie de largeur.
La couleur brune de son corps , qui se prolonge h la! par¬
tie aplériciire de l’animal, e,t rend rinspcctiqn des yeux
Sgfi EXTBAITS
assez difficile , est aussi un caractère assez bon pour la
distinguer de la îîtf/narw. . *
VII. HW. Complanata. Linn. , Mull. , Beïigm. —
Cette sangsue a i4 lignes en longueur et 4 lignes et demie
en largeur ; sa figure , lorsqu’elle est en repos, est celle
d’une amande; le dos est convexe, presque crustacé, mêlé
de gris et d’un brun-jaunâtre , quelquefois vert, avec
quatre séries longitudinales de tubercules blanchâtres qui
paraissent enfilées dans une ligne noirâtre. En dessous,
elle est aplatie, d’un gris blanchâtre, avec deux lignes
longitudinales brunes , fréquemment et régulièrement in¬
terrompues ; quelquefois le ventre est parsemé de petits
points brunâtres. Cette espèce a six yeîix disposés par
pairs sur deux lignes longitudinales inclinées l’une vers
l’autre à la partie antérieure; chaque œil a la fornae à
peu-prèsd’un triangle aigu ; quelquefois les deux premiers
yeux paraissent réunis en un seul. Elle change rarement
de place : dans sa marcKè elle arpente rigoureusement le
terrain , car le disque vient toujours s’appliquer contre la
bouche; elle ne nage jamais. Lorsqu’on la touche, elle
s’enroule à la manière des cloportes , mais sans cbntracter
autrement son corps. Celui-ci n’est jamais gluant ; mais
toujours âpre ait toucher (i).
VIII. HW. Cephalota. CincNA. — Cette jolie espèce,
qui a huit lignes en longueur et une ligne, une ligne et
demie en largeur, est remaquable par sa couleur verdâtre
alternant avec du bistre , par les lignes blanches saillantes
et transversales qui garnissent son dos, ainsi que par l’exis¬
tence d’un col bien marqué , supportant . une tête très-
distincte au sommet de laquelle on dperçoi^quâtre yeux.
(l) Celle espèce se trouve assez communément dans nos environs :
je l’ai rencoütréc au milieu de iilànles aquatiques , sur la rive gauche
de la Seine, au-dessous et tout près do Paris. V. Aun.
ET 4NALySES. Sg^
Elle est souvent fixée , au moyen de son disque , aux pa¬
rois latérales du vase , et alors elle balance son corps en
tout sens pendant un temps considérablfe , ou bien elle le
tient roide et immobile comme certaines chenilles. Mais
elle se distingue surtout par une habitude fort singulière
et qui lui est propre , son disque peut adhérer à la surface
de l’eau aussi solidement qu’aux, parois du vase , et la
sangsue , ainsi plongée dans* le liquide , peut marcher à
la renverse contre sa surface en y appliquant alternative r
ment sa bouche et son disque. Comment supposer dans
ce cas la formation du vide sous le disque et sous la bou-
che? Cette espèce a quelque analogie avec la précédente ;
elle^e nage pas , enroule légèrement son corps et se laisse
tomber au fond de l’eau , lorsque , api'ès l’avoir détachée^
on l’abandonne à elle-même; elle est vivipare. On l’a
rencontrée dans les lacs d’Avigliana et du Canavais. i
IX. //tV. Bioculata. Muhi.. — Hii". Stagnalis. Link.
— Cette sangsue , longue de^ huit lignes et large de dèux
lignes , est transparente , de couleur cendrée , avec des ;
points brunâtres sur le dos ; il n’existe que deux yeux. :
Elle est très-comiÉune dans le lac de Vivèroneetdans'ce-
lui de Berlignano , près d’Ivrée. ; ; . u
X. Hir. Trioctilata, Careha. • — Cetté espèce,, fort
rare , ^ trois lignes et deinie de longueur et une ligne de
largeur; elle ressemble beaucoup, par la couleur, hl’At-
Tudo bioculata , mais elle s’en distingue par une taille
moindre et par le nombl-e des yeux , qui estconstamihent;
de trois , placés en triangle , et formés par des lignes alon-;
gées plutôt que par des points ronds. L’auteur a observé la
reproduction , mais non la copulation de cette sangsue; il
.ignore donc si elle est hermaphrodite , ce que l’analogie
semblerait indiquer. • .
A la suite de cette monographie , M. Caréna' fait plu¬
sieurs observations générales qui s’appliquent principale-
598 EXTRAIT?
ment aux trois; premières espèces qu’il' a décrites , et sur^
tout à la seconde; II ekaniine les points oculaires qui , s’ils
ne sont pas des yeife , , ont' du moins l’aspect de véritables
organes. Il fait connaître aussi les dents , ati nombre de
trois; et portées par autant de mammelons denticulés sur
leurs bords , et il'pense que l’incision dans les tégumens
de l’homme n’est pas le produit d’une simple pression des
dénts-, mais qu’elle est due à' un mouvement alternatif de
haut en bas, et peut-être aussi à un mouvement de rota¬
tion; Il a, compté quatre-vingt-treize anneaux sous le ven¬
tre; de ces sangsues. L’organe mâle est antérieure à l’ot-
ganefeihelle , son ouverture étant située dans le Vingt-cin-
quiënle segment et celle de l’drgàné femelle dans le ti*en-
tièmé ;(j):. ■
Il né se décide pas sur l’usage des deux séries de points
situées sous lé ventre et qui ont l’apparence- de points
bruns.' Le premier se trouve à la partie postérieure du
septième annéau,, .il y én à iln autre au douzième , puis un
au dix-septièiùe' , ainsi dé suite jusqu’au soixante-douzième.
M. Caréna pense que lés sàngsuès respirent .par des troiis ’
répandus sur touterlâ sùrface de leur coï^s , surtout dahà'
les sillons qui séparent les annèaüx.
Qn sait que la plépart des sangsues , collés des six pre¬
mières éSpèces , par exemple , exécutent leur moui^ement
dé translation de deux manières: tantôt elles nagentpresqu’à
la inanière des anguilles j ,et tantôt telles marchent à là façon .
des chenilles arpenteuses , en se Sfervant alternativetnentr
pour se fixer de là bouche et du disque postérieur. ‘L’auteur
’(l) Dans une tïès-pelïte-sa'ugsucrdécoüverte par M. Auguste Odier ,
suf lcS*bratichies des. écrevisses , et dout il a fait un genre nouveau'
sous le nom de Branchiohdelle , les parties Sexuelles ont- une posilioii
inverse ; l’organe femelle. est placé en avant Hé' l’organe male. ( Voyp,%
le pi'én'iier volüiiie dhs Ééin, de. ld Sb&élê d'Hist, nalar. dé Paris ,
iSiSj- chez Baiidouiiii ' ‘ , y. kxin.s-'
pense que ce disque n’adhère au corps que par le simple
contact des surfaces et noh par l’effet d’ùh vide résultalit
d’une sorte de succion , et il cite S l’dppui de sa manière
de voir les observations qu’il a faites sur Vhirado cepkalo-
tet , dont le disque eït fixé à la surface-de l’eau. Il décrit
ensuite avec bèâüCciüp de soin les divers changemens qui
Sntliéü dans les dintensions de châqudaïinéau du corps ^
lofStjue l’aninial Vient-b; s’âlbnger dü S se raccourcir.
tes sangsues sont Herlfiaphrodites , et, s’il ü’était dé -
montré pat” rexpérî'éücë ; poiir certaines espè0fes , qu’elles
ont besoin d’un aceouplément réciproque ^ la disposition
attalohiiqUè deS organes lié permettrait pas de supposer
qu’ëllès pussent sè féCbüdër ellé'-anème'; eU effet > la verge
à sa sortie du fourreau est dirigée'ôbHquemeât en avapt,
et rein sait que l’ouverture' du vagin est placée en ar¬
rière. ■ ■ _
La peau des sangsues sécrète , en plus ou moins grande
quantité, une matière gluante qui se réplie sur ëlle-mêrae
et dont elle se dépouille, en sorte qu’on peut dire' qiie
c’est un véritable changement d’épiderme , et par cela
même uhe fonction très-ifüportahtei
Mj Caréna a tenté quelques expériences sur la muti¬
lation des saôgsties de d’eS^ècë qti’îl a nommée proUm-
c(aUi, Dans lés derniérs jours du mois de février, il cou¬
pa iraüsversalemeni; . Où trois petites parties , un individu
qui tenait de sortir ît -unè' saignée * èV conserra , dans de
l’ëaü rèùouvelée ibus^ les joïirs , la partie dunmieu ^ coùi^
posée de quâranié ségmens , dans lesquels les deux duj-
vertures sexuelles ri 'étaient pas comprises. En peu de
jours, les deux plaies se sont cicatrisées en laissant;^ leur
centre un trou qpuiîjdqiïi là feéctioffl du canal intestinal j le
fragment ri’a repftjîliüitïaucuné partie?' mais il sè promer
naît Souvent en fbisunt-atancei' fiextrétmité qui , darts l’a-
uitrial entier , répriddàît^'M- têbe jimlj 4e ix) . décembre
de la même année, il vivait encore. V. AudouIn. '
EXtB AIT3
tiOt)
Ejpamen chimique du strychnos pseudo-kina , ou quina
do Campo , quina de Mandanha.
Le genre siïjc/iwos, qui fournit la fève Saint-Ignace J la
noix vomique , le bois de couleuvre , le fameux upas-tieuté
des Javans , et probablement l’écorcè de fausse angusture ,
avait été jusqu’à présent un des genres sur lesquels les
naturalistes s’appuyaient avec le plus de confiance , pour
prouver que généralement toutes les espèces du même
groupe géntrique jouissaient des mêmes propriétés médi¬
cales. En effet, toutes les espèces de strychnos déjà con¬
nues sont remarquables par le principe âcro et délétère
quuls contiennent , et l’action pernicieuse qu’ils exercent
sur l’économie animale.
La découverte de cette espèce , qui a été trouvée au
Brésil par M. Auguste Saint-Hilaire , et que ce savant
voyageur a nommée strychnos pseudo-kina, vient dé¬
truire cette analogie parfaite des espèces de ce genre. En
elTef, loin d’avoir cette âcreté et cette action délétère des
autres espèces, elle est simplement amère et tonique. Les
habitans des pays où elle croît; l’emploient avec le plus
grand succès au traitement des fièvres intermittentes.
A son retour du Brésil , M. Saint-Hilaire a* remis à
M. Vauquelin cette écorce J afin qu’il voulût bien recQür
naître si, elle contenait les principes du quinqüinp , dont
elle avait les propriétés , et. celle des stjyc/mos auxquels
elle appartient par les caractères .botaniques. Voici les ré¬
sultats obtenus par ce; savant chimiste , tels qu’il les a com¬
muniqués à l’Académie royale de Médecine, le 29 mars
1825 ;
i Une matière amère , qui fait la plus grande partie de
ses principes solubles, et qui possède la pÉ)priété fébrifuge;
2.° Une substance résineuse d’une nature particulière ^
très-soluble dans l’alcohol à Sfi" , et fort peu dans l’alcohol
absolu ;
T À E li T ÈS. 6'(jï
5,® Une ^Bstance' gômniiêijse doloréè , ét tiaê à ua
principe àniteialisé, quien modifie lesprbpriëtés physique^ ;
4i“ Un acide particuiter qüi , comme l’infusioh' de noix
de galle , précipite le Sulfate dé fer et la' colle-forte , meiS
avec des' modifications qui fié pertiieitéilf paS' d'é lé côh-
fondre axée ràcide galliqüe. -
Éette^analysé est fort rèmarqnablé , par FaBséncedd la
strychnine' et de la quinine, dans l’écorce d’un végé&l
qni appartient a'n genre sttychnos y et pbSSède lèS pro"
priétés dn qninqüinâi RrdnAiin;
V A Kl É TÉ Si
Académie rojalo des Scienees".
S’éaû'Cé du litàtdî 5 /ifor&r'iÉàS: MMl Éds'é ët Bé's-
fontkinés bntru'ün rapport sur ùff düVrage de IVf. 'Bèltké ,
InÛiuXé'.ffistoifi'ëAééLicheïisidxtgènŸeStrÎGte,
Malgré lé grand nombre d’écrits qui ont été publiés stir'
lé genre licheti dé' Éinné , et quoiqu’il ait étë' divisé,’
par sa franSforniatlbn édllitnilté; eh'un'grand'nbrnbre dé
genres ,.il‘ est' encore un dés plus embrouillés dé la bota¬
nique. Êe's eatfsôs qui se'sbnt bppdsées à cd qu’il pût être
Cbnvettabléméutétudié , tiennent prirtfcipalèment à la nU-’
ture des espèces qui le composent , laquelle Varié seldn
lés lieux dÜ ils' CréiSSent’, Fâgé qü’ilS' oUt , lé tédlpS'^ de
l’année où dii lés' dbserve', ainsi’ qu’au petit ndinBré dé'
caractères dont ils Sàttt petirVUs. Mi Bblisé , cîiéf db'iba'^
tbillbtt ed retraité , dè'ffièirrant à Voie, dépàrteaïé'nt du
Calvados', s-’ëSt proposé dé' donüer üii- traité généra!' sUr'
les lichens , ef' if a'énVéyé n’rACàdénlte lë'pretüiér'résUlt^'
tat des études auxquelles il s’est livré , sous lé* titré'
fPJTièîffird'dëi'Lt^éfdsdd'j^èini^'sfrîbéôT j
. • 59
€o2 tahiéxés.
Le genre stricte, créé p^r Acharius, renferme une
partie des espèces de la 'division des coriacées de
Linné. L’auteur débute par un avertissement où il rend
compte des motifs de son travail , dans-lequel il dévelop¬
pera de nouvelles idées relativement au mode de reproduc¬
tion des lichens en général , et où il corrigera beaucoup
d’erreurs accréditées. Il annonce posséder plus de mille
espèces nommées et classées d’après une méthode qui lui
est propre et dont les bases sont fixes. Cet avertissement
est suivi , i.” d’une indication dans un cercle méthodique
de trente-ciuq espèces qu’il admet dans la famille des li¬
chens , et des subdivisions qu’il propose dans le genre
stricte , pour rendre plus facile la recherche des espèces qui
y rentrent ; 2.° des caractères de ce genre en latin , et du
développement en français; 3.” des considérations qu’il
présente sous le rapport de l’organisation des espèces.
Acharius n’avait décrit vingt-deux que espèces de strictes ;
au moyen de la réunion des genres Lobaire, Platisme,
Pettigère et Pulmonaire, que propose M. Delise , il s’en
trouve soixante , parmi lesquelles trente-huit n’étaient pas
encore connues des botanistes. A la description de chaque,
sont joints un, deux, et quelquefois trois dessins de cette
espèce, peints avec une perfection rare. MM. les commis
saires pensent que le travail de M. Delise est très-digne des
encouragemens de l’Académie. Les conclusions du rapport
sont adoptées.
On procède à l’élection d’un membre à la place vacante
dans la section de chimie , par le décès de M. Berthollet.
M. d’Arcet réunit la majorité des suffrages.
M. de Mont-Ferrand lit un mémoire sur les phéno¬
mènes électro-magnétiques. L’examen est renvoyé à une
commission composée de MM. Gay-Lussac , Fourier et
Aihpère.^
On donne lecture d’un mémoire de M» Savary, qui a
VARIÉ sis. 6o5
pour titre : Mémoire sur l’application du calcul aux
phénomènes électro-dynamiques. MM. Gay-Lussao , Fou ^
rier et Ampère , commissaires.
Séance du lundi lo février. — M. Dupetit-Thpuars
lit un mémoire intitulé : Observations sur un bourrelet
produit par la décortication homplète pratiquée sur une
branche de pommier , et envoyé par M. Dutrochet, dans
la séance du 9 novembre 1822.
M. Moreau de donnés lit un mémoire intitulé : Re¬
cherches sur l’origine géographique des plantes des
Antilles transportées dans ces îles par les agens na¬
turels.
Séance du lundi 1 7 février, — - M. Paulet présente un
mémoire intitulé : Homonymie et synonymie des plantes
de Théophraste et de Linné. Cet ouvrage est renvoyé à
une commission composée de MM. Pesfontaines et
Cuvier. ,
M. Magendie lit en son nom et au nom de M. Thénard ,
le rapport suivant sur une note deM. le docteur Edwards,
relative, à l’exhalation et l’absoiTption de l’azote dans la
respiration.
Depuis la belle découverte de Lavoisier et de M. de La-
place sur l’analogie de la combustion avec la respira¬
tion’, un grand nombre de physiologistes , et même de
chimistes , ont fait des recherches expérimentales sur le
même sujet. Ce fait , découvert par les deux Académi¬
ciens, a été confirmé de toute part, et il a acquis une
précision qu’il n’avait pas eue d’abord 1 majsun autre fait
très-important et né des mêmes recherches , c’est que
l’azote regardé jusqu’alors comme un simple véhicule de
l’oxigène éprend réellement une part active dans la respi¬
ration ; "mais , il faut l’avouer , le rôle qu’il joue n’a pas
été le même pour tout le monde ; les uns ont affirmé qu’il
était absorbé en quantité considérable et hors des limites
• ■ 3y-.
6o4' VABliTÉS.
des er^uF» d’expériences ; lës autres , au contraire , ont
assuir-é. qu’iï était exhalé abondamment par le poumon ;
d’autres enfin ont cru qu’il n’éprouvait aucun change¬
ment. Ces contrad^tions devaient d’autant plus frappér,
qu’elles avaient lièü*ëntre des hommes habiles et exercés
dans l’art difficile des expériences physiologiques , et sur-
ce point il suffira de dire que Spallanzani, MM. de Ilum-
boldt , H. Davy , sont au nombre de ceux qui ont soutenu
Pàbsorplion dé Tazoté dans l’acte respiratoire ; que
MM. Allen , Peseys et Dallon , et plus anciennement La¬
voisier , ont établi que ce gaz n’éprouvait aucune altération
dans sa quantité; qu’enfin Berthollet se croyait fondé à
adtnéttre l’éxhalation de ce même gaz ; opinion qui vient
d’être récemment confirmée par l’important travail de
M. Dulong.
M. Edwards, qui a fait un si grand nombre d’expé¬
riences sur la respiration des animaux vertébrés , devrait
se rencontrer parmi les partisans de l’une ou de l’autre de
ces dissidences scientifiques ; mais les résultats auxquels
ibest arrivé ne lui ont pas, permis de s’y placer ; car il a
observé tantôt l’absorption , tantôt l’exhalation de l’azbte ,
et d’autres fois le gaz , dans les essais , n’à éprouvé aucune
modification de quantité. M. Edwards a' fait voir même
tjue ces variations dans les proportions de l’azote dépen¬
daient de circonstances particulières , telles que l’âge des
animaux , là'températùre et l’époque de l’année où les
expériences sont faites. Toutefois , en terminant le travail
où ces "faits nouveaux et inattendus sont consignés ,
M. Edwards conclut que . suivant les' cas , l’azote est ou
exhalé , ou absorbé , où biéh n’éprouve aucune altération.
Dans la noté que MM; les" commissaires ont été chargés
d’examiüér , M. Edwards , sans rien ajouter aux faits pré¬
cédons , revient sur la conséquènce qu’il a déduite ; il
. pense qu il faut conclure , soit dé ses expériences , soit de
yA^ilÉTâs.. 6o3
celles des savans précités ^qAiljiy a contînuellemenbet si^-
mailtanénient absofptiori et eHhalatioh d’àzotè<dàiïs la res-
piratioûj et que les résultats qû’oû a. observés n’ont! été
que le rapport variablé.qui;à!établit, à chaque inslantfentrè
ces deux phéHoinbné's,.5et c’esbainsi, qu’il éxphqüei an-;
jourd’bui les diverses proportib^usi idlazoté. qu’ol&é.>l’aip
qui a servi à la Tespirationi' > )li: ; •' ! :: ■ y h;';: ;■
MM. les Qommissaires du rapport troùvenb iagénieüse
cette nbiiyelle tbatlière d’ënvisa^r ou d’expliqUer lès MUi
déjà connus; ils pensent qu’ellb rend niietix raison idefc
phénoDuènes que cellë .qui était admise auparavant'^î etiil»
proposent à l’Académie de donner son approbation là
note de M. EdWardà. Ges coriclusions sont adopïéesV. 'î:.
, Séance dUMnéi 24 févrieri -^ MM; Duibéril!et OlHaus^
sier font un rapport sur un mémoire dfe Mi! Garteroniÿ
médecin à Troyes!, et ayant pour, titre u •GbsemattoA éfr
Description d’un kyste contenant . des hrydàtîdes aclpimn
locystes; précédées de considérations générales danë IbsU
quelles on examine: si ces eovph forment un ^edrc Ae
vers intestinaûX.
. Quelques liaturalistes dè notre térnps: ^ : et èn particulier
le professeur RudolpM i, dé Eerlïn , qui a publié lé meil¬
leur ouvrage sur les vei^l iatèsiifaàux , ne regardent pas.
comme de véritables êtres animésy foutes leS espèces: dç
vésicules remplies d’eaù que les lüédécins ont dépriteè
sous les noms: d’hydalides-.; On a reconnu# S !Ia : vérité; p
qnelques-uns dès phénomènes dë laivieij et udeorgalnisHH»,
tion propre à les produire , dahs 'der.taipfes espèces qued’oh;
a rapportées aux . genres eysticerqùe. v écHihonéeli : r ette-i;)
mais il est .d’èntres vésicules hydatides observées dépuis
long-temps dans qufeiquës cas de maladies: de' là na-i
ture desquelles: il reste! jleoeore'jiquqlqUeS încërtitbdeiif
Ces globules vésIcüIaireSi, ! dont les ditnëasions ! varient
beaucoup, ont été lé sujet d’un fr,ès-grand tt-avâil dq
6o6 vÀHiiïésr
M. le .docteur LaenneC > qui l’a communiqué il y a plus de
i gaûs , à la Société établie dans le sein de la Faculté de
Médecine de Paris. Quoique ce mémoire , accompagné
de planches gravées avec soin , ait été imprimé , il n’a
point été publié , de sorte que M. Rudolphi n’en a parlé
que d’une manière fort générale dans son addition à son
grand ouvrage sur les ântozoaires , en refusant de recon¬
naître pour de véritables animaux , ces sortes d’hydatides
libres dans les kystes remplis de fluides liquides. Il est évi¬
dent pour MM. les commissaires , que M. le docteur Car-
teron n’a connu que par extrait le mémoire non-publié de
M. Laennec , et qu’il n’a pas eu non plus occasion de con¬
sulter le travail que M. le docteur Hippolyte Cloquet a
consigné dans la deuxième livraison de sa Faune des mé¬
decins , où il a décrit quatre espèces de cé genre des acé-
phalocystes , ët que le mémoire de M. Carteron est dirigé
principalement contre l’assertion de M. le professeur Ru¬
dolphi.
A défaut de recherches anatomiques , M. Carteron
s’aide de raisonnemens empruntés des faits d’anatomie
comparée qu’il a recueillis dans les ouvrages de M. Cuvier ,
pour établir que ces sortes d’hydalides peuvent être des
animaux privés, à la vérité v de plusieurs organes , et
qu’ils né sont pas de simples poches membraneuses. Enfin ,
il rapporte avec détails un cas d’anatomie pathologique
dans lequel il a pu observer une poche fibreuse développée
sous le bord gauche du foie et dans l’épaisseur de l’épi¬
ploon gastro-hépatique. Cette poche était remplie d’une
cinquantaine d’hydatides acéphalocystes , contenant toutes
une humeur transparente , tandis que tous les liquides et
les solides du cadavre étaient teintsde la couleur jaune la
plus foncée , ainsi 'que le kystè fibreux qui les renfermait.
Cette observation vient donc à l’appui des faits analogues
publiés dans ces derniers temps ; elle n’enést pas moins
VARIÉTÉS. 607
fort intéressante , et MM. les commissaires pensent que
l’aiiteur peut être invité à la publier. L’Académie adopte
les conclusions.
MM. Gay-Lussac, Ampère etFourier font des rapports
sur les deux mémoires de MMi Savary et Montferrand ,
lus dans la séance du 5 février.
Séance du 5 mars. S. Exc. le Ministre de l’inté¬
rieur transmet è l’Académie une lettre relative à une va¬
riation extraordinaire de la hauteur du mercure dans le
baromètre , observée à Rhodez le 2 février dernier. Cette
lettre sera remise à la commission précédemment nom¬
mée pour prendre connaissance de diverses observations
météorologiques.
M. le professeur OErsted communique à l’Académie le
résultat de diverses expériences sur les mouvemens de l’é¬
lectricité déterminés dans certains métaux par les dilTé-
rénces de température.
Si l’on compose un circuit continu au moyen de deux
arcs de métaux différens , d’une formé quelconque , sou¬
dés ensemble aux deux extrémités , et si l’on échauffe une
seule des deux parties où les métaux différèns se réù nisseht,
il s’établit aussitôt un courant électrique dans le circuit
entier. L’existence de ce courant se manifeste par son
action très-sensible sur l’aiguille aimantée. M. OErsted
annonce que M. Seebeck , de l’Académie de Berlin , à
qui l’on doit ce nouveau genre d’expériences , a observé
ces mêhies propriétés* dans un grand nombre de corps
qü’il a comparés entr’eux. Dans l’une des expériences
faites en présehcé de l’Académie > le circuit était formé
d’un arc de cuivre et d’un cercle de bismuth; dans la se¬
conde expérience, les deux parties du circuit étaient l’uné
de cuivre et l’autre d’antimoine. Dans des positions sem¬
blables ces deux circuits déviaient l’aiguille aimantée ho¬
rizontale en sens opposé.
&0^ VARIÉ xâs.
9^rsle4 R aussi présenlé d,es oisepvatbns qui lui
Rpnt prQpresÆt.qui déflaontrent la eompressibilité de l’eau.
Le procédé qu’il emploie est très-propre à mesurer ayeç
exactitude la compressibilité des divers liquides. Ce pro¬
cédé donne le moyen de prévenir , autant qu’il est possir-
ble , l’effet des variations de température , d’éviter les c.han-
gemens .de yolurpe du vase qui contient feau comprimée
et de mesure^ facilement la quantité de la fofce qui pro¬
duit la compression. AL OErsted conclut de f^s nouvielles
expériences :
i^.° .Que si une masse donnée d’eau est comprimée par
un poids équivalent^ celui d’une atmosphère , la quantité
dont le volume est diminué se trouve égale à quarante-
çinrj fois la millionième partie de sa valeur primitive;
2.° que depuis ,1a pression d’un tiers d’atmosphère jusqu’à
celle de si^ atmosphères , la diminution du volume de¬
meure proportionnelle à l’augmentation de la force com¬
primante; 3.° que ces compression? p’occasionnent pas
de dégagement de chaleur sensible. , .
AI. Longehamps donne lecture d’un mémoire de chir
niie sur l’incertitude que présentent quelque? résultats de
l’analyse. Cet ouvrage est renvoyé à l’exameu d’üpe copi-
misslop composée de AIAI. Vauquelin et.Gay-Lnssac.
Sifinc&.du J 7 mars, — - M. Chaptal donne lecture d’un
rapport spr les tableauR élémentaires de chimje préaeutés
par M. d’Albuquerqqe d?ns la çéançe du 3 mars.
Ces lableauî: , au nembre dp douzo, représentent l’ac-
Jion et les priupi, pales combinaisons des corps morganir
qÙes; Le premier tahleap fait connaître l’acliqn . de quel¬
ques, apps simples sur la plupart des substances réputées
(élénaei^taires. Le tecpnd préseple les combinaisons des
eprps éiéinentaires entr’pux, L’auteur parcourt successive¬
ment toutes les Gombinaisonjseii désignant d’abprdlesplHs
simples et s’élevant successivement a^^ plw® 9é“:pesées,
VABiÈTis- 6og
MM. Les commissaires pensent .que pe^î lableaux , rédigés
arec métHode et qui préserdent^ -.ejq peu de laois , l’était
de nos connaissances , peuvent être utiles; Us invitent
l’auteur à continuer son travail. L’Académie adopte ces
conclusions.
M. Antommarchi fait hommage de ses planches anator
miques du corps humain ; publiées par M. le comte de
Lasteyrie. MM. Dumeril et Magendie çprnmissàires pour
un rapport verbal.
M. La Billardière lit , au nom d’une commission com¬
posée de M. Pesfontaines et de lui , , un rapport sur un mé¬
moire qui traite de la structure des tiges mpnecotyledonées,
par M. Lestiboudois;, professeur de botanique b Lille.
L’auteur , tojut en reconnaissant qne. la divisloii des
deux grandes classés; de .végétaux (les .mPfloeP'tyledonés
et les dicotyledonés ) est la plus naturelle, remarque
qu’avec ce seulcaraptère elle laisse quelque embarras dans
ceux dont les cotylédons se trouvent apudés, dans ceux
pu ils sont oblitérés , et encojre dansceçx dpnt Ip ppinhrp
dépasse beaucoup celui de la division à laquelle ilfappaF-
tiennent, Cea Conisidél’ati^sJ’.pnt engagé à t?hercber leur
différence dans |a ;atsuçture de la lige, td’est partiçulièrer
ment sur celle des né^jjpptyjedonés quç fse/sopt portées
les observations,. 11 pe^ffi'queçef prdre fieiyégétaux , daps
lequel il reconnaît lestra,çL4es qne üpbseryationaaignalées',
ne s’acctpît qu’à l’extérjenr,,',et qu’il nst.eaüièremeat an,ar
loguo au système cortical des dicotyledonés.. îlijvent^étfi-
blir qne dans les naonocotyledonés les fibres se produisent
au centre. , et qna;dqrfi®d¥® P™fiux, etj}ea
feuilles. Çet te thèse est k jirinçipEde: qn-’^sspie de sc^tqr
nir dans un assez long mémoire où il réqpili.^e-qpi-luiisçînr
ble prouver que ,tpn|.es , les productions pipnpçoty le-
dpnés. s’éçh§ppeqt,ddidé?itïè‘ MM. ieaiCoptgjiiBsaiTes'trpuT
vent qu’au premier cpnp-id’oBihd h’itidg: deiJ’aUtçuir est
6lO VARIÉÏÉ'S.'
assez ingénieuse ; mais étant contraii-e à tout ce qu’apprend
l’observation , ils pensent que ce travail ne saurait être
accueilli. L’Académie approuve le rapport et en adopte les
conclusions. *
M. Moreau de donnés donnelecture d’un second mémoire
sur la géographie des plantes d’Amérique, et qui a pour
titre : Recherches sur les conditions d’organisation végé¬
tale nécessaire aux différens modes de la translation
géographique des plantes par les agens naturels.
M. Pèrcy annonce qu’une place de correspondant dans
la section de médecine et de chirurgie, est vacante par le
décès de M. Cotuni. '
Séance du 24 mars. ■ — M. Cuvier présente un sqüe..
lette humain incrusté dans une pierré de sédiment calcaire
de nouvelle formation . trouvé au port de môle de la Gua¬
deloupe.
M. OErsted annonCe qu’il est parvenu à augmenter les
effets qu’il a désignés sous le nom de thermo-électriques ,
c’est-à-dire, qui résultent du contact de matières diverses
et de l’inégalité des températures.
M. Bory de Saint-Vincent' lit un mémoire intitulé:
Essai sur la géographie physique de l’Espagne.
Séance du "b i mars. — M.^^ftéflroÿ de Saint-Hilaire
présente un chien monstrueux né le même jour (5i mars
1825) V et Communique plusieurs observations sur les con¬
nexions des divers organes dans cé' monstre qu’il nomme
triericéphale.
M. Varnhagen , membre de l’Académie de LisBonhe ,
enypie une- Dissertation sur le ton dé Couleur de l’épi-
derhae des peuples des tropiques. MM. Magendie etDu-
méril , comüiissa'ires. h ' ■
Mi Ampère Communique de nouvelles expériences faites
par M. Douillet ; sur les effets électriques excités par le
contact du mercure et du bismuth;’^ ' '
VARIÉTÉS.' 6n
M. Poisson Ut une note sur le phénomène des anneaux
colorés. , . ,
M. Oersted lit une note relative à des expériences
thermo-électriques qu’il a faites avec M. Fourier , et dont
il résulte que les effets thermométriques excités par les
inégalités des températures , peuvent être multipliés au
moyen de la répétition alternative de barreaux de diverses
matières.,
M. Dupin , au nom d’une commission , lit un rapport
concernant l’usage de’ diverses machines à feu , les acci-
dens auxquels cet usage a donné lieu , et les moyens que
la commission juge propres à les prévenir. L’Académie
décide que la discussion se continuera à la prochaine
séance.
Séances de l’Académie royale de Médecine.
Section de Médeùine. ■ — Séance du % avril iSaS. -i— Gh
dépose sur le bureau un mémoire sur la fourbure , par
M. Rodet. — MM. Huzard , Tessier et J. J. Leroux sont
nommés commissaires. - j
On présente également un mémoire sur le tétanos , par
M. Faure.
On procède à l’élection de quelques-uns des naembr,es-
adjoints. La majorité des suffrages se réunit sur MM.
dral fils , Rayer , L. R. Villermé. .
M. Delens lit un rapport sur une observation de M. Bri-
cheteau , ayant pour sujet l’histoire d’accidens^rmida'r
blés produits par des cblculs biliaires^ : ! àyi . . i
Ce rapport et ses conclusions , .qüi tendent faire: acf-
cueillir honorablement, par la section , le travail de
M. Bricheteau > sont adoptés sans rémamation,,
• On lit une observation de M. Bourgeoise, sur l’angine
YASIÉTÉS. ,
couennquse coûsidéi’és comme contagieuse. MM. Nac-
quart , François et Guersent , commissaires.
Séâtice du 2ii avnl — ^On dépose sur le iureau
un taémoire de M. Bard, ayant poüt objet l’histoire de la
constitution médicale de 1822, observée à Beaune , dé¬
partement de la Côte-d’Or. MM. Àdelon, Lucas et Mate i
commissaires. -
On procède à la nomination de nouveaux çaembres-
adjoints.
Le plus grand nombre des voix se idunit sur MM. Boul-
lay jeune , Bwcheteau , Baron., Rostan , Mahry, Georget ,
Richard (Achille) , Yilleneneuve.
Section de Chirurgie. ~ Séance du 2I7 mars — é
M. ■ Béclard présente un malade âgé d’environ 4o ans , qüi
fit , il y a plusieurs mois, une chute d’un endroit élevé ,
et se fractura les os du crâne dans la région temporale,
droite., Gé îHalâde , ipÔFté sans., c'onnhiSsahce à là Maison
royale de Santé , présentait un état convulsifdes muscles
du cpté dé là blessure tandis que .le «ôté opposé était
complètement paralysé. Ce double symptôme-i qu’Abeé-
nethy avait déjà signalé comihe l’un dès feignes de la bonà-
'pression du cerveau, joint à quelqu-’autres^circonstances i
engagèrent M. Dubois, à pratiquer l’opération du trépan sur
l’endroit blessé. L’ouverture des tégumens fit reconhèîtiê
unp fracture' du crâné t plusieurs •cdù'i'olinès de trépan
furfent appliquées, et donnèrent issue âtmeéaorme quantité
de caillots de sang. M. Béclard pfenié .que l’épàncHëmerit
était dû à l’ouverture de: l’aïtère méningée môjrehne.
Après rSpéràtîon , les facultés ihteUectuelles se rétabli-
reut , les phénomènes , dé phràlyfeie et 'de coüv.ulsion dife-
paruréhit , et le malade .parvint â se rétablir parfaiteuifent
bîenij seulement il un peu sourd de rôéeille déoitërOn
voit distinctement les inouvemens du cerveau CoirèspoüT
dans les uns aux pulsations des artères, et les aüttegdux
. V A B I Ê T É î. 6 1 3
eîTorts de la respiration , à travers la cicatrice mince qui
recouvre immédiatement cet organe.
M. Murat présente un grain de gros plomb que l’un de
ses malades a rendu par le canal de l’urètre. Ge corps'
étranger n’offre aucune incrustation saline. Le malàdé
avait avalé dans un pari , il y a plusieurs années , environ
deux onces de grains de plomb dans un verre d’huile. li
est probable que celiii rendu par l’urètre a cheminé è tra¬
vers les parties molles du ventre, pour tomber enfin' dkns.
là vessie , comme on l’observe fréquemment pour divers
corps étrangers qui ont été avalés. Cependant il est diffi¬
cile de concevoir comment ce petit corps orbe a pu se
frayer un chemin jusqu’à la vessie. M’. Aumont , chirur¬
gien de rhôpital de la Maison du Roi, rapporte à ce sujet
l’observation d’un homme qui rendit par l’urètre une por¬
tion d’aigiiille couverte d’une incrustation calculOuse.
M'. Percy communique l’observation d’une petite fille
de dix ans, qui s’est introduit dans la vessie une aiguillé
de plomb dont jusqu’ici on n’a pu faire l’ëxtraction par
l’urètré. M‘. Percy fait des tentatives pour dissoudre ce
corps*, au moyen de mercure coulant qu’il injecte dans'
là vessie, moyen dont Ledran dit s’être' servi' avec succès
plusieurs fois pour extraire des morceaux de plojmb qu’ils,
avait introduits dans là vessie d’animaux. Jusqu’iciM, Pèrey
n’à obtenu aucun résultat favorable; Il se proposô de pour¬
suivre ses tentHiives dontil rendta compte à l’Académie.
M. Jules Cloquet présente à l’Académie la colonne ver¬
tébrale d’un homme âgé d’environ cibquante ans , qui avâit
été sujet à des douleurs rhumatismales dans cette p&rtié.
Toutes les vertèbres sont ankylosées non par l’ossification
dqs fibro-bartilages , mais àu moyen d’üne longue incrus¬
tation osseiise du périoste qui passe successivement sur je
corpside tous ces os. Une chose bien di^è de reiUarque ,
c’est que cette ankylOse ne porte que surla partielàtérale
6l4 VARIÉTÉS,
droite du corps des vertèbres , et s’arrête à la ligne mé¬
diane , de sorte que le côté gauche de la colonne verté¬
brale est dans son état naturel. M. Jules Cloquet annonce
avoir déjà observé plusieurs fois de ces ankylosés bornées
seulement à l’un des côtés du rachis. Elles semblent prou¬
ver, jusqu’à un certain point , l’isolement des parties
droitè et gauche du corps, sur la ligne médiane, dans
l’explication de certains phénomènes physiologiques et
pathologiques.
M. Roux donne quelques détails sur une opération de
staphyloraphie qu’il a pratiquée sans succès sur une
fille affectée de division congéniale de la voûte et du
voile du palais , et pour laquelle M. Delabarre a construit
un obturateur fort ingénieux. M. Roux fait la remarque
que la suture du voile du palais offre bien moins de chan¬
ces de succès quand la maladie est compliquée d’une sépa¬
ration complète des os de la voûte palatine sur la ligne
médiane.
. Le .même membre communique l’observation d’une
opération d’anévrysme de l’artère fémorale , qu’il pratiqua
suivant la méthode dite de Hunter, chez un homme d’en¬
viron 5p ans. La ligature ne tomba que le 53.° jour, et la
plaie se cicatrisa. Quelque temps après , dans une violente
quinte de toux qu’eut le malade , le plaie se r’ouvrit et
donna issue à .une hémorrhagie foudroyante. Heureuse¬
ment la femme de ce malade eut la prés^e d’esprit dé
comprimer vigoureusement la cuisse jusqu à l’arrivée de
M. Roux , qui découlait de nouveau l’artère , et en fit ,;
quoiqu’avec beaucoup de peine, la ligature immédiate.
Cette seconde opération, a été suivie d’un plein succès , et
le malade est maintenant .parfaitement rétabli. La seconde
ligature ne s’est détachée que le 22-.° joui'.
. M. Richerand communique plusieurs remarques quül, a
faites sur-les causés des hernies crurales chez les femmes.
VARIÉTÉS. Gl5;
ïl observe que ces affections sont très-comnaunes chez les :
servantes qu’on emploie à frotter les appartemens. Il en
cite plusieurs observations , et entr’autres celle d’une
jeune femme qu’il vient d’opérer d’une hernie crurale
étranglée produite par une semblable cause. Chez cette .
femme, la maladie existait seulement depuis quelques
jours. Le sac péritonéal et les autres enveloppes étaient ,
d’une très-grande ténuité. Du reste , l’opération ne pré¬
senta rien autre chose de particulier.
M. Verdier, bandagiste-herniaire des hôpitaux de la
marine , communique un tableau qu’il vient de faire sur
la manière qu’il a adoptée pour classer les différentes es-;
pèces de hernies qu’il a occasion d’observeix MM. Bé-
clard et Jules Cloquet sont nommés commissaires pour
rendre compte de ce travail à l’Académie.
M. Lisfranc lit en son nom et en celui de M. Jules
Cloquet, un rapport sur un appareil construit par M. Ver¬
dier , pour comprimer l’artère fémorale dans un cas d’a-
néjvrysme. Cet appareil , qui est une espèce de brayer ,
avec une pelote mobile au moyen d’une vis de rappel ,
a complètement réussi chez lè- malade pour lequel on l’a
employé. Les conclusions du rapport i favorables à l’au-'
teur , sont adoptées. #
Séance du lo avril. — ; M, Moreau lit un rapport sur
le forceps du docteur Guillon ; M. Moreau discuté les
avantages et les inconvéniens des modifications que
M. Guillon a fait subir à cet instrument. Le rapport favo¬
rable à l’auteur est adopté. M. Guillon sera "porté sur la,
liste des candidats pour les places d’adjoints dans la sec¬
tion de chirurgie.
M. Demours lit un rapport sur le mémoire de M. Har-r
ving, de Manheipx , sur. une nouvelle manière- d’ppérejf
la fistule lacrywàlp, au çaoyen de la cautérisation de
vÀftr-fcTÉs.
toute là longueur^ dû' càüaf ûasàl. Le Pùppoft , peu faro-
ràble à l’auteur , est àd'opté.
L’Acàdëtüie charge tfbe' commission de lui présenter
une liste dé eau dîdats pour remplir lés placés vacantes dé
mejnhrés honéraîresi ■
M'. Eeroy offre à l’académié divers ins tramens qu’il
némmeitr/tupî'tWs- et' qu’il dëstîne à Briser les calculs uri¬
naires dans la vessie*, sdns- pratiquer l’opération de là tail¬
le, et auxquels il a fait s^rBir di^érses inodifications pour
les différens cas'dans lesquels on peut les employer. L’a¬
cadémié a* chargé, MM. ; Rouxi ,; Marj olin et- Béclard de lui
rendre iComple des instrümeuft de M. Leroy. .
M. .Breschet présente lé dessin dTuine hernie ventrale
observée, sur un enfant nouveau- iréj,| qui mourut le trei¬
zième jouraprès.sa naissance. La lnmenr était fortnée'par
la plus grande portion du canal intestinal et par la totalité
d.u-foie. Ce dernier organe présentait iceci de particulier
que l’artère ombilicale pénétrait par sa surface supérieure
qui était séparéq, en deux portions, par une profonde
scissure. ; : , , .
M. Jules Gloq, net présente un forceps auquel M. Beau
deloque neveu a fait subn plusieurs modifications dans le
mode d’articulation des branches,
Le même membre offre à l’examen de l’académie une
pièce pathologique, qu’il trouva sur lë cadavre d’un Hom¬
me mort d’apoplexié après la.guérison,d*ulcères variqueux
aux jamBés. Cet.liojmme , âgé dé soixante ans , trèsTreplet ,
éprouvait dèpuis plusieurs années, une gêne extrême dans
la respiration. Les mouveinens d’inspiration et d’expira¬
tion étaient accompagnés 'd’un sifflement particulier ; la
face était habituellement rouge et injectée'. L’ouverture
dü'cadlivre fit’ rfeconn'àîtrè umé défôt’mâtlpü. patticulière
dié là dracHée àrtërc;; Cç' cbndült “était ' 'à^l^ll tlatis vërsà - ^
léihetifdâlïs'tbutb sén étèndiie, de sôriWq^ésà catîté, de-
VàRIJÈTis. 617
venue triangulaire , représentait une fente fort étroite à
travers laquelle! l’air ne passait que difficilement. Cet
aplatissement s’étendait également aux divisions des broli-
ches dont les parois se touchaient dans quelques points.
Supérieurement le cartilage crlcoïde était également dé¬
formé. Plusieurs cerceaux de la trachée artère et des
bronches étaient incomplètement ossifiés. Aucune tumeur
ou autre cause mécanique n’avait produit cette déforma¬
tion du conduit aérien du poumon , qui est analogue à
celle qui chez les chevaux produit le cornage. M. Jules
Cloquet annonce qu’il a déjà rencontré cette altération
pathologique sur cinq ou six cadavres , et que dans les cas
où il a pu preudre des renseignemens sur les malades ,
elle avait produit le sifflement particulier dont il a fait men¬
tion , et une suffocation habituelle.
M. Rey lit une observation sur une affection gangré¬
neuse de la joue chez un jeune enfant de, dix-huit mois ,
guéri par l’application du chloruré de soude préparé par
M. Labarraque. MM. Murat, Marjolin et Béclard sont
chargés de rendre compte de cette observation intéres¬
sante. ‘ ,
M. Maingault lit une observation sur une plaie de tête
avec commotion et épanchement de sang , qui fut suivie
de la mort du malade.
M. Sarlandière communique à l’Acadéuiie diverses ré¬
flexions sur l’instrument qu’il a fait construire pour rem¬
placer les sangsues. C’est une espèce de ventouse à pompe
à laquelle il a donné le nom de bdcllomètre.
Priai proposé par l’Athénée de Médecine de Paris.
L’Athénée de Médecine de Paris , propose pour sujet
du prix de 5oo fr. , qu’il doit décerner en 1824, le pro¬
blème suivant :
6l8 VARIÉTÉS.
«Déterminer, d’après des oLservations' précises , les
» différens aspects que présente dans l’état sain la mem-
«brane muqueuse gastro-intestinale, i
. «Indiquer les caractères anatomiques propres à l’in-
«flammation de cette membrane.
«Distinguer cette inflammation des autres états sains
«ou morbides, et notamment des congestions avec les-
» quelles elle pourrait être confondue. «
Les mémoires , écrits en français ou en latin , devront
être parvenus , sous les formes académiques , avant le
1." juillet 1824, à M. Delens, secrétaire-général de l’A¬
thénée de Médecine , Vieille rue du Temple, N.“ 5o.
Prix proposé par la Société Médico-Pratique de Paris.
La Société décernera , à la fin de Tannée 1825 , une
médaille d’or de la valeur de 3oo fr. , à l’auteur du mé¬
moire qui aura le mieux résolu la question suivante :
« Déterminer , par des observations exactes, si parmi
«les phlegmasies des membranes muqueuses , séreuses et
«fibreuses, s’il existe des cas dans lesquels l’opium ou ses
«préparations doivent être administrés comme moyens
« curatifs , et à quelles doses ? Signaler ces cas , ainsi que
« ceux où il faut s’abstenir de toute préparation opiacée. »
Les mémoires , écrits très-lisiblement soit en français ,
soit en latin, devront être adressés, franc de port, ayant
le 3i août 1823 , à M, le docteur Vassal, secrétaire-géné¬
ral de la Société , rue Saint-Martin , N," 98.
FIN nu PREMIER VOIUME.
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE PREMIER VOLUME 1
» ARCHIVES générales DE MÉDECINE.-*
Académie royale de Médecine. ( Séances de 1’ ) Pages i3i -, 28S
443, 6ii
Acadéiiiie royale des Sciences. ( Séances de 1’ ) 18, 501
Adhérence du péricarde aü cœur. ( Diagnostic de 1’ } V. Saiider.
Amputation de la mâchoire inférieure.
Anatomie comparée. V. Meckel , 0-ebJftoy -Saint-Hilaire ^ Jàcobson.
AjiioMARCiiii Planches anatomiques du corps humain ; annoncées. àgS
Aphorismi Hippocratis ; auiionc. 458
ArDoem. Analyse de la monographie du genre hirudo j ou description
des espèces de sangsues qui se trouvent, ou qui sont en usagé en Pié-
. mont i avec des observations sur la génération et sur d’autres points
de l’histoire naturelle de quelques-unes de ces espèces ; par le pro¬
fesseur Hyacinthe Caréna. ' ggg
BAbinet. Sur jes rapports de la physique avec la médecine. iSy
Baker. Observation d’un bouton dé vaccin qui ne s’est développé que
six mois après l’insertion du virus.
Bell ( Charles ); Expérience sur la structure èt les fdUcl’ions des nerfs
qui' conduisent à un nouvel arrangement du système nerveux. r64
Bibliographie. i35,ag2;46i
Bile ; son action dans là digestion. 264
BnronAM. Essai-pratique sur les maladies et les blessures de là vessie.
Annoncé. ■ 454
BlaIidin. Mémoire sur la structure et les mouvemens de la langue dans
l’homme. 45y
Blanb (Gilbert). Dissertations choisies sur plusieurs' sujets de médei-
clne. AnnOnc. ■ ‘ ' 456
Botanique. 453
Bowillaud. Observations de rupture de l’œsophage , de perforation de
l’estomac, survenue dans un cas d'affection aiguë de cet organé , et
d’une simple déchirure survenue dans un cas d’affection cancéreuse
du même organe pendant les efforts de là défécation. 53i
Brayera anthelnüntica y nouvelle plante de la fatnille des rosacés, em¬
ployée avec le plus grand succès en Abyssinie contré le tœnia , et
apportée de Constantinople pa'r M. Brayer. • 434
BnolfssAis. Traité de physiologie appliquée à la pathologie ; ahaly's. 73
— Exposit^idé sa Doctrine, 206 , 33S
Calcul de l’urêtvo. V. Liston,
020 TABtE alphabétique
CakenA. Monographie du genre hirado ; analys. V. Audouin.
Cerveau. V. Home ,• Coster. , .
Chimie. V. Orjila.
CniRAc. V. Georget. ,
Cholera-morbus. V. Ranhen.
Chuistison, 'Mémoire sur l’empoisonnement ^àr l’acide oxalique j
extrait. Syi
Chute du rectum. V. Goulet.
Clavelée , clavélisalion. V. Hurtrel.
Cloqxteï (Jules). Du scorbut qui se manifeste, d’une manière locale,
pendant le traitement des fractures , cl s’oppose à leur consolida-
Cœur. ( Adhérence du) V. Sonder.
CoiNDET.Mémoiresurl’empoisonnement par l’acide oxalique; extr.hyi
Coqueluche. V.
Coster. Analyse des discussions qui ont eu lieu au sujet du procédé de
M. Sanson, pour extraire la pierre de la vessie par le rectum. aSx
— Expériences sur le système nerveux de l’homme et des animaux.
Extrait. 35g
CoTJLET. Observation sur un cas de chute du rectum exaspérée par les
émolliens et guérie par les astringens. , ASy
CrAtveord ( Steward ). Sur l’emploi du sous-carbonate de fer dans le
tic douloureux. nyA
Crithmum maritimuni. (Recherebes chimiques et médicales sur le) 436
Croton tiglium. ( Observations sur l’huile de semences de ) ' 128
CüLLERiER C neveu ). Notice sur l’emploi de l’eau de javelle à. base de
soude , connue sous le nom de réactif de M. Labarraque, dans le
traitement local de certains ulcères. AyS
Davv. Sur les organes urinaires et l’urine de deux espèces du genre
Dictionnaire de Médecine ; annoncé. 292
Digestion, y. Bile.
Doctrine doM. Broussais. ( Exposition de la ) V, Goupil.
Earlb. ( h. ) Sut la formation d’un nouveau canal à la place d’une
portion détruite de l’urètre. 102
Eau de javelle. V. Cullerier. ' , .
Edwarus., ( H. M. ) Analyse des Transactions philosophiques de la
Société royale de Londres , pour l’année 1821. go
— Extrait d’un Méraoire’sur l’empoisonnement par l’acide oxalique,
par MM. Christison et Coindet. , , 671
Empoisonnement par l’acide acétique. Ibid.
— Vàr l’acide oxalique. ' . Ibid.
Par une espèce de jouanctle ou cBiiaiithe ci‘OcataASI$(it 443
— Par l’oxyde blanc d’arsenic, ' «47
DÉS MATIÎiÉES. 621
Ej)idétnie de choléra-morbus. V. Ranken.
Esqu;eol. Remarques sur les signes donflés par les âuteqrs de méde¬
cine-légale , comme propres à faire connailre si le corps d’une per¬
sonne trouvé pendu l’a été après la mort ou pendant qu’elle vivait
Fer. ( Sous-carbonaledel V. Crawford et Thomson.
Fièvres malignes et pestilentielles. V. Georg-et.
Formey. Quelques observations sur le goitre. 280
Formulaire. V. Ratier.
Fouquier. V. Ratier,^
Fractures. ( Traitement des ) V. Cloquet (_ Jules ),
Frank. Traité de Médecine-pratique, traduit du latin par J. M.
Goudareau ; annonc. 45,
Gendrin. Recberebes sur les tubercules du cerveau et de la moelle
épinière ; annonc. ' 453
— Recherches sur la nature et les causas prochaines ’ des fièvres ;
aualys. ' 558
Geoeproy-Saint-HilAire. Sur le système intra-vertébral des insectes.
4i8
Georget. Quelques propositions extraites du Traité de Chirac sur les-
fièvres malignes ePpestilentielles qui ont^régné àRocheforten iCg4.
137.
GirArd. Analyse du Traité de la clavelée , de la vaccination et de la-
clavélîsation des bêtes à laine. ' 532
Goitre. V. Formey.
GoldmAnn. Sur les phlegmasics latentes et chroniques du canal intes¬
tinal. 278
GoudAreAu. V. Frank. • ' .
Goupil. Exposition 'de la Doctrine de M. Broussais. 206 , 535
Hernie du périnée. "V. Scarpa. ■ '
Home (Everard). Sur la couleur noire du réseau muqueux de la peau
des nègres, considérée comme servant à la préserver de l’action
trop vive des rayons solaires. go
— Observations microscopiques ■, 1.'’ sur le cérveau et les nerfs ; 2.° sur
la découverte de valvules dans les branches des vaisseaux courts si¬
tués entre les tuniques muqueuse et celluleuse de l’estomac ; 3.“ sur
la structure de la rate. 92
Huile de térébenthine, V. Rutchinson.
Htirtrel-d’Areoval. Traité de la clavelée , de la vaccination et de la
clavélisation des bêtes à laine ; analys. 682
HutchInson. CB.J Tétanos guéri par l’huile de térébenthine; 276
Hydropisio de l’ovaire droit guérie par l’extirpation du kyste. 126
Inflammation. (■ Médec.-vétérin. ) V. Morel.
Insecte. V. Geoffroy •Sainl-Hilaire.
692 TABIiS AlPHABÉTIQtË
Intestinal. ( Canal ) Phlegmasies chroni jues ët latentes. V. QoMnianii.
Introduction. ' V
IsENFLAMM. Observation snr la structure des tendons. 129
Jacobson. (L. ) Suc une disposition particulière du système veineux
chez un gra nd nombre d’animaux. 269
J, usquiame. V. ièati'er.
LabArhaque. Mémoire sur l’Art du boyaudier ; analys. 88
Laennec. Extrait du Bisoours prononcé à l’ouverture Je sou cours de
. médecine au Collège royal de France. v
Lallemand. Amputation de la mâchoire inférieure. laS
.Langue. V. Blandin.
Leucorrhée. Y. Sommé,
Liseeanc. Nouvelle méthode de pratiquer l’opération de la taille chez
la femme. éSy
Liston. Observation d’un calcul formé dans l’urètre autour d’un an¬
neau de cuivre. 268
Lithotomie. V.' Coster , Lisfranc.
Londe. Analyse du Traité de Physiologie appliqué à là pathologie,
par Broussais. yS
Louis. Observations relatives aux perforations spontanées de l’intestin
grêle dans les maladies aiguës^ suivies de quelques réflexions. 17
Martini. Analyse du Système d’anatomie comparée de Meckel. yS
MecRel. f J. F. ) Système d’anatomie comparée j premier volume;
contenant l’anatomie générale, analysv ‘ Ibid.
Médecine ; ses rapports avec la physique. V. JBa&i/zefr
Médecine-légale. V. jB^quiroZ .,
Mondât. De la Stérilité de l’homme et delà femme ; annonc.- , 294
Morel. Aperçu général sur l’inflammation f Mêdec. -vétérinaire )
' annoiic. . 298
Morphine. (Observation sur la )■ lay
Nerfs. V. Se//j Coster^. Honte.
Nègres. V. Ifome.
Nerveux. (Système) F". Bell, Coster,
OÉuf. ( Métamorphose de 1’ )' V. Panrfer. '
Ollivier. y, Scarpa. *
Ongle rentré dans les chairs. V. Sommé. ,
Oreila. Analyse du Mémoire de Labarraqne sur l’a'rt du boyaudier.
— ' Gouptd’oeil sur les trâyauN faits eh chimie et- en pharmacie.
ii'3,-,433
— Note sur l’ém'poiSonhement par l’oxyije blànc d’arsenic- (i.acidb
atsenieux. ) ] ■ lé’y
Ossification morbide. V. ifoycr. -
Pander, Mémoire sur les métamorphoses que l’œuf éprôüve dans ks
DES MATINEES. 626
cinq premiers jours de son incubation. 1^8
~ Second Mémoire sur l’histoire du développement du poulet dans
l’œuf. 346
Paralysie du sentiment sans perte de mouvement volontaire. 262
Peau : usages de la couleur noire du réseau muqueux de la peau des
nègres. V. Home. go
Pendus. (Signes fournis par l’examen du corps des ) V. Esquiroï.
Perforations spontanées de l’intestin grêle. V. Louis.
— De l’estomac. "V. Bouillaud.
Pharmacie. V. Or fila.
Phlegmasies latentes et chroniques du canal iutestinaL V, Goldmaiin,
Physiologie. V. Broussais , Londe.
Physique; scs rapports avec la médecine. V. Babinet,
Planches anatomiques. V. Antomarchi.
Poulet. (Développement du) V. Pander.
Pourriture d’hôpital. V. Sommé.
Prix proposé par l’Académie royale de Médecine , section de- chirurgici
i32
— par la Société des Sciences médicales du département de la Mo¬
selle. i34
— par la Société médicale d’Emulation de Paris. agi
— par l’Atliénéede Médecine de Paris. 617
— par la Société Médico-Pratique de Paris. 618
Quinine. ( Observation sur le sulfate de ) .127
Ranken. Observations sur une épidémie de cboléra-morbus qui régna
dans les Indes-Orientales en 181g ; extrait., 26S
Rate. ( Structure de la ) V. Home.
Ratier. Formulaire-pratique dès hôpitaùx civils de Paris. Annoncii35
— Recherches sur les propriétés et l’emploi médical de la jusquiàme,
faites à l’hôpital de la Charité par lé professeur Fouquier. 2g8
Rayer. Mémoire sur l’ossification morbide considérée comme une
terminaison des phlegmasies. 3i3,48g
Richard. Sur l’examen chimique du st/ycAnoj pseudo-itina. 600
Roche. Réflexions sur une observation de chute du rectum. 488
— Analyse de l’ouvrage de M. Géndrin , sur la nature et les causes
prochaines des fièvres. 558
Rupture de l’œsophage. V. Bouillaud.
Salivation mercurielle. V. Sommé.
Sander. Remarques sur le diagnostic de l’adhérence du péricarde au
cœur. i53
Sangsues. V. Audouin.
Sanson. V. Cos ter.
ScARPA. Mémoire sur la hernie du périnée; traduit de l’italien par
C. P. Ollivicr. 5d
624 TABLE AtliHABÉTIQUE DES MATIÈBES.
Scie toùrnanle. V. Thall. ,
Scorbut Ibcal. V; .
Secours à administrer dans les maladies et accidens (jui menacent
promptement la vie. V. Trousse! . '
Société des Sciences médicales du département de la Moselle. (Séance
générale de la ) ^ . .. iSa
Sommé. Notes sur l'emploi nouveau ou .peu usité de quelques médi -
camens dans plusieurs inaladies ; pourriture d’hôpital j teigne ;
salivation mercurielle ; ongle reiitrantdans .les.chairs; leucorrhée. 48i
SeiTTA ( Heuricus ) . Novee Poctrinœ pathologiçœ , auclore B toussais ,
. succincta epitome ; annonc. 454
iSlérililé de l’homme et de la femme. ..V. Mondât.
iStrjc/inoj pseudo-Ama. ( Examen chimique du ) 600
Sublimé corrosif. V. Wedeldnd.
Taille recto-vésicale. V. Cos ter.
— Chez la femme.^ V. Xiis/rauc. , .
Teigne. V. Sommé.
Tendons. (Structure des) V. üerayïamm.
Tétanos. V. Butchinson, .
Thàll. Invention d’une nouvelle scie , nommée scie tournante, pour
' pratiquer sur les os plats une incision droite et profonde. 267
Thomson (Todd). SurHemploi du sous-carbonate de fer dans le tic
douloureux, ... 274
Tic douloureux . \ . Crawjbiyi et Thomson . ,
Toeuia . V. Brayera anthelmintica .
Transactions philosophiques de la Société royale de Londres, pour
l’année 1821 ; analys. ' 4 9°
TaoiissEL. Des premiers secours à administrer dans les maladies et
accidens qui menacent promptement la vie ; annonc. 452
Tubercule du cerveau et de la moelle épinière. V. Gendrin.
Ulcères. V. Cullerier.
Urinair.es ( Organes ) de deux espèces du genre rana. V. Bafy.
Urine. V, Davy.
Vaisseaux courts. (Valvules. découvertes dans les) V. Borne.
Veineux. (Système) V. J’acotjore.
Vaccine. V. Baker,
Vessie. V. Bingham.
WoBSTEU (John). Sur la coqueluche; extrait. 272
Wbd'ekind. Mémoire sur l’usage externe du sublimé corrosif; extr. 280
Toi ^
DE MtGHEEET, RUE DU DRAGON, N.“ 20.
IMEUIMERIE